29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 13:35

 

En réalité cela fait depuis très longtemps que j’ai envie de faire cet article et il a sans cesse été repoussé pour tout un tas de raisons (certaines indépendantes de ma volonté). Il aurait normalement dû voir le jour en février 2011, après Ongaku #2. Je comptais ne jamais faire de critique d’un album complet de A jusqu’à Z mais celui-ci en vaut largement la peine que je contrevienne à cette règle tacite. Sinon je m'excuse pour l'aspect peu pratique des extraits sonores mais les chouettes vidéos qui faisaient la traduction de Märchen avec un petit montage et toutes les informations nécessaires (références, seiyuus, qui chante quelle partie) et que je comptais utiliser ont bien entendu été bloquées par Youtube et il a fallu que j'upload les pistes sur Puush pour vous permettre d'écouter quand-même (parce qu'un article musical sans musique c'est un peu con).

 

Marchen 011

 



Back in the past
Pour commencer il faut savoir que je suis tombée sur Märchen par hasard au début de l’année 2011. Le dernier single de Sound Horizon (si vous ne connaissez pas encore ce groupe, allez lire mon article dessus fissa, bande de garnements) étant déjà sorti automne 2010, je n’attendais pas leur nouvel album avant un paquet de mois et mes dernières expériences avec le groupe m’ayant laissé un goût amer, je ne l’attendais que très froidement en me disant que ce serait probablement le dernier Sound Horizon que j’écoutais. Et en constituant mon calendrier de sorties en OSTs, surprise, le dernier album était déjà paru en décembre 2010 et non sur le thème « Conquistadores » comme prévu mais sur les contes des frères Grimm, un sujet éminemment séduisant. Je me suis jetée un peu à reculons dans l’aventure, à la fois inquiète de voir ce que Revo avait bien pu fabriquer, et intéressée par la culture germanique (l’allemand est ma 1e langue vivante donc fatalement je comprends mieux l’allemand que le japonais) et l’aspect contes de fées. Le choc aura donc été d’autant plus puissant. Et des choses à dire sur cet album, j’en ai à foison !

 

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Une structure finement élaborée
Avant même d’invoquer la musique, il convient de parler de la structure de Märchen (qui, je le rappelle, signifie « contes » en allemand). Comme l’histoire reprend exactement là où se terminait le single Ido e Itaru Mori e Itaru Ido (déjà mentionné la dernière fois et que je n’avais que moyennement apprécié), je me suis demandée pourquoi avoir séparé en deux ce qui était censé former une unité. J’ai vite compris. L’album repose en fait sur un savant jeu d’échos. La première piste, Yoiyami no Uta (Chant du crépuscule), très sombre, entre ainsi en résonnance avec la dernière piste Gyoukou no Uta (Chant de l’aube) lumineuse. Dans cette boucle de 9 chansons, 7 sont centrées sur 7 personnages, toutes des filles décédées de manière tragiques, dont l’histoire est liée aux 7 péchés capitaux. Les deux premiers et les deux derniers contes encerclent un trio un peu spécial puisque la 4e mélodie, sur Blanche-Neige, est profondément liée à la 6e mélodie sur la Belle au Bois Dormant : toutes deux sont des princesses endormies pour l’éternité qui font face à une méchante sorcière et sont sauvées par le prince courageux. Et justement la sorcière est doublée dans les deux cas par Miki et le prince dans les deux cas par Yume Suzuki. Le thème du prince se retrouve également sous une forme identique dans les deux chansons. Et dans cette enclave spécifique, la 5e chanson se démarque de tout l’album en ce qu’elle raconte une histoire aussi tragique que les autres mais sur une musique pop et enjouée, ce qui fait qu’on s’y perd un peu sans les paroles. En outre, ces trois héroïnes seront les seules à revenir des limbes où elles étaient prisonnières. La structure a été tellement finement élaborée qu’effectivement, on comprend mieux que Revo ait voulu séparer Ido dans une sorte de single faisant office de prologue.


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L’histoire
La marque de fabrique de Sound Horizon est de bâtir leurs albums autour d’intrigues souvent très sombres et riches, Märchen n’échappe pas à la règle mais pour mieux comprendre ce qu’il se passe, il convient de rappeler le contenu du prologue, Ido e Itaru Mori e Itaru Ido. Celui-ci propose en réalité une histoire à rebours en commençant par la fin et en remontant progressivement vers le début tout en se permettant des sauts temporels. Je vais tenter de remettre cette chronologie un peu en place. La première moitié de Kanojo ga Majou ni natta riyuu nous conte l’histoire d’une femme du nom de Thérèse (interprétée par Miki) qui vit dans une Allemagne médiévale en compagnie de son petit garçon, März, qui est albinos et fut malvoyant à sa naissance. Elle possède des connaissances très poussées en médecine, si bien qu’on vient régulièrement la consulter pour soigner les maladies. C’est ainsi qu’elle sauvera un soir la petite Elisabeth, fille unique d’une femme riche, et également le fruit d’un inceste (son père est aussi son frère).


Les deux enfants ont sensiblement le même âge et deviendront amis (d’autant plus que Mär est guéri de sa cécité pour dieu sait quelle raison). C’est ce que chante une Elisabeth grandie (à travers la voix de Joelle) dans Kono semai torikago no naka de. Elle a la nostalgie du passé, de cette enfance solitaire où on la séquestrait pour qu’elle fasse une bonne future épouse et où seules les visites de son ami la consolaient. La réputation de Thérèse commence à vaciller et on murmure qu’elle exerce la sorcellerie, aussi pour se protéger, elle va vivre avec son fils dans la forêt, forçant März à dire adieu à Elisabeth. Il reçoit d’elle une petite poupée à son effigie et la promesse de se revoir. On revient dans le « présent » alors que la jeune femme est priée par son frère/père d’entrer.

 

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La suite on l’apprend dans Hikari to Yami no douwa alors que März, sa poupée à la main, s’apprête à rentrer à la maison. Deux hommes le suivent et demandent à voir sa mère, l’enfant, naïf, s’exécute et condamne sans le savoir sa famille. Les brutes brûlent sa poupée et la lancent, ainsi que lui, à travers la fenêtre. L’albinos s’écrasera dans le puits où il mourra brutalement tandis que sa mère, Thérèse, se bat bravement mais finit capturée. Son sort est exposé à la fin de Kanojo ga Majou ni natta riyuu où elle est brûlée pour sorcellerie en place publique. Avant de rendre l’âme, elle s’excuse de ne pas avoir pu sauver son fils qu’elle aime, et tourne sa haine envers ceux qui l’exécutent en se promettant de devenir une véritable sorcière qui se vengera. Le prologue se conclut sur son rire maléfique qui se mue en cri de souffrance.

 



Yoiyami no Uta
Crépuscule

 

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Passant maintenant à la critique en elle-même, qui sera laborieuse vu la richesse du matériau de base. Comme souvent dans les derniers Cds de Sound Horizon, Revo a tendance à se réserver une première piste très rythmée. Märchen ne fait pax exception à la règle mais quelques surprises nous attendent au tournant ! Après les dernières secondes d’Ido accolées en intro angoissante (c'est-à-dire le cri déchirant de Thérèse sur son bûcher), le narrateur allemand, Sascha commence un décompte inquiétant tandis qu’une voix aiguë monte en puissance et que les dernières paroles de Thérèse confirment sa vengeance. La bulle finit par éclater vers 0:45 où le « aaaaaah » angoissant se mue en un étrange « Aishiteru » (Je t’aime). Soudain un piano, puis la batterie, la guitare électrique et des violons entrent en scène et Revo commence à chanter (c’est lui le personnage principal). Il se serait arrêté là, Yoiyami no Uta aurait été une intro traditionnelle à la Sound Horizon. Mais le coup de génie du compositeur aura été d’introduire des reprises d’airs classiques célèbres dans le morceau et de les coller ensemble dans une harmonie surprenante.

Certains ont reconnus l’air de la Lettre à Elise de Beethoven. Or la jeune fille que l’on entend (Hatsune Miku en version chantée et sa doubleuse Saki Fujita sans effet synthétique lorsqu’elle parle normalement) se nomme Elise dans l’histoire. C’est la poupée confiée à l’albinos par Elisabeth qui prend vie en recueillant l’âme de Thérèse et se réveille aux côtés d’un März adulte qui a fusionné avec l’esprit malveillant qui résidait dans le puits, un certain Idolfreed mort de la peste, et en ressort amnésique. Désormais sous le nom de Märchen von Friedhof, il va accomplir sa mission d’esprit vengeur en répandant la mort autour de lui. L’anecdote est que le titre initial de la Lettre à Elise était justement « Für Thérèse » qui reflète donc la transformation de la sorcière en poupée. Revo n’a pas fini de nous surprendre niveau références !

 

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Yoiyami no Uta continue donc dans sa lancée (avec quelques chœurs en fond) lorsque Märchen von Friedhof invite les morts à se soulever pour se venger. 7 jeunes filles répondent à l’appel et entament un refrain sous forme de leitmotiv en allemand proprement envoutant. Niveau déclinaisons (mon côté germaniste, que voulez-vous) j’ai noté une petite erreur mais bon on s’en fout, c’est beau. A 3:46 et 5:21 et donc les 7 cadavres chantent « Kommt, die Nacht kommt ». C’est presque trop court j’ai envie de dire. Mais voilà 5 minutes se sont déjà écoulées et on arrive seulement au milieu de la piste. Et la suite sera encore plus jouissive (et ça parait pourtant impossible) : de 6:15 à 6:38 l’Ode à la joie, toujours de Beethoven. L’Ode à la joie. Version rock. Et en allemand bien sûr. Un pur orgasme auditif. Et comme ça ne dure que quelques secondes on reste totalement sur sa faim en plus. Revo est machiavélique. S’en suit une reprise très réussie de des Tableaux d'une Exposition de Moussorgsky puis de Fantaisie-Impromptu de Chopin au piano. Et à peine remis du choc de la 9e symphonie, un chœur s’élance et s’interrompt. Petit flashback avec le puits (Ido) qui parle à März (mort enfant et « ressuscité » adulte) et lui propose d’une voix monstrueuse et lugubre de fusionner. Les cris qui suivent ne nous laissent aucune illusion quant à la souffrance du processus. Et là… Hatsune Miku (dont je ne suis pourtant pas fan à l’origine) qui ne fait qu’une discrète apparition a son petit moment de 7:50 à 8:18 sur ce qui ressemble énormément à l’Antre du roi de la montagne dans Peer Gynt. Visiblement je ne suis pas la seule à avoir noter les similitudes mais Revo n’a indiqué l’inspiration nulle part. Pourtant ce crescendo si familier… En tout cas ce passage est encore plus énorme que l’Ode à la joie. On repousse les limites de l’impossible. Les 10 minutes passent à une vitesse affolante, c’est dingue.


Après une entrée en matière aussi extraordinaire et géniale, j’ai eu très peur que le reste ne soit pas à la hauteur. Si, certes c’est toujours Yoiyami no Uta que je préfère, l’album tout entier est juste énorme. A partir de là nous sommes entraînés dans le cercle des vengeances. Et chaque chanson (sauf la dernière, je l’ai déjà signalé sur le paragraphe concernant la structure) débutera par un petit prélude où Revo/Märchen intime à la victime de chanter pour lui. Celle-ci lui raconte alors son histoire, comment elle a été tuée, et lui propose une solution, souvent sanglante avant de conclure avec un mini-dialogue avec Elise où tous deux commentent leur travail.


Kakei no Majo
Péché : La gourmandise

 

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La première piste est la complainte d’une nonne qui a été abandonnée par sa mère très jeune à l’époque où elles vivaient toutes les deux dans la forêt parce qu’elles étaient trop pauvres. Elle essaye de se souvenir des jours heureux, avant que le couvent qui l’avait recueilli ne soit attaqué. Les premières secondes à la flûte de 0:27 à 0:40  sont charmantes, puis résonne la voix de Kanami Ayano qui interprète la nonne. J’avoue avoir beaucoup de mal avec son timbre et le début de la piste est un peu fade pour mes goûts, surtout que l’instrumentation se fait bien discrète. Heureusement entre 3:34 et 3:50 la guerre éclate et nous dévoile une sublime parenthèse au violon et à la guitare sèche où la voix partant dans les hauteurs de Kanami Ayano semble davantage à sa place. Le tout se dynamise un peu mais ce n’est que vers 4:30 quand la nonne retourne dans la forêt pour voir sa mère et se retrouve face à une vieille femme qui ne la reconnaît pas et qui semble à moitié tarée, pour vraiment profiter de la montée de tension violons/guitares (pour cause, elle fait la narration et ne chante plus). Elle est alors empalée sur un autel. S’en suit une courte envolée de Miki (qui joue la vieille femme) de 4:58 à 5:32 sous un air lent de batterie et de guitare électrique qui est franchement sympa et inaugure du bon.

Sauf qu’après que Märchen ait déclaré le cercle de la vengeance enclenché, on découvre ses instruments : Hansel et Gretel. Ce sera donc notre conte subverti. Le problème c’est que les deux gamins sont un peu insupportables et que le passage où la vieille femme vante sa maison « en sucreries » ne rend pas bien justice à la voix de Miki. Il faut vraiment attendre 7:58 pour retrouver une fibre épique lorsque le fantôme de la nonne, qui a guidé les enfants vers son ancienne maison, raconte combien ils s’empiffrent sur des pointes de violons et de batterie. Hansel et Gretel décrètent alors de leur propre chef que leur hôte est une sorcière et, toujours poussée par l’esprit de la nonne, lui foutent un coup de pied bien placé lorsqu’elle ouvre la porte de sa grande cheminée. Elle pousse un cri ardent et brûle donc vive. Ce qui est intéressant c’est qu’il n’est dit nulle part qu’elle voulait les manger ni qu’elle était méchante, elle était donc parfaitement innocente cette fois et les vrais méchants sont les deux gosses. A noter que le thème de la vengeance, qu’on retrouve à la fin de toutes les pistes, est ici étouffé par la narration d’Hansel et Gretel.
Une piste qui est loin d’être mauvaise mais qui se révèle plutôt moyenne en comparaison du reste de l’album. Comme ça on pourra mieux apprécier la suite vous me direz...


Kuroki Joshou no Yado
Péché : L’avarice

 

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Cette seconde piste ressemble à bien des égards à la première dans le début de l’histoire (une jeune fille pauvre, la guerre) mais largement améliorée. Les premières secondes de 0:17 à 0:30 dévoilent cette fois-ci des chœurs lugubres d’enfants avant de basculer vers notre nouvelle héroïne : une humble paysanne. REMI adopte pour l’occasion un dialecte un peu particulier en avalant les syllabes pour mieux sonner provinciale, sa voix reste malgré tout très pure et rappelle volontiers que c’est une excellente cantatrice, surtout dans le passage suivant de 1:46 à 2:38 où elle se fait le témoin d’une guerre sanglante et épique à grands coups de violons, de batterie et de bruitages d’explosion et de cris. Et puis la jeune paysanne est vendue à une auberge dont la propriétaire est interprétée par nul autre que Jimang. En travelo donc. Comme d’habitude il fait très bien le pitre et sonne toujours s’il était très vieux mais je ne peux toujours que difficilement supporter le résultat. Reste qu’il sait mettre de l’ambiance et joue très bien son rôle. Vient ensuite le moment décisif où la propriétaire se rend compte qu’elle n’a plus rien à offrir à manger à ses clients et décide de purement et simplement s’absenter pour aller piquer les organes des pendus. Ce n’est jamais précisé dans la chanson mais on peut plus ou moins le deviner à travers le conte d’origine, parfaitement méconnu, L’homme de la potence. Il y a donc un vent de panique entre 4:14 et 5:07où Jimang commet l’irréparable, sert son client puis affirme que piller les cadavres c’est très bien (il n’y a pas de petits profits), le tout sur fond de violons, de guitare et de batterie, comme précédemment, puis avec un accordéon. Et puis, sans qu’on sache pourquoi, la serveuse se pend (ou est pendue, impossible de déterminer si c’est un homicide) et REMI nous entonne un petit requiem bien sympa avec simplement un peu de piano et de guitare.

La serveuse revient ensuite d’entre les morts grâce à Märchen et le thème de la vengeance éclate alors vers 5:58 dans toute sa puissance avec un mélange exlosif de guitare électrique et de batterie sur lesquels s’ajoute le chœur d’enfant (qui répète « toctoc, toctoc ») et même de l’orgue jusqu’au paroxysme de la chanson. Et là, REMI déclare simplement « Rends-moi mon foie » et Jimang hurle. Tout simplement jouissif.


Garasu no hitsugi de nemuru Himegimi
Péché : L’envie

 

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Cette fois-ci le conte de fée nous est très clairement expliqué dès le début et il s’agit de Blanche Neige. Revo a choisi de coller à la version qui la décrit comme une enfant, c’est donc une petite fille qui chante, la jeune Tomoyo Kurosawa qui jouait déjà un rôle mineur dans le précédent album, Moira. Elle devait avoir 13-14 ans au moment de l’enregistrement et, à ma grande surprise, je trouve que sa voix, même si très haut perchée, n’est pas si désagréable. Son monologue introductif où elle précise son histoire est calme, simple mais plutôt bien joué. Elle est régulièrement interrompue par Miki, qui cette fois fait la belle-mère, chantant devant son miroir (et c’est Jimang le miroir) et contemplant sa beauté. Un léger crescendo nous mène au moment fatal où le miroir avoue que c’est Blanche Neige la plus jolie et s’en suit un passage guitare/violons (+batterie à la fin) de course-poursuite entre elle et le chasseur (encore Jimang) de 2:34 à 3:26 entraînant à souhait. Pour continuer dans l’excellence le thème que l’on entend brièvement de 3:27 à 3:43 lorsqu’elle erre dans la forêt jusqu’à la maison des 7 nains est franchement bon. Un peu de batterie, du piano, et on a envie de danser. Thème malheureusement trop court. Mais déjà l’arrivé des nains entraîne une scène comique tout aussi entraînante. Et comme Revo est vache, il a inclut un passage secret de même pas dix secondes en plein milieu vers 4:20, passage qui parle d’un certain Idolfreed. Mais évidemment on ne l’entend presque pas parce que cette narration est écrasée par ce que raconte Tomoyo Kurosawa. A vrai dire, il faut tendre l’oreille pour comprendre que ce ne sont pas les nains.
Après une telle effervescence on en revient à une mélodie plus calme lorsque la sorcière vient offrir une pomme à Blanche-Neige (et comme d’habitude Miki a une voix intense qui transperce tout).

Quelle sera la vengeance pensée par Märchen ? Eh bien, puisque la princesse est plongée dans un sommeil éternel, elle n’est techniquement pas morte et peut donc revenir sur terre. Pour cela, elle a besoin...d’un prince. C’est ainsi qu’à 5 :58 nous est introduit un passage purement épique où Yume Suzuki nous joue un prince en quête désespéré de trouver la femme parfaite. Sa voix colle admirablement bien et a un petit quelque chose d’étrange et de viril à la fois. Je vous conseille d’écouter d’abord avant de lire ce qui va suivre. En effet, Yume Suzuki est...une femme. Je crois que je n’ai jamais entendu un prince aussi « charmant », elle est juste parfaite dans le rôle. Dès le moment où le prince pénètre dans la forêt jusqu’à se trouver devant le corps sans vie de Blanche-Neige on peut entendre de 6:47 à 7:00 le même thème que de 3:27 à 3:43 mais réarrangé de manière plus dynamique et avec la superbe voix du prince. Comme dans le conte, le cercueil est renversé et la jeune fille revient à la vie. S’enclenche alors le thème de la vengeance joué à l’orgue et au violon tandis que  l’héroïne répète les toutes premières paroles de la chanson mais en changeant certains mots de manière macabre. Dans une sorte de leitmotiv, voilà de nouveau Miki qui brûle puisque la belle-mère est forcée de danser avec des chaussures brûlantes jusqu’à sa mort. Les rires maléfiques de Tomoyo Kurosawa se superposant aux cris ont de quoi faire peur.

Une piste tout simplement magistrale qui se conclue cependant par une légère ambiguïté puisque le prince réagit à ce spectacle par une réflexion de désarroi dont on ne sait ce qu’elle représente (trouve-t-il que la belle Blanche-Neige est une garce ? que la méchante fait bien de crever en public ? mystère).

 


Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido
Péché : La paresse

 

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Désolée, j'ai pas trouvé meilleure qualité pour l'image

 

Revo aime les contrastes et il lui arrive de temps en temps de raconter les plus atroces supplices avec des mélodies joyeuses (comme  la célèbre Yield de l’album Elysion où une fillette décime sa famille avec une bonne humeur à toute épreuve). C’est le cas Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido qui a de quoi dérouter. Au début j’ai même cru, avec mes faibles compétences en japonais, que c’était l’histoire d’une idol qui mourrait sur scène, mais pas du tout.

Une paysanne sans nom, interprétée par Ceui, entonne un couplet plein d’énergie sur fond de batterie et guitare électrique tandis qu’elle nous raconte qu’elle est régulièrement maltraitée par sa belle-mère (tiens, encore doublée par Miki) et sa demi-sœur suite à la mort de son père (il aurait disparu dans un puits...Idolfreed ?). De bout en bout la chanson reste excellente et rythmée mais précisons quand-même ce qui arrive à cette brave fille : elle fait tomber son fil dans le puits et sa famille lui ordonne dans le très bon passage de 2:45 à 2:53 où on entend un peu de Miki d’aller le récupérer. Et elle se noie. Elle se noie mais visiblement elle devait être tout juste entre la vie et la mort quand Märchen est intervenu parce qu’elle se réveille alors dans un nouveau monde qu’elle croie être le paradis et se révèle être le monde de Frau Holle avec les pommes et les pains qui parlent et lui demandent d’accomplir des épreuves. La brave fille s’exécute sans réfléchir et entame de chanter et de danser en même temps comme s’il s’agissait d’un concert. Ainsi de 4:37 à 5:21 on peut entendre un superbe final très pop-rock. Frau Holle (Azumi Inoue, qui a une voix très "maternelle") intervient alors en personne et offre un marché à la demoiselle : elle devra travailler pour elle. Comme c’est une bonne magicienne, Frau Holle n’hésite pas non plus à récompenser la jeune fille qui s’en retourne chez elle couverte de poussière d’or. La vengeance ? La belle-mère va demander à sa propre fille d’aller aussi dans le puits et même si ce passage est coupé, ceux qui ont lu le conte savent qu’elle ne va rien foutre et que Frau Holle va la punir pour sa paresse : elle reviendra couverte d’une substance gluante noire impossible à enlever. C’est là que résonne le thème de la vengeance alors que l’héroïne se moque allègrement du malheur de sa sœur. La piste est alors rehaussée de quelques chœurs et reprend son aspect pop. Un mélange surprenant mais diablement efficace.


Bara no tou de nemuru Himegimi
Péché : L’orgueil

 

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On reprend sensiblement la structure de Blanche-Neige avec cette fois-ci la Belle au Bois Dormant, interprétée par Mikuni Shimokawa. Elle monologue aussi sur son histoire mais sa voix épurée est parfois interrompue par de brefs instants où résonnent «  Siebten Schuld » (7 péchés dans un allemand approximatif) et il y a un passage à la flûte magnifique de 1:00 à 1:16 en plus (ce qui change TOUT, avouez-le). On passe alors au banquet en l’honneur de la naissance de la princesse où -devinez qui brille- la méchante sorcière (Alte Rose) s’invite jouée par nulle autre que Miki, décidément déchaînée, qui livre encore une fois une prestation de qualité à partir de 2:32. La même doubleuse que Frau Holle intervient en tant que fée rivale et le duel se conclut comme il se doit sur un pari sur le temps de vie de la princesse. On en revient au monologue et de 4:00 à 4:24 débute un lent morceau de batterie qui reviendra plus tard. La suite, tout le monde la connaît, la princesse se pique sur le rouet et tombe mortellement endormie.

Et comme pour Blanche-Neige, Märchen dépêche un prince pour la réveiller. A 5:20 résonne donc le thème du prince avec Yume Suzuki toujours très en forme. Sa tirade est interrompue par le chant d’une rumeur qui lui souffle l’existence d’une magnifique princesse endormie. On peut alors entendre de 7:07 à 7:20  la même mélodie que de 4:00 à 4:24 de manière plus dynamique. On repart directement sur le thème de la vengeance qui s’amorce doucement avant de se déchaîner avec de la flûte en bonus. La princesse réveillée par le prince chasse Alte Rose de son royaume et subit sa dernière malédiction qui est en réalité une référence à la piste Majo to Rafurentse de l’album Elysion et qui dit qu’elle va abandonner son enfant dans la forêt (où il sera recueilli par la sorcière Old Rose).


Aoki Hakushaku no Shiro
Péché : la tortu…euh luxure

 

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L’effusion de qualité ne semble jamais vouloir s’arrêter maintenant qu’elle est lancée. Notre prochain conte est celui de Barbe-Bleu mais raconté non pas par sa dernière femme (celle qui lui survit) mais la précédente. C’est Minami Kuribayashi, qu’on avait déjà pu entendre à loisir dans l’album Moira, qui l’interprète. Après un prologue résolument effrayant et rock, les débuts se font soudain hésitants, Minami Kuribayashi semble douter, sa voix est faible, alors qu’elle constate que sa robe préférée est devenue rouge. Soudain elle réalise : c’est parce qu’il l’a tuée. Cette révélation soudaine entraîne un interlude rythmé tandis qu’elle livre son histoire, son mariage avec le terrible Barbe-Bleue que tout le monde craignait et que pourtant, elle aimait sincèrement. Sa complainte se fait alors touchante, des violons s’ajoutent à la batterie et à la guitare électrique. Puis de 3:14 à 4:50, au chœur du chaos, résonne la voix puissante d’Akio Otsuka (mais si, vous savez, Batou de Ghost in the shell, Rider de Fate/Zero et le seul mec intéressant de Paprika)  qui campe un Barbe-Bleu parfait, violent, torturé. Il se paye même le luxe de nous exposer comment il a tué ses femmes de 3:30 à 4:08 où les bruitages sont plus qu’explicites. Entre celle qui s’est fait brûler vive, celle qui a été enfermé dans une Dame de Fer et celle qui a été étranglée, il y en a pour tous les goûts !

La vengeance ? L’esprit de la dernière des femmes tuées souffle innocemment à la nouvelle épouse que derrière la porte interdite se trouve un fabuleux trésor (quelle pute) et la piste qui avait repris un rythme un peu moins soutenu se déchaîne de nouveau vers 6:02 lorsque la porte du cabinet s’ouvre, dévoilant les cadavres mutilés. Des chœurs accompagnent alors Minami Kuribayashi de 6:29 à 6:41 tandis que la femme de Barbe Bleu tente vainement de lui résister. La piste se conclut avec le combat des deux frères qui assassinent le tyran sur fond du thème de la vengeance, légèrement plus discret.


Haritsuke no Seijo
Péché : La colère

 

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Après une petite introduction avec des chœurs et du violon de 0:33 à 0:53, épique  comme il se doit, Joelle nous revient en tant qu’Elisabeth exactement là où s’était arrêté Kono semai torikago no naka de. Et pour changer, elle ne nous narre pas le passé mais bien le présent tandis qu’elle s’avance vers son destin. Débute alors un passage un peu jazz de 1:30 à 1:55, duo entre Revo et Joelle qui se font mutuellement écho dans leurs paroles : Märchen a oublié sa promesse, Elisabeth ne peut l’oublier. C’est alors en grandes pompes, avec trompettes et violons, que l’on découvre le père/frère de la jeune fille qui lui annonce qu’il lui a enfin trouvé un mari et qu’il serait temps qu’elle passe devant le curé. Ce à quoi elle répond qu’elle ne pourra jamais épouser quelqu’un qu’elle n’aime pas et qu’elle préfère encore mourir. Se lance alors son chant magnifique de 2 :25 à 3:38 , qui s’envole (son motif est celui de l’oiseau), comme un signe d’espoir, jusqu’à ce que le verdict tombe comme un couperet : puisqu’Elisabeth préfère mourir, elle sera crucifiée. Cette partie est visiblement adaptée d’un vieux conte que je ne connais pas donc je ne pourrais pas dire ce qui est original.

Cette fois, Märchen est coupé net dans sa vengeance tandis que la jeune fille affirme qu’elle n’en veut pas à son frère/père et qu’elle ne désire pas sa mort. Des échos de Kono semai torikago no naka de nous parviennent alors sur fond de violon et soudain, à 5:02 Joelle se remet à chanter. Sa voix gagne en puissance à mesure que l’instrumentation s’amplifie et que s’emballent les violons pour un passage volontairement larmoyant, une scène d’adieu. Et c’est bien le thème d’Elisabeth du prologue qui s’enclenche à 6:28 dans un dernier soubresaut et non le thème de la vengeance. Les paroles sont à la fois simples, universelles et touchantes : « Je suis juste Elisabeth, rien d’autre ». La piste pourrait se conclure ainsi mais non, à 6:55 on passe à quelque chose d’entièrement différent puisque Elise, la poupée, essaye de secouer Märchen, resté muet après les adieux de celle qu’il aimait et qui le remerciait d’être venu la voir une dernière fois. Evidemment il ne répond pas et elle commence à paniquer. La batterie et la guitare électrique introduisent une tension et révèlent bientôt la mélodie de Yoiyami no Uta tandis que Saki Fujita se met à vociférer de plus en plus fort jusqu’à ce que sa voix se disloque dans un son électrique comme un automate brisé. Et puis Märchen la ramasse et décide de tout arrêter.
Une très belle piste qui démontre tout le talent de Joelle et qui m’aura fait davantage aimé Kono semai torikago no naka de comme les prestations de Miki m’auront finalement fait aimé Kanojo ga Majou ni natta riyuu (particulièrement dans sa partie finale). Mais la clôture n’est pas encore là.


Gyoukou no Uta
Aube

 

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Pour finir Märchen (l’album, pas le personnage ; oui je sais, on s’y perd) en beauté, on bascule vers un morceau très différent de tous les autres puisqu’il n’est plus composé de fragments de mélodies bout à bout, ce qui le rend plus court. Il n’y a qu’une seule voix, celle de Revo, qui joue März au moment où il s’éteint définitivement, et répond, un peu tard, aux adieux d’Elisabeth. L’instrumentation est constituée de violons et de piano et commence calmement pour aller vers un crescendo de plus en plus épique où s’ajoute d’abord un peu de flûte pour faire bonne mesure, puis du tambour vers 2:37. De 2 :08 à 2:27 on peut entendre les échos de tous les personnages des pistes précédentes et du prologue et à 3 :06 ils rient même tous ensemble comme si März s’avançait vers le paradis. Soudain, à 3:58, le soufflet retombe et on entend un compte à rebours à l’envers. Tout à coup c’est le silence et Revo prononce une phrase très spécifique, que l’on pouvait entendre à 1:01 de Kanojo ga Majou ni natta riyuu lorsqu’il était enfant, marquant sa renonciation. La boucle est bouclée.

 



Conclusion
Le septième horizon qu’est Märchen représente réellement le chef d’œuvre de Revo (et Sound Horizon en général) : une intrigue riche, ambiguë mais pas totalement incompréhensible non plus, une structure fine, des références aussi bien musicales qu’anecdotiques à ses précédents travaux, des morceaux maîtrisés de bout en bout. Si je reprochais volontiers à Moira d’être un patchwork de fragments minuscule dont seule une minorité était sympathique et trop souvent submergée par le reste, Märchen est une mosaïque où chaque morceau est bon et où les plus excellents apparaissent dans toute leur splendeur. Musicalement abouti donc, et pour une fan de contes de fée comme moi, les versions proposés des contes des frères Grimm présentent également un intérêt certain. Le sieur Revo aura su me redonner foi en Sound Horizon, et ce de manière magistrale. Plus encore, il m'aura révélé Miki, nouvelle recrue que Moira n'avait pas su mettre en valeur. D’une certaine manière, Märchen conclue admirablement la carrière de Revo et je ne peux que chaudement vous recommander d’y jeter une oreille.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 22:40

J’avais précédemment signalé en répondant à un commentaire d’Aer (que je sais fan en la matière, n’est-ce pas :p) ne pas me sentir capable d’analyser les samples de l’OST de Drakengard et je maintiens que c’est trop compliqué pour moi. En revanche, je n’ai jamais dit que je ne pouvais pas aborder les pistes dans leur globalité =D. Et ça tombe bien parce qu’il y aurait des tas de choses intéressantes à mentionner !

 

Drakengard-05.png

 

Drakengard, ou Drag-On Dragoon chez nos amis nippons (un titre que je trouve terriblement moche mais passons) est un jeu développé par Cavia (les créateurs fous de Nier) et édité par Square Enix. Il est sorti sur PS2 depuis déjà un bon moment (2004) et bien que je n’ai pas encore eu le privilège de le tester, je suis en admiration devant son histoire très noire. Dans Drakengard vous n’incarnez pas une gentille bande d’adolescents trognons qui vont sauver le monde en répandant le bonheur autour d’eux, non, vous êtes plongés dans un univers médiéval sans pitié et apocalyptique où vos seuls personnages-repères seront des salauds, des fourbes et des psychopathes. Bienvenue en enfer !

 

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Je ne comprends pas pourquoi personne n'a inscrit Arioch au Grand Tournoi des Mamans : c'est vrai ça, une ancienne mère de famille complètement tarée aux penchants cannibales, c'est quand-même la classe !

 

Sans spoiler l’intrigue, je dirais que c’est surtout le système de pacte qui m’intrigue : ainsi, pour acquérir leur force extraordinaire, les protagonistes forment un accord avec des esprits pas forcément très amicaux à un prix exorbitant. Certains perdent la vue, la parole, ou plus sournoisement le temps (impossibilité de mourir), voire la capacité de procréer. Ce qui n’annonce rien de bon quand on voit combien ce sont tous des cas sérieux : le héros est une brute sanguinaire qui aime assassiner à tour de bras, son meilleur ami a un sentiment infériorité tellement démesuré que ça en devient maladif, leurs compagnons sont une elfe cannibale complètement déconnectée de la réalité, un pédophile et un garçon pourvu d’un fort complexe messianique, et le seul homme à peu près présentable du tas est un lâche de la pire espèce. Leur but ? Sauver la princesse ! Sauf que la déesse en question détient l’équilibre du monde sur ses frêles épaules et que si on n’arrive pas à temps pour la sauver, c’est un peu une fin inéluctable qui nous attend.

 

Drakengard-01.png

Furiae, la princesse à sauver...enfin, en théorie

 

Inutile de vous dire qu’avec des prémices pareilles, Drakengard est un jeu violent (déconseillé aux moins de 16 ans si je me souviens bien), incroyablement sombre et qui ne plaira pas à tout le monde, surtout qu’il a beaucoup vieilli. La particularité du titre c’est qu’il possède une bande-son assez expérimentale. Takayuki Aihara et Nobuyoshi Sano, les deux compositeurs, ont retranscris le malaise profond du scénario à travers la musique, et le résultat est très spécial : la plupart des pistes sont des assemblages de samples de musique classique mis en boucle dans un rythme frénétique qui pousse presque au massacre. Certains aimeront, d’autres détesteront, mais il faut avouer que c’est un parti-pris très intéressant. Comme le style varie peu d’un morceau à l’autre, il est fastidieux de se taper les deux OSTs à la suite parce que ça peut vite porter sur les nerfs, mais à petite dose, l’efficacité est redoutable (et j’ose à peine imaginer l’effet in-game, ça doit être dément dans tous les sens du terme). Je vais principalement m’attaque au second OST du jeu, riche en significations, et qui a ma préférence en ce qui concerne la qualité sonore.

 

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Mesdames et messieurs, notre héros. Avouez que ses yeux déments vous donnent envie de lui confier vos enfants !

 


 

Avant de commenter directement les pistes qui m’intéressent précisément, il me paraît plus juste de donner quelques exemples des morceaux brutaux qui composent 80% de la bande-son.

 

Drakengard-08.jpg

 

Sixth Chapter Sky (oui, tous les titres sont désignés par leur emplacement) en est un joli exemple. C’est probablement un des mélanges de samples les plus « joyeux » du lot, c’est vous dire le ton de la galette. Au programme du violon, beaucoup de violon, et encore du violon pour ceux qui trouveraient que ce n’est pas assez déchaîné.

 

Arioch’s Madness Sky (le chapitre dédiée à la cannibale tueuse d’enfants) est déjà nettement plus glauque, la présence des violons est complétée par des percussions étouffantes et des boucles particulièrement resserrées.

 

Ninth Chapter Sky, One est très certainement une musique épique avec ses choeurs hachés inaudibles qui viennent se joindre au duo déjà détonnant violons/percussions lentes. On peut aussi entendre de l’orgue par moments, ce qui rajoute un côté démonique bonus qui fait froid dans le dos.

 

On pense que ça ne peut pas être mieux et voilà que Tenth Chapter Above Ground démarre. Des percussions angoissantes, et hop on passe à une cascade de boucles de violons frénétiques ininterrompues qui s’enlacent les unes dans les autres jusqu’à former un véritable déferlement. Et quand des chœurs hachés s’en mêlent, on en frissonnerait presque.

 


 

Voilà un panel non exhaustif de ce que je trouve être les meilleurs alliages de Drakengard. Il y en a beaucoup d’autres mais ceux-ci me paraissent les plus forts, ou du moins ceux qui te prennent le plus à la gorge. Maintenant, ce dont je veux vraiment parler, ce sont justement les pistes minoritaires, situées tout à la fin de l’OST 2 qui, sans échapper tout à fait à ces codes, demeurent extraordinairement riches et un peu plus simples à saisir (parce que pour démêler les samples des morceaux violents, il faut être doué, ce que je ne suis pas).

 

Twelfth Chapter Final 

  Le douzième chapitre est l’un des tout derniers du jeu, la piste s’articule donc autour d’une idée très précise que j’énoncerai un peu plus tard. Au départ on pourrait penser que c’est un morceau rassurant en ce qu’il n’y a guère d’instrumentation, un battement de tam-tam lointain est couvert par un sample de chœurs féminins répétés en boucle, leurs voix traînent, on a presque un sentiment de protection, de cocon. Et puis très vite on se rend compte que des petits cris de bébés semblent ponctuer les échantillons. Pour un néophyte de Drakengard ça pourrait être rassurant, pour quelqu’un qui sait comment sont représentés les bébés dans le jeu, ça ne l’est pas du tout. Et puis surtout, ce morceau se révèle vite organique : le battement est de plus en plus audible et il ressemble à s’y méprendre au battement d’un cœur humain ! Ce qui rend la piste si particulière c’est que le dit battement s’accélère au fur et à mesure dans un rythme de plus  en plus effréné. Et, par instinct mimétique, votre propre cœur semble aussi s’affoler dans votre poitrine, comme une angoisse sourde.

 

Twelfth Chapter Final (unreleased)

 
Dernier titre de l’OST, ce petit bonus est une version probablement alternative à ce que nous venons d’entendre (la mention « unreleased » m’incite en tout cas à le penser). Beaucoup plus courte, la piste se trouve également beaucoup moins terrifiante dans le sens où pendant un long moment il n’y a que les chœurs féminins, sans aucun cri, et que les battements n’interviennent que plus tard et de manière très discrète, ce qui fait disparaître l’angoisse. Ce qui est intéressant c’est que le morceau s’achève sur un fondu avec un unique marmonnement d’enfant (et un marmonnement humain). La version bonus fait donc éclater le thème du douzième chapitre sur un mode apaisé : la naissance. Le bébé vient au monde, calmement. On comprend donc mieux la transformation ayant conduite à une naissance beaucoup plus chaotique et « indésirée » qui est celle de la version finale.

 

Thirteen Chapter Final

 
On ne le dirait pas au premier abord mais ceci est une musique de boss ! Etrangement c’est la piste la plus festive des deux CDs réunis avec ses sons de cloches qui se répètent et s’entrecroisent. En fait, dans la culture chrétienne on l’assimilerait facilement à une célébration, à un mariage ou un baptême. En un sens c’est bien le cas, le treizième chapitre semble la célébration d’une naissance amorcée par le douzième chapitre...une naissance maléfique.

 


 

Avec des morceaux de clôture pareils, vous vous dites déjà que le jeu n’est pas commun, mais le plus gros reste à venir. Drakengard possède 5 fins. Une première, une fois le jeu fini, conclut l’histoire comme il se doit, les autres étant déblocables au fur et à mesure dans l’ordre, offrent des conclusions alternatives plus morbides les unes que les autres. Il y a donc 5 génériques de fin différents, tous liés au scénario de manière profonde. A vrai dire l’histoire transparaît à travers la musique !

 

Road A Staff Roll

 
La première fin est une résolution relativement heureuse de l’intrigue, un happy end en quelques sortes (même si ce n’est clairement pas une fin absolument joviale), il apparaît donc normale que ce soit le seul tire relaxant du lot. Relaxant, pourquoi ? Déjà parce qu’il n’y a pas de samples, donc plus d’effet de coupure, de vitesse. Ensuite c’est une mélodie fort simple d’un instrument que j’identifierai comme une flûte (ou un saxophone), accompagné de violons et d’un beat léger, ainsi que de quelques cascades de harpe, il me semble. C’est une sorte de havre de paix qui incite le joueur à se détendre enfin après des heures de vrillement de tympans intempestifs. Cependant la piste semble s’achever dans une mini-explosion passablement inquiétante, comme pour nous dire que tout n’est pas fini.

 

Road B Staff Roll Exhausted

 
Seconde fin très clairement orientée sur le personnage de Furiae, la déesse protectrice à sauver (et accessoirement sœur du héros), avec la doubleuse qui lui prête sa voix, Eriko Hatsune, pour pousser la chansonnette. Le thème est cette fois-ci plus qu’explicité par le titre : « Tsukiru », « épuisée ». Ce sentiment très fort est magnifiquement retranscris par le biais d’un paradoxe musical : alors que le fond sonore est celui d’une boucle au violon particulièrement intense, la chanteuse semble murmurer les paroles. Sa voix est lancinante, douce et faible, comme si elle allait s’éteindre d’un instant à l’autre. Rejointe à intervalles réguliers par les échos enregistrés de sa voix, comme pour amplifier sa portée, Eriko Hatsune donne corps à la mélancolie de Furiae, obligée par son rôle de déesse de renier ses propres désirs. Et puis vers 2min, le sample s’interrompt brutalement pour une trentaine de secondes. Ce procédé sera répété vers la fin. L’effet est particulièrement efficace : on a véritablement l’impression d’une fatigue telle que la musique elle-même lâche prise, avant de se réveiller dans un sursaut tendu, les violons apparaissent alors sous l’angle de réactions nerveuses de l’organisme. Et puis la piste se perd lentement dans des échos, elle s’essouffle. Une fin avec un thème pareil, aussi complexe et humain, ne peut certainement pas être un happy end. Par rapport au générique A, on commence doucement à plonger...

 

Road C Staff Roll

 
La troisième fin a l’air de provoquer un retour en arrière musical, de revenir à la recette appliquée dans tout le reste de l’OST mais si on y regarde de plus près, c’est en réalité son aboutissement. Certes, on retrouve toujours un jeu de boucles à base de violons, de percussions et de quelques cuivres, mais avec un ajout assez significatif en plus : un son strident, difficilement identifiable, qui ressemble...à une alarme anti-incendie. Cela peut paraître anecdotique mais c’est à mon sens le pivot de ce morceau que ce bruit terrible qui nous indique une urgence insolvable. Tout le long du jeu, on flirtait avec les portes de l’apocalypse, cette fois-ci on y est, aucune machine arrière n’est possible. Il y a un aspect épique qui transparaît mais se fait régulièrement avalé par la sirène insoutenable qui finit seule gagnante tandis que résonnent des coups de cloches et que la piste s’enfonce petit à petit dans le mutisme. Le générique C est en un sens le surpassement de la fatigue du B, il faut se battre pour survivre, se battre jusqu’à la mort. L’espoir semble inexistant. Pourtant, ce n’est pas la fin la plus sanglante, ni la plus déprimante.

 

Road D Staff Roll

 
Dans un tel crescendo d’horreur et de violence, on pourrait s’attendre à ce que cette nouvelle piste soit plus brutale encore, mais que nenni, elle est même d’un calme absolu...et trompeur. Sans y prêter attention, on pourrait croire à une berceuse alors que pourtant la musique trahit ce que la fin un peu énigmatique du jeu ne dit qu’à demi-mots. C’est un assemblage de samples assez peu conventionnel à base de xylophone et de sons semblables à des horloges qui tournent en rond. Les notes se répètent encore et encore, jusqu’à mimer l’illusion d’une mécanique qui serait en marche avant de revenir au même rythme lent avec des samples de plus en plus serrés. L’effet est étrange, on a presque l’impression que la musique est « cassée ». En réalité, c’est bien le cas : la piste s’articule autour du thème du temps. Ce dernier est détraqué, il ne fonctionne plus. On dirait une montre agonisante dont les aiguilles avanceraient de plus en plus lentement jusqu’à stopper totalement leur course. Par rapport au générique C, celui-ci semble presque plus atroce dan le sens où les trémolos des violons de la précédente fin laissait au moins entrapercevoir une vie, un mouvement. Ici, il n’y en a pas, ou ils sont voués à se figer inexorablement. Le crescendo n’a pas été brisé, loin de là, il continue même son envolée.

 

Road E Staff Roll

 
Nous y voilà, à la dernière fin, la plus difficile à obtenir du jeu. Mettons-nous à la place du joueur un instant. Il a passé des heures à résoudre l’intrigue, des heures à découvrir ces versions alternatives, et plus il va loin, plus la situation empire. Il a voulu sauver certains personnages du trépas qui les attendait et se retrouve désormais à chaque fois empêtré dans une situation de plus en plus catastrophique. Et cette fois-ci ne fait pas exception. On pourrait même considérée cette fin comme un gros troll tellement elle est brutale et inattendue. Mais tout comme le générique D, le E se montre particulièrement sournois et transparent. Sous des dehors apaisants, la piste est terriblement angoissante dans le sens où il n’y a justement aucune musique. Rien, absolument rien, aucun instrument, juste des bruitages. Et des bruitages qui n’ont rien d’humains, ce sont des bruits industriels, des moteurs de voitures ou d’autres semblables à un portique rouillé qui grincerait. Or, il faut se rappeler que l’univers de Drakengard est situé dans une sorte de Moyen-Age, ces sons ne sont donc pas du tout naturels, ils sont même anachroniques ! A vrai dire, on croirait avoir affaire à un encéphalogramme plat. Pire que l’épuisement, pire que l’état d’urgence, pire que le détraquage du temps : la mort, pure et simple, le néant. La bande-son trahit donc la fin E aux oreilles attentives en nous montrant d’emblée que c’est la fin du chemin, le summum du crescendo, et qu’il est impossible d’aller plus loin.

 

(La fin E n’est par ailleurs pas sans rappeler la dernière fin disponible dans Nier par son côté choquant et déprimant)

 


 

Je pense que j’ai fait le tour de ce que je voulais aborder. Si vous appréciez la bande-son et que vous vous y connaissez en musique classique, ce sera avec joie que je vous pousserai à décortiquer ces fameux samples parce que leur construction est fichtrement complexe (c’est le moins qu’on puisse dire) ! C’est aussi la preuve que l’exercice demande de la créativité et du talent.

 

Sinon, j'ai mis à jour l'Eroge Mix du mois dans la colone de droite en continuant sur l'OST d'Aka Primitive (il y avait trop de morceaux que je voulais mettre) mais en se centrant cette fois sur les différentes chansons (avec des noms assez connus quand même). La prochaine fois, promis, je passe à autre chose !

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 17:55

En voilà un article que je voulais faire depuis longtemps, notamment parce qu’il soulève une question qui m’intéresse au plus haut point et qui n’est pas si fréquemment abordée.

 

Musique

 

Dans un précédent billet je comparais des pistes tirées de bandes originales d’animes et de jeux vidéo et j’y avais trouvé quelques ressemblances assez troublantes, surtout que plus j’essayais de faire des recherches, plus je débusquais de morceaux de musique similaires et plus le mystère s’épaississait. Alors que je commençais à désespérer, ma petite enquête me conduisit jusqu’à un forum où un internaute posait sensiblement la même question que moi. Sauf que lui obtenait sa réponse et elle fut lumineuse : les samples.

 

Depuis quelques temps ce phénomène m’intéresse en ce qu’il cautionne partiellement ma théorie de la transmutation littéraire en l’appliquant au domaine musical. Je me permets de m’auto-citer afin de vous éviter de vous farcir l’article en entier pour comprendre ce que je veux dire :

[...]Partir d’un bout d’une œuvre existante et y ajouter d’autres références et un peu de soi c’est de la création littéraire. Il faut bien avoir conscience qu’il est impossible au XXIe siècle d’inventer de la « matière première », tout a déjà été pensé avant par quelqu’un d’autre en somme. La littérature ne peut évoluer que si on dépasse cet état de fait en utilisant l’alchimie : on combine des matériaux anciens, du usé jusqu’à la trogne, pour en faire des mélanges innovants et nouveaux. L’inventivité réside donc dans le dosage et dans l’implication qu’on rajoute.

 

Les samples fonctionnent sur le même principe, ce sont des échantillons que l’on récupère sur un même morceau ou sur différents morceaux et que l’on modifie afin de créer quelque chose de nouveau. Evidemment si certains artistes font preuve d’inventivité et de créativité (je vous renvoie à l’explication du montage de One More Time de l’album Discovery des Daft Punk, c’est très intéressant), d’autres se contentent de copier un fond sonore et de rajouter un peu de beat et hop, ni vu ni connu, auquel cas on peut vraisemblablement parler de plagiat. Les samples sont partout dans le domaine musical au point qu’une grande partie des titres récents trouve ses racines dans des hits des années précédentes. Si le sujet vous intéresse, je ne peux que recommander la lecture (et l’écoute) du site Samples.fr.

 

Violon.jpg

 

Normalement, je ne devrais rien vous apprendre mais sait-on jamais. Ce qui m’intéresse ce sont les original soundtrack. Grâce à ce fameux commentaire, j’ai remonté la piste jusqu’à un produit nommé Symphony of Voices, une énorme compilation de quatre ou cinq CDs contenant des centaines et des centaines de samples de voix prononçant des voyelles, des assemblages de sons et différents bruitages, le tout en plusieurs variantes (femme, hommes, chorale de jeunes garçons, cela va du plus aigu au plus grave). Ce coffret, qui coûte tout de même la bagatelle de 500€, est donc une véritable mine d’or pour tous les musiciens en herbe. C’est ainsi que j’ai compris comment étaient constitués les chœurs « artificiels » (puisque techniquement ce sont simplement des samples agencées bout à bout dans un ordre précis) de mes morceaux préférés et donc pourquoi des chanteurs n’étaient jamais crédités sur ces pistes-là alors qu’on entendait nettement des voix. Un vrai musicien pourrait vous faire des démonstrations ingénieuses, et d’ailleurs les musiciens doivent déjà connaître ce genre de procédés, mais moi je suis une quiche, je me contente d’écouter bêtement sans trop comprendre comment cela fonctionne. Avec les samples, on entre dans les coulisses de fabrication et je trouve franchement fascinant de pouvoir déceler rien qu’un peu quelle a été la démarche de tel ou tel compositeur pour créer son titre.

 

J’en reviens donc à ce qui me tourmentait tant la dernière fois : les samples de choeurs grégoriens. Distribués dans des coffrets du même genre que Symphony of Voices, ce sont tout simplement des bouts de chants liturgiques célèbres qui sont interprétés par des chorales et que l’on retrouve absolument partout ! Avec mes maigres moyens j’ai réussi à réunir une petite compilation de toutes les utilisations que je pouvais trouver des chants les plus connus afin de dévoiler enfin pourquoi tant de pistes différentes utilisaient toutes les mêmes fragments et, accessoirement, de comparer comment tel compositeur a choisir de se servir de tel sample par rapport à tel autre.

 

Je crains que les musiciens ne jugent ce post ennuyeux vu que ça doit leur paraître évident mais ça permet aux amateurs de mieux saisir la construction de ses morceaux favoris et, à l’avenir, de peut-être mieux repérer à l’oreille les différents samples (depuis que je sais comment ça marche, je discerne bien mieux les échantillons à l’oreille donc ça me permet d’affiner ma culture musicale, j’en suis très contente, même si ça gâche un peu la « magie »).

 


 

Kyrie Eleison

Le Kyrie est un chant liturgique qui a la particularité d’être en grec et non en latin et il n’est composé que deux phrases « Kyrie Eleison » (Seigneur, prends pitié) et « Christe Eleison » (Christ, prends pitié) prononcées très lentement, ce qui en fait l’un des plus reconnaissables. La piste Kyrie de l’album Red Moon de Kalafina en est une référence directe et on peut entendre nettement un Kyrie Eleison se balader en fin de refrain. On le retrouve également dans un couplet de l’opening d’Elfen Lied, Lilium, pourtant intégralement en latin.

 

Ergo Proxy OST 1 - New Pulse (Mai 2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro

  On peut entendre le premier Kyrie résonner dès une minute. Le sample est utilisé en boucle de manière très planante sur une piste assez rythmée, ce qui donne un effet de contraste intéressant et crée une certaine tension. La partie qui suit le « aaaah » semble provenir du Agnus Dei que j’évoquerai plus tard mais elle est trop inaudible pour moi donc je ne peux pas confirmer.

 

Ergo Proxy OST 1 - Fellow Citizen (Mai 2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro

  Retrouver le « même » sample à quelques pistes de distance est assez inhabituel mais permet de voir comment Ike Yoshihiro a transformé le tout. On note que les premiers Kyrie sont bien plus graves et apparaissent dès le début du morceau, avant de céder la place aux mêmes entendus sur New Pulse. Le rythme est bien plus soutenu et assorti de divers bruitages peu rassurants qui créent une atmosphère bien plus étouffante, surtout quand les violons commencent à s’en mêler.

 

Episode « The Melancholy of Haruhi Suzumiya V» de Suzumiya Haruhi no Yuutsu (Juin 2006)           

Compositeur : Satoru Kousaki

Je n’ai pas pu ajouter l’extrait vu qu’il ne fait pas partie de la bande-son, on peut néanmoins le trouver en regardant l’épisode que j’indique, au moment où Koizumi montre à Kyon ses pouvoirs d’ESPER et qu’il rejoint ses camarades pour combattre un monstre géant.

 

Death Note OST 1 – Kyrie (Décembre 2006)

Compositeurs : Hirano Yoshihisa & Taniuchi Hideki 

  Celui-là n’est vraisemblablement pas un sample mais une version orchestrale du Kyrie (le titre est à cet égard des plus explicites), je l’ai surtout ajouté pour la comparaison. C’est le plus bref du lot dans sa durée totale et l’instrumentalisation demeure très discrète, seulement quelques violons légèrement angoissants et quelques coups de cloches pour cadrer avec le contexte religieux.

 

Sekai Satoyama Kikou OST - Where Every Life Is Beautiful (Décembre 2010)

Compositeur : Yuki Kajiura (Issu de The Works for Soundtrack)

  Et oui, Kajiura aussi a l’air d’aimer le Kyrie Eleison mais elle l’utilise de manière radicalement différente. Si les morceaux que je viens de vous présenter demeuraient surtout des morceaux de tension, Where Every Life Is Beautiful est au contraire un hymne à la paix et à la sérénité, preuve qu’on peut faire des choses très différentes avec ce fameux sample. Les chœurs se font un peu attendre puisqu’on a d’abord le droit à une atmosphère éthéré avec un petit beat très discret en fond surmonté d’un piano. Et puis après une minute interviennent enfin les « Kyrie » planants qui accompagnent à merveille la mélodie. On note aussi la présence d’un autre sample dont je reparlerai plus tard.

 



Miserere

 Le Miserere (Allegri) est un chant sacré issu du psaume 51 de la Bible lorsque le roi David, après avoir séduit Bethsabée, une femme mariée, se repend de sa faute. Le texte commence par « Miserere mei », soit « Prends pitié de moi ».

 

Juuni Kokki OST  - Sanctus Kihaku (2003)

Compositeur : Kunihiko Ryo



Cette piste est assez étrange en ce qu’elle se découpe en plusieurs temps, tous différents. La première partie est composée du chant magnifique d’une soliste parfois rehaussé de quelques murmures. Le résultat est d’une grande pureté. Seulement voilà, au bout d’une minute intervient une transition basé un autre sample dont je reparlerai, et après 1:30 le Miserere retentit de manière très crue. Il n’y a toujours pas de fond musical perceptible donc on n’a pas vraiment l’impression que Kunihiko Ryo a changé grand-chose. Heureusement que la soliste était là pour compenser.

 

Episode 1 de Black Cat (Octobre 2005)

Compositeur : Taku Iwasaki

Un gentil commentateur me l’avait signalé sur mon précédent article donc je le remets là car effectivement le premier épisode de Black Cat contient un Miserere accentué par un fort écho.

 

Basilisk OST III - Ki no Ko (Novembre 2005)

Compositeur : Takashi Nakagawa 

  Ki no Ko démarre comme une piste traditionnelle, avec un rythme lent, des violons et cet instrument à corde dont j’ai oublié le nom. C’est vers 1:18 que sont ajoutés les chœurs du Miserere. Le mélange fait un peu choc des cultures (surtout quand on voit quel est le thème principal de Basilisk : l’ère Edo) mais après tout, pourquoi pas ?

 

Dirge of Cerberus OST - Trigger Situation (février 2006)

Compositeur : Masashi Hamauzu 

  Le Miserere apparait très vite par-dessus des notes de piano très légères contrastées par des chœurs inquiétants que l’on peut entendre au loin et ne reste guère qu’entre 0:20 et 0:50, le temps d’introduire l’explosion. A partir de ce moment la piste se mue en morceau rythmé à base de violons, de cuivres et de batterie. Une utilisation à des lieux du Miserere « pur » de Sanctus Kihaku.

 

Ergo Proxy Opus 01 - Prayer (mai 2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro 

  Et oui, le premier OST d’Ergo Proxy n’avait visiblement pas fini de nous dévoiler ses perles. Un peu à l’instar de Masashi Hamauzu, Ike Yoshihiro se sert du Miserere de manière très brève, de 0:40 à 0:50, mais plus comme une sorte d’interlude angoissant dans une piste qui est déjà très lourde en percussions et en bruitages fantomatiques.


Ergo Proxy Opus 01 – Autoreiv Contagion (mai 2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro

  Ah, on me souffle à l’oreille que ce n’est pas fini et qu’il y a encore de l’Ergo Proxy au dessert. Le compositeur remet le couvert quelques pistes plus loin avec une variation toujours à base de percussions, dont un tam-tam qui fait des merveilles, mais qui comporte aussi quelques notes fugitives d’un début de mélodie malheureusement trop vite noyée. Elle avait pourtant un joli potentiel. A la place, on reste sur un morceau d’ambiance stressant à souhait. Vers 0:55 retentit un cri difficilement audible mais dont l’identité sera pleinement dévoilée dès 1:40 où l’on peut entendre le Miserere...à l’envers. L’effet est du coup des plus étranges et pas forcément très judicieux (je trouve la version renversée du chœur assez moche personnellement).

 

The 3rd Birthday OST - Into the Babel (2010)

Compositeur : Mitsuto Suzuki 

  Le crescendo du Miserere s’y prêtant plutôt bien, c’est encore une fois dans un morceau qui inspire la tension qu’on le retrouvera, mais pas tout de suite, il faut d’abord le mériter. L’instrumentalisation est toujours lourde en percussions mais comporte cette fois des paliers : aux battements frénétiques se succède un entracte au violon, l’instrument rejoint alors la composition avant d’inclure aux alentours d’1:55 des boucles de Miserere à l’intensité parfaitement dosée. On croit l’explosion finie et pourtant les Misere continuent encore, en repartant pour un nouveau crescendo, et après une pause, reviennent nous hanter pour de bon.

 


 

Agnus Dei

L’Agnus Dei (Agneau de Dieu) n’est pas un chant à proprement parlé mais une acclamation récitée au cours de la messe.

 

American McGee Alice OST - The Centipede (2001)

Compositeur : Chris Vrenna

L’OST du jeu American McGee Alice déborde samples de chants grégoriens, quasiment chaque piste possédant la même structure à base de rythme angoissant passant en boucle et agrémenté de bruitages pas rassurants, dont des voix éthérés (d’habitudes des « ooh » ou des « aah »). Pour celle-là, le compositeur a choisi de varier avec des Agnus Dei récités par des petits enfants angéliques. Sortis de leur contexte, on obtient une sorte de perversion malsaine : le fond est un mélange semblable à un compte à rebours, comme si une bombe allait exploser, altéré par quelques bruissements lugubres de créatures inconnus, allié à cette mélodie qui ressemble à de l’orgue. Entendre Alice pleurer par-dessus le tout n’arrange pas la sensation de diabolisme.

 

.hack//sign OST 2 – Open your heart Reprise (2002)

Compositeur : Yuki Kajiura

  Et là, changement total de registre. La chanson interprétée par Emily Bindiger était déjà très belle à la base et elle trouve dans cette version Reprise un second souffle. Des deux c’est celle-là que je préférais sans trop savoir pourquoi. Il y avait toujours ce côté éthéré, ce solo de saxophone formidable, cette ambiance chaleureuse comme agrémentée de clochettes. Alors qu’est-ce qui faisait la différence ? Peut-être justement dans ces chœurs d’Agnus Dei rajoutés régulièrement aux bons moments qui apportent une dimension supplémentaire au morceau et qui, cette fois, paraissent bel et bien angéliques.

 

Jyu Oh Sei OST - Grab the All (2006)

Compositeur : Hajime Mizoguchi

(J’ai prononcé le mot magique, je m’attends à voir apparaître un lapin d’un instant à l’autre)

  Je ne m’attendais pas vraiment à trouver un sample de chant grégorien dans l’OST de Jyu Oh Sei, force est donc de constater que c’est le seul qui traînait là. La mélodie de Grab the All est très lente, un peu comme une sorte de Requiem et les sons cloches qui accompagnent les Agnus Dei et les chœurs en général renforcent cette impression d’assister à un enterrement, ou du moins à un départ. A quelques intervalles les lourdes percussions se voient rejointes par un xylophone qui vient apporter une petite touche indéfinissable, comme une lueur d’espoir.

 

Sekai Satoyama Kikou OST - Where Every Life Is Beautiful (Décembre 2010)

Compositeur : Yuki Kajiura (Issu de The Works for Soundtrack)

Comme j’en ai déjà parlé un peu plus haut, je ne vais pas m’éterniser dessus. Il est juste à noter que des Agnus Dei viennent compléter les Kyrie Eleison, offrant du même coup une sorte de super-combo. 

 


 

Pange lingua

Pange lingua est une prière de Saint Thomas d’Aquin sur le Saint Sacrement de l’Eucharistie et…c’est à peu près tout.

 

Noir Blanc dans Noir – Church (2001)

Compositeur : Yuki Kajiura

  Church est la seule itération du Pange Lingua que j’ai pu trouver, bien cachée dans les bonus des BGM de Noir. Le chant en lui-même a été soumis à une forte réverbération qui donne un petit effet irréel. Le fond est quant à lui composé d’un alliage assez bizarre qui me paraît ressembler au cri d’un corbeau. Et toujours la présence de quelques sons de cloche, logique pour une musique qui se veut religieuse.

 



Round Loop

J’ignore à quoi correspond la « Round Loop » sinon à une série sans fin de « aaah » qui tourne en rond.

 

American McGee Alice - In-game Music (2001)

Compositeur : Chris Vrenna

  La Round Loop ne fait pas partie de la bande originale d’American McGee Alice mais on peut l’entendre dans le jeu lors du combat final contre la Reine de Cœur et inutile de dire qu’elle remplit parfaitement son office pour foutre la pétoche au joueur et démontrer la puissance de son adversaire tentaculaire. Le sample est alors utilisé à son plein potentiel, comme une boucle infernale rehaussée assez simplement d’une ligne de rythme avec quelques bruitages et tintements. La modification n’est pas énorme mais elle suffit à maximiser l’impact de la boucle.

 

Juuni Kokki OST  - Sanctus Kihaku (2003)

Compositeur : Kunihiko Ryo

Je me suis déjà étendue de long en large sur l’utilisation sur Miserere mais Sanctus Kihaku possède également un petit sample de Round Loop très discret, situé entre le chant de la soliste et le crescendo. Pas parfaitement audible, il semble surtout servir de transition et préparer les chœurs grégoriens.

 

Ergo Proxy Opus 02 - Busy doing nothing (2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro

  Encore du Ergo Proxy ! A l’instar de ce qu’avait fait Kunihiko Ryo, Ike Yoshihiro se sert surtout de cette petite boucle comme d’une transition. Elle retentit assez vite, vers 0:13 et dure à peine dix secondes. Paradoxalement la mélodie synthétique qui s’insère ne crée pas particulièrement de tension, elle est même plutôt planante. Du moins avant de s’enfoncer progressivement dans l’angoisse. A certains passages on peut entendre de fugaces réminiscences qui appartiennent probablement au Miserere mais c’est encore une fois trop inaudible pour que je puisse le confirmer.

 

The 3rd Birthday OST - Immortality of time (2010)

Compositeur : Mitsuto Suzuki

D’entrée de jeu la Round Loop nous accueille. Mais pas pour longtemps puisqu’un autre sample prend la relève de manière plus flagrante, je vais donc plutôt garder mon analyse pour la suite.

 


 

O Fortuna

A l’origine « O Fortuna » est un poème médiéval rédigé en latin qui s’adresse à la déesse éponyme, la déesse de la chance. Le manuscrit fait partie de la collection des Carmina Burana transformées en mélodies par Carl Off. La musicalité de ces deux mots en font une composition parfaite pour les morceaux de type « épique » et grandiloquent, d’où sa popularité.

 

The 3rd Birthday OST - King of Closing Time (2010)

Compositeur : Mitsuto Suzuki

  Normalement le O Fortuna est très courant mais je n’en ai pas débusqué d’autres alors je me contenterai de ceux qui se trouvent sur l’OST de The 3rd Birthday, plutôt bien fournie en samples. King of Closing Time se présente d’abord comme une piste assez éthérée et « vide » avec des bruitages et une louche de chœurs. Puis des percussions viennent introduire l’attente jusqu’à ce qu’enfin résonne l’explosion. C’est dans le dernier tiers qu’on peut entendre quatre itérations du O Fortuna et...la piste s’arrête déjà. Une utilisation un peu étrange dans le sens où le sample est plutôt utilisé en guise d’ouverture que de clôture d’habitude. Je ne suis pas parfaitement convaincue mais bon...

 

The 3rd Birthday OST - Immortality of Time (2010)

Compositeur : Mitsuto Suzuki

  On en revient donc à Immortality of Time alors que quatre itérations du O Fortuna prennent la place de la Round Loop. Pourquoi quatre de nouveau ? Aucune idée. Cette fois le sample est bel est bien une ouverture. La mélodie qui suit possède quelques ressemblances de structure avec King of Closing Time (en tout cas pour moi) mais elle est plus appuyée car des percussions sont là pour faire passer la tension. Et puis on a de nouveau droit à quatre itérations du O Fortuna, toujours quatre, et les percussions reprennent comme si de rien n’était. Autant l’utilisation du Miserere de Mitsuto Suzuki me paraissait excellente, autant je trouve l’inclusion de ces samples-là un peu particulière, mais soit.

 


 

Alléluia

L’alléluia est un chant liturgique bien connu qui a lieu durant la Messe.

 

Noir OST 1 - Corsican Corridor (2001)

Compositeur : Yuki Kajiura

  L’Alléluia est pourtant célèbre mais je n’ai pas trouvé d’autres utilisations pures (je reviendrai juste après sur l’autre « Alléluia » qui me turlupine pas mal) alors je vais me consoler sur Corsican Corridor qui est juste magnifique. Des chœurs artificiels ouvrent le bal sur une mélodie à l’instrument assez peu reconnaissable (est-ce de la flûte ?). Se succèdent alors vagues de pause à base de chant éthéré se concluant de manière un peu sombre sur un rythme de tam-tam et le fameux Alléluia et vagues de « flûte ? » jusqu’à la toute fin du morceau où l’on peut nettement entendre répéter l’allocution.

Ergo Proxy Opus 02 – Deus Ex Machina (2006)

Compositeur : Ike Yoshihiro

  Ah, Corsican Corridor n’est plus tout seul ! Ike Yoshihiro n’avait visiblement pas épuisé sa réserve de samples. Deus Ex Machina est constituée de chœurs lointains qu’une sorte de frétillement électrique rend presque nostalgiques. Et puis la voix d’une femme s’élève pour un chant qui n’a pas de langage par-dessus une ligne de rythme. Ce qui est très étrange c’est que la mélodie ressemble à s’y méprendre à celle d’Overture –Ristaccia dans l’album éponyme de Zektbach qui comprend aussi une soliste chargée de tristesse (écoutez de 0:48 à 0:58), et que je jurerai l’avoir entendu ailleurs (est-ce dans l'OST de Nier ou de Chrono Cross ?) ; une nouvelle enquête s’impose. Pour en revenir à nos moutons, l’Alléluia peut être entendu à partir de 2 :09. En réalité c’est un Alléluia grec donc complètement différent de celui qui a été inclus dans Corsican Corridor. J’avoue que je n’aime guère sa sonorité, je trouve que cette variante fait vraiment trop procession/messe/rituel, mais peut-être est-ce parce que je l’ai entendu à part dans un contexte différent...

 


 

L’Alléluia ( ?) maléfique

Celui-là me poursuivra encore longtemps. J’ai beau retrouver ce sample presque à l’identique dans plusieurs morceaux, je suis incapable de reconnaître le morceau d’origine, notamment à cause d’un effet de réverbération qui n’aide pas mon oreille déjà pas très expérimentée. On croit entendre Alléluia mais en y prêtant attention, les syllabes semblent étrangement prononcées. En bref, si quelqu’un a des informations sur ce sample, je suis preneuse.

 

Noir OST 1 – Les Soldats (2001)

Compositeur : Yuki Kajiura

  D’abord utilisé à l’état pur, le chœur ne tarde pas à être superposé à une base rythmée avec quelques coups de cloches et un entracte au violon. Le mélange est intéressant et fonctionne assez bien pour un thème d’organisation secrète religieuse.

 

Shadow Hearts II OST - Evil Gate Opener I (The Fortress Appears I) (2004)

Compositeur : Yoshitaka Hirota

  Il faut attendre une succession de chœurs incomplets pour entendre le Alléluia ( ?) et c’est en boucle qu’ils sont répétés sur une courte piste au rythme soudainement endiablé. Le tout se conclut sur le débordement d’un violon semblant annoncer une catastrophe.

 

 

Final Fantasy XIII OST Disc 3 - The Vile Peaks (janvier 2010)

Compositeur : Masashi Hamauzu

  Cette utilisation-là atteint un niveau supérieur d’élaboration/complication qui rend l’analyse plus sympathique puisque le morceau commence comme une courte boucle rythmique parsemée de murmures et de sifflets (d’autres samples que je ne connais pas mais qui rappellent Whispering Hills de l’OST de Noir). Des violons rajoutent un peu d’intensité avant de soulever le morceau jusqu’à ce qu’un sample supplémentaire vienne agrémenter le mélange. Les fameux Alléluia (?) viennent alors éclipser les murmures jusqu’à ce qu’une autre boucle plus légère prenne la relève avec toujours ces violons primordiaux, avant de céder de nouveau sa place à la première boucle. Le tout a un rendu exotique surprenant et beaucoup moins religieux. Une utilisation très intéressante donc.

 

The 3rd Birthday OST - Terminus Zero (décembre 2010)

Compositeur : Mitsuto Suzuki

  Terminus Zero comporte quelques légères similitudes avec The Vile Peaks (dont Mitsuto Suzuki était l’arrangeur, difficile de savoir quelle a été sa part dans la création par contre) dans la manière où elle inclut le sample. On assiste à des valses de violons survoltés accompagnant un rythme un peu particulier sur lequel viennent se greffer les chœurs fragmentés. Le résultat est plus que sympathique.

 



Amen

Amen est une acclamation signifiant « Ainsi soit-il ». Je n’ai pas trouvé des masses de variations alors je me contenterais de celle qui sont présentent sur la même OST :

 

Xenosaga II : Jenseits von Gut und Böse ~Movie Scene Soundtrack (2004)

Compositeur : Yuki Kajiura

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Puisque tous ces thèmes sont liés, autant parler des trois en même temps. Albedo version 1 est un morceau plutôt calme et angoissant avec un fond de violon et ces Amen qui reviennent en permanence comme un refrain halluciné. A l’inverse Strained Albedo version 2 semble paisible. Des tintements de xylophone et ce qui me semble être du piano font entendre une boucle mélodique planante où les chœurs ne sont plus que des échos lointains et inoffensifs. Cela pourrait très bien être une musique de rêve ou de promenade nocturne si le morceau ne s’assombrissait pas soudainement à sa moitié pour retourner à une variante plus rythmée d’Albedo version 1. Dommage, ça donnait presque envie de dormir. Presentiment J.R version 3 s’éloigne des variantes du thème d’Albedo en se composant d’une mélodie au piano assez typique de Kajiura où les chœurs servent surtout d’accompagnement. En tout cas jusqu’à 1:30 où une guitare émerge soudain avec son ami le violon et une guitare électrique pour se donner en spectacle.  

 


 

Voilà, voilà, j’ai fais le tour de ce que je connaissais. La liste n’est bien entendu pas exhaustive dans le sens où de tels samples sont tellement courants que vous avez tous dû les entendre au moins une fois quelque part. Si vous avez des exemples à rajouter en tout cas, je suis preneuse ; j’aime bien faire des comparaisons. Et puis ce phénomène m’éclaire sur pas mal de choses. Ainsi l’OST de Noir, le premier gros travail de Yuki Kajiura dégouline de samples, tout comme certaines de ses toutes premières compositions, probablement parce qu’à l’époque elle n’avait pas beaucoup de moyens à sa disposition, tandis que par la suite son utilisation s’est fortement réduite et elle a plus volontiers utilisé des chanteuses de son entourage pour soudainement pondre une nouvelle OST fournie en samples avec celle de Xenosaga II, probablement parce que c’était l’une de ses premières grosses commandes pour le domaine du jeu vidéo. De même, l’OST de The 3rd Birthday est sûrement bien chargée en échantillons parce qu’il s’agit de la première fois où Mitsuto Suzuki se voit remettre la charge de composer la majorité des pistes d’une licence très connue de Square Enix (Parasite Eve c’est pas rien). Comme il est de retour en compagnie d’autres compères pour celle de Final Fantasy XIII-2, j’espère qu’il va me donner de la matière en casant des samples quelque part. C'est que cela devient presque un jeu maintenant :3.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 01:25

Musique

 

On prend les mêmes et on recommence ! Etant donné que j’écoute vraiment beaucoup de choses en ce moment, il devenait urgent de parler à nouveau de mes coups de cœurs musicaux puisque, comme le montre le calendrier sur ma droite, il va y en avoir beaucoup, beaucoup d’autres en prévision =).

 

 

The Epic of Zektbach -Ristaccia-


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Jusqu’à il y a peu de temps je n’avais encore jamais entendu parler de The Epic of Zektbach jusqu’à ce que poussée par la curiosité, je me décide à réaliser une petite investigation pour découvrir d’où provenait cette jolie illustration représentant des jumeaux que j'avais brièvement apperçue sur Lastfm. Comme le hasard fait bien les choses ! Zektbach est en réalité le pseudonyme d’un certain Tomosuke Funaki qui a composé un certain nombre de chansons pour le jeu Beatmania IIDX que l’on peut donc retrouver ici dans ce premier album. Le ton est assez particulier puisque se mêle un aspect très fantasy avec des chœurs et une structure classique et un côté beaucoup plus techno.

 

Il y a tout de même des titres relativement calmes, comme le sublime Zeta, composé par la superposition d’un beat léger, de quelques notes de harpe et d’une voix envoûtante et caressante. Mais ce sont généralement les pistes « qui bougent » que l’on retient plus facilement.

 

 


 

Blind Justice, par exemple, qui est aussi sorti sous forme de MAD (voir ci-dessus) et raconte l’histoire de ces fameux jumeaux, débute par une mélodie de boîte à musique qui se mue ensuite en un air au piano pour prendre de plus en plus d’ampleur. Les voix douces et féminines se font plus fortes et on se retrouve très vite avec un mélange à base de clavecin, de violon et de beat. Vraiment très joli.

 

Apocalypse est un peu plus lente à se mettre en place et se cantonne à une femme qui chante en anglais par-dessus un piano, agrémenté de quelques violons, jusqu’à 1:40 où la piste jusqu’alors très calme prend finalement son envol pour redémarrer à 2:20 avec le même air doux, mais par dessus un mix techno bien rythmé comme il faut qui apparaît à intervalles réguliers, quand ce n’est pas dans une orchestration plus sombre.

 

Mais ma grande préféré reste Turii Panta Rhei où l’on peut reconnaître dès les premières secondes la voix d’Akiko Shikata, agréable surprise puisque c’est une chanteuse que j’ai plutôt tendance à affectionner. La piste est basée sur une série de chœurs qui s’intensifient au son des violons, avec toujours ce petit beat assez représentatif du style de Zektbach. La piste aurait pu se contenter de rester aussi belle tout du long mais de 1:47 à 2:06 le compositeur a eu le vice de placer un passage purement jouissif avec une instru de violon (toujours sur le même beat) à tomber par terre.

 

Overture -Ristaccia- suit un schéma similaire  à Blind Justice et Apocalypse mais c’est toujours du bonheur pour les oreilles surtout lorsque résonne le très beau thème principal de Ristaccia au violon vers la toute fin du morceau. Thème que l’on retrouve par exemple dans l’exotique Shamshir Dance aux sonorités orientales.

 

Rien à dire, je suis séduite par ce mélange et j’attends derechef le second album de Zektbach qui devrait sortir en mars prochain (décidément !) et où se trouvera vraisemblablement Raison d’être, une chanson magnifique à laquelle a aussi collaboré Akiko Shikata.

 

 

Shikkoku no Sharnoth Original Soundtrack

 

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Je l’avais déjà évoqué dans un des commentaires du Top 20 des meilleurs eroges mais comme je pense que tout le monde ne lit pas forcément jusque là, je me permets de résumer un peu ici. L’OST de Shikkoku no Sharnoth, un eroge de Liar Soft, a été compose par Blueberry&Yogurt et s’il ne brille pas par un aspect transcendant et extraordinaire, il se révèle du moins être plutôt agréable aux oreilles.

 

Ar maidin, par exemple, est une piste d’ambiance évoquant une ville fourmillante de vie qui se base dans des alternances entre cordes et flûtes, avec quelques touches de cornemuse irlandaise ça et là. Plutôt reposant donc.

J’adore Um thrathnona, subtil mélange de percussions discrètes sur un rythme doux à la flûte, repris ensuite au violon. Je trouve le résultat très doux et très mélodieux, idéal pour s’endormir :3.

Dans un registre complètement à l’opposé, Lacha chuana se présente comme un air très rythmé de batterie/guitare électrique avec des pointes de cornemuse irlandaise. Assez surprenant mais pas désagréable.

 

 

SQUARE ENIX BATTLE TRACKS Vol.2 SQUARE 1996-1998

 

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Encore une fois c’est une découverte que je dois à Role Playing Game dont j’apprécie toujours autant la rubrique spécialisée sur les bandes-son de jeux vidéos (rubrique qu’ils devraient élargir d’ailleurs). Dans ce petit album on y (re)découvre tout un tas de musiques de combats de divers jeux parfois oubliés par l’histoire.

 

A cet égard [SHUDDER] Against A Large Enemy Type 1 du jeu Einhänder, composé par Kenichiro Fukui est une vraie tuerie. La piste commence possède un rythme électronique endiablé et se paie le luxe d’être ponctué par deux passages de folie de 1:10 à 1:36 et de 3:07 à 3:32 où un type récite des trucs pas vraiment compréhensibles en anglais mais qui te donne une envie de danser irrépressible.

 

Weapons Rumbling issu de Bushido Blade 2 et compose par Ryuji Sasai est moins mémorable mais c’est un mélange intéressant de rock et de musique « traditionnelle » japonaise qui a quand même son charme.

 

N’ayant jamais encore testé la bande-son de Parasite Eve, je ne connaissais pas du tout Arise Within You de Yoko Shimomura, l’erreur est maintenant réparée et je suis toujours aussi fan de ses productions. Avec  un mix de sonorités planantes et de rythme, la compositrice nous offre un thème de combat aussi original que génial.

 

Self Amplification, du jeu Another Mind, et compose par Junya Nakano se présente comme un crescendo de plus en plus angoissant et étouffant à base de percussions et de sons métalliques. Une piste qui n’a pas l’air d’être passée à la postérité et c’est bien dommage.

 

 

FINAL FANTASY XIII - Original Soundtrack PLUS


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Un certain nombre de personnes se sont déjà prononcées sur l’OST de Final Fantasy XIII composée par Masashi Hamauzu et je ne compte pas m’attarder dessus, il y aurait trop de choses à dire, alors à la place je vais plutôt évoquer rapidement le Soundtrack Plus. Comme son nom l’indique celui-ci contient quelques pistes à l’état de prototypes, avec des orchestrations différentes ou encore les mélanges utilisés pour les trailers. Rien de bien différent à deux à deux exceptions près (enfin pour moi.

 

Le M1 No. 2 Title (Alpha Version) qui reprend en fait le thème principal de FFXIII dans sa version Alpha ressemble beaucoup à sa version finale si ce n’est qu’elle comprend un petit son cristallin vraiment très beau. Pourquoi l’avoir retiré ? Mystère, je trouve que la musique était très bien comme ça.

 

De même M306 OPN2 ''Defiers of Fate'' (Palamecia Assault Version) est identique à sa version finale sauf à un seul moment, situé en plein milieu du morceau, entre 2:37 et 3:00. Là encore pourquoi avoir enlevé ce passage ? Il était monstrueux avec ces chouettes sonorités qui donnent une impression de vitesse, d’accélération. En plus ça cassait un peu la structure de la piste. Encore un mystère…

 

 

Shiki Original Soundtrack Mini Album Rouge/Noir

 

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Je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder cette série mais j’ai bizarrement cédé à ma règle habituelle en me laissant tenter par la musique. Très peu de pistes sont sorties mais elles valent toutes d’être entendues.

 

Celle que je préfère, des deux albums, existe en réalité en double et sous deux noms différents. Je ne sais vraiment pas pourquoi le compositeur a fait ce choix, y a-t-il une relation avec un évènement de l’anime ? Bref, Pendulum/Amethyst est une petite merveille. Tout commence par une voix enfantine qui répète « la la la » dans un balancement de violon et de tintements métalliques  qui ne sont pas sans rappeler un pendule. Mais très vite la voix se fait de plus en plus menaçante et un chœur de femmes s’impose rapidement. La mélodie est scandée de manière très appuyée, presque militaire et le crescendo dans l’horreur n’en finit plus. Une voix fantomatique en « arrière-plan sonore » semble alors flotter puis rire. Typiquement le genre de piste complètement glauque (à en donner des cauchemars) que j’adore.

 

Muddy Water est très différente est se pose sur une boucle rythmique et des effets sonores qui ne sont pas sans évoquer un rap, mais avec de la guitare et une voix légèrement lugubre qui « hante » la piste à coup de « he he he » ou de « uuuuuuuuuh ».

 

Les pistes du Mini Album Noir ont toutes pas mal de points communs et il est assez délicat d’en sélectionner une qui sorte du lot. J’aime bien Epitaph, avec sa harpe, son violon et ce petit tintement indéfinissable agrémentée d’une voix douce et aérienne, mais aussi 13th Floor et son chœur grégorien qui rappelle l’OST de NieR Gestalt & Replicant dans son côté apocalyptique, ainsi que Dance of Death, calme mélodie au xylophone évoquant une sorte de boite à musique sur laquelle se pose une autre voix douce et aérienne.

 

 

Panty & Stocking with Garterbelt Original Soundtrack

 

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Revirement à 190° avec Panty & Stocking qui a, je crois, marqué le paysage de l’année en terme de bande-son. OST sonne souvent dans notre tête comme « musique d’ambiance ». Or là, la Gainax a confié le Soundtrack de son anime à des DJs pour qu’ils en fassent un album techno bien bourrin comme il faut, totalement en décalage avec la majorité des productions actuelles. Alors la techno, on aime ou on n’aime pas. J’avoue que comme je touche à tout en termes de musique, avoir un OST un peu différent de temps en temps ne me perturbe pas plus que ça (j’écoute de tout, de toute façon). C’est frais, ça change, pourquoi pas. Par contre il faudrait voir à ce que cela ne devienne pas systématique.

 

On commence avec le très emblématique Fly Away que l’on entend lors des phases de transformations. Emblématique parce qu’on y ressent une montée en puissance du rythme qui donne envie de se dépasser et, pour une raison inconnue, de crier à tout-tête les paroles aussi simples qu’accrocheuses. Ne niez pas, vous êtes déjà sous l’emprise ! A noter que le morceau semble s’être inspiré d’un autre Fly Away qui est complètement différent mais qui possède ses propres qualités. Le rythme est moins soutenu, légèrement plus planant, les paroles articulées de manière moins synthétique. Certes le résultat est moins épique mais je trouve qu’il a quand même un charme fou…

 

On poursuit avec Pantscada qui est une des pistes les plus originales de l’album à base de percussions, de maracas, le tout sur une boucle techno totalement diabolique et des cris très orgasmiques en guise de paroles, mais des cris dont le montage donne un résultat très…étrange.

 

Chocolat, le thème de Stocking interprétée par sa doubleuse, Mariya Ise, est un des morceaux les plus calmes de l’OST. On y abandonne le côté techno-boum-boum pour davantage de simplicité et un fond sonore assez discret avec un petit côté électronique et de la guitare. Une chanson seulement agréable s’il n’y avait un petit passage de 2:52 à 3:20 où la jeune femme tente un peu de français. C’est du point de vue de la langue complètement nawak (« Je t’aime très beaucoup ») mais qu’est-ce que c’est chou :3.

 

Sinon je relève plus particulièrement See-Through et Corset Theme dans la catégorie « Rythme de ouf » sans m’attarder dessus et passe directement à l’ending de la série : Fallen Angel qui se présente…comme une chanson Rnb et, avec Chocolat, un des seuls morceaux à peu près posés. Rien de bien révolutionnaire mais il faut avouer que la piste est efficace, plutôt sympathique et a des paroles pas trop bêtes. Petit extrait notable de 3:02 à 3:21

 

 

Je pensais aussi aborder l’OST de Boogiepop Phantom en plus mais comme j’ai un article sur la série en préparation, je crois que je vais plutôt en parler à ce moment là, ça évitera les redites =).

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:10

Musique

 

Pour quelqu’un qui écoute en permanence des bandes originales d’animes ou de jeux vidéos, c’était quand même un peu dommage de se cantonner à un article musical une fois tous les trois mois (et en plus ne parlant même pas de ce sujet). C’est maintenant chose faite grâce à une nouvelle rubrique (au titre très inspiré, j’avoue que je n’en trouvais pas qui me paraissait approprié) essentiellement destinée au remplissage, il faut l’avouer, et qui plagie ouvertement celle de Nataka :p (avec un peu de chance ça le fera rappliquer). Comme ça quand je serais à court d’idées il y aura toujours moyen de creuser le filon et de faire quelque chose de bien \o/.

 

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En ce moment je n’ai pas trop le temps de regarder des animes et comme ma logique tordue veut que j’écoute une OST d’anime presque exclusivement après avoir vu l’anime en question, mais en revanche n’écoute que des musiques de jeux que je ne connais pas (et que j’achète éventuellement par la suite), eh bien je me tourne actuellement surtout vers les jeux vidéos pour y puiser une nourriture spirituelle dont j’ai grand besoin…

 

 


 

Voilà donc ce que j’écoute surtout en ce moment :

 

Song Book Vol.2

 

Après avoir découvert l’OST du dernier Ghibli, Karigurashi no Arrietty, il était difficile de ne pas s’intéresser un peu à sa compositrice (surtout qu’une bretonne pour composer la musique d’un film d’animation japonais c’est assez rare), Cécile Corbel. Bien que je n’ai pas encore eu le privilège de tester ses différents travaux, j’ai eu un petit coup de cœur en entendant un extrait d’Innocence.

 


 

 

Innocence c’est une piste instrumentale qui commence par de douces notes mélancoliques à la harpe et un violon. En elle-même la mélodie est incroyablement belle, elle donne envie de pleurer, et puis après deux minutes elle se fait un peu plus tribale et de 2:30 à 2:50 des chœurs masculins viennent se confier soudain aux instruments pour une confession très surprenante, probablement mon passage préféré. Une petite piste à la fois simple et complexe, lente et légèrement rythmée, triste et joyeuse. Un tel mélange ne pouvait que me plaire.

 

Unlimited Saga OST Disc 2

 

Unlimited-Saga.jpg

 

Ma recherche de musique nouvelle m’a portée jusque sur un site charmant qui évoquait justement la bande-son d’Unlimiteds Saga, composée par Masashi Hamauzu, un grand nom parmi les compositeurs de Square Enix. Autant le premier disque m’a immédiatement paru plutôt ennuyeux par son côté fade et sans surprise (depuis Dirge of Cerberus et Final Fantasy XIII je commence à connaître un peu le style du bonhomme), autant le deuxième est une vraie merveille un peu expérimentale sur les bords qui décèle de nombreuses perles.

 

Dès la première piste, Time-Space Travels (01) on s’engage dans un voyage à l’autre bout de l’univers à grands coups d’éléments synthétiques qui montent et qui descendent comme des vagues par dessus une mélodie qui se répète à intervalles réguliers, lancinante. On croirait entendre un spectacle fait de gerbes d’eau et de lumières, d’effets pyrotechniques.

 

Et puis on arrive à DG ''listless'' (04), qui rappelle un peu This is your story de Final Fantasy X, une piste calme, un petit air de piano avec des bruitages synthétiques, une ambiance ce coton, de mélancolie, comme sur un nuage, comme si le temps s’arrêtait soudain.

 

Dans une veine semblable, toujours au piano, on a DG ''sadness'' (14) qui est un peu plus ouvertement triste mais tout aussi belle.

 

Complètement à l’opposé BT Ver. 7 (15) s’impose comme une piste particulièrement originale avec un rythme un peu hip-hop, une boucle de sons bizarres et moyennement intéressantes mais à partir de 0:22 le saxophone se superpose à cette boucle, les violons commencent à apparaître et à 0:52 c’est le tour du piano qui donne un petit côté jazz à l’ensemble. Mais réellement le passage que je préfère c’est à 1:07 où le saxophone lance une série de cris particulièrement envoûtants, un passage aussi beau qu’éphémère puisqu’il ne dure que quelques secondes. Dommage.

 

L’un des derniers titres que j’aime beaucoup dans cet OST est le très rythmé BT ''ultimate'' (18) qui tient du génie. Tout d’abord on peut entendre un crescendo inquiétant et à 0:24  la musique explose enfin à grands coups de batterie et de synthétique pour ensuite s’ouvrir vers 0:35 au soupir d’une trompette qui se lamente, on croirait entendre le désespoir d’un condamné à mort qui lutte contre le destin. Un peu plus loin vers 1:17 petit crescendo de violons qui s’unissent à 1:46 à la trompette pour monter de plus en plus haut jusqu’à une sorte de pause dans le morceau, de havre de paix de 2:12 à 2 :45 fait de piano, de violons et de divers sons pour mieux reprendre le rythme initial encore plus fort et basculer dans le néant lentement amenant la fin de ce morceau audacieux.

 

 

Last Ranker Original Soundtrack

 

Last-Ranker.jpg

 

Cette découverte là je la dois, encore, à Role Playing Game Magazine qui a su m’appâter en me proposant une Yoko Shimomura en forme composant pour la première fois depuis Kingdom Hearts II entièrement une bande-son, qui plus est d’un univers totalement différent. Il n’en fallait pas plus pour que je saute dessus.

 

Beaucoup de pistes sont bonnes mais j’en retiens surtout quelques unes comme Born to Survive (1-09) une mélodie rythmée formée d’une boucle de violons et de cuivres qui s’intensifie par la suite vers 0 :34 pour se révéler enfin. S’en suit une succession de pauses (avec du piano notamment) puis la musique repart doucement, encore plus fort, s’arrête de nouveau, avant de repartir dans un dernier élan effréné. C’est aussi une chanson, et en anglais s’il vous plaît. On remarque que Shimomura ne sort pas de son style habituel mais arrive à le magnifier de façon certaine dans un feu d’artifices auditif.

 

The Evinos (1-13) a retenu mon attention par son originalité. Si le début s’apparente très fortement à la partie sauvage de Another Side dans Kingdom Hearts Final Mix, il part très vite en crescendo en s’alliant à des chœurs masculins discrets et des violons jusqu’à 1:12  et là c’est l’extase. On ne comprend pas très bien ce qui se passe mais c’est beau, très beau, une mélodie synthétique prend le dessus et monte tel un tourbillon vers les hauteurs, avant de céder la place au côté rythme pur pour mieux refaire surface vers 2:50. Je suis bluffée.

 

Retour à du connu avec Infinite Spiral (2-15) qui ressemble beaucoup au thème entrainant de la Contrée du Départ (le tutorial) dans Kingdom Hearts Birth by Sleep mais sans la flûte et avec la voix sublime d’une cantatrice et des violons déchainés. Que du bon.

 

 

Sound Horizon - Ido e Itaru Mori e Itaru Ido

 

Ido-e-Itaru-Mori-e-Itaru-Ido.jpg

 

Oui je sais je triche, mais ce cas-ci est un peu particulier car dans le tout dernier single du très particulier groupe Sound Horizon (j’en ai déjà parlé donc vous ne pouvez pas ne pas connaître è__é) où se troupe notamment le titre phare Hikari to Yami no Douwa - je mets le clip en lien- (oui c’est normal qu’Hatsune Miku chante aussi 0_o), il y a une petite piste, du nom de Bonus Track qui mérite attention.

 

 

Petite piste qui clôture une histoire fort énigmatique et incomplète de la même manière. Il n’y a pas de chant, juste une triste mélodie au violoncelle bientôt rejointe par des violons, le tout accompagné de bruitages divers. Le but étant d’imaginer le morceau manquant de l’histoire avec la Bonus Track. Ce qui serait intéressant comme exercice c’est de faire un jeu où chacun écouterait le single (avec la traduction des paroles) et essayerait de compléter avec sa propre vision de cette eau qui coule, du galop de cheval, du bruit des vagues, de la forêt, de pas.

 

 

Final Fantasy VII Crisis Core OST

 

Crisis-Core.jpg

 

Je ne sélectionnerai pas énormément de pistes pour cette OST, composé par le talentueux Takeharu Ishimoto, étant donné que pas mal sont des reprises des musiques de FFVII de Nobuo Uematsu (de très belles reprises par ailleurs) et que je n’ai vraiment que deux préférées dans les autres.

 

Wandering in a Sunny Afternoon (1-11) est un excellent thème d’exploration plutôt rock qui part d’une mélodie jouée à la guitare classique avec des petits coups de guitares électriques pour ponctuer le tout. De 1:02 à 1:31 puis de 2:34 à 3:04 il y a un passage que je n’arrive pas à définir mais qui est de toute beauté. Le tout est enjoué, ensoleillé, rock, ça ne ressemble que très peu à une musique de jeu vidéo d’ailleurs.

 

[Il existe une reprise de cette piste par Yoko Shimomura dans Kindgom Hearts Birth by Sleep (voir plus bas) et elle n'est pas mal non plus]

 

Those Who Accept the Protection of the stars (2-19) est encore plus rythmée et encore plus rock. Guitare électrique en furie au programme. Par moments la musique bascule dans une transition déchaînée, on a l’impression qu’elle va toujours plus loin, toujours plus fort. Un grand moment d’intensité.

 

 

Kingdom Hearts - Birth by Sleep “OST”

 

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Oui, encore du Yoko Shimomura, à croire que j’en écoute beaucoup ces temps-ci. Si le jeu Kingdom Hearts Birth by Sleep est bel et bien sorti, aucune OST n’a encore été annoncée (pour 358/2 Days non plus d’ailleurs), ce qui fait qu’il faut pour l’instant se contenter des bouts sans véritable nom que certains joueurs ont extraits. Ce serait quand même bien cruel qu’après autant de bandes originales sorties sur la série des Kingdom Hearts, les deux derniers opus soient en rade quand même, surtout que les nouvelles pistes sont plus qu’écoutables (enfin un peu moins pour le jeu sur DS, la qualité sonore étant moins bonne).

 

Unforgettable, qui apparait donc lors de certains grands combats, est un petit bijou où se mêlent la plainte des violons et un rythme effréné, et lorsque le violon pleure (littéralement) il n’y a plus qu’à s’incliner. C’est un vrai délice que de massacrer du monstre sur une telle musique. Dans la même veine, en plus électronique il y a le thème de combat de Espace Profond (Makaukau) qui est pas mal du tout.

 

Le thème de combat du « Palais des Rêves » (Castle Escapade) a un petit quelque chose que je ne saurais définir et que je trouve charmant, pas tant dans la musique globale qui est assez sympathique mais quelconque, non c’est ce petit motif musical (à la flûte ?) qui est répété tout du long et qui m’obsède. Comme toute la boucle le soutient, c’est dur d’y échapper. De même avec le thème de combat de la Forêt des Nains (Risky Romp) en un peu moins prononcé. Un petit coup de xylophone sur un ensemble agréable mais pas transcendantal et ça fait pourtant presque tout.

 

[Digression : Je trouve que le nouveau thème du Pays Imaginaire colle beaucoup mieux que dans Kingdom Hearts 358/2 Days mais je suis déçue de ne plus retrouver l’ancienne musique (Secret of Neverland), elle était drôlement bien…Oh et si j'étais sadique je vous mettrais la reprise de la très connue chanson It's a Small World (mais si, vous savez, quand vous allez dans l'attraction des poupées à Disneyland Paris et qu'elles se mettent toutes à chanter ça) par ce qu'elle rentre dans la tête mais d'une force  ! ]

 

Et pour conclure en beauté : Enter the darkness est un savant mélange très classique et efficace à la Shimomura, mais ce qui le différencie d’un autre Battle Theme c’est qu’il reprend le motif mélancolique au violon de Ven (qui est une adaptation du thème de Roxas de Kingdom Hearts II) en plein milieu de 1:07 à 1:19, un passage juste sublime et bien pensé. Je note que c’est souvent un motif particulier placé au bon moment dans une piste qui fait sa magie dans cet OST, ce qui est une technique particulièrement redoutable.

 

Edit : l'OST de Kingdom Hearts Birth by Sleep & 3582 Days étant sorti, j'ai modifié le paragraphe afin de coller aux titres officiels et j'ajoute à la liste des pistes incontournables le thème de Terra, The Tumbling, Dismiss ou encore On the Debug court morceau issu de Re:Coded, Hunter of the dark et Forze dell'Oscurita.

 

 

Lord of Vermilion II Original Soundtrack

 

Lord-of-Vermillion.jpg

 

Histoire de garder, sinon le meilleur, du moins un gros morceau pour la fin, je tenais à mettre Lord of Vermilion II un peu à part pour en faire la critique quasi-complète. Comme pour Last Ranker, j’ai surtout bondi sur cet OST à cause de son compositeur, Hitoshi Sakimoto. Ceux qui connaissent le sieur, au moins pour la superbe bande-son de Final Fantasy XII, savent qu’il a un style bien particulier, qui peut parfois tendre à se répéter, mais qu’on repère toujours assez facilement. Eh bien là, changement brusque d’univers. Tout en instaurant cette petite touche qui est la sienne, Sakimoto se renouvelle de façon radicale est surprenante. Il n’y a juste rien à balancer, tout est incroyablement bon !

 

Dawn of Vermilion2 -Opening Theme- (01) est une reprise du thème principal du premier Lord of Vermilion qui avait été compose par Nobuo Uematsu, ça se sent un peu, notamment avec ce faux air d’Advent Children qui traine dans l’air, mais c’est bel et bien cette version là que je préfère : moins bourrine, la piste s’ouvre sur un petit riff de guitare électrique divin avant de monter dans les hauteurs à coup de violons, de cuivres et de percussions.  Lorsque la guitare se refait entendre avec vigueur c’est pour mieux nous achever et nous éblouir. Autant dire que l’OST commence de manière on ne peut plus fracassante.

 

Et on n’a pas le temps de se poser avec le superbe Name Entry (02), tellement entrainant qu’il est difficile de se contenir de bouger sur cette boucle de synthétiseur accompagné de batterie et de guitare électrique qui se déchainent en harmonie, puis échangent à 0:41 contre un petit air jazzy au piano pour mieux revenir nous combler vers 1:10. On m’aurait dit, il y a trois semaines « Tiens écoute ça », j’aurais jamais deviné qu’il s’agissait de Sakimoto tant ça tranche de son style habituel.

 

Combat Preparation (03) a des petits airs de Final Fantasy XII quand même, cette tension angoissante, lourde, ses percussions, le côté orchestral, oui ça nous dit quelque chose, mais le fragment de 0:40 à 0:55 avec ses cœurs lointains est suffisamment convainquant pour qu’on se laisse séduire. The Royal Capital Avalan (04) débute de manière un peu semblable jusqu’à ce qu’un piano survolté s’installe à 0:21, bientôt rejoint par de la guitare électrique furieuse, à partir de là la musique se met à s’élever progressivement en crescendo avec un petit passage de violons et de cuivres qui s’installe vers le milieu de la piste. Et puis tout se calme peu à peu.

 

J’aime un peu moins Aguirre Atoll (05) qui abuse un peu trop de la guitare électrique et de sons synthétiques divers à mon goût mais ça demeure une piste de bonne facture. De même avec Arcania Ruin (06) qui troque un peu trop vite son introduction orchestrale grandiloquente avec le duo très bourrin batterie/guitare électrique que j’apprécie assez peu, heureusement le motif initial revient à la toute fin mais quand même.

 

Petit dépaysement avec Nord Street (07) qui débute par ce qui ressemble à du tam-tam et se poursuite sur de l’orchestral efficace, mêlé de batterie et de trompette avec des occurrences de flûte pas désagréables du tout à l’écoute. Puis s’ajoutent les violons et soudain…c’est le drame. Bon Dieu, quel passage magnifique, de 1:46 à 2:00, où sur le rythme frénétique des percussions se met soudain à crier un violon. On ne s’y attend pas et l’éphémère fragment n’en est que plus beau. Dracovantel (08) est bien plus classique, je ne m’arrêterai pas dessus. Arcania (09) en revanche a du peps et démarre sur ce qui ressemble à du trombone pour continuer dans des influences arabes, le passage de guitare électrique de 0:50 à 1:21 est proprement épique. Un morceau définitivement très original.

 

Non ce n’est pas Masashi Hamauzu qui a fait Hell Court (10) et pourtant l’introduction aurait presque failli nous le faire penser. Pour Ark (11) par contre, il n’y a aucun doute, et ce morceau là est bien plus intéressant de par sa composition : de 0:31 à 0:58 on croirait entendre un orgue jouer une sorte de requiem par-dessus le tempo orchestral des violons, et puis à 1:58 c’est au tour d’une guitare électrique de se manifester un court instant et pendant une poignée de secondes autour de 2:27 instant aussi étrange que joli en compagnie des violons.

 

Si vous connaissez la musique des éons de Final Fantasy XII, Veteran Gallant (12) devrait vous plaire avec son rythme survolté et ses chœurs. Quand ceux-ci se taisent c’est une voix féminine claire qui s’élève dans la mêlée au dessus des cuivres et des percussions. Pas grand-chose de spécial à signaler sur The One at the Summit (13) et Ragnarok (14) mis à part pour ce dernier le passage bien sympathique et assez étrange qui se répète autour de 1:24 et ensuite de 1:57.

 

Heureusement après cela on a un Dragon’s Tomb (15) un peu plus étincelant à se mettre sous la dent avec son atmosphère très pesante mais surtout le très particulier Toy Box (16) composé de dissonances, de rythmes juxtaposés dans un chaos apparent total. Plus qu’une boite de jouets, on croirait avoir ouvert la boite de Pandore menant à l’apocalypse, mais ce n’est encore qu’une mise en bouche de ce que peut être l’enfer. L’enfer il est là, dans le sublime Eternal Garden (17), dans ce tourbillon très rock joins à des chœurs déroutants et inquiétants. Ce jardin éternel serait-il le pandémonium pour cracher auditivement du feu ainsi ? On croit en avoir fini mais non, Eden (18) reprend de plus belle, de manière un peu moins grandiose cependant.

 

Je sèche un peu pour Faux Supreme God (19) bien agréable avec ses effets de choeur, The Temple at the End of World (20) –mention spéciale au passage de 1:30 à 1:48 avec ces voix féminines qui s‘emballent-  The Tower of Black Abyss (21) et son rythme indéfinissable qui me charme, et The Tower of White Flame (22) dont le début ressemble beaucoup au thème du phare de Ridorana dans Final Fantasy XII mais qui part vite dans le crescendo grandiloquent.

 

Heureusement, pour souffler un peu, Sakimoto nous a tout de même concocté une balade Lord of Vermilion 2 (23) qui rappelle beaucoup le style qu’il avait employé dans une des pistes de l’OST de Roméo X Juliet mais en bien plus poussé. La chanteuse fait un travail admirable en nous portant sur ses ailes sur cet air tranquille de violons qui se fait plus doux à mesure qu’avance la piste. On se sent transporté par cette voix aérienne et cette mélodie céleste. Mais déjà le havre de paix se dissipe et il est temps de conclure…par le meilleur bien sûr.

 

 

La dernière piste, Coin (24), est un réalité un grand mix de tous les grands thèmes de l’OST réalisé par aRCaNa et autant vous dire qu’on retrouve les meilleurs morceaux sur un rythme électronique encore plus endiablé. C’est bien simple, s’il n’y a qu’une piste à garder pour découvrir l’OST c’est celle-là, qui offre un aperçu loin d’être négligeable de l’étendue du travail du compositeur.

 


 

J'espère que ce tour d'horizon vous aura permis de découvrir de la bonne musique et ose penser qu'avec tout ce que je viens de déballer il doit y en avoir pour tous les goûts

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:00

Musique

 

Missa Johnouchi est une compositrice japonaise de musique New Age nommée artiste pour la paix par l’UNESCO en 2006. Ses morceaux, généralement joués par des instruments à sonorité traditionnelle (instruments à vent ou à cordes et piano), nous transportent dans un voyage autour du monde et nous bercent de sensations et d’images colorés. Un régal pour les oreilles en quête de relaxation…

 

Missa-Johnouchi.jpg

 

Encore peu connue sur notre territoire, elle mérite pourtant ses lettres de noblesse et c’est pour cela que j’ai sélectionné quelques pistes (mes préférés) de ses albums pour vous les faire découvrir. Amateurs de musique bourrine, laissez vous tout de même séduire, ça vaut le détour ;).

 


 

 

Kurenai (2003)


01 - Legend of the Mountain

 


02 - Dream Land

 


04 - Pilgrimage

 

 


05 - Sea Wind

 



 

Asian Blossoms (2000)


01 - Asian Wind

 


03 - Marco Polo

 


10 - Once upon a time

 


 

 

Road to Oasis (2002)

 

03 - Road To Oasis

 

 

07 - Stardust Tapestry

 


 

 

Spiritual Discovery (2009)


01 - Original Scenery

 

 

Encore merci à Acanthe (et indirectement Nataka) pour m’avoir fait découvrir, maintenant je sais quoi écouter pour m’endormir =D.

 


 

News

Sinon la surprise de la semaine c’est ça : La mélancolie est le dernier des 15 finalistes aux Total Manga Golden Blog. Je sais pas trop comment j’ai réussi ce tour de force mais du coup, tant qu’à être là, autant rester jusqu’au bout ^^’.  J’ai déjà reçu mon revers de karma en passant plus de quatre putain d’heures à monter cet article (quand j’écris il est 3h30 du matin et j’aimerai bien aller me coucher) . Justice est donc faite.

 

(N'empêche que du coup je me sens d'autant plus obligée à me botter l'arrière-train pour me remettre à l'écriture au propre du scénario du VN)

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 08:30

Musique

 

Depuis que j’ai dû changer d’internat en cours d’années, pour cause de travaux, c’est un peu le bordel, du coup, pour éviter de me farcir d’interminables allers-retours en bus entre le self et le nouveau lieu, j’aime bien trouver des excuses pour filer au centre ville et me prendre des sandwichs. La meilleure des excuses restant « Han y a le nouveau Role Playing Game qui va sortir, vais aller jeter un coup d’œil, voir si je l’achète ce mois-ci :3 ». Y a pas mal de trucs assez cools dans ce magazine : de beaux posters, des OSTs en promotion (le deuxième volume de la bande-son des 12 Royaumes équivalent à 2 cds pour 5 euros de plus c’était vraiment une bonne affaire) et la rubrique Soundtrack. Parce que jusqu’à maintenant je ne connais aucun magazine japanime/jeux vidéos qui puisse se vanter de proposer de petites critiques musicales tous les mois alors que les OSTs occupent une grande place dans l’imaginaire qu’on a d’un anime ou d’un jeu. De plus c’est souvent l’occasion de découvrir de nouveaux trucs (surtout que le mec qui fait la chronique a l’air d’avoir les mêmes goûts que moi =D). Et ce mois-ci, une petite critique attire mon attention avec une jolie illustration et un titre fort plaisant. Belle découverte en prévision.

 

Music for Art est un petit album que Square Enix Music a sorti sur iTunes au concept original puisque tous les compositeurs actuels de la firme (vétérans comme nouveaux venus) disposent d’une liberté presque totale pour créer environ une piste chacun. C’est l’occasion pour certains de faire un peu ce qui leur plait, quitte à ne pas vraiment sortir de leur style habituel et pour d’autres de se lâcher complètement et de surprendre.

 

Comme c’est impossible de trouver l’album en écoute libre et qu’on ne fait pas une critique musicale sans musique, j’ai dû l’uploader moi-même, j’espère que je n’aurais pas de problèmes avec ça…

 


 

01 - Glitz           5/5

Junya Nakano

Oeuvres : Another Mind OST, participation à l’OST de Final Fantasy X

 



Une entrée en matière fort réussie aux allures mystiques qui évoque des éléments rassurants, paisibles, comme l’eau et la lumière. Quand je l’écoute j’ai envie d’aller me coucher =3.

 


 

02 – Pen         3,5/5

Masashi Hamauzu

Oeuvres : Dirge of Cerberus -Final Fantasy VII OST,  participation à l’OST de Final Fantasy X et il y a peu, Final Fantasy XIII OST

 



Vu son travail sur la bande-son de FFXIII on aurait pu s’attendre à une piste plus ou moins dans ce goût là ou qui éclipserait les autres mais pas du tout, Hamauzu choisit ici un air de piano simple et aérien...un peu trop plat à mon goût cependant.

 


 

03 - Red Lights          4/5

Tsuyoshi Sekito :  Metal Gear 2: Solid Snake OST, The Last Remnant OST, guitare dans Final Fantasy VII Advent Children

Yasuhiro Yamanaka : Front Mission 5 Scars of the War OST et Code Age Commanders OST

 



Tsuyoshi Sekito étant membre des Black Mages, la sonorité dynamique et sombre de la piste fait facilement penser à Advent Children. Les effets de chœur sont plutôt réussis mais je trouve que la piste a tendance à s’étirer un peu trop…

 

 


 

04 - Take a Breeze          4,5/5

Kumi Tanioka

Oeuvres : Final Fantasy Crystal Chronicles OST, participation à l’OST de Final Fantasy XI

 



La plus courte piste de l’album est constituée d’un petit air de piano frais et enjoué qui sert un peu d’interlude, de pause, dans la dynamique de l’album.

 

 


 

05 - Max Contrast 2009           5/5

Naoshi Mizuta

Oeuvres : Parasite Eve II OST, participation à l’OST de Final Fantasy XI

 



Une de mes préférées ! Max Contrast 2009 réussit à mettre la bonne humeur avec un piano endiablé et des sons plus électroniques donnant un ensemble assez surprenant qui fait un peu penser au style des OSTs de Persona 4 (en moins répétitif ).

 

 


 

06 - Translucent Louise          4/5

Masayoshi Soken

Oeuvres : participation à Front Mission 5 Scars of the War OST

 

 

Translucent Louise est une piste aux accents jazzy qui nous plonge dans une profonde mélancolie.

 



07 – 2099          4/5

Keiji Kawamori

Oeuvres : basse dans Final Fantasy VII Advent Children et dans pas mal de jeux Final Fantasy

 


 

Autre membre des Black Mages, Keiji Kawamori joue sur la même corde que Tsuyoshi Sekito tout en alternant avec quelques passages plus calmes.

 

 


 

08 – L&L III          4/5

Hidenori Iwasaki

Oeuvres : série des Front Mission

 



Démarrant de manière un peu énigmatique à coup de guitare et de batterie, la piste trouve par la suite une envolée beaucoup plus jazzy et chaleureuse.

 


 

09 – Flow           5/5

Ryo Yamazaki

Oeuvres : Front Mission 4 OST, participation à Dirge of Cerberus -Final Fantasy VII OST

 


Encore une de mes préférées ! Si le début ne laisse rien présager de particulier, la suite laisse dévoiler un chant en anglais aussi doux que touchant avec quelques notes électroniques ci et là. Un vrai bonheur pour les oreilles…et le moral.

 

 


 

10 - The Razzle-Dazzle          4,5/5

Takeharu Ishimoto

Oeuvres :  Before Crisis -Final Fantasy VII OST, Dissidia Final Fantasy OST

 



Probablement le mélange le plus incongru du lot : ça commence comme du gospel, ça finit comme du reggae et entre temps on passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. On ne peut pas dire que le compositeur n’aura pas innové… A noter qu’il s’agit de la deuxième piste avec voix de l’album.

 

 


 

11 - OMNI         3,5/5

Hirosato Noda

Oeuvres : participation à Hanjuku Hero 4 ~The 7 Heroes

 


Plus électro que les précédentes compositions, OMNI porte bien son nom (Objet Musical Non Identifié ?) avec ses faux airs de Serial Experiments Lain, un peu creux cependant.

 

 


 

12 - Essential Singularity          4/5

Tsuyoshi Sekito :  Metal Gear 2: Solid Snake OST, The Last Remnant OST, guitare dans Final Fantasy VII Advent Children

Yasuhiro Yamanaka : Front Mission 5 Scars of the War OST et Code Age Commanders OST

 


Les deux compères de Red Lights sont de retour avec Essential Singularity, assez semblable à OMNI sur le début, avant de repartir vers des terrains plus habituels à base de chœurs, de guitare électrique et de batterie.

 

 


 

13 - Flying Universe          5/5

Mitsuto Suzuki

Oeuvres :  participation à Final Fantasy Fables: Chocobo Dungeon et Dissidia: Final Fantasy

 



Flying Universe, la plus longue piste de l’album, a la lourde tâche de le conclure. En parallèle de Glitz, cette musique se veut tout aussi calme, fraîche et rassurante. Idéale pour s’endormir.

 


 

Voilà, j’espère que ce petit intermède musical vous aura fait plaisir en attendant mon prochain article (qui aurait dû arriver aujourd'hui mais j'ai été touché par un mal mystérieux appellé flemme, ce sera donc pour un peu plus tard :p).

 

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 00:21

Aujourd'hui, pour changer, on va parler musique. S'épancher en louanges sur des chanteurs/compositeurs très connus n'ayant pas un très grand intérêt (dire « OMG love it <3 » c'est pas très argumentatif), je vais présenter un groupe un peu spécial : Sound Horizon.


/!\ Il est lourd mon article, il est lourd ! Ceux qui ont une petite connexion sont prévenus : vidéos et images en vue /!\



Introduction
Selon la description du site Nautiljon, lui-même traduit du gentil Wikipédia, on sait, en gros :

Abregé par Sanhora par les fans (サンホラ ) est un groupe qui s'appelle lui-même la "Fantasy Band" (幻想楽団 ).

Style Musical

C'est généralement un style omnibus (chant + paroles parlées, pratiquement une comédie musicale).
Un album contient de multiples intrigues avec un thème différent ce qui donne une longue histoire.
Des voix dans les gammes sopranos et mezzo sopranos sont principalement employées et l'utilisation de la narration dans les chansons n'est pas limitée.
De fortes influences des animes se font ressentir dans la musique de ce groupe, ils ont tout d'abord commencé par convier à eux des doubleurs (seiyū ) pour la narration.
Leurs paroles sont souvent mystérieuse contiennent des métaphores avec des thèmes variant d'anciennes malédictions, de légendes, de rêves, de guerres, de paradis oubliés, de luxure, de crimes, d'amitié ou d'obsession...

Les Membres

Mis à part Revo, les autres membres varient d'un album à l'autre.

Permanent :

Revo : Compositeur, parolier, guitare, synthé, accordéon, cornemuse, etc...
(Rôles : Hiver Laurant dans Roman ; Shaytan dans Seisen no Iberia).


Équipe actuelle :

Yokoyan : Illustration des albums

Jimang : Voix, choeur, narration
(Rôles : Savant dans Roman, le prophète Sadi dans Seisen no Iberia)

YUUKI : Voix, choeur
(Rôles : Hortense dans Roman ; Layla dans Seisen no Iberia)

KAORI :Voix, choeur
(Rôles: Violette dans Roman, Enjá dans Seisen no Iberia)

REMI : Voix, choeur
(Rôles : Reine Michelle dans Roman, Trin dans Seisen no Iberia)

RIKKI : Voix, choeur
(Rôles : Rikki Laurant dans Roman, Saránda dans Seisen no Iberia)

Guitares : Jake, Revo

Basse : Atsuji Hasegawa

Batterie : Ken'ichi Fujimoto

Clavier : Oosako Kyouko

Percussions : Naomi Ishikawa

Cordes : Kana Strings

Anciens membres :

Aramary : Voix, choeur, narration


Histoire

Tout commença avec Revo qui publia sa musique sur son site Internet vers la fin des années 90.
En 2001, Sound Horizon participa au Comic Market et sortirent leur premier album-histoire Chronicle, tout composé d'instrumentales avec quelques narrations, choeurs de fond et effets sonores.
L'ajout de chant se fit lors de leur deuxième album Thanatos.
Leurs sorties ultérieures ont été publiées au Comic Market et au M3.
La plus grosse sortie du groupe est Elysion ~Rakuen e no Zensōkyoku~ (traduit par Elysion ~ Prelude to Paradize ~) en 2004.
Leur premier maxi-single sorti en 2006, Shōnen wa Tsurugi wo... , inclu le titre Shūtan no Ou to Isekai no Kishi ~The Endia & The Knights~, thème du RPG de PlayStation 2 Chaos War.

Merci monsieur Wikipedia (et monsieur le traducteur de Wikipedia) !

Sound Horizon est un groupe totalement à part dans le paysage japonais de part son style iconoclaste et sa progression un peu étrange. On peut dire qu'il y a plusieurs Sound Horizon tant les compositions de Revo ont évoluées de Chronicle à Moira, leur dernier album en date, tant est si bien, que je vais devoir séparer les albums en groupes pour pouvoir les commenter (sans compter les exceptions comme la collaboration avec Yuki Kajiura).

Revo et Yuki Kajiura

 



Les premières oeuvres (albums doujins)
Leur toute première oeuvre, Chronicle, a tout du prélude.


Comme l'a si bien dit monsieur Wikipédia, il n'y a aucune chanson dans cet album, tout au plus quelques phrases de temps en temps, et pas plus de cinq, ou alors quelques « lalala ». De plus, il ne contient que peu de musiques, et des musiques très courtes, ne dépassant jamais les trois minutes. Il est de rigueur de dire qu'il ne vaut mieux pas commencer par là quand on ne connaît pas Sound Horizon et je suis plutôt d'accord là-dessus. Cependant, je ne pense pas qu'il faille nier son existence pour la bonne raison qu'il est étonnement riche. L'intro nommée « Sound Horizon » qu'on retrouvera plusieurs fois dans leurs premières compositions ne dure que quelques secondes, quelques secondes étonnement mélodieuses, des titres comme Black Chronicle, Shijin Ballad no Higeki et son accordéon, Arbelge no Tatakai (mention spéciale au son légèrement déformé qui rend la piste particulièrement intrigante), Juhyou no Kimi, Shoujo Ningyou ou l'étrange Kimi ga Umaretekuru Sekai qui mêle pluxieurs pistes aux sonorités aquatiques à la fois, méritent leurs lettres de noblesse et dégagent une ambiance proche de la BO de jeu vidéo sans être ni lassantes ni répétitives. Pour moi c'est une très bonne surprise, mais ce n'est que le long commencement d'une constante évolution.

Avec Thanatos et Lost apparaît enfin de la voix !


Les deux albums sont tout aussi courts mais cette fois-ci, ils possèdent de la narration, des choeurs et du chant (principalement Aramary puis Jimang à partir de Lost).
Dans les deux cas, les notes d'introduction sont magnifiques. Il en ressort une ambiance mystérieuse et feutrée pour Thanatos avec Soko ni Aru Fuukei qui tinte comme une boîte à musique, Koware ta Marionetto où on découvre une des plus belles facettes de la voix d'Aramary, Rinne no Sunadokei et Thanatos no Gensou ; dans Lost on a un côté à la fois plus doux, plus jazzy et plus rock, les seules que je note sont cependant Shiro no Ginei [White Illusion] (une des rares fois où je supporte Jimang chanter, c'est pas de sa faute mais il a une voix vraiment étrange) et Mahoutsukai Sarabande, par ce que trouve cet album légèrement inférieur aux précédents.


Dans ces trois oeuvres, on ne peut pas encore parler de Sound Horizon à proprement dit, les pistes sont courtes, les histoires véhiculées fascinantes mais le groupe semble encore se chercher. A noter que la célèbre Haruka Shimotsuki, connue pour les génériques de fin de Rozen Maiden, participera aux premiers projets de Sound Horizon en tant que doubleuse jusqu'à Leviathan à peu près avant de revenir pour Moira.



Les remixs (pleasure & renewal cds)
Dans Pico Magic et Pico Magic Reloaded, parus la même année, on retrouve quelques uns des anciens titres réarrangés, de nouvelles introductions rythmées comme Reloaded qui est plutôt pas mal, les prémisces de chansons que l'on retrouvera plus tard à l'état complet dans Elysion (comme Ark) et quelques nouvelles pistes.

Notez que les trois bonshommes qu'elle tient dans ses bras sont les héroïnes des trois premiers albums




Chronicle 2nd reprend le premier du nom et d'autres chansons parues après pour les compresser dans un album bien plus long que les précédents. Si l'introduction, Kuro no Yogen Sho, et Sho no Sasayaki sont magnifiques, l'album est un peu décevant quand on a déjà écouté toutes les oeuvres qui l'ont précédé puisque c'est de ça qu'il s'inspire. C'est un peu le véritable début de Sound Horizon.





Période de transition


Si l'album Elysion ~Rakuen e no Zensokyoku~ reprend également beaucoup des précédents titres (à se demander pourquoi Revo a fait tant de remix sur une période comme celle-là), Leviathan Shuumatsu wo Tsugeshi Kemono se place comme une histoire inédite à laquelle participe Rikki, la chanteuse de Final Fantasy X  qu'on retrouvera un peu plus tard, ce qui est étrange c'est que cette oeuvre ne ressemble ni à « l'ancien » ni au « nouveau » Sound Horizon, un album complètement à part donc qui s'apprécie aléatoirement selon les goûts de chacun.


Le deuxième Elysion ou Elysion ~ Rakuen Gensou Monogatari Kumikyoku ~ est un de mes préférés. Il est ni trop court ni trop long et les pistes ont l'avantage de  pouvoir s'apprécier sans comprendre les paroles.



La deuxième version de la pochette. ABYSS vient des initiales des chansons Ark, Baroque, Yield, Sacrifice et Stardust.


On y retrouve des succès phares de Sound Elysion avec le fantastique Eru no Rakuen [→ sideE →], la version la plus aboutie de Ark , la harpe envoûtante de Eru no Ehon [Majo to Rafurentse], la version la plus aboutie de Yield et sa cornemuse, la rythmé Stardust et bien d'autres que je ne cite pas. Cet album sera le dernier d'Aramary avec Revo mais aussi celui où elle y sera la plus omniprésente, à tel point que lorsqu'on l'entend en concert, on voit bien que sa voix fatigue très vite si on ne lui accorde pas une petite pause. C'est là que meurt « l'ancien » Sound Horizon.

 

Eru no Rakuen [→ sideE →] s'offre le luxe de présenter un tableau célèbre de la Renaissance : Le jardin des délices

 



Le renouveau
Depuis le départ d'Aramary, quatre chanteuses ont rejoints Revo et Jimang (toujours fidèle au poste) : elles se nomment Yuki, Kaori, Remi et Rikki. Avec elles, Revo emprunte un nouveau chemin : ses albums ont des pistes très longues (6-7 minutes en moyenne) et adoptent un autre style. Dorénavant chaque gros album aura une histoire générale servie par une multitude d'intrigues (les chansons) ayant un rapport avec des sujets mythiques (Moira) ou épiques (Seisen no Iberia) avec des légendes, des malédictions,...


C'est avec le single Shonen wa Tsurugi wo que Sound Horizon ouvre le bal, avant de continuer par le très mystérieux Roman. On notera une certaine fascination pour la France dans cet album avec des phrases incompréhensibles («  C'est mademoiselle Violette qu'il est dans le bras droite » WTH ? « Oui môônsieur » WTF ?) mais qui font plaisir à notre orgueil national. Roman reste  une oeuvre un peu disparate avec de très bonnes pistes comme Honoo ou Miezaru Ude (ci dessous), et d'autres un peu moins. A noter qu'un manga issu de Roman est sorti au Japon.

 

Miezaru Ude






Ishidatami no Akai Akuma


Vient ensuite le second single Seisen no Iberia, aussi court qu'intense, puis en dernier Moira, dont l'influence  antique se fait clairement sentir et qui voit le départ de Rikki, l'arrivée de Miki pour la remplacer, et le retour d'un certain nombre de seiyuus pour ce qui est de la narration. Or pour ce qui est de Moira je reste mitigée malgré une liste de seiyuus des plus alléchante.



Vers où se dirige Sound Horizon ?


Le problème du « nouveau » Sound Horizon réside dans le fait que comme chaque piste raconte une histoire bien fournie en paroles, il faut tenter de trouver une traduction pour comprendre cette histoire. Pour des pistes rythmées de même pas cinq minutes comme dans Elysion c'est un petit bonus, pour les longues pistes hétérogènes de Moira c'est un must absolu ! La narration reprenant un peu trop le dessus, il est délicat pour un français de base ne comprenant que quelques mots de japonais de s'en sortir. Béni soit Ike Nelson, le narrateur qui ne parle qu'en anglais pour dire le principal, qu'on retrouve depuis peu. J'ai d'ailleurs constaté que mes chansons préférées sont celles dont j'ai vu le clip (à quelques exceptions près) ou le live, par ce que ce que montrent les chanteurs sur scène donne à mon imagination la matière qui leur manque quand il n'y a rien. Pour apprécier ce « nouveau » Sound Horizon, il faut donc regarder des vidéos en priorité, puis chercher la traduction des chansons pour pouvoir les apprécier à leur maximum...ce qui est un peu dommage. Avouons-le, peu de gens se décarcassent autant pour tenter de comprendre une chanson, aussi belle soit-elle, lorsqu'il y a si peu à se mettre sous la dent. Ce n'est pas pour autant qu'il faut bouder Sound Horizon car c'est un groupe original qui mérite à être plus connu.

Meiou

 



La collaboration avec Kajiura



J'ai évidemment gardé le meilleur pour la fin ! C'est en 2008 que Revo et Kajiura se sont associés pour nous pondre le single Dream Port. On y retrouve tout le charme de Sound Horizon embelli par le style de Kajiura et des chanteuses présentes pour l'occasion (les filles de Kalafina et FictionJunction Yuuka pour ne citer qu'elles). Je vous laisse donc sur ce superbe live qui scelle une collaboration osée et réussi entre deux personnes aux styles radicalement opposés.


 
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