27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:00

 

 

Ma foi, cela fait déjà un petit bout de temps depuis ma critique de Dramatical Murder et je n’ai pourtant pas tout à fait fini d’en parler. En effet, j’ai également fini le fandisc Dramatical Murder re:connect immédiatement après l’aventure principale…et c’était une terrible erreur. Explications.

Re:conect, sorti un an après le jeu original, est donc un fandisc, c’est-à-dire un regroupement de différents bonus ; un sujet que j’avais déjà brièvement évoqué dans ma critique de Grisaia no Meikyuu. Bonus présentés ici sous la forme d’un menu en pixel art avec des coffres et des tourbillons qui permettent d’accéder à des scenarii pour chaque personnage, ainsi que diverses petites choses comme une galerie d’images, divers matériaux promotionnels (voix, poisson d’avril), ainsi qu’un mini-jeu de cartes s’apparentant à un memory. Bref, rien de bien essentiel à la compréhension de Dramatical Murder mais l’idée est que les fans puissent poursuivre un peu l’expérience. Et de ce point de vue-là, Re:connect est assez pauvre en contenu.

 

Le menu principal une fois complété à 100%

 

 

Un fandisc au contenu rachitique

Côté scénario, il faudra donc se contenter des After Story des 5 personnages principaux et de leur bad end étendue, ainsi que de la mini-route dévolue à Virus & Trip, d’une courte scène avec Mizuki et d’un flashback sur l’enfance Aoba, ces deux derniers éléments n’étant déblocables qu’après avoir fini tout le reste. Le tout pour à peine dix heures de lecture.

 

Les premières images de la route de Mink. N'importe quel VN anglais aurait des décors pareils, il se ferait huer...

 

J’aurais aimé réaliser un résumé de chaque After Story, malheureusement force est de constater qu’ils se basent tous plus ou moins sur la même structure : rappel des évènements du jeu principal, prolongation de la toute fin de la route du personnage en introduisant un élément unique qui sera étiré en longueur grâce à une interminable scène de sexe, et conclusion. Certains scenarii sont un peu plus fournis que d’autres et il y a une exception avec Ren qui bénéficie d’une After Story coupée en deux segments (visiblement c’était trop difficile de faire une ellipse) mais c’est bien toute la différence. De fait, expliquer la trame scénaristique assez maigre revient à lui ôter toute pertinence. Vous serez tout de même ravi de savoir que l’After Story de Koujaku est particulièrement vide (et qu’Aoba s’y comporte en midinette irritante), que celui de Ren tente maladroitement de faire oublier l’éléphant dans la pièce et que celui de Mink a la lourde tâche de transformer une relation abusive en un happy ending bien niais (spoiler : ça ne fonctionne toujours pas). Heureusement que Noiz et Clear ont un peu plus de choses à dire.

 

Je demande plus de Clear et moins de dissection !

 

Les « nouvelles » bad end souffrent exactement du même problème dans la mesure où elles se contentent d’allonger ce qui avait déjà été dit dans le jeu principal en rajoutant une bonne grosse scène de sexe et se reposent pas mal sur la magie du changement de point de vue (c’est-à-dire l’excuse ultime pour écrire deux fois la même chose). La « route » de Virus et Trip apporte bien quelques informations intéressantes qui manquaient cruellement à la compréhension de leur relation avec Aoba dans l’original mais ces informations sont de nouveau noyées entre deux longues, longues scènes de sexe. Et ce ne sont pas les trop courts scenarii déblocables qui vont rétablir l’équilibre même s’ils sont très appréciables. Je dirais même que la visite d’Aoba à Mizuki encore à l’hôpital aurait dû être inclue directement à la fin de Dramatical Murder.

 

Cachez ce phallus que je ne saurais voir

Le contenu très pauvre de re:connect met donc de fait l’accent sur les scènes de sexe puisque c’est là l’essentiel de l’expérience. Malheureusement, cela pose de multiples problèmes. L’avantage de Dramatical Murder était que les rares scènes H étaient reléguées à la fin du jeu, alors que l’action était finie, ce qui évitait de briser le rythme. De plus, leur brièveté, enfouie dans plusieurs dizaines d’heures d’histoire, les rendaient d’autant plus tolérables qu’il s’agissait d’un moment-clef dans la relation d’Aoba et de l’éphèbe choisi par son cœur. Dans Re:connect elles n’apportent quasiment rien. En soi, cela aurait pu ne pas être grave : après tout, il s’agit d’un bonus à destination des fans, il est donc plutôt sain de reléguer le fanservice ici.

 

Sexy, pas vrai ? Restons donc quelques longues minutes sur ce plan hautement érotique !

 

Seulement voilà, les scènes de sexe sont également présentées de manière très étrange. Les développeurs usent et abusent du zoom pour nous montrer différents pans particulièrement incongrus du décor durant l’acte charnel et il faut souvent attendre un certain temps avant d’enfin apercevoir une CG…pour qu’elle soit remplacée au bout de quelques secondes par de nouveaux plans « regardez comme cette tapisserie est magnifique » ou « oh, chouette lampe de chevet ». Je ne suis pas toujours fan du côté voyeuriste des scènes H trouvables dans les eroges qui ont tendance à tout montrer sans épargner la moindre parcelle de l’orifice de ces demoiselles (quand il n’y a pas de coupe anatomique pour nous faire subir une visite touristique de l’intérieur) mais je n’avais jamais encore vu un jeu érotique aussi avide de cacher son contenu sexuel ! Je peux comprendre qu’il ne soit pas intéressant de montrer la CG tout de suite car il faut bien faire monter la tension. Je peux également comprendre que l’image ne reflète pas l’intégralité de la scène mais les différents zooms effectués sur la CG arrivent justement très bien à rendre l’action dynamique sans trop la trahir. Alors pourquoi ? Pourquoi cet empressement à rester de longues minutes fixés sur la tuyauterie de la salle de bain alors que Koujaku et Aoba sont en train de copuler dans la baignoire ? Ce choix est d’autant plus saugrenu qu’il ruine complètement l’atmosphère mis en place et rend les scènes de sexe encore plus insupportables à regarder. Bref, un vrai carnage.

 

Une des rares scènes incluant de vrais bouts d'intrigue, à la dérive au milieu du sexe et du gore.

 

 

La dissection c’est fun !

En parlant de scènes de sexe catastrophique, il y a encore un point que je n’ai pas encore abordé : les bad ends (et j’y inclus la route de Virus et Trip toute entière). En termes de contenu, elles sont tout aussi pauvres que les After Story puisqu’il s’agit uniquement d’une extension de ce qui a été raconté dans Dramatical Murder. Mais là où je n’avais aucun problème avec les fins de l’original, j’ai été complètement dégoûtée par celles du fandisc. Ce qui fonctionnait dans le jeu principal était que les bad end, bien que très violentes, s’avéraient aussi très courtes. Il s’agissait d’une forme de punition pour le joueur qui devait assister aux souffrances des personnages principaux pour ne pas avoir su les sauver. De ce point de vue-là Fuchii Kabura, la scénariste, arrivait à maintenir l’héritage de Nitro+ (connu pour développer un univers assez noir) sans pour autant trancher avec l’univers plus neutre de Dramatical Murder. En déconnectant les bads ends de ce contexte et en les allongeant, on perd lentement de vue ce qui faisait leur intérêt. Et c’est là qu’intervient la cerise sur le gâteau : les scènes de sexe (je vous avais dit que tout tournait autour du sexe).

 

Passage un peu crade mais pas trop. Le jeu fait bien pire...

 

Car oui, les personnages ne se contentent plus de simplement souffrir, ils sont montrés en train de souffrir en détails par le texte, accompagné d’une illustration tout aussi explicite, et voient leur intimité souillée par toutes sortes de joyeusetés trash. Ainsi, Aoba se fait bourrer par Mink pendant qu’il est en train de vomir, se fait croquer le pénis par Koujaku (mais il aime ça alors il n’y a pas de problème !) ou se fait violer et dévorer vivant par Ren. Et je ne parlerais même pas de la bad end de Noiz ou de Clear qui sont toutes les deux particulièrement abjectes : Aoba se fait déchirer la paroi anale et finalement disséqué vivant. Miam. On retrouve ça de manière exacerbée dans la route de Virus et Trip où Aoba, devenu leur esclave sexuel, subit des abus physiques et psychologiques du début jusqu’à la fin. Pire, chaque élément a priori positif se transforme en torture comme quand Trip essaye de l’étouffer avec du gâteau. On passe d’une manière relativement fine de décrire la violence à une présentation bourrine qui n’est rendue qu’encore plus interminable par des scènes de sexe incroyablement bavarde. Il y a une place pour le gore dans la fiction, ce qui est très bien démontré par Saya no Uta, mais c’est un outil dont il faut savoir se servir. Et visiblement, ce n’est pas le cas ici, ce qui fait qu’on tombe dans du contenu gore qui choque pour choquer. Sans intérêt. De plus, je ne suis pas sûre que les fans de Dramatical Murder achètent le fandisc pour que leur personnage préféré (au hasard le mignon Clear) se transforme en psychopathe et inflige à leur « avatar » les pires tourments…

 

Un amalgame d’épluchures

Re:connect, sous son apparence de bonus simple, est un bordel sans nom. J’ai lu sur une base de données entretenue par des fans que certains scenarii (les bad end étendues, notamment) auraient dû se trouver dans le jeu original mais ont dû être coupés faute de place sur le DVD. Et c’est une hypothèse étrangement plausible quand on voit à quel point le fandisc semble constitué de fragments épars du jeu principal. L’ajout le plus bizarre reste à mon sens le traitement des génériques. Dans Dramatical Murder, chaque personnage possédait son propre thème chanté pour sa mauvaise fin et un thème commun pour sa bonne fin. Re:connect ajoute un thème chanté pour chaque bonne fin. Ce qui possède d’autant moins de sens qu’il n’y a aucune mise en scène pour appuyer ce choix : dans les bishoujo games tels que Grisaia, les crédits de fin sont souvent agrémentés des CG de l’héroïne, ce qui donne l’impression d’assister à un récapitulatif des grands moments de sa route. Ici il ne s’agit que d’un écran noir avec du texte blanc, ce qui n’a aucun impact sur le joueur.

 

Le fil Twitter imaginaire d'Aoba, un des bonus proposés

 

Je pense que le fandisc serait beaucoup moins rageant si le joueur avait la possibilité de lire les scenarii qui l’intéressent sans avoir à toucher aux autres. Au lieu de cela, il est absolument obligatoire de passer par toutes les fins, y compris les mauvaises, pour débloquer les segments vaguement importants que sont ceux de Miuzki et d’Aoba, ce qui rend l’expérience particulièrement désagréable.

 

Conclusion

Alors que j’étais sortie de ma lecture de Dramatical Murder sur une note correcte, Re:connect m’a donné une impression désastreuse. Le contenu est tellement pauvre que le fandisc consiste en fait en une gigantesque collection de scènes H qui semblent mises en scène de manière à plonger le joueur dans l’ennui, quand ce n’est pas de manière à lui donner la nausée à force de surjouer le côté gore inutilement. Bien que le fandisc en lui-même soit relativement court, jamais le temps n’a passé aussi lentement pour moi. J’ai donc décidé de complètement passer les bad ends sur la fin (celle de Clear particulièrement dégueulasse a été la goutte qui a fait déborder le vase), voire les scènes de sexe tout court…ce qui fait qu’il n’y avait plus rien à lire. Si je commence progressivement à délaisser les scénarii pour préférer passer du temps sur le simple mais efficace jeu de memory, c’est qu’il y a un problème.

 

Je vous conseille d'ailleurs de finir le memory pour pouvoir débloquer une nouvelle version du menu principale.

 

Au final, je ne sais pas si je dois haïr re:connect ou me féliciter que la scénariste ait choisi de rassembler tout ce qu’il y avait de plus mauvais dans Dramatical Murder dans le fandisc. Inutile de dire que je ne vous en conseille pas la lecture, ou alors à la rigueur les After Story des personnages qui vous intéressent. Zappez le reste, ça n’en vaut pas la peine.

 

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commentaires

Jin-chan 28/06/2017 00:14

Dire que je m'empressais de faire la bad ending de Clear, le gore est ce qui m'a le plus plu dans DMMd... C'est bien un fan disc et en tant que fan je n'ai pas été déçue~

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