2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:20


On continue sur notre lancée. Par contre, ce sera probablement la dernière chronique hentai avant un moment. Parler d’autre chose c’est bien aussi, hein ? Mon cerveau est en sous-utilisation là et le pauvre n'est pas habitué à être laissé en veille aussi longtemps, il lui faut sa dose de métaphysique pour tenir le coup ! Oui, je sais, généralement c'est le contraire, les gens ont plutôt besoin d'une dose de "lol" régulière, mais je fonctionne à l'envers, moi j'ai besoin de penser sinon je tombe malade (*soupir*).

 



Milk Money

Deux OAVS, 2004

Censure : non

Tiré d’un eroge : ?

 

To relieve herself of the pain of her unsuckled milk, she takes a job as a wet-nurse. But she is abruptly dismissed when she is found to be "too attached" to her young charge...

 

Uba-01.jpg

Je voudrais surtout pas te culpabiliser Kyoko mais porter un enfant en bas âge dans les bras, sans ceinture, sur le siège de devant, c'est un peu une connerie digne d'une démonstration de la sécurité routière ; tu t'attendais à ce qu'il survive combien d'années ton gamin ?


A la vérité je n’ai regardé Milk Money que très récemment parce que j’avais ouïe dire qu’il y avait une histoire sombre là-dessous et en effet c’est loin d’être un récit gentillet même si niveau sexe il n’y a pas grand-chose de choquant.

 

Le scénario est assez tordu donc il faut accepter toutes ses incohérences pour l’apprécier tranquillement. Kyoko a d’énormes problèmes de lactation depuis la mort prématurée de son petit garçon dans un tragique accident de voiture qui lui aura laissé de profonds traumatismes. Pour se débarrasser de ce lait en trop, elle accepte un job de nourrice et allaite un autre enfant du nom de Touji Ide. Très vite elle se montre particulièrement possessive à son égard et leur relation se teinte de sexualité. La mère s’en rend compte et vire immédiatement Kyoko, ce qui plonge Touji dans l’amertume. Depuis ce jour il n’a jamais pu l’oublier et déteste ses parents. De son côté Kyoko non plus ne l’a pas oublié et c’est avec tendresse qu’elle raconte à sa fille Marika, sur le point d’entrer au lycée, qu’elle a un frère de lait dans ce même établissement. La demoiselle est curieuse et décide de rencontrer Touji, en obéissant sans le savoir au plan détraqué de sa mère...

 

Uba-04.jpg

Marika ne savait pas que sa mère était une MAN-EATER

 

Ce qu’il y a d’intéressant avec Milk Money c’est son scénario noir, un peu prévisible parfois, mais assez captivant dans son genre, ainsi que ses personnages féminins : entre Marika, très terre à terre mais touchante dans ses réactions, et la terrible Kyoko complètement psychopathe derrière son sourire aimable et sa voix douce, on y trouve son compte. Touji est bien sûr une sacrée mauviette indécise qui oscille entre son attirance anormale pour la mère et un début de béguin sincère pour la fille. Evidemment chacune le veut pour elle toute seule, ce qui entraîne un bon lot de complications surtout que si Marika opte pour la méthode raisonnable, sa mère est plutôt adepte de l’élimination radicale et des coups de putes. On se surprend à vouloir que le petit couple ait une fin heureuse même si on sent bien que c’est impossible (et la seconde partie du deuxième OAV est là pour dégoûter les plus romantiques).

 

Uba-02.jpg

Je sais pas qui a eu l'idée de souligner les cernes du héros mais il a l'air, à la fois d'avoir une cicatrice sous l'oeil, et à la fois complètement shooté

 

Techniquement le titre est assez mitigé. Si certains passages sont corrects, d’autres sont très mal animés. Toutes les scènes de sexe avec Kyoko notamment souffrent du même problème : ce sont les mêmes images placées dans un ordre différent. L’illusion ne tient pas une seule seconde et on déniche aisément bon nombre d’erreurs techniques. A la fin du premier OAV par exemple, Touji et Kyoko font l’amour dans le sous-sol aménagé et on retrouve les images de leurs ébats précédents dans la chambre à coucher avec un fond noir (alors que les murs du sous-sol ne le sont pas) et même la présence d’une commode à gauche. Alors est-ce un flahback moisi ou nous prennent-ils pour des cons ? Mystère. Une autre erreur amusante : à un moment où le héros est censé la pénétrer on a un plan sur son vagin où l’on aperçoit très nettement qu’il n’y a aucun organe masculin dedans, pourtant la doubleuse continue à vociférer de plaisir et à répéter « Je te sens en moi » et autres billevesées sensuelles. Les plans sur l’immeuble où vit Touji est également identique tout au long de la série, de même pour la maison des demoiselles (même si on a le privilège de voir le jour se lever une seule fois). A contrario les scènes de Marika sont beaucoup mieux.

 

Uba-03.jpg

On ne le voit pas sur cette image mais c'est méga fiesta sous le potager. Y a tellement de cadavres enterrés là-dessous que l'entrée est devenue super sélect : on ne prend plus n'importe quel zombie, il faut un minimim de standing

 

Malgré ces gros soucis techniques et l’ennui total que représentent les moments de coït, Milk Money se révèle étrangement sympathique à regarder. Bien sûr il y a des trous scénaristiques évidents (les motivations de Kyoko sont assez floues, on sait juste qu’elle est tarée, la scène des somnifères n’a JAMAIS aucune conséquence (ils ont dû se tromper de nuit) et la lactation sur commande est impossible), pourtant le récit est suffisamment prenant pour faire fi de ces défauts. Je ne conseillerai certainement pas ces OAVs à quelqu’un qui voudrait du fap pur et simple mais plus à quelqu’un qui a envie de voir du hentai un peu plus rafraichissant qu’à l’ordinaire et une yandere au plus haut de sa forme. Mention spéciale pour le dialogue final entre les malheureuses victimes de Kyoko qui se confient leurs mésaventures dans l’au-delà et dissertent sur la notion d’amour absolu. C’est complètement barré mais j’adore.

 



Princess Lover OAV

Deux OAVS, 2010

Censure :

Tiré d’un eroge : oui

 

Hentai adaptation of Princess Lover - Sylvia van Hossen's Arc.

 

princess-01.jpg

Les héroïnes du jeu original


L’histoire derrière la série Princess Lover est assez amusante puisqu’à la base il s’agit du premier eroge du studio Ricotta sorti en 2008. Premier titre qui sera adapté l’année suivante en série tous publics, puis en visual novel soft l’année encore après (un personnage semble même avoir été rajouté pour l’occasion). Et enfin sortiront deux OAVs hentai sur l’une des haremettes (d’autres sont en prévision) : Sylvia van Hossen. Bien entendu les seiyuus ont été changés avec un choix très particulier : troquer Terashima Takuya (le Teppei de la série tous publics mais aussi le meilleur pote du héros d’Amagami et plus récemment Ittoki Otoya dans Uta no Prince-sama) contre...Ishida Akira. Qui possède donc une plus grande popularité au vu de ses nombreux rôles charismatiques. Au début je ne l’avais pas reconnu (ou plutôt je ne voulais pas le reconnaître) mais il faut admettre qu’au moins il a des lignes de dialogue relativement tranquilles comparé à Mizushima Takahiro (qui double quand même Roméo dans Romeo X Juliet et Rollo dans la seconde saison de Code Geass) qui a dû jouer Katou dans Kansen Inyoku no Rensa, un hentai bien cool mais qui a la fâcheuse tendance à rajouter des « penis » et des « vagina » partout. Genre : « japonais japonais japonais, penis dans mon vagina, japonais japonais japonais ». Disons que ça fait un peu tâche. Ishida Akira n’a pas non plus de râle orgasmique, je suis donc sauvée d’un nouveau traumatisme du niveau de celui qui m’a secoué quand j’ai compris que c’était Jun Fukuyama qui se faisait « métaphoriquement » violer à l’écran dès le début d’Okane ga nai (et bizarrement ça ne me fait rien de savoir que Yuu Asakawa alias Tsugumi d’Ever17, Nagi Kirima dans Boogiepop Phantom et Motoko dans Love Hina a aussi été la seiyuu de la mère dans Immoral Sisters, va comprendre).

 

princess-03.jpg

OH MON DIEU, mais c'est horrible ! Teppei a perdu ses yeux entre deux adaptations ! Il faut publier un avis de recherche et vite !

 

Ces considérations techniques mis à part on peut dire que les OAVs de Princess Lover ont mis les petits plats dans les grands avec des graphismes quasi-irréprochables, de la variété dans les plans et une bonne animation (malgré quelques tressautements bizarres). C’est joli, c’est propre, les yeux peuvent être contents. Après il n’y a guère de tension sexuelle malheureusement, c’est même assez plat, les scènes de copulation s’enchaînent et puis c’est tout. Au moins on peut dire qu’elles sont bien réalisées à un détail près : Sylvia ne ferme jamais son putain de clapet. Apparemment les femmes sont bien de fieffées bavardes incapables de se taire plus de cinq minutes, ce n’est pas qu’une légende. On a donc le droit à de longs monologues (du vagin) de Sylvia qui décrit avec précision et exactitude ce qui passe à l’intérieur de ses entrailles ou pourquoi elle a pas envie de coucher mais le fait quand même parce que, parce que, parce que voilà. Elle peut aussi vous réciter le code de l’honneur en pleine levrette, c’est un de ses nombreux hobbies. Pendant ce temps Teppei s’en tamponne le coquillard, il subit patiemment et tire son coup avec sa galanterie habituelle.

 

princess-02.jpg

Dit la demoiselle déguisée en soubrette qui me renifle les parties génitales. On ne doit pas avoir la même notion de honte...

 

Comme l’intrigue n’est pas bien poussée, Princess Lover a eu le « génie » de faire appel au mécanisme que toutes les œuvres utilisent en cas de failles scénaristiques prononcées (Haruhi et Kara no Kyoukai en tête, ça n’empêche pas les films d’être excellents par ailleurs) : la fragmentation. On a donc une structure temporelle en puzzle tarabiscoté avec des flashbacks qui s’emboîtent pour donner l’impression d’une vague profondeur alors qu’en fait il n’y a juste rien de passionnant à raconter : le père de Sylvia s’absente pendant deux jours et la laisse du coup, ainsi que sa petite sœur, en charge de Teppei qui est son fiancé (et un mâle, c’est bien connu que laisser une femme toute seule plus de 24h entraîne moult catastrophes, elle pourrait genre sortir de la cuisine). Les deux tourtereaux vont donc surfer le poney pendant deux bonnes journées, les nuits en bonus. Laisser les scènes de sexe les unes à la suite des autres sans aucune transition aurait été une solution de faiblesse, je suppose, donc va pour le puzzle...

 

princess-04.jpg

"C'est pourquoi, après l'avoir juré lors d'une soirée de forte beuverie, je suis obligée d'être ton esclave personnelle jusqu'à ta mort. Une promesse est une promesse et le code de l'honneur paragraphe 503 alinéat 5 stipule que..." "Zzzzzzzz" "Oh, tu m'écoutes ?"

 

Il n’en demeure pas moins que les OAVs de Princess Lover remplissent leur but honorablement, ce serait juste bien plus agréable si la prochaine héroïne pouvait être moins volubile (et l’intrigue comporter des transitions au lieu de foutre des retours dans le passé pour plus de scènes de sexe gratuites sans avoir à lier l’ensemble).

 



Oppai no Ouja 48

Deux OAVS, 2010

Censure : oui

Tiré d’un eroge : oui

 

The other day, when I was reading an adult book, I thought, "I can tell whose breasts they are by just looking at them. Well, am I a king of oppai?" However, there was no way to prove it.... But one day, I receive a letter and it includes a bunch of free sex tickets! Also, the reverse side of each ticket has the photo of someone's breasts. When I'm confused, a girl, Nil, appears in front of me. According to her, I'm qualified to take part in a game. It seems the tickets aren't fake. My mission is to look for a girl who's got the same breasts printed on the ticket. Like this, my search for oppai begins....

 

oppai-01.jpg

Tant que les héroïnes ne débordent pas de l'image tellement il y en a, ce n'est pas un vrai harem

 

Tiré de l’eroge du même nom de OLE-M, cette adaptation réussit quand même le tour de force d’inclure une grosse partie du casting initial composé de 48 demoiselles (quasiment la moitié), ce qui n’est pas rien (le harem de 15 Bishoujo Hyouryuuki à côté c’est de la gnognotte). Le principe du jeu était un peu de satisfaire tous les fantasmes possibles et imaginables avec des jeunes femmes fortement poumonées à la pelle : on y retrouvait du classique comme l’infirmière, la prof, la fille en kimono, la miko, la maid, la femme au foyer, la nonne, la fille à la robe chinoise, la bunny girl, mais aussi la fille en maillot de bain, la motarde, la serveuse de fast-food, la kunoichi, la fille d’ascenseur (c’est un métier ça ?), la seiyuu/chanteuse et même le clone visuel de Yoko de Gurren Lagann.

 

oppai-02.jpg

Naoya détient à présent les clefs du paradis et de grands pouvoirs impliquant de grandes responsabilités, il va derechef en profiter pour apparaître dans un porno (je déconne pas, il le fait VRAIMENT)

 

Le scénario n’a aucun sens et le revendique fièrement sans jamais se prendre au sérieux : le héros, Inatani Naoya, a un fétiche pour les gros seins (et des yeux, c’est important de le signaler). Un jour, Nihru/Nil, une sorte de clone visuel de Suigintou de Rozen Maiden, la personnalité cooldere en bonus, vient le trouver pour lui proposer de participer à un jeu particulier. Non, il ne devra pas risquer sa vie, juste trouver les cinq championnes de la ville en les reconnaissant grâce à la taille de leur poitrine. Pour l’aider dans cette humble tâche, elle lui remet une série de coupons « Free Sex » qu’il peut présenter à n’importe quelle fille qu’il croise afin de s’engager dans des activités torrides avec elle. En outre une de ses professeurs vient d’inventer une machine révolutionnaire qui ressemble à s’y méprendre au détecteur de puissance de Dragon Ball Z (et Oppai no Ouja y fait clairement référence) mais a une utilité bien supérieure : l’engin permet de voir à travers les vêtements et donne des informations sur les seins des demoiselles (avec référence à Matrix au passage).

 

oppai-03.jpg

"WHAT OVER 9000 ?!" "Oui, c'est la taille de ma collection de paires de chaussures !"

 

A partir de ce postulat loufoque, Naoya va donc se la couler douce en couchant un peu partout avec toutes les belles qu’il rencontre. On assiste donc à une série de vignettes à l’intérêt aléatoire. Certaines sont amusantes (la scène où il prend son goûter sur la poitrine d’une étudiante), d’autres touchantes (la miko est assez trognonne en fait), d’autres ennuyeuses (celle avec la maid à couettes, bouarf). On remarquera avec bonheur qu’aucune demoiselle ne fait sa mijaurée en feignant le viol, pour une fois. Au contraire, elles arborent même un large sourire quand elles aperçoivent le coupon Free Sex, avec une moue flattée de surcroît (à se demander si ce concours n’a pas été organisé par toutes les nymphomanes de la ville comme une excuse pour coucher avec quelqu’un). Globalement les deux OAVs sont bourrées d’humour et de bonne humeur, c’est souvent absurde mais tout le monde s’en moque (le protagoniste va d’ailleurs briser le quatrième mur à un moment). On note quand même trois héroïnes principales en la personne de Nihru, la professeure barjo et Matsuri, l’amie d’enfance. Threesome et Foursome en prévision donc.

 

oppai-04.jpg

L'étudiante marrante a comme un faux air de Minorin sauf qu'elle, elle te prête ses seins quand t'as perdu ton assiette

 

Vers la fin du second OAV on bascule soudainement dans un passage plus triste lorsque le héros se rend compte qu’il ne va bientôt plus pouvoir profiter du sexe à gogo vu qu’il a presque trouvé toutes les championnes, et surtout que Nihru va s’en aller. La séparation est un peu étrange au sens où on a très peu eu l’occasion de voir les deux jeunes gens ensemble, mais en même temps ça paraît logique. Je ne dirais pas que j’ai versé des larmes, parce que bon, leur relation était pas assez travaillée pour cela, mais c’était presque adorable de voir un peu d’affection dans un hentai pour changer. Et par affection, je veux dire « amour qui ne se finit pas sur une orgie en moins de dix secondes ». Le happy end est un chouilla difficile à comprendre également : Nihru a soudain perdu sa taille de loli et gagné de la poitrine, ce qu'elle nomme comme étant sa "forme finale"...c’était donc son but depuis le début ? Mais euh, qu’est-ce que cela a à voir avec les championnes ? Pourquoi n’en parle-t-elle jamais ?

 

oppai-05.jpg

Père, je suis enfin devenue Alice. J'ai un abdomen maintenant et même un lance-rockettes intégré !

 

Malgré ces quelques confusions sans doute relative au fait que l’anime a dû rusher comme un malade (les dernières haremettes sont présentées en coup de vent et n’ont le droit qu’à une phrase de description chacune vu que Naoya ne fait qu’énumérer toutes les partenaires qu’il a eu), Oppai no Ouja reste une expérience assez rafraichissante pour tous ceux qui en ont assez du serious buisness. En outre, et je n’ai pas encore abordé le sujet, les graphismes et l’animation sont de très bonne facture, pas exceptionnels en soi mais loin d’être moches. Il n’y a pas des masses de « boucles » par exemple, ce qui est un très bon point. On en voudrait presque plus à vrai dire (vu qu’il manque une moitié de casting et l’approfondissement de la relation avec Nihru).

 


 

Marine A Go-Go

Trois OAVS, 2001

Censure : non

Tiré d’un eroge : non

 

This 3 part hentai bishoujo OVA series is about an evil doctor that tries to collect the sperm of 100 guys, and the woman, Marin, that tries to stop her evil sister from accomplishing this. Based on the hentai manga of the same name.
"For the bright future of Japan, I shall take your semen!"

 

marin-01.jpg

Notre magical-girl en herbe qui va apporter le bonheur à tous les hommes grâce à son talent inné pour la fellation, très beau choix de carrière

 

Marine A Go-Go ou Soreyuke Marin-chan est un hentai au titre obtus réalisé par Masami Obari que j’ai déniché par hasard et c’est un peu un plaisir coupable digne d’une série B ou Z, un concentré de clichés tellement exagérés que ça en devient hilarant au trente-sixième degré. L’intrigue est la suivante : un scientifique fou et complètement badass du nom de Narutaki (qui a une voix semblable à celle de Gendô dans Evangelion, je veux pas savoir si c’est le même doubleur ou non...) s’allie avec le gouvernement pour redorer l’avenir du Japon. Et pour cela il a un plan ultra top secret que ne renierait pas un méchant de cartoon, puisqu’il compte prélever la semence d’une centaine des mâles les plus énergiques du pays et la congeler. On ne comprend pas trop ce qu’il compte en faire mais au fond on s’en fout un peu, it’s SCIIIIIIENCE, comme dirait l’autre. Mais évidemment les cobayes risquent de ne pas être très d’accord et notre clone du docteur Willy ne va pas s’amuser à les violenter lui-même (urgh, les images mentales), c’est pourquoi il préfère recruter une charmante demoiselle pour s’en charger à sa place. La candidate idéale se nomme Marine et elle étudie dans une école réservée aux filles...juste à côté du manoir de Narutaki. On ne peut pas dire qu’il est allé la chercher très loin. Toujours est-il qu’avec ses gros seins et sa stupidité naturelle, Marine paraît un choix stratégique efficace, c’est pourquoi il envoie Pon, l’une de ses créations, piéger la belle. Pon est une sorte de tortue parlante aux propriétés diverses et variées mais on en reparlera plus tard. Il offre une zoulie bague à Marine qui se révèle être ensorcelée. Dès que le docteur joue de la « flûte de Naru » (on dirait une référence à Ocarina of Time), cette dernière se voit cosplayée de divers costumes plus courts et plus sexys les uns que les autres. Et malheureusement elle ne peut pas enlever cet anneau magique (demandez pas comment ça marche, it’s SCIIIIIIENCE), du moins pas toute seule. Après une entrée fracassante, Narutaki se lance dans un monologue dans lequel il explique que si elle ne veut pas se trimballer la culotte à l’air toute la journée et finir sa vie dans la honte et le déshonneur, elle est obligée de participer à son plan génial en l’aidant à collecter le sperme de cent hommes, après quoi elle sera délivrée. Quel scénario époustouflant, pas vrai ?

 

marin-03.jpg

"Maman, y a un scientifique fou et une tortue parlante qui veulent faire de moi une esclave sexuelle, je fais quoi ?" "Ecris un scénario de hentai ma chérie. Ou arrête la coke."

 

Evidemment Marine A Go-Go est complètement over the top et part souvent dans le n’importe quoi, pour notre grand plaisir. C’est ainsi qu’on découvre que Pon peut s’incruster dans le vagin de Marine et aspirer toute la semence, ce qui lui permet de rester vierge et de ne pas tomber enceinte. Car la demoiselle a peur de ne plus être bonne pour le mariage, voyez-vous. C’est vrai que c’est beaucoup moins traumatisant d’avoir une tortue parlante coincée dans les parties qui se met à parler de temps en temps (les monologues du vagin, le retour). Bizarrement la jeune fille s’y fait assez vite et c’est avec beaucoup d’entrain qu’elle prend sa tâche à cœur et considère le scientifique fou comme son allié et mentor. Notamment parce que celui-ci lui apprend toutes les techniques nécessaires en direct live avec son assistante, la très poumonée docteur Marilyn (à prononcer Maririn).

 

marin-04.jpg

Dr Marilyn a une tenue tellement indécente que je peux pas vous la montrer, c'est une incitation à la copulation à elle toute seule. Pareil pour South Pole One.

 

Ce qui est bien avec le premier OAV c’est qu’au moins cette fois on nous balance pas une scène de sexe dans les premières secondes juste pour contenter notre impatience, je trouve ça moins insultant pour l’intelligence du spectateur que considérer qu’il peut attendre dix petites minutes. A partir de là les ébats s’enchaineront car telle est la dure mission de Marine : satisfaire les hommes. Tout un programme. Heureusement divers retournements de situations viendront pimenter tout cela : après un apprentissage WTF comme il se doit, elle s’attaque à un strip-teaser capable de faire mouiller une fille rien qu’en la regardant (et qui s’est incrusté des perles dans le pénis, ce qui lui donne des pouvoirs du tonnerre...non en fait, ça amplifie juste la tension sexuelle) avant de se rendre compte qu’elle possède une rivale en la personne d’un « Sexroid » crée par Marilyn, jalouse de leur succès. Un Sexroid blond avec des barrettes représentant le drapeau américain, conçu pour parler anglais à grand coup de « Yes, yes, come on » (on se croirait dans un épisode de Panty & Stocking) et qui a la fâcheuse tendance de transformer ses partenaires sexuels en momies à force d’aspirer leur énergie. South Pole One (c’est son charmant petit nom) va donc s’engager dans une terrible bataille contre Marine et a lieu un gigantesque concours de qui va faire jouir le plus de mecs. POUR L’HONNEUR. Et on déguise à peine le fait que c’est Japon contre Etats-Unis (révélation d’intensité maximale mais South Pole One travaillerait pour...le Pentagone, oh mon Dieu, je ne l’avais vraiment pas vu venir). Du grand naouak en prévision légèrement assombri par le fait que la fin est un gros cliffhanger. Car bizarrement oui, on a envie de savoir la suite. Ce truc est assez captivant en son genre.

 

marin-02.jpg

En toute modestie

 

Pour un hentai relativement ancien (commencé en 2001 et terminé en 2003), il s’en sort plutôt bien du point de vue de l’animation. C’est bien meilleur qu’un Ane to Boin ou un Stepmother’s Sin (pas des très bons éléments de comparaison mais tant pis). Les graphismes sont tout à fait corrects et les doublages collent parfaitement : Marine sonne totalement comme une demoiselle affreusement naïve mais ne l’est pas suffisamment pour ennuyer l’audience, celui qui double Narutaki est convainquant en scientifique taré, Pon sonne comme une mascotte, le côté kawai-choupi en moins, Marilyn a un rire de diva stéréotypé comme il faut et South Pole One a faussement l’air d’une américaine tentant de parler japonais. On a même le droit à un opening reprenant la plupart des images de cosplay des OAVs qui n’est pas trop mal même si on peut déplorer le choix des paroles (une chanson d’amour dans un hentai avec une « sex sailor », euh, ok). Les scènes de sexe ne sont pas particulièrement attirantes à vrai dire mais l’aspect comique surpasse aisément ce point pour peu qu’on apprécie l’ironie de la situation, cela dépend vraiment de vos goûts personnels.

 

marin-05.jpg

Tous dans la Narutaki Mobile !

 

Je ne pense pas qu’il faille prendre Marine A Go-Go au sérieux, pas quand les premières minutes du plan maléfique sont parsemées d’effets sonores cartoonesques et que des éléments absurdes pleuvent de partout (le docteur Marilyn est offensée par Narutaki parce qu’il a confondu sa lettre d’amour avec un mouchoir un jour où il était enrhumé) ainsi que quelques possibles références (impossible de ne pas faire le rapprochement avec Sailor Moon quand l’héroïne déclare te prendre ton sperme au nom de l’amour et du futur du Japon). Pas non plus quand on voit que South Pole One peut tirer des roquettes avec son genou et des missiles avec sa poitrine. Ces OAVs sont vraiment à prendre au même titre qu’une série B mais avec du sexe dedans : c’est ridicule, complètement cliché et over the top mais c’est difficile de ne pas avoir un faible envers ce genre de titres.

 



Et c'est tout pour cette fois. Je n'ai pas encore songé à ce que sera le prochain article mais j'ai quelques atouts dans la manche au cas où (Millenium Princess m'attend toujours, par exemple) et une folle envie de parler musique. Par exemple, ça me tenterait bien de proposer tous les mois un "mix" d'une bande-son obscure que je vous ferais découvrir (et par obscure, je veux bien évidemment parler d'OSTs d'eroges, j'en ai trouvé quelques unes très intéressantes ces derniers temps). Genre je mettrais ça sur la colonne de droite et j'essayerai de trouver régulièrement de nouveaux albums à montrer. Est-ce qu'il y en a que ça intéresserait comme initiative ? Et tant que j'y suis je pourrais peut-être poster les résultats du blindtest eroge vu que personne n'a rien trouvé. J'attends vos commentaires sur le sujet .

Repost 0
23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 20:00

Pour ceux qui l’auraient loupé, la première partie des chroniques hentai se trouve ici et j’y explique pourquoi il y aura très peu de critiques sérieuses ce mois-ci.

 

Et encore une fois, pas de bannière Not Safe For Work, pas besoin, j’essayerai d’être soft dans les images. Par contre je spoile les « intrigues », j’avais oublié de le mentionner la dernière fois.

 



Stepmother’s Sin

Deux OAVS, 2001

Censure : non

Tiré d’un eroge : oui

 

Yusuke's been very naughty. He's seduced his father's fiancee; transforming her into a debased slave to his own twisted desires. But as his hold on her tightens, his sanity slips, and the forbidden family fun descends into a nightmare of lust! Trapped in madness of their own creation, they will pay the ultimate price for a stepmother's sin!

 

gibo.jpg

Petit rappel de ce à quoi sont censés ressembler les personnages


La dernière fois j’avais débuté mon article avec le hentai que je trouvais le plus soporifique, en suivant la même logique cette fois je commencerai par le plus mauvais (pas horrible, mauvais, retenez bien la différence) : Stepmother’s Sin. En réalité je n’avais jamais entendu parler de ces OAVs auparavant, en tout cas pas avant ma critique de l’eroge du même nom. Un charmant lecteur m’avait alors déclaré qu’une adaptation animée avait vu le jour. Par curiosité, j’ai voulu voir de quoi il retournait. Après tout, vu le contenu du jeu, ça ne pouvait pas être pire, pas vrai ? Je ne pouvais pas imaginer combien j’avais faux…

 

gibo-09.jpg

Misako est terrifiée à l'idée de devoir apparaître dans une oeuvre encore plus atroce que la précédente

 

L’original Stepmother’s Sin était un eroge médiocre avec des graphismes assez moches et une histoire pas bien poussée mais ce n’était pas un mauvais produit pour autant et il y avait quelques éléments marrants (sans compter l’universalité du thème abordé : la dépravation d’une femme naïve et innocente). L’adaptation élève cette laideur visuelle à un tout autre niveau ! L’animation est juste ATROCE. Vous ne pouvez pas l’imaginer, même en essayant très fort. Pour vous donner un petit exemple, l’introduction (qui dure près d’une minute trente) est constituée d’une alternance de plans entre une femme qui se déshabille trèèèèèès lentement (mais on peut dire que ses vêtements se détachent tous seuls en fait) et un zoom sur le visage d’un mec à lunettes et moustaches qui a un regard pervers. Et non, on ne vous dit pas qui sont ces deux personnages pas beaux qui s’emboîtent. Excitant, pas vrai ? J’avoue, rien de plus attirant pour le spectateur qu’une animation pourrie et des inconnus qui font à-dada sans aucune raison, contexte ou enjeu préétabli. Sérieusement, qui a cru que c’était ce que l’on voulait voir ? Dans le jeu, l’adultère de la mère du héros (car oui, c’est ce qui défile à l’écran) durait quelques minutes et on passait à la suite. Ici, la scène est juste interminable. Et complètement soporifique. Et d’une difformité innommable. Lors de la première scène de fellation, t'as l'impression qu'elle bouffe une saucisse tellement l'organe est mal dessiné. Je suis censée mouiller devant cette vision apocalyptique ? Est-ce que les producteurs prennent le spectateur pour un obsédé sexuel capable de se lustrer le manche devant n’importe quoi ? Et qui a pensé que cette musique pseudo-dramatique allait être prise au sérieux rien que deux petites secondes ? Je n’ai pas pu m’empêcher de pouffer tellement c’était pas crédible.

 

gibo-01.jpg

Une scène totalement nécessaire car c'est évident que les spectateurs de Stepmother's Sin ont un fétiche pour les moustachus à lunettes

 

Je pourrais m’étendre des heures afin de vous décrire pourquoi Stepmother’s Sin me sort par les narines, à la place je me contenterai de mentionner un problème majeur et très récurent lors des deux OAVs : la séparation de l’écran. QUI. A. EU. CETTE. IDEE ? Je veux des noms. Maintenant.

Dans certains cas on peut utiliser ce procédé, je ne le nie pas, mais généralement l’écran est découpé en plusieurs morceaux qui montrent tous une partie de l’action, donc quelque chose de potentiellement pertinent. Dans ce hentai, nope, ce serait trop facile de, par exemple, montrer le visage de la demoiselle en plein acte, ses seins, puis ses hanches ou ses fesses, à la place on vous met un gros zoom sur les testicules de son partenaire (pas beau), un gros zoom sur son visage de gros pervers, et un plan sur…je sais pas, un morceau du coude ? Ou du genou, comme vous préférez.  Ou mieux, on vous coupe la partie de l’écran où se passait l’action, comme ça vous ne voyez plus rien. Ou alors, summum de la créativité, l’écran divisé en deux…vous montre la même chose deux fois avec un petit effet miroir (facultatif). Au cas où on serait trop bête pour comprendre ce qu’il se passe, va savoir.

 

gibo-05.jpg

Je sais pas vous les gars mais moi je trouve que cette image du héros pensif manque d'intensité dramatique. HEY, ET SI ON RAJOUTAIT UN POMMEAU DE DOUCHE A DROITE DE L'ECRAN ?

 

Maintenant que c’est fait, je suppose que je peux revenir au « scénario ». La longue introduction nous présente donc l’adultère de la mère de Yusuke, le héros. L’acte est entrecoupé d’images du protagoniste adulte qui se retourne dans son lit. Malheureusement c’est mal fichu. Et le passage du « climax » de la mère à la vie de son fils est juste ultime grâce à un…siège de toilettes. Oui, tirer la chasse, avoir un orgasme, du pareil au même. Très sexy. Après multiples minutes de confusion et de transitions foireuses, l’intrigue se révèle maladroitement telle qu’elle était dans le jeu : Yusuke déteste sa mère depuis qu’il l’a surpris en pleins ébats avec un autre, et depuis il considère que toutes les femmes sont des putains qui cachent bien leur jeu. Son père s’étant remarié à une autre, elle-même ayant une fille de son âge, il apprécie mal l’intrusion de deux inconnues dans sa maison et décide donc de se venger. Le pauvre, la procrastination a eu raison de lui =O.

 

gibo-02.jpg

En réalité ceci est un message subliminal pour vous signifier où doit partir le DVD de Stepmother's Sin une fois visionné

 

C’est là qu’on découvre que le chara-design a été complètement foiré. Misako ressemble à peu près à quelque chose mais Shiina… C’était une loli aux cheveux courts et bleus, à présent elle a deux couettes brunes et des lunettes. Totalement ressemblant donc. Et elle n’est pas « fantasmable », c'est-à-dire qu’elle n’a pas de véritables qualités physiques. C’est une fille, au mieux quelconque, au pire disgracieuse. Ce qui n’empêche pas les meilleurs amis du héros (créés pour l’occasion) de se comporter en véritables hommes des cavernes en grognant « Houba, houba, elle très très bonne, moi vouloir enfoncer mon bâtonnet dans son cornet de glace » et autres « Elle vierge, moi être premier à défoncer son intérieur jusqu’à ce que ça saigne » « Non moi être premier » « Non moi ». A ce point de l’OAV c’est difficile de ne pas sympathiser avec le héros : c’est le seul mâle doté d’un cerveau fonctionnel du quartier. Destin lourd à porter, je suppose.

 

gibo-07.jpg

Parce que cela faisait longtemps qu'on avait pas séparé l'écran en deux tiens...

 

Autre « petit » détail : le traitement sonore et les « effets spéciaux ». Oui, effets spéciaux, je crois que le terme est on ne peut plus adapté. Lorsque Yusuke se brosse les dents, on a le droit à un bruitage « épique », lorsque Yusuke éjacule, il y a un bruitage épique et des éclairs en bonus. Je ne plaisante pas. Il y a même un son semblable à un coup de feu qui retentit lors de la pénétration. Oh et les bulles de savon sont magiques. Parce que c’était nécessaire à l’intrigue, évidemment !

 

gibo-06.jpg

"Tu as une lumière rouge dans l'oeil, mon chou" "C'est rien, ça m'arrive à chaque fois que j'élabore un plan maléfique"

 

En parlant du loup, il faut décidément que j’arrête de brailler sur les pauvres résultats techniques et que je m’empêche de vous décrire toutes les autres joyeusetés qui me hérissent le poil (par exemple l’abus de l’anti-climatique ultime, j’ai nommé le gros plan sur les testicules qui pendent pendant que le vagin se fait hum-hum. Le spectateur avait FORCEMENT besoin de voir ça le plus possible, pas vrai ?)

 

gibo-04.jpg

 

L’histoire en elle-même a pas mal de hauts et de bas. Si la scène du bain reprend à peu près fidèlement l’eroge, la débauche de Misako est assez prématurée, trop pour être crédible. Ainsi elle dira non, puis oui, puis non, en l’espace de trois minutes sans jamais que ses sautes d’humeur soient expliquées. Elle supplie Yusuke de ne surtout pas toucher à Shiina, en échange de quoi elle fera n’importe quoi, mais quand celui-ci désobéit sous ses yeux, elle va chialer cinq secondes avant de réclamer son pénis et ne mentionnera plus jamais ses griefs. Va comprendre. Shiina en elle-même est tout aussi mal maîtrisée. On a le droit à sa scène de masturbation, comme dans le jeu, mais elle semble totalement gratuite et déconnectée (et surtout, elle se tripote le clitoris devant une peluche que son « frère » lui a offert…j’ai envie de dire quelque chose mais je crois que ça serait superflu). Un travail très mauvais pendant un OAV et demi donc. Oh et la cousine qui servait de complice de débauche dans le jeu est juste là pour des scènes de sexe supplémentaires maintenant.

 

gibo-08.jpg

"Tiens Shiina, je t'offre une nouvelle peluche pour tes activités masturbatoires" "Merci, t'es un vrai frangin !"

 

Par contre, ce qui rattrape légèrement Stepmother’s Sin c’est sa fin. Les producteurs ont décidé d’inclure une sorte de morale et de partir dans leur propre délire. Et c’est juste admirablement drôle (involontairement ?). Yusuke se rend soudainement compte qu’il éprouve des sentiments pour Misako et au cours de leurs ébats, il lui avoue ce qu’il a sur le cœur. Sa déclaration est presque touchante, il demande à être pardonné, tout penaud. Et il s’en prend plein la gueule. Mais vraiment. Car tout ce qu’elle trouve à répondre c’est « Des sentiments ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Tu m’as transformée en nymphomane obsédée par le sexe, tu assumes ! Allez, maintenant sois sympa de la fermer et pénètre moi un peu plus fort s’il te plaît ». L’amour est complètement atrophié au profit du plaisir sexuel, c’est si beau… Bien évidemment Yusuke le prend très mal et il devient complètement instable. Shiina de son côté est sous le choc depuis son viol, on dirait qu’elle a perdu son âme, et elle se laisse entraîner par des mecs qu’elle ne connaît pas. Et Misako organise une grande orgie dans sa maison. J’adore =D.

 

gibo-10.jpg

Shiina est traumatisée en découvrant qu'elle n'est pas née dans une rose

 

On note tout de même que lorsque le héros abuse de Shiina et de la demoiselle du parc (qui hurle à la mort et appelle les flics, première fois que je vois quelqu’un avoir une réaction cohérente dans un hentai), toutes deux sont traumatisées. En revanche, lorsque Misako, en manque dès la seconde où son sextoy sur pattes s’enfuit, appelles à la rescousse des gens dans la rue pour qu’ils insèrent leurs clés dans sa serrure (c’est la seule explication que je trouve au fait qu’elle réussisse à réunir une dizaine d’hommes en moins d’une heure, je la vois mal entretenir des sex friends), ils y vont direct. Bilan : les garçons sont tous des pervers. Jolie morale, merci. Heureusement il y a plus que cela et les dernières secondes sont assez intenses (les flics frappent à ma porte, est-ce que j’arrête mon orgie ? BIEN SUR QUE NON) avec un gros mystère final lors du coup de revolver hors écran : Yusuke s’est-il suicidé ou a-t-il tué sa belle-mère ? La fin est vraiment ironique au point où on se demande si ce n’est pas prémédité par Misako vu qu’elle s’est laissé faire assez facilement. Si c’est le cas, je l’érige illico au rang de meilleur personnage ayant jamais existé dans un hentai.

 

gibo-11.jpg

Quand t'es énervé, va tabasser des inconnus dans la rue et viole leur copine sous leurs yeux  !

 

En conclusion, Stepmother’s Sin est vraisemblablement l’exemple-type d’une réalisation douteuse qui ne peut que rebuter le spectateur et écrase du même coup toutes les bonnes idées du scénario. La première fois que je suis tombée sur la série, j’ai tout simplement « ragequité » dès le début du premier OAV tellement c’était atroce. Je n’ai pu contempler la fin qu’à l’occasion de cet article en voulant ne rien manquer. Mon jugement s’est probablement un tantinet radouci depuis mais je ne peux décemment pas pardonner des graphismes aussi repoussants, des effets sonores absurdes, des incohérences scénaristiques à la pelle et une animation aussi craignos. Même pour une fin lolesque. Car oui, les gens qui regardent du hentai ont aussi des standards…

 



Renketsu Houshiki

Trois OAVS, 2008

Censure : oui

Tiré d’un eroge : non

 

Je ne mettrais pas de résumé global pour celui-là vu qu’il a la particularité d’avoir une histoire différente à chaque OAV. Renketsu Houshiki est à la base un manga pornographique de Karino Hasumi composé de différents récits assez courts. Les graphismes originaux ne sont pas franchement extraordinaires mais l’adaptation animée s’en sort plutôt bien de ce point de vue là. L’animation n’est pas trop mal non plus. Mis à part quelques incohérences techniques ça et là (une demoiselle dégrafe son soutien-gorge par l’avant et les bretelles se décrochent toutes seules comme par magie), aucun problème particulier à mentionner. J’aime assez cette série vu qu’elle a quelques qualités (au niveau de l’histoire, de l’humour) et surtout des chutes bien amenées.

renketsu-02.jpg

 Comment résister à l'appel de la chair si c'est si bien demandé ?

 

Le premier OAV, Hold, est une classique histoire d’inceste entre Keisuke et sa petite sœur Misaki (qui porte admirablement bien le zettai ryouiki). Mais contrairement à Samayou Midara na Lunatics, cette fois-ci l’intrigue est bien mieux maîtrisée. Keisuke, suite au cancer de son père, se voit remettre comme responsabilité de reprendre la boutique familiale et de se marier avec la fille d’un collègue. On a donc un gros dilemme bien juteux qui fait tout le sel de la relation perturbée du héros avec Misaki. Ils s’aiment mais en même temps se repoussent sans y arriver. Le protagoniste va demander à sa sœur, après une scène d’amour, de se trouver un petit ami, mais dès qu’il apprend qu’elle a obéi pour maintenir une façade, il devient jaloux. On a donc une sorte de va et vient constant entre le « Non, on ne doit pas » et le « Roh mais si, j’en ai trop envie ». De plus la dernière scène (qui est très longue) est particulièrement bien foutue : le mariage est prévu pour bientôt et le lendemain doit avoir lieu la rencontre avec le futur beau-père, les amoureux veulent alors passer une dernière nuit ensemble, sauf que Misaki refuse d’accepter le départ de son frère, du coup elle fait tout pour le retenir. On voit l’heure défiler jusqu’à ce que le retard de Keisuke soit de plus en plus problématique. On croit qu’il va y aller, et Misaki trouve un autre argument pour l’empêcher de s’en aller. Il y a  une réelle tension dramatique qui fait qu’on se retrouve vraiment sur sa faim lorsque l’OAV se conclut vu qu’elle débouche sur une sorte de cliffhanger. Le manga lui-même n’allant pas plus loin, on ne saura jamais ce qui est advenu de ces personnages, ce qui est bien dommage parce que, aussi surprenant que cela puisse paraître, on finit par s’attacher un peu à eux, à sympathiser avec leur destin. En ce sens, Renketsu Houshiki prouve que même avec un scénario lambda, on peut obtenir un résultat agréable. Bizarrement ce n’est même pas mon préféré du lot.

 

renketsu-01.jpg

Notez le regard libidineux de la nouvelle mariée. On sait déjà qui sera le dominant dans le couple.

 

Le second OAV, School, démarre dans un contexte complètement différent, ce qui fait que ceux qui ont cliqué sur la suite en espérant retrouver Keisuke et Misaki vont être bien déçus. Cette fois nous sommes dans un lycée ordinaire tandis qu’une fille se dirige vers le labo de sciences naturelles en compagnie du clone de Yuki Sôma dans Fruits Basket. D’habitude, dans un hentai, on a plutôt un mâle alpha en guise de héros, donc il faut un petit temps d’adaptation avant de réaliser que le mec androgyne à la voix douce sera ledit héros. Et il y a une raison à ce choix. En attendant la demoiselle se confie à Hirayama en avouant qu’elle ne supporte pas les garçons mais qu’avec lui ça va parce qu’il ressemble à une fille. Cette phrase plutôt insultante va heurter la corde sensible et le gentil androgyne révèle sa véritable personnalité avant de se jeter sur elle. Hirayama est assez ‘marrant’ en soi vu qu’il n’a de cesse d’insulter ses partenaires sexuelles mais qu’elles ne l’aiment que d’autant plus, ce qui l’énerve inexorablement, preuve d’une certaine note d’humour. Il va donc violer la demoiselle naïve et reloue qui était vierge et l’humilie en lui enfonçant une éprouvette dans l’anus. Si vous avez une curiosité aussi malsaine que la mienne, vous ne pouvez pas ne pas avoir une certaine image plantée dans la tête à cette évocation. Je m’attendais à ce que l’éprouvette se brise et que la jeune fille ait des éclats de verres dans les parties mais heureusement pour elle, le tube va juste se fendre. Enfin ‘heureusement’, façon de parler. De toute façon, Hirayama va encore l’insulter et l’enfermer à clé dans le laboratoire (il s’est procuré un trousseau de toutes les clés du lycée visiblement). Et là, que va-t-elle hurler à travers la porte ? « Rends-moi ma virginité » Hum, je crois que c’est foutue petite…

 

renketsu-03.jpg

Tu sais Yuki, c'est pas sympa d'enfermer Ayame dans un flacon, je sais qu'il est un peu pervers mais quand même...

 

Mais notre protagoniste n’a pas fait quelques pas qu’il se retrouve nez-à-nez avec deux camarades de classe visiblement populaires (façon de parler minaudière, loose socks, gal à la peau bronzée et aux cheveux blonds, rires de peste, tout y est) qui ne trouvent rien de mieux que de lui faire porter un uniforme féminin parce que « ça lui va bien ». Encore une fois, la corde sensible est frottée et après une coupure, on retrouve les trois étudiants en plein threesome avec un peu de yuri pour bien débuter. Moi je dis : meilleure transition du monde ! Visiblement Hirayama n’apprécie guère la dénommée Misa qui n’arrête pas de geindre d’une voix aiguë et a le mauvais goût de s’appeler par son propre nom. En plus elle a la peau mate, c’est moche, donc pas de pénis pour toi, mistinguette ! Pas de bras, pas de chocolats ! Oui, le héros fait de l’élitisme, il n’y a que la fille à la peau blanche qui a le droit à la pénétration, l’autre est juste bonne à lui faire une fellation et elle a intérêt à fermer sa gueule si elle est pas contente. Ce qui est très ironique c’est que les deux demoiselles ont appréciés le traitement ordurier (« Ta gueule connasse, bouffe ma teub et fais pas chier ») et donnent donc leur numéro de téléphone dans l’espoir de faire des trucs cochons une autre fois. Et ça agace notre ami androgyne qui les enferme à clé. Leur réaction : « Avant j’étais fan du club d’hôtes mais maintenant y a plus que toi qui m’intéresse ! ». Je crois qu’on tient un gimmick…

 

renketsu-04.jpg

En voyant qu'elle posait nonchalamment la main sur la poitrine de sa copine j'aurais dû me douter qu'il y aurait du yuri dans l'air

                                                                                                                        

Et qui vient ennuyer Hirayama cette fois ? Sa professeur qui lui demande quelques minutes. On apprend alors que cet anti-héros sèche les cours et que ses notes sont en chute libre. Il serait donc sympa de se manifester s’il rencontre des problèmes. Silence. La professeur insiste : tu sais, je suis au courant pour l’ijime, que dans ton ancien établissement tu en as bavé à cause de ton apparence androgyne et qu’on t’en faisait voir de toutes les couleurs en t’appelant « monstre ». Quelques images traumatisantes en flashback laissent alors suggérer qu’Hirayama a été…violé par des camarades de classe. Mon dieu, ce hentai semble avoir un début de morale ! On n’en saura pas bien plus vu que la description très détaillée de l’institutrice énerve légèrement son élève (quel manque de tact aussi, à sa place je n’aurais pas aimé l’énumération d’insultes) et on comprend qu’il ne faut vraiment pas le comparer à une fille. A aucune occasion ! Le voilà qui viole sa professeur sur son bureau (m’enfin elle aime ça à la fin) et qui l’enferme à son tour. Réaction ? « Si c’est les notes le problème, je peux t’arranger ça ! » Elles sont toutes pourries jusqu’à l’os dans cet établissement ou quoi ?

 

renketsu-05.jpg

Pour une partie de jambes en l'air j'aurais toujours du temps...euh je veux dire, j'arrive madame Fujimori !

 

Le pire dans cette histoire c’est qu’on compatit presque avec le violeur, à cause de son passé traumatique bien sûr, mais surtout à cause du comportement de ses victimes. Entre la première qui fait sa mijaurée (« Oh oui, j’ai besoin d’un mâle pour ranger un bocal dans un putain de laboratoire, je ne saurais le faire toute seule, protège-moi mon prince charmant ! Au fait, toi je t’aime juste parce que tu ressembles à un travelo »), les deux pouffes insupportables (Misa notamment mérite une bonne claque avec ses gémissements d’enfant capricieux façon « Je veuuuuuuux un pénis, je le veuuuuuuuuuuux maintenant ») et la professeur pas douée qui se laisse corrompre par une partie de jambes en l’air, on se retrouve avec une belle brochette de gens détestables. Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisqu’on a le droit à une chute à la fois cocasse et ironique. Hirayama se retrouve enfermé dans une salle dans laquelle un mec lui avoue son amour et essaye de le violer (dans un sens il se retrouve bien puni de sa mégalomanie) et le générique est cartoonesque au possible : il est sans caleçon et poursuivi par son agresseur.

Superficiellement, School est le récit d’un serial violeur mais on dénote de l’humour noir là-dessous, ce qui est assez rafraîchissant et rend le visionnage bien plus intéressant.

 

renketsu-06.jpg

Attention, nous entrons de plein pied dans la DANGER ZONE ! Du BL dans mon hentai ? No way !

 

Cependant, des trois OAVs, c’est Blind que je préfère. Notamment parce que sa chute se révèle encore plus tonitruante que les deux précédentes. L’histoire est assez simple : l’héroïne est belle, intelligente, mais n’a aucune amie dans son école. On la regarde avec méfiance à cause de ses bons résultats et ça la désespère. Que faire pour obtenir des amis ? Le sexe bien sûr ! Mais pas tout de suite, voyons. Non, d’abord l’héroïne va, en se baladant dans les couloirs, assister à une scène étrange. Je ne sais pas si celle-ci a été ajoutée pour l’anime ou si c’est un collage d’une autre histoire courte du manga original mais c’était bien vu puisqu’il s’agit d’une sorte de mise en abîme. Une demoiselle à nattes et lunettes (et gros seins, c’était vraiment pas la peine de demander :p) se fait agresser par trois garçons parce qu’elle n’a pas d’amies. On lui reproche son air hautain. Immédiatement l’héroïne se reconnaît dans ce portrait et elle reste bêtement à les espionner au lieu d’aller chercher du secours. Et la nouvelle venue se fait violer, évidemment (vous vous attendiez à quoi ?). La particularité de cette scène c’est qu’elle réussit assez bien à montrer la transition entre le refus de la victime et sa nymphomanie soudaine (n’oubliez pas que dans un hentai une fille qui se fait violer finit toujours par aimer ça). Ce que je veux dire c’est que contrairement à Stepmother’s Sin où Misako enchaîne les oui et les non sans aucune cohérence, on peut ici déceler les étapes progressives à la fois dans les images (les yeux se resserrent, rougeurs, la bouche laisse échapper un sourire) et dans la voix de la doubleuse (au début tu entends la douleur et tout doucement, paf, plaisir). Personnellement je trouve que c’est un modèle du genre et qu’on devrait la libeller « Comment réussir sa scène de viol ». Mais je digresse.

 

renketsu-08.jpg

Hanhan, je ne l'avais vraiment pas vu venir

 

Après s’être copieusement tripotée devant le viol de sa copine (dans le couloir…toi t’as peut-être des bonnes notes mais t’as pas l’air très futée), l’héroïne prend sa décision. Et on passe au scénario, le vrai, le marrant, avec de grandes tranches de naouak dedans. Car la demoiselle veut des amis, elle en veut vraiment. Et pour cela, que fait-elle ? S’inscrire à un forum de discussion ? A un club d’activités extrascolaires ? Se rendre dans un bar ? En discothèque ? Bien sûr que non, voyons, dans un terrain vague en pleine nuit ! Suis-je bête ? Quel lieu charmant pour faire des rencontres ! Ais-je précisée qu’elle était aussi à poil, les yeux bandés et qu’elle tenait une paire de menottes à la main ? Voilà son plan… Elle va donc aborder un jeune homme devant un distributeur de boissons et lui propose de coucher avec elle. Sauf que tous les autres ouvriers travaillant sur le chantier d’à côté se ramènent et que ça finit en orgie totale. Et elle est contente parce qu’elle s’est fait pleins d’amis d’un coup. Clap, clap, félicitations. C’est là qu’intervient la chute la plus WTF que j’ai jamais vue dans un hentai (il doit y en avoir d’autres du même acabit, je ne me fais pas de soucis). Un attroupement de jeunes filles se presse devant la classe de l’héroïne. On ne voit pas bien ce qu’elle fait mais toutes ont l’air choquées par son comportement. Soudain, on voit tout. Elle s’est enfoncée un vibro dans le vagin et se tripote assise sur le bureau du prof devant tout le monde. Et là résonnent ses pensées : « J’ai réussi à avoir pleins de potes mais aucune amie…je me demande pourquoi ». OH VRAIMENT ? J’en pleure encore de rire…

 

renketsu-07.jpg

Y a Kaname Chidori de Full Metal Panic et Haruhi Suzumiya qui me regardent bizarrement, je me demande pourquoi. Serait-ce cette fameuse paire de menottes que je trimballe partout qui me rendrait suspecte ?

 

En conclusion, Renketsu Houshiki est une série assez sympa dans son genre. Techniquement bien foutue, elle a le mérite d’apporter de la diversité à chaque épisode et d’osciller entre du drama classique, du comique et du WTF comme on les aime, tout en maintenant un bon équilibre sexe/’scénario’. Que demande le peuple ?

 



Miyazaki Maya Daizukan

Deux OAVS, En cours, 2010

Censure : oui

Tiré d’un eroge : non

 

Adapté du manga du même nom de Miyazaki Maya ces OAVs m’ont surtout attirées à cause de leur potentiel WTF. Et je n’ai pas été déçue du voyage. Les deux OAVs sont découpées en quatre chapitres dont deux concernent La légende des 800 trous (non, c’est même pas pervers) dans laquelle erre Takehiko, un adolescent ordinaire, transporté dans un autre monde médiéval par erreur via un procédé qui fait clairement référence à Alice au pays des merveilles. Il y rencontre la charmante princesse Tsubaki avec lequel il couche sans savoir qui elle est…pour mieux découvrir qu’il a intérêt à l’épouser s’il ne veut pas que le beau-père lui crève les yeux. C’est la vignette la plus mignonne à mon sens. Il y a du sexe bien sûr, mais il n’est guère intéressant à regarder et c’est surtout la relation amoureuse entre les deux jeunes gens qui prend de la place. Tsubaki est assez adorable dans son genre, il est difficile de ne pas fondre devant ses mimiques et sa façon assez unique de parler.

 

daizukan-02.jpg

Takehiko ! Takehiko ! Takehiko ! Takehiko ! Takehiko !

 

Les deux autres chapitres sont complètement différents. A la fin du second OAV on découvre Ootsuka Jinpachi, un professeur de sciences naturelles peu séduisant qui doit subir les moqueries de sa collègue, l’enseignante en musique. Qui bien sûr est vêtue d’un tailleur sexy qui couvre peu ses charmes. Pour se venger, il décide de créer un aphrodisiaque surpuissant et de la violer en lui enfonçant des ballons de chimie au niveau des tétons. Ce qui ressort de cet épisode reste la chute, d’une ironie assez cruelle puisqu’on se rend compte que Jinpachi a tout fait foirer (eh oui, enfin une victime qui se barre en pleurant au lieu de devenir soudainement nymphomane) dans une relation pas forcément hostile (mauvaise pioche mec, c’était une tsundere) et aussi un passage assez comique où le protagoniste se planque de manière pas crédible du tout (coucou, je suis derrière la vitre !).

 

daizukan-03.jpg

La meilleure cachette du monde

 

Mais le clou du spectacle reste le chapitre à la fin du premier OAV avec…la fée des bicyclettes. Non, je n’ai pas ingurgité d’alcool, c’est bel et bien le scénario. Une demoiselle en tenue d’EPS a une technique de masturbation bizarre impliquant la selle de son vélo lancé à pleine vitesse. Sauf qu’un jour un garçon aperçoit la scène et ça lui donne une idée délirante : il se déguise en fée des bicyclettes (en fait il est à poil avec des roues et un guidon) et approche la belle qui est d’une naïveté telle qu’elle le croit immédiatement. S’en suit des ébats en plein mouvement que vous n’imagineriez même pas dans vos plus grands moments de beuverie. C’est juste unique : la fille pédale sur le monsieur-vélo tout en étant emboités. Le pire c’est qu’ils se font surprendre par des amis qui se gaussent de la situation (moi j’aurais trouvé effrayant de croiser un collègue de travail déguisé comme ça) mais que la nana ne capte jamais qu’elle vient de se faire entuber (et c’est le cas de le dire). Bref du grand n’importe quoi bien gratiné qui pose une question cruciale : quelle est la chose que je viens de regarder ?

 

daizukan-01.jpg

Tsubaki, largue ce plouc de Takehiko et viens dans les animes tous publics avec un show à ta gloire !

 

Miyazaki Maya Daizukan aurait pu être un hentai sympa s’il n’y avait un défaut intraitable qui gâche l’intégralité du visionnage : les producteurs ont voulus coller au plus près des graphismes du manga (et présente fièrement la comparaison des deux), ce qui fait que l’animation est presque nulle. On croirait voir gigoter des bouts de papier tous plats, il n’y a aucun dynamisme. Esthétiquement c’est très beau, j’en conviens, mais quel est l’intérêt d’adapter un manga en ANIME s’il n’y a pas d’ANIMATION ? C’est juste stupide. Les scènes de sexe n’étant guère palpitantes (et surtout très fixes), il ne reste que quelques bonnes idées scénaristiques et une pointe d’humour. Dommage.

 



Ane to Boin

Deux OAVS, 2005

Censure : non

Tiré d’un eroge : oui

 

Keisuke lives in with 10 sisters, they all have great bodies and boobs, but he can't touch them because they're relatives... or can he, follow him on his quest to have sex with all of his sisters.

 

ane 02

Le cast original


Ane to Boin est l’adaptation de l’eroge du même nom conçu par le studio G.J qui a tendance à ne proposer que des castings de nénettes à gros seins (voire énormes, pour varier les plaisirs) dessinées par Toshihide Sano. Le maître a un style bien reconnaissable et agréable à l’œil à l’instar d’un Tony Taka même s’il a tendance à se spécialiser en obus. Et il faut dire que ces deux OAVs ne font pas vraiment honneur à son travail. Les personnages sont toujours aisément identifiables mais les graphismes sont assez pauvres, on est bien loin d’un Sora no Iro, Mizu no Iro qui avait le mérite de conserver la patte de Tony Taka. A l’inverse l’adaptation a pris des libertés sur l’eroge puisque quasiment rien ne sera repris du support initial, ce qui est assez étonnant mais plutôt bien venu vu le maigre intérêt que représentaient les scènes de sexe originales (deux-trois émergeaient du lot, et encore).

 

ane-01.jpg

C'est assez dur de prendre des images "soft" de l'anime alors je remets une illustration de l'eroge, vous m'en voudrez pas, hein ?

 

Le résultat est assez mitigé. Les deux OAVs sont composées de vignettes très courtes où le protagoniste devra s’amuser avec une soeur différente. Le scénario tient sur une miette de papier et se résume fréquemment à « Oh tiens, j’ai envie de te lécher » quand ce n’est pas « Oh tiens, je m’ennuie, je vais te violer ». L’avantage c’est qu’on explore un peu tous les fantasmes possibles et imaginables comme le tripotage dans le train, dans la voiture, une scène de bain ou pousser sa partenaire sur une vitre ; tous les types de personnages (sauf les lolis) comme une androïde, une artiste doujinshi (Role Play maître-esclave en prévision) ou la traditionaliste avec son bâton de bois ; ce qui fait qu’il y a forcément quelque chose qui vous intéressera dans le lot. L’inconvénient c’est que l’animation n’est pas toujours au top (l’introduction consiste en une poignée d’images immobiles réutilisées la fois suivante), il y a pas mal de moments fixes, de boucles un peu trop reprises, et les graphismes font assez « sales ». La façon dont les filles ont la bouche pleine lors des scènes de fellation notamment n’est pas très jolie à regarder et le membre du héros de ce harem n’étant pas censuré, on peut admirer à loisir combien il est mal dessiné (le retour de la saucisse).

 

ane-04.jpg

Je sais qu'ils sont une dizaine à vivre dans la même maison mais quand même : ce n'est plus une salle de bain, c'est une piscine !

 

Il y a quelques passages forts, souvent involontairement comiques comme lorsque Biwa s’élance sur son frère pour « faire de lui un homme » (elle veut lui apprendre à se battre)…et se vautre lamentablement sur une marche (au final elle fait bien de lui un homme mais pas de cette manière). Sacrée guerrière ! Il y a aussi la scène où Tokiko, l’androïde bronzée prétendant venir du futur, se met en tête de vérifier la bonne santé du protagoniste. Elle appuie donc sur ses tétons et on voit soudain sa bouche s’agrandir d’un coup tandis qu’une voix mécanique lance « Fellatio Mode ». La première fois ça surprend, après ça en devient drôle. Notez aussi que lors de la dernière scène de sexe dans les bains, le garçon se fait tranquillement peloter par sa charmante grande sœur lorsque des éclats de voix retentissent. Ils regardent. Oh c’est rien, juste Anne qui est retenue de force par quelques plaisantines qui lui enfoncent un vibro où il faut. Et ils retournent à leur besogne dans leur coin. C’était totalement inutile, gratuit et ça sortait de nulle part (et puis mince, je me vois mal entraver ma sœur comme ça juste pour le plaisir de placer dans ses parties intimes divers objets sexuels, ça serait malvenu et elle risque un peu de m’en vouloir à vie).

 

ane-03.jpg

Franchement Biwa, elle était juste devant toi la marche, me dis pas que tu ne l'as pas vu !

 

Difficile de dire lequel vaut mieux que l’autre. L’eroge a des graphismes bien supérieurs mais les HCGs sont d’une platitude assez incroyable. Sauf peut-être la scène où Kotona est en train de bosser sur son bureau pendant que son frère bourrine son vagin. Je la trouve hilarante tellement son attitude est en décalage avec la situation (« Bordel t’es chiant à me marteler la croupe, j’essaye de faire mes devoirs moi, va taquiner une des autres pour changer »). L’anime n’est techniquement pas terrible mais il remplit honorablement son office. Un concentré des deux serait le bienvenu.

 



Ce sera tout pour aujourd'hui. Comme j'ai abordé les titres les plus intéressants, je n'en ai plus beaucoup en stock. Une dernière partie est peut-être en prévision mais je pense m'arrêter très vite, à moins de trouver des merveilles en chemin.

Repost 0
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 21:59

J’interromps ma saga sur le H pour un tout petit billet un peu plus sérieux. Comme vous le savez probablement je suis très intéressée par ce qui touche de près ou de loin la scène des visual novel/eroges. Aussi m’arrive-t-il régulièrement de m’informer sur les projets amateurs qui utilisent ce média. Il existe pléthore de petites productions qui ont du mal à se faire connaître et qui sont souvent sanctionnées à cause de leurs visuels mais aussi de leur trop courte durée. Il se trouve néanmoins des courageux pour persévérer dans le milieu en créant un marché du visual novel anglophone. Car si la plupart des titres fabriqués à ce jour demeurent gratuits, une petite proportion se dirige doucement vers une professionnalisation certaine. La possibilité pour certains artistes de créer une œuvre et de la vendre librement est un phénomène qu’il faut certainement soutenir.

 

remember.jpg

Always Remember Me

 

Il n’y a pas encore grand monde qui puisse se vanter de se professionnaliser dans la création de visual novel (mais ça favorise les échanges, je suppose qu’on se serre les coudes dans le milieu). Dans la liste des élus on trouve le studio Winter Wolves au catalogue plutôt bien fourni, celui-ci comprend du dating-simulation avec Always Remember Me (vous incarnez une jeune fille qui doit faire face à un accident laissant son petit ami amnésique), Love & Order (l’héroïne est l’employée d’un bureau assez louche et il y a plusieurs messieurs ainsi qu’une demoiselle pour combler vos goûts) ou encore The Flower Shop (un dating farming sim puisqu’il faut bien les faire pousser ces plantes) ; mais aussi des jeux un peu plus sérieux comme Planet Stronghold Stronghold. Il y a aussi Tycoon Games qui possèdent des récits plus centrés sur les aventures comme Bionic Heart (science-fiction) et la saga Heileen (qui se déroule autour de la Renaissance), Nekomura Games connu plus particulièrement pour The Stolen Diamond Ring (histoire plutôt policière donc). Zeiva qui a sorti X-note il y a peu, un jeu intriguant au character design bien sympa, ou encore Sakura River qui n’a que Fading Hearts à son palmarès. Plus récemment, un nouveau venu, le studio MoaCube se rajoute à cette petite communauté avec un visual novel du nom de Cinders (détournement de contes de fées) en préparation.

 

x-note.jpg

X-note


J’ai bien évidemment omis de mentionner un nom, celui du studio sakevisual sur lequel j’avais déjà écris tout un article (concernant Ripples, Re : Alistair ++ et la demo de Jisei) et différentes impressions un peu plus mitigées ([text] A summer Story et My Magical Cosplay Cafe). Figurez-vous que sakevisual ne chôme pas puisque plusieurs petits jeux gratuits sont en préparation, et surtout la suite directe de Jisei est enfin sortie. Il semblerait que la série compte plusieurs volets, tous de plus en plus longs. Petit récapitulatif et mon avis sur la demo de Kansei.

 

Jisei.jpg

Dans Jisei vous incarniez un jeune homme sans nom, errant en ville et épuisé qui a la mauvaise idée de s’arrêter dans une boutique boire un café. En allant aux toilettes il découvre le corps d’une des clientes, visiblement poignardé. Evidemment il est surpris dans cette position compromettante et on le prend pour le tueur. Un détective qui était installé sur place en profite pour prendre les choses en mains et vous interdit de sortir tant que la police n’est pas arrivée. Vous aurez alors l’opportunité d’aider le fameux détective pour prouver (ou non) votre bonne foi. Et surtout votre innocence. Là où ça devient tordu c’est que ce fameux protagoniste possède un pouvoir surnaturel : revivre les derniers instants des morts sitôt qu’il les touche.

 

Dans Kansei, vous êtes toujours le même garçon, toujours un peu ballotté par le destin et vous refusez toujours obstinément de donner votre nom aux personnages qui vous entourent. Pire, maintenant que vous avez aidé à démasquer le suspect, vous vous êtes plus ou moins fait enrôlé dans une agence un peu spéciale uniquement composée de gens aux pouvoirs surnaturels comme le votre et menée par les jumeaux (la paire est constituée d’une fille et d’un garçon, je n’en dévoilerai pas plus pour éviter de spoiler Jisei). C’est en leur compagnie et assisté de la petite Li Mei, une demoiselle assez mystérieuse, que vous vous rendez dans la maison d’un riche PDG un peu paranoïaque qui demande un rapport complet des évènements s’étant déroulés dans le fameux café. Vous y retrouvez le même détective, lui-aussi convié à la fête, ainsi que de nouveaux personnages pas forcément sympathiques. Or quelque chose cloche : l’homme que vous deviez voir se terre dans son bureau en refusant de sortir. Mais le pire est à venir…

 

Kansei-01.jpg

Avouez que Gurski a l'air badass quand même...


Pour comprendre Kansei il faut obligatoirement avoir fini le premier opus qui se révèle bien plus complexe que prévu puisque des machinations politiques et économiques s’ajoutent à l’intrigue policière déjà saupoudrée de paranormal. On peut donc s’attendre à ce que ce nouveau jeu frappe plus fort que le précédent, surtout qu’il semble plus long et contient plus de personnages. Rien que la scène d’introduction est pleine de sens : on y voit deux enfants (probablement le héros et sa sœur) qui discutent autour d’un puzzle. La jeune fille mentionne alors haut et fort qu’il faut se méfier des apparences et qu’un fragment peut se révéler appartenir à un tout encore plus large. Le ton est donné.

 

Kansei-02.jpg

D’un point de vue technique sakevisual se pose en tant que ce qui se fait de mieux dans le milieu amateur actuellement (avec tous ceux que j'ai cité). Le character-design est fluide, agréable à l’œil, plus élaboré, les décors possèdent quelques défauts aisément perceptibles mais ils sont globalement plutôt bons, quelques animations ont même été ajoutées pour plus de fluidité. Désormais les personnages clignent des yeux en parlant et semblent plus « vivants ». La musique est toujours de qualité même si je la trouve bien moins bonne que dans Jisei et il en va malheureusement de même pour l’opening (qui est visuellement beaucoup mieux par contre). L’ambiance sombre est toutefois très bien retranscrite et les doublages sont assez bons (la plupart des participants sont en effets des comédiens de doublage professionnels, ils connaissent donc leur sujet). Par ailleurs, seul le héros ne possède pas de voix, tous les autres sont aisément identifiables.

 

Kansei-03.jpg

Pour ce qui est de l’histoire, difficile d’en dire grand-chose, le mieux est encore que vous alliez jeter un coup d’œil à la demo. En sachant qu’acheter Jisei et Kansei en même temps vous octroie une petite promotion de 15% (soit une vingtaine d’euros pour les deux jeux réunis). Autant en profiter et soutenir l’initiative c’est d’ailleurs ce que je compte faire).

 

Il ne reste plus qu’à espérer qu’un jour nous verrons émerger un marché français du visual novel amateur similaire. J’ai cru comprendre que la question était revenue sur le tapis récemment. Alors pourquoi pas ?

 

[BTW, j’apprécie beaucoup le protagoniste sans nom et Naoki mais je crois que je viens de me trouver une nouvelle favorite avec Li Mei. Une albinos cooldere avec des mitaines noires ? Cette fille est faite pour me plaire ! Et j’aime beaucoup son pouvoir ; identification quand tu nous tiens X) ]

 

Repost 0
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 20:00

 

Comme les plus perspicaces d’entre vous l’auront remarqué, c’est l’été -incroyable, je sais- et la venue de l’été signifie que je vais profiter de mes vacances pour bosser un maximum (cherchez pas, logique shadok), notamment sur le scénario de mon visual novel. Or voilà, je ne peux pas être partout à la fois -et si je planche toute la journée sur l’écriture de l’histoire, je n’ai absolument pas le temps de regarder de nouveaux animes ou de les analyser en profondeur. Ce qui fait que je me retrouve bien embêtée vu que je n’ai pas envie de laisser mourir le blog pendant deux mois (et je m’étais promis de finaliser les dossiers entamés l’été dernier). J’ai donc sorti de mon chapeau une idée de sauvetage en partant d’un concept que j’avais voulu tester auparavant et qui ne s’était pas réalisé pour des raisons diverses et variées.

 

MIB.jpg

Brigade de sauvetage de blog, bonjour

 

Je déclare donc juillet, le mois du hentai. Parce que je pars de trucs que j’ai déjà vu, qu’il y a généralement très peu d’épisodes et que la profondeur inouïe du scénario ne me demandera pas trop d’efforts. Bon et aussi parce que ça m’attriste de ne trouver presque aucun site safe sur la toile qui conseille du hentai en pesant les qualités et les défauts.

 

Personnellement je préfère m’en tenir à du « vanilla », du consensuel, du gentillet –dans la mesure du possible. Les horreurs comme Boku no Pico, je me les inflige à titre exceptionnel et préparée mentalement. Du coup, ça m’embête de me lancer dans de nouveaux titres sans savoir exactement ce qu’ils contiennent, je n’ai pas envie de me recevoir un truc traumatisant dans la tronche par surprise (pour les doujins, c’est différent). Ce sera donc l’occasion de constituer une petite banque de données sur quelques titres sur lesquels j’ai des choses à dire.

 

Et non, il n'y aura pas de bannière Not Safe For Work parce que les images ne sont pas si audacieuses que ça

 


 

Samayou Midara no Lunatics

Deux OAVS, 2009

Censure : oui

Tiré d’un eroge : oui

 

Eifa loves her brother, Alois, but due to their status as royalty they are unable to express their love. One day Eifa was tricked and cursed by a witch seeking to become the new queen. Due to the curse Eifa can only exist at night and when it is day, her body is replaced by Alois. Their incestuous love is also exposed, and together they are banished from the kingdom.

In desperation to break the curse, Alois decides to seek the help of another witch, named Yorandel.

 

Lunatics.jpg

Eifa dans l'eroge


Mon parti pris sera de commencer par le hentai le plus chiant que j’ai jamais vu. Samayou Midara no Lunatics est une adaptation d’un eroge assez moche de Lilith Mist. Si d’un point de vue graphique on appréciera la transformation, le support animé se veut très proche de l’original au niveau des expressions faciales et notamment de la taille des yeux, ce qui a pour effet peu plaisant d’accentuer l’air de débilité qu’arbore Eifa en permanence. La demoiselle étant déjà dotée d’une voix très aiguë à la base, on obtient donc un personnage très désagréable. Malheureusement ceci est censé être notre héroïne, il va donc falloir s’y faire. Le doublage en soi n’a rien d’extraordinaire mais il possède son petit moment de bravoure au cours du premier OAV puisque les comédiens se lâchent tout d’un coup pour surjouer allègrement le plaisir en haletant comme des cachalots en rut. Moment de bravoure donc puisqu’on a la nette impression qu’Alois est en pleine séance d’haltérophilie avec Eifa.

 

Lunatics-01.jpg

Quel merveilleux conte de fées...

 

L’histoire en elle-même est un classique récit d’inceste entre un prince charmant blond et sa petite sœur brune à gros seins. Mais l’intrigue a beau se montrer porteuse d’opportunités, aucune n’est réellement saisie : il n’y a juste aucun enjeu, aucun piquant. Eifa mentionne vaguement à un moment son mariage prochain avec un prince qu’elle ne connaît pas mais cette annonce doit se situer toute à la fin du 1e OAV et elle est prononcée avec tellement de légèreté qu’on ne saisit pas très bien la portée émotionnelles de la chose (Est-ce que le mariage est imminent ? Est-ce qu’elle le vit mal ? Est-ce qu’elle en a quelque chose à foutre, bordel de dieu ?). Un tel bâclage a forcément un effet secondaire : on s’ennuie, on s’ennuie ferme. Eifa se rend en nuisette transparente dans la chambre de son frère en pleine nuit, elle couche avec lui, il lui dit qu’il l’aime, ils couchent, elle lui dit qu’elle l’aime, ils couchent, il lui dit qu’il l’aime, ils couchent et ainsi de suite pendant une bonne vingtaine de minutes. Au début on peut trouver la situation excitante –vaguement- mais voilà, ça n’en finit pas. On croit que les amoureux s’arrêtent, qu’il va se passer quelque chose et non, ils remettent ça invariablement. En outre, les plans sont dénués d’intérêt ce qui est un comble.

 

Lunatics-05.jpg

Ils sont tellement discrets aussi, pas étonnant qu'ils se fassent choper...

 

Un élément étrange du « scénario » est qu’Eifa se voit remettre un philtre d’amour de la part d’une femme d’âge mûr en tenue sexy et gros seins qui semble approuver son amour incestueux. Le problème c’est que si la jeune fille désire tant le corps de son frère, elle n’a vraiment pas besoin de le droguer, il ne devrait pas dire non à la proposition d’une partie de jambes en l’air. Et si c’est son amour qu’elle veut, alors ce n’est pas clairement un breuvage magique qui lui donnera satisfaction. C’est donc une sacrée cruche ! Et je ne parle même pas des soupçons que doivent avoir leurs parents vu la couche de sperme qui recouvre les draps d’Alois après une nuit d’amour (peut-être pensent-ils qu’il s’est payé une prostituée pour la soirée, va savoir).

 

Lunatics-03.jpg

Voyons Eifa, si le hentai m'a bien appris quelque chose c'est qu'il ne faut jamais accepter d'objet de forme phallique de la part d'une femme fatale vêtue de résille !

 

Le 2e OAV s’offre le luxe de nous remettre les scènes de sexe chiantes de la première fois en guise de flashback et copie le rythme du précédent opus à l’identique. Eifa, toujours aussi stupide, trouve naturel que la MILF en capuchon noir s’introduise dans sa chambre pour lui refiler sa potion bas de gamme et la pousser à coucher avec son frère une seconde nuit. Et donc, elle le fait. Sauf qu’évidemment, la pute à gros seins se révèle être…une pute (révélation d’intensité maximale). On ne l’avait vraiment pas vu venir avec ses vêtements de femme fatale et son rictus maléfique, non, vraiment. La particularité de cet opus là c’est que la sorcière s’ennuie tellement qu’elle se joint à la fête, c’est donc un peu moins  plat que la fois précédente. Mais le schéma reste le même : aucun enjeu, même décor, seules les positions changent (et encore). On aurait presque pu tomber dans le cadre du dévergondage d’une demoiselle naïve par une femme plus expérimentée mais Samayou Midara no Lunatics prend un malin plaisir à ne jamais se focaliser sur les détails intéressants. Exemple ? A un moment la vilaine magicienne « punit » Eifa en lui mettant une anti-ceinture de chasteté (en gros elle lui enfonce un truc dans l’orifice et elle ferme à clé pour que la gourde ne puisse pas le retirer), item magique censé lui procurer toutes sortes de sensations quand elle pense à son frère. On peut donc légitimement s’attendre à un peu de teasing avec Eifa qui se balade dans le château tout en devant résister à la tentation. Mais en fait non, la ceinture est enlevée cinq minutes plus tard sans avoir servi. C’était donc une idée totalement inutile, félicitations.

 

Lunatics-04.jpg

Une femme en capuchon noir en train de m'espionner en plein milieu de la nuit m'offre de la drogue ? NORMAL.

 

La sorcière est le seul élément intéressant et il faut croire qu’elle s’ennuie en même temps que le spectateur puisqu’elle s’essaye à deux-trois tours de magie noire pour égayer un peu la comédie : langue élastique pendant trente secondes, rabbit magique éjaculateur (oui le truc en plastique émet du liquide) qu’elle fixe sur Eifa pour qu’elle comprenne la sensation d’être un homme (cela dit, même doté d’un engin, elle continue à être la dominée/pénétrée, donc non, elle n’a pas vraiment l’occasion d’appréhender la virilité). Ce dernier jeu dure toute la fin de l’OAV et se montre clairement rébarbatif (moi je m’attendais à ce que la chose reste coincée pour humilier la jeune fille mais non, déception). En désespoir de cause, on a donc le droit, dans les dernières minutes à un mindfuck complet avec une dimension parallèle multicolore, des tentacules-serpents et une chenille à six seins (la magicienne en fait). Et puis tout redevient normal (les amoureux ont l’air d’avoir apprécié le voyage alors que bon, leur intimité a un peu été violée par une étrangère) et le scénario évoqué dans le synopsis se lance. Oui, il faut attendre la toute fin de Samayou Midara no Lunatics pour qu’il se passe quelque chose et on te tease gravement la tronche puisqu’il n’y a plus rien après. Fantastique. En plus, j’ai rien compris à cette histoire de breuvage magique et de changements de corps.

 

Lunatics-02.jpg

Le nombre d'anachronismes est assez ahurissant : le château est moyen-ageux, la salle de bal renaissance, Aloïs porte un costume plutôt XIXe siècle et les filles des robes contemporaines.  Bordel mais décidez-vous une fois pour toutes !

 

Le hentai semble plus constituer une sorte de prélude à l’eroge qu’autre chose et les changements de l’un à l’autre sont assez conséquents : un personnage a disparu en chemin et tous les éléments un peu gores ont été supprimé, probablement par volonté de faire du récit de magie noire une histoire un peu plus soft. Manque donc à l’appel (oui, j’ai vérifié pour vous, ne me remerciez pas), des passages de bestialité avec un loup-garou chevelu (enceinte ou non), une scène où les demoiselles semblent se faire arracher le cœur en live par un sortilège mais vivre quand même, une scène où le héros se dessèche sur place (trop d’efforts sexuels sans doute), une scène où la sorcière change de tête en plein acte amoureux pour ressembler à Eifa et une scène où Alois hérite d’une double verge et où l’on voit la tête de la sorcière brûler dans un coin. De la part d’un studio qui produit un an plus tard un jeu nommé « Tentacle and Witches », ça ne devrait pas être étonnant. On peut donc estimer avoir gagné au change, je suppose.

 

Lunatics-06.jpg

Si seulement on pouvait les sacrifier à la fin, ça serait tellement plus jouissif que de les voir copuler =/

 

En conclusion, malgré une adaptation visiblement pas trop mauvaise d’un support original déjà pas bien élevé, Samayou Midara no Lunatics est absolument chiant à regarder. On s’y ennuie ferme au point de prêter plus d’attention à la musique de fond qu’à ce qu’il se passe à l’écran, et ça, ça veut tout dire. Le second OAV remonte légèrement le niveau mais les tours de magie bizarres finissent dans une cacophonie générale tout juste bonne à maintenir le spectateur éveillé. Eifa est une héroïne d’une stupidité affligeante et les dialogues tournent en rond jusqu’à parfois s’autodétruire (« Eifa » « Nii-sama » « Eifa » « Nii-sama » « Eifa » « Nii-sama » et soudain trois minutes de blanc avec juste des gémissements, comme si les doubleurs eux-mêmes ne savaient plus quoi dire). Ce serait mentir que de prétendre qu’il n’y ait pas quelques passages « attrayants » mais c’est quand même un beau gâchis. Pas le pire hentai du monde mais quand même à éviter. Pour ceux qui voudraient vraiment voir de l’inceste frère/sœur, regarder plutôt le 1e OAV de Renketsu Houshiki, dont je reparlerai plus tard.

 


15 Bishoujo Hyouryuuki

Trois OAVs (en cours), 2009

Censure : oui

Tiré d’un eroge : ?

 

Centers on 15 young students who are stranded on a deserted Pacific island by a tumultuous storm.

 

15_001.jpg

Un harem ça se construit petit à petit : commençons donc par quatre jeunettes, c'est un chiffre raisonnable


Si je parle de ce hentai là, ce n’est pas par hasard mais bien parce qu’il possède le défaut inverse de Samayou Midara no Lunatics !

 

Contrairement à ce que laisse entendre le titre, vous n’avez pas tout de suite accès à 15 jolies demoiselles, en réalité on introduit de nouveaux personnages à chaque épisode et tous les autres (à une exception près) se volatilisent complètement dans la nature, pas un caméo, rien, c’est comme si elles étaient mortes. Un parti-pris particulier mais compréhensible puisque le but n’est pas vraiment de nous montrer du tranche de vie sur les survivants d’un naufrage (En fait qu’est-ce qu’ils foutent échoués sur cette île ?). Graphiquement c’est assez joli, le haut du panier actuellement, et l’animation est plutôt correcte. Il n’y a pas réellement d’histoire à proprement parler, on suit juste les pérégrinations du seul mâle de l’île, Kazuma (né sans visage, le pauvre), et de son fidèle caméscope à travers des vignettes, chacune attribuée à une ou deux héroïnes qu’il se fera un plaisir de tripoter. Chaque épisode comporte un opening sensiblement différent qui nous présente les fantasmes sur pattes du jour (car vous vous doutez bien qu’avec 15 donzelle au programme, il y aura des fantasmes pour tout le monde !), toutes doublées par des seiyuus relativement connues dans le domaine.

 

15_007.jpg

Nos créateurs ont un peu déconné niveau fantasme quand même : maid-robot-infirmière-zettai ryouiki-cooldere-shinigami ça fait beaucoup pour une seule personne vous savez

 

Pour le 1e OAV, nous avons quatre héroïnes et que du sexe consensuel qui tourne autour d’un thème relativement simple : Kazuma veut utiliser son caméscope pour faire de l’ART, c'est-à-dire filmer des jolies filles à poil. Passe à la casserole, Kotoko, l’amie d’enfance, Saori, la genki-girl en tenue sportive, Espresso Sabbatini la masochiste aux couettes blondes issue d’une famille de mafieux italiens et Lee MonMon, la chinoise vénale (car évidemment les japonaises sont pures et ne vendent jamais leur corps pour des fringues de marque…oups :p). Le souci de ces vignettes c’est qu’elles sont un peu courtes : 6 minutes environ dont la moitié sert bien sûr à l’exposition et à la montée de la tension sexuelle. Du coup, ça passe vraiment vite. Rien de vraiment extraordinaire à remarquer sinon un bref et pur moment de WTF avec Saori, censée s’exposer dans son short sportif pour l’ART, qui finit par spontanément se frotter le kiki contre une bûche parce qu’il faut évidemment des images de masturbation en short sportif pour passer à la postérité. No comment. Le passage dédié à Sabbatini (et à ses délires) aurait tout à fait pu rester safe for work vu qu’il apporte un peu de comédie bienvenue et semble un peu « forcé » en comparaison des autres. Et puis était-ce bien nécessaire de lui enfoncer un champignon là où je pense é_è ?

 

15_004.jpg

La masturbation c'est de l'ART

 

Le 2e OAV exploite une idée intéressante puisque toutes les scènes de sexe sont composées de deux filles, ce qui laisse faussement penser qu’il y en a aura trois pour le 3e OAV alors que non. Le problème c’est que le fait d’avoir plus de filles dans un temps toujours plus court laisse une sensation de « précipité » permanente. Des bonnes idées tournent rapidement au bâclé au point où l’on se demande « C’est tout ? ». En dehors de ça, la qualité est toujours au rendez-vous et les nouveaux fantasmes proposés tapent dans la sécurité : scène de yuri entre une déesse renarde du nom de Nanashi et Chiba, une lycéenne voyou, threesome avec des jumelles qui perçoivent ce que ressent l’autre, Hikari et Kage (lumière et ténèbres) et pour finir, retour de Kotoko qui accompagne Kazuma dans sa séance de leçons privées avec une prof en porte-jarretelles qui ne connaît rien à l’acte charnel (inversion des rôles un peu bizarre si vous voulez mon avis). A noter que c’est de cet opus que provient une réplique tout simplement culte puisque, lorsqu’elle violente Nanashi, Chiba déclare « Ah mais non, je suis pas lesbienne, j’aime juste les animaux mignons ».

 

15_005.jpg

Je ne suis pas lesbienne, je suis zoophile, c'est beaucoup moins grave !

 

Bien que le 3e OAV nous présente les dernières donzelles de l’île, il tourne assez vite au vinaigre puisque les vignettes semblent plus rushées que jamais. Avec de grosses promesses comme le threesome « la MILF accompagnée de sa loli fille à l’âge incertain » ou « les deux sœurs robots infirmières dont l’une est cooldere munie d’une faux » (ils y vont un peu fort en combo là…) tout semble totalement précipité. Au final le role-play s’éternise et on a rien le temps d’apprécier, c’est encore pire que pour les deux précédents OAVs ! Mention spéciale à la toute dernière vignette qui bat des records : une loli en maillot de bain scolaire et blouse de scientifique fait des expériences ratés et crée du pudding géant tentaculaire qui la capture elle et la déléguée de classe tsundere et évidemment il faut du sperme pour dissoudre ce fichu blob ; l’acte charnel dure à peine une minute pour chacune. A ce rythme, ce n’est plus du sexe mais un marathon =/.

 

15_006.jpg

Il prend forme ce harem, dis donc

 

Le point qui démarque 15 Bishoujo Hyouryuuki des autres hentais est de manière assez surprenante, en plus de sa non-prise de tête, sa musique. Pas qu’elle soit d’un intérêt transcendantal non plus, on note par exemple un emploi à outrance du même air lent à la guitare qui se veut sexy. Mais il y a quelques bonnes pistes comme celle qui se veut exotique (on est sur une île tropicale après tout) mais surtout celle qu’on entend dans le passage dédié à la chinoise, probablement une des rares mélodies qui m’a donné envie de débusquer l’OST (évidemment inexistante). Les sonorités « orientales » sont sympathiques et bien rythmées.

 

15_002.jpg

Les filles, quand on envoie un signal de détresse généralement on met un point d'exclamation pour montrer que c'est vraiment urgent, pas un petit coeur ! Et puis, il est si mauvais coup que ça, Kazuma ?

 

En conclusion, 15 Bishoujo Hyouryuuki est plutôt attrayant dans le genre avec ses petites touches de comédie et ses vignettes faisant office d’usine à fantasmes et l’emballage technique suffisamment bien foutu. Reste que l’enchaînement est très inégal et qu’on a trop de personnages et de situations potentiellement intéressantes pour pleinement profiter de tout à la fois. Par exemple, virer la plupart des héroïnes peu intéressantes du premier épisode aurait permis de gonfler un peu les passages des autres. Mais voilà, les producteurs ont visiblement eu les yeux plus gros que le ventre, dommage.

 


 

Cafe Junkie

Deux OAVS, 2009

Censure : oui

Tiré d’un eroge : oui

 

Even though Masaru is about to graduate from a technical college pretty soon he still has no job. One and only pleasure for him is to spend time at a cafe called "Hidamari". The cafe is owned by his childhood friend's Nanami and Kurumi's parents and they are working there too. One day, he learns another one of his childhood friends is coming back to his town. He says "I wanna meet her soon.". Triggered by his word, Nanami and Kurumi start to approach him in a very different way than they ever did before...

 

Cafe-Junkie.jpg

Cafe Junkie, l'eroge...beuh, pas attirant du tout


Encore une adaptation d’un eroge moche et sans intérêt, cette fois de Blue Gale ON DEMAND. Je suis sincèrement intriguée par les moyens de sélection d’un scénario dans le milieu du hentai à force de constater un phénomène aussi récurrent. La bonne nouvelle c’est que l’on passe de graphismes assez affreux à relativement chouettes et que les amies d’enfance sont maintenant des sœurs (ce qui est un bonus non négligeable). Les uniformes de serveuse ont aussi été modifiés et vu la gueule des originaux, ce n’est franchement pas de trop. On écope donc d’un scénario classique : Masaru est amoureux de son amie d’enfance Kaede mais elle est loin de lui et il n’arrive pas à lui déclarer son amour. Pour compliquer le tout, Nanami et Kurumi, les sœurs de cette dernière, sont aussi très intéressées par Masaru et elles ne veulent surtout pas que l’aînée revienne au bercail. Elles vont donc tout faire pour éviter qu’ils ne se retrouvent. Le « tout faire » désignant bien sûr le sport de chambre (l’assassinat n’a pas été envisagé).

 

Cafe-003.jpg

Quand Masaru emmène une demoiselle dans son pieu, il a un regard de serial killer. Je me demande ce qu'il cache sous le lit...

 

[La première fois que je suis tombée sur ces OAVs, j’ai été un peu vexée de voir que le prénom que j’avais choisi pour un de mes personnages était le même que celui d’une héroïne de hentai à la voix particulièrement horripilante. Ce sont des choses qui arrivent, comme dirait l’autre]

 

Il ne faut pas se fier aux premières minutes de Cafe Junkie, qui sont tout simplement risibles. Nanami change une ampoule et c’est Masaru qui tient l’escabeau au moment où Kurumi lui saute dessus juste pour le plaisir de l’assommer avec ses arguments mammaires au risque de blesser celle qui est en équilibre instable (moi je dis qu’elle fait semblant d’être stupide et qu’elle voulait juste se débarrasser de sa rivale en faisant passer ça pour un accident). Les dialogues sont alors complètement étranges, comme si les doubleuses venaient de se prendre une barre de coke : elles ont une voix traînante au possible qui ne colle absolument pas à la dangerosité de la situation (je sais que c’est juste un escabeau mais bon, elle peut vraiment se faire mal). Le « Abunaaaaaaaaaaaaaaaai-yo » de Nanami est juste complètement perché et Kurumi ne tarde pas à renchérir. Un début un peu con-con de surcroît : « Hello je suis sur une échelle en mini-jupe et je t’engueule parce que je me rends soudain compte que tu as une vue plongeante sur ma culotte, comme c’est étonnant ». Heureusement, ça va beaucoup mieux après (les doubleuses ont finies d’ingérer leur drogue probablement).

 

Cafe-001.jpg

 

C’est à partir de là que commence la véritable « intrigue » puisque les deux serveuses espionnent le héros de manière à peine visible au moment où il s’apprête à avouer son amour à Kaede au téléphone (à sa place je leur aurais foutu un coup de pied bien placé pour qu’elles me fichent la paix) et comme cette dernière arrive bientôt, elles passent à l’attaque (enfin, surtout Kurumi). S’en suit tout un tas de scènes de rapprochements physiques plutôt attrayantes malgré la voix criarde de la demoiselle. Tout l’OAV semble d’ailleurs être dédié à la rouquine, Nanami n’ayant le droit qu’à un unique acte charnel, ce qui est grandement déséquilibré. A noter que le premier épisode comporte quand même un beau moment de comique involontaire (c’était censé être dramatique) lorsque Masaru, la trompette dehors, s’apprête à se jeter sur Kurumi, toute excitée, au moment exact où son téléphone portable sonne. Bien sûr c’est Kaede, dont il est dingue, du coup il range immédiatement son sifflet et oublie complètement la demoiselle genre elle existe plus. A croire qu’il faisait des trucs salaces avec elle juste parce qu’il s’emmerdait profond. Et contrairement à ce que l’on peut croire, une fois la conversation finie, ils ne reprennent pas où ils en étaient restés. Globalement un bon 1e OAV, malgré la scène dans les toilettes où on voit Kurumi uriner qui est quand même complètement inutile et sortie de nulle part =/.

 

Cafe-002.jpg

Dans un hentai, la notion d'intimité n'existe VRAIMENT pas

 

On pourrait s’attendre à ce que l’épisode suivant soit centré autour de Nanami alors qu’en réalité il y a une alternance de scènes entre les trois filles. Très vite elle se fait de nouveau dépasser par sa sœur et on finit sur du Kaede (fétiche des pieds, bonsoir). L’élément un peu plus subtil c’est qu’on ne tombe pas tout de suite dans le cliché habituel du « Oh, on aime le même homme, tant pis, on a qu’à se le partager » en ce que Kurumi se montre un peu plus manipulatrice vers la fin, ce qui réveille un peu l’intrigue. Ce n’est pas énorme mais disons que ça fait du bien de voir des filles ne pas jouer fair-play et être un peu exclusives. Par contre ça n’empêche pas l’OAV de se terminer en beauté avec un harem totalement prévisible. Il est toutefois dommage que le fait que les trois demoiselles soient amoureuses de Masaru ne conduise pas à une scène d’orgie finale, ça aurait été logique en contexte et ça aurait permis de profiter au maximum du potentiel des trois soeurs. La série se termine sur une remarque terriblement sexiste quand même : « Bon les filles, on est toutes les trois en train de lui lécher la grape mais faut surtout pas qu’on pense à nous, hein, ce qui compte c’est son plaisir et uniquement son plaisir ».Ben voyons...

 

Cafe-004.jpg

Pendant que le héros prend du bon temps avec Kurumi, un complot se forme. Le sidekick puceau et les demoiselles négligées font une réunion top-secrète avec comme thème principal "Castrons-le, ce sale fumier".

 

Parenthèse : toutes les héroïnes perdent leur virginité à un moment mais globalement ça va, le filet de sang est assez discret (même si dans le cas de Kaede on entend comme le bruit d’une bouteille de champagne qui se débouche 0_o).

 

Cafe-005.jpg

Au fait, ai-je déjà mentionné le PROBLEME DE L'INTIMITE dans les hentai ? Nanami peut même pas préparer le repas normalement, il faut que ça copule derrière...

 

En conclusion, Cafe Junkie est un hentai sympathique sans frôler l’excellence. Le scénario classique des sœurs jalouses a toujours fait ses preuves et fonctionne une fois de plus. Mis à part la fin qui est assez décevante, il n’y a rien de particulier à lui reprocher ; c’est même l’exemple type que d’un eroge médiocre et sans intérêt on peut produire du hentai agréable. Bonus supplémentaire si vous aimez les uniformes de serveuse.

 


 

Sono Hanabira ni Kuchizuke wo : Anata to Koibito Tsunagi

Un OAV, En cours, 2010

Censure : oui

Tiré d’un eroge : oui

 

My name is Sawaguchi Mai. I always get myself involved with my classmate, Kawamura Reo. Reo is pretty short and has silky hair... In short, she's cute. But sometimes, she can be really obstinate. I'm trying to do my best to get her to get along with the rest of the class, but since we're both headstrong we always end up fighting. It's so frustrating, especially since she can't do anything without me around!

But whenever I talk to her, Reo always acts like I'm bothering her. I wonder if she hates me... But then, just when I got all depressed Reo came up to me and told me : "You've got it all wrong! I love you, Mai! I love you so much!" Her confession completely took me by surprise. Could it be that I'm in love with Reo too!?

 

Sono-Hanabira.jpg

La scène de la confession dans le jeu. Les graphismes sont plutôt jolis =O


Changement total de registre puisque ce hentai est tiré de la « célèbre » série d’eroges 100% yuri Sono Hanabira ni Kuchizuke wo du studio Fuguriya dont tous les titres se focalisent exclusivement sur des couples féminins composés de deux personnalités radicalement opposées. Il s’agit ici du troisième jeu mettant en scène une loli tsundere plate à cheveux longs, ainsi qu’une demoiselle attentionnée à cheveux courts possédant une honorable poitrine. Les amateurs de shoujo ai seront clairement ravis de l’aubaine.

 

Sono-Hanabira-01.jpg

Que serait une tsundere sans son éternel "B-baka !" ?

 

Ce qui est un peu ennuyeux avec l’OAV sorti jusqu’à ce jour c’est qu’il n’adapte qu’une scène du jeu, le passage où Reo attrape froid et où Mai doit s’occuper d’elle, avec un bref flashback pour nous montrer la confession. Il n’y a donc pas de véritable continuité, on entre vraiment in media res dans l’intrigue et on en sort tout aussi brusquement sans avoir trop profité de la construction de la relation entre Reo et Mai, ce qui est un peu dommage. Le bon point c’est que les graphismes sont très fidèles à l’eroge d’origine et font plutôt plaisir aux yeux. Les doubleuses ne sont visiblement pas les mêmes mais elles se débrouillent assez bien.

 

Sono-Hanabira-03.jpg

Spoil : partager sa salive avec une malade n'est pas la meilleure des idées

 

Là où cette adaptation du 3e Sono Hanabira ni Kuchizuke wo tache un peu en tant que « hentai » c’est qu’elle est terriblement soft. La grosse partie du scénario (en réalité il n’y en a pas et il est aussi prévisible que convenu) est centrée autour de deux scènes de sexe donc on ne peut pas dire que ce ne soit pas orienté, le problème c’est que la relation physique n’est pas « excitante », elle est über kawaii. Les expressions faciales des personnages, leurs voix, leurs mimiques, tout tend vers cette sensation de choupi, un peu comme si on regardait un dessin animé pour enfants ou une série tranche de vie relaxante. C’est tout simplement trop mignon pour qu’on puisse sérieusement considérer cet OAV comme du matériel pornographique (et pourtant). Je ne vois honnêtement pas comment un garçon pourrait fapper devant ce genre de choses : il serait plus occupé à faire cette tête « :3 » qu’à ouvrir sa braguette. Après je suppose que ça n’empêchera pas certains de se servir de leurs mains quand même.

 

Sono-Hanabira-02.jpg

Désolée Réo, on retiendra juste tes expressions kawaii-trognonnes. Sans rancune, hein ?

 

En conclusion, si vous cherchez un hentai, Sono Hanabira ni Kuchizuke wo : Anata to Koibito Tsunagi n’est pas fait pour vous. En revanche si vous êtes amateurs de yuri et que vous avez un petit faible pour les tsundere, je ne peux que vous recommander chaudement d’y jeter un coup d’œil pour éventuellement tester le jeu après coup. De toute façon, si le couple Reo/Mai ne vous convient pas, il y en a d’autres en stock qui seront plus à votre goût ;).

 


Ce sera tout pour aujourd’hui. Je ne sais pas encore combien d’articles je ferais sur le sujet (au moins un supplémentaire, je pense) ni combien d’OAVs passeront à la casserole. Je suppose que ça dépendra de mon avancée dans mon scénario et du temps qui me sera alloué à la rédaction. Et accessoirement de l’endurance de ma matière grise : je vais vite avoir envie de parler de quelque chose de plus sérieux, à mon avis X).

Repost 0
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 14:29

Aujourd’hui on va tenter une petite expérience : je vais prendre le média du Visual Novel comme base pour partir complètement en vrille dans des réflexions personnelles à penchant philosophique (une lubie que je garde d’habitude pour des discussions plus privées). Car oui, j’adore me retourner la cervelle jusqu’à plus soif en réfléchissant sur des tas de choses que plus personne ne prend la peine de remettre en doute. En l’occurrence ça tient plus à de la théorie littéraire qu’autre chose mais bon…Non, ne me remerciez pas, petits chanceux.

 

(Pis, il paraît que c'est à la mode de parler VN : l'article de Suryce sur les visual novel en France et celui de Dri sur comment en créer l'attestent, ça intéresse visiblement des gens )

 

Z01.jpg

Tenshin Ranman - Lucky or Unlucky

 

Le fait de monter mon propre projet me permet de comprendre pas mal de choses sur la production de VNs actuelle, tant du point de vue amateur que du point de vue commercial, Orient et Occident confondus. Et notamment pour tout ce qui concerne la romance.

 

L’amour a toujours été le pilier de la littérature, de l’Antiquité jusqu’à nos jours le sujet a été traité à toutes les sauces (de L’art d’aimer d’Ovide à la théorie de la cristallisation de Stendhal dans De l’amour en passant par L’Astrée d’Honoré d’Urfé ou Les Hauts de Hurlevent d’Emilie Brontë), il est partout. En fait je crois qu’on peut même considérer que la grosse majorité des récits « romanesques » (pas les traités de philosophie et les essais historiques donc) tournent autour de l’amour. S’il n’est pas au premier plan (ça arrive), il reste inévitablement quelque part dans le décor (ex : Le Meilleur des Mondes, Les Lettres Persanes). L’amour c’est LE thème universel, à tel point que certains estiment que c’est le seul sentiment qui peut relier tous les êtres humains sans exception (car « nous avons tous été amoureux au moins une fois dans notre vie », déployez la guimauve). Ce n’est donc guère surprenant quand on liste les différents types de VNs/eroges disponibles sur le marché de retrouver une quantité effroyable de romances. Jusque là on nage dans les lieux communs mais mon expérience naissante me donne l’occasion d’élaborer un certain nombre de théories à ce sujet.

 

Z02.jpg

Separate Blue

 

Je me suis toujours demandé pourquoi, dans tout bon harem qui se respecte, le héros faisait tomber les filles presque instantanément, pourquoi le simple fait de ramasser le stylo d’une demoiselle lui donnait systématiquement un droit de cuissage. La réponse est triste : parce que c’est plus facile. Construire une relation cohérente et plausible entre un gars et une fille qui découvrent leurs sentiments demande pas mal de doigté, ça se fait lentement, à travers une séries d’évènements fragiles. Autant dire que parfois la tentation est grande d’envoyer le travail d’orfèvre au diable et de déclarer « Ok, il est temps de sortir l’argument ultime des écrivains depuis le Moyen-âge (et bien avant) : le coup de foudre ! ». Avec le coup de foudre (ou le philtre d’amour si on prend exemple sur Tristan et Iseut), tout roule avec une aisance assez incroyable vu qu’après un bon déplantage de forêt, le chemin vers la fin du récit ressemble à une ligne bien droite (c’est un peu plus subtil que ça mais globalement on vient de rendre la Terre plate en un coup de bulldozer cosmique). Je pourrais vous citer tellement de mauvais romans à l’eau de rose de mon adolescence si ceux-ci avaient eu une réelle influence sur mon cerveau corrompu, mais voilà je ne me souviens plus de grand-chose sinon que le schéma est très répétitif et que c’est justement ce qui plaît aux lecteurs/lectrices à mon avis. Le coup de foudre est un peu un gros fantasme très humain aussi car son existence signifierait que vous n’avez pas besoin de faire des efforts pour être aimé, ça tient à de la magie. Mauvaise nouvelle, un coup de foudre s’il existe, ça se provoque et la séduction est un jeu dont vous pouvez rarement vous dispenser pour conquérir le cœur de l’être désiré. Il n’y a vraiment qu’Aragon pour commencer un livre avec une phrase d’accroche telle que « La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide » qui est un véritable pied de nez à l’archétype du coup de foudre.

 

Z04.jpg

Bloody Call

 

Faire en sorte que toutes les jolies demoiselles tombent amoureuses du héros via ce truchement est donc compréhensible bien que contestable. La parade du « rayon laser », aka annihiler tous les hommes potentiellement baisables d’un environnement (voire de la Terre entière pour Sekai ni Otoko wa Jibun Dake) pour que la femme, cette nymphomane née, se jette sur le seul porteur de pénis du coin, est aussi compréhensible bien que toujours contestable. Ce que je ne m’explique pas c’est cette facilité exacerbée qui règne dans la plupart des VNs/eroges existants. Souvent, dans les cas des plus génériques (genre la série des Come See Me Tonight), on a une introduction, beaucoup de comédie en milieu lycéen eeeeeeet le héros n’a plus qu’à faire un peu attention à l’élue de son cœur pour qu’ils sortent ensemble et éventuellement accomplissent leur devoir conjugal avec zèle (ah, les jeunes…). Quel est l’intérêt ? Quel est l’intérêt d’une histoire d’amour aussi plate ?

 

Z10.jpg

Shuffle Essence +

 

On en arrive à un élément qui me semble important pour tous ceux qui désirent réaliser leur propre VN un jour : en lurkant sur la liste de jeux proposés par Ren’Py, je me rends compte qu’il existe encore plus d’œuvres amateurs que je ne le pensais mais beaucoup tombent sous le coup du maléfice du « Sympa mais oublié une fois terminé ». Pour se démarquer des autres productions je crois qu’il n’y a qu’une solution : créer un jeu « mémorable ». Pas mémorable au sens de « chef d’œuvre absolu » (quoique si vous le pouvez, faut pas s’en priver) mais plus dans l’idée qu’il doit rester un petit quelque chose du visionnage. Et pour ça il y a plusieurs facteurs qui jouent.

 

Z05.jpg

Love & Order

 

Le premier est à mon sens la durée. Un rapide coup d’œil sur VNDB vous indiquera que la plupart des très gros jeux (qui font plus de 50h) sont principalement des blockbusters connus comme Clannad ou Fate/stay night alors que la plupart des tout petits jeux (qui font moins de 2h) sont justement des jeux amateurs dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Globalement un VN qui dépasse les 50h de jeu est une garantie assez fiable de la présence d’un scénario (on ne peut pas faire une histoire de cul bateau qui tienne aussi longtemps toute seule), une donnée parfois faussée par la possibilité d’un gameplay dans certains cas qui allonge plus ou moins artificiellement le temps passé devant l’écran. Mon argument est simple : si vous passez un quart d’heure ou une demi-heure à lire un récit, il vous marquera forcément moins que si vous avez sué sang et eau pendant des semaines pour en venir à bout. Donc au final, le jeu vous marquera plus dans le second cas parce qu’il y aura un sentiment d’accomplissement. Par exemple, je me suis sentie plutôt fière d’avoir terminé Ever17 en entier et j’étais soulagée d’avoir enfin la bonne fin de Kirimiya dans Yume Miru Kusuri. En revanche je n’ai tellement rien retenu du très simple Sore ja, Mata ne que j’ai abandonné l’idée d’écrire un article dessus tant je manquais de matière et il est vite tombé dans les limbes de mon esprit. Ecrire une histoire trop simple est donc une bonne idée dans l’optique de s’essayer aux VNs amateurs mais c’est une très mauvaise idée dans l’optique de provoquer un impact sur le lecteur. 

 

Z03.jpg

AQUAS


Le deuxième point concerne le problème de l’inspiration. Souvent les gens qui font des VNs amateurs prennent modèle sur des jeux qu’ils aiment (logique) mais n’arrivent pas forcément à s’en détacher et finissent plus ou moins par faire de leur création un « ersatz » de récit déjà existant (c’est aussi le cas des « fangames »). Je sais bien que c’est un cap difficile pour tous les aspirants écrivains mais il y a quelques éléments à garder en tête : cette histoire qui vous a tant plu n’est pas la seule bonne histoire qui existe dans le monde des VNs donc n’hésitez pas à tester le plus de choses possibles pour enrichir l’expérience, ne restez pas centré sur l’idée d’un Higurashi-like ou d’un Kanon-like ; et surtout plagiez malin. Le plagiat est perçu de manière très négative à notre époque, il n’en a pas toujours été ainsi (au XIXe siècle certains auteurs traduisaient les œuvres de langue étrangère en les reformulant complètement à leur sauce, c’est par exemple le cas de plusieurs nouvelles de Nerval) et le terme est utilisé dans des cas très différents. Réécrire une œuvre existante en changeant uniquement deux ou trois détails c’est du plagiat (par exemple, beaucoup considèrent que La bicyclette bleue est un plagiat éhonté d’Autant en emporte le vent), partir d’un bout d’une œuvre existante et y ajouter d’autres références et un peu de soi c’est de la création littéraire. Il faut bien avoir conscience qu’il est impossible au XXIe siècle d’inventer de la « matière première », tout a déjà été pensé avant par quelqu’un d’autre en somme. La littérature ne peut évoluer que si on dépasse cet état de fait en utilisant l’alchimie : on combine des matériaux anciens, du usé jusqu’à la trogne, pour en faire des mélanges innovants et nouveaux. L’inventivité réside donc dans le dosage et dans l’implication qu’on rajoute. Refaire Roméo et Juliette c’est du déjà vu, prendre la situation de base, héros que tout oppose et voués à ne jamais se retrouver, et la mettre dans un contexte complètement différent, - au hasard dans un monde fantastique genre île volante, pégases et arbres magiques qui soutiennent le monde plus tyrannie, résistance et guerre civile* – c’est innover en mélangeant des influences diverses en un tout cohérent. Il est donc primordial de prendre du recul pour rendre cette alchimie possible et se délivrer de modèles parfois trop encombrants.

 

*si ça vous dit quelque chose c’est normal, je viens de vous décrire le scénario de Romeo X Juliet

 

Z07.jpg

Re : Alistair

 

Le troisième point concerne justement la romance. Enormément de VNs amateurs ou commerciaux nous présentent des histoires d’amour avec le même problème que leurs homologues japonais : il n’y a rien de particulièrement gratifiant pour le lecteur à voir Gars A Lambda sortir avec Miss B Lambda, partie de jambes à l’air incluse ou non. Ainsi le VN amateur de Sakevisual, Re:Alistair, s’illustre plus par le sympathique mélange online/IRL que par la non-personnalité des trois beaux gosses à séduire. En réalité je constate que c’est surtout mon opinion de grosse littéraire élitiste vu que les fans femelles de Sakevisual ou de Christine Love (de même DTP se démarque plus par son utilisation de Facebook que les tribulations amoureuse des ados) semblent demander toujours plus de romance fade de la part des studios (probablement parce qu’elles se reconnaissent dans la non-personnalité de l’héroïne et dans le fait que les mâles courtisés soient beaux et creux), ce qui me désole profondément. Tant de potentiel gâché… Mon avis je le nourris de plus de vingt siècles de littérature : dans les bons romans il y a toujours un obstacle quel qu’il soit pour compliquer la relation des amoureux et le lecteur n’a qu’une envie c’est de voir ces derniers triompher des épreuves dans un happy end (Tristan et Iseut quelqu’un ?). Toute hostile que je sois à la disneylandisation à outrance du monde, je ne suis pas particulièrement gênée par une happy end si elle découle d’un conflit enfin surmonté. Ce que je ne supporte pas c’est que Gars A Lambda obtienne sa happy end avec Miss B Lambda alors qu’il ne s’est rien passé du tout ou que leur seule épreuve aura été de choisir un restaurant pour la Saint Valentin (dans le 1e Come See Me Tonight la seule épreuve de tout le jeu c’est quand le héros se fait taper sur les doigts pour avoir laissé les plaques de cuisson allumées, je crois).

 

Z08.jpg

Don't take it personally, babe, it just ain't your story

 

La présence d’obstacles dans une relation amoureuse fictive (et réelle ?) est absolument nécessaire pour la rendre plus intense et donc plus intéressante, plus vivante. Les obstacles peuvent être présents dès le départ, apparaître au fur et à mesure, se concentrer en une série de petits obstacles ou en un unique et infranchissable obstacle, peu importe. On peut même les classifier en deux catégories : il y a les obstacles externes et les obstacles internes. Dans le second cas c’est le héros ou l’héroïne qui, à cause d’un passé traumatisant (ou de sa fierté, n’oublions pas les tsundere) par exemple, se refuse à avouer ses sentiments ou qui s’empêche de tomber amoureuse. C’est de loin ce qui demande le plus de subtilité et de caractérisation psychologique, donc le plus difficile à réaliser correctement. On utilise donc plus fréquemment des obstacles externes qui facilitent la prise de conscience amoureuse tout en la compliquant comme la présence d’un père absolu qui interdit à sa fille de voir son amant, une guerre entre clans ou des coups du sort variés. Un combo des deux types d’épreuves étant possible, voire conseillé pour plus de profondeur. Certains éléments scénaristiques vont automatiquement entrer dans les deux types : l’inceste, par exemple, force les protagonistes à se cacher de la société (obstacle externe) et à accepter leur situation (obstacle interne), c’est donc un assez bon filon que n’exploite malheureusement pas du tout Candy Boy, à mon grand désarroi.

 

Z06.jpg

Sono Hanabira ni Kuchizuke o: Anata o Suki na Shiawase

 

L’utilisation intelligente d’obstacles est souvent ce qui fait toute la différence dans un eroge japonais, je pense. Mon meilleur exemple en la matière serait Yume Miru Kusuri puisque malgré des scènes olé-olé, le jeu arrive à construire un impact dans chaque route en confrontant sans arrêt le couple à des difficultés : dans le scénario d’Aeka l’ijime (externe) et dans celui de Kirimiya sa personnalité particulière (interne) puis les parents du héros qui s’y mêlent (externe). Celui de Nekoko est un peu plus flou, on pourrait presque considérer la drogue comme une double contrainte (impossibilité de connaître la « vraie » Nekoko sous ce masque enjoué et conséquences désastreuses avec les gens qui l’entourent). A partir d’une histoire de base comme on en voit des centaines dans le monde des eroges, ce jeu arrive à se bâtir une personnalité alors qu’à l’inverse beaucoup d’autres produits coulent complètement dans l’anonymat parce qu’il n’y a aucun défi à relever pour le héros. Imaginez-vous un jeu Key où le protagoniste n’aurait aucune demoiselle en détresse au passé larmoyant à sauver ? Ce ne serait pas très vendeur, pas vrai ? Il en va de même pour les VNs amateurs à mon sens : si vous souhaitez écrire une romance, n’hésitez pas à placer des embûches sur la route des héros pour pimenter le tout et avoir plus de chances de captiver le lecteur.  

 

Z11.jpg

Yume Miru Kusuri

 

Et dans le cas où vous n’arriviez vraiment pas à former un couple qui ait une relation « vivante », pas de panique, il reste toujours la possibilité de faire entrer dans l’équation le scénario. En effet, si vous zonez sur le net, vous avez peut-être déjà dû vous apercevoir que les reviews d’eroges comportaient souvent deux types de classements : les héroïnes triées par préférence et par importance (on vous propose alors un ordre). Le classement de vos héroïnes préférées repose –comme l’indique le terme- sur vos goûts personnels mais pas uniquement, la caractérisation du personnage peut aussi jouer un rôle. Telle demoiselle peut par exemple n’avoir aucun rôle dans le scénario du jeu mais une personnalité tellement bien foutue que le joueur va apprécier quand même sa route (on en revient à cette histoire d’obstacles). A l’inverse le classement des héroïnes par ordre d’importance (souvent croissant) vous indique que certains personnages ont un rôle à jouer dans l’histoire, ce qui leur donne un intérêt supplémentaire et transcende le délicat exercice de la relation amoureuse. Une même héroïne peut bien sûr cumuler ces deux aspects (et là on tient un combo particulièrement dévastateur mais faut être bon :p). Je ne peux malheureusement pas trop développer cette partie de ma théorie sans spoiler un bon paquet de VNs/eroges et ceux dont je peux parler n’ont pas vraiment cette caractéristique (dans Ever17 toutes les héroïnes sont liées au scénario, dans Yume Miruku Kusuri il n’y a pas de scénario principal qui relie le tout et Saya no Uta est l’archétype même du combo sauf qu’il n’y a qu’une héroïne). Je me prendrais bien moi-même comme exemple mais ce serait me couper l’herbe sous les pieds X). Oh, allez si, just for fun. Imaginez que votre héroïne se découvre du jour au lendemain princesse extraterrestre et qu’elle se voie remettre une mission importante à accomplir pour la survie de sa dynastie : sa route devient très scénarisée et la relation qu’elle entretient avec le protagoniste devient beaucoup moins conventionnelle (disons qu’ils ont moins le temps de se regarder le nombril si un empire est en jeu). Vous voyez le tableau ? La relation amoureuse perd un peu son statut de centre de l’attention, c’est donc plus pratique de l’esquisser par petites touches sans que ça devienne trop lourd : elle est « contextualisée ».

 

Z09.jpg

Katawa Shoujo

 

Et, pallier suivant, si vous éprouvez toujours des difficultés pour écrire de la romance alors tant mieux ! Reléguez-la au second plan (contextualisez-la !) et concentrez-vous sur d’autres aspects de votre histoire. Le sentiment amoureux n’est pas obligé d’être toujours au coeur de la production artistique. La télévision, les magazines et la littérature ont beau le scander quasi en permanence la vie ne se limite pas à l’amour ;). Encore heureux sinon ce serait triste ! Evidemment c’est plus vendeur de proposer de la romance parce que les consommateurs avancent en terrain connu mais se laisser surprendre rapporte à mon sens davantage. Comme l’explique Holly Lisle sur son site dédié aux apprentis-écrivains, le tout n’est pas de rédiger des textes dans un style qui nous est étranger juste pour donner au public ce qu’on pense qu’il attend de nous mais de faire ce qui nous plaît : ça paraît évident mais pourtant… C’est un peu comme ça que je fonctionne d’ailleurs. Après Milk qui est de loin mon projet mettant le plus en avant la romance (ce qui ne veut pas dire grand-chose quand on sait comment je traite le sujet), je pense que je vais revenir à ce que je préfère : garder l’amour au second, voire au troisième plan. Tout seul il prend trop de place mais en accompagnement c’est parfait.

 

Sur ce, j’ai une route à écrire et il est grand temps que j’avance un peu dans ma tâche ! La prochaine fois, si vous voulez, je pourrais vous pondre une théorie sur le drame. Enfin si mon avis intéresse quelqu’un vu que, comme de bien entendu, tout ce que je propose ici n’est que le fruit de mes méditations, vous avez probablement un paquet d’objections à proposer…

Repost 0
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 21:07

Comme les gens de goût le savent un évènement de grande importance s’est déroulé cette semaine (non, pas les résultats de mi-parcours des TM Golden Blog, seriously, revoyez vos priorités). Pour ceux qui ne verraient pas du tout de quoi il s’agit, je propose une petite rétrospective. Il n’est jamais trop tard pour découvrir un chef d’œuvre, pas vrai ?

 

Alice.jpg

 

En 2001 un monsieur répondant au doux nom d’American McGee, développeur chez Electronic Arts, sortait son propre jeu, librement inspiré du célèbre conte de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles et de sa suite, Alice de l’autre côté du miroir. Mais voilà, ne vous attendez pas à une adaptation gentillette et ordinaire comme fut le film pourtant très attendu de Tim Burton. Non, là on joue dans un tout autre domaine. Car oui, le jeu est déconseillé aux moins de 16 ans si je me souviens bien. Devinez pourquoi  !

 

 

Notez l'utilisation de la comptine

Alice est une petite fille à l’imagination débordante qui aime voyager au Pays des Merveilles. Mais voilà qu’une nuit, un incendie ravage sa maison et la laisse seule survivante. Après avoir assisté à la mort de ses proches, elle plonge dans la folie et se fait internée à l’asile Rutlege pendant de nombreuses années. Allongée sur son lit d’hôpital, le regard vide, la pauvre Alice mène une existence guère enviable jusqu’au jour où son lapin en peluche prend vie et l’incite à le rejoindre au Pays des Merveilles. Après une longue chute dans son inconscient, elle retrouve finalement ce monde fantastique désormais dévasté et cauchemardesque que dirige d’une poigne de fer la terrible Reine de Cœur.

 

J’ai découvert American McGee’s Alice dans les années 2007 grâce à un ami de lycée qui, connaissant mon amour immodéré pour le conte de Lewis Carroll, eut la bonne idée de m’apprendre l’existence de ce jeu. Au départ il m’avait montré le manuel de jeu qui, en lui-même, est vraiment intéressant. En effet toute l’aventure d’Alice se déroule au Pays des Merveilles et le manuel s’en fait l’écho en racontant sous forme de journal, la vie de la jeune fille dans la réalité (qu’on ne voit jamais autrement en dehors des cinématiques), à travers le regard de son docteur. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Dès le début j’ai su que ce jeu avait été fait pour moi et immédiatement j’étais fan.

 

 

 
American McGee’s Alice ne possède pas de gameplay extraordinaire et les graphismes, certainement très beaux à l’époque commencent à vraiment vieillir mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important c’est l’ambiance, l’histoire, les personnages qui font que ce n’est pas un jeu ordinaire. Pour commencer l’héroïne adopte un look qui flirte du côté du gothisme avec ses grandes bottes noires classes, son mascara prononcé, les taches de sang sur sa robe et cette fameuse tête de mort qui lui sert de nœud papillon (le détail qui tue). On est loin de la gentille blondinette de Disney, non cette Alice là est une adolescente brune aussi cynique que dérangée et elle n’hésite pas à massacrer ce qui se trouve sur son chemin. Elle possède une classe inouïe et la fragilité de sa santé mentale fait qu’à la base il est difficile de ne pas s’attacher à cette fille bizarre, brisée de l’intérieur et d’un aplomb incroyable à l’extérieur. Pour donner libre cours à ses instincts psychopathes elle a accès un certain nombre d’armes toutes inspirées de l’univers Lewis Carroll et toutes complètement perverties.
Alice-01.jpg
Ainsi le premier soutien matériel d’Alice sera un couteau de boucher avec lequel elle peut trancher les têtes des cartes de cœur envoyées par la reine (vous voyez pourquoi c’est gore maintenant =D ?) mais ce ne sera pas le seul. Entre les cartes à jouer tranchantes comme des lames de rasoir, le maillet de croquet qui sert de massue, le diable en boîte qui fait office de bombe destructrice, les dés qui permettent d’invoquer des démons (démons qui n’hésitent pas à t’attaquer si tu utilises l’arme n’importe comment), les osselets à pics qui rebondissent contre les murs ou encore la montre qui stoppe le temps, il y a clairement de quoi s’amuser !

L’autre grand allié de cette nouvelle Alice, en dehors du couteau de boucher, est le chat du Chester qui a un peu maigri depuis le dessin animé Disney. Avec son corps squelettique, ses tatouages et ses percings, il a de quoi faire peur, c’est pourtant votre plus fidèle conseiller qui se complaît à apparaître de nulle part pour vous débiter des énigmes d’une voix doucereuse et disparaître comme il était venu avec un rictus plus maléfique que rassurant. Le chat du Chester respire le charisme à plein nez, c’est assez fou.

 

Alice-02.jpg

 

A partir de ces quelques postulats de base vous êtes largués dans un pays qui n’a plus rien de merveilleux et il va falloir faire chauffer le couteau pour rejoindre le domaine de la Reine de Cœur et lui faire sa fête. D’ici là la route sera parsemée d’embûches : vous devrez, par exemple, traverser un échiquier où blancs et rouges se livrent une bataille sans merci (et assisterez en live à une décapitation =D), la vallée des larmes en étant toute petite (et les insectes ne sont pas très amicaux de ce côté-là), la terre de feu, le domaine du miroir et un labyrinthe avant d’enfin parvenir dans un palais qui semble organique et qui vous donnera la désagréable impression de marcher sur des morceaux de chair fraîche encore frémissants. Impression d’autant plus renforcée que la Reine de Cœur apprécie tout particulièrement l’usage des tentacules. Mais pour parvenir jusqu’à elle il faudra d’abord défaire ses acolytes dont le Chapelier Fou qui vit dans une antre mécanique remplie de rouages, d’horloges et de symboles sataniques ensanglantés ou pire, le Jabberwock, une créature aussi abominable que perfide.

 

Alice-03.jpg

 

Je ne m’y connais pas assez pour juger des qualités techniques du jeu (même si certains l’ont trouvé un peu court) donc je m’attarderai surtout sur l’histoire. Car ce qui est intéressant dans American McGee’s Alice c’est que le Pays des Merveilles n’est qu’une métaphore représentant le monde imaginaire de l’héroïne. Il est, en somme, à son image et ses longues années d’internement en ont fait un pays de cauchemars et d’hallucinations morbides. Le but n’est alors pas juste de battre bêtement tous les monstres qui passent par là, c’est plus subtil : la Reine de Cœur est la personnification de la folie d’Alice, cette dernière ne peut donc espérer retrouver sa santé mentale qu’en la mettant en pièces. Tout repose donc plus ou moins sur sa volonté de s’en sortir malgré le terrible souvenir de l’incendie dont elle se sent responsable. Le jeu abonde de détails qui renvoient à cette folie omniprésente ou à la vie « réelle » d’Alice. Par exemple, l’omniprésence de petits gnomes qui ne peuvent s’exprimer qu’avec des bruits grotesques et qui sont tour à tour à l’air libre, cobayes des expériences du Chapelier ou enfermés dans des cellules capitonnées dont Tweedle-Dee et Tweedle-Dum sont les gardiens, ou encore le thème du temps qui est maltraité partout, sous toutes les formes possibles et imaginables.

 

Alice-04.jpg

 

L’ambiance glauque d’American McGee’s Alice est accentuée par une bande-son superbe composée par Chris Vrenna qui a déclaré dans des interviews s’être largement servi d’instruments de musique « pour enfants » pour mieux les détourner et en extraire des sons inquiétants et déformés. Saupoudrez le tout de quelques chœurs féminins angoissants et de rythme très semblable à un compte à rebours et vous obtenez une assez belle réussite. Toutes les pistes sont vraiment chouettes mais je retiens tout particulièrement la très planante Flying on the Wings of Steam (qui paradoxalement est la moins en rapport avec le thème pays des merveilles), I’m Not Edible ou encore des thèmes qui ne se retrouvent malheureusement pas dans l’OST officielle comme celui du combat contre le Jabberwock et contre le boss final (celui-là donne des frissons).

 

Alice-05.jpg

 

American McGee’s Alice est de loin mon jeu préféré et garde une place très particulière dans mon cœur. Je pense qu’il n’est clairement pas déplacé de le conseiller à tous les amateurs de jeux matures un peu gores, du livre original, aux gens qui ont été déçus par le film de Tim Burton ou plus globalement tous ceux qui aiment les expériences nouvelles. C’est vraiment un voyage intense dont on ne se remet pas.

 

Le rapport avec ces derniers jours ? Electronic Arts a annoncé il n’y a pas si longtemps qu’une suite était en préparation. Vous pensez bien que les fans ont commencé à saliver à cette annonce prometteuse. Un petit trailer est même sorti :

ATTENTION, déconseillé aux personnes sensibles (j’espère que vous n’êtes pas en train de manger)

 



Pour une amatrice comme moi, c’est clairement une excellente nouvelle. Dix ans après le jeu original, Alice : Madness Returns est enfin sorti sur PC, PS3 et Xbox, le 16 juin en France, le 14 aux USA. Et que dire sinon que ça l’air magnifique ? Le peu que j’en ai vu semble légèrement en dessous du premier Alice (pas de carte, ce qui est un peu dommage, certains lieux que j’aurais aimé revoir) mais ça a tout de même l’air d’un très bon titre. Donc oui, CECI est l’évènement le plus important de la semaine et rien, ni l’E3 ni la sortie de Duke Nukem Forever ou je ne sais quoi n’a pu faire monter mon enthousiasme au même point que Madness Returns. En plus j’ai cru comprendre qu’en achetant le nouveau jeu, on obtiendrait une version immatérielle d’American McGee’s Alice donc raison de plus pour se jeter sur ce produit et découvrir cet univers fascinant et profondément  morbide. Sur ce, vous m’excuserez, je suis tellement deg’ de ne pas avoir pu me procurer la version PC le jour de la sortie (visiblement on ne vend pas la version PC en magasin, grumbl) que je sens que je vais sortir dehors avec mon couteau de boucher pour me défouler un peu sur cette théière géante à œil de cyclope. Et après ça j’irai jouer au flipper avec une tête de bébé mort. Et je mettrais la robe à tentacules de la Reine de Cœur. Le sang va gicler dans les chaumières !

 


 
Repost 0
4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 16:18

[Je n’ai pas vraiment le temps de rédiger des articles en ce moment vu que je me concentre surtout sur le scénario du VN, sa réalisation et éventuellement quelques révisions pour mes rattrapages de juin, du coup faute de mieux je vous propose quelques unes des idées farfelues qui me sont venues à l’esprit ces derniers temps]

 

Si je venais un jour à diriger le monde, voilà ce que vous auriez comme liste de nouveaux animes :

 

Lucky Star – (Not) alone

Lucky-Star.jpg

Le mec qui a conçu ce strip est un génie...


Univers alternatif de la célèbre série Kyoto Animation adaptée d’un yonkoma. Changement de design. Konata adore tout ce qui touche les animes, les jeux vidéos et la culture Internet, c’est une véritable otaku. Malheureusement peu de gens partagent cette étrange passion et elle n’est pas bien vu dans sa classe, notamment par les jumelles Hiiragi qui lui mènent la vie dure. Heureusement elle découvre un jour que l’élève la plus populaire de sa promotion, Miyuki, possède le même hobby qu’elle tente de garder secret. Commence alors une drôle d’amitié, mise à rude épreuve par le mépris des autres. Konata et Miyuki pourront-elles s’accepter telles qu’elles sont ? Ou finiront-elles par se renier ?

 

Recording

Dans la même lignée que REC, ce nouvel anime original vous propose d’entrer dans les coulisses du milieu du doublage. L’héroïne est une jeune fille fraichement sortie de l’école des seiyuus qui rêve de ressembler à ses idoles mais le chemin sera dur et semé d’embûches : rivalités, coups bas, conditions de travail parfois humiliantes (tel que devoir sucer les producteurs pour réussir ou du moins être incitée à), rôles dans des hentai ou des eroge qui forcent à abandonner une partie de sa dignité. Bienvenue du côté de la face cachée des animes…Cast composé et de vétérantes (Hashibara Megumi, Kotono Mitsuishi, Aya Hisakawa) et de nouvelles recrues.

 

Kara no Shoujo TV  (+18)

Kara-no-Shoujo.jpg

Série de 26 épisodes à caractère mature. Reiji Tokisaka est un détective privé qui enquête sur demande d’un de ses anciens collègues sur une série de meurtres sanguinolents. Dans le même temps une jeune fille du nom de Touko Kuchiki lui demande de l’aider à trouver son véritable moi.

 

Denpateki na Kanojo OAV 3

Denpateki.jpg

OAV tiré du dernier light novel non adapté de Katayama Kentaro.

 

Please save my earth – Alice in Dreamland

PSME.jpg

Remake et séquelle des OAVs du même nom, cette série reprend le manga dans son intégralité. Alice est une jeune fille possédant le pouvoir de comprendre le langage des plantes. En dehors de cette étrange capacité, c’est une étudiante presque ordinaire. Un jour elle a un rêve, un rêve étrange se déroulant sur la lune. Bientôt elle découvre qu’elle n’est pas la seule à faire ce rêve et que d’autres lycéens vivent la même expérience. Seraient-ce leurs vies antérieures qui viennent les hanter ?

 

Ouran High School Host Club Saison 2

Ouran.jpg

Suite directe d’Ouran High School Host Club, cette nouvelle série reprend les péripéties d’Haruhi et compagnie dans leur richissime lycée pour toujours plus de rires.

 

Despera

Despera.jpg

Le nouveau bébé des créateurs de Serial Experiments Lain se dévoile enfin !

 

Densha Otoko - Net Hatsu, Kakueki Teisha no Love Story

Densha.jpg

Série d’OAVs mettant en scène un geek qui rencontre une belle jeune fille dans un train et la sauve d’un alcoolique un peu menaçant. Leur histoire paraît impossible et pourtant il va tout tenter pour saisir sa chance…avec le soutien de nombreux anonymes qui suivent l’avancée de son récit via Internet.

 

Ludwig Revolution TV

Ludwig.jpg

Ludwig est un prince qui n’a de charmant que l’apparence : il aime les jolies filles mais uniquement quand elles sont mortes. Ce nécrophile cynique collectionne en effet toutes sortes de cadavres. Malheureusement son père le roi est lassé de ce hobby et le pousse à se marier. C’est ainsi que Ludwig part à l’aventure avec son fidèle serviteur Wilhem en quête d’une épouse qui lui conviendrait. Sur leur chemin les deux compères rencontreront des personnages des contes de fée des frères Grimm, tous plus dérangés les uns que les autres…Yoshita Fujinori dans le rôle d’un des deux protagonistes principaux (ce mec a besoin de plus d’opportunités, bordel).

 

Alien Nine ~Nightmare

Alien.jpg

Remake et séquelle des OAVs du même nom, cette série reprend le manga dans son intégralité ainsi que sa suite Emulators. Yuri Ootani a la phobie des aliens. Pas de chance pour elle, ses petits camarades l’ont désigné pour faire partie du comité de chasse à l’alien de son école. Kumi et Kasumi Remake et séquelle des OAVs du même nom, cette série reprend le manga dans son intégralité, ses partenaires, semblent parfaitement à l’aise dans cette dure tâche mais Yuri n’arrive décidément pas à s’y faire et passe son temps à pleurnicher dans un coin. Et si c’était elle la moins fragile du lot finalement ?

 

Kanjou Kyouiku ~ Education sentimentale

Adaptation libre du roman de Flaubert. Le héros est une loque d’une passivité irritante, il ne fait rien de sa vie, n’a aucun talent, aucune personnalité jusqu’au jour où il rencontre une femme mariée dont il tombe amoureux. Dès lors il va tout tenter pour l’impressionner et se lance dans l’art, participe à des dîners mondains. Cependant sa médiocrité ne cesse de le rattraper : cloîtré dans sa propre oisiveté dans une époque blasée et décadente, il contre l’ennui par des ambitions d’ascension sociale. Mais quoi qu’il fasse, il ne cesse d’échouer lamentablement et par égoïsme détruit ses proches. Je veux le doubleur de Makoto pour celui-là =D.

 

Doubt : Rabbit’s Blood

Doubt.jpg

Adaptation libre du manga du même nom, cet anime nous présente un détective du nom d’Hajime qui tente de résoudre les mystérieuses disparitions ayant lieu en ville, dont celle de sa petite amie. Aurait-ce un lien avec le jeu à la mode, Rabbit Doubt ? Risquant sa vie pour découvrir la vérité, il se fait volontairement prendre au piège et rejoint un groupe de lycéens enfermés dans un bâtiment désaffecté qui s’entredéchirent lors d’un jeu macabre. Il n’a que quelques heures pour sauver sa peau et démasquer le coupable. Opening chanté par Yousei Teigoku. Kamiya Hiroshi dans le rôle d’Hajime. Musique : Ozawa Takumi.

 

Skip Beat Saison 2

Skip-Beat.jpg

Suite directe de Skip Beat, cette nouvelle série reprend les péripéties de Kyoko Mogami, actrice en devenir en quête de revanche, dans le monde du show buisness.

 

Vitamin (Film)

Vitamin.jpg

D’après l’œuvre de Suenobu Keiko : Sawako est une lycéenne banale qui essaye de s’intégrer le mieux possible dans la société jusqu’au jour où elle est aperçue dans une situation compromettante avec son petit ami. Elle devient alors la risée de son établissement et se fait brimée par tous ses camarades. Commence alors une lente descente aux enfers. Seul refuge face à l’ijime : le dessin. Sawako pourra-t-elle renouer avec ses rêves ? Insert song par Chiaki Ishikawa.

 

El Cazador de la Bruja ~Magia

Nadie.jpg

Où l'on découvre que même cette gourde de Nadie peut être classe, si, si...


Refonte alternative de l’univers El Cazador de la Bruja. Nadie est chasseuse de primes. Des missions elle en a accompli de tous types, des types elle en a flingué par centaines (sous-entendu : elle sait se servir de son pistolet cette fois, même que c’est un vrai, pas en plastique), rien ne lui fait peur. Aussi lorsque Blue Eyes, sa patronne lui demande de servir de garde du corps à Ellis, une jeune fille en fuite pour la protéger d’une organisation secrète, Nadie croit à une mauvaise blague. A contrecœur, elle accepte ce rôle mais les dirigeants de Leviathan ne l’entendent pas de cette oreille et envoient leur propre agent, L.A, pour mener à bien le projet Wiñay Marka « Ville Eternelle ». Studio : BeeTrain. Yuki Kajiura compose quelques nouveaux thèmes. FictionJunction Yuuka et Kalafina chargées des génériques.

 

Houkago Hokenshitsu TV

Houkago-01.jpg

Mashiro Ichijo a un secret : il n’est ni tout à fait homme, ni tout à fait femme, ou plutôt il est les deux à la fois. Jusqu’à présent il a toujours choisi de vivre en tant que garçon mais il est un jour convié à une séance mystique dans l’infirmerie de son lycée. Il y a plusieurs participants, tous endormis, qui se retrouvent dans un monde rêvé en quête d’une clé qui change d’emplacement à chaque fois. Cette clé est le seul moyen d’être diplômé. Or lors de cette séance Mashiro apparaît dans son rêve habillé en fille. Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Qui sont les autres participants de ce cauchemar étrange ? Quel est son véritable but ? Musique : Kenji Kawai. Opening par Masami Okui ?

 

Boogiepop Intégrale

Boogiepop.Phantom.jpg

Adaptation des light novels de Kadono Kouhei en 26 épisodes découpés en différents arcs. Le premier, « Boogipop Never Laughs », nous présente une ville en proie à des phénomènes étranges à travers les yeux de différents personnages. Selon la rumeur, un shinigami rôderait dans les parages la nuit. Mais n’est-ce qu’une rumeur ? Shimizu Kaori, Asakawa Yuu et Fukuyama Jun ont déjà annoncé reprendre leurs rôles respectifs (Boogiepop, Kirima Nagi et Masami Saotome). Même staff que pour Boogiepop Phantom.

 

God save the queen (Film)

God.jpg

Après une adaptation en manga, l’histoire de Hiroshi Mori paraît enfin sur grand écran pour un trip plus psychédélique que jamais. Michiru Saeba et son robot Roidy sont perdus au milieu d’un désert lorsqu’ils tombent sur une cité entièrement coupée du monde extérieur qui les accueille à bras ouverts. Tout semble différent là-bas, une véritable petite utopie. Pourtant, peu de temps après leur arrivée, un homme est retrouvé mort…Même équipe que pour Le Portrait de petite Cosette. Maaya Sakamoto dans le rôle de Michiru Saeba ?

 

Kämpfer Wiedergeburt

Kampfer.jpg

Univers alternatif de la série fanservice de 2009. Au programme des références otak’, de l’humour et surtout de la baston et du drame. Cette fois-ci le timide Senou Natsuru est bel et bien intégré de force au combat des Kämpfers par une peluche gore mais au lieu de se transformer en fille moe à gros seins il hérite d’une nouvelle persona complètement badass. Après avoir rejoint la tribu des bleus, il apprend de sa partenaire qu’il a été convié à un combat sans merci monté de toutes pièces par trois divinités du nom d’Héra, Athéna et Aphrodite qui se disputent une pomme d’or. Les Kämpfers devront se battre à leur place pour déterminer la déesse gagnante. Mais voilà Natsuru n’a pas très envie d’être un vulgaire pion dans la chamaillerie de trois greluches prétentieuses et il ne tarde pas à monter une alliance avec les deux rouges (deux filles) et les deux blancs (deux garçons) pour faire capoter le système. Mais les trois déesses n’ont pas données leur dernier mot et voilà qu’elles s’incarnent sur Terre dans le corps de trois mortelles (dont Kaede, le fille dont est tombé amoureux Natsuru) pour forcer les Kämpfers à leur obéir… Musique : Taku Iwasaki

 

Kiken na Kankei ~Liaisons Dangereuses

France, XVIIIe siècle. La jeune et naïve Cécile de Volanges sort du couvent par ordre de sa mère qui prévoit de la marier au compte de Gercourt. Or la nouvelle parvient aux oreilles de la marquise de Merteuil, autrefois sa maîtresse, qui avait juré de se venger. Aussi fait-elle appel au vicomte de Valmont pour comploter. Le but ? Déshonorer Gercourt en débauchant Cécile de Volanges avant son mariage. Mais voilà, Valmont est un libertin averti et le défi lui paraît bien trop facile, il préfère se lancer dans une entreprise beaucoup plus grandiose en tentant de séduire la dévote madame de Tourvel. Qu’à cela ne tienne, les deux compagnons mèneront ces deux projets simultanément. Au programme : des coups de putes à n’en plus finir. Miyano Mamoru dans le rôle de Valmont.

 

Sinon j’aurais bien exigé un second OAV pour Yurumates mais figurez-vous qu’il sort déjà en juin. Magique, non ? Alors, quelqu’un veut bien me prêter quelques milliards que je réalise tout ça ?

(D’ailleurs je suis sûre que vous avez tous plus ou moins une wishlist de la saison d’animes de vos rêves)

Repost 0
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 23:05

 

Je sais que ça risque de paraître ironique d’évoquer un anime dont je suis lassée d’entendre parler depuis des mois au moment même où je pourrais enfin être tranquille mais techniquement je compte surtout faire quelques réflexions en filigrane d’un autre anime que j’apprécie bien plus : Le portrait de petit Cossette (ou petite Cosette vu que je suis française et que le « franponais » me pique un peu les yeux), une courte série d’OAVs sortis en 2004.

 

Kurahashi Eiri est un jeune artiste qui travaille dans le magasin d’antiquités de son oncle sur son temps libre. Il passe son temps à dessiner et à rêver mais ces derniers temps il semble encore plus dans la lune que d’habitude, il se fait distant, voit de moins en moins ses amis qui s’inquiètent de sa santé. Pour eux il n’y a qu’une explication à cette soudaine mélancolie : Eiri est amoureux. Pourtant le concerné évite le sujet et reste étonnamment vague tant et si bien que tous se demandent qui est cette fille mystérieuse qui lui fait perdre la tête et si elle existe vraiment. Oui, Eiri est amoureux mais il ne peut pas le dire puisque l’élue de son cœur n’est autre que le spectre d’une jeune femme qui vit dans un verre vénitien. Cette dernière, du nom de Cosette, l’intrigue au plus haut point. Quelle est son histoire ? Et pourquoi a-t-elle des yeux si tristes ?

 

Cosette-001.jpg

 

Un parallèle pas tout à fait incongru

Si j’évoque Cosette et Madoka ensemble c’est qu’il y a une bonne raison. Comme beaucoup de personnes j’ai suivi cette année la série magical girl mais je dois avouer que mes impressions sont assez différentes des éloges incessantes que j’entends sur l’anime car depuis le début Mahou Shoujo Madoka Magica ne m’a jamais surprise. Je ne savais pas que Gen Urobuchi, créateur de Saya no Uta, était au scénario et le chara-design mignon ne me dupait pas non plus. Depuis le début j’étais persuadée d’avoir à faire à un anime qui présenterait le genre magical girl sous un jour un peu plus original que d’habitude sans toutefois pousser au chef-d’œuvre. Le 3e épisode, qui a choqué tant d’autres, m’a juste conforté dans mes convictions. Aussi n’ai-je jamais vraiment été d’un enthousiasme débordant à ce sujet. Pour moi ce n’était qu’un anime sympathique avec des éléments de scénarios intéressants. Avec le recul je me suis rendue compte que mes attentes de base étaient complètement étranges. Comment aurais-je pu savoir exactement en quoi consistait Madoka alors même que l’équipe de Shaft faisait tout pour ménager la surprise ? En fouillant un peu dans mon inconscient je crois que je tiens la réponse et la réponse la voilà : Le portait de petite Cosette.

 

En effet Madoka est la seconde collaboration de ma compositrice fétiche, Yuki Kajiura, avec Ayuki Shinbo et le parallèle n’est pas innocent : les deux animes possèdent une ambiance sombre, des partis-pris graphiques parfois surprenants et cette origine musicale commune. Madoka fait même clairement référence à Cosette puisque la maison d’Akemi Homura est une réplique de la boutique d’antiquités d’Eiri. Il y a aussi une odeur de subversion dans l’air (subversion d’une histoire d’amour / subversion des magical girls) mais la différence majeure qui sépare ces séries « sœurs » tient surtout à leur accessibilité. Madoka se voulait être dès le départ choquante et simple à suivre pour frapper un large public. Preuve en est que désormais bon nombre de ses fans considèrent que toute déconstruction un peu gore et audacieuse « a un air de Madoka », n’en ayant probablement pas expérimenté beaucoup d’autres avant (ce qui est profondément dommage). En gros le but de Shinbo était de toucher la masse, alors que c’est radicalement l’inverse avec un anime aussi complexe que Cosette que seule une poignée de gens pourront véritablement apprécier. On peut donc voir une certaine progression dans ses travaux, notamment avec un autre outil de compréhension que j’utiliserai plus tard (et plus modérément, n’ayant vu que le 1e épisode), qui est The Soul Taker. Avec ces considérations en tête il est temps de revenir à ce qui nous intéresse vraiment, c’est-à-dire Le portrait de petite Cosette.

 

Cosette-004.jpg

 

Star-crossed lovers

Cette série assez particulière nous dépeint donc la descente aux enfers de ce brave Eiri (doublé par Saiga Mitsuki, qui est connue pour ses nombreux rôles masculins comme Rossiu dans Gurren Lagann) qui plonge lentement mais sûrement dans la folie et l’hallucination à cause de son amour pour Cosette d’Auvergne (c’était le premier rôle de Marina Inoue si je ne m’abuse). Les autres personnages ont relativement peu d’importance, toute l’intrigue est véritablement concentrée entre eux. Eiri est un type tout ce qu’il y a de normal, excepté son talent d’artiste, et on s’identifie pas mal à lui en ce qu’il est vite complètement dépassé par ce qui lui arrive. Ce fantôme d’une beauté éblouissante, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, le hante en permanence et il ne sait au fond plus s’il a vraiment envie de s’en défaire. Tantôt il est heureux de dessiner sa muse, tantôt le voilà forcé de boire un verre rempli de sang ou enchaîné dans un paysage absurde et repoussant dans une sorte de séance d’exorcisme macabre lors de laquelle il se fait arracher les tripes. Eiri ne comprend plus rien, il souffre, il a mal, mais il ne peut pas s’empêcher de songer à la jolie Cosette toujours vêtue en gothic lolita, toujours si triste. Et cet amour l’entraîne aux confins de la mort. Il subit pourtant ces scènes extrêmement douloureuses et accepte ce sort juste pour pouvoir s’approcher davantage de sa bien-aimée. Oui il est complètement fou mais je crois que tous ceux qui ont été amoureux un jour doivent reconnaître dans cet aveuglement quelque chose de familier.

 

Or ce que la voix de Cosette nous indique dès le début c’est que leur histoire est bien entendu impossible. Elle est morte depuis des siècles, enfermée pour l’éternité dans les objets qui ont assistés à son trépas et ne peut retourner à la vie qu’avec le sacrifice de celui qui l’aimerait suffisamment pour consentir à cet effroyable marché. Mais si elle ressuscite, elle se retrouvera seule à pleurer la mort de cette personne puisqu’il ne sera plus. Autrement dit tout l’anime se concentre sur ce combat à la fois intérieur et extérieur de ce drôle de couple pour rendre leur amour possible malgré tout. Si Cosette a au début surtout l’air de considérer Eiri comme un simple outil, très vite leurs relations se complexifient, car comment rester insensible à la vue d’un homme qui accepte une souffrance intolérable juste pour vos beaux yeux ?

 

Cosette-003.jpg

 

Bienvenue en enfer

Ce qui marque le plus dans le visionnage de cette série c’est l’ambiance qui s’en dégage et l’alliance graphique et sonore effectuée. Je suppose que je n’ai pas besoin de louer le travail de Yuki Kajiura une fois de plus mais je vais le faire quand même. L’OST est majoritairement orienté autour d’un mélange violon/piano du plus bel effet. S’il y a bien entendu quelques thèmes mélancoliques et tristes (comme Somwehere I belong), l’essentiel reste tout de même tourné vers l’idée de violence, d’angoisse et d’étrange (comme Love Pain). Et justement Shinbo a choisi de faire du Portrait de petite Cosette une expérience essentiellement dénuée de mots. Je ne sais vraiment pas comment je pourrais vous décrire ça. L’ambiance visuelle comporte une très large imagerie à base de sang, de chaînes, de croix, de squelettes, de vieux objets, de pleine lune, d'yeux, de lumière vacillante et d’ombres. On bascule souvent dans le fantastique pur sans savoir quelle est l’hallucination et quelle est la réalité (mais pas du tout à la manière d’un Perfect Blue) et surtout on en prend pleins les yeux en permanence, c’est beau et déconcertant à la fois. Beaucoup de scènes sont là pour renforcer cette « imagerie », comme lorsqu’Eiri peint un tableau avec son propre sang (c’est purement épique et totalement impossible à la fois), quand il dessine Cosette en haut d’une tour qui a sa forme et éclairée par des centaines de chandelles partout et dont l’intérieur semble emprunté au corps humain, ou même quand Cosette se jette dans le vide et que le ciel est rouge. C’est réellement spécial alors ça plus la musique, il y a de quoi être assez confus.

 



Par rapport aux différents travaux de Shinbo je crois qu’à mes yeux Cosette représente une sorte d’équilibre. The Soul Taker possédait un premier épisode totalement « invisionnable » justement à cause de la confusion graphique : on ne sait plus très bien ce qui se passe ni ce que l’on regarde. Madoka s’oriente vers un autre style où les ajouts graphiques ne font finalement plus partie que d’un décor sans cesse enrichi. Cosette possède quelques plans qui font penser à Madoka, essentiellement dans l’opening, et d’autres à The Soul Taker dans l’utilisation des vitraux et la transformation du héros (les deux se ressemblent beaucoup d’ailleurs), mais penche plus du côté de ce dernier. C’est difficile d’entrer dans cet univers mais en même temps il comporte tellement plus d’éléments intéressants que dans les séries récentes de Shinbo. Analyser de fond en comble Le Portrait de petite Cosette est juste impossible tant il y a de symboles un peu partout, certains plus importants que d’autres bien sûr.

 

Cosette-005.jpg

 

Cosette et son portrait

Le scénario en lui-même possède deux aspects : le premier est l’histoire d’amour impossible qui vire au cauchemar le plus total, à mi-chemin entre l’obsession et la folie, mais il y en a un second légèrement effleuré dans le deuxième OAV et plus largement exploité dans le troisième qui est la question de l’art. Et là je suis obligée de spoiler pour vous parler du cœur de ce qui rend Le Portrait de petite Cosette intéressant.

 

\!/ Attention, spoilers \!/

 

Il convient de se pencher sur la véritable signification du titre de l’anime. Pas tant sur le fait que ce soit en français (Cosette d’Auvergne est censée être née en France dans le XVIIIe siècle) que sur la référence qu’il comporte. Quand je lis « le portrait de », je pense immédiatement au Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde qui comporte certaines similitudes. Là aussi le héros est en quelques sortes maudit par sa propre beauté, comme Cosette, et finit par faire une sorte de pacte involontaire avec le « diable », comme Eiri. L’argument principal de Dorian Gray qui le conduit à effectuer cet acte lourd de conséquence est sa soudaine prise de conscience que son portrait resterait éternellement jeune là où lui vieillirait. Il désire alors inverser les choses. Il en va de même pour Cosette qui est à l’aube de la puberté : elle est incroyablement belle et obsède son fiancé, le peintre Marcello (doublé par Ebara Masashi aka Friday Monday dans Madlax, ce qui veut tout dire), à tel point qu’il produit un nombre incalculable de tableaux à son effigie. Mais voilà Cosette va grandir, elle va devenir une femme et perdre cette moue innocente (de son vivant Cosette croyait que le monde était fait de bonheur et de sucreries), et cela lui est intolérable. Aussi décide-t-il de stopper son temps…et donc de l’assassiner !

 

Un peu plus tard Cosette, réalisant la cruauté de ses actes, décide de laisser Eiri vivre et de dormir pour l’éternité dans sa prison. Or elle ne l’avertit pas de cette décision soudaine, ce qui laisse l’occasion à un imposteur, et pas des moindres, de prendre sa place auprès de lui : son portrait. Car oui, l’intrigue déjà inutilement compliquée s’épaissit encore avec la présence de deux Cosette (heureusement la fausse garde toujours les mêmes vêtements donc on peut l’identifier…véritablement ?) et c’est là que ça devient réellement pertinent. Car le portrait de Cosette représente l’idéal de Marcello qui est la perfection, la beauté éternelle, là où son modèle est imparfait puisque la jeune fille désire vivre, vieillir et mourir. On assiste là à une sorte de duel entre 2D et 3D (si je puis m’exprimer ainsi), entre la perfection inaccessible et la réalité, l’immortalité et l’éphémère.

 

Cosette-002.jpg

 

Certains détails aiguillent d’ailleurs le spectateur vers cette révélation de l’existence d’une fausse Cosette lorsque cette dernière monte les marches de la tour avec un chandelier à la main (alors que depuis le début elle ne tenait qu’une seule bougie) le tout sur fond d'une musique nommée Fake Jewel. Un bref instant nous dévoile soudain une des trois branches étrangement éloignée des deux autres avant que l’illusion ne reprenne droit, comme pour signaler dès le départ qu’il y a trois personnages en jeu. Et les dernières paroles d’Eiri seront justement que « tout doit redevenir un » (repasser du chandelier à la bougie originelle) lorsqu’il brise l’illusion en opposant à l’idéal de perfection de Marcello son propre idéal de l’art qui est d’élever l’humanité. Contrairement à son prédécesseur il est prêt à se sacrifier pour l’art (représenté par Cosette) et non à sacrifier l’art pour ses propres fins et préfère la véritable demoiselle dans ce qu’elle avait de fugitif et d’éphémère au portrait froid et figé.

 

On peut donc se demander à travers cette série de réflexions quel est le but de l’art, quelle serait sa définition et s’il faut lui sacrifier la réalité. En ce sens, la fin un peu cryptique de l’anime prend soudain sens : Eiri abandonne Cosette à son sommeil et retourne (on le suppose d’après le rêve de son amie Shouko) à la réalité pour dessiner plus. Or les dernières secondes de l’OAV nous montre Cosette ouvrir soudain les yeux. C’est un peu comme si l’idéal qu’elle représentait ne pouvait tout à fait quitter l’art que revendique Eiri. Cosette comme parabole de l'artiste possédé par son propre génie ?

 

\ !/ Fin spoilers \ !/


Cosette-006.jpg

Design du manga

 

En conclusion, le Portrait de petite Cosette est une œuvre assez inhabituelle dans le paysage japonais en ce qu’elle se rapproche plus d’un roman anglais à la Oscar Wilde (dont elle serait inspirée ?) qu’à un anime traditionnel. Malgré une intrigue difficile à suivre (le pourquoi du comment des objets antiques tueurs est davantage abordé dans le manga, ce qui est un chouilla dommage) et sinueuse, on y retrouve une ambiance psychédélique et envoûtante que les aficionados apprécieront et les graphismes très expérimentaux servent bien le propos qui est une mise en question de l’art. Pour les autres ce voyage au pays de la folie risque d’être plus difficile à apprécier et donc bien moins accessible que Madoka Magica. Je ne suis pourtant pas sûre que la direction que suit actuellement Shinbo soit la meilleure possible et finalement je crois qu’on est en train de perdre au change…

Repost 0
18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 14:10

J’avais dis que Boogiepop Phantom était un sujet d’article difficile ? Je retire ces paroles frivoles, j’ai trouvé un obstacle encore plus ardu à gravir ! Mais que voulez-vous, je crois que j’aime bien les petits défis personnels au fond…

 

Alexander-008.jpg

Le sujet du jour est Reign The Conqueror ou Alexander Senki qui, comme son nom l’indique, est une série retraçant la vie d’Alexandre le Grand telle qu’elle est dépeinte dans le roman d’un certain Hiroshi Aramata. Mais ne vous attendez pas à un cours d’Histoire Antique, loin de là, car Reign The Conqueror est en réalité…une œuvre de science-fiction très particulière.

 

Alexandre, fils de Philippe II, roi de Macédoine, va bientôt être en âge de succéder à son père et de prendre en charge des commandements importants. Aussi ce dernier le fait-il chercher partout pour le pousser à assister aux réunions de guerre et l’inciter à assumer davantage de responsabilités. Mais Alexandre est introuvable, têtu et obstiné. Pour lui, il n’y a que la vitesse qui compte et il est persuadé de n’avoir besoin d’aucun conseil pour gagner ses premières batailles. Son inconscience et son indépendance inquiètent beaucoup le roi. En effet, avant même que celui-ci ne vienne au monde, sa mère la reine Olympia prophétisa qu’il détruirait le monde un jour. La prophétie aura-t-elle raison ?

 

Alexander-002.jpg

 

Science-fiction ça commence par un s…comme string

La première remarque à laquelle on ne peut échapper en jetant un coup d’œil à Reign The Conqueror est bien entendu la question des graphismes. Même pour une série datant de 1999, on ne peut franchement pas dire que cela ressemble à quelque chose. Les designs de Peter Chung font bien plus penser à de la bande dessinée occidentale qu’à du manga, les personnages héritent de traits anguleux, de visages féminins (alors que les héros sont tous des hommes, un comble), autant de détails qui sont très désagréables à mes yeux. Je suppose qu’il y aura toujours des amateurs mais pour moi c’est juste…terriblement moche.

 

Alexander-006.jpg

Hunhun, on ne t'a pas vu venir toi alors ! Offrir une call-girl au roi c'est pas très fair-play ça.

 

Les graphismes sont un sérieux frein à l’appréciation d’une histoire déjà pas toujours facile à suivre. Car oui, cette drôle d’adaptation suit globalement la vie qui a été celle d’Alexandre le Grand mais de loin. Les machinations politiques et les bassesses du pouvoir sont concentrées au début de la série dans un petit arc concernant le roi Philippe II et une fois ce cap passé, tout cet aspect est complètement effacé au profit d’éléments fantastiques parfois déboussolant. Les Macédoniens possèdent donc, par exemple, un robot géant de combat (WTF), se battent en fonçant dans le tas (la stratégie c’est pour les nuls) contre des sortes de soldats-ninjas-scarabées, des éléphants cracheurs de feu ou des hélices géantes. Le prince lui-même se bat en montant un cheval surnaturel mangeur d’hommes. Souvent il ne gagne ses batailles qu’en se changeant soudainement en super-saiyan et en défonçant 500 000 adversaires d’un coup d’une décharge électrique digne de Pikachu (non, je n’invente pas ce chiffre).

 

Alexander-003.jpg

Pff la stratégie c'est pour les taffioles. Tremblez devant ma puissance, j'ai un cache-sexe bitches !

 

Tout ceci est d’autant plus perturbant qu’AUCUN PUTAIN DE PERSONNAGE NE PORTE DE PANTALON. Car oui, chez les Macédoniens steampunk du futur, on a des masques, des vêtements en haut, mais en bas c’est string obligatoire ou cache-sexe, au choix. Genre le roi a une armure en or balèze sur toute la première moitié de son corps, après c’est slip assorti (doré donc). Quand tu le vois en gros plan, ça fait classe mais déjà que la « caméra » s’éloigne un peu, arg, au secours quoi. Je vous vois venir, bande de pervers, vous pensez que c’est pratique pour se rincer l’œil ? Sauf qu’avec un design pareil et le fait que 99% des protagonistes sont des hommes, il va falloir se lever de bonne heure pour faire plaisir à ses yeux. Sans compter qu’il est très délicat de s’y habituer : on a beau regarder les épisodes à la suite, c’est juste impossible de ne pas tilter au moins une fois sur ces merveilleux cache-sexes. Ce qui fait que même s’il se passe quelque chose d’important à l’écran le spectateur sera le plus souvent déconcentré par cette affusion de slips.

 

Alexander-001.jpg

Oh mon Dieu, mais...il y a des filles dans cette série !

 

Les philosophes sont tous des ninjas

Mais voilà, ce n’est pas fini. Reign The Conqueror aime à balancer des réflexions métaphysiques obscures, généralement à propos des mathématiques, comme pour nous perdre encore davantage. La plupart des actions qui se déroulent sous nos yeux sont inexpliquées et incompréhensibles, alors à force on n’essaye même plus de poser des questions, on acquiesce gentiment, même si quelques fois les scénaristes abusent légèrement (le coup du bonhomme qui est pris d’une hallucination et se retrouve, sans aucune explication, 50 ans dans le futur, je cherche toujours comment il a fait son compte…). Des fois la série est quand même intéressante à suivre, il y a des tas de combats, une intrigue qui nous donne envie de voir si oui ou non Alexandre va détruire le monde, mais il faut accepter d’être noyé régulièrement.

 

Alexander 004

Olala, il me saoûle celui-là. Bon, pour la peine je vais faire un voyage dans le futur, ça me divertira tiens...

 

Les personnages en eux-mêmes ne sont pas particulièrement transcendants. Il y a bien le héros éponyme, qui porte en lui tout le mystère et le charisme nécessaire (avec le coup des slips, ça se discute…) et dont on ne sait jamais vraiment ce qu’il pense, sinon ils sont tous assez interchangeables, ce sont tous des officiers qui se battent super bien (sauf Ptolémée qui est un lâche de la pire espèce et qu’on doit sauver tout le temps). Dans le lot il y a Héphaestion, le barde/ninja/gigolo/garde du corps du roi (il est multitâches, c’est dingue), Cleitus qui a les tétons à l’air, Philotas et Cassandra, la seule fille qui se bat (doublé par Atsuko Tanaka, Motoko dans GITS). Sinon on peut aussi compter le clan des philosophes (car dans Reign The Conqueror les philosophes sont badass) avec le fantôme de Platon qui aime à traîner dans le coin, cette pute d’Aristote et ses plans foireux, Diogène le Cynique (si, si, souvenez-vous, le mec qui vit dans un tonneau et qui pisse sur les boutiques des commerçants qui l’emmerdent) et les disciples de tout un tas de sectes, dont celle de Pythagore, qui sont tous des monstres-ninjas. Oui, c’est ça la philosophie, la vraie : c’est l’art ancestral du shuriken à coup de cubes géométriques. Comprenne qui pourra.

 

Alexander-005.jpg

Les héros

 

It’s a nice sssssssssssssssssssssssssnake you have here

Là le lecteur attentif se dit que le titre de l’article était « Des slips et des serpents » et qu’il n’a encore vu que les premiers. Et bien justement, j’en viens à la partie la plus traumatisante de cette histoire… Reign of The Conqueror n’a peur de rien en ce qui concerne la censure et il n’est pas inhabituel de voir des tétons féminins ou masculins traîner ça et là, et comme il n’a pas peur, il se permet de luxe d’aller encore plus loin en dépeignant, quasiment à chaque épisode, une petit scène de sexe entre cette psycho bitch d’Olympia (qui est la plus grande tarée que j’ai jamais vu dans un anime) et deux gros pythons. Les gens qui, comme moi, ont la phobie des serpents ou ne supportent pas ce gentil animal, doivent donc être prévenus s’ils veulent éviter une nausée aussi soudaine que violente. Mettez-vous à ma place : vous êtes confortablement installé devant votre écran, un paquet de chips à la main, vous vous sentez bien et là, inspiré par le démon vous démarrez un épisode de Reign The Conqueror. Moins de 2min plus tard vous lâchez déjà votre paquet de chips à la vue d’un baiser tout sauf platonique entre Olympia et son animal de compagnie. 10min plus tard vous portez les mains à votre bouche quand surgit la fameuse scène d’orgie générale à base de serpents ; quelques épisodes plus tard celle du sacrifice lors d’une cérémonie occulte vous arrachera probablement des larmes quand cette chère tarée lancera des rayons laser à partir de son vagin…Not Safe For Mind donc.

 

Alexander-007.jpg

Aaaaaaaaaaaaaaah, ne me touche pas toi !

 

En conclusion, j’avoue que je n’ai pas grand-chose à dire. Alexander Senki est tellement insaisissable qu’on ne peut ni le considérer comme une bonne série ni comme une daube immonde. C’est juste impossible à décrire, il faut le vivre pour le comprendre. Ce qui est dommage c’est qu’au final, après visionnage des 13 épisodes que comporte l’anime, on ne retiendra que deux choses : tout le monde est tout le temps en string/slip et WOW PUTAIN NON, MES YEUX, PAS LES SERPENTS ! Si vous êtes en manque de sensations fortes pour égayer votre morne existence je vous conseille d’au moins jeter un coup d’œil au premier épisode, ça devrait faire son petit effet…

 

L'opening anglais
 

P.S : Ce qui est assez ironique dans cette histoire c’est que je suis tombée sur Reign The Conqueror en cherchant sur My Anime List le « worst anime ever » dont parlait Exelen il y a des années de ça.

Repost 0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 22:59

Cela faisait un moment que j’avais envie d’en parler et que je retardais un peu l’échéance, d’abord, d’un point de vue personnel, par manque de motivation mais aussi parce qu’écrire sur la série Boogiepop Phantom est extrêmement délicat. S’il existait une Ecole Normale Supérieure du blogging, faire un article sur le sujet serait à coup sûr une des épreuves d’admission !

Boogiepop-Phantom-010.jpg

 

Comme très souvent, mon premier contact avec Boogiepop Phantom a été via un trailer d’un de mes DVDs (un moyen souvent très efficace de dénicher de vieilles perles). Je me souviens ne pas y avoir compris grand-chose, même après avoir fait des recherches. Il y a avait des meurtres, des gens qui devenaient fous et puis une sorte de présence fantomatique. A chaque fois que je recherchais un synopsis, on disait qu’il était impossible de résumer l’intrigue ou qui étaient les personnages, ce qui augmentait ma frustration. Et aujourd’hui, enfin, je SAIS, je sais ce qui se cache derrière ce titre, j'ai la solution de l'énigme (roulement de tambours s’il vous plaît). Je sais mais je suis réduite au silence, la moindre tentative de présenter l’univers Boogiepop représentant un danger majeur de spoilers. D’où la difficulté de l’exercice auquel je vais m’atteler.

 

La scène se situe dans une métropole japonaise dont on ne précise pas le nom, une métropole plongée dans la nuit. Tout est calme lorsque, soudain, un pilier de lumière s’élève vers le ciel. Depuis le champ magnétique s’est emballé et enveloppe la ville d’une sorte d’étrange aurore boréale qui semble être à l’origine de phénomènes curieux. Des adolescents disparaissent petit à petit. Partout on souffle que c’est l’œuvre de l’ange de la mort, Boogiepop, sans vraiment y croire. Mais si Boogiepop existait vraiment ?

 

Boogiepop-Phantom-009.jpg

 

Boogiepop wa Warawanai (Boogiepop Doesn't Laugh) est en réalité une immense saga de light novels, écrits par Kadono Kouhei et illustrés par Ogata Kouji, qui a eu un succès retentissant au Japon à la fin des années 90, ce qui a contribué à l’émergence de plusieurs adaptations en manga, film et anime ainsi qu’à la naissance de plusieurs spin-offs, séquelles et préquelles, sans compter le drama CD. Bref, autant vous dire que c’est du costaud. L’anime dont je vais vous parler maintenant n’est donc qu’un fragment de la saga porté sur petit écran, un peu comme la partie émergée d’un iceberg. Une fois qu’on entre dans l’univers Boogiepop (et qu’on y accroche bien entendu), on ne peut plus en sortir, ce qui est d’autant plus rageant que les livres ont très peu passés la frontière japonaise, condamnant du même coup un fan étranger de la franchise à rester perpétuellement sur sa faim… Mais revenons à nos moutons.

 

Boogiepop-Phantom-002.jpg

 

Boogiepop Phantom, anime sorti en 2000 par Mad House, est une expérience assez unique à vivre à commencer par le plan visuel. Car durant les onze premiers épisodes les graphismes sont volontairement ternis, comme des clichés sépia. On distingue des couleurs tout en restant très proche du noir et blanc. Ce procédé est créateur d’un certain malaise, d’autant plus que passé et présent ont souvent tendance à se croiser, à se chevaucher, voire à se mêler. Quoi qu’il arrive les décors restent sombres, fantomatiques, presque étouffants. Visuellement c’est un anime « claustrophobique ». Ce n’est que lors de l’épisode final que la lumière sera finalement rendue à la ville. Ensuite, étouffante la série l’est aussi sur le plan sonore. On pourrait dédier un article entier au traitement du son dans Boogiepop Phantom mais je vais essayer de condenser le plus possible (et il y a beaucoup à dire). Lors des épisodes il y a en réalité très peu de musique. Tout comme Serial Experiments Lain (la comparaison va revenir souvent) Boogiepop Phantom mise beaucoup sur son ambiance sonore, sur des bruitages oppressants. Par exemple on entend très régulièrement un tintement étrange annonciateur de mauvaise fortune, des crissements électriques ou même un sifflement dès que Boogiepop doit apparaître (ce farceur aime siffler du Wagner figurez-vous). Tout ceci accentuant bien sûr la sensation de malaise déjà omniprésente, mais il y a plus encore.

 

  Une petite musique d'ambiance calme. Pas ma préférée mais elle illustre plutôt bien l'anime...
 

Par curiosité j’ai voulu tester l’OST une fois la série achevée car il y avait une piste qui m’avait frappée. Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre étant donné que je ne me souvenais pas avoir réellement entendu de musique tout au long de l’anime. Et surprise, si, si, Boogiepop Phantom a bien une OST, elle est même excellente. Malgré la qualité évidente du produit, chaque piste (composée par une personne différente) n’est utilisée qu’une poignée de secondes…quand elle est utilisée ! Ainsi le petit air qu’on entend à la moitié d’un épisode (vous savez pour la coupure pub) à raison de 10 secondes est en réalité une chouette piste de 4 minutes, pareil pour ce que j’avais pris au départ pour un bête bruitage (5 minutes de crissements électroniques saccadés, assez spécial on dira). C’est parfois à se demander si j’ai bien regardé la série dans sa totalité tant il m’est impossible de me souvenir avoir entendu 95% des pistes de l’album. C’est la première fois que je rencontre un anime à la bande-son aussi bipolaire…invisible lors du visionnage, unique lors de l’écoute. J'évoque à peine l'opening qui est à l'opposé du climat de terreur avec son rythme doux et tranquille (ce qui est déjà moins le cas de l'ending).

 

  Getaway <3
 

Maintenant qu’on a dépassé les considérations techniques, on en arrive à la partie la plus casse-gueule et vient une question : Que puis-je vous dire ? Il n’y a pas de héros à proprement parlé dans Boogiepop en ce que chaque épisode est perçu à travers un personnage différent, voire plusieurs. Ainsi un figurant qui avait une ligne à un moment donné peut devenir important un peu plus tard avant de retomber dans l’anonymat. A l’inverse on n’a jamais l’occasion de vraiment vivre à travers les personnages qui paraissent importants (désignés par l’opening) et qui sont pourtant les plus récurrents. Cette narration non-linéaire peut déboussoler au premier abord mais on s’y fait très vite, d’autant plus que c’est de cette manière que se résout peu à peu le gigantesque puzzle de l’intrigue : chaque personnage est relié de manière plus ou moins évidente aux phénomènes étranges qui se produisent en ville, donc chacun apporte des réponses et des questions. Chaque personnage possède sa propre histoire et quelle que soit la longueur de son « arc », force est de constater que celle-ci se montre souvent marquante et pousse à la réflexion. A travers ces adolescents pas tout à fait ordinaires se dévoile la société, ses vices, ses travers. La série aborde aussi bien les relations entre parents et enfants, la négation de la réalité, la désillusion, le refus de grandir que le complexe messianique ou la folie. Chaque personnage est un gros poing dans notre gueule qui vient remettre en cause tout ce que nous estimions solide et assuré. C’est sans aucun doute ce qui rend Boogiepop aussi fort, ces réflexions philosophiques sur le sens de la vie : les différents protagonistes qui se croisent, parfois sans le savoir, sont les reflets de nos faiblesses ; ce sont rarement des gens exceptionnels aux destins trépidants (enfin au début).

 

Boogiepop-Phantom-001.jpg

Au premier plan l'héroïne du premier épisode, doublée par Mamiko Noto

 

Comme Baccano le fera après lui, Boogiepop Phantom multiplie les focalisations et ce de manière cohérente. Si quelque chose peut paraître obscur au début, on se rend bien compte que tout est lié, voire deviner qui sera le prochain protagoniste principal. Il y a parfois des jeux d’échos : une scène qui semblait inutile à un moment est repassée sous une nouvelle perspective et prend un sens différent. Les flashbacks sont monnaie courante en ce que la série jongle perpétuellement entre passé lointain, passé proche et présent. Le tout est heureusement clairement annoncé. Reste cette sensation de malaise omniprésente. Car s’il y a violence dans Boogiepop c’est d’abord une violence psychologique (même s’il y a un ou deux démembrements au programme) très poussée.

 

Boogiepop-Phantom-006.jpg

"Oh Manticore, comme tu as de belles dents"

 

Je pourrais vous décrire plus en détails ce qu’il se passe mais il y aurait tellement de choses à dire…D’un côté on a Kirima Nagi (Yuu Asakawa), une jeune femme au caractère fort qui enquête seule sur ce qui se trame en ville, de l’autre Boogiepop (Kaori Shimuzu, mais si, Lain <3) entité mystérieuse qui apparaît on ne sait trop pourquoi et qu’il est facile de confondre avec son spectre Boogiepop Phantom (Mayumi Asano) tout aussi énigmatique. Il y a Masami Saotome (Jun Fukuyama <3), un étudiant ordinaire disparu depuis peu qui semble mêlé au trafic de drogue qui dérange la ville. Il y a Manaka (Sanae Kobayashi), petite fille qui envoie des papillons de lumière tout autour d’elle et qui ne peut que répéter ce qu’elle entend, tel un écho. Il y a Poom Poom (Rakuto Tochihara), garçonnet habillé en Joueur de Flûte de Hamelin qui, comme lui, semble charmer « les enfants ». Il y a Jounouchi qui croit être capable de percevoir les regrets des gens sous forme d’insectes, Yoji otaku timide qui tente d’échapper à un père autoritaire en se constituant une petite amie virtuelle, il y a Akane qui renonce à ses rêves pour se fondre dans le monde des adultes. Il y a une immense toile qui relie chacun d’entre eux autour de ce fameux pilier de lumière, autour de l’évolution de l’humanité.

 

Boogiepop-Phantom-005.jpg

 

En dire plus m’est malheureusement impossible alors je vais en rester là, j’ai déjà l’impression d’en avoir trop dit. Tout ce que vous avez à savoir sur Boogiepop Phantom c’est que c’est le résultat qu’aurait probablement donné Serial Experiments Lain sans Lain, une fable dérangeante sur la société moderne, une ambiance visuelle et sonore étouffante à souhait et une intrigue qui entraîne pas mal de réflexions philosophiques. Un véritable bijou pour qui n’a pas peur de l’inconnu. Le seul défaut de la série est précisément ce que j’ai évoqué au tout début de l’article : elle n’adapte qu’un fragment de cet univers immensément riche et complexe qu’est celui de Boogiepop, ce qui fait qu’il demeure un certain nombre de questions après visionnage. Et c’est là qu’entre en scène le second sujet de ce billet.

 

Boogiepop-Phantom-003.jpg

 

La même année que Boogiepop Phantom, à quelques mois ou semaines près, sortait Boogiepop and Others, un film adaptant le premier roman de la saga, donc tout ce qui précède immédiatement l’anime. En fait les deux sont parfaitement complémentaires, le générique de fin du film étant même l’opening de l’anime. Il a visiblement très mal vieilli avec le temps vu qu’on en parle très peu mais pour tout fan de l’univers, c’est un must.

 

Quelques mois avant les évènements de Boogiepop Phantom d’étranges disparitions ont lieu en ville. Des étudiantes du lycée Shinyo fuguent sans raison. On suit donc l’intrigue à travers les yeux de différents protagonistes (bien moins nombreux que pour l’anime) jusqu’à enfin démêler le mystère conduisant au pilier de lumière.

 

L’avantage du film est donc de combler un grand trou et d’apporter énormément d’informations sur des points nébuleux que la série ne faisait que survoler. Evidemment tout n’est pas dit non plus : on n’en apprendra pas vraiment plus sur l’organisation mystérieuse ni sur le docteur Kisugi qui avait l’air de jouer un rôle important dans l’intrigue de l’anime (mais qu’on ne voyait jamais assez), ni sur le tueur en série d’il y a cinq ans ou sur les origines de Boogiepop. Mais au moins on sait qui est véritablement Manticore, on découvre Echo et on apprend à connaître beaucoup plus Saotome. On a même un bel approfondissement à la relation qui unit Kirima Nagi à Suema Kazuko (ça virait presque yuri d’ailleurs ^ç^). Il y a aussi des nouveaux personnages dont on n’avait pas encore entendu parler et qui se révèlent fort intéressants.

 

Boogiepop-Phantom-007.jpg

Depuis que j'ai vu le film je suis fan du duo Saotome / Minako, c'est encore mieux que Merteuil et Valmont :3

 

La bande-son du film est d’ailleurs sublime puisque, oh bah ça alors, c’est Yuki Kajiura qui s’en est chargée. Il n’y a qu’une dizaine de morceaux et on est loin de ce que sera Noir un an plus tard mais ça se laisse fichtrement bien écouter. D'ailleurs, petite parenthèse de fangirl outrée, quelques pistes dédiées à Boogiepop ont parus récemment dans The Works for Soundtrack, censée être une compilation des travaux de Kajiura jamais publiés. Je t'aime beaucoup Yuki mais désolée Boogiepop Kimi ni Tsutaetai Koto Music Album Inspired by Boogiepop and Others (un nom aussi long ça ne s'invente pas) est sorti début 2000 et toutes les pistes étaient là ! Donc c'est pas gentil de faire du remplissage en foutant un peu de Boogiepop par-ci par-là dans ta compilation alors qu'il y a des tas de BGMs des animes auxquels tu as participé qui n'existent nulle part ! 

 

 
Le problème c’est que Boogiepop and Others n’est…pas si bon que ça. Disons que l’histoire est chouette mais que les acteurs ne sont franchement pas à la hauteur. Déjà ils ne ressemblent pas vraiment aux illustrations officielles donc il y a un petit temps d’adaptation et en plus ils sont assez moyens (sauf la fille qui fait Nagi, je la trouve charmante avec son blouson en cuir et sa coupe à la garçonne). En plus de ça la mise en scène est vraiment bateau ce qui ôte tout le suspens qu’il devrait y avoir et les effets spéciaux sont pourris. Je ne parle même pas du costume du pauvre Boogiepop qui a perdu toute sa classe et ne ressemble plus à grand-chose. Personnellement j’ai plutôt bien supporté tous ces défauts mais ça dépendra de votre seuil de tolérance.

Boogiepop-011.jpg
Oui c'est à ça que ressemble l'ange de la mort dans le film...

 

Pour tous ceux qui seraient intéressés par l’univers Boogiepop je vous conseille de tester d’abord l’anime, de préférence en le marathonant (vu la complexité de l’intrigue ça vous simplifiera la vie), deux ou trois fois s’il vous faut digérer ce que vous venez de voir, et ensuite le film même si chronologiquement ça devrait être la première chose à regarder. Si vous avez aimé Serial Experiments Lain (et pas qu’à cause de son héroïne) et que vous appréciez les séries psychologiquement intenses, je pense que ça devrait vous plaire…

 

 In Heaven <3
Repost 0

Présentation

  • : La mélancolie d'une otaku
  • La mélancolie d'une otaku
  • : Le WTF n'a pas de frontières ! Ou de la supériorité de la japanimation sur nos pauvre cerveaux. La mélancolie ? Ce qu'il y a de l'autre côté de la folie...
  • Contact

Accueil

 

 

Bienvenue dans ma faille spatio-temporelle

Blood
   

  Où me trouver sur l'internet :

Lastfm-kirika2

Twitter-kirika2.jpg

 

MAL-Yuka.jpg


FB.jpg
C'est tout ce que ça te fais quand je te dis qu'on va manger des crêpes ?

Aggregateurs :

samag.jpg

nanami.jpg

Rechercher

Patreon

 

Träumendes Mädchen

Catégories