24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:49

Ces dernières semaines m’ayant usée jusqu’à la trogne, je me suis un peu laissée aller en terme de blogging, faute d’énergie. Heureusement, après moult remises en questions, j’ai trouvé un remontant sous la forme d’un film d’animation dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, sorti en 2003 : Interstella 5555.

 

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Cette œuvre a ceci de particulier qu’elle est en réalité l’illustration d’un album de Daft Punk, Discovery, donc ne comporte aucun dialogue et très peu d’effets sonores. Un peu comme un gigantesque clip d’une heure. Un drôle de projet en collaboration avec Matsumoto Leiji (papa de Galaxy Express 999 ou Captain Harlock par exemple) qui apporte au design des personnages et à l’ambiance générale une petite touche qui fleure bon les années 80-90. La question est : Le film a-t-il une valeur intrinsèque ou se contente-t-il d’être une sorte de bonus visuel à l’album Discovery ?

 

Sur une lointaine planète, à l’autre bout de la galaxie, se déroule une grande célébration. Un groupe d’extraterrestres donne un concert retransmis en direct un peu partout dans la région. L’humeur générale est donc à la fête jusqu’à ce qu’un mystérieux vaisseau pénètre dans l’espace aérien au nez et à la barbe des personnes chargées de la surveillance spatiale, trop occupées à regarder la prestation. Très vite des hommes portant des masques à gaz s’infiltrent sur scène et kidnappent les musiciens pour les emmener sur Terre. Un courageux pilote situé non loin de là entend alors le signal d’alarme et fonce à leur rescousse…

 

Je n’ai jamais trop été fan de Daft Punk. Je me souviens avoir maudit ma mère lorsqu’elle passait Around the World dans la voiture lors des longs trajets tellement ça m’était insupportable. Je me souviens aussi avoir été parfaitement indifférente à Human After All dès la première et dernière écoute tant et si bien que je suis incapable de décrire une seule piste. Discovery, je m’en souviens déjà un peu plus en ce que j’ai autrefois eu l’album (et l’ai encore) et que je l’ai écouté un peu plus, mais globalement je n’appréciais que quelques pistes par ci par là, et ça ne me faisait pas grand-chose non plus. Par contre je me souviens très bien avoir été intriguée par les clips de One More Time et Harder, Better, Faster, Stronger qui représentaient des aliens bleus sur le point d’être transformés en êtres humains. J’ai toujours voulus avoir qui étaient ces personnages, leur histoire. Et, il y a quelques jours, miracle, j’apprends par hasard qu’un film a été crée pour raconter tout ça. Une œuvre expérimentale, ça vaut toujours le coup d’essayer !

 

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Esthétisme du champ de fleurs

Je ne m’attendais donc pas à grand-chose avec Interstella 5555 mais force est de constater que oui, il possède une valeur intrinsèque. La patte de Matsumoto Leiji a un petit quelque chose d’atemporel et de nostalgique très plaisant qui situe l’action dans un ailleurs lointain et fabuleux. L’esthétisme est un aspect très important du film car bon nombre de scènes dépassent la narration simple pour faire plaisir à nos yeux : que ce soit la beauté de la planète extraterrestre, les scènes de rêve sublimes, celles de concerts rythmées et chaleureuses au niveau des couleurs, la tombe sous l’arbre, le côté fantastique est toujours largement transcendé par une imagerie, une mise en scène colorée. Or cette dernière a aussi la lourde tâche de pallier le manque de dialogues qui nuit un peu à la caractérisation des personnages, ce qui n’est pas une mince affaire. Personnellement, ayant été habituée à des œuvres un peu contemplatives comme Noir, lire dans les expressions des protagonistes me paraît rajouter à la fluidité de l’histoire et participer à l’esthétisme, je n’ai aucun problème de compréhension tant que je me laisse porter. En revanche il est clair que ça ne plaira pas à tout le monde, en particulier ceux qui aiment bien qu’on les prenne par la main pour tout leur expliquer de A jusqu’à Z.

 

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De gauche à droite : Octave, Stella, Baryl et Arpegius

 

Disco-very

L’autre moyen de transmettre les émotions et de raconter une histoire sans paroles, en plus de la mise en scène, est bien entendu la musique. Et sur ce point j’ai été agréablement surprise de constater combien Interstella 5555 transcendait les pistes de Discovery. Le mélange m’a parut très convainquant. Globalement le film n’est pas un patchwork composé de petits clips mal collés, il parvient à garder sa continuité malgré la contrainte initiale. Le découpage est également très bien foutu en ce qu’une même chanson peut très facilement englober plusieurs évènements sans qu’il y ait de dissonance : on passe ainsi d’une scène de concert à une scène d’action puis à une scène de course-poursuite tout en conservant une cohérence et un parallèle entre ce que l’on voit et ce que l’on entend (un riff peut correspondre à un plan où l’on voit les personnages courir ;  la déformation de la fin de Short Circuit avec la perte de conscience d’un personnage par exemple). Sans compter que les rares paroles coïncident plutôt bien avec les situations et se font l’écho de ce que devraient dire les personnages même si on ne les voit pas toujours ouvrir la bouche (je pense à Something About Us notamment).

 

 


 

Un conte pour grands enfants ?

Passons maintenant à l’intrigue en elle-même. Ce qui est intéressant avec Interstella 5555 c’est que c’est un film qui affiche plutôt la volonté d’être une sorte de fable, de métaphore (je reviendrais sur ce qu’elle est sensée représenter) et entre donc de plein pied dans l’univers du conte avec ce qu’il a de simple, de manichéen mais aussi de fantastique : il y a le grand méchant qui capture les extraterrestres à des fins mégalomanes et clichés, les gentils transformés en automates dénués  de volonté et forcés d’obéir à ce dernier et enfin le héros ( ?) qui vient les sauver à bord de son vaisseau-guitare et qui est amoureux de la bassiste du groupe. Qu’on ne s’attende donc pas à une complexité infinie, à des cliffhangers de folie, non rien de tout cela. Interstella 5555 peut facilement se lire comme un conte de fées muet et la mise en abime finale achève de lui conférer cet aspect un peu enfantin, comme si tout n’avait été qu’une histoire inventée par un enfant à l’aide de petites figurines, une histoire irréelle et purement fantasmagorique. Les personnages ne peuvent pas être réellement développés en prenant en compte cet angle là, ce sont davantage des représentations mythifiées et sympathiques, des rôles (le petit rigolo, la jeune fille douce et fragile, le jeune homme impétueux, le leader charismatique et raisonné), que de vraies personnes et l’absence de voix va dans ce sens : ils possèdent tous la même, la voix de l’enfant qui s’imagine dans ces petits bouts de plastiques, notre voix qui nous projetons en eux lors du visionnage du film.

 

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Stella et Shep

 

5tar 5ystem

Cependant, comme l’indique les quatre 5 présents dans le titre, Interstella a quelque chose qui dépasse le simple conte : la critique relativement subtile du star system. Subtile parce qu’à aucun moment vous ne verrez de parodie exagérée ou de satire explicite. On peut considérer que tout commence avec Harder, Better, Faster, Stronger lorsque nos quatre protagonistes, inconscients, sont sujets à une vaste entreprise de lobotomie. Alors qu’ils étaient tous vêtus pareils avec une même peau bleue sur leur planète, Earl de Darkwood (le méchant) entreprend de les classer dans des catégories après avoir soigneusement modifié leur mémoire pour les faire passer pour des êtres humains. Chacun est donc « déguisé » à partir d’un style vestimentaire bien précis : Arpegius emprunte un look rock, Stella un look country, Baryl un look metal et Octave, qu’on teint en noir pour l’occasion, un look disco. Ils entrent donc désormais dans des étiquettes, ils sont classifiables, c’est la seconde perte de leur identité. Le fait même qu’Octave ait une couleur de peau différente (alors qu’à l’origine il était bleu comme tout le monde) me paraît être un signe assez intéressant de la puissance du processus d’aliénation encore plus amplifié lorsque les Crescendolls (le nouveau nom du groupe) deviennent des stars et que l’on affiche leurs « goûts » personnels. Chaque membre est désormais une caricature de lui-même. Ainsi la fiche de Stella indique qu’elle aime ce qui est fashion, le shopping et déteste qu’on tue des animaux. Comme si toute star qui se respectait se devait de faire parti d’une association ou de défendre une noble cause (genre « Protégeons les dauphins » ou « A bas la fourrure »). Un détail aussi ridicule que grinçant à mes yeux. Mais encore une fois on est dans la critique légère. La descente aux enfers des Crescendolls se poursuit lorsque, répétant à l’infini leurs chansons telles des marionnettes privées de vie, leur célébrité les use physiquement, les force à multiplier les tournées et les autographes sans répit. Leur destinée aurait pu être funeste si Shep, le valeureux pilote extraterrestre, n’était pas venu dans le but de les libérer de l’emprise d’Earl de Darkwood.

 

 


 

Un message envers les fans ?

Ce que je me demande à présent c’est : n’y aurait-il pas encore autre chose dans Interstella 5555 ? En effet, le groupe d’aliens musiciens faisant office de métaphore du star system, il ne serait pas tout à fait déplacé d’élargir cette critique à un cadre plus large. Tout au début du film, les Crescendolls respirent la joie de vivre et dansent devant une foule en délire. Par la suite ils se retrouvent sur Terre ravalés au rang de machine pour un public, certes toujours très enthousiasme, mais « étranger ». Les terriens passent pour les véritables extraterrestres de l’histoire et si la musique sonne encore pour eux, pour les membres du groupe elle a déjà perdu son sens. Le fait que les terriens copient leur style, justement artificiel, n’aide pas à faciliter une communication déjà impossible. Lorsqu’en séance d’autographes Stella serre la main d’un adorateur et qu’elle contemple sa paume d’un air dubitatif, on a vraiment l’impression qu’elle vient de vivre une rencontre du 3e type. Et qui vient la sauver de cette situation ? Shep. Et Shep n’est pas n’importe qui, c’est un fan des Crescendolls, son plus grand fan même. Son vaisseau est tapissé de posters et il a des sentiments envers Stella, ce qui n’est pas anodin. On pourrait même voir dans Interstella 5555 une structure assez intéressante que l’on constate d’emblée lors des deux scènes de rêve (la première avec Shep, solitaire, la seconde avec Stella, partagée) qui soutiennent son développement.

 

L’introduction met en scène le groupe dans leur monde d’origine, or comme on l’apprend un peu plus tard les extraterrestres sont associés à l’idée de génie créatif, leur public est donc de la même trempe qu’eux, c’est une sorte de public idéal et idéalisé. Intervient l’enlèvement, le conditionnement pour entrer dans des cases prédéfinies, la morne vie de star qui contraste avec le paradis perdu. L’élément qui va sortir les quatre héros de leur mélancolie est donc le fan à cheval entre les deux mondes mais très proche du premier de par l’emplacement de son vaisseau et sa nature même. Le rôle du fan serait donc de soutenir ses artistes préférés, de les aider à surmonter les épreuves pour leur permettre de retrouver cet idéal de l’art pour l’art tout en gardant à l’esprit le public terrien, jamais méchant (cf Face to Face qui montre un aspect assez optimiste du genre humain) mais loin du public originel, tout en jouant pour eux. La conciliation de l’idéal avec la réalité si l’on veut (cf le concert finalement retransmis sur les deux planètes). Interstella serait donc la représentation de cette conciliation uniquement possible grâce au soutien du fan avisé.

 

Ce n’est peut-être que pure extrapolation de ma part mais la narration très libre du film laisse le loisir à de nombreuses hypothèses.

 

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Conclusion

Interstella 5555 réussit le pari de transcender un album en lui offrant une illustration tout en sortant largement de ce contexte de base. Daft Punk n’oublie toutefois pas qui sera le destinataire privilégié du film et le saupoudre d’un voile de fanservice (caméo des deux robots à plusieurs reprises, la fin) qui fera sans doute plaisir aux admirateurs du groupe. Pour les autres restera une œuvre atypique et divertissante tant qu’on ne lui demande pas d’être autre chose (il faut être prêt à écouter du Daft Punk aussi). Un bel encouragement à la collaboration entre Orient et Occident (symbolisé par le petit clin d’œil lorsque les gardiens regardent un match de foot entre la France et le Japon) qui n’a malheureusement pas eu beaucoup de descendants mais qui sait, peut-être que cela viendra un jour...

 


P.S : Je n’ai que très peu accès à Internet là où je suis en ce moment, vous m’excuserez donc si mes posts se font rares durant les vacances de Pâques.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:35

 


 

Il faut sauver la blogosphère il paraît. C’est une formule qu’on entend un peu partout, prononcée souvent de manière ironique. J’ai envie de déclarer : S’il y a quelque chose à sauver, ce n’est sûrement pas les blogs mais les comportements. Parce que si on y réfléchit bien, la « décadence » elle existe à toutes les époques. A chaque siècle des auteurs se sont insurgés face au déclin de l’homme, à chaque siècle ils se pensaient les derniers, et puis deux millénaires et quelques plus tard rien n’a changé : on se croit toujours en plein déclin. Qui veut parier sur ce que penseront nos descendants ? Probablement la même chose. Tout ça pour dire que le « déclin » de la blogosphère ou de la japanimation est à mettre au même rang que le déclin de la littérature, de l’humanité et compagnie : les choses évoluent vers quelque chose de nouveau, d’inconnu et donc qui nous fait un peu peur, qu’on a du mal à l’accepter. C’est la magie du « c’était mieux avant », une illusion entretenue par le fonctionnement même de la mémoire qui veut qu’on retienne plutôt les moments heureux du passé (Car qui aurait envie de se rappeler ses humiliations d’enfance ? Personne). Et à cause de cette nostalgie douce-amère un peu trompeuse on s’enferme dans des préjugés, dans cet « âge d’or » imaginaire où tout était bien. Du coup c’est tellement plus facile de s’enterrer sous les illusions et de blâmer les autres qu’on se demande bien par quel miracle on en viendrait à se remettre en question.

 

Et s’il était temps de prendre conscience de notre propre hypocrisie ?

 

 

Autour de moi, que ce soit dans des forums de discussions ou sur Twitter, je vois souvent des otakus exposer ce qu’ils regardent dans les nouveautés saisonnières et à mon grand ébahissement, certains suivent en même temps une douzaine de séries (sur une trentaine ou quarantaine) qu’ils abandonnent parfois allégrement au bout d’un ou deux épisodes. D’un point de vue personnel, je suis assez effarée parce que c’est une attitude qui me rappelle une sorte de zapping, un engloutissement d’animes sur le mode du fast-food, et qui va un peu contre mon habitude de « marathon » d’une série à la fois en une semaine ou deux qui me paraît (enfin je le crois) de mieux pénétrer l’ambiance et l’histoire comme étant un tout. Mais surtout c’est la globalisation de ce type de comportement qui m’effare.

 

Aujourd’hui les gens ne veulent plus attendre : il leur faut leur « dose » de la semaine maintenant, il leur faut ripper les pistes d’un anime plutôt que d’attendre quelques mois la sortie de l’OST officielle, il leur faut critiquer et juger tout de suite un anime qui va sortir et déterminer s’il est bien avant même de l’avoir vu. De même pour les jeux-vidéos lorsque des joueurs impatients commandent la version japonaise ou anglaise d’un titre qui s’apprête à sortir en France et se retrouvent parfois avec plusieurs versions du même jeu. A l’ère d’Internet où tout se sait tout de suite, la patience devient un luxe.

 

Cette ingurgitation en masse est aussi assez traîtresse ; elle peut donner l’impression à celui qui suit directement les nouvelles séries d’être plus ou moins dans la « légalité » (puisque la majorité des nouveautés ne peut pas être licenciée aussi vite en France même avec le phénomène grandissant du Simulcast), mais aussi d’une « décadence » puisque sur le lot de sorties saisonnières il n’y aura bien sûr pas que de la qualité (c’est d’ailleurs impossible de voir 35 chef d’œuvres sur 40 séries comme ça, d’un seul coup). D’où un possible désintérêt avec le temps.

 

Ce qui découle de ce comportement peut être ensuite assimilé à un cercle vicieux. L’otaku lambda va parler de la nouvelle série qu’il vient de voir, ce qui peut aiguiser la curiosité de son voisin qui va tester à son tour et ainsi de suite jusqu’à ce qu’une petite communauté de gens se mettent à en discuter, augmentant encore d’avantage la tentation parce que, dans le fonctionnement même de l’être humain, on a tous envie d’être inclus dans un groupe, et que pour se sentir intégré on va naturellement avoir envie de participer à la discussion de la communauté qui nous intéresse. Au final, un quidam inexpérimenté va plutôt vouloir tester l’anime dont tout le monde parle au moment même où il cherche des conseils. Un phénomène qui peut vite tourner au « hype » avec Twitter et les critiques de blogs disponibles (surtout si les blogs en question sont un tant soit peu influents). D’ailleurs ça peut marcher dans les deux sens : on n’est pas obligé de dire du bien d’une série pour pousser les gens à la regarder et le fait même qu’elle soit conspuée peut-être tout aussi efficace.

 

Au final il ne s’agit plus que d’un effet de mode qui laisse tout un pan de la japanimation en rade, d’où un certain ras-le-bol. Mais là où ça devient vicieux c’est que nous baignons tous dans l’hypocrisie. C'est-à-dire que les blasés vont te répéter non-stop combien c’était mieux avant et combien c’est la décadence aujourd’hui mais très peu d’entre eux essayeront vraiment de partager leurs trésors personnels pour contrer l’effet de mode, mieux encore, on ne les verra apparaître que là où il y a du « drama » potentiel. Autrement dit, tous les procrastinateurs qui se plaignent (parce que généralement ce sont les gens qui ont abandonnés leur blog ou qui ne font rien de particulier qui râlent) sont tellement pris dans leur paresse qu’ils ne vont que rarement tenter de lire les articles de blogs qui se veulent être des rédactions construites sur un anime qui mériterait attention. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas assez intéressant bien sûr. Un blogueur lambda qui veut présenter un titre méconnu indiffère le procrastinateur moyen qui lui est surtout sur le net pour oublier sa journée pourrie et souffler un peu, alors faire des efforts d’intellect et de motivation il n’en a pas très envie. Par contre, le moindre billet un peu croustillant avec, au choix, du cul ou du drama, là ça réveille sa curiosité.

 

Nous sommes tous comme cela. Pourquoi croyez-vous que la téléréalité existe toujours ? Parce qu’il y a des gens pour la regarder et que ces gens ne prennent pas, comme on pourrait le croire, l’émission au premier degré (ça existe quand même), non, c’est justement sa médiocrité qui les attire. Ils ont besoin de booster leur ego en admirant des spécimens caricaturaux aligner connerie sur connerie (au point même où l’on pourrait très justement se demander si tout n’est pas qu’une gigantesque fumisterie). Ce cynisme, cette curiosité malsaine, on l’a tous. Dès qu’on entend parler d’un concept glauque et graveleux, on a envie d’en savoir plus, c’est presque instinctif. Je suis pareil. Il suffit d’un titre aguicheur pour m’appâter et je tombe dans le panneau. J’ai beau savoir que c’est un piège à cons, je ne peux pas m’en empêcher. Il en va de même pour certains animes. Je regarde des daubes dégoulinantes d’ecchi parce que je sais que je vais détester, c’est de la pure mauvaise foi et j’en suis parfaitement consciente.

 

Il en va de même dans la blogosphère : il suffit d’une pincée de polémique et tous les procrastinateurs du coin sortent le pop-corn et viennent « débattre » alors que ça n’a plus rien d’un débat en ce qu’ils ne viennent pas pour mettre en doute leurs opinions, mais bien pour les affirmer. Un gus parle de moe ? Faites péter le champagne les gars, ça va être lolilol ! Sus à l’ennemi ! Voilà, nous sommes tous des chacals, des charognes qui nous repaissons de chair fraîche, il nous faut notre dose de croustillant, de sensationnel, de drama, il nous faut regarder des reportages sur les otakus et les geeks en se foutant de leur gueule pour se mettre à distance de soi-même (parce qu’à la minute où l’on réalise que les personnes dont on se moque ne sont que des caricatures de nous-mêmes, on prend conscience de la puérilité de notre comportement). Je pense que c’est un peu pour ça aussi que Raton Laveur a eu autant de succès sur son site, il n’y a qu’à voir son récent billet sur Gameblog pour s’en rendre compte, il sait rester juste à la limite de ce qu’il faut dire et ne pas dire tout en évoquant des sujets brûlants qui ne peuvent qu’attirer les charognes en manque de drama.

 

 

Si les gens désirent réellement « sauver » la blogosphère, alors ils doivent se sauver eux-mêmes avant tout, se sauver de cette spirale de la procrastination qui les mène aux confins de l’ennui et du sensationnalisme (je crois que l’article de Concombre Masqué sur la rule 36 explique assez bien qu’au fond on est rapidement blasé par tout et qu’on finit par vouloir aller toujours plus loin dans l’horreur, quitte à de désensibiliser de tout).

 

Il n’y a jamais eu de déclin de la blogosphère, juste une évolution qu’il faut savoir accepter. Des tas de petits sites essayent tant bien que mal de faire entendre leur voix dans le tumulte mais ils sont bien vite masqués par le chahut du lulz, du drama et des boobs à volonté et il n’est pas étonnant que certains d’entre eux perdent toute motivation lorsqu’ils constatent qu’ils ne seront jamais lus que quand ils écriront de la merde. Personnellement je suis souvent fatiguée et excédée par ce phénomène et je pense que je le répète assez souvent comme ça. J’ai l’espoir assez désabusé d’effectuer un nivellement par le haut et de ne pas tout à fait vendre mon âme en alternant entre les billets qui attireront forcément l’attention (Parler de Boku no Pico, de sexe ou de daube atroce éveille automatiquement la curiosité malsaine) et ceux qui se voudront appartenir à un registre plus élevé. A mes yeux il n’y a qu’en montrant l’exemple qu’on parviendra à s’imposer en tant que tel. Alors je fais de mon mieux pour inciter les gens à tester des œuvres dont on ne parle pas. Les procrastinateurs peuvent-ils en dire autant ? Peuvent-ils si justement se plaindre de la décadence s’ils en sont les plus gros catalyseurs ?

 

C’est là, à mon sens, la faille majeure de la PASSION que prônait kyouray il n’y a pas si longtemps déjà. La passion ça va, ça vient. La passion s’accompagne nécessairement de hauts et de bas, le bas étant la procrastination, le manque de passion. La passion c’est quelque chose que l’on subit, dont on ne peut se détacher. Le passionné est donc l’aveugle par excellence et la passion seule est insuffisante sans une bonne dose de lucidité. C’est, je pense, une des qualités que doit posséder un blogueur. Savoir évoquer ce qui le fait vibrer sans être aveuglé par sa passion, par sa personne, donc plus ouvert sur les autres.

 

La blogosphère n’a pas besoin de sang neuf, elle a besoin d’esprits neufs (ce qui est une grande nuance). Autrement dit de qualité plus que de quantité. Alors soit on se complaît dans sa médiocrité et on accepte ce soi-disant « déclin » sans hypocrisie, soit on désire vraiment faire bouger les choses et dans ce cas c’est par soi-même que doit débuter le changement. On n’est pas forcés d’agir après tout : personnellement je me sens très bien dans l’oisiveté, j’aime profiter de mon temps libre pour lire, pour jouer aux jeux vidéos ou pour regarder les animes qu’il me plaît de regarder au rythme qui me plaît (donc en faisant le tri dans ce que l’on me propose). J’aime bien zoner sur le net à ne rien faire aussi. Mais dans ce cas, je ne me plains pas, ma mauvaise foi est totalement assumée.

 

En attendant j’ai toujours essayé de limiter ma procrastination car j’ai toujours eu la hantise du temps perdu. Et à choisir, même si c’est beaucoup plus fatiguant, même si ça me vole une partie de mon temps libre, je crois que je préfère agir à ma façon, c'est-à-dire en écrivant. Pas nécessairement sur le blog, même si c’est un support que j’aime beaucoup (ou plutôt que j’apprends à aimer), puisque je suis avant tout une littéraire avant d’être une otaku. Je pense notamment à mon projet de visual novel qui me dévore énormément d’énergie mais en même temps qui me tient vraiment à cœur. Entre la procrastination et l’action, je crois que j’ai choisi, j’ai choisi le chemin le plus difficile mais aussi le plus gratifiant.

 

J’aimerai dire que je ne le regrette pas. Le souci est que ma motivation (comme toute motivation j’ai envie de dire) est fragile et que des incidents comme celui du dernier article me remettent en question. J’en viens à me demander si je ne devrais pas abandonner le format du blog pour me concentrer sur l’écriture du VN. Après tout, pourquoi se fatiguer à viser un idéal de qualité si c’est la merde qui attire les charognards ? Je me le demande souvent. Mais si j’abandonne, ce sera leur victoire, alors je me dis qu’il faut tenir bon et garder espoir, que le nivellement par le haut peut avoir des résultats. Serait-ce une utopie ?

 

 



P. S : Pour la première fois sur le blog, je ferme les commentaires. Déjà parce que je sais pertinemment que ça va partir en vrille, et aussi parce que je juge que vous empêcher de commenter vous évite une perte de temps incroyable. Vous avez bien mieux à faire que de venir chercher du drama ici, j'en suis sûre. Quant à moi j'ai du travail sur le feu alors rendons-nous mutuellement service =). Il fallait juste que ça sorte, voilà, voilà.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 21:30

 

Ouch, ça fait un moment que je n’ai pas blogué. J’étais quand même prête à m’y remettre, j’avais presque fini toutes les disserts à rendre et puis, surprise, j’en ai écopé d’une nouvelle en bonus et mes examens approchent à grand pas. Cela va donc faire plus d’un mois que je suis archi-occupée par les études et que je ne suis plus très présente par ici (voire totalement absente pour ceux qui attendent toujours une réponse à leur mail, pardoooooooon). Comme ça fait un bail que je ne peux pas trop souffler, et ben je commence à être fatiguée, très fatiguée, et donc de surcroît extrêmement blasée (oui ça va avec). On va dire que c’est la phase obscure de la mélancolie.

Je vais essayer de reprendre le rythme mais il va falloir un peu de patience. En attendant mon apathie va être dur à supporter, je te plains d’avance courageux lecteur…Parce que quand je suis comme ça je n’aime rien.

 

 

NET                        

J’aime pas les blogs qui veulent faire partager leur passion pour un anime, un manga, un jeu vidéo et dont l’argumentation se limite à deux paragraphes (un pour résumer l’histoire, l’autre pour une argumentation binaire en J’aime/J’aime pas), voire trois quand ils sont en forme…

 

Evidemment j’ai bien conscience que tout le monde n’a pas une formation littéraire comme moi qui m’oblige à disserter régulièrement et me rend l’exercice beaucoup plus naturel (encore que, c’est à débattre), l’envie ou le temps de tartiner des pages et des pages sur un sujet (enfin pas trop non plus sinon c’est dur à engloutir d’un coup) mais voir des billets aussi minces, moi ça me rend triiiiiiiiiiste (écoutez le sanglot de la littéraire). Globalement le synopsis d’une série, on peut le trouver partout, donc ce qui fait tout l’intérêt de l’article c’est bel et bien ce que vous ajoutez par-dessus votre visionnage, et là en l’occurrence vous ajoutez pas grand-chose alors qu’au fond vous avez ptet des tas de trucs épatants à raconter.

 

Et si vraiment vous avez du mal à écrire, que c’est trop contraignant, que vous avez du mal à laisser sortir les mots, eh bien ce n’est pas grave. Il existe des tas de manières de partager son avis sur tel ou tel anime, à travers les forums ou des sites comme Anime-Kun, vous n’êtes pas obligés de vous forcer à tenir un blog a priori, surtout si vous ne tirez pas grand profit de l’expérience.

 

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J’aime pas les fans totalement aveugles. Regardons la vérité en face : les sites qui durent arrivent à se construire une certaine autorité dans le milieu mais au fil du temps, n’ayant plus rien à prouver à personne, ils n’ont parfois finalement même plus besoin de s’appliquer. Ils peuvent écrire n’importe quoi et la foule en délire les acclame déjà. Et là c’est un peu le début de la fin. Très vite les commentaires se résument à « prem’s » (genre c’est une course automobile : le premier qui repère le nouveau billet a gagné) et à « tro bien ». Un tel manque de sens critique ne donne clairement pas envie d’être célèbre (sinon pour un boost d’ego j’imagine).

Sauf que souvent le site qui est acclamé par ces groupies dénigre ces mêmes personnes de manière directe. Avouez que c’est quand même putain d’ironique de voir un blogueur cracher sur les kikoolols (ces figures emblématiques du net) et recevoir plus de 150 commentaires positifs rédigés en langage sms d’authentiques kikoolols qui disent « ololol t’a kro raison a mor lé kikoo ».

Alors soit c’est moi qui n’ai pas bien compris quelque chose, soit certaines personnes ont de la merde dans les yeux…

 

J’aime pas les gens qui parlent pour ne rien dire mais qui sont adulés parce que, parce que, parce que je cherche encore ! Personnellement j’ai toujours eu pour éthique de ne parler que quand j’avais des trucs un minimum pertinents à dire. A chaque fois qu’à mes yeux ça ne l’était pas vraiment, je me mordais les doigts de honte d’avoir osé écrire pour dire si peu. Et puis je me rendais compte qu’en fait la majorité des gens sont bien moins exigeants que moi (de l’autre côté c’est pas bien difficile) et qu’un rien peut faire leur bonheur. C’est plutôt cool mais en même temps…pas vraiment.

J’aimerais parfois comprendre en quoi prendre des photos de ce que l’on vient d’acheter, genre le dernier coffret collector de telle série ou la deux-cent-vingtième figurine de fille d’anime à moitié à poil (…bande de riches va !) voire de son étagère à mangas, peut être aussi passionnant. Pour les collectionneurs je ne dis pas, il doit bien y avoir une valeur intrinsèque, mais pour le mec lambda je nage dans le mystère…

 

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J'enferme les gens dans des boîtes mais les transformer en télé ça serait pas mal non plus

 

J’aime pas le poids de plus en plus débordant de l’humour. Ce point là concerne surtout les vidéos commentées mais pas que. J’ai souvent remarqué que le net était un vilain toxicomane en manque d’humour. Il veut sa dose, il la veut maintenant, il la veut tout de suite, à un tel point que ça en devient parfois un peu étrange.

Souvent quand je me balade (pas IRL, j’entends), je découvre des vidéos commentées sympas. Le mec (car souvent c’est un mec, désolée les filles, vous êtes clairement minoritaires) présente son jeu de manière totalement traditionnelle, y a aucune blague, aucune ironie, rien, juste une ptite vidéo sans prétention. Et il a 75 commentaires qui lui disent « Ouah trop drôle, j’suis mort de rire ». Euh, what ? Les gens sont donc tellement en manque d’humour qu’un rien les plie de rire ?

Je parle des vidéos commentées parce que c’est extrêmement répandu sur le net (et LA manière d’être célèbre très rapidement) et que généralement les instigateurs sont ébahis de leur propre succès, mais c’est aussi comme ça sur les blogs et je le constate d’une certaine manière à ma propre échelle.

Les gens n’ont pas envie de réfléchir, ils veulent oublier leur journée de merde ou les factures à payer pour demain, ils veulent rire un bon coup. D’accord mais c’est un peu triste si l’humour devient la seule manière de se détendre, voire de communiquer sur le net. Et puis se gaver de lolilol pour un rien ça rend aussi vulnérable. On a souvent vu des romans décrivant des contre-utopies/dystopies manipulant le peuple par des moyens crapuleux (perte totale de l’intimité dans 1984, impossibilité d’accès à la culture dans Fahrenheit 451, embrigadement total dès la naissance dans Le meilleur des mondes) mais après tout, l’humour pourrait aussi être utilisé comme arme.

Moi j’serais dictateur j’occuperais mon peuple avec du lol, des tas de loisirs superficiels et j’interdirais d’être triste (du pain et des jeux comme dirait César, sauf que là je mise un max sur les jeux), comme ça, je peux les contrôler sans même qu’ils s’en aperçoivent et je brise toute résistance. Je fais comme dans Sora Kake Girl, j’enferme les citoyens dans des boîtes avec un net sécurisé et je leur fais croire qu’il n’y a qu’en restant là dedans mater des photos de lolcats qu’ils seront heureux. Je détruis la réalité. Personne veut me prêter un petit pays pour tester, voire ?

 

 

ANIME

J’aime pas les mechas. Parce les robots déjà, étant un être désintéressé par la mécanique, ça ne me passionne pas du tout, et en plus ces trucs sont généralement beaucoup trop gros ! Je sais bien que combattre dans l’espace ou en écrasant des gratte-ciels ça fait classe mais moi je préfère l’échelle humaine. Sauver l’univers j’en ai pas très envie non plus. Un robot normalement ça ne fait pas d’acrobatie spectaculaire non plus. Et puis surtout il y a bien moins de mérite à être le héros si c’est le véhicule qui a les super pouvoirs. On aura beau me dire « Tu conduis comme une déesse », « Tu es l’élue », je me sens remplaçable par le premier quidam venu parce qu’au fond c’est toujours la voiture géante qui fait le boulot, sans elle je ne suis rien. Et ça c’est frustrant. Du coup je préfère le genre…

 

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…Mahou Shoujo / Magical Girl parce que là même si tu as un coup de pouce pour éveiller ton potentiel, tu sais que c’est vraiment toi qui fait tout. Et puis il y a les scènes de transformation qui sont d’une inutilité ahurissante dans l’unique but de te rendre cool et de te laisser le temps de prendre la pose. Mais en même temps j’aime pas trop les magicals girls parce qu’elles utilisent souvent leurs pouvoirs (quelques fois géniaux, quelques fois ridicules) pour des broutilles. Je me souviens d’un épisode de Lilpri par exemple où les mascottes kawaii mangent toutes les tartes aux pommes. Dans le même registre, Sakura (de Card Captor Sakura of course) se retrouve bien confrontée à…des salles de classe pas rangées qui apparaissent aléatoirement. Nom de Dieu, vite, appelons les pompiers !

C’est ça que j’aime beaucoup moins avec les magicals girls, c’est généralement beaucoup trop mignon…

 

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Oui mais là c'est une exception...

 

J’aime pas les histoires d’amour type « shoujo » non plus d’ailleurs. Que le couple soit hétérosexuel ou homosexuel, c’est pareil, ça m’ennuie toutes ces avalanches de sentiments dégoulinants de rose. Tu sens bien que tout est terriblement déconnecté de la réalité, terriblement idéalisé. Trop idéalisé pour moi.

Les histoires d’amour sous l’angle de l’homosexualité c’est souvent encore pire, encore plus idéalisé (ce qui veut tout dire). On ne trouve pas facilement de vrai shoujo ai / yuri parce qu’il y en a partout mais juste pour exciter les fantasmes des garçons et les quelques titres véritablement centrés sur le sujet ne sont pas des plus intéressants. J’ai testé Yuri Hime Wildrose une fois. Certaines histoires étaient sympas mais globalement on tourne toujours en rond. Le shounen ai / yaoi, n’en parlons pas, c’est de loin le genre que je trouve le plus guimauve. Il a au moins le mérite de me remettre en question vu que TOUTES les filles semblent avoir un petit faible pour le yaoi. Serais-je secrètement un garçon ? Ou alors juste tristement réaliste ?

(Si Gen le veut bien je parlerai peut-être un peu de cette attirance pour  l’idéal le plus pur en rapport avec un dossier spécial contes de fées si ce n'est pas déjà fais)

Ce qui est sûr c’est que je ne supporte pas les histoires d’amour (j’ai pas aimé Titanic et Roméo + Juliette n’a pour lui que l’esthétique de la scène de rencontre et le parti-pris moyennement culotté de la scène finale) s’il n’y a rien d’autre pour l’accompagner. Comme par exemple…

 

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…la comédie. Sauf que j’ai bien envie de dire aussi « J’aime pas la comédie ». Disons que je suis d’une rare exigence en ce qui concerne l’humour et il faut se lever de bonne heure pour me faire rire. Ajouter à cela une franche méfiance envers « l’humour japonais » et ça restreint considérablement les possibilités. Mis à part Ouran High School Host Club je ne me rappelle pas avoir véritablement éclaté de rire devant un seul animes tout le long des épisodes. Au mieux je souris.

 

Ce qui fait que bizarrement je préfère le drame. Je pleure très facilement, alors pour peu qu’il y ait de la matière, je me transforme vite en fontaine. En revanche je n’aime pas l’exagération dramatique à outrance genre « Je suis née dans un sac à dos abandonné par mes parents dans la forêt parce qu’ils ne pouvaient pas me nourrir, j’ai été élevée par une licorne à trois têtes qui s’est faite tuée par les chasseurs quand j’avais cinq ans, chasseurs qui m’ont violée dans une tournante qui incluait aussi les chiens et quand j’ai finalement retrouvé ma famille, un tsunami a dévasté la maison et les a tué sous mes yeux. Oh et je suis à présent aveugle et paralysée à vie, snif, snif ». C’est quand même mieux avec davantage de subtilité. Les filles malades sur le point de mourir d’un cancer / d’une malédiction / whatever et les gens dont la famille a été massacrée sont monnaie courante, ça deviendrait presque lassant…

 

J’aime pas le shounen parce qu’il y a trop de tomes / épisodes à rattraper…oui je suis une feignasse, c’est ma seule excuse.

 

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J’aime pas l’ecchi pur et dur, malgré ma perversion naturelle (enfin il paraît), parce que ça m’explose les yeux toutes ces plans sulfureux en permanence. Mais étant une habituée du fait, ça ne m’empêche pas de regarder quand même. Il est tellement délicieux ce doux son du nerf optique qui se déchire dans un hurlement effroyable, je crois que je ne m’en lasserai jamais. Oh et je n’ai pas besoin de mentionner l’absence de scénario habituelle, je pense.

 

J’aime pas le hentai parce qu’une fois qu’on en a découvert un ou deux pas trop mal, on se rend vite compte qu’on a tout vu. C’est toujours la même chose, toujours, toujours, toujours. A tel point que j’ai parfois envie d’aller voir les studios et de les conseiller pour faire de vraies bonnes histoires érotiques (et je suis pourtant loin d’être douée en la matière). Déjà vous m’ôtez la traditionnelle scène de sexe directe d’ouverture qu’on ne peut placer nulle part dans l’histoire et vous me foutez quelque chose de plus suggestif. Ensuite vous allez me lire les Liaisons Dangereuses et je vais vous expliquer c’est quoi l’intérêt de l’attirance-répulsion qu’on arrête de plaquer toutes les nanas dans les bras du héros sans challenge. Je sais que le spectateur a débranché son cerveau mais faut jouer avec les tensions sexuelles un peu sinon c’est plus du hentai, c’est un distributeur de boisson (haute teneur en fluides) automatique.

Et je ne testerai pas les trucs hardcores, mes yeux ont quand même un seuil de résistance.

 

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Le tranche de vie, ce paradis terrestre retrouvé...

 

Mais pire que tout, je ne supporte pas la tranche de vie. S’il y a un type de série que je fuis, c’est bien celui-là. On pourrait considérer Haibane Renmei comme un tranche de vie je suppose, mais à mes yeux ce quotidien qui nous est présenté a quelque chose d’onirique et de surnaturel qui fait qu’on ne s’ennuie jamais, il y a toujours quelque chose à découvrir. Donc du moment qu’il y a un semblant de scénario, ça peut aller. Si ce n’est pas le cas, je n’essayerai même pas de regarder, je sais que je n’aimerai pas.

C’est instinctif, viscéral. J’ai érigé ma vie comme une aventure perpétuelle parce que je ne supportais pas l’idée d’un quotidien morne et triste à la base de « métro boulot dodo », alors quand je cherche du divertissement, un niveau supérieur d’extraordinaire (dans le sens de pas ordinaire du tout donc), et qu’on me propose justement ce même quotidien de petits riens que j’ai banni, forcément il y a comme une réaction d’allergie. C’est pour cela que face à K-ON (ou Nichijou maintenant) par exemple, j’aurais naturellement tendance à me placer du côté de ceux qui n’aiment pas, non par volonté de troll, mais toujours par « allergie ».

 

Je crois que je comprends les adorateurs du tranche de vie. Le tranche de vie c’est quoi ? Une petite vie toute tranquille, toute douce, toute rigolote. Y a des éléments de votre quotidien mais en mieux, vous vous reconnaissez dedans, les personnages sont trop chous à faire des grimaces trognonnes en permanence, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Quand t’as un problème, tes copines sont toujours là pour te remonter le moral. L’idéal en somme. L’idéal rose bonbon. Le monde des Bisounours mais pour les adultes. Jamais tu vois de crachats sur les trottoirs, jamais les héroïnes elles ont de l’acné, jamais les gens sont des connards, jamais on se fait racketter dans la rue. Le tranche de vie c’est probablement l’état le plus proche du stade ultime de l’idéal. Et l’idéal moi je peux pas ou alors je le découpe à coups de tronçonneuse.

 

Quand j’étais petite mes parents me disaient que je n’aimais rien. Ils ont peut-être raison après tout. Je n’aime jamais rien. Ou alors c’est une preuve de lucidité de ma part de savoir discerner les défauts dans toutes les séries que je regarde (les qualités aussi mais c’est tellement plus rieur de faire sa grognon), la preuve que je ne me laisse pas aveugler par la PASSION, que je ne subit pas ce que je vois.

 

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Le monde d'Helia en technicolor ça donnerait à peu près ça

 

Je n’aime rien. Enfin peut-être que si. J’aime bien les animes singuliers, ceux qui ont une histoire originale, une histoire qui m’attire, qui mélangent un peu tous les genres et évitent les étiquettes. J’aime bien les animes avec des personnages tellement bien foutus qu’ils te paraissent réels, qu’ils te paraissent vivre en toi depuis toujours.

J’aime surtout les trucs bizarres. Beaucoup de trucs bizarres. Les expériences extrêmes en fait. J’aime regarder une série qui te fait remettre en doute jusqu’à ta propre existence, qui te fait remettre en doute le monde entier, qui te viole l’esprit à sec et sans vaseline par une violente lobotomie à tendance philosophique. Il n’y a pas de mots pour décrire ce genre d’OVNIs alors j’appelle ça des animes WTF, des inclassables. Ce genre d’œuvres est par définition fort rare alors j’essaye de les économiser pour plus tard, je fais durer le plaisir. Mais j’adore ça. Et avec le recul je me dis que c’est vraiment comme un sport à risques, comme sauter en parachute ou prendre de la drogue, qu’en fait je suis tellement blasée qu’il n’y a vraiment plus que ça pour me procurer des sensations. Je dois être un peu décadente sur les bords.

 

Au fond c’est ptet pour ça que j’aime rien, rien d’autre que l’extrême, l’hallucinogène, le n’importe quoi : c’est ce qui me ressemble le plus. Une vie ordinaire ? A base de thé et de gâteaux ? Très peu pour moi ! Rien que ces derniers jours j’ai eu des idées farfelues que j’ai très envie d’inclure dans mon VN à un moment ou à un autre, des broutilles à base de nuages qui t’absorbent et même que tu peux t’installer à l’intérieur et que c’est encore mieux qu’une cabane (on a tous fais une cabane étant enfant) ou de nonnes fantômes qui sacrifient leur existence pour faire fonctionner le monde. Oh et ais-je mentionné les cérémonies tribales à base d’esprits bovins, l’explorateur qui donne des cours improvisés à des amazones (dans un arbre géant ce serait cool mais alors avec des lucioles comme éclairage, faudrait que j’y pense) et les arc-en-ciel toboggans * ? L’heure n’est pas aux gâteaux ou alors fourrés au LSD (l'imagination du pauvre) les gâteaux, c’est plus rigolo.

 

Tiens, mais que font ces hommes en blanc dans ma chambre ?

 

 

RASSER RASSERA RASSERA
...oui il fallait absolument que je vous pollue les oreilles avec cet air que j'ai dans la tête


* Et ne me regardez pas avec ces grands yeux ronds, je suis tout à fait capable de rendre ça cohérent…ce qui se révèle assez inquiétant quand on y repense bien.

 

Quand j’aurais fini ma dissertation de linguistique (vous avez manqué un billet rédigé par mes soins il y a quelques mois sur le sujet, ça finissait en métaphore sexuelle exhibitionniste, signe que je me suis profondément emmerdée lors de la conférence) et ma seconde dissertation de littérature du XVIIe siècle (mauvaise pioche la dendrophilie), promis, juré, j’écrirai un vrai article. Si mes examens n’ont pas démarrés d’ici là…

 

EDIT :

Hum, je sens qu’il va bientôt falloir que je sous-titre mes billets. Déjà pour les gens qui lisent en diagonale :

1) Ceci n’est pas un coup de gueule parce que cela sous-entendrait que je suis en colère. Apathie et colère sont des concepts TOTALEMENT opposés (merci de revoir votre vocabulaire si besoin).

2) Ceci n’est pas une critique de la japanimation. D’ailleurs si vous regardez attentivement j’ai mis le billet en 3615 My Life, ce qui veut tout dire. Je suis juste en mode « j’aime rien » ou « Schtroumpf Grognon », eeeeeeet…c’est tout. Vous vous attendiez à un pamphlet engagé avec un titre pareil ?

 

Bon c’est pas tout ça mais j’ai fini ma dissertation de linguistique (qui est donc une belle séance de masturbation intellectuelle, linguistique oblige) et j’ai bien besoin d’un remontant, il me faut ma dose de nawak premium sous peu pour me remettre à bloguer. On ne peut quand même pas écrire décemment si on n’est pas sous acides !

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 10:35

 

Une fois n’est pas coutume, je vais donner mes premières impressions sur un manga (ça faisait longtemps) et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de la « suite » d’une œuvre déjà overhypée que tout le monde avait acclamé il y a un ou deux ans, j’ai nommé Doubt.

 

Surfant sur la popularité de son premier manga, Yoshiki Tonogai remet donc le couvert avec un nouveau thriller,Judge, dont le tome 1 devrait bientôt débarquer par chez nous. Pleine d’espoir, j’ai eu un instant la folle pensée que peut-être, Judge reprendrait les bases de Doubt et ferait de l’intrigue bancale originelle une œuvre capable de me couper le souffle de suspens. Eh ben, on va dire que ça commence mal…

 

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Hiro est un adolescent ordinaire qui vit seul avec son grand frère Atsuya depuis la mort de leurs parents. Leur famille est heureuse et Hikari, son amie d’enfance, file le parfait amour avec Atsuya. Les deux tourtereaux lui prodiguent même des conseils et l’encouragent à se trouver une petite amie aussi afin qu’ils puissent partir tous les quatre s’amuser. Or Hiro est bien amoureux d’une fille, sauf qu’il ne peut pas le lui avouer puisque cette fille c’est Hikari. Un jour, à force d’entendre cette dernière le pousser à se confesser à celle qu’il aime, il décide de passer à l’action et profite d’un hasard pour mentir à son frère et l’éloigner une petite heure, le temps de révéler à son amie d’enfance ce qu’il ressens pour elle. Mais ce tout petit mensonge aura des conséquences catastrophiques.

Lorsqu’Hiro se réveille, quelques temps plus tard, il est enfermé dans une sorte de cachot, un masque de lapin sur la tête et des menottes au poignet. Un jeu morbide est sur le point de commencer…

 

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Si le début de ce synopsis laisse entendre que l’histoire de Judge sera différente, très vite les similitudes avec Doubt se multiplient. Les couvertures sont très semblables, les personnages le sont aussi, du point de vue du design comme de la « personnalité » et le jeu part très vite dans la même direction. Les fans du premier manga en seront probablement ravis mais cela me laisse un goût amer dans la bouche. J’ai vraiment l’impression de lire une espèce de copie. Il suffit de regarder la galerie des protagonistes principaux quelques minutes pour s’en apercevoir : Hiro est un clone de Yuu, c’est le gentil héros naïf, bien con comme il faut, qui essaye de faire copain-copain avec tout le monde et porte en lui un vrai-faux péché. Vrai parce qu’en effet il a entrainé le malheur sur sa famille, mais faux en ce qu’il rappelle trop le « crime » de Yuu dans Doubt. Au risque de spoiler un peu, je rappellerai que ce dernier, lorsqu’il se retrouve devant le grand méchant responsable de leur séquestration (et pendaison lente et douloureuse, aléatoirement) apprend qu’en fait lui avait une gueule sympathique et aurait pu s’en sortir mais que, parce qu’il a eu le malheur de proférer un seul petit mensonge bien naturel vu la situation, non en fait il va ptet crever lui-aussi. Je reste donc très réticente devant le péché de Hiro qui est sensiblement le même (Tu as menti UNE seule fois dans ta vie, ordure ! Tu mérites la peine de mort !), ce qui n’annonce rien de bon.

 

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Les autres joueurs ne sont bien sûr pas en reste : Monsieur Lion est identique à Hajime sur tous les points, en un chouilla moins gentil, Monsieur Cheval est Eiji avec une mèche teinte, le blouson en cuir en moins, Madame Chat a des gros seins comme Haruka, c’est donc, comme elle, une pute (cherchez pas le raisonnement) et les autres filles ressemblent à Mitsuki et Rei mais sans aucune once de personnalité déclarée pour l’instant. Seul Monsieur Chat qui a l’air d’un Ritsu au masculin et Monsieur Ours ont pour l’instant fait preuve d’un peu d’intérêt. Joli recyclage !

Les graphismes en eux-mêmes ne sont pas moches du tout pourtant mais un peu d’originalité aurait peut-être été le bienvenu, à moins qu’une histoire de timeline alternative ne se trame là-dessous et explique cette bizarrerie.

 

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 User des mêmes gimmicks de présentation encore et encore ça devient usant à la longue

 

Quant au scénario, Yoshiki Tonogai commence Judge de manière bien moins maladroite que Doubt mais petit à petit les évènements deviennent atrocement conventionnels. J’ai l’impression de relire les 10 Petits Nègres d’Agatha Christie, l’adrénaline en moins. Donc notre jeu morbide se met en place avec une sorte de tribunal bancal où chacun doit voter pour quelqu’un toutes les douze heures et où celui qui a le plus de votes crève dans d’atroces souffrances jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un certain nombre de survivants. Une épreuve qui aurait pu être bien menée si…les votes n’avaient pas été aléatoires ! C'est-à-dire que les protagonistes ne se connaissent pas du tout, ils ne votent donc pas contre quelqu’un parce que son crime (lié aux 7 péchés capitaux) parait impardonnable mais juste parce que sa gueule ne leur revient pas. C’est d’une intelligence… Et évidemment dès qu’un personnage est sensiblement mis en valeur, vous pouvez être certain qu’il va morfler au prochain tribunal, il n’y a aucune surprise.

 

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La seule étincelle qui aurait pu illuminer le manga c’est que notre héros tout gentil a en fait trouvé dès le début la solution pour que personne ne meure. On aurait donc pu penser que l’auteur allait tirer un pied de nez aux stéréotypes du genre, nous présenter des gens moins cons que d’habitude et un véritable combat entre les « joueurs » et les « maitres du jeu » et que l’idée même de tribunal allait se retourner contre les méchants derrière toute cette manipulation. Mais non, ç’aurait été trop surprenant et cette technique possède une faille : il suffit d’un imbécile dans le tas et tout est fichu. Et ça tombe bien, ce sont tous des imbéciles ! Dès le 1e vote, tout se barre déjà en sucette dans la joie et la bonne humeur. Les retournements de situations deviennent bien trop prévisibles lorsqu’on a déjà lu Doubt en entier. On sait déjà que l’auteur n’avait pas assez de courage pour briser certains clichés et qu’il ne le fera probablement pas cette fois non plus.

 

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La première impression qui ressort de Judge n’est donc, pour moi, pas très favorable. Déjà que le succès du précédent opus me paraissait complètement usurpé (Sérieusement, ça ? Le meilleur manga de tous les temps ? Mais vous n’avez jamais lu/vu de vrai thriller de votre vie ou quoi 0__o ?), ce nouveau manga risque fort de subir le même traitement. Mais comme je suis un peu bête, et surtout incroyablement masochiste, je vais persévérer en espérant vainement que Judge arrive à réaliser le potentiel que Doubt annonçait. Autant dire que c’est pas gagné…

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 00:10

Il y a quelques mois on annonçait la création des Sama Awards, concours visant à élire les meilleurs et les plus originaux articles de la blogosphère. Sur le coup la possibilité d’être évaluée qualitativement m’a paru une excellente idée et je m’étais promis de participer avec la rédaction d’un article sur un anime que je venais de voir : Boogiepop Phantom. Sauf que comme j’ai tendance à ne pas respecter de schéma très cadré pour l’écriture de mes billets, celui-là n’a toujours pas pointé le bout de son nez. J’ai toujours envie de le faire, et je le ferai, mais l’échéance du concours approchant et vu que je suis débordée de travail en ce moment, je pense que je ne parviendrai pas à le réaliser en temps et en heure. Ce qui soulève un immeeeeeeeense problème métaphysique qui, j’en suis sûre, fait trembler toute la galaxie d’effroi : quel article présenter ? Sachant que j’exclue d’office tous ceux portant sur des séries atroces et écris "pour le lulz " (ce qui ne retire pas grand chose, il faut croire que j'ai été productive cette année).

 

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  'tention, c'est un combat à mort dans le sang et la souffrance qui s'engage !

 

N’étant décidément pas une fille douée pour faire des décisions, je m’en remets lâchement au vote du public en vous présentant les candidats à la Star Academy. Choisissez celui qui restera en envoyant son numéro au 81212, appel surtaxé, 78euros par minute...ou juste en cliquant sur ce bête bidule qui apparaît plus bas 

 

Certains articles me plaisant plus, j’ai quand même effectué un classement mais il est loin d’être absolu donc n’hésitez pas à ouvrir votre gueule si vous estimez que untel aurait plus sa place dans le sondage que tel autre.

 

Mes favoris :


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Petshop of horrors

 

J’adore Petshop of horrors, son ambiance très particulière et sa façon de revisiter des mythes connus tels que celui de la sirène ou de Medusa en y apportant originalité et fascination alors je pense qu’il mérite amplement de figurer en tant que challenger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Arete

 

Princess Arete

 

Princess Arete a été une excellente découverte sachant avec justesse nous emporter dans un univers de conte de fées à la fois totalement subverti et enchanteur. C’est en outre un très bon terrain d’études pour tout un tas de réflexions sociales et psychologiques.

 

 

 


 

 

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Majokko Tsukune-chan


Petit anime méconnu au budget serré, Majokko Tsukune-chan est hilarant sur bien des points et apporte une petite touche de folie au genre « magical girl ». Et puis il fallait bien un candidat comique pour contrebalancer un peu X).

 

 

 

 

 

 


 

 

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Denpateki no kanojo


Plutôt que de faire une présentation, je me suis surtout penchée sur le 2e et dernier OAV de cette série trop courte et en livrant toutes sortes d’hypothèses que l’univers m’inspirait. L’analyse des Hapiness Points vaut-elle le coup ?

 

 

 

 


 

 

PSME 002

Please save my earth


Autre représentant de l’onirisme, Please save my earth va puiser sa force dans la dualité originale et bien mise en scène de son intrigue atypique mais terriblement attirante. Encore un titre qui vaut le coup donc.

 

 

 

 

 

 

 


 

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Noir

 

Evidemment quand on sait qu’il s’agit de mon anime fétiche et que j’ai dépensé près d’une dizaine de pages Word juste pour constituer un article tentant vainement d’expliquer le coup de cœur qui a été le mien, il était évident que Noir fasse parti des candidats.

 

 

 


MADLAX 007-copie-1

Madlax

 

Il en va de même pour Madlax dans une moindre mesure même si c’est toujours une série qui m’a inspiré pas mal de choses (dont mon pseudonyme tiens, ce qui assez intéressant pour être soulevé).

 

 

 

 

 

 


Sur la touche :

 

Clannad le film

Comme c’est un comparatif, on perd un peu en qualité à mon avis

 

God save the Queen & Le Labyrinthe de Morphée

Je me souviens avoir eu beaucoup de mal à commenter ce manga, je ne suis donc pas très fière du résultat

 

Paprika

Paprika n’a pas vraiment été une si bonne expérience donc ça ne m’emballe pas trop d’en faire ma vitrine

 

Yurumates

Article un peu trop anecdotique peut-être ?

 

Candy Boy

Article convenable mais tant qu’à choisir un sujet, autant en choisir un bon et Candy Boy, voilà quoi…

 

Kara no Kyoukai partie 1 & 2

J’aime bien ces articles mais comme le dossier est inachevé, ça m’embête un peu de le présenter

 


 

Voilà, voilà. Vous remarquerez que je ne vise pas du tout l'originalité contrairement à ce que j'ai pu voir de la part d'autres potentiels candidats aux Sama Awards, je préfère un bon vieux pavé "académique" ^_^.

 

Oh, sinon, notez que j'ai déjà un article sur Judge tout prêt (il n'y a plus qu'à programmer une date de sortie) et que je compte enfin m'atteler à Boogiepop Phantom après cela. Ensuite il y a une série trèèèèèèès spéciale et très WTF (si je vous dis : cache-sexe, ninjas philosophes et femme qui couche avec des serpents; vous me repondez ?) que j'ai envie d'aborder...peut être bientôt.

 


 

EDIT 26/03 : Résultats du sondage

 

Noir   38%  (18 votes)

Princess Arete  23%  (11 votes)

Please save my earth  13%  (6 votes)

Denpateki na kanojo  11%  (5 votes)

Majokko Tsukune-chan  9%  (4 votes)

Petshop of horrors  6% (3 votes)

Madlax  0%  (0 votes)

 

Merci à tous pour votre participation =)

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 01:45

En voilà un titre très inspiré. En fait je cherchais surtout un moyen de contourner l’inévitable terme de « plagiat » parce que celui-ci ne me semble pas très bien adapté, mais c’est assez délicat. Plagier à mes yeux c’est piller, recopier quelque chose en ne changeant que quelques minimes détails. A partir du moment où l’on reprend une œuvre existante en y insufflant un peu de soi et en la retravaillant, il n’y a plus de plagiat. La frontière est donc assez floue et attise toujours bon nombre de polémiques dans lesquelles je n’ai pas très envie de m’engouffrer.

 

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Aujourd’hui j’ai préparé une petite vidéo pour partager les similitudes musicales sur lesquelles je suis tombée dernièrement. Etant un peu spécialiste de Kajiura sur les bords, je ne résiste pas à l’envie de débuter par une démonstration de « l’autoplagiat » (néologisme ?) en établissant un comparatif de quelques uns de ses morceaux qui se ressemblent vraiment trop . Et puis après on passera à ces fameuses « inspirations musicales baladeuses » avec des pistes de compositeurs différents mais qui soulèvent pas mal de question. Oh et pour le lulz j’ai du vrai bon plagiat bien voyant (et légal de surcroit, youhou, vive la SACEM) à base de rap.

 

J’ai donc bricolé un petit quelque chose sans grande prétention, histoire de meubler un peu, le temps que je prépare de vrais articles, et je m’en vais vous le commenter.

Par contre je préfère prévenir d’abord, j’ai inclus des bouts d’openings/endings des animes/jeux concernés pour qu’il y ait quelque chose à regarder à l’écran quand même. C’est probablement une idée stupide mais j’avais aussi envie de me faire la main en m’entrainant au montage. Vous en subissez les conséquences, désolé =D.

 

 


 

 

"Autoplagiat"

1

Yuki Kajiura

Noir OST 2 - In Memory of you (2001)

El Cazador de la Bruja OST 1 - Ennui (2007)

 

Cet exemple est le premier à m’avoir frappé « l’oreille » je crois. Il faut dire que j’étais tellement fan de l’OST de Noir que quand j’ai écouté Ennui quelques années après, j’ai immédiatement tiqué « Hey mais c’est le début de In Memory of you, elle a juste viré l’accordéon ! ». Autant j’aime bien le lent crescendo du premier morceau, autant je crois que c’est Ennui que je préfère parce que la mandoline on ne s’en lasse jamais :3.

 

2

Tsubasa Reservoir Chronicle Future Soundscape IV - A whip and a witch (2006)

El Cazador de la Bruja OST 2 - Cowardly little dogs we are (2007)

 

J’ai beau avoir eu l’OST de Tsubasa Reservoir Chronicle sous la main avant je n’avais jamais remarqué ce morceau dans la foule des autres pistes et ce n’est que récemment que j’ai tout à coup réalisé Que Cowardly little dogs we are, que j’aime beaucoup, était une sorte de version accélérée de A whip and a witch avec des cœurs. Au moins ça rend bien =O.

 

3

Mai Otome OST 2 - Run, cat, run ! (2006)

Pandora Hearts OST 2 - Do it later (2009)

 

L’OST de Pandora Hearts a été pour moi une grosse déception alors quand, en plus, je vois des « copies » d’anciens morceaux que j’aime bien mais plus fades, ça ne m’aide pas à revenir sur ma première impression…

 

4

Mai Hime OST 2 - Shiromuku no Hime (2005)

Tsubasa Reservoir Chronicle Future Soundscape IV - Let go (2006)

 

Encore une fois, je n’ai fait le rapprochement entre ces deux pistes qu’il y a peu alors que j’avais les deux albums à portée de main. A choisir je préfère Let go à cause des passages qui suivent (et que je n’ai pas fait figurer ici) et qui apportent un peu plus de variété.

 

5

? - The Courtesy Waltz

Kalafina (Red Moon) - Yami no Uta

 

Là je triche un peu, je le concède, mais ça m’a tellement choqué que je ne pouvais pas passer à côté. En réalité The Courtesy Waltz n’est sortie sur aucun OST officiel, elle fait partie des bonus téléchargeables sur le site de Kajiura (et sur Canta per me où je suis allé la dénicher), de ses anciens travaux restés dans l’ombre (dont certains se trouvent sur sa nouvelle compilation The works for soundtrack). La compositrice a donc totalement recyclé cette vieille piste oubliée dans le dernier album de Kalafina. D’un côté j’approuve le changement, mais de l’autre ça me gène un peu, je ne sais pas trop pourquoi.

 

 


 

Inspirations « baladeuses » ?

6

Matrix Revolutions OST - Navras (2003)

Tsubasa Reservoir Chronicle Future Soundscape IV - Sacrifice (2006)

 

Celui-là je ne l’aurais jamais trouvé sans aide vu que je n’ai jamais vu un film Matrix de ma vie (c’est une honte, un scandale, je sais). Sacrifice faisant déjà parti de mes morceaux de Tsubasa Reservoir Chronicles favoris, la ressemblance ne m’a pas plus formalisé que ça (là où il y a eu une véritable croisade un peu exagérée contre Yoko Kanna), d’autant plus que Kajiura s’approprie vraiment l’air pour en faire quelque chose de personnel. Au final ce hasard m’aura permis de découvrir Navras, de Juno Reactor & Don Davis, se révèle beaucoup plus long et plus hétérogène (avec des phases un peu techno).

 

7

Hack//sign OST 1 - Fake Wings(juillet 2002)

Last Exile OST 2 - Lost Friend (septembre 2003)


Encore une fois on en arrive à un exemple de variation intéressant. Les deux pistes sont toutes les deux très jolies et cultivent leur propre version du même air mais traité différemment. J’ai dû faire un peu de ficelage dans la mélodie de Dolce Triade parce qu’on n’entend chanter Hitomi que vers la toute fin et que sa façon de chanter offre aussi un bon élément de comparaison. Ma préférence reste tout de même à Fake Wings.

 

8

Juuni Kokki OST  - Sanctus Kihaku (Kunihiko Ryo)(2003)

The 3rd Birthday OST - Into the Babel (2010)

 

Il s’agit de ma dernière trouvaille en date et remonte donc à quelques jours. Je lisais la critique de la bande-son de The 3rd Birthday sur Role Playing Magazine et les éloges du rédacteur se sont montrés suffisamment éloquentes pour me donner l’envie de tester quelques morceaux sur Youtube. Quelle ne fut donc pas ma surprise, en découvrant que Into the Babel, décrit comme une tuerie de Mitsuto Suzuki, empruntait une litanie que je connaissais bien, et pour cause : Sanctus Kihaku faisait partie de l’OST des 12 Royaumes…offert en promotion dans un numéro précédent de Role Playing Magazine ! Visiblement le rédacteur de l’article n’était pas le même que celui qui a eu l’idée de vendre le CD.

 

9

Noir OST 1 - Les Soldats (2001)

Final Fantasy XIII OST Disc 3 - The Vile Peaks (2010)

 

Tiens donc, encore une ressemblance troublante ! Les chœurs de The Vile Peaks ont la même tonalité et disent la même chose que dans Les Soldats. Cela pourrait n’être qu’une coïncidence (les deux artistes auraient fait appel au même orchestre, les paroles renverraient à un texte ultraconnu de la Bible, on peut tout imaginer) et je le pensais aussi très fortement, jusqu’à ce que je tombe sur Into the Babel, cité ci-dessus. Certes le rapprochement est étrange, mais ce sont deux compositeurs différents, n’est-ce pas ? Et bien, en allant vérifié sur VGMDB, mon intuition a porté ses fruits puisque si c’est bien Masashi Hamauzu qui est à l’origine de The Vile Peaks, l’arrangeur n’est nul autre que…Mitsuto Suzuki ! Décidément, on dirait que ce monsieur aime bien les chants grégoriens =).

 

10

Eric Satie - Je te veux (1902)

Yume Miru Kusuri OST - The girl is baking sugar pastries (2005)

 

En essayant de réviser un peu mes classiques j’ai redécouvert un certain nombre de compositeurs que je connaissais sans savoir leur nom et celui de leurs œuvres (par exemple j’ai découvert que la Chevauchée des Valkyries était le thème d’une machine à laver…ah ces plaisantins de publicitaires, toujours prêts à forger notre culture) dont Erik Satie. Et là encore, ça a fait tilt dans ma tête quand j’ai écouté la version de Je te veux présente dans le film d’Haruhi (c’était plus commode à choper comme ça). Cette mélodie me rappelait curieusement Yume Miru Kusuri. Je ne sais pas si c’est juste moi mais j’ai vraiment l’impression que Funczion Sounds a repris le morceau à sa sauce. Evidemment c’est impossible à vérifier vu puisqu’il n’est fait mention de Erik Satie nulle part, mais vu que l’enregistrement est passé dans le domaine public depuis longtemps, il n’en aura pas vu l’utilité et je n’aurais jamais de réponse certaine…

 

Et maintenant pour le lulz, voilà deux exemples que j’ai trouvés de rappeurs qui pillent éhontément Kajiura. Inutile de préciser vers quelle version va ma préférence…

 

11

I talk to the rain - Tsubasa Reservoir Chronicle Future Soundscape I (2005)

Nach - Un dia en suburbia (2008)

 

12

Canta per me - Noir OST 1 (2001)

Ma conscience - Rap français (2005)

 


 

En attendant que je revienne fraiche, dispose et en pleine forme, je vous propose un petit jeu (toujours sur le thème de la musique) sous la forme d’une sorte de mini-blindtest. La vidéo qui suit contient 5 morceaux que vous devez deviner et tous sont en rapport avec les eroges, sinon ça ne serait pas drôle :p.

 



Quelques indices :

_Sur les 5 pistes, 4 sont des openings et l’intrus est une BGM provenant de l’un des jeux représentés

_Un des morceaux est un remix mais cela ne vous handicapera pas fondamentalement pour découvrir le titre qui se cache derrière

_Les images montrées proviennent des openings. Je les ai bien sûr légèrement modifiés (sinon ce serait trop facile) mais vous pouvez vous en servir.

_A noter que je n’ai pas forcément mis un seul extrait pour chaque titre.

 

Voilà, voilà, essayez de ne pas tricher et d’en trouver le plus possible. Pas besoin d’écrire le nom du chanteur (souvent assez obscur), le nom du jeu et de la piste suffiront =).

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:35

Pour rester dans la lignée de Noir, je vais maintenant parler de Madlax, son « successeur spirituel », afin de compléter la saga Girls with Guns (qui se termine assez lamentablement avec El Cazador de la bruja).

 

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Dans le pays moyen-oriental de Gazth-Sonika une terrible guerre civile fait rage depuis bientôt 12 ans. Au milieu de la pagaille une mercenaire officie secrètement, que ce soit dans la jungle profonde au plus fort des affrontements ou dans la zone démilitarisée faussement tranquille, sous le nom de code Madlax et avec une dextérité telle qu’elle entre dans les légendes urbaines. Pour une très grosse somme d’argent, vous pouvez requérir à ses services pour une tâche de garde du corps, un assassinat, un sabotage ou toute autre mission particulièrement délicate.

A des kilomètres de là, dans le pays prospère de Nafrece, une jeune bourgeoise un peu tête en l’air du nom de Margaret Burton vit paisiblement aux côtés de sa domestique Elinor jusqu’au jour où elle retrouve dans ses affaires un livre mystérieux aux pages teintées de sang.

Madlax et Margaret semblent à l’opposé l’une de l’autre, et pourtant un lien étrange les unit…

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Calm violence

Si la série fait très clairement écho à Noir dans ses thèmes de départ (la profession de tueuse à gages, l’amnésie, deux héroïnes apparemment opposées, une organisation mafieuse qui contrôle le monde, la France, des gun-fights « magiques », le shoujo-ai), elle s’en démarque totalement par un traitement très différent. Cette fois-ci l’intrigue n’est pas resserrée sur deux personnages, il s’étend sur un cast beaucoup plus large (fatalement moins développé que pour Noir mais on y trouve son compte) comprenant enfin des protagonistes masculins importants et comporte pas mal d’éléments surnaturels (j’y reviendrai). De plus, il est à noter que si tout tourne autour de Madlax et Margaret, celles-ci ne se rencontrent qu’aux 2/3 de l’anime ! Voilà de quoi garder le spectateur en haleine…

 

Madlax commence par nous présenter son héroïne éponyme en action et alterne entre les deux jeunes filles d’un épisode à l’autre en prenant toutefois garde à faire le lien. Ainsi vous pouvez être certain que si un personnage habitant à Nafrece parle de Gazth-Sonika, lui ou quelqu’un avec qui il était en contact se retrouvera là-bas juste après et il y a de grandes chances pour que ce soit Madlax son agent…Le spectateur n’est donc jamais complètement perdu dans cette alternance. Puis petit à petit on finit par retrouver des passages avec les deux héroïnes à chaque épisode jusqu’à ce que, se rapprochant de plus en plus (en étant en contact avec les mêmes personnes par exemple), elles finissent par se rejoindre. Mais quel est le rapport entre Madlax et Margaret ?

 

En réalité il n’y a bien qu’une seule intrigue et elle est particulièrement bien ficelée en ce que chaque épisode est conçu de manière à percevoir un fragment de ce tout. Le rythme avance parfois un peu lentement mais on se rend vite compte que tout est nécessaire, il n’y a jamais de passage en trop et même l’épisode « piscine » où Margaret, Elinor et Vanessa font trempette en maillot de bain est déterminant dans la progression de l’histoire, c’est vous dire à quel point BeeTrain a tout prévu. Et il y a toujours des scènes de bataille pour venir dynamiser l’ensemble de temps en temps. Aller plus vite serait de toute façon impossible pour comprendre le final (car oui il comprend pas mal de subtilités).

 

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A gauche : Madlax. A droite : Limelda et Margaret

 

Revenons-en aux protagonistes principaux pour mieux saisir ce grand « tout ».

 

Gazth-Sonika

Nous avons donc Madlax, l’agent le plus redoutable de Gazth-Sonika, doublé par Sanae Kobayashi (Lucy d’Elfen Lied, Akira de Mai Hime). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Madlax n’est pas une machine à tuer inhumaine et froide, c’est même une jeune fille plutôt sensible. Elle n’hésitera pas, par exemple, à prendre des risques pour rencontrer son client à l’épisode 3 lorsqu’elle apprendra que commanditaire et cible ne font qu’un, sans aucune raison, juste pour comprendre son geste, juste pour passer du temps avec lui. Cette sensibilité est d’autant plus étrange qu’elle se mélange à une adresse presque surnaturelle dans le combat. Madlax est donc un personnage assez intéressant qui ne tue au fond que par nécessité, que parce qu’elle y est obligée pour survivre  mais qui le fait avec une nonchalance extraordinaire. A noter qu’elle affectionne troquer sa tenue militaire pratique contre des robes de soirées, comme si elle allait au combat comme à une fête, ce qui apporte une petite touche de fanservice assez rigolote et non envahissante (et puis c’est classe une tueuse qui virevolte en robe de soirée).

 



Très vite apparaît dans l’histoire une sorte de Némésis à Madlax dans la personne de Limelda Jorg, doublée par Aya Hisakawa (dois-je encore la présenter ?). Sniper d’élite au service de l’armée royale de Gazth-Sonika et considérée comme la meilleure tireuse du pays, quand elle est mise en déroute par Madlax, Limelda le prend forcément très mal et son orgueil n’accuse pas le choc. Dès lors, elle se mettra en tête de poursuivre sans relâche la jeune fille pour la tuer et chacune de leur rencontre renforcera sa détermination. Détermination qui ne s’explique en fait vraiment que dans la seconde moitié de la série. Limelda veut prendre sa revanche, c’est certain, on voit bien qu’elle admire sa rivale sans même se le cacher, mais leurs relations sont bien plus complexes que cela : en réalité Limelda voit en Madlax une sorte d’alter ego et elle est sans arrêt poussée à la défier parce que c’est la seule capable de la vaincre ; leurs confrontations récurrentes la font se sentir exister et une fois un certain cap passé, on nage dans l’obsession et Limelda ne pensera plus qu’à elle.

 

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Ignorez avec moi les gens au second plan et bavez devant Nahal qui n'a été conçue que dans l'optique d'être cool

 

Nafrece (anagramme de France)

Très loin de ce climat de guerre et du parfum de la mort, Margeret Burton, doublée par Houko Kuwashima (qui faisait déjà Kirika dans Noir), a l’air de posséder une vie idéale : elle est incroyablement riche, possède sa propre domestique, et va dans une école apparemment aisée. Mais là où Madlax parvient à conserver son humanité même dans l’horreur de la guerre, Margaret au contraire a une personnalité complètement brisée. Elle se montre dénuée de sentiments, apathique, mais pire encore, on dirait qu’elle ne vit tout simplement pas dans le même monde que ses semblables. Elle semble coincée dans le passé, incapable de grandir. La plupart du temps elle arbore une attitude incohérente ou  enfantine, ce qui fait qu’il est très difficile d’apprécier ce personnage, du moins lorsqu’on ne sait pas quel traumatisme caché l’a poussé à se renfermer dans son monde. Même en étant mentalement un peu déficiente, son excentricité lui vaut d’exercer un incroyable pouvoir sur son prochain et elle marque involontairement tous ceux qui la rencontrent.

 

Autour de Margaret évoluent Elinor, doublée par Ai Uchikawa, qui se révèle être le modèle même de la domestique accomplie (bonus dans sa maitrise des arts martiaux), la notion pure de maid se dévouant à sa maitresse au péril de sa vie, et Vanessa, doublée par Satsuki Yukino (Shion/Mion Sonozaki dans Higurashi, Mutsumi dans Love Hina), une amie de la famille Burton et ancienne préceptrice de Margaret, qui va avoir un rôle déterminant dans l’intrigue puisque c’est suite à l’épisode « piscine » que prise de doute, elle va tenter de mettre au jour le complot d’Enfant sans prévoir qu’elle mettrait ainsi le doigt dans un terrible engrenage.

 

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Vous ? Le méchant de l'histoire ? Je ne m'en serais jamais doutée...

 

Enfant

Avec un nom français, tout comme les Soldats de Noir, ce terme désigne une organisation criminelle que devront affronter les différents personnages pour parvenir à découvrir la vérité concernant leur passé. Sauf que cette fois-ci, légère subtilité, Enfant ne contrôle pas uniquement des hommes de main à troncher à chaque épisode (quoique…) mais surtout un réseau d’informations immense que leur chef, Friday Monday, doublé par Masashi Ebara, se fait un plaisir de manipuler. Lobotomiser les gens c’est son métier, c’est son hobby, aussi n’hésitera-t-il pas à faire disparaître votre existence de manière propre et efficace. Doté d’un sobriquet ridicule, Friday Monday est malheureusement un méchant caricatural aux motifs abstraits et difficilement plausibles. Son comportement excessif et son manque de profondeur en font un antagoniste maladroit. A mes yeux, le plus gros défaut de l’anime…

 

Heureusement, le bras droit de Monsieur « Vendredi Lundi », un certain Carossur Dawn, doublé par Toshiyuki Morikawa (Alex Row de Last Exile, Sephiroth dans les compilations récentes de FFVII, je crois que nous avons une voix garantie « effluves de classe ») se montre bien plus complexe que son supérieur, notamment parce qu’il n’obéit pas bêtement aux ordres d’Enfant et ne tarde pas à mener à la barbe et au nez de Friday Monday ses propres recherches pour retrouver avant lui le livre que possède Margaret. Arborant souvent un sourire énigmatique, il entretient une liaison assez particulière avec Limelda dont il a fait son garde du corps personnel.

 

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Quanjitta et les deux enfants : Laeticia et Poupee

 

Les gardiens

En plus de cette ribambelle de protagonistes, il faut compter sur une très belle femme du nom de Quanjitta Malice/Malison (Mako Hyoudou) vivant recluse dans un village de Gazth-Sonika avec sa disciple Nahal (Chikayo Nakano). Toutes deux observent l’intrigue se tisser de loin et ont un comportement assez ambigu, ce qui fait qu’on ne sait jamais vraiment quelles sont leurs intentions. La parenté avec Altena et Chloé dans Noir est facile à faire même si elle n’est pas tout à fait exact : on peut considérer que si Friday Monday est la part de folie d’Altena, Quanjitta est son aspect « bonne mère », là où Nahal fait preuve de bien plus de discernement que son homologue aux cheveux chatoyants.

 

Nous avons aussi deux êtres assez mystérieux qui semblent errer dans un autre monde, deux enfants visiblement liés à Madlax et Margaret, dont Laeticia (Tomoko Kaneda) aux yeux de poupée qui ponctue souvent l’histoire de remarques philosophiques, obscures et oniriques.

 

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Survie, vérité…et bizarre

Maintenant qu’on a mis un peu au clair cette toile d’araignée, on commence à entrevoir quel sera le thème autour duquel s’articulera Madlax : Noir traitait de la vengeance et l’identité, son successeur développe la recherche de la vérité et le sentiment de la survie. Survie car si l’héroïne éponyme se lance dans des combats toujours plus esthétiques que réalistes et ressort indemne de situations incohérentes (Un militaire est à deux pas d’elle, il lui tire dessus, elle ne bouge pas d’un iota…il la manque 15 fois. Elle tire un seul coup de feu, le militaire s’écroule mort) c’est aussi parce qu’elle ne peut pas encore mourir, elle doit rester en vie car il lui reste des choses à accomplir. Mais survie aussi dans le sens où la série nous montre des hommes et des femmes parfois désespérés et qui, pour continuer à exister, plongent dans la folie la plus totale. Une folie pas toujours volontaire… En effet Friday Monday possède un livre un peu particulier à l’aide duquel, en prononçant quelques mots (Elda Taluta), il peut faire se réveiller à l’intérieur de ses victimes une angoisse immense qui les pousse à toutes les atrocités possibles et imaginables (justement pour « survivre » à cette épreuve) quand cela ne les enferme pas dans un désespoir sans fin, un peu comme si le mot devenait action, qu’il suffisait d’appeler la mort pour qu’elle survienne soudain ; un concept intéressant qui devrait passionner nos amis linguistes.

 

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Face à la survie, il y a la vérité, c’est à dire que pour continuer à exister chaque personnage se cherche lui-même dans un idéal d’absolu qu’il appelle « vérité » parce qu’il est persuadé que c’est la seule chose qu’il ne pourra jamais remettre en doute. Ironie du sort c’est la découverte de cette vérité qui empêche le personnage de continuer à exister…parce que dans Madlax il existe des éléments complètement surnaturels dont il faut être conscient pour apprécier pleinement la série.

 

Si vous ne supportez pas les œuvres où la magie a tendance à un peu tout expliquer, il y a de fortes chances que Madlax vous dérange. En effet, ici tout est bardé de fantastique : Les mots magiques qui rendent fous ou Madlax qui survit à toutes les balles ne sont rien en comparaison du twist final (que je développerai dans la partie spoiler) ! Pour donner un exemple suffisamment parlant, certains protagonistes (parfois totalement anecdotiques et inutiles) sont en réalité morts depuis longtemps...et vous les voyez quand même comme des êtres vivants et parlants. Je ne préciserai pas plus mais si l’idée vous est insupportable, vaut mieux passer son chemin….

 

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Jeu et image

Ce qui est fascinant dans Madlax c’est qu’en réalité les scénaristes vous disent déjà tout depuis le début, que la série est parsemé de petits détails qui trahissent la vérité, mais comme le twist final sur lequel se base toute l’intrigue est purement surnaturel, votre raison n’arrivera jamais à cette conclusion sans avoir vu les explications adéquats. Ce qui fait que ce n’est qu’en se repassant l’anime dans son intégralité qu’on se rend compte qu’en réalité tous les indices étaient là depuis le départ pour nous aiguiller sur le bon chemin, mais qu’on ne les a pas interprété correctement par pure logique.

 

La série joue donc constamment avec vous à votre insu et s’amuse à vous guider petit à petit dans un long périple où s’alternent une fois de plus scènes d’action et passages oniriques le tout ponctué de réflexions un peu métaphysiques. L’exemple qui me vient immédiatement en tête est bien sûr celui de l’épisode 4 dans une scène absolument magnifique, qui devrait vraiment être analysée en profondeur, à la limite du songe et du souvenir (Proust es-tu là ?) où Margaret rêve d’un champ de fleurs jaunes sur fond d’une musique envoûtante. [HS : les petits curieux seront peut-être intéressés d’apprendre que c'est de là que je tire mon pseudonyme] Il y a bien d'autres exemples possibles mais ce serait trop long à répertorier.

 


L'opening de la série regorge de symboles

A ce propos, je crois qu’on peut dire que la réalisation est assez irréprochable : les graphismes, plus récents que pour Noir, sont de toute beauté (petit coup de cœur pour l’effet « cheveux ensoleillés ») et une fois encore Yuki Kajiura a fait un travail incroyable pour la musique. Le thème le plus récurrent de la série, Nowhere, ne devrait d’ailleurs pas vous être inconnu si vous connaissez le Kumikyoku…Le seul défaut qui me parait évident c’est que l’utilisation de flashbacks qui au début était très sommaire devient complètement abusive pendant 2 épisodes vers le milieu de l’anime (du genre 5 fois exactement la même scène) avant de revenir à la normale (il y en a moins que dans Noir mais il y en a quand même car la recherche du passé reste une grande obsession de certains personnages). Je ne m’explique pas ce drôle de détail.

 

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\ !/Attention, gros spoilers \ !/

Un pas vers la maturité

La fin a généralement été très vivement critiquée, pourtant j’avoue ne pas y avoir trouvé grand-chose à redire. J’ai eu un peu peur lorsque Madlax s’est souvenu avoir tué le père de Margaret parce que c’était étrangement incohérent mais la révélation finale était en fait très bien pensée : les héroïnes ont le même passé justement parce qu’à l’origine elles ne formaient qu’une seule et même personne avant de se séparer en deux « moitiés » d’être. Leur réunion pour retourner à cet état originel était donc logique. Ce qui a froissé les gens, je pense, c’est que le souhait de Margaret ne soit pas de ressusciter ses amis morts pour elle (y a quand même eu 3 de ses proches qui y sont passés) et qu’elle redonne à la place à Madlax une existence propre. Pour moi c’est au contraire une preuve de maturité. Depuis le début de la série, Margaret se fait maternée, choyée et protégée par ses proches, c’est une enfant pourrie gâtée qui n’a aucun sens des valeurs (et qui dégaine son chéquier plus vite que son ombre). En voyant tomber ceux qu’elle aimait et en assumant le meurtre de son père, elle a grandi, elle a repoussé cet espèce de déni malsain qu’elle arborait tout au long des derniers épisodes en proclamant Friday Monday comme son propre géniteur. Cette fois-ci Margaret accepte que le monde n’aille pas dans son sens, elle accepte devoir parfois se débrouiller toute seule. Symbole suprême : on voyait au départ Elinor s’occuper d’elle comme une mère envers sa fille, et à la fin elle choisit de faire de Laeticia sa petite sœur, donc de prendre non plus le rôle de l’enfant mais de la « maman ». C’est une grande évolution du personnage et au fond un choix beaucoup plus mature que de déclarer « Hophophop, où sont mes esclaves personnels ? Allez bande de larves, je vous ressuscite sinon je serais obligée de me faire à manger moi-même et c'est un scandale».

 

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De plus elle rend à son alter ego le contrôle de sa vie, une autre preuve de maturité. Ce qui avait enclenché la séparation en deux corps c’était bien la volonté de Margaret de se dédouaner de ses responsabilités, donc de les forcer sur le dos de Madlax. Au lieu de la faire disparaître, de faire disparaître sa culpabilité, elle la libère. Mais ce n’est plus qu’une séparation « artificielle » (à moins qu’on ne considère cela comme la véritable séparation et donc que c'est le vrai thème de l'anime) puisque chacun a à présent conscience de son héritage, elles ne sont plus deux moitiés de la Margaret Burton originale : elles sont deux personnes entièrement différentes.

 

En ce sens, j’estime que la série a au contraire très bien su se conclure (sur fond de musique géniale, que demander de plus ?) et éviter le happy end absurde à la Mai Hime.

 

\ !/Fin spoilers \ !/

 

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En conclusion, Madlax se révèle utiliser l’héritage de Noir de manière très intelligente : les scénaristes ont bel et bien réussis le tour de force de traiter la même histoire dans un style alternatif et à en faire une production bien différente que son aînée, possédant des qualités très semblables (mais aussi les mêmes défauts, c’était un peu inévitable) tout en disposant d’une identité propre, le tout avec une musique toujours aussi sublime. Sa complexité surnaturelle ne plaira cependant pas à tous, la série vaut tout de même le coup pour ceux qui ont vu Noir mais aussi ceux qui apprécient le fantastique mêlé d’action.

 

Et maintenant il est l’heure de manger des pâtes, oui des pâtes =).

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 12:45

 

Jusqu’à maintenant je ne m’en étais pas cru capable, je pensais que je ne parviendrais jamais à rédiger d’article sur Noir, il y avait trop de souvenirs, de moments émotionnels en jeu. Et puis à mes yeux ce n’était pas n’importe quel anime non plus – probablement le seul pour lequel je suis incapable de raisonner, de prendre ce recul que je m’efforce de garder pour tous les autres. Parce que c’est par Noir que tout a commencé. Alors je m’étais résolu à ne pas en parler, à ne pas briser le mystère. Et puis soudainement, la semaine dernière, alors que je sentais la fièvre monter de manière insidieuse à cause d’un rhume charmant, mon cerveau a profité d’une nuit sans sommeil pour élaborer un long discours sur Noir, discours qui m’a étonnée moi-même puisque cela faisait des années que je n’avais pas touché à mes DVDs (un peu par peur de voir l’illusion se détruire : si mon imagination avait exagéré l’ampleur réelle de l’animes, je n’aurais pas pu le supporter). Alors finalement je me suis décidé à sauter le pas : après tout, s’il y a bien une série qui doit figurer sur mon blog c’est celle-là puisque c’est avec Noir que j’ai eu le déclic et que je me suis véritablement intéressée à la japanimation. Aussi elle occupe une place particulière dans mon cœur.

 

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Mireille Bouquet est une parisienne d’origine corse d’une vingtaine d’années qui officie en tant que tueuse à gages. Elle est plutôt réputée dans le milieu et a la tête bien sur les épaules, aussi quand une certaine Yuumura Kirika, une étudiante japonaise qu’elle ne connaît pas, lui envoie un jour un mail en l’invitant à la suivre pour un pèlerinage dans le passé, Mireille prend ça pour une mauvaise blague et s’apprête à l’ignorer lorsqu’une petite mélodie familière retentit. Des souvenirs enfouis reviennent alors à la surface et poussent la tueuse professionnelle à s’embarquer vers le Japon pour rencontrer cette mystérieuse jeune fille afin d’en apprendre plus. Il s’avère que Kirika Yuumura cache en réalité un profond traumatisme : elle s’est réveillée il y a peu complètement amnésique dans une maison vide. Les seuls indices dont elle dispose sont : un revolver, une montre à gousset d’où s’échappe la fameuse mélodie, le mot « Noir » et Mireille. Dès lors les deux femmes décident de faire équipe pour lever le mystère de leurs passés respectifs en prenant le nom de code Noir. Mais elles se font aussi une promesse : une fois qu’elles sauront la vérité, Mireille devra tuer Kirika.

 

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Noir  possède un rythme intéressant : les premiers épisodes sont là pour présenter le duo Kirika/Mireille, leur interaction, comment elles se tirent de situations délicates, mais aussi de manière plus ténue le motif qui sous-tend la série, celui de la vengeance. Ensuite l’arrivée de Chloé, un personnage dont je ne manquerai pas de reparler, au tiers de la série vient bousculer cette mini-routine et entame une série de doutes, de révélations menant au crescendo final. Mais ce qui est surprenant c’est de constater combien tout fait sens et combien l’engrenage est bien huilé. Tous les épisodes sont à leur place, servent un point particulier ; on ne peut rien ajouter, rien soustraire. Lorsqu’on repasse l’anime dans sa totalité après l’avoir fini on se rend enfin pleinement compte de tous les détails qui paraissaient un peu obtus auparavant.

 

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Un monde plongé dans le silence

D’aucuns disent que Noir est une série un peu molle. En réalité ce n’est pas l’anime en lui-même qui est particulièrement lent, puisqu’il n’y a jamais de « remplissage », mais son aspect contemplatif qui lui en donne l’air. Car oui Noir est une série très contemplative. Contrairement à des animes comme Bakemonogatari réputés très bavards, Noir ne dit que ce qui est nécessaire. Jamais on n’entendra un personnage se lancer dans un long monologue pour exprimer ses sentiments les plus profonds au spectateur, non, ici tout est bien plus subtil et un regard jeté en coin en dit souvent bien plus long que n’importe quelle tirade. La plupart du temps c’est bel et bien la musique qui fait office de dialogue. Tout repose sur l’ambiance crée par les mélodies de Yuki Kajiura qui signe là (et je pense que peu de monde me contredira) son plus grand chef d’œuvre. Des pistes comme Canta per me et Salva Nos sont largement sur-utilisées par rapport au reste de la bande son mais elles sont tellement belles qu’il est tout bonnement impossible de s’en lasser. La musique, le paysage, les jeux de regard, tout cela forme une atmosphère très particulière qui se trouve être le cœur de l’intrigue. Il est donc important de se laisser porter par elle. L’aspect contemplatif en lui-même s’accorde avec le thème de la série, il existe donc une harmonie dont ne profitent malheureusement pas toutes les œuvres du studio Bee Train qui depuis Noir a eu tendance à répéter le même schéma avec des animes pour lesquels il ne fallait pas du tout le même traitement (je pourrais citer Tsubasa Reservoir Chronicle, El Cazador de la bruja et Avenger par exemple). Je ne peux par ailleurs que recommander à tout être vivant de jeter une oreille à l’OST de Noir. A moins d’être une pierre, c’est impossible qu’il n’y ait pas au moins une piste qui vous fasse un petit quelque chose.

 

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Lancinante obsession

Une autre critique envers Noir porte sur l’usage abusif du flashback. En effet à chaque épisode, ou presque, on plonge dans la mémoire de Mireille, au moment où petite fille elle découvre une scène particulièrement horrible, celle du massacre de sa famille. Et ce souvenir revient sans cesse, de manière lancinante, comme une obsession qui la hante, sur fond de musique nostalgique, étouffante, écrasante. Puis petit à petit, le spectateur découvre des bribes supplémentaires jusqu’à ce que le souvenir soit complet – et il ne le sera véritablement qu’à la fin de la série puisqu’on découvrira assez tard que Mireille n’était pas seule présente lors du meurtre, ce qui fait qu’il existe plusieurs perceptions de la scène, chacune apportant un nouvel élément, parfois même contredisant ce qui a été vu auparavant. A mon sens le flashback est parfaitement utilisé. Ne le voir qu’une seule fois minimiserait complètement son impact. Le revoir encore et encore, toujours plus angoissant avec ses couleurs sépia et ce sang écarlate sur les carreaux noirs et blancs – carreaux évoquant évidemment un jeu d’échecs macabre – ce sang qui brille, ces ombres bleus déconcertantes et cette montre toujours immuablement présente, comme une sorte de gardien de la mémoire. Un gardien cruel qui est la clé du pèlerinage dans le passé réunissant les trois héroïnes.

 

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L’esthétique avant tout

Noir n’est pas une série réaliste du monde des assassins, de la pègre et des organisations secrètes, elle vise avant tout une esthétique. On le voit dans les scènes d’action, nombreuses, qui finissent toujours par une sorte de divinisation des héroïnes : leurs mouvements possèdent toujours une grâce, une élégance, certains mouvements paraissent n’exister que pour la gratuité, la beauté qui s’en dégage. Deux personnages en particulier ont le droit à ce traitement : Kirika et Chloé (Mireille aussi mais dans une moindre mesure, on verra pourquoi). Et ce choix n’est évidemment pas anodin, en nous les présentant dans des exploits à la limite du surhumain, BeeTrain cherche à nous faire réaliser le fossé qui existe entre elles et les hommes ordinaires, à nous faire comprendre que non on ne choisit pas n’importe qui pour représenter le nom de Noir. Aussi il me parait absurde de pinailler sur le fait que tuer avec des petits cailloux, des fourchettes et des cartes d’identité en plastique est impossible. Bien sûr que c’est impossible mais c’est justement ça le but ! Nous prouver que Kirika et Chloé peuvent défier les limites du possible, que n’importe quel jouet entre leurs mains est une arme dangereuse. Ce procédé vise à manipuler notre impression sur les personnages : abattre un homme de main avec un petit caillou, je suis désolée, mais on ne peut qu’éprouver de l’admiration devant ce genre d’exploit même si dit comme cela l’action parait ridicule. Personnellement j’ai eu le souffle coupé devant les ruses de Kirika tel le coup de la corde à l’épisode 9 qui encore une fois renvoie plus à une esthétique qu’à une réalité (mais la réalité parait bien plate en comparaison). Je crois que c’est véritablement un mot d’ordre et il suffit d’assister au tout premier épisode, où Kirika pend un homme dans le vide par sa cravate sous fond de coucher de soleil rouge sang, pour le comprendre.

 

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La toile d’araignée toujours plus serrée

Plus qu’une série d’action et de mystère, Noir se concentre beaucoup sur la psychologie de ses personnages qui portent la série par leur complexité et leur charisme évident. On peut considérer qu’il y en a quatre véritablement importants, ce qui fait qu’ils sont considérablement approfondis au long des 26 épisodes – approfondis mais jamais totalement percés à jour, ne vous attendez pas à ce qu’on vous prenne par la main pour vous réciter leurs histoires réciproques de A jusqu’à Z.

 

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Mireille Bouquet, doublée par la très connue Kotono Mitsuishi (Misato dans Evangelion, Usagi dans Sailor Moon, Excel d’Excel Saga), est la première à nous êtres présentée. Si elle arbore fréquemment une façade un peu froide et surtout très cynique (elle n’hésite jamais à lancer des petites piques à son interlocuteur, voire à se montrer brutale, alors même qu’elle n’a pas toujours l’avantage), on devine aisément qu’elle cache une grande fragilité derrière ce côté de louve solitaire. Ce qui est intéressant dans son cas c’est que ses capacités en tant qu’assassin sont très vite dépassées au fur et ça mesure que la série avance. Elle a beau être exceptionnellement douée, elle reste une tueuse ordinaire, donc faillible, humaine. Dès que la situation sort un peu de l’ordinaire ou qu’elle doit faire face à des ennemis trop redoutables, elle montre ses limites mais les compense par ses qualités morales, sa culture, son réseau d’informations, sa débrouillardise.

 

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Et de ce point de vue là Kirika se place comme l’opposé parfait de Mireille. Petite brune réservée, la jeune fille semble s’effacer auprès de la grande blonde faussement joviale. Elle n’a plus rien au monde, ce qui fait d’elle une héroïne particulièrement tragique et sa seiyuu, Houko Kuwashima (Quon de RahXephon, Arete de Princess Arete et plus récemment Tomoyo de Clannad ainsi que Medusa de Soul Eater) rend à merveille l’émotion dans sa voix. On la voit souvent dans des postures mélancoliques, rongée par ce passé qu’elle n’a plus et de ce fait, mue par ce que j’appelle l’énergie du désespoir, elle se révèle bien plus redoutable que Mireille lorsque les circonstances dépassent l’ordinaire. Son revolver est ainsi complètement archaïque et aux capacités réduites, et pourtant elle arrive à compenser ce handicap apparent en ramassant tout ce qui se trouve à sa portée -lames, armes à feu, objets moins conventionnels (la voiture miniature par exemple, ça c’était fort, vraiment très fort) – et faire des ravages conséquents.

 

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Chloe ressemble énormément à Kirika : on ne sait pas non plus son véritable nom ou son âge mais c’est une tueuse hors pair qui garde toujours son sang-froid et arrive à se sortir de toutes les impasses possibles et imaginables. Ajouter à cela un coté un peu mystérieux et une grosse dose de charisme, passant notamment par le fait qu’elle se serve uniquement d’armes blanches ce qui suppose une agilité et une rapidité hors du commun, et vous avez un des meilleurs personnages de toute la japanimation (j’en reparlerai plus loin et sous spoil). Aya Hisakawa (Kerberos dans Card Captor Sakura, Yuki dans Fruits Basket, Youko de Juuni Kokuki, Ami de Sailor Moon) joue probablement avec Chloé à la fois un de ses rôles les plus difficiles et l’un des plus grands en ce qu’elle parvient à produire une voix aux modulations enfantines tour à tour tranchante comme l’acier, pure et intense. Elle donne ainsi corps à ce côté presque schizophrénique de Chloé qui peut tuer un régiment sans broncher, mais reste dans sa tête une enfant, ce qui provoque des situations parfois déconcertantes quand on ne saisit pas encore bien le personnage. Chloé apporte une nouvelle dimension à la série et possède par ailleurs son propre épisode qui en dit long sur sa psychologie.

 

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Le dernier grand personnage, Altena, est doublée par Tarako Isono qui, si elle fait un travail remarquable, n’est connue que par ce rôle ou presque (un sacré contraste avec les trois stars se trouvant au casting). On la voit dès le premier épisode, cependant jamais de manière « frontale », elle est toujours présentée comme une femme mystérieuse qui s’adonne à des occupations ordinaires (mais pleines de sens) mais on comprend bien vite que c’est elle qui tire toutes les ficelles de l’intrigue. Contrairement à pas mal d’autres animes, ce que Noir réussit avec Altena c’est une « méchante » convaincante et particulièrement complexe. On parle d’elle en permanence, ce qui fait que le personnage est construit non pas sur des faits mais sur des discours. Vue par Chloé, c’est une bonne mère, stricte mais juste, vue par les soldats c’est une manipulatrice qui inspire la crainte et contre laquelle peu osent se rebeller. Cette divergence est très intéressante parce qu’elle instaure un climat d’attente envers le spectateur qui n’a bien sûr qu’une envie, c’est de rencontrer la fameuse Altena, de comprendre ce qu’elle manigance. Mais jamais on n’entendra celle-ci nous révéler son plan ultra secret pour conquérir le monde, non, plus insidieusement, on ne la verra que peu parler, ou parler par paraboles d’une voix d’une douceur incroyable (ce n'est pas pour rien que son thème est une ballade), et sourire de manière énigmatique. Ce n’est que dans les derniers épisodes qu’on entrapercevra son terrible passé et que par touches très fines on pourra démêler la toile qu’elle a tissé autour des différents « pions » de son échiquier (on la voit par ailleurs jouer aux échecs contre elle-même dans l’épisode 4, subtile allusion visant à nous expliquer qu’Altena contrôle tous les côtés et en fait ce qu’elle veut).

 

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J’aurais encore énormément de choses à dire sur cette série, je pourrais y passer des heures et des heures, à tourner en rond s’il le faut, mais je crois que je vais arrêter ici pour ce qui est de la présentation et passer à une analyse un peu plus poussée des grands thèmes qui parcourent l’anime. Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu je vous conseille de passer directement à la conclusion de l’article.

 

\ !/ Attention, spoilers\ !/

 

Le motif de la vengeance

Ceux qui connaissent un peu Noir le savent, la série s’articule majoritairement autour du thème de la vengeance. Chaque épisode devient vite prétexte à mettre en scène une de ses formes possibles. Dans Pain Quotidien, tout semble lisse, les cibles sont des ordures pourries jusqu’à l’os, mais déjà dans Double jeu meurtrier on n’a plus à faire à des vilains pas beaux mais à des tueurs au même titre que Mireille et Kirika, des tueurs qui ont été engagés et font leur travail, ce qui pose tout de suite la question de la légitimité du meurtre. Dans la même veine Le bruit des vagues présente un vilain pas beau, on se dit chouette, tout est simple, et puis on découvre que la cible est avant tout un homme, qui fait un sale boulot certes, mais un homme quand même, qui aime profondément sa fille et cherche à la protéger.

 

L’épisode qui dévoile le nom des ennemis invisibles, les Soldats, cherche en fait à tester Mireille. Et on peut dire qu’ils réussissent leur pari puisque la jeune femme finit par abattre froidement l’assassin ayant massacré son ami Vanel alors qu’elle sait qu’elle aurait dû lui soutirer des renseignements en le laissant en vie. Mais c’est vraiment dans Chat errant qu’apparaît de manière beaucoup plus claire cette thématique, sauf que cette fois c’est Kirika qui est testée. A cet égard le personnage de Nasarov est bien plus intéressant que les précédentes cibles puisqu’il est à la fois la victime et le bourreau d’un engrenage qu’il n’a pas lui-même lancé. Il tente de se repentir de ses fautes et mourant, expie encore ses crimes. Là où Mireille abandonne l’idée de venir cueillir ce vieil homme au lourd passé, là où elle pardonne, Kirika continue de suivre les préceptes d’Altena en perdurant le cycle de la vengeance.

L’épisode dédié à Chloé, Mission execution, nous prouve une fois de plus la vacuité de ce geste avec une sorte de second Nasarov, un autre vieil homme retiré dans une sorte de retraite, que Chloé exécute sans même savoir pourquoi mais qu’elle tient à venger par delà la mort en allant massacrer gratuitement ceux qui le tourmentaient. Et dans Une saison en enfer on découvre enfin la mise en pratique de ce cycle infernal lorsqu’un homme cherche à se venger de Mireille, provoquant ainsi la mort involontaire d’un innocent avec lequel venait juste de sympathiser Kirika. On en vient à se demander quelle est la finalité de ces meurtres sans fin puisqu’il y aura toujours quelqu’un pour se venger de quelque chose.

 

Le thème explose dans toute sa splendeur quand on apprend qui a assassiné la famille Bouquet. Mireille doit-elle se venger de leur mort en abattant bêtement sa partenaire, se plongeant ainsi dans la solitude ? Ou peut-elle lui pardonner ce crime ? On voit là les limites des préceptes d’Altena et le flashback final rappelant les derniers mots d’Odette Bouquet avant que la jeune japonaise ne lui tire dessus vient éclairer tout l’anime. Si l’amour peut tuer, la haine ne sauvera jamais. Si l’on peut tuer pour venger la mort d’être cher, la vengeance n’apportera jamais rien et ne le ramènera pas quoiqu’il arrive. Au départ l’idée de pardon est impossible à Kirika et son incompréhension totale lorsque Mireille refuse de tenir sa promesse et ce n’est qu’avec les paroles d’Odette qu’elle comprendra enfin l’absurdité du cycle de la vengeance.

 

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L’amour nommé Chloé

Ah Chloé, toute une histoire. J’ai dis plus haut qu’elle était à mon sens un des meilleurs personnages de la japanimation et je maintiens. Ce qui est passionnant dans son cas ce n’est pas tant ses prouesses au combat (même si j’en suis fan) que sa psychologie en ce qu’elle illustre à merveille l’amour à sens unique. Depuis son enfance Chloé est conditionnée par Altena en qui elle a une confiance et une dévotion aveugle mais elle ne s’accomplit réellement en tant que tueuse qu’en observant pour la première fois Kirika assassiner, elle acquiert alors un rêve, une raison d’être : former Noir avec son idole. Je crois que c’est sur ce point qu’il faut débuter.

 

Depuis le début Chloé est persuadée qu’elle est parvenue au même niveau que Kirika (l’épisode 24 la fera légèrement déchanter sur ce point) et qu’elles sont ensemble le véritable Noir, aussi elle ne prend la jeune corse qu’à la légère. Le fait qu’elle se présente à l’épisode 10 comme le « vrai Noir » n’est pas innocent : cela sous-entend qu’il y aurait un « faux Noir », le Noir de Kirika et Mireille. Et cette phrase, elle la répète de manière enfantine, elle s’en délecte, trahissant en réalité son mensonge : car comme le dit si bien notre cher président, une vérité on ne la prononce qu’une seule fois lorsqu’on en est convaincu. Chloé se répétant qu’elle est le vrai Noir se leurre donc elle-même mais pire, elle induit le spectateur sur une fausse piste ! Son manège se poursuit lorsque, consumée par le désir de voir son idole avec qui elle peut enfin s’entretenir après tant d’années, elle se rend à l’appartement de Mireille, probablement sans en informer personne. Evidemment cette dernière en professionnelle s’énerve parce que la présence de Chloé n’a aucun sens. Elle s’imagine que la fille aux cheveux de raisin a des choses importantes à leur annoncer, des informations à leur apporter. Point de tout cela. Car non, Chloé n’a rien prévu, elle voulait juste rencontrer Kirika une seconde fois avant de s’en retourner au Domaine et c’est avec une joie toute enfantine qu’elle prend plaisir à boire le thé avec les deux tueuses sans se rendre compte qu’elle est la seule qui perçoive la scène de cette manière. Même si Kirika parait entrer dans son jeu, elle est aussi méfiante que sa partenaire et c’est sur un pur malentendu que vont reposer les sentiments de Chloé. Elle demande à son idole la permission d’emporter une fourchette, symbole –pour elle- de cette délicieuse soirée. Mais d’un point de vue externe, elle a tout simplement emporté avec elle et de force l’objet représentant la méfiance qu’elle inspire puisque c’est par cette fourchette que Kirika s’apprêtait à la frapper en cas de besoin (et on connaît le talent de Kirika en matière de fourchettes…).

 

Toutes les autres apparitions de Chloé se feront sur le même mode. Durant l’arc de Taïwan, elle interviendra pour aider son idole qu’elle pense en danger (en réalité elle y est subtilement poussée par Altena qui sait très bien comment tirer sur la corde sensible) et ce qui est intéressant c’est que le premier geste de la concernée après qu’elle lui ait sauvé la vie est de braquer son revolver dans sa direction. Un peu plus loin dans l’épisode Kirika finira par inverser ce mouvement dans une scène tout à fait symbolique où elle s’en remet à Chloé en croyant que seule elle peut lui révéler sa véritable identité et finalement se rapprocher d’elle petit à petit au fur et à mesure des épisodes. Pas par confiance, mais bel et bien par mensonge puisqu’elle ne remet pas en question le fait qu’elle est censée former Noir avec Chloé. Et même si les deux jeunes filles sont de plus en plus « intimes », elles ne s’atteindront au fond jamais puisque l’image même dont est tombée « amoureuse » Chloé n’est pas Kirika I (la mélancolique) mais Kirika II (la tueuse sans merci qui remplace Kirika I à partir de l’épisode 21) donc ne correspond pas à la réalité. C’est une image que Chloé embrasse à l’épisode 25 (sur fond de Secret Game), une image seulementet à ce moment là, quand elle serre sa camarade contre elle, elle semble prendre sa place, la faire disparaître : ce ne sont plus deux amies/amantes mais bien Chloé seule.

 

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Et c’est ainsi que tous ses mensonges lui reviendront à la figure dans le même épisode où elle sera à son apogée (et donc sur le point de basculer dans le gouffre). Certes Chloé avait acquis l’assurance auprès d’Altena d’avoir raison mais elle ignore combien elle a été manipulée par « la bonne mère » qui ne lui disait que ce qu’elle voulait bien entendre au fond. En voyant Kirika II redevenir Kirika I et lui préférer Mireille (après un passage un peu schizophrénique qui la laisse dans une grande confusion) au dernier moment tout son monde s’écroule. Elle comprend alors enfin ce que le spectateur avait compris depuis le début : l’outsider c’était elle. Celle qui a été introduite dès le premier épisode, qui a vécu aux côtés de la japonaise dans l’adversité, c’était Mireille. Immédiatement la haine prend le dessus et en traitant Kirika de menteuse, en se retournant conte elle, elle accuse au fond son propre aveuglement et la manipulation d’Altena (qui sourit d’un air triste comme si elle avait tout prévu en sentant la fin de sa fille d’adoption).

 

Les toutes dernières scènes (où retentit Colosseum) parachèvent de conférer à Chloé un statut d’héroïne tragique. D’un point de vue externe on croit qu’elle a le choix alors qu’en réalité les dés sont jetés dès son enfance. Chloé ne peut pas pardonner, Chloé ne peut pas abandonner son rêve, sa raison d’être, c’est tout ce qu’elle a, tout ce qui lui restait. Elle a été embrigadée dès son plus jeune âge, il lui est impossible de voir la vie différemment. Le choix apparent n’est donc qu’une impasse – à ses yeux – elle ne peut pas choisir l’amour, cette fameuse fourchette dérobée qu’elle regardait un épisode plus tôt avec tant de bonheur dans les yeux, elle ne peut pas tirer un trait sur l’éducation d’Altena, rejoindre les héroïnes et habiter avec elles à Paris. Parce que ça n’entre tout simplement pas dans sa vision des choses. Dans sa tête elle n’a que deux possibilités : devenir Noir ou mourir. Aussi son geste est logique : elle jette la fourchette et tente le tout pour le tout en se précipitant sur Mireille pour l’abattre. Ironie du sort c’est par cet amour qu’elle vient juste d’abandonner qu’elle sera tuée. Son dernier mot sera Noir. Pas Kirika, pas Altena, Noir. C’était sa vie, c’était son destin, elle ne pouvait pas agir autrement et je crois que c’est en ça qu’elle est tragique : Chloé est engluée par ses propres convictions et se montre incapable de les dépasser, elle est donc forcée de disparaître à cause d’elle-même.

 

A l’inverse Mireille, pourtant la plus faible des trois pieds de vignes, ressort victorieuse en ce que ses qualités morales priment au fond sur sa technique de tueuse. Si Chloé représente l’amour à sens unique, Mireille elle représente l’amour partagé, c’est donc tout naturel que ce soit celui-ci qui l’emporte.

 

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La quête d’une identité toujours absente

Noir s’articule autour de la vengeance mais aussi autour d’une quête d’identité, celle de Kirika qui se présente souvent de manière symbolique. Ainsi dans le premier épisode on la voit démonter son Beretta juste avant d’expliquer son amnésie à Mireille comme si elle tentait d’illustrer le morcellement de son identité de manière inconsciente. Une perte d’identité qui pèse énormément sur les épaules de la japonaise mais qu’elle ne cherche pourtant pas vraiment à surmonter, laissant entendre qu’elle pressent déjà qu’il ne vaut mieux pas pour elle qu’elle se souvienne de ce passé encombrant. Ce qui ne l’empêche pas d’être incroyablement mélancolique, surtout à cause de son incapacité à ressentir quoi que ce soit lorsqu’elle tue. Etre vide et seule au monde lui accorde une force inouïe qu’elle tire justement du fait de ne rien avoir à perdre.

 


 

Ce que voudrait Kirika c’est au fond de vivre comme une étudiante ordinaire. La rapide présentation du personnage de Rosalie Hammond à l’épisode 4 la fera à ce propos énormément réfléchir : elles ont sensiblement le même âge mais voilà Rosalie est une fille ordinaire et elle une tueuse. Leur rencontre furtive et tragiquement ironique puisque Kirika vient de tuer son père nous fait mesurer à la fois toute la distance qui les sépare et l’envie retenue de la japonaise de franchir cette barrière invisible.

 

Son égarement métaphysique fait bien sûr écho au chat égaré de l’épisode 6 mais se concrétise aussi dans la carte d’étudiante qu’elle garde toujours avec elle, un bout de plastique sans signification mais qui est au fond la seule preuve de son existence et donc la seule chose qui la rattache à la vie, ce qui explique cet attachement étrange.

Chloé est en fait la première pierre qui relie Kirika à la vérité et sa première apparition est tout à fait symbolique puisque la « caméra » bascule de manière à ce que la tête de la jeune fille, qui nous apparaît de dos, vienne cacher celle de Mireille et « prendre sa place », comme si l’image trahissait déjà ses intentions inconscientes. Dès lors la japonaise ne cessera jamais, lentement mais sûrement, de se rapprocher de Chloé, d’abord d’un point de vue de la personnalité lors du thé au clair de lune, puis en tant que partenaire dans l’arc de Taïwan pour enfin commencer à abandonner symboliquement Mireille dans la scène de l’entrepôt où on la voit franchir la distance, s’éloignant ainsi de sa camarade pour mieux basculer du côté de Chloé. Chaque fois que cette dernière interviendra sera une nouvelle épreuve qui ébranlera les certitudes de Kirika, toujours plus repoussée dans ses retranchements et de moins en moins sûre de cette identité qu’elle cherche sans le vouloir.

 

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La solitude du personnage est parfaitement résumée par ses errances dans le très dur épisode 18 (un épisode presque sponsorisé par Salva Nos II) où livrée à elle-même, elle se bat contre ses démons intérieurs en soupirant « Je suis dans les ténèbres. Non. Les ténèbres sont en moi ». Ce qui est particulièrement intéressant c’est qu’elle abandonne sa carte d’étudiante à sa partenaire, qui l’a pourtant chassée, comme pour signifier que c’est dorénavant Mireille qui représente son identité. Une idée réaffirmée un peu plus tard lorsque la jeune corse lui rend son « identité » métaphoriquement.

 

Je pourrais m’étendre de long en large sur la lente descente aux enfers de la jeune fille qui finit par disparaître totalement au profit de Kirika II suite au massacre du village de Soldats auquel elle assiste aux premières loges (cf Killing) avant d’être finalement sauvée par le souvenir d’Odette qui la ramène à ce qu’elle avait voulu fuir : Mireille. Ce n’est qu’à partir du moment où elle tue Chloé, qu’elle désigne comme son alter ego et donc comme une sorte de double de Kirika II, qu’elle devient enfin capable de ressentir la tristesse et plus tard de se suicider (enfin d’essayer de se suicider), ce dont elle aurait été incapable auparavant à cause des préceptes d’Altena.

 

La montre à gousset brisée dans les ultimes secondes de l’anime symbolise la fin de ce périlleux pèlerinage dans le passé qui a conduit Kirika, mais aussi Mireille, aux limites des feux de l’enfer et entame le début d’une ère nouvelle où la jeune japonaise a décidé de tirer un trait sur le passé et de vivre telle qu’elle est en assumant ses crimes.

 

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\!/Fin de spoilers \!/

 

Conclusion

Pour finir, car il faut bien que je m’arrête un jour, Noir est pour moi un anime particulier dont je serais fort incapable de dire du mal (vous l’avez compris) et même si je ne suis pas du tout objective là-dessus je ne peux que vous conseiller d’y jeter un œil pour toutes les raisons évoquées ci-dessus : une bande-son superbe, des personnages complexes et une intrigue bien ficelée parsemée de symboles, de touches esthétiques et de références littéraires (telles qu’Hemingway, Dostoïevski ou Lewis Carroll, voire Rimbaud si on compte le titre de l’épisode 13).

 

 


 

J’ajouterai bien un mot en faveur de l’opening, Coppelia no Histugi (Le cercueil de Coppélia) qui a fait découvrir le groupe Ali Project à l’époque et qui reprend très justement le ballet du nom du personnage éponyme : Coppélia, un automate que l’on prend pour une jeune fille tant elle est réussie. Je trouve que ce thème s’applique merveilleusement bien à Kirika, tout comme l’ending interprété par Akino Arai d’ailleurs. [Si on relève toutes les "introductions" (la prière des Soldats) depuis le début on compte : 2 de Chloé, 2 de Mireille, 1 avec Mireille et Kirika ensemble et toutes les autres de Kirika, ce qui laisse à penser que c’est elle la véritable héroïne de l’histoire.] Les paroles sont vraiment fascinantes mais il y a une phrase en particulier qui décrit toute la série de manière très juste : « Les hommes sont des poupées fatiguées de danser ». Je suis la seule à penser que le soleil noir de l’opening renvoie à Nerval ?

 

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Peut-être qu’un tel déchaînement de mots en faveur de Noir paraitra un peu étrange vu que je n’ai pas fait bénéficier Serial Experiments Lain et Haibane Renmei du même traitement alors même que j’apprécie ces trois séries à un niveau similaire (enfin quatre, il y en a une autre dont je risque de parler sous peu si ce post n’a pas déjà eu raison de mes forces vitales XD). La vérité c’est que contrairement aux deux derniers qui ont passés l’épreuve du temps en étant cataloguées « Incontournable de la japanimation » ça n’a pas vraiment été le cas de mon anime fétiche et j’aimerai bien lui rendre ses lettres de noblesses. Et ce d’autant plus que je trouve particulièrement intéressant de constater que l’anime-declic de chacun définit un peu de sa personnalité. Le fait que ce soit Noir (puis Serial Experiments Lain), orienté sur la vengeance, la quête de l’identité et le monde des tueurs, qui m’ait donné le coup de foudre n’est probablement pas dénué de sens au même titre qu’il est intéressant de faire la relation avec ceux qui ont eu le déclic pour Sailor Moon, Neon Genesis Evangelion, Haruhi et maintenant K-ON (ça ne nous rajeunit pas d’y penser) et de réfléchir sur ce que ça implique en terme de vision de la japanimation.

 


 

Au fait, il parait qu'on m'a interviewé ici (genre), je songe à mettre le lien dans la page Qui suis-je, ça me parait un bon complément pour cerner un peu "la bête" qui se cache sournoisement derrière l'écran

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 14:25

Vie du blog2

 

Autant je glisse sur les évènements opportunistes qui se déroulent tout au long de l’année avec dédain, autant l’anniversaire du blog il n’est pas question de le louper.

 

Un billet de Noël ? Pfff, plèbe, en bon schtroumpf grognon moi j’explose le papa Noël parce que j’en ai rien à carrer des fêtes, pareil pour le premier de l’an (ah, j’étais censée souhaiter la bonne année en plus ?). La vague de bilan sur les animes de la décennie de m’a pas touché non plus. Ni les essais successifs pour définir le moe, un sujet décidément très controversé. Non moi ce genre de trucs, je m’en tamponne le derrière avec des clous (quelle poésie, j’en suis toute émue), en partie par envie d’être un petit peu anticonformiste (chassez le naturel il revient au galop) et en partie parce ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

 

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L’année dernière j’avais un peu bâclé mon bilan par manque de temps, parce que je préparais quelque chose d’autre de plus important (ce qu’un petit filou  a eu raison de me rappeler même si j’ai failli lui manger les oreilles au passage suivant mon caractère doux, paisible et serein habituel), mais aussi parce que je n’avais pas grand-chose à dire. Quand on y réfléchit bien ce genre d’exercice est quand même relativement périlleux en ce que souvent on n’a que ses stats à brandir ou vaguement récapituler les grands moments de l’année, voire raconter comment est née le blog lorsque l’inspiration vient à manquer. Pas très original et un peu « branlouze » sur les bords donc. Mais c’est un peu un passage obligé, comme les dîners en famille où vous vous tenez droit en attendant que votre oncle finisse sa blague salace et que mémé vous raconte en détails comment elle a préparé ce fameux gigot d’agneau que vous dégustez en ce moment même avec un sourire crispé.

 

Cette année pas de mots-clés, mais Dieu sait combien je peux écarquiller les yeux en voyant les illuminés qui se trompent de porte/site, c’est toujours aussi surréaliste, et je tâcherai de faire court pour passer à ce qui nous intéresse vraiment (enfin ce qui m’intéresse moi).

 

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La première année de blogging a été assez instable, je l’avoue. Entre la difficulté de trouver du temps à cause de la prépa et le fait que je ne me sentais pas encore à l’aise avec ce nouveau moyen de communication (c’est ma première expérience dans le domaine), cela donne souvent des articles brouillons et à l’intérêt inégal (pour être gentille). Mais petit à petit j’ai finis par trouver mes marques et par établir dans quelle direction je me lançais. La fin de la prépa et l’entrée fracassante dans l’univers impitoyable de Dallas de la fac m’a aussi donné l’occasion de me pencher davantage sur ma fenêtre virtuelle. Il en ressort que, à mes yeux, je pense avoir gagné en maturité, même si j’ai encore à m’affirmer ^^.

 

Premier point important : j’ai complètement abandonné l’idée de suivre les animes en vogue. J’ai toujours eu un rythme très particulier et je ne peux vraiment pas en changer. Avaler des dizaines de premiers épisodes pour tester de tout ne me convient pas et je trouve de plus en plus creux que de devoir laisser mes premières impressions. Donc au final j’ai décidé d’occulter complètement les tendances et les avis des autres pour en revenir à mon système égoïste et efficace. Je ne pense pas que ce soit un mal.

 

Second point : la matière. Comme je trouve toujours difficilement le temps de finir des séries, je me suis plus ou moins spécialisé dans les formats courts. Au début je trouvais ça dommage et puis en y regardant de plus près on se rend compte que le domaine cache pas mal de potentiel. Donc, contrairement à ce que je pensais, je ne manque pas de matière pour écrire. Et il y a toujours une foule de VNs qui m’attendent (ma wishlist ne dégrossit pas, c’est fou).

 

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Passons maintenant au moment que vous attendez tous…ou pas. Je veux bien entendu parler du projet Milk que j’avais évoqué pour la première fois il y a tout pile un an et que j’ai vaguement rappelé un peu plus tard . Alors pour commencer, je vais répondre aux questions fondamentales :

 

[Oh, et au cas où on me le demanderait, non les images qui illustrent l’article n’ont rien à voir avec le sujet]

 

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Dis, dis, où tu en es ?

C’est une bonne question, fils, et je vais de ce pas te répondre. Actuellement j’ai presque fini la branche principale du scénario, c'est-à-dire le gros de l’histoire, ce qui représente 276  pages et 166 971 mots (pour l’instant). Ce n’est qu’un brouillon mais je suis en train de l’affiner le plus possible afin d’obtenir une base à peu près solide et de passer à l’étape suivante. J’ai des bouts de routes déjà écrites (soit 134 pages et 79 015 mots) aussi mais je m’en occuperai de manière plus poussée une fois ce premier travail accompli. En tout j'aurais dépasser le cap des 400 pages et je ne suis pas loins des 250 000 mots.

 

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Dis, dis, mais t’es une grosse feignasse ma parole ! A ta place j’aurais déjà fini depuis longtemps.

Tu sais, fils, je t’aime vraiment beaucoup. Mais quand tu dis des conneries comme ça je me dis que j’ai bien fais de brûler ta collection de poupées Pokémon dans ton dos la semaine dernière. En regardant rétrospectivement tout ce qui a été fait je me dis que je ne me débrouille pas si mal que cela. Certes je n’avance pas aussi vite que je le voudrais mais personne ne pourrait écrire à la vitesse à laquelle je voudrais être capable d’écrire de toute façon. Ecrire un roman est un travail énorme qui demande une énergie incroyable. Et comme en parallèle j’ai des études à assurer (si, si, vous savez, le truc insignifiant là, juste à côté) et un blog à tenir et que toutes ces activités séparées sont très gourmandes en temps et en énergie, n’étant pas Wonderwoman, ce n’est pas toujours facile d’avancer dans tous les domaines à la fois (euphémisme). Et c’est sans compter ma santé très polissonne qui aime me jouer des blagounettes pas toujours rigolotes (surtout au milieu des examens, que c’est étrange). Donc je suis plutôt fière de garder la motivation et de persévérer dans mes efforts surtout quand je vois que des personnes avec des projets similaires abandonnent en cours de route ou se laissent découragés. C’est dans ces moments-là que je me dis : « Je suis ptet seule dans l’écriture du scénario (et donc par essence débordée) mais au moins je garde la foi/MOTIVATION/PASSION (mettez le terme que vous voulez par-dessus) ».

 

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Dis, dis, c’est quoi ton truc que tu fais là ?

Je suis contente que tu me poses cette question fils, même si ta manière de parler manque sérieusement de raffinement et d’élégance (prend exemple sur ton père bordel de merde). Eh bien je ne suis pas très douée pour rédiger des résumés (parce qu’il s’agit de convaincre un potentiel lecteur en quelques mots, ce qui est super stressant comme exercice) mais je vais faire un gros effort rien que pour toi. Je décrirais l’histoire comme suit :

 

Enfermé pour l’éternité dans le Monde Qui N’existe Pas, Dieu s’ennuie, et pour s’extraire du vide, décide de se divertir en jouant un peu avec les mortels. Son choix se porte sur un adolescent marginal en mal d’avenir, Tarô Caligula, fils unique d’un humble fermier vivant dans un monde où les vaches ont une apparence humanoïdes. Le jeune homme passe des vacances moroses à s’abrutir devant la télévision jusqu’à ce que son père, inquiet par ce comportement un peu dépressif, lui propose de travailler avec lui en menant à bien les entretiens d’embauche pour engager la future vache de l’exploitation afin de remplacer celle qui va partir en retraite. Une tâche en apparence toute simple…si Dieu n’avait pas décidé de s’en mêler et de faire de la vie du pauvre Tarô une suite d’évènements étranges, loufoques et absurdes. Ainsi les candidates au poste sont toutes des cas sociaux passablement inquiétants avec qui il lui faudra bientôt cohabiter dans la bonne humeur générale, bonne humeur renforcée par la venue imprévue d’une extraterrestre squatteuse en panne de carburant et par les apparitions régulières du meilleur ami millionnaire lassé par les dîners chics, accompagné de son robot à tout-faire, qui a décidément beaucoup de choses à raconter.

Tarô va-t-il mettre de côté ses tendances misanthropes pour aider ces vaches un peu folles ayant vécus des choses pas toujours très rigolotes et retrouver l’envie d’avancer ? Va-t-il enfin réaliser que son amie Najimi  recherche désespérément son soutien ? Ou peut-être même percer le secret de l’existence des vaches humanoïdes ? Tout ceci ne relève pas de son choix, mais du vôtre. Mais veillez bien à ne pas contrarier le Dieu de ce monde ou vous pourriez bien percer à jour une étrange supercherie…

 

 

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Dis, dis, mais ça a l’air cool en fait, je peux participer ?

Je dirais bien oui, tout de suite, là, maintenant, mais tout dépend de ce que tu sais faire de tes dix doigts, fils. Si ton passe-temps c’est le macramé tu risques de ne pas m’être d’une grande utilité. En revanche si tu as des compétences, même primaires, dans le montage du son et de l’image ou le dessin, envoie-moi un mail (le formulaire de contact est fait pour ça) et je te trouverai du travail ;).

Comme le besoin de trouver suffisamment de dessinateurs devient de plus en plus urgent, ce sera même très sympa de ta part de faire tourner le mot à tous tes amis sachant utiliser un crayon (si tu en as un dans le lot qui ne soit pas répugné par le fait de devoir réaliser des paysages, je prends !).

La seule condition importante supplémentaire pour postuler est d’avoir suffisamment de temps libre devant soi et de savoir maitriser les logiciels tels Photoshop qui facilitent grandement la vie.

 

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Autres remarques

Histoire de rassurer (ou d’inquiéter, c’est au choix) les gens que le projet intéresse, je tiens à préciser que même si je ne mets pas forcément à jour le module très régulièrement, ça ne veut pas dire que je ne pense pas du tout au VN. J’ai beaucoup d’idées qui viennent spontanément mais c’est de les poser avec des mots et de les rassembler en un tout ordonné et cohérent (un point auquel j’attache particulièrement d’importance) qui prend le plus de temps et d’énergie, d’autant plus qu’il m’arrive parfois de déprimer. Parce que j’ai justement trop d’inspiration en ce moment. Vous le croyez ça ? Entendre quelqu’un se plaindre qu’il a trop d’inspiration, ça parait absurde, non ? On m’aurait dit ça il y a deux ans je crois que j’aurais fulminé en traitant mon moi futur de veinarde. Mais en fait ce n’est pas si cool que ça. D’un unique projet relativement simple à base d’un VN, je suis passée à une trilogie, puis à un possible fandisc centré sur un personnage en particulier et qui complèterait l’univers, et puis j’ai eu l’idée d’un autre VN complètement différent et énorme qui ressemblerait à une partie d’échecs sanglante avec Dieu et puis d’un kinetic sur le thème de la déconstruction du thème des « magical girls » et de l’apocalypse (et après on se demande pourquoi je regarde Madoka Magica) et puis d’un jeu vidéo dans un univers de contes de fées réécris (j’y tiens à ma Cendrillon narcoleptique). Et là maintenant j’ai encore un autre « coup de génie » (aka un éclair qui me fait écrire tout à fait autre chose que ce que dit le prof en plein cours) et je me sens fatiguée d’avance en me disant que je n’aurais jamais assez d’une vie pour tout réaliser tout ça. J’en suis même réduite au point que je commence à me demander si je ne devrais pas prostituer mes idées…

 

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Je crois que c’est tout pour l’instant. Je ne peux pas encore faire de pronostics quant au moment où on aura fini ce drôle de projet mais j’ai bon espoir de sortir un petit quelque chose pour le prochain anniversaire du blog et je continuerai à donner régulièrement des nouvelles du projet (je crois que le module placé à droite en donne aussi pas mal). Petit à petit, au fur et à mesure que le VN se construira, j’aurais probablement beaucoup plus de choses à dire que maintenant. Car il est vrai que si tout est prêt dans ma tête, je n’ai encore pas grand-chose de "concret" à proposer, mais ça viendra.

 

Oh, au fait, je ne l’ai pas précisé mais comme je n’arrive toujours pas à trouver un nom de studio suffisamment représentatif et classe, je crois que les premiers membres à me rejoindre se verront aussi proposer cette dure tâche X).

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:15

N’avez-vous jamais souhaité être quelqu’un d’autre ? Ouvrir les yeux et atterrir dans un autre monde ? Fuir la monotonie du quotidien et s’embarquer dans de grandes aventures ? Cette vie extraordinaire, tout le monde en rêve, Please save my earth (ou Boku no Chikyuu wo Mamotte en version originale) ne fait que le concrétiser de manière à la fois cohérente et touchante.

 

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Le récit tel qu'on le décrit ouvent ça et là, notamment sur Internet ou via les trailers, n’est pas très clair, il parait même un peu confus, un peu loufoque. Pourtant lorsque j’ai entamé le premier OAV de l’adaptation télévisée, je me suis retrouvée complètement captivée par cette histoire hors normes et envoûtante.

 

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Sakaguchi Alice est une jeune lycéenne qui vient juste d’arriver à Tokyo avec sa famille. Elle pourrait être une adolescente banale si elle n’avait ce drôle de pouvoir d’empathie qui lui permettait de percevoir les sentiments des animaux et des végétaux. Les arbres sont ses plus fidèles alliés et les fleurs ses confidentes. Alice est un peu dans la lune, un peu dans son monde, mais c’est une gentille fille très sensible –trop sensible. Alors elle supporte très mal les brimades de son voisin de pallier, Kobayashi Rin, un petit garçon d’à peine huit ans qui prend beaucoup de plaisir à lui jouer tous les mauvais tours possibles.

 

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Malheureusement pour elle, Alice se retrouve un jour obligée de le garder en l’absence de ses parents et pour l’occuper va au zoo. Là-bas elle croise un de ses camarades de classe, Ogura Jinpachi qu’elle a surpris un peu plus tôt dans une situation embarrassante. Ce dernier voulant absolument clarifier le quiproquo l’invite alors à boire un café en compagnie de son meilleur ami Nishikiori Issei. Les deux garçons avouent alors leur secret : depuis quelques temps ils ont commencés à faire des songes étranges, les mêmes, dans lesquels ils incarnent des personnes différentes. Tous ces rêves se déroulent dans un observatoire situé sur la lune. Il y a sept scientifiques, des extraterrestres, qui observent la Terre avec bienveillance. Et presque à chaque nuit Jinpachi et Issei se rencontrent par le biais de leurs alter-egos respectifs, Gyokuran et Enju – un homme et une femme !

 

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Notre trio de base

 

Alice est fascinée par cette expérience hors du commun et demande à en savoir plus sur ces gens qui vivent sur la lune, mais Rin, visiblement très irrité d’être complètement ignoré, commence à agir de plus en plus bizarrement. Une fois à la maison, un incident se produit et Rin tombe du haut du balcon de l’immeuble d’une dizaine d’étages et ce, sous les yeux d’Alice. Personne ne le sait encore mais les choses ne seront plus jamais les mêmes…

 

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L'équipe de scientifiques

 

La grande force de Please save my earth réside là, dans cette dualité. On le comprend très tôt, les rêves de Jinpachi et Issei sont en réalité des bribes de leur vie antérieure. Pour rassembler les pièces du puzzle et comprendre totalement ce qui s’est passé dans cet observatoire lunaire, ils se mettent en tête de retrouver les autres réincarnations et, ce qui est passionnant, c’est que les relations de leurs vies antérieures influent sur leurs vies présentes. Il y a donc un jeu de correspondance entre deux histoires au premier abord distinctes mais étroitement liées.

 

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Sur la lune il y a ces sept scientifiques extraterrestres : Hiiragi, le leader, Mokuren, une femme d’une grande beauté dont tout l’équipage masculin était tombé amoureux, Shion le ténébreux au passé trouble, Gyokouran son rival, Shukaido le discret physicien, Enju, une anthropologiste aimant Gyoukouran sans espoir et Shusuran, sa meilleure amie au fort caractère.

 

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Petit schéma trouvé sur le web pour s'y retrouver un peu dans le cast "lunaire" et le cast "contemporain"

 

Comme je le disais donc, les deux histoires entretiennent des rapports l’une avec l’autre. Ainsi Alice, que l’on croit très vite être Mokuren, devient la source de toutes les attentions, Issei se retrouve déchiré par l’amour d’Enju qu’il ressent pour son meilleur ami, Jinpachi, lui-même attiré par Alice qui est beaucoup plus préoccupée par le sort du petit Rin que de son prétendant. La curiosité aidant, on essaye de deviner qui est qui et de démasquer les Rêveurs de la lune, mais ce n’est que la première étape d’un long voyage.

 

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En effet, une fois Hiiragi et Shusuran ajoutés au petit groupe, les adolescents vont se réunir lors de meetings pour discuter entre eux de ce qu’ils ont vus, comment ils ont été amenés à l’Eveil (de leur passé), ce qu’ils doivent faire de ces révélations, et surtout comment vivre avec cette mémoire très lourde à porter. Ainsi Dobayashi Daisuke et Kokushou Sakura, qui possèdent probablement les passés les moins traumatisants et qui font ces rêves depuis très longtemps ont complètement absorbés cette seconde vie sans se poser de questions et n’hésitent pas à appeler leurs nouveaux amis par leurs noms lunaires, ce qui est légèrement dérangeant rien que pour le lecteur. La peur de la négation de leurs identités présentes s’impose alors. Jinpachi, encore l’un des plus chanceux, préfère regarder le futur et considérer son ancienne vie comme terminée, là où Issei, malgré toute sa volonté, doit se battre en permanence contre lui-même, contre cet amour trop pesant. De son côté Alice bloque et retarde le plus possible le moment de son Eveil parce qu’elle a l’intime conviction qu’au moment où elle se rappellera, elle ne sera plus elle-même mais Moguren. Elle est heureuse et craint cette mémoire étrangère, probablement douloureuse. Les réincarnations de Shukaido et Shion héritent quant à eux d’expériences tout aussi traumatisantes : le premier se retrouve à devoir porter la culpabilité d’un crime qu’il a commis dans sa vie antérieure à l’encontre de son ami et souffre de cette erreur dont sa personnalité présente n’y est au fond pour rien. Ce secret que les deux hommes seuls partagent est à la source d’une incroyable douleur, notamment pour le petit Rin qui, à la suite de son accident, sort du coma en ayant vécu d’une traite la mémoire d’un de Rêveurs de la lune, ce qui affecte gravement sa personnalité, d’autant plus que, puisqu’il est encore trop jeune, il n’a pas encore eu le temps de se forger, d’acquérir suffisamment de force pour lutter. Il ne peut qu’être écrasé par cette expérience terrible et avoir acquis les traumatismes d’un homme d’âge mûr aussi brusquement lui ôte toute l’innocence qu’il était censé avoir.

 

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Please save my earth traite d’un sujet qu’on voit finalement assez peu et qui est pourtant très intéressant qui est celui de la mutation de la mémoire. Car, c’est bel et bien le souvenir qui crée ce que nous sommes. C’est par ce que nous avons fais, ce que nous avons vu et vécus que nous nous construisons. Alors que se passerait-il si jamais on nous injectait la mémoire d’un autre ? Serions-nous toujours nous-mêmes ? Ou serions-nous cet autre ? Voilà des questions que je me suis souvent posé. L’auteur du manga, Hiwatari Saki, s’oriente plutôt du côté de l’optimisme en confrontant ses personnages non pas à une fatalité absolue mais à une évolution dont ils ont la possibilité. Les Rêveurs de la lune peuvent faire comme Daisuke et Sakura et se mélanger totalement à leur alter-ego, nier complètement et privilégier le présent comme Alice, ou osciller entre l’un et l’autre en se débattant contre ces démons séduisants mais dangereux. Séduisants car, comme le ressent le trio de base au début de l’histoire, revoir en rêve sa vie antérieure a quelque chose d’excitant, comme une aventure. Mais sous l’aspect brillant se dissimulent bon nombre de moments dramatiques. Daisuke et Sakura nous l’apprennent, les périples sur la lune se sont mal finis, et certains souvenirs devraient rester enfouis dans l’oubli sous peine de raviver des blessures cette fois bien réelles. L’idylle qu’Alice voit en rêve entre Mokuren et Shion étant un bon exemple de la fausseté des apparences puisque c’est un couple constitué de manière paradoxale, notamment parce que chacun est persuadé que l’autre le déteste.

 

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Apparences d’autant plus trompeuses que la réincarnation n’est pas forcément le portrait craché de son ancien « moi ». La belle Enju est par exemple impossible à distinguer derrière les traits d’Issei, bien que celui-ci possède un petit côté efféminé. Celle qui lui ressemble le plus, Sakura, a probablement hérité de son visage par souhait, puisque Shusuran enviait beaucoup son amie pour ses longs cheveux et sa douceur. De même Alice n’a physiquement rien de commun avec Mokuren qui, on l’apprend dans le manga, voulait justement devenir une fille comme les autres et se débarrasser de cette beauté empoisonnée. Et Alice ressemble beaucoup à sa mère…Il en est de même pour Shukaido et Shion qui jouent clairement sur l’ambiguïté de leurs apparences respectives.

 

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Please save my earth débute comme une fable onirique et saisissante qui ne laisse pas indifférent, cependant il possède aussi quelques moments comiques et des scènes d’action qui viennent rompre un peu le flot de larmes. L’intrigue reste toutefois vraiment centrée sur la peinture des émotions, de relations torturées et sur la nostalgie. Nostalgie est vraiment le mot d’ordre de cette série, je crois. On ne peut pas s’empêcher de ressentir une sorte de pincement au cœur devant certaines scènes, comme si l’anime avait heurté une corde sensible dont on ignorait l’existence. Un petit rien et soudain on pleure, sans trop savoir pourquoi, comme si un souvenir enterré profondément au fond de nous tentait soudain de se réveiller – en vain.

 

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L’ending représente d’ailleurs très bien cette sensation à la fois confuse et violente. Composé par Yoko Kanno, il dure presque trois minutes, ce qui est assez inhabituel pour un générique de fin. La piste est lente, portée par la voix planante et déchirante de Seika. On y entend des échos résonner au loin. Puis entre quelques notes de piano très discrètes. Puis enfin un violon dans un passage instrumentale à faire pleurer les pierres. Des images décolorées, comme des photos vieillies par le temps, accompagnent cette ballade langoureuse dans un rythme lent et contemplatif. Jamais je n’ai rencontré de chanson aussi porteuse de nostalgie. Vraiment magnifique.

 



Les 6 OAVS qui forment l’adaptation de Please save my earth sont à cet égard sublimes puisqu’ils transcrivent très fidèlement les émotions du manga en y insufflant du dynamisme, des images oniriques et une très belle bande-son signée Hajime Mizoguchi. Ce pourrait être un des meilleurs animes de tous les temps s’il ne s’arrêtait pas en plein milieu du récit en concluant l’histoire n’importe comment. Jusqu’au 5e épisode, tout va bien, on est pris dans l’aventure, et puis soudain, paf, flasback sur l’enfance de Shion. Et puis les scénaristes claquent du doigt et hop, c’est fini, sans explication, aucune. Au début je me disais, que le manga n’avait peut-être pas fini sa publication or justement, le dernier tome de Please save my earth est sorti en 1994, date à laquelle on estime les derniers OAVs et en plus les dernières secondes mettent bel et bien en scène des évènements que l’on ne lit que dans les derniers chapitres ! Ce qui signifie qu’on aurait très bien pu avoir une suite à ce stade là de l’histoire. Mais non, visiblement finir ce qui avait été commencé demandait trop d’efforts et on se retrouve avec un produit bâtard et terriblement frustrant. Du pur gâchis. Je recommande tout de même le visionnage de l’anime à tout amateur de poésie comme introduction au manga.

 

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Le manga, parlons-en puisque je l’ai aussi fini, a l’avantage de mettre enfin un point final à un récit cette fois-ci développé jusqu’au bout. L’histoire est toujours aussi fascinante, aussi nostalgique, mais il y a un gros point noir : le graphisme. Les premiers tomes sont hideux. Il serait donc plutôt approprié de commencer par les OAVs et d’attaquer directement là où reprend le récit, c'est-à-dire vers la moitié du manga, pour ne pas trop saigner des yeux. J’ai trouvé une petite comparaison sur TvTropes et effectivement, la différence saute aux yeux. C’est d’ailleurs bien dommage que les graphismes soient aussi « basiques » parce que le scénario rattrape volontiers tout cela avec des thèmes aussi forts que bien développés : la réincarnation donc, l’héritage de la mémoire, la construction de l’identité, mais aussi la discrimination via l’héritage Kiches de Mokuren, la complexité de l’amour, la solitude.

 

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A mes yeux Please save my earth fait vraiment figure d’OVNI, d’incontournable dans le domaine du shoujo grâce à son histoire originale et bien menée et à une agréable galerie de personnages, tous ne sont certes pas développés de la même manière (certains passent clairement au second plan) mais globalement les acteurs principaux sont attachants – je pense notamment à Tamura et Mikuro, les outsiders badass, à Haruiko, à Issei et à Rin (les alter egos lunaires sont malheureusement très peu montrés dans l’anime par rapport au manga, ce qui excite encore davantage la curiosité). Seule exception à la règle : l’héroïne un peu pleurnicharde qui est finalement presque moins intéressante que les autres.

 

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A noter qu’est sorti, bien des années plus tard, Please Save My Earth: The Passing of the Golden Age, une série de petits clips qui rajoutent quelques fragments à l’histoire brusquement interrompue de l’anime. La première vidéo, Prologue - Kin-iro no Toki, Nagarete, chanté par Akino Arai, nous plonge dans le passé de Mokuren auquel fait écho Ring, interprété par Gabriela Robin qui présente la fin de l’histoire et le désespoir de Shion. Il y a aussi Moon Light Anthem (une valse, toujours avec Akino Arai) qui se concentre enfin sur l’amour impossible d’Enju. Les musiques sont absolument superbes mais il y a de gros risques de spoil donc courez voir au moins l’anime avant de tester ces chouettes petits clips (les autres ont moins d’intérêt, ce sont plus des redites).

 

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En conclusion (déjà ?), rien que pour cette atmosphère si particulière, amère et nostalgique, cette histoire terriblement attrayante et onirique et ces « héros » tragiques aux sentiments complexes, vous devez vous laisser porter par Please save my earth.

 



Oh et sinon, l’anniversaire du blog se déroulant cette semaine j’ai arbitrairement décidé de le fêter dimanche avec l’article qui va bien avec. Et je vais parler de vous-savez-quoi (non pas de toi Voldemort, désolé mon chou). Et je risque d’avoir besoin de toute votre attention, accessoirement. Donc ce serait cool de venir jeter un coup d’œil par ici. Non mais je dis ça comme ça, hein, c’est pas comme si j’avais actuellement un détonateur dans la main et que je pouvais d’une seule pression faire exploser votre famille et vos amis si jamais vous veniez à manquer à l’appel, fufufu…

 

…en fait j’ai pas posé une ou deux bombes, j’en ai posé cent. Juste pour dire .

 

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