21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 15:00

OAV

 

Paru encore très récemment, Denpateki na Kanojo est l’adaptation en deux OAVs du light novel du même nom de  Kentarou Katayama.

 

On y découvre Juuzawa Juu un lycéen atypique aux cheveux décolorés et bagarreur qui fuit comme la peste tout contact et préfère rester tranquille. Enfin jusqu’au jour où une fille étrange qui cache ses yeux sous sa frange, Ochibana Ame, débarque et prétend le connaître d’une vie antérieure. Il aurait été roi et elle, son fidèle chevalier. Evidemment Juu n’y croit pas du tout et essaye de l’ignorer, mais non seulement la petite est tenace et le suit partout, mais en plus des meurtres inexplicables ont lieu dans les environs et elle a toujours l’air d’en savoir un peu plus que les autres. Juu décide donc de faire équipe avec elle afin de démêler son implication véritable dans cette affaire…

 

Voilà donc l’histoire du premier OAV qui se révèle être une sorte de thriller morbide (miam) reposant à la fois sur une ambiance sombre et pesante menée par de beaux graphismes et une bande-son minimale mais bien utilisée, et la prestation d’Ame (doublée par Hirohashi Ryou qui fait Kyou dans Clannad ou encore Rakka dans Haibane Renmei), un personnage aussi ambigu que fascinant. Après un sacré twist, l’épisode se finissait de manière concluante tout en laissant une petite part de mystère sur cette fameuse histoire de vie antérieure.

 

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Et puis quelques mois plus tard, paraissait un second OAV, ce qui en soi-même était assez intrigant puisque tout semblait fini. Après la résolution de l’affaire précédente, Juu a finalement accepté de laisser Ame lui faire office de chevalier (c’était ça ou prendre le risque de la voir pénétrer par effraction dans sa maison à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit donc bon) et tout semble redevenu normal. Mais une fois de plus le duo se retrouve face à un nouveau mystère : une secte qui lynche des cibles prises au hasard, dont Juu. De nouveaux personnages sont introduis, dont les copines d’Ame, qui sont aussi badass qu’elles (notre héros est décidément bien entourée niveau sociopathes), comme Endo Madoka l’androgyne (doublée par Saiga Mitsuki) et Kirishima Yukihime la lanceuse de couteaux (Mai Nakahara). Et qu’apprend-t-on dans ce nouveau récit ? Que de plus en plus de gens joignent une secte qui prône le système des « Hapiness Points ». Selon ce système il est établi que le bonheur s’obtient en étant arraché à autrui. Plus on bousillerait la vie de son prochain, plus ça nous rendrait heureux. Une théorie qui dit comme ça parait totalement farfelue et d’une absurdité crasse, et pourtant quand on y regarde de plus près le système des « Hapiness Points » est certes stupide mais il n’est pas dénué de sens.

 

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Dans une société comme la société japonaise qui prône beaucoup l’intérêt de la collectivité comme étant supérieure à celui de l’individu, on parvient parfois à des débordements extrêmes comme celui de l’« ijime », qui est un problème d’ordre national. Qu’est-ce que l’ijime ? Littéralement « intimidation », l’ijime c’est l’acharnement d’un groupe sur une personne parce qu’elle est différente. L’ijime peut intervenir, au collège, au lycée, dans le monde du travail, mais même à l’école primaire. Généralement les enseignements témoins de ce genre de traitements ne font absolument rien pour aider les élèves en difficulté, ils font semblant de ne pas voir, et nombre de victimes se suicident à cause de cela.

Les brimades arrivent aussi dans les pays occidentaux plutôt portés sur l’individualisme, mais nous n’attachons pas, à mon avis, le même sens derrière ces brimades.

 

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Life, un des rares mangas à faire de l'ijime son sujet principal.

 

Il y a deux manières d’unir un groupe sous une même bannière : 1) un but commun et 2) un bouc-émissaire. Evidemment, il est bien plus difficile de trouver un objectif qui mette tout le monde content et bien plus confortable de projeter tous les maux du monde sur un tiers. Les groupes ne sont souvent unis que dans l’amour d’une même chose ou la haine d’une même chose, sitôt cette chose disparue, le groupe se détruit de l’intérieure parce que chacun défend des intérêts différents. On peut ainsi mentionner quelques exemples historiques dont le plus marquant a sans doute été l’antisémitisme vu à quelles extrémités il a été poussé. Que fait Hitler en 1933 quand il obtient les rênes de l’Allemagne ruinée par le chômage ? Il cherche à avoir tout le pays derrière lui bien sûr. Un dirigeant qui compte faire la guerre (et à l’origine il n’y avait pas trente-milles solutions pour relancer le pays, il fallait faire marcher l’économie de guerre) cherche à ce que sa politique soit soutenue par son peuple. Et l’Europe étant massivement antisémite à l’époque (l’affaire Dreyfus à la toute fin des années 1800 l’aura prouvé), il était facile de pointer du doigt les juifs en disant la ruine de l’Allemagne était de leur faute (je vulgarise mais c’est un peu ça), et à cause de cela la cohésion de groupe était assurée dans une haine qui débouche sur l’horreur absolue qu’est le génocide. Après avoir constaté l’ampleur de tels massacres on pourrait se dire que les politiques ont retenus la leçon mais en fait non. Après l’attentat du 11 septembre, W. Bush a bien profité de la peur générale à l’égard des terroristes pour déclarer la guerre à l’Irak. Et de nos jours la haine de l’immigré ressemble quand même fichtrement bien à la haine du juif d’antant. Bref, tout ça pour dire que ce système qui est celui de « l’ami/ennemi » (je ne sais plus de quel livre de philo j’ai sorti cette appellation, désolé) a aussi lieu au Japon mais de manière différente.

 

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Life a connu une adaptation en drama du même nom (11 épisodes en tout) qui ne s'en sort pas trop mal

 

L’ijime c’est au fond le même concept de l’ami/ennemi : on unit une classe dans la haine d’un seul élève (on est tous contre toi, on est donc tous ensemble contre toi, quelle belle harmonie) et tant que ce bouc-émissaire supporte toutes les saloperies qu’on lui fait subir, tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes (ironie bien sûr). Si le bouc-émissaire, à bout, se suicide, la classe se retrouve de nouveau éclatée, puisque tout le monde ne s’aime pas, ne se parle pas, ou n’interagit pas selon les mêmes intérêts. Et les petits camarades cherchent donc le prochain bouc-émissaire. C’est le même principe dans le monde du travail, en peut-être plus ténu ; je suppose que la victime se retrouve ignorée et avec le plus de corvées. Mais elle n’a vraisemblablement pas le droit à des jeux aussi vicieux qu’à l’école (dont le jeu du mort par exemple, qui vise à mimer le décès du bouc-émissaire pendant plusieurs jours afin de lui foutre les jetons) puisque ça nuirait à la productivité de l’entreprise.

 

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Pour en revenir à nos moutons, le système des « Hapiness Points » est au fond assez représentatif de cette mentalité dont découle l’ijime. On sacrifie le bouc-émissaire au bien de la classe, on lui vole son bonheur pour s’assurer le sien. C’est écraser ou être écrasé ; choisis ton camp. Lorsque la secte de Denpateki na Kanojo scande que pour être heureux, il faut écraser autrui, en un sens ce n’est pas faux, mais cette manière de penser est juste horrible.

 

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Autre aspect : tout au long de l’épisode Juu se rend compte qu’en réalité, cette secte qui parait absurde, a bien plus d’adhérents qu’il ne parait, dont certains de ses proches, comme Ame qui révèle elle-aussi croire au principe des « Hapiness Points » mais qui procède d’une toute autre manière ;  j’y reviendrai plus tard. C’est assez ironique parce qu’à chaque fois on se dit « Quoi ! Elle aussi, elle y croit ? ». Serait-ce une manière de montrer que dans la société il existe bien plus de personnes qui appliquent ce principe, sans même s’en rendre compte ? Une surinterprétation de ma part sans doute, mais ce serait assez intéressant.

 

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Même notre héroïne croit au système des « Hapiness Points » mais comme elle le révèle tout à la fin du second OAV, la manière la plus rapide d’obtenir ces fameux points de bonheur…c’est de fuir la réalité. Tiens donc. Comme c’est étrange. De là à dire que le concept de l’ami/ennemi repose en réalité sur une illusion, il n’y a qu’un pas, et je pense qu’on peut le franchir. L’ijime c’est exactement ça : on essaye de se convaincre que tous nos petits malheurs personnels sont la faute et l’unique faute de Jean-Marie Sigismond qui n’a jamais rien demandé à personne mais qui, parce qu’il est juif/noir/arabe/obèse/a les cheveux de travers/appartient à telle minorité/rayez la mention inutile, se montre un coupable tout désigné. Et tant qu’on lui bousille ses manuels, ses fringues, sa vie, ça nous défoule, on se sent mieux, on n’a pas à se regarder en face dans le miroir pour se dire « S’il m’est arrivé telle merde, c’était quand même un peu de ma faute ». Echapper à ses responsabilités c’est toujours tellement plus commode que de se retrousser les manches et essayer de trouver des solutions.

 

C’est un peu la morale de l’épisode puisque qu’à la fin l’antagoniste principale, qui vivait complètement enfermée dans son petit monde pour ne pas avoir à ouvrir les yeux sur sa triste vie, finit par être confrontée à ses contradictions et une autre personne (je ne spoilerai pas) qui croyait aux « Hapiness Points » est punie  d’avoir voulu suivre le même chemin qu’elle.

 

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Je ne pense pas que Denpateki na Kanojo soit volontairement une référence à l’ijime mais plutôt un reflet d’une mentalité qui couve dans les esprits, ou peut-être même un récit exemplaire tentant de nous montrer pourquoi une quête aussi universelle que la quête du bonheur ne doit pas se faire au détriment de celui d’autrui. Après tout la réaction première du spectateur lorsqu’il découvre cette secte aux idées bizarres est de souligner son absurdité, et donc ironiquement de souligner l’absurdité d’un système qu’il a cautionné sans même s’en rendre compte.

Le concept « Ecraser ou être écrasé » est en effet un concept tacite mais bien réel. Il suffit de regarder un film lambda, comme Le diable s’habille en prada, qui nous montre à un moment l’héroïne en plein dilemme : sa supérieure hiérarchique avec qui elle s’entend bien est malade et la grande patronne lui propose de prendre sa place. Si elle accepte cette occasion unique (une promotion en or comme celle-ci ne tombe pas du ciel tous les jours), elle rend sa collègue malheureuse ; si elle refuse, elle se rend malheureuse.

 

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Y aurait-il donc plus qu’une simple histoire de thriller dans l’anime Denpateki na Kanojo ? Est-ce un reflet de l’ijime ? Une critique de la société ? Je ne sais pas si c’est vraiment le cas mais ce serait une idée bien séduisante. A chacun de se faire son propre avis sur la question.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que ce petit OAV de rien du tout se révèle bien plus profond qu’il n’en avait l’air au départ. Et ça, c’est déjà pas mal.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 13:35

--- Attention, cette introduction peut contenir des traces d’absurdité. A consommer avec modération ---

 

Littérature

Bienvenue dans Côté Bouquin votre nouveau rendez-vous littéraire et pour ce premier numéro j’ai voulu rendre la lecture plus accessible ; par ce que tout le monde n’a pas forcément les capacités de s’enfiler l’Assommoir de Zola, donc cette semaine je vous propose T’Choupi va au cirque. Y a tout un univers c’est passionnant !

 

 

Bon en fait non, je ne suis pas Chris Esquerre, et je me vois mal commenter des monuments de la littérature tels que T’Choupi va au cirque ou Plastique et Caoutchoucs Magazine :p. En revanche une idée me taraude. Pendant un certain temps c’était la mode des œuvres occidentales adaptées en animes : on a eu le droit à Nadia et le secret de l’eau bleu, Princesse Sarah, Ulysse 31, Rémi sans famille, Les 4 filles du docteur March ou encore Tom Sawyer. Et depuis on dirait que les japonais n’ont plus tellement envie d’exploiter le filon (si quelqu’un a une hypothèse là-dessus, je veux bien). Ce qui est quand même bien dommage quand on voit le potentiel qu’il y a à creuser dans les milliers et milliers d’ouvrages parus. Si certains scénaristes sont à cours de light novel ou de manga à adapter, voilà quelques idées sortant un peu du cliché « Romance lycéenne japonaise et dérivés » qui pourraient faire fureur :p.

 

 

10) Harry Potter de J.K. Rowling

 

On va commencer par le plus conventionnel. Harry Potter est un vivier à archétypes qui correctement assemblés pourraient faire un très, très bon mélange. L’omniprésence de la magie, du fantastique, et la construction d’un univers mi-réaliste, mi-barjo offrent un contexte assez fertile. Rajoutez par-dessus les motifs classiques comme un héros-élu au destin extraordinaire, un méchant vraiment méchant qui veut conquérir le moooonde, des péripéties rocambolesques se découpant sur un fond « tranche de vie » (en plus dans un établissement scolaire mit uniforme, si c’est pas offert sur un plateau d’argent !) et des jolies filles en tenue de magicienne et la sauce devrait prendre. On pourrait facilement faire d’Hermione une tsundere et Ron serait le sidekick. Par contre pour vraiment faire en sorte que l’anime soit potable il va falloir s’écarter des livres après le tome 4 (voire diverger dès le tome 4) pour livrer une fin originale qui s’appuierait sur les autres bouquins tout en offrant un truc bien plus cohérent et réussi.

 

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 Les doujins Harry Potter sont déjà légion

 

Tiens, on a qu’à reprendre l’intrigue au début du tombe 5 mais cette fois-ci, victime d’un complot un peu plus fouillé, Harry finit réellement en prison à Azkaban. Au bord de la folie il parvient à s’évader quelques années plus tard dans un monde sous l’emprise de Voldemort et il a acquis un niveau de badasserie supplémentaire dans l’intervalle. Il contacte ses anciens potes (qui le croyaient mort) et fomente une rébellion dans l’ombre grâce à une alliance inattendue…avec les Moldus ! Et à la fin de l’anime, au moment de combattre Voldemort, il se rendrait compte que celui-ci est en fait mort depuis des plombes et que le vrai méchant derrière tout ça…sont ses deux parents, qui cachaient vachement bien leur jeu. Et ce serait un couple rock’n roll, of course. Hey, au moins y aurait un cliffhanger à la fin X).

 

 

9) La mythologie antique (Métamorphoses d’Ovide, Illiade d’Homère)

 

L’Odyssée a déjà été adaptée mais pas l’Illiade, ça ferait pourtant un truc plutôt sympathique si on respecte l’esprit de l’original.

 

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Mais plus intéressant encore, avec toutes les cochonneries que Zeus/Jupiter fait avec toutes les mortelles qui passent dans la mythologie antique, on a un support en or pour une collection hentai ! Là au moins il y aurait une bonne excuse au fait que toutes les nanas lui tombent dessus et à toutes les invraisemblances possibles et imaginables. Y a même de la zoophilie pour les plus pervers. Avec un héros pour une fois un peu plus charismatique (divinité oblige) et rigolo, on peut même établir un fil conducteur : Zeus/Jupiter est mariée à une « vieille » (à transposer en une MILF) matrone insupportable (Hera/Junon) mais comme elle l’énerve il décide un jour de la laisser se débrouiller avec l’ordre cosmique et de prendre du bon temps. Il part à la chasse aux jeunes et jolies demoiselles tout en essayant d’échapper à sa femme qui le poursuit. La fin de la série se concluant sur le mari qui revient à la maison mais s’en fiche complètement parce qu’il s’est bien amusé. C’est à ce moment qu’on montrerait tous les mômes qu’il a eu avec ses conquêtes \o/.

 

 

8) Candide de Voltaire

 

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Candide étant une sorte de voyage initiatique un peu décalé, cela ferait un très bon contrepied aux animes un peu plus tournés vers les enfants comme Digimon, Pokémon ou certaines séries magical girl. On aurait toujours un héros naïf et niais au possible qui part à la découverte du monde en rencontrant pleins de personnages sur sa route, mais à force d’être confronté à l’absurdité de la réalité il finirait par « grandir » spirituellement. Quelques scènes, comme le séjour dans l’El Dorado, feraient de bons supports pour développer un peu plus le côté imaginaire (faire des références aux Cités d’Or par exemple) et en censurant légèrement un ou deux détails comme la partie du récit de la vieille où elle raconte comment des soldats affamés lui ont coupés une partie des fesses pour se nourrir, on aurait un anime génial, grinçant à souhait, ni trop sérieux, ni trop léger. Une sorte d’Ergo Proxy en bien, bien plus light et plus cynique.

 

 

7) Les contes de fées en général (Perraut, Andersen, Frères Grimm ou autres)

 

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S’il y a relativement souvent des allusions légères aux contes de fée dans les animes (Hime Chen ! Otogi Chikku Idol Lilpri ou Ookami-san to shichinin no nakama-tachi par exemple), je pense qu’on manque de série qui place vraiment les personnages de contes de fées comme les personnages principaux d’un univers pertinent. Une histoire, un peu dans le principe Kingdom Hearts, qui mettrait en relation tous ces mondes dans un scénario original mais de manière décalée ou parodique. On pourrait ainsi faire interagir des personnages qui ne sont pas censés se rencontrer dans les contes, rassembler des influences très variées dans des mélanges surprenants. J’ai d’ailleurs dans la tête d’écrire ma version personnelle de certains contes de fées : je verrais bien par exemple une Cendrillon narcoleptique et cooldere devenir la meilleure amie du prince qui serait en réalité un reverse-trap parce que le vrai prince s’est enfui, ou une Belle au bois dormant qui serait en fait séquestrée par ses parents et ne devrait son salut que grâce à la supposée méchante sorcière qui décide d’en faire son disciple et de l’emmener avec elle, façon Voyage de Chihiro.

 

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Mais évidement on peut lier les deux histoires à un moment ou à un autre ou faire d’autres assemblages rigolos. Genre je sais pas, on peut dire que Cendrillon part en voyage chez une sorcière pour se faire retirer sa narcolepsie, sorcière qui n’est autre que la Belle au Bois Dormant, toutes deux se lient d’amitié et apprennent par hasard que leurs mondes sont voués à la destruction à cause d’une force maléfique à l’œuvre. On les fout dans des mechas combattre en plein espace et hop, ça devrait être marrant =D !

 

 

6) Philomena de Chrétien de Troyes

 

Levez la main ceux qui ne connaissent pas Philomena. Tout le monde ? Je m’en serais doutée :p. En fait, pour résumer un peu, c’est l’histoire de deux princesses grecques dont l’une se marie avec le roi d’un pays voisin, Téré. Désirant revoir sa sœur, la belle Philomena, elle demande à son époux de l’inviter à venir dans leur palais. En rencontrant la jeune fille Téré en tombe amoureux et suite à plusieurs ruses il la viole, lui coupe la langue pour qu’elle ne puisse révéler son crime et la séquestre en rentrant chez lui comme si de rien n’était. Mais Philomena réussit à prévenir sa sœur et toutes les deux décident de se venger : elles servent donc à Téré son propre fils pour le repas. Et la fin de l’histoire c’est n’importe quoi alors je vais m’arrêter là.

 

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Plutôt gore comme histoire, je l’avoue, mais à partir de là on peut bâtir un sombre récit de vengeance bien torturée et bien sanguinolent à souhait. High School of the Dead à côté c’est Casimir au pays des licornes ! Ou alors on montre les deux sœurs devenir complètement barjo, accomplir des massacres et des rituels de satanisme pour obtenir le pouvoir et ainsi changer leur destin. Et pour les arrêter on enverrait une troisième sœur complètement imaginaire remettre de l’ordre le bordel ambiant.

 

 

5) L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert

 

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Impossible de lire L’éducation sentimentale sans penser à School Days (et vice versa), tellement les analogies sont nombreuses : un héros complètement insipide et indécis qui reste d’une passivité irritante et vit des histoires d’amour oscillant entre simple luxure et cruauté certaine, le tout entouré de personnages plus détestable les uns que les autres. Fréderic, le héros meurt d’amour pour une femme mariée, frustration qu’il compense en séduisant plusieurs demoiselles à la fois de manière totalement intéressée, mais à la fin il se vautre lamentablement quand même. La grande différence c’est que Flaubert est un grand auteur reconnu et School Days un anime dérivé d’un eroge. Mais ça n’empêche pas de sauter le pas ! On peut sans trop de problèmes en faire une série qui peigne la décadence d’une société complètement pourrie de l’intérieur tout en suggérant du sexe à outrance sans être vulgaire ! Flaubert a décidément pensé à tout XD. Le souci majeur reste la transposition du contexte puisque le livre est profondément ancré dans son siècle et y fait sans cesse référence. Une adaptation libre serait donc assez kamikaze (ou alors une copie conforme de School Days), vaut mieux suivre fidèlement l’intrigue originale, en rajoutant une ou deux loches de fanservice si besoin (la scène du portrait de la courtisane à poil peut tout à fait servir de prétexte à montrer des tétons aux gens en manquent, mais pas plus, il ne faudrait quand même pas abuser).

 

 

4) Tristan et Yseut de Béroul

 

Un mythe aussi populaire que celui là devrait pourtant se retrouver à un moment ou à un autre chez nos amis nippons. Tout y est, le cadre à mi-chemin entre le Moyen-Age réel et le fantasy, le thème universel et archi-rabattu de l’adultère, la fin tragique, l’histoire d’amour impossible, bref tout est apporté sur un plateau d’argent. Yseut ferait une excellente tsundere (avant de boire le philtre magique elle a quand même essayé de zigouiller le héros) et avec les vêtements d'époque, nul doute que les character designers sauraient se faire plaisir. Si Romeo et Juliette a reçu une adaptation aussi agréable par le studio Gonzo (déjà responsable de l’adaptation du compte de Monte-Christo, ils avaient tout compris eux) en Romeo X Juliet, pourquoi ne pas faire un Tristan X Iseut ? Ce serait presque plus épique.

 

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Existe en version fleur bleu ou 18+ si on prend le parti de suivre le récit original envers et contre tout, y compris avec la scène où Yseut est sur le point de se faire violer par une troupe de lépreux lubriques. Et puis vu les monstres qui doivent grouiller dans la forêt, pour dix euros de plus, les tentacules sont également offertes =D.

 

 

3) Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë

 

Hauts de Hurlevent

 

On s’attaque à du costaud en imaginant adapter Les hauts de Hurlevent mais c’est tout aussi jouable que le reste. Fini les histoires d’amour bien mièvres, place à une longue intrigue qui se résume à une suite de cruautés, avec des bourreaux et victimes interchangeables, des désillusions à n’en plus finir, des scènes de folie pure et un rayon d’espoir final. Du moment que le couple central Catherine/Heathcliff est bien écrit, on peut facilement faire une série du tonnerre, sombre et torturée, qui raconterait la lente descente aux enfers d’Heathcliff parallèlement au crescendo que constitue sa vengeance. En bonus pleins de morts, la lande comme décor principal (on peut difficilement faire plus poétique) et un côté « arbre généalogique »  par le fait qu’on suive les aventures de personnages sur plusieurs générations, qui poserait le futur anime dans une longue durée. Le jeu entre les différents narrateurs pourrait aussi être intéressant. Rajoutez à cela une bande-son extra, un parti pris visual original et il y a de quoi pondre un hit.

 

 

2) Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

 

Le meilleur des mondes ferait un genre de Ghost in the Shell détonnant, comme un genre de « tranche de vie » en plein univers SF et décalé qui plongerait soudainement dans le cauchemar le plus total. Vu la richesse de ce drôle de monde où les bébés naissent par éprouvette sans parents pour être catégorisés dans des castes divers (des ingénieurs aux esclaves), lobotomisés dès le berceau et programmés pour un communautarisme à tout épreuve, ce qui se constate au travers d’une sexualité plus que libre puisqu’il est obligatoire de se donner à celui/celle qui le demande et de varier les partenaires, il y en aurait des choses à approfondir. Commencer l’intrigue avec le personnage de Bernard serait de bonne augure, cela permettrait de pointer du doigt combien ce monde tente d’assimiler l’humanité à une armée de clones et les préjudices fait à la différence. Et puis on basculerait vers le milieu, deuxième tiers de la série avec le vrai héros, John, qui donnerait une vision externe de ce fonctionnement tueur d’émotions.

 

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En faire un anime serait peut-être délicat mais pour un film ou une série d’OAVs l’histoire convient parfaitement. Entre « tranche de vie », réflexions métaphysiques et glauque, Le meilleur du monde a un sacré capital qui détrônerait même Serial Experiments Lain entre de bonnes mains !

 

 

1) Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

 

Alors là, c’est bien ZE livre décapant à souhait que j’aimerai voir adapter en 2D un jour. Il y a juste un potentiel de folie : des antihéros charismatiques à souhait contre une bande de lopettes qu’on ne demande qu’à pervertir dans la joie et la bonne humeur, des coups de putes à n’en plus finir, des cliffhangers de partout, de l’impertinence, de l’humour et une « voix » propre à chaque protagoniste élaborée comme on taille un joyau. En bonus quelques réflexions légèrement philosophiques sur l’écrasant poids de la société, la place de la femme et suffisamment d’érotisme pour appâter les plus réticents. Si on rajoute de bons doubleurs pour donner corps à ce bon vieux Vicomte de Valmont et à la Marquise de Merteuil, c’est le gros lot ! Du divertissement intelligent capable de viser tous les tableaux : Vous voulez du léger ? On a. Du sérieux ? On a aussi.

 

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Le véritable défi serait de mettre en forme le roman épistolaire mais il y a déjà eu un très bon film là-dessus en 1988 (et une adaptation libre plus récente qui fonctionne pas trop mal en tant que film mais qui est très mauvaise en tant que version moderne des Liaisons Dangereuses), preuve qu’il n’y a rien d’insurmontable là-dedans. Je verrais bien Madhouse s’en occuper tiens. Ils ont bien réussis à faire un anime à partir de l’histoire d’un gars qui tue des gens en écrivant leurs noms sur un calepin et à rendre ça épique alors l’histoire d’un salaud et d’une garce qui jouent au Monopoly avec la vie de tous les blaireaux qui leur tombent sous la main, c’est presque trop fastoche !

 


Voilà, c’était un petit top pas très sérieux qui, j’espère, parviendra de manière mystérieuse dans l’inconscient de certains scénaristes, qu’on rigole un peu. Déjà qu’il y a des gens pas très sains d’esprit qui veulent faire un film à partir de La princesse de Montpensier, alors à partir du ce moment-là, j’ai envie de dire que tout est permis !

 

Si certains livres dans cette liste ne vous disent vraiment rien, je vous suggère d’y jeter un coup d’œil, ils valent le coup ;).

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 00:35

 

Quoi il est bien mon titre d'abord…

 

Vu la brièveté et la multiplicité des sujets dont j’avais envie de parler, je me suis dis que poster des mini-billets ne serait pas très captivant alors voilà un article un peu fourre-tout sur les « actualités » de ce mois de novembre.

 

[text] A Summer Story

Visual Novel

 

J’ai testé la toute dernière production de sakevisual, un petit Visual Novel très court sobrement intitulé A Summer Story. Leurs précédentes sorties s’étant avérées sympathiques j’y suis allée les yeux fermés et j’avoue avoir été un peu déçue.

 

Au niveau sonore, mise à part White Hill de Susumu Hirasawa qui se déclenche dans le menu, il n’y a aucune bande-son, par contre le visual novel possède une grande de variété de bruitages qui sont plutôt bien utilisés.

Le background composé de photographies de lieux réels est soigné mais l’identité graphique du soft est plutôt à chercher du côté de l’utilisation d’un téléphone portable comme personnage principal, ce qui fait que l’objet relègue souvent le décor au second plan vu que notre regard reste la plupart du temps centré sur le téléphone. Interface originale donc.

 

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Rien à redire du côté technique, là où ça pèche un peu c’est justement du côté du scénario et surtout de la notion de « replay ».  L’histoire est la suivante : Une jeune fille du nom de Maya part pour les vacances sur une île rendre visite à son oncle dont la santé s’est dégradée depuis quelques temps. En voulant lui envoyer un sms pour le prévenir de son arrivée, elle va faire connaissance avec un drôle de jeune homme…

 

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En lançant le jeu je n’avais absolument aucune idée du genre de récit dont il s’agissait et j’ai donc tout d’abord cru à une bête histoire d’amour, mais en réalité A Summer Story s’apparente plus à du mystère, voire à de l’horreur. Malheureusement le scénario est cousu de nombreuses incohérences et malgré le fait que sept fins soient proposées, on reste toujours sur sa faim même après avoir tout complété. Comme il ne faut pas plus d’un quart d’heure pour finaliser le jeu une première fois, c’est d’autant plus mis en valeur qu’il n’y a pas de happy end non plus (sauf dans les chemins où elle rentre chez elle sans avoir éclairci le « mystère » mais bon).

 

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L’autre gros problème vient du « replay ». Il y a pas mal de choix à faire pour obtenir toutes les fins mais ces choix se limitent souvent grossièrement à laisser son portable éteint ou allumé à différents moments de l’histoire. Et c’est chiant. Admettons qu’il vous manque la fin 07. Vous allez recharger votre partie et là, casse-tête, à quel moment éteindre/allumer le portable ? Dois-je le laisser allumer à mon arrivée à l’île, l’éteindre le lendemain et l’allumer le surlendemain ? Dois-je l’éteindre deux jours d’affilée puis le rallumer ? Dois-je l’allumer une nuit de pleine lune ou quand lorsqu’un nain enroulé dans du jambon dansera au milieu des menhirs ? Sérieusement, on s’y perd très vite et avoir le walkthrough en cas de blocage est un grand soulagement.

 

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En résumé, A Summer Story est sympathique quand on a un quart d’heure à perdre mais vu le potentiel intéressant de l’histoire, il n’aurait quand même pas été du luxe de l’approfondir un peu, certains évènements paraissent vraiment trop forcés, comme s’ils sortaient de nulle part. De plus la solution de facilité ayant été choisi on sent arriver les choses à des kilomètres à la ronde et ce n’est franchement pas très effrayant pour une histoire d’horreur (à part la fin 04 qui relevait un peu le niveau). Petite déception donc.

 

Je rappelle que [text] A Summer Story se trouve téléchargeable gratuitement ici.

 

 

Facebook

Vie du blog

 

Par un coup de sang inexpliqué, j’ai glissé du côté obscur en inscrivant le site sur Facebook, histoire de voir ce que ça changeait. En fait pas grand-chose, j’aurais vu plus utile dans ma vie. En plus je peux même pas espionner les gens déjà inscris sans profil. Pff, même pas drôle :p. Pour ceux que ça intéresse (s’il y en a dans la salle), c’est par ici.

 

 

Brest Gaming Show

Convention

 

Certains l’ont peut-être lu sur le blog de Nemotaku, mais je me suis rendu au Brest Gaming Show ce week-end en gentille otak’ provinciale que je suis. Le bilan n’est pas bien glorieux.

 

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L’évènement ciblait très clairement le grand public : la publicité était limpide de ce point de vue-là, mais du coup pour tout geek de plus de 13ans, il n’y avait pas grand-chose à faire sinon zoner du côté de l’association BulleJapon qui organisait heureusement toutes sortes de quizzs conviviaux pour combler l’ennui général.

 

 

Sur la scène : Il y avait seulement deux conférences de prévues sur toute la durée de l’évènement et à des heures pas pratiques, je n’ai donc pas pu y assister, ni non plus au concert de musique de jeux vidéos parce que les organisateurs avaient eu la lubie de la mettre le dimanche et que je n’avais pas très envie de refaire le voyage juste pour ça. A part des épisodes de Boufbowl (sport éminemment lié à l’univers Dofus/Wafku si j’ai bien compris, ce qui ne m’intéresse donc pas) aucune série n’a été diffusée, ce qui est assez dommage. Le reste du temps la scène servait à des « animations » se limitant à l’animateur tout seul essayant désespérément de faire son boulot dans l’indifférence générale. Pas énormément de cosplays mais les rares qu’il y avait étaient pas mal.

 

Salon du Jeu Vidéo - Brest Gaming Show ! (2/4)
envoyé par basquin

 

Dans les villages : des espaces disposés un peu partout permettaient aux plus jeunes de s’amuser devant des jeux globalement suffisamment variés (jeux de danse, de voiture, de combat, retrogaming, Mario Kart, le machin où il faut faire bouger une bille dont j’ai oublié le nom), il y avait aussi des petits stands assez discrets qui n’avaient pas l’air de faire beaucoup de recettes comme celui de calligraphie ou d’arts martiaux. On notera la présence assez étrange du magasin de bonbons local qui prouve une fois de plus qu’on s’adresse surtout à des familles avec enfants.

 

 

Les dédicaces : Vaste blague puisque personne n’a eut la bonté d’écrire sur le site du Brest Gaming Show qui étaient et ce que faisaient ces fameux invités aux pseudonymes inconnus. Forcément ça n’aide pas beaucoup.

 

Bref, pas mal d’idées louables mais globalement il n’y avait vraiment pas grand-chose à y faire, le tour des stands se réglant en 10/15min top chrono (et il n’y avait que deux boutiques présentes pour acheter des jeux). En tout cas il y avait vraiment beaucoup plus d’enfants que de geeks, je ne sais pas si c’est réellement rassurant. Pour 5euros l’entrée, il valait mieux ne pas s’y rendre seul au risque de sévèrement se faire ch***…ou kidnapper par un journaliste de Ouest-France au choix.


 

Merci à Nemotaku et Gib, les deux thalistes bretons, qui ont été suffisamment courageux pour tenter cette expérience hautement kamikaze. En espérant que Brest s’améliore avec le temps parce que cette exposition locale était quand même bien tristounette (et je ne parle même pas de la pluie).

 

 

Ongaku #1.5

Musique

 

Un petit coup de cœur assez surprenant vu la *qualité* de l’anime qui s’y rattache, ahem.

 

 

Cet air de flûte, comme une voix suraigüe, m’a définitivement séduite, je ne saurais pas dire pourquoi, j’aime cette sonorité. L’ensemble de la mélodie en lui-même est plutôt convainquant : un joli début au piano, des passages plus forts marqués par des chœurs et des sons tribaux et une ou deux emballées au violon achèvent de rendre le tout convainquant.

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 15:00

OAV

 

Pour Halloween je pourrais très bien faire la review d’un anime effrayant. Mais vous savez ce qui est véritablement effrayant ? C’est de croiser la route d’un chef d’œuvre par hasard en se disant qu’on aurait pu ne jamais le connaître. De mourir bête en somme. Un anime sympathique, un anime qui détend, on en a besoin, mais un anime qui bouleverse notre vision du monde, il n’y en a pas des milles et des cents, et c’est une nourriture spirituelle indispensable sur l’échelle d’une vie. Peut-être bien que personne ne lira cet article, peut-être bien que personne n’en a rien à foutre des contes de fées du moment qu’il y a tel truc de ouf qu’on oubliera dans deux mois à regarder, mais c’est un sujet qui me tenait à cœur alors voilà, je me livre à l’indulgence/indifférence générale.

 

La princesse Arete (doublée par Houko Kuwashima : Kirika dans Noir, Tomoyo dans Clannad) est une fillette confinée dans la plus haute tour du château par son père depuis son plus jeune âge. On dit qu’ainsi elle protège sa précieuse personne du monde extérieur et attend paisiblement la venue de son prince, de celui qui devra la sauver. Sauf que la jeune Arete a bien d’autres idées en tête : elle en a assez de rester perchée à sa fenêtre toute la journée et entend bien un jour obtenir sa liberté.

 

Sorti en 2001, Princess Arete est un film d’animation réalisé par Sunao Katabuchi, d’environ deux heures, résolument unique en son genre. Il s’agit ici de l’adaptation assez libre du livre de Diana Coles « The Clever Princess » qui a connu un fort succès au Japon à sa sortie. Les graphismes sont plutôt jolis (surtout les décors) et l’animation de bonne facture, on croirait presque avoir à faire à certains moments à un Ghibli. La musique composée par Senju Akira (Full Metal Alchemist Brotherhood, Red Garden) sied à ravir à l’ambiance médiévale et fantastique, et certaines pistes, même hors contexte, font voyager l’imagination de manière certaine. On a même le droit à Origa (si, si, la chanteuse russe de Ghost in the Shell Stand Alone Complex) pour nous livrer la magnifique chanson-thème, que demander de plus ? Ah oui et les doublages sont impeccables. Côté technique donc, le film est quasiment irréprochable, mais là où il dévoile tout son potentiel c’est, bien sûr, au travers du scénario, qui peut se découper en deux parties.

 

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Il était une fois…

 

Dans ce monde médiéval à la lisière entre l’histoire et le fantastique, l’ère des magiciens s’est éteinte depuis longtemps, mais au fond elle vit encore de manière fantasmée dans l’esprit populaire à travers tous les trésors magiques qui sont rapportés des confins de l’univers pour la cagnotte personnelle du roi. Car en effet le père d’Arete a promis sa fille au plus courageux des chevaliers, et sa main ne saurait être obtenue sans une preuve de bravoure exceptionnelle. Aussi tous les valeureux chevaliers se livrent à une immense chasse au trésor pour lui ramener le plus d’objets magiques possibles. Objets dont Arete ne verra jamais la forme puisque toute cette mascarade n’est que le plan des économistes du royaume pour enrichir le pays. Les objets magiques ça paye bien voyez-vous. Et vlan, première claque dans la gueule des contes de fées ou des histoires médiévales traditionnelles.

 

Courte berceuse que l’on entend lorsque quelqu’un touche la boite à musique magique rapportée par l’un des chevaliers, Magic Orgel a quelque chose d’assez ensorcelant, de triste, une petite ritournelle qui ne sort plus de la tête.

 

Mais ce ne serait qu’un détail insignifiant s’il n’y avait pas la princesse elle-même. Cloitrée dans une pièce d’une vingtaine de mètres carrés à tout casser depuis son enfance, elle n’a pour seule compagnie que les livres qu’elle planque sous son lit, son jeu d’échec et éventuellement la nourrice qui passe lui livrer ses repas. Son enfermement est sensé garantir sa « pureté », c’est à dire qu’on attend d’elle qu’elle soit docile, gracieuse, naïve, et surtout éloignée autant que possible de la réalité. Elle n’est plus un être humain mais un trésor, un trésor à garder jalousement dans un coffre fermé à double tour. Or Arete est tout sauf ce genre de princesse. Elle n’a pas envie d’être « sauvée » par un beau et noble chevalier, elle n’a pas envie de se marier pour être enfermée dans une autre pièce du château une fois les noces consommées, et elle n’a pas non plus envie que des gros balourds aillent massacrer des gens juste pour lui rapporter quelques babioles magiques. Non, Arete est avant tout fascinée par la magie, pas celle des sorciers, mais celle des hommes. Elle croit profondément en l’humanité, cette humanité capable de construire tant de belles choses. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une scène populaire : on y voit un souffleur de verre, un potier, des tisserands, des artisans, créer à partir de presque rien. Et cette possibilité émerveille la jeune fille qui, en regardant ses propres mains, se demande si elle aussi possède cette magie. Arete a soif de connaissances de découvertes, elle veut voir le monde, de nouveaux paysages, en apprendre toujours plus pour devenir autre chose qu’une admirable potiche. Nouvelle claque dans la gueule des contes de fées ou des histoires médiévales traditionnelles.

 

A des milliers d’années lumières des génériques entrainants de GITS, Origa nous livre ici une balade somptueuse, douce et mélancolique, portée majoritairement par sa voix et des violons ou de la flûte qui émergent de temps en temps de la discrète composition. La traduction des paroles (c’est beau le russe :3) est disponible dans la description de la vidéo.

 

Lorsqu’Arete se confronte avec ses soupirants, des gens qui ne l’ont jamais vu de leur vie, qui prétendent vouloir la rendre heureuse mais bavent surtout devant l’idée d’un jour régner sur les territoires que son père possède, la situation est grotesque, le dialogue impossible. En effet le jour de la fin de la chasse aux trésors, Arete descend en douce dans les passages secrets pour apercevoir les présents qui lui sont destinés mais que personne ne prend la peine de lui montrer, et quand elle remonte dans sa chambre, c’est un véritable festival. Un premier chevalier se présente à elle en déclamant les paroles habituelles, comme quoi il meurt d’amour pour elle, que s’il pense à elle il se sent invincible, etc, et décide de lui raconter le récit de son voyage pour l’impressionner. Mauvaise pioche puisqu’en apprenant qu’il a massacré un éléphant en le prenant pour un monstre, Arete le considère comme un homme égoïste, et elle le renvoie après l’avoir somptueusement battu aux échecs en quelques coups (j’adore cette petite). Et même pas quelques secondes plus tard, voilà que sa seconde fenêtre s’ouvre grand et qu’un blondinet avec une rose dans la main s’amuse à lui conter fleurette. Difficile de ne pas compatir en voyant son visage prendre une teinte blasée tandis que ce chevalier là tente de la séduire de manière caricaturale. Et encore une autre claque dans la gueule des contes de fées ou des histoires médiévales traditionnelles.

 

Arete-02.jpg

 

La première partie du film présente d’ors et déjà le caractère très particulier d’Arete de façon presque féministe. Au fond, la petite fille, réifiée, se bat contre les traditions ancrées dans les esprits de manière tenace, et dès que la cour apprend que leur belle et pure princesse (de dix ans) refuse d’être leur jouet, tous les sujets deviennent persuadés qu’elle est ensorcelée par un maléfice. Une scène qui m’a beaucoup marqué, à la fin de cette longue présentation, est le moment où Arete doit expliquer son comportement. Les sujets sont tellement peu habitués à ce qu’une demoiselle leur tienne tête qu’ils la regardent partir (pas bien loin, hélas) sans oser la rattraper. Les gardes pourraient la choper en moins de deux, mais non, ils ne le font pas, parce qu’une princesse se doit d’être docile, et que la créature qu’ils ont devant eux ose prétendre à choisir sa destinée, ce qui est une telle aberration qu’ils sont trop abasourdis pour bouger. Par ce côté un peu féministe, Princess Arete arrive à rester moderne sans verser dans l’excès et le pathos pur et dur, c’est juste ce qu’il faut, et ça ne peut pas ne pas nous parler, vu les conneries qu’on peut lire quelques fois sur les femmes (nous sommes toutes des yuccas, cool, on passe de potiche à arbuste, du minéral au végétal, mais c’est une super amélioration en fait !).

 

Piste simple mais efficace jouée au piano qui évoque une certaine lourdeur, une souffrance lancinante. Rien qu’à l’écouter on compatit tout de suite avec l’ennui de la petite Arete.


En fait ce féminisme léger est en grande partie dû au fait que le réalisateur, Sunao Katabuchi, en tant que mâle se sentait un peu mal à l’aise avec le conte initial, qui lui présente les hommes d’un point de vue beaucoup plus manichéen (toutes les femmes de l’histoire sont décrites comme des personnes attentionnées, courageuses et compatissantes, et tous les hommes comme des êtres stupides et égoïstes), et qu’il a préféré aborder des sujets plus généraux, comme la raison de vivre. Honnêtement, je n’ai pas lu le livre de Diana Coles mais je me suis renseigné dessus et je pense qu’il a fait le bon choix. C’est justement par ce que cet aspect d’Arete n’est que frôlé, presque sous-jacent, qu’il montre toute sa force quand on met le doigt dessus. De plus le « méchant » de l’histoire (dont je n’ai pas encore parlé) gagne en profondeur, en sympathie même. C’est donc une adaptation très intelligente à mon sens.

 

Arete 01

 

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enf…oh wait, what ?

(Attention, à partir d’ici je vais volontairement spoiler une grande partie de l’intrigue, je ne pense pas que ce soit particulièrement gênant pour ce type de film qui n’est guère basé sur les rebondissements mais je préfère prévenir)

 

Alors qu’Arete s’apprête à s’enfuir vers le monde extérieur, Boax, un sorcier débarqué de nulle part, demande sa main. Il profite de la panique entrainée par la déclaration surprenante de la jeune fille pour se présenter comme le seul pouvant lever la « malédiction » (car oui être intelligente est une malédiction) qui pèse sur elle. Grâce à son cristal magique il la transforme en la belle princesse obéissante que décrivent tous les contes de fées, ce qui ne manque pas d’émerveiller tous les conseillers du roi qui finissent par se débarrasser d’elle en la lui livrant. Il promet de prendre soin d’elle et s’aventure même à jurer retrouver sa beauté originelle pour lui plaire. La foule en liesse célèbre le mariage tandis que Boax s’éloigne avec Arete dans un engin volant tout droit sorti des carnets de Léonard de Vinci. Or bien sûr, tout était trop beau pour être vrai. Boax n’est pas du tout amoureux d’Arete, tout ce qu’il veut c’est l’enfermer dans son donjon pour être certain que la prophétie annoncé par son cristal ne se réalise jamais. Celui-ci a en effet prédit qu’elle mettrait fin à sa vie éternelle. On sent bien sûr venir la suite à grands pas, car c’est toujours en voulant éviter un évènement qu’on finit par le provoquer.

 

L’OST de Princess Arete comprend un certain nombre de motifs récurrents qui sont déclinés sous plusieurs formes. Himitsu no ishidan 3 est mon préféré : un calme morceau de harpe mêlé à quelques accords de guitare et de violons.


La deuxième partie du film nous montre donc Arete, de nouveau enfermée, mais cette fois sous sa forme adulte, tout au fond d’un donjon insalubre, au milieu des rats et de la poussière (il y aurait un rapprochement opportun à établir entre la plus haute tour du château et le plus sombre cachot du donjon, rien que par le changement de lieu, une déchéance se met en place). Son seul salut pourrait provenir de la bague magique qu’une vieille sorcière lui a confié avant de disparaître, et qui exaucerait trois de ses souhaits, mais elle est devenue bien trop passive et les utilise à des choses aussi futiles que repeindre/nettoyer son cachot ou tisser en attendant qu’un beau prince charmant vienne la sauver. Prisonnière de son propre esprit, la voilà figée dans ce stéréotype auquel elle avait toujours voulu échapper. Ce qui est intéressant ici c’est que pendant qu’Arete joue les damoiselles en détresse, on nous montre Boax toujours immobile dans la même pièce, qui apparaît être sa chambre, attendant en vain que son peuple vienne le chercher un jour. Lorsqu’il regarde par la fenêtre, Arete reste assise sur sa chaise devant la fenêtre en trompe-l’œil qu’elle a peinte sur le mur et représente un paysage verdoyant, une illusion lointaine. Lorsqu’il consulte le vieux grimoire volé à la princesse, elle-même l’ayant dérobé du trésor royal (mais après tout il lui était destiné et trouve bien meilleur usage entre ses mains je crois), qui conte les merveilles de cette ancienne civilisation dont il fait partie, Arete coud des tapisseries représentant des motifs traditionnels, poussant même le vice jusqu’à reproduire celle qui ornait le mur de son ancienne chambre. Ce parallèle est d’autant plus intéressant qu’il permet de placer le vilain sorcier comme un double de l’héroïne. Tous les deux sont deux êtres enfermés dans des cages, visibles ou non, prêts à patienter l’éternité durant pour une folie qui ne se réalisera jamais. La civilisation détruite ne se reconstruira pas, elle ne viendra pas déterrer Boax de son vieux manoir en ruines ; de preux chevaliers ne se rendront jamais dans ce désert humain, personne n’ira cueillir Arete avec un doux baiser. Ce parallèle, le sorcier s’en rend compte au fur et à mesure, notamment avec les interventions de Grovel, son serviteur, grenouille changée en être humain bavard et rustre, qui tout en se moquant ouvertement de la princesse décrit la condition pitoyable de son maitre sous ses yeux. Quand Boax comprend qu’il ne vaut pas mieux qu’une damoiselle en détresse à l’affut de son sauveur, il enrage, sans avoir le courage de prendre son destin entre ses mains.

 

Des chœurs s’élevant gracieusement sur des notes de harpe qui font de ce morceau une pièce sublime.

C’est tout doucement qu’Arete reprendra finalement le contrôle de son esprit, sans même se servir de l’anneau de la sorcière. Mais cela n’aura pu être possible qu’avec l’intervention d’Ample, humble villageoise forcée de nourrir le vieux sorcier en échange de l’eau qu’il produit pour eux, qui en discutant avec elle, va attiser le feu qui couve en elle. La princesse essaye, pour passer l’ennui, de s’imaginer quelque chose par elle-même, ce qu’interdit la magie de Boax, et l’histoire qui lui vient en tête, comme inconnue, est la sienne propre, racontée comme si elle ne l’avait jamais vécue. En se souvenant de cette Arete là, elle redevient la jeune fille débrouillarde qu’elle a toujours été et sort de cette espèce de passivité irritante, de cette voix en porte-à-faux, trainante et dénuée d’émotions, cette voix de théâtre mal joué à laquelle Houko Kuwashima a très bien su donner corps.

 

J’aurais très bien pu sélectionner la festive Konrei no matsuri mais c’est sur celle-là que mon choix s’est porté non pas parce qu’elle reprend l’air du générique de fin, mais pour ses dernières secondes de 1:30 à 1:50 à la guitare qui clôturent le film en beauté.

La voilà la quête de Princess Arete : il ne s’agit pas de sauver le monde ou d’accomplir des actions grandioses, mais d’une longue escalade vers la liberté, la prise de son destin en main. Elle part à la découverte de sa propre magie intérieure à travers la magie du monde extérieur.

 

Le traitement réservé à Boax est touchant en ce que les souvenirs qu’on voit de lui et sa véritable identité enfin dévoilée nous le présente sous un jour assez misérable, non plus comme le bourreau mais la victime, victime de lui-même au fond, de son aveuglement obstiné. Arete est bien celle qui réalisera sa prophétie, mais probablement pas de la manière qu’il imaginait. Son salut est encore possible, il est là entre ses mains, et il est légèrement frustrant de ne pas savoir quelle sera sa décision, ni s’il empruntera la même voie que la princesse. Mais la fin du film est belle, tout le monde ne finit pas heureux jusqu’à la fin des temps mais qu’importe, le voyage de l’héroïne ne fait en fait que commencer…

 

Arete 03

 

Une princesse pas comme les autres

Princess Arete est une œuvre vraiment unique, à la fois un conte de fée merveilleux et un anti-conte qui fait un pied de nez à tous les archétypes du genre, une fable regardable par tous, grands et petits, qui s’interroge sur la magie insoupçonnée qui dort dans l’humanité. Pas d’action trépidante au programme ni de rebondissements de folie, mais si vous vous engagez à retomber en enfance ne serait-ce que deux heures, je pense que vous trouverez dans ce film d’animation matière à rêver pour longtemps. Chef d’œuvre inconnu il y a quelques jours encore, je place aujourd’hui Princess Arete parmi mes animes préférés et son héroïne comme un modèle de jeune femme qui n’est pas sans rappeler Utena la fillette révolutionnaire.

 

Arete 04

Hey, ça vous dirait pas de remplacer vos poupées Barbies par ces adorables petites choses =D ?

 


 

*Il n’est pas dans mes habitudes, quand je commente un anime, de citer des ouvrages critiques, comme je suis sensée le faire en cours de lettres mais le fait qu’une étude ait été faite sur le sujet me semble tellement rare et bienvenue qu’il faut bien le mentionner.

 

Source : The Reception and the Adaptation of Diana Coles’ The Clever Princess in Japan de Hideko Taniguchi

 

Virtuel.jpg

 

J’avoue que la possibilité de faire des articles sur des animes en s’appuyant sur des ouvrages sérieux et documentés sur le sujet me fait rêver. Comme je le disais sur Twitter, je m’imagine déjà dans un univers utopique. Imaginez un peu une immense bibliothèque pleine de livres interactifs (qui font DVDs en même temps, tant qu’à faire) sur le thème des animes. On déambulerait dans les rayons et on trouverait des ouvrages critiques jouxtant les séries elles-mêmes. Des trucs du genre « Le voyage de Chihiro : métaphore de la prostitution ? » (rigolez pas, ça existe), « La folie dans l’oeuvre de Satoshi Kon », ou encore « L’image de la femme dans les animes ». Je…je…gaah, *béatitude*. Si quelqu’un ici connaît un multimilliardaire sympa, qu’il me le présente et je jure que je viendrais foutre des coups de pieds dans le derrière de l’éducation nationale pour créer la première filière « Etude de la culture visuelle moderne » au monde =D ! Oh et puis tant qu’à faire je me présenterais en 2012, ça n’arrangera pas les chiffres du chômage (j’allais écrire fromage) mais au moins les études de lettres deviendront un peu plus funs.

 

(Et j’ai encore Paysages Humains de Nazim Hikmet à me farcir avant décembre, dooh. Pitié pourquoi ? En échange je boufferai la collection complète des Chrétien de Troyes et je l’apprendrais par cœur, mais épargnez moi la poésie turque é__è)


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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:10

Musique

 

Pour quelqu’un qui écoute en permanence des bandes originales d’animes ou de jeux vidéos, c’était quand même un peu dommage de se cantonner à un article musical une fois tous les trois mois (et en plus ne parlant même pas de ce sujet). C’est maintenant chose faite grâce à une nouvelle rubrique (au titre très inspiré, j’avoue que je n’en trouvais pas qui me paraissait approprié) essentiellement destinée au remplissage, il faut l’avouer, et qui plagie ouvertement celle de Nataka :p (avec un peu de chance ça le fera rappliquer). Comme ça quand je serais à court d’idées il y aura toujours moyen de creuser le filon et de faire quelque chose de bien \o/.

 

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En ce moment je n’ai pas trop le temps de regarder des animes et comme ma logique tordue veut que j’écoute une OST d’anime presque exclusivement après avoir vu l’anime en question, mais en revanche n’écoute que des musiques de jeux que je ne connais pas (et que j’achète éventuellement par la suite), eh bien je me tourne actuellement surtout vers les jeux vidéos pour y puiser une nourriture spirituelle dont j’ai grand besoin…

 

 


 

Voilà donc ce que j’écoute surtout en ce moment :

 

Song Book Vol.2

 

Après avoir découvert l’OST du dernier Ghibli, Karigurashi no Arrietty, il était difficile de ne pas s’intéresser un peu à sa compositrice (surtout qu’une bretonne pour composer la musique d’un film d’animation japonais c’est assez rare), Cécile Corbel. Bien que je n’ai pas encore eu le privilège de tester ses différents travaux, j’ai eu un petit coup de cœur en entendant un extrait d’Innocence.

 


 

 

Innocence c’est une piste instrumentale qui commence par de douces notes mélancoliques à la harpe et un violon. En elle-même la mélodie est incroyablement belle, elle donne envie de pleurer, et puis après deux minutes elle se fait un peu plus tribale et de 2:30 à 2:50 des chœurs masculins viennent se confier soudain aux instruments pour une confession très surprenante, probablement mon passage préféré. Une petite piste à la fois simple et complexe, lente et légèrement rythmée, triste et joyeuse. Un tel mélange ne pouvait que me plaire.

 

Unlimited Saga OST Disc 2

 

Unlimited-Saga.jpg

 

Ma recherche de musique nouvelle m’a portée jusque sur un site charmant qui évoquait justement la bande-son d’Unlimiteds Saga, composée par Masashi Hamauzu, un grand nom parmi les compositeurs de Square Enix. Autant le premier disque m’a immédiatement paru plutôt ennuyeux par son côté fade et sans surprise (depuis Dirge of Cerberus et Final Fantasy XIII je commence à connaître un peu le style du bonhomme), autant le deuxième est une vraie merveille un peu expérimentale sur les bords qui décèle de nombreuses perles.

 

Dès la première piste, Time-Space Travels (01) on s’engage dans un voyage à l’autre bout de l’univers à grands coups d’éléments synthétiques qui montent et qui descendent comme des vagues par dessus une mélodie qui se répète à intervalles réguliers, lancinante. On croirait entendre un spectacle fait de gerbes d’eau et de lumières, d’effets pyrotechniques.

 

Et puis on arrive à DG ''listless'' (04), qui rappelle un peu This is your story de Final Fantasy X, une piste calme, un petit air de piano avec des bruitages synthétiques, une ambiance ce coton, de mélancolie, comme sur un nuage, comme si le temps s’arrêtait soudain.

 

Dans une veine semblable, toujours au piano, on a DG ''sadness'' (14) qui est un peu plus ouvertement triste mais tout aussi belle.

 

Complètement à l’opposé BT Ver. 7 (15) s’impose comme une piste particulièrement originale avec un rythme un peu hip-hop, une boucle de sons bizarres et moyennement intéressantes mais à partir de 0:22 le saxophone se superpose à cette boucle, les violons commencent à apparaître et à 0:52 c’est le tour du piano qui donne un petit côté jazz à l’ensemble. Mais réellement le passage que je préfère c’est à 1:07 où le saxophone lance une série de cris particulièrement envoûtants, un passage aussi beau qu’éphémère puisqu’il ne dure que quelques secondes. Dommage.

 

L’un des derniers titres que j’aime beaucoup dans cet OST est le très rythmé BT ''ultimate'' (18) qui tient du génie. Tout d’abord on peut entendre un crescendo inquiétant et à 0:24  la musique explose enfin à grands coups de batterie et de synthétique pour ensuite s’ouvrir vers 0:35 au soupir d’une trompette qui se lamente, on croirait entendre le désespoir d’un condamné à mort qui lutte contre le destin. Un peu plus loin vers 1:17 petit crescendo de violons qui s’unissent à 1:46 à la trompette pour monter de plus en plus haut jusqu’à une sorte de pause dans le morceau, de havre de paix de 2:12 à 2 :45 fait de piano, de violons et de divers sons pour mieux reprendre le rythme initial encore plus fort et basculer dans le néant lentement amenant la fin de ce morceau audacieux.

 

 

Last Ranker Original Soundtrack

 

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Cette découverte là je la dois, encore, à Role Playing Game Magazine qui a su m’appâter en me proposant une Yoko Shimomura en forme composant pour la première fois depuis Kingdom Hearts II entièrement une bande-son, qui plus est d’un univers totalement différent. Il n’en fallait pas plus pour que je saute dessus.

 

Beaucoup de pistes sont bonnes mais j’en retiens surtout quelques unes comme Born to Survive (1-09) une mélodie rythmée formée d’une boucle de violons et de cuivres qui s’intensifie par la suite vers 0 :34 pour se révéler enfin. S’en suit une succession de pauses (avec du piano notamment) puis la musique repart doucement, encore plus fort, s’arrête de nouveau, avant de repartir dans un dernier élan effréné. C’est aussi une chanson, et en anglais s’il vous plaît. On remarque que Shimomura ne sort pas de son style habituel mais arrive à le magnifier de façon certaine dans un feu d’artifices auditif.

 

The Evinos (1-13) a retenu mon attention par son originalité. Si le début s’apparente très fortement à la partie sauvage de Another Side dans Kingdom Hearts Final Mix, il part très vite en crescendo en s’alliant à des chœurs masculins discrets et des violons jusqu’à 1:12  et là c’est l’extase. On ne comprend pas très bien ce qui se passe mais c’est beau, très beau, une mélodie synthétique prend le dessus et monte tel un tourbillon vers les hauteurs, avant de céder la place au côté rythme pur pour mieux refaire surface vers 2:50. Je suis bluffée.

 

Retour à du connu avec Infinite Spiral (2-15) qui ressemble beaucoup au thème entrainant de la Contrée du Départ (le tutorial) dans Kingdom Hearts Birth by Sleep mais sans la flûte et avec la voix sublime d’une cantatrice et des violons déchainés. Que du bon.

 

 

Sound Horizon - Ido e Itaru Mori e Itaru Ido

 

Ido-e-Itaru-Mori-e-Itaru-Ido.jpg

 

Oui je sais je triche, mais ce cas-ci est un peu particulier car dans le tout dernier single du très particulier groupe Sound Horizon (j’en ai déjà parlé donc vous ne pouvez pas ne pas connaître è__é) où se troupe notamment le titre phare Hikari to Yami no Douwa - je mets le clip en lien- (oui c’est normal qu’Hatsune Miku chante aussi 0_o), il y a une petite piste, du nom de Bonus Track qui mérite attention.

 

 

Petite piste qui clôture une histoire fort énigmatique et incomplète de la même manière. Il n’y a pas de chant, juste une triste mélodie au violoncelle bientôt rejointe par des violons, le tout accompagné de bruitages divers. Le but étant d’imaginer le morceau manquant de l’histoire avec la Bonus Track. Ce qui serait intéressant comme exercice c’est de faire un jeu où chacun écouterait le single (avec la traduction des paroles) et essayerait de compléter avec sa propre vision de cette eau qui coule, du galop de cheval, du bruit des vagues, de la forêt, de pas.

 

 

Final Fantasy VII Crisis Core OST

 

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Je ne sélectionnerai pas énormément de pistes pour cette OST, composé par le talentueux Takeharu Ishimoto, étant donné que pas mal sont des reprises des musiques de FFVII de Nobuo Uematsu (de très belles reprises par ailleurs) et que je n’ai vraiment que deux préférées dans les autres.

 

Wandering in a Sunny Afternoon (1-11) est un excellent thème d’exploration plutôt rock qui part d’une mélodie jouée à la guitare classique avec des petits coups de guitares électriques pour ponctuer le tout. De 1:02 à 1:31 puis de 2:34 à 3:04 il y a un passage que je n’arrive pas à définir mais qui est de toute beauté. Le tout est enjoué, ensoleillé, rock, ça ne ressemble que très peu à une musique de jeu vidéo d’ailleurs.

 

[Il existe une reprise de cette piste par Yoko Shimomura dans Kindgom Hearts Birth by Sleep (voir plus bas) et elle n'est pas mal non plus]

 

Those Who Accept the Protection of the stars (2-19) est encore plus rythmée et encore plus rock. Guitare électrique en furie au programme. Par moments la musique bascule dans une transition déchaînée, on a l’impression qu’elle va toujours plus loin, toujours plus fort. Un grand moment d’intensité.

 

 

Kingdom Hearts - Birth by Sleep “OST”

 

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Oui, encore du Yoko Shimomura, à croire que j’en écoute beaucoup ces temps-ci. Si le jeu Kingdom Hearts Birth by Sleep est bel et bien sorti, aucune OST n’a encore été annoncée (pour 358/2 Days non plus d’ailleurs), ce qui fait qu’il faut pour l’instant se contenter des bouts sans véritable nom que certains joueurs ont extraits. Ce serait quand même bien cruel qu’après autant de bandes originales sorties sur la série des Kingdom Hearts, les deux derniers opus soient en rade quand même, surtout que les nouvelles pistes sont plus qu’écoutables (enfin un peu moins pour le jeu sur DS, la qualité sonore étant moins bonne).

 

Unforgettable, qui apparait donc lors de certains grands combats, est un petit bijou où se mêlent la plainte des violons et un rythme effréné, et lorsque le violon pleure (littéralement) il n’y a plus qu’à s’incliner. C’est un vrai délice que de massacrer du monstre sur une telle musique. Dans la même veine, en plus électronique il y a le thème de combat de Espace Profond (Makaukau) qui est pas mal du tout.

 

Le thème de combat du « Palais des Rêves » (Castle Escapade) a un petit quelque chose que je ne saurais définir et que je trouve charmant, pas tant dans la musique globale qui est assez sympathique mais quelconque, non c’est ce petit motif musical (à la flûte ?) qui est répété tout du long et qui m’obsède. Comme toute la boucle le soutient, c’est dur d’y échapper. De même avec le thème de combat de la Forêt des Nains (Risky Romp) en un peu moins prononcé. Un petit coup de xylophone sur un ensemble agréable mais pas transcendantal et ça fait pourtant presque tout.

 

[Digression : Je trouve que le nouveau thème du Pays Imaginaire colle beaucoup mieux que dans Kingdom Hearts 358/2 Days mais je suis déçue de ne plus retrouver l’ancienne musique (Secret of Neverland), elle était drôlement bien…Oh et si j'étais sadique je vous mettrais la reprise de la très connue chanson It's a Small World (mais si, vous savez, quand vous allez dans l'attraction des poupées à Disneyland Paris et qu'elles se mettent toutes à chanter ça) par ce qu'elle rentre dans la tête mais d'une force  ! ]

 

Et pour conclure en beauté : Enter the darkness est un savant mélange très classique et efficace à la Shimomura, mais ce qui le différencie d’un autre Battle Theme c’est qu’il reprend le motif mélancolique au violon de Ven (qui est une adaptation du thème de Roxas de Kingdom Hearts II) en plein milieu de 1:07 à 1:19, un passage juste sublime et bien pensé. Je note que c’est souvent un motif particulier placé au bon moment dans une piste qui fait sa magie dans cet OST, ce qui est une technique particulièrement redoutable.

 

Edit : l'OST de Kingdom Hearts Birth by Sleep & 3582 Days étant sorti, j'ai modifié le paragraphe afin de coller aux titres officiels et j'ajoute à la liste des pistes incontournables le thème de Terra, The Tumbling, Dismiss ou encore On the Debug court morceau issu de Re:Coded, Hunter of the dark et Forze dell'Oscurita.

 

 

Lord of Vermilion II Original Soundtrack

 

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Histoire de garder, sinon le meilleur, du moins un gros morceau pour la fin, je tenais à mettre Lord of Vermilion II un peu à part pour en faire la critique quasi-complète. Comme pour Last Ranker, j’ai surtout bondi sur cet OST à cause de son compositeur, Hitoshi Sakimoto. Ceux qui connaissent le sieur, au moins pour la superbe bande-son de Final Fantasy XII, savent qu’il a un style bien particulier, qui peut parfois tendre à se répéter, mais qu’on repère toujours assez facilement. Eh bien là, changement brusque d’univers. Tout en instaurant cette petite touche qui est la sienne, Sakimoto se renouvelle de façon radicale est surprenante. Il n’y a juste rien à balancer, tout est incroyablement bon !

 

Dawn of Vermilion2 -Opening Theme- (01) est une reprise du thème principal du premier Lord of Vermilion qui avait été compose par Nobuo Uematsu, ça se sent un peu, notamment avec ce faux air d’Advent Children qui traine dans l’air, mais c’est bel et bien cette version là que je préfère : moins bourrine, la piste s’ouvre sur un petit riff de guitare électrique divin avant de monter dans les hauteurs à coup de violons, de cuivres et de percussions.  Lorsque la guitare se refait entendre avec vigueur c’est pour mieux nous achever et nous éblouir. Autant dire que l’OST commence de manière on ne peut plus fracassante.

 

Et on n’a pas le temps de se poser avec le superbe Name Entry (02), tellement entrainant qu’il est difficile de se contenir de bouger sur cette boucle de synthétiseur accompagné de batterie et de guitare électrique qui se déchainent en harmonie, puis échangent à 0:41 contre un petit air jazzy au piano pour mieux revenir nous combler vers 1:10. On m’aurait dit, il y a trois semaines « Tiens écoute ça », j’aurais jamais deviné qu’il s’agissait de Sakimoto tant ça tranche de son style habituel.

 

Combat Preparation (03) a des petits airs de Final Fantasy XII quand même, cette tension angoissante, lourde, ses percussions, le côté orchestral, oui ça nous dit quelque chose, mais le fragment de 0:40 à 0:55 avec ses cœurs lointains est suffisamment convainquant pour qu’on se laisse séduire. The Royal Capital Avalan (04) débute de manière un peu semblable jusqu’à ce qu’un piano survolté s’installe à 0:21, bientôt rejoint par de la guitare électrique furieuse, à partir de là la musique se met à s’élever progressivement en crescendo avec un petit passage de violons et de cuivres qui s’installe vers le milieu de la piste. Et puis tout se calme peu à peu.

 

J’aime un peu moins Aguirre Atoll (05) qui abuse un peu trop de la guitare électrique et de sons synthétiques divers à mon goût mais ça demeure une piste de bonne facture. De même avec Arcania Ruin (06) qui troque un peu trop vite son introduction orchestrale grandiloquente avec le duo très bourrin batterie/guitare électrique que j’apprécie assez peu, heureusement le motif initial revient à la toute fin mais quand même.

 

Petit dépaysement avec Nord Street (07) qui débute par ce qui ressemble à du tam-tam et se poursuite sur de l’orchestral efficace, mêlé de batterie et de trompette avec des occurrences de flûte pas désagréables du tout à l’écoute. Puis s’ajoutent les violons et soudain…c’est le drame. Bon Dieu, quel passage magnifique, de 1:46 à 2:00, où sur le rythme frénétique des percussions se met soudain à crier un violon. On ne s’y attend pas et l’éphémère fragment n’en est que plus beau. Dracovantel (08) est bien plus classique, je ne m’arrêterai pas dessus. Arcania (09) en revanche a du peps et démarre sur ce qui ressemble à du trombone pour continuer dans des influences arabes, le passage de guitare électrique de 0:50 à 1:21 est proprement épique. Un morceau définitivement très original.

 

Non ce n’est pas Masashi Hamauzu qui a fait Hell Court (10) et pourtant l’introduction aurait presque failli nous le faire penser. Pour Ark (11) par contre, il n’y a aucun doute, et ce morceau là est bien plus intéressant de par sa composition : de 0:31 à 0:58 on croirait entendre un orgue jouer une sorte de requiem par-dessus le tempo orchestral des violons, et puis à 1:58 c’est au tour d’une guitare électrique de se manifester un court instant et pendant une poignée de secondes autour de 2:27 instant aussi étrange que joli en compagnie des violons.

 

Si vous connaissez la musique des éons de Final Fantasy XII, Veteran Gallant (12) devrait vous plaire avec son rythme survolté et ses chœurs. Quand ceux-ci se taisent c’est une voix féminine claire qui s’élève dans la mêlée au dessus des cuivres et des percussions. Pas grand-chose de spécial à signaler sur The One at the Summit (13) et Ragnarok (14) mis à part pour ce dernier le passage bien sympathique et assez étrange qui se répète autour de 1:24 et ensuite de 1:57.

 

Heureusement après cela on a un Dragon’s Tomb (15) un peu plus étincelant à se mettre sous la dent avec son atmosphère très pesante mais surtout le très particulier Toy Box (16) composé de dissonances, de rythmes juxtaposés dans un chaos apparent total. Plus qu’une boite de jouets, on croirait avoir ouvert la boite de Pandore menant à l’apocalypse, mais ce n’est encore qu’une mise en bouche de ce que peut être l’enfer. L’enfer il est là, dans le sublime Eternal Garden (17), dans ce tourbillon très rock joins à des chœurs déroutants et inquiétants. Ce jardin éternel serait-il le pandémonium pour cracher auditivement du feu ainsi ? On croit en avoir fini mais non, Eden (18) reprend de plus belle, de manière un peu moins grandiose cependant.

 

Je sèche un peu pour Faux Supreme God (19) bien agréable avec ses effets de choeur, The Temple at the End of World (20) –mention spéciale au passage de 1:30 à 1:48 avec ces voix féminines qui s‘emballent-  The Tower of Black Abyss (21) et son rythme indéfinissable qui me charme, et The Tower of White Flame (22) dont le début ressemble beaucoup au thème du phare de Ridorana dans Final Fantasy XII mais qui part vite dans le crescendo grandiloquent.

 

Heureusement, pour souffler un peu, Sakimoto nous a tout de même concocté une balade Lord of Vermilion 2 (23) qui rappelle beaucoup le style qu’il avait employé dans une des pistes de l’OST de Roméo X Juliet mais en bien plus poussé. La chanteuse fait un travail admirable en nous portant sur ses ailes sur cet air tranquille de violons qui se fait plus doux à mesure qu’avance la piste. On se sent transporté par cette voix aérienne et cette mélodie céleste. Mais déjà le havre de paix se dissipe et il est temps de conclure…par le meilleur bien sûr.

 

 

La dernière piste, Coin (24), est un réalité un grand mix de tous les grands thèmes de l’OST réalisé par aRCaNa et autant vous dire qu’on retrouve les meilleurs morceaux sur un rythme électronique encore plus endiablé. C’est bien simple, s’il n’y a qu’une piste à garder pour découvrir l’OST c’est celle-là, qui offre un aperçu loin d’être négligeable de l’étendue du travail du compositeur.

 


 

J'espère que ce tour d'horizon vous aura permis de découvrir de la bonne musique et ose penser qu'avec tout ce que je viens de déballer il doit y en avoir pour tous les goûts

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 23:02

 

Souvenez-vous, en mars 2005 sortait Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan, un anime connu pour son pitch pour le moins original et décalé qui parodiait allégrement avec un mauvais goût assumé tous les codes de la magical girl. Le succès fut plutôt au rendez-vous, sûrement pas grâce au héros aussi séduisant qu’une serpillère, mais plutôt grâce à Dokuro-chan, l’ange tout mignon tout plein qui passait son temps à écarteler son grand amour à coup de grosses gerbes de sang, pour mieux le ressusciter, sa manière à elle de l’aimer ; dans tous les cas une suite moyennement réussie, voire même assez médiocre, dégoulinante de fan service, l’esprit comique du premier opus en moins, eut le droit de sortir.

 

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Quelques mois après Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan et ses litres d’hémoglobine, en août 2005, un autre anime de prime abord semblable émergea dans l’indifférence la plus totale : Majokko Tsukune-chan. Avec une ambition bien plus modeste cette série là se composait de six épisodes d’une dizaines de minutes montés avec un budget vraisemblablement tellement bas qu’à certains moments on se demande s’ils avaient plus de deux euros en poches pour faire le travail (je suis mauvais langue, je sais). Et pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, à choisir Majokko Tsukune-chan est un bien meilleur anime.

 

Tsukune-chan est une apprentie-sorcière vivant toute seule dans une petite maison au milieu de la prairie. Tous les jours elle part faire des patrouilles sur son balai magique pour vérifier si des personnes dans le besoin requièrent son aide et passe ses journées à multiplier les bonnes actions en distribuant le bonheur autour d’elle. Enfin ça c’est ce qu’elle pense, mais ses méthodes pour le moins explosives ont tendance à générer plus de catastrophes que de bienfaits !

 

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Majokko Tsukune-chan est donc un anime comique à tendance parodique et à l’humour pour le moins absurde qui fait souvent mouche. Dès les premières minutes du tout premier épisode la caricature est flagrante : une fillette toute mignonne sur son balai magique accompagné d’une adorable peluche s’apprête à aider un Monsieur Lapin affamé qui est tombé du haut d’une falaise. Et ce schéma ultra classique vole en éclats au moment même où notre sorcière en herbes transforme sa mascotte kawaï-trognonne en rosbif pour mieux laisser le bonhomme-lapin en plan (alors qu’il est visiblement prisonnier d’une faille rocheuse et que le bon sens voudrait qu’on le descende de là, avec douceur si possible). Ce qui est d’autant plus ironique que le Lapin est herbivore et répugne fortement à s’approcher de la chose jaunâtre toute suintante qu’on lui propose comme repas… C’est la première et dernière fois que la peluche fera une apparition en tant qu’être vivant (son esprit rôdant régulièrement dans le coin cependant). On apprendra plus tard qu’il s’agissait du familier de la jeune fille mais visiblement elle n’en avait rien à carrer. A partir de cette introduction pour le moins délirante on s’enfonce dans un monde aussi absurde que désopilant où Tsukune utilise sa « douceur » naturelle pour sauver les passants de manière douteuse, et ce sous forme de petites scénettes sans véritable fil conducteur : Une rivale apparaît et désire se mesurer à elle ? Faisons un concours dont le but est de trucider un copain, d’échanger et d’essayer de réparer à peu près convenablement le cadavre encore chaud qu’on a sous les yeux ! Un méchant vilain mais alors vraiment vilain la menace en partant d’un rire diabolique parce qu’il l’empêche d’utiliser la magie ? Oui mais les enclumes ça marche très bien aussi ! Tsukune apprend à faire de la magie à la petite Kanako et un homme passe devant eux en courant, poursuivi par un dinosaure ? Kanako fait apparaître une fleur sur son chapeau bien sûr, et le dinosaure en profite pour le bouffer tout cru ! Avec Tsukune, la violence est toujours la meilleure solution, ou en tout cas la solution la plus employée.

 

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Et un steak de mascotte kawaii-choupi pour la table trois !

 

Ce qui caractérise le plus les personnages hauts en couleurs de ce drôle d’univers c’est surtout leur manque flagrant de bon sens, Tsukune la première. Car il est bien connu que confondre une torpille avec une truite est chose courante, que transformer ses copains en spaghettis géants pour les fourrer dans le combiné téléphonique est la meilleure solution contre une prise d’otages, qu’il est de bon aloi de demander un autographe au Père Noël alors qu’il est manifestement en train de brûler, et que signer le crâne d’un oiseau mort ensanglanté est un merveilleux cadeau de remerciements…

 

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Pipiru pipirupi, pipiru pipirupi

 

Accompagnent donc Tsukune dans son quotidien mouvementé, et pour cause tous les malheureux du secteur font systématiquement appel à elle, une pléthore de personnages plus ou moins récurrents et tous un peu frappés de la cafetière : le maire qui passe son temps à glander dans la maison de Tsukune pour une raison pour le moins mystérieuse, sa nièce la charmante Kanako, la sœur de Tsukune, Kokoro-chan et ses éternuements « mortels » capables de raser toute construction à 50m à la ronde et plus particulièrement tout être choupi-trognon (sinon ça ne serait pas drôle), Charlotte, la « rivale », stéréotype sur pattes qui ne se sépare jamais de son majordome, et celui pour qui elle soupire secrètement, Hattori-sempai aux origines métissées pour le moins originales (son grand-père maternel était une carotte et son grand-père paternel un cyborg, ça vous annonce la couleur), entre autres. On ne mentionnera même pas les divers personnages de légendes (roi, monstres), les sources potentielles de parodie (idol, producteurs d’animes opportunistes) ou encore les guest abracadabrantesques qui apparaissent tout d’un coup, sans raison, et viennent mettre leur grain de sel dans l’histoire.

 

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Niveau parodique, Majokko Tsukune-chan est d’un niveau bien supérieur à Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan en ce que la présence de fanservice est quasi-nulle (presque, on a une héroïne doublée par Momoi Haruho et des graphismes chibi, hein) et que de francs moments de n’importe quoi côtoient génie et folie : c’est bien simple la série parodie un peu tout (magical girl, mecha, contes, mécanismes de société, animes dans leur globalité) et dégomme tout ce qui bouge dans la joie et la bonne humeur. Tsukune trouve une lampe magique, son réflexe est de noyer involontairement le génie à l’intérieur en la remplissant d’huile pour éclairer sa table, celui du maire est de le ressusciter avec l’aide d’un autre génie pour le transformer en fille-génie sexy. Dans l’épisode qui voit se battre le Père Noël et son double maléfique, le premier se transforme tout naturellement en mecha pour devenir SANTA MECHA et fusionner avec ses rênes pour obtenir ZE mecha ultime. Hilarity ensues…

 

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Les enfants, croyez en moi qui crois en vous. Mecha Santa est dans la place !

 

Je n’ai pas encore parlé des génériques, c’est fort dommage, ils sont plutôt bons. Autant je suis d’habitude plutôt dubitative sur la voix suraigüe de Momoi Haruko, autant là je suis relativement charmée. Si l’ending est une ballade sympathique, sans grande originalité, mais agréable à l’écoute, l’opening représente d’avantage le côté fou-fou de la série en nous sortant des passages instrumentaux très étranges à base de violons et de guitare et un rythme difficile à sortir de sa tête une fois qu’il est entré.

 


Dans l’ensemble on regrettera juste que le tout dernier épisode, probablement par manque de budget, finisse par ne plus ressembler à rien pendant quelques minutes durant lesquelles on croirait presque assister à Sayonara Zetsubou Sensei tant c’est expérimental et incompréhensible. Shaft n’a plus qu’à se rhabiller…Mais malgré des défauts évidents d’animation et des graphismes plus que réduits à leur propre expression (et une tonne de chibi pour faire passer la pilule), une bande-son qui passe inaperçue et ce fameux fragment de l’épisode 6, les gags sont suffisamment bons pour faire oublier cet aspect technique et les personnages de Tsukune est tout simplement croustillant à souhait.

 

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Mon verdict est bien simple : des animes comme ça on en redemande, quitte à lâcher du leste quand à des considérations esthétiques (je rappelle que la série est sortie quelques mois seulement après Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan, en 2005, je pense que la différence est suffisamment flagrante pour que je me passe de vous faire un dessin). Et puis mince alors, il y a un MECHA SANTA, qu’est-ce qu’il vous faut de plus XD ?

 

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*Aucune mascotte kawaï-choupi-kya-trognonne n’a été maltraitée lors de la rédaction de cet article…par contre on les a toutes grillées au barbecue =D*

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 23:05

 

Aida Yurume est une jeune campagnarde de 18 ans qui débarque à Tokyo dans l’espoir d’être admise dans une grande université locale. Elle s’installe alors dans une des résidences les moins chères de la région, Maison de Wish, qui a pour particularité d’héberger tous les étudiants pauvres comme elle, et pour cause : elle tombe en ruines. Mais ça ne dérange pas plus que ça les locataires, trop heureux d’avoir un toit. Yurume va donc découvrir la vie citadine avec trois autres ronins avec lesquels elle sympathise rapidement.

 

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Adaptation du 4koma éponyme de saxyun, ce petit OAV de 37 minutes seulement nous présente la vie quotidienne de ces quatre personnages attendrissants et hauts en couleurs qui passent plus de temps à glander qu’à travailler activement à leur entrée à l’université.

 

Yurume (cv : Momoi Haruko)

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C’est la plus jeune des pensionnaires mais étrangement l’une des plus raisonnables avec Matsukichi. Elle a du mal à se concentrer devant un livre mais est pleine de bonne volonté, même si elle finit invariablement par se laisser entrainer par ses camarades. Comme elle vient de la cambrousse, son passé est régulièrement évoqué de manière assez mystérieuse sur le mode du running gag : en bon stéréotype de la campagnarde elle vient d’un endroit où les chevaux sont le moyen de transport principal et où quand vient l’hiver on ne peut sortir de sa maison que via le deuxième étage, c’est vous dire. On imagine même pas à quoi ressemble sa famille quand on voit que le cadeau laissé par sa mère au cas où elle aurait un souci est un énorme couteau de cuisine !

 

Sae (cv : Kuwatani Natsuko)

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C’est la « voisine » de Yurume, enfin voisine est un bien grand mot puisque qu’un énorme trou dans le mur à l’emplacement où aurait dû se trouver la penderie constitue le couloir entre leurs deux chambres… Plus âgée et plus expérimentée qu’elle, Sae se révèle très excentrique et toujours présente quand il s’agit de faire les fous ; c’est aussi une flemmarde dans l’âme. Elle donne souvent la réplique à Kumi avec qui elle s’entend très bien. Un des gags les plus énormes la concernant montre Sae et Yurume discuter en se disant « Ah, j’aimerai bien recevoir quelque chose via la poste » « Et si c’était encombrant ? ». Et immédiatement son imagination fertile fait la suite.Non, vous ne voulez pas savoir !

 

Kumi (cv : Matsuki Miyu)

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Autre résidente de la pension et grande amie de Sae avec qui elle s’adonne régulièrement à des délires difficilement compréhensibles pour le commun des mortels (souvent à base de « Je t’assomme avec le premier objet à ma portée, je rigole, tu fais pareil, tu rigoles, et on continue de plus en plus fort en riant comme des baleines »). Kumi a la particularité d’avoir les yeux pratiquement toujours fermés et d’agir comme si elle était sous acides en permanence (l’Empire des pigeons !). C’est souvent elle qui a les idées les plus farfelues ou le comportement le plus stupide. Sa doubleuse traduit d’ailleurs à merveilles son apathie avec une voix trainante et molle qui laisse à croire que le personnage n’est jamais tout à fait réveillé.

 

Matsukichi (cv : Hino Satoshi)

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Un peu plus en retrait, c’est le seul mâle de la bande et fait incroyable, au contraire de tout bon anime qui se respecte, il n'est pas pervers. C’est de loin le personnage le plus « normal » du lot en comparaison avec Sae, Kumi et dans une moindre mesure Yurume (quoique dans le passage du robinet sérieusement elle était aussi tordue que Kumi…). Matsukichi est aussi flemmard et bon vivant que les autres locataires, mais se révèle un véritable enfant quand on lui propose de jouer au chat parce qu’il n’en a jamais eu l’occasion quand il était petit…ce qui lui vaut quelques ennuis puisqu’il se fait systématiquement arrêté pour comportement suspect si tôt qu’il fait semblant de courir après les trois jeunes filles XD.

 

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Comme ne l’indique pas le synopsis, on ne verra jamais nos héros à l’école ou travailler, pour la bonne raison qu’ils n’y parviendront jamais ! A chaque fois quelque chose leur en empêche, il fait soit trop chaud soit trop froid ou alors ils s’endorment pour une raison X ou Y. Ce sont de fieffés flemmards, sans le sou, qui passent donc leur année entre eux. De temps en temps une petite beuverie vient s’insérer dans leur vie procrastinatrice mais rien de plus. Et c’est très ironiquement que Yurume fait, à la fin de l’hiver, le bilan de son année : elle reste muette sur le sujet des études, laissant comprendre que « no comment », avoue avoir passé un bon moment avec les locataires à faire…à faire euh…elle ne sait déjà plus. L’histoire se conclue donc sur les interrogations de Yurume qui ne sait même plus ce qu’elle a pu faire de son année à force de ne rien faire !

 

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Le petit générique d’ouverture, chanté par Haruko Momoi, est à cet égard très clair : on y voit les protagonistes chanter ensemble comme à une autre soirée de beuverie, chanter qu’ils se la coulent douce et qu’ils ont la flemme de se lever le matin. On pourrait même voir un jeu de mot dans le titre. Si « yuruku ikou yo » veut dire « on glande comme des porcs », alors yurumates signifie peut-être « camarades de glandes » XD. Une ode à la procrastination, vous dis-je !

 

 

Yurumates se présente donc comme une série tranche de vie au budget resserré mais au rendu simpliste agréable, preuve qu’avec peu de moyens on peut quand même faire quelque chose de sympa. Il n’y a pas de véritable fil conducteur, juste une suite de gags et de séquences qui se concentrent sur la « dure » vie de nos quatre locataires glandeurs au rythme des saisons (du printemps à l’hiver). Les doubleurs font un très bon job pour rendre attachants ces drôles de personnages systématiquement représentés en mode chibi et on passe un bon moment à suivre leurs péripéties loufoques.

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 00:05

Un intrus se planque dans les images ci-dessous, sauras-tu le retrouver :p ?

 

Après un mois de septembre très tumultueux où les articles ne se sont pas bousculés au portillon, j’essaye de retrouver progressivement l’habitude d’écrire. Pour faire court, si je devais résumer les derniers épisodes de la saga Helia & Co (je crois que ça s’appelle une vie en fait) je décrirais la chose comme suit :

 

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Après un terrible périple au milieu d’un univers hostile rempli de bambins hyperactifs et de gros dénuement financier (état du porte monnaie : héberge un trou noir depuis le mois de mai), Helia revient du centre aéré soulagée, pensant mériter un peu de repos, mais alors qu’elle s’enferme dans sa chambre pour écrire des dizaines de pages de scénario pour son prochain VN, voilà qu’une terrible nouvelle s’abat comme un couperet : elle s’est bien faite enc…avoir par le CROUS qui lui sucre le logement qu’elle devait avoir sur Paris pour aller à la Sorbonne. Effondrée, et après une douzaine d’épisodes d’hésitations et de drama intensifs, sa décision est prise, elle quitte le pays des crêpes en folie et s’embarque pour la capitale. Hébergée provisoirement par son cousin prof dans le 93, c’est affublée de son homme de main (un sbire recruté sur le chemin à bas prix :p) qu’elle sillonne des rues interminables, se perdant immanquablement dix fois par jour minimum pour un résultat implacable. Découragée, elle sombre dans un penchant plus dangereux encore que l’alcoolisme : les films/séries pourri(e)s. Son cousin et son sbire étant en effet tous deux friands d’émissions peu recommandables, elle devra gober sans broncher et à la suite Master Chef, un film bizarre avec des moutons sous LSD qui conduisent des voitures (mal), un autre film bizarre avec un mec qui se marie avec un gros sac de crack et la toute nouvelle série française dans laquelle joue cette grande actrice qu’est Valérie Damidot. Helia est prête à succomber et ce n’est qu’avec une douzaine d’autres épisodes de doutes et d’hésitations qu’elle pourra faire avancer le scénario et décider de rentrer. Surtout que les inscriptions pour sa fac locale terminent le lendemain et qu’ils ont déjà fais leur rentrée eux, haha. C’est donc déchirée, qu’une demi-nuit et quelques péripéties après son retour au pays des crêpes en folie, elle se retrouve jetée à la fac à suivre 3h d’ancien français non-stop. Nous sommes alors vendredi et les semaines qui suivirent s’apparentent à une véritable odyssée dans la jungle inconnue qu’est la fac : Helia se trompe régulièrement de salle/cours et atterrit par exemple en droit civil en lieu et place de son module optionnel avec pour thème les USA, achète près de 100 euros de livres à lire absolument maintenant tout de suite dans la librairie du coin en songeant à leur prendre aussi des actions dans la foulée, et pousse même le vice jusqu’à piquer une mini-sieste de temps en temps pour compenser ses journées interminables à cause de la compagnie de car locale et de ses horaires pourris. Heureusement on lui propose une place en résidence universitaire et c‘est le cœur gonflé d’espoir qu’elle déménage, oubliant au passage toutes les affaires véritablement importantes lors d’une installation (couette, serviettes, vaisselle pour se préparer à manger, carte d’étudiante paumée sous le scanner…). Mais le Dieu tout puissant du karma récompense sa bravoure d’une connexion Internet potable ! Loué soit le Seigneur. Ah oui, et je me suis achetée Crisis Core et Kingdom Hearts Birth by Sleep pour ma PSP. Faut pas pousser mémé dans les orties non plus !

 

C’est donc après ces quelques babioles de peu d’importance que je me dis qu’il serait temps de bloguer un peu. J’ai ENCORE des tas de trucs inachevés mais je ne perd pas l’espoir d’un jour boucler la boucle… En attendant, voilà un petit article explicatif sur le travail de blogging et qui explique, partiellement, mon rythme de limace asthmatique.

 

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Création

Le choix du thème

Théoriquement, la partie la plus rapide. Souvent je n’ai pas énormément d’articles de réserve, voire même pas du tout et je n’ai pas forcément d’idées de ce dont je vais parler. Souvent j’ai dix milles idées à la fois et très peu aboutissent par ce que je suis extrêmement exigeante.

 

Il y a deux cas de figures :

Soit je vais écrire sur quelque chose de totalement méconnue et alors le défi va être de présenter l’anime/le manga/le VN de manière à ce que les gens s’y intéressent, leur faire découvrir de nouvelles choses. Ce qui est bien c’est que comme presque personne ne sait a priori de quoi il retourne, la liberté d’expression est assez grande, on peut dire un peu ce qu’on veut. Ce qui est moins bien, c’est que ce genre d’articles ne sera pas ou pratiquement pas lu parce que les gens jugeront par le titre et/ou en lisant en diagonale que « Boh, connais pas, m’intéresse pas ». Je ne leur jette pas la pierre, j’ai tendance à faire pareil en regardant les articles référencés par Sama…

 

Soit je vais écrire sur quelque chose qui a déjà été débattu plusieurs fois. Ce qui est bien, c’est que plus de gens connaissent et donc liront potentiellement l’article. Ce qui est moins bien c’est que comme d’autres sont déjà passés avant, eh bien il va falloir avoir quelque chose de pertinent à ajouter. Sauf que quelques fois tout a déjà été dit et bien dit, à partir de là il est complètement inintéressant de sortir le 30 000e article sur le dit sujet. C’est pour cela qu’il y a très peu de chances que vous me voyez écrire un jour un article entièrement consacré à Death Note ou Higurashi, pour ne citer qu’eux. Il m’arrive de passer outre et de ruser. Le tout dernier article est un très bon modèle : Dernièrement Ion_Négatif a évoqué Alistair et l’a très bien fait. J’ai eu envie d’essayer et d’en parler aussi mais du coup il aurait été bête de sortir un deuxième article uniquement sur Alistair, donc j’ai réalisé un article plus global sur sakevisual, ce qui me permettait de parler d’Alistair sans copier le camarade d’à côté et en ajoutant du contenu. C’est aussi pour cela que je ne fais plus des impressions sur les animes récents, c’est un sujet tellement débattu que je me dis qu’il n’y a aucun intérêt à poursuivre sur cette voie là.

 

La seule alternative à ces deux cas de figure serait d’être la première à en parler et pour cela il faudrait avoir le privilège de vivre au Japon et de comprendre le japonais, comme Exelen, ce qui n’est définitivement pas mon cas.

 

Dans tous les cas, je choisis un thème, un peu au gré de mes humeurs, et avec un net penchant pour les perles méconnues, ayant souvent peur de ne pas être assez pertinente. 

 

Edit : "Et quand je ne sais plus quoi faire, je parle de sexe" me souffle Lux à l'oreille

 

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(Re)visionnage

Potentiellement la partie la plus longue. Comme je suis très exigeante, j’aime être à peu près sûr de ce dont je parle. Ainsi je regarde toujours au préalable la série que je critique juste avant d’écrire (quelques jours avant tout au plus). Cela me permet de me mettre le compas dans l’œil, d’avoir des idées, de vérifier si je ne dis pas de bêtises. Si c’est une série que j’ai déjà vu, je ne me repasse que les épisodes ou moments clés, mais le résultat est là : ça me bouffe énormément de temps. C’est aussi pour cela que j’ai décidé très arbitrairement de ne plus faire de critiques que des trucs que je viens de regarder, pour m’éviter la peine de les visionner en double. Il y a donc des tas de séries que j’ai vu il y a longtemps et dont j’aimerai parler mais la perspective de devoir les revisionner, même partiellement, me rebute pas mal. Monster par exemple, c’est une super série que j’ai suivie en VF le temps où ça passait sur Canal Plus. J’adorerai en parler un jour. Mais voilà, une cinquantaine d’épisodes dans les dents et autant de plot twists, ça fait mal. Il y a donc très paradoxalement plus de chances que je parle d’une série que je n’ai jamais vue (mais que je ne vais pas tarder à dévorer pour une raison X ou Y imprévisible) qu’une série qui figure dans mon top 10 de mes animes préférés.

 

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Sélection d’informations et d’images

Après avoir choisi mon thème et avant ou après le visionnage, ça dépend des fois, je pars à la chasse aux infos en allant sur des sites comme Anime-kun ou My Anime List pour lire tous les avis disponibles sur la série en question (voire lire quelques articles de blog anglophones en complément) de manière à avoir l’avis le plus large possible sur la série en question. Cela me permet de confronter les points de vue, de comprendre pourquoi certaines opinions peuvent aller dans le sens opposé, mais aussi de percevoir des éléments que je n’aurais jamais pu voir toute seule et les intégrer à ma réflexion pour les développer si besoin est.

Ensuite je fonce sur les imageboards tels Moe Imouto, Konachan ou Danbooru pour collecter le maximum d’images à insérer dans l’article. Souvent j’en ai soit trop, soit pas assez (pour les perles méconnues, c’est souvent mission impossible) et j’ai du mal à faire mon choix, si bien que j’ai tendance à en caser le maximum possible.

 

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Ecriture et mise en forme

Ensuite, je me met au travail et je passe à l’écriture en priant le Dieu créateur de me donner des idées de génie. Des fois il arrive qu’il entende ma prière et que je me retrouve plus ou moins satisfaite du résultat, mais souvent je ne sais pas quoi dire et j’ai du mal à commencer mon analyse. Une fois dedans, à partir de quelques thèmes dégagés ça et là, ça va beaucoup mieux. Je polis le texte pour m’assurer qu’il soit convenable et ouvre mon onglet Over-blog pour passer à l’étape suivante.

 

Comme j’ai une connexion vraiment pourrie, la durée de cette étape est très variable et peut prendre tellement de temps que ma patience arrive alors à bout et me pousse à jeter l’ordinateur par la fenêtre. Heureusement pour lui et pour moi, elle n’est jamais suffisamment ouverte pour qu’il puisse passer par l’entrebâillement et j’ai la flemme de me lever jusque là-bas =D. Je me connecte donc sur Overblog et copie/colle mon texte en rajoutant des images, des liens, répétant le processus en corrigeant tout ce qui chiffonne ma conscience. Mais bien sûr les fautes d’orthographe/de frappe passent systématiquement au travers des mailles du filet et je ne m’en rends compte que des jours plus tard au mieux. Quand enfin l’article est prêt, tout beau tout neuf, et que le tout en dehors du visionnage m'a pris une bonne après-midi, il reste une dernière étape, facultative, qui, je pense, n’est trouvable nulle part ailleurs. Il s’agit bien sûr du…

 

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Ouin-ouin time !

Eternelle insatisfaite que je suis, je passe mon temps à me dire « Rah non je peux pas publier celui-là, il est incomplet/pas pertinent/pas intéressant/pas inspiré/pas drôle (rayez la mention inutile), je peux pas donner ça aux lecteurs ». S’en suit un petit laps de temps où je lurke sur la toile. Et puis au hasard de mes clics, je tombe sur des blogs au contenue tellement pauvre que je me dis « Hey mais en fait je suis un génie =D. Bon ok, allez je publie cet article » et je règle la date. Le ouin-ouin time n’arrive pas toujours mais sans les coups de pieds au derrière de certains (au hasard, mon homme de main), beaucoup d’articles seraient restés enterrés sur mon ordinateur et certains le sont même toujours… Je devrais ptet créer un cimetière des articles tiens =O.

 

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Réception

Et quand l’article est posté ? Eh bien j’essaye de faire autre chose, de me reposer, mais la plupart du temps je ne peux pas m’en empêcher, il faut que j’aille vérifier régulièrement s’il n’y a pas des commentaires auxquels répondre. J’essaye de répondre à tout le monde ou à peu près tout le monde afin d’établir un dialogue, et du coup il m’arrive de prendre beaucoup de temps, juste pour quelques lignes, juste pour répondre à des commentaires. Mais voilà, l’exigence me poursuit, ça me titille de laisser un article sans réponse. Et puis très vite, il faut faire un nouvel article car cela fait déjà une semaine que l’ancien est sorti. Ainsi va le cycle de la vie, macrocosme et microcosme et blablabla. Le léger souci dans l’histoire, c’est que ça me prend tellement de temps que je ne peux même plus regarder d’animes et je tombe du coup vite à court de matière pour les articles. Heureusement j’arrive toujours à me débrouiller d’une manière ou d’une autre \o/.

 

Je ne sais pas comment se débrouillent les autres blogueurs, ça m’intéresserait même beaucoup de le savoir, donc si vous tenez un blog et que vous avez d’autres méthodes, n’hésitez pas à partager, je serais curieuse d’en savoir plus =).

 

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A venir (sûr), dans les jours prochains, mit ordre de parution :

  • Un petit article sur Yurumates, anime sans prétention et ode à la procrastination
  • Majokko Tsukune-chan : Vous aimez les magical girls ? Moi aussi mais je préfère quand l’héroïne engendre des catastrophes au lieu d’aider les gens en détresse =D.
  • Ouverture d’une nouvelle rubrique musicale pour faire partager quelques perles
  • Le dernier morceau de L’été du court-métrage, ce serait bien
  • La dernière partie du dossier Kara no Kyoukai, ce serait encore mieux.

 

A venir, peut être :

  • J’étais en passe de finaliser le scénario de Milk mais ces évènements m’ont coupés dans mon élan créatif du coup je n’ai pas pu faire le point comme je l’aurais voulu. J’espère pouvoir rattraper ce retard et avancer à coup de cravache de manière à être capable d’en parler un peu une prochaine fois…
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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 14:40

 

 

Ripples

 

Koda est un jeune photographe désabusé et désenchanté, un peu misanthrope sur les bords, qui ne prend en photo que la nature, avec l’impression de capturer quelque chose qui résistera au temps. Il déteste par-dessus tout les imbéciles qui se mettent dans son champ de vision lorsqu’il immortalise un paysage, et encore plus les idéalistes qui lui cassent les oreilles. Un jour qu’il se promène dans un parc, son appareil à la main, il entend un petit cri derrière un buisson.

 

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Ripples est une histoire très courte (elle se finit en moins d’un quart d’heure, et encore) qui se concentre sur deux personnages radicalement opposés : Koda, le photographe bougon, et Kuu, la fille énergique et optimiste. L’enjeu va être pour Kuu de sortir Koda, refermé sur lui-même, de son pessimisme et de lui ouvrir les yeux pour lui permettre d’avancer.

 

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Les graphismes de Ripples ont été refaits récemment et tant mieux, ils sont très réussis, vifs, chaleureux, rien à voir avec la version originale qui, elle, était assez rudimentaire. La musique n’est pas très diversifiée et se limite à du piano, de la flûte et un peu de violon mais elle colle bien à l’ambiance. Les doublages, intégralement en anglais, sont de bonne facture, ont sent très bien la malice de Kuu et l’air blasé de Koda.

 

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En réalité Ripples n’est pas vraiment une histoire mais plutôt, des propres mots de son auteur, « le premier pas d’un grand voyage », celui du studio amateur sakevisual dans le monde des visual novels. A lire les soirs de déprime pour se remonter le moral.

 

Edit : Ripples a été traduit en français récemment par Tsukiyo-novel, raison de plus pour essayer ;).

 


 

 

Re : Alistair ++

 

Merui Lucas est une jeune fille fan de MMORPGs qui passe tout son temps libre sur un ordinateur. Un jour qu’elle se trouve dans la salle informatique de son lycée à l’heure de la pause à tabasser du monstre sur Rivenwell Online en compagnie de Fionawings, un olibrius répondant au doux nom d’Alistair, débarque et lui vole son butin. Merui est folle de rage et le provoque aussitôt en duel. Malheureusement pour elle, la connexion coupe subitement suite à une panne générale. Craignant de passer pour une froussarde, elle demande aussitôt de l’aide à Travis Wright, président du club des jeux vidéos, qui la reconduit assez sèchement. La journée ne va pas en s’arrangeant puisque Merui arrive du même coup en retard au cours suivant et s’assoit à la dernière place de libre à côté d’un type qu’elle ne connaît pas. C’est le moment précis que choisit son professeur pour former des groupes dans le but de présenter un exposé sur la Grèce antique. Elle se retrouve donc avec son peu causant voisin de table, Shiro Takayama. Lorsqu’elle retourne en salle informatique, surprise, le réseau marche de nouveau. Elle en profite pour retourner sur Rivenwell Online et découvre qu’Alistair a eu le même problème qu’elle. Elle le suspecte alors d’être de son école. En consultant la liste des derniers connectés, elle constate que quatre personnes (dont elle) étaient sur Internet à l’heure de la coupure : Travis, Shiro et un certain Derek Nevine, qu’elle va succinctement rencontrer.

 

Ce soir là, la jeune fille croise de nouveau Alistair et ils font un marché : si Merui arrive à deviner son identité au bout d’un mois, il lui rendra son item, sinon elle devra lui donner tout l’or amassé dans le jeu pendant un mois.

 

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 Re : Alistair ++ (pourquoi ++, c’est un mystère que je ne m’explique pas) est donc à la fois un dating sim et un otome game. Le but étant de découvrir qui est ce mauvais plaisantin qui lui choure ses items tout en se rapprochant d’un des beaux éphèbes ce qui demande pas mal d’efforts et d’argent. Un principe simple mais efficace. Les graphismes sont tout à fait corrects pour une production du genre : si le décor de la chambre de Rui ne doit pas être inspecté de très près, le reste est plutôt joli et j’ai un petit faible pour les images « in-game » de Rivenwell Online. Autre bonne surprise la musique, qui a le mérite de ne pas prendre le chou sans être phénoménale. Il n’y a pas doublage et les bruitages sont très biens aussi donc rien de spécial à remarquer de ce côté-là. Quand à la durée de vie, elle est faible puisque une partie ne dépasse que rarement la demi heure (sachant qu’il y a 2 bad ends et 3 bonnes fins et que tout finir rapporte une petite scène bonus).

 

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Comme il s’agit d’un dating sim plus que d’un visual novel, le scénario n’est pas extrêmement développé et à l’exception de certaines scènes-clés (on les repère facilement grâce aux event CGs :p) il s’agit surtout de gagner de l’argent en travaillant pour le lycée ou le dépenser au centre commercial, faire monter ses stats et éventuellement travailler sur son exposé. Les possibilités sont assez vastes puisque acheter un objet (ce qui est nécessaire pour booster ses stats) peut déclencher une mini-scène à la pause déjeuner (acheter tel livre entraine telle réaction de tel personnage). Le seul reproche que j’aurais à faire est que pour aller faire des achats au centre commercial, on risque une fois sur trois de tomber sur Derek, ce qui fait immanquablement tomber le plan shopping à l’eau. Quand on ne vise pas sa route et que le temps est limité, c’est quand même sacrément agaçant. Pourquoi ne pas permettre à Merui d’aller au magasin APRES quand même, hein ?

 

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Mis à part l’héroïne qui, tout en ayant son caractère bien trempé, reste l’héroïne lambda avec qui la lectrice (eh oui, c’est surtout le public visé :p) peut s’identifier, il y a donc trois mâles à séduire (dans l’ordre de mes préférences) :

 

Travis ou l’archétype du beau brun ténébreux à lunettes, froid en apparence, mais très gentil quand on apprend à l’apprivoiser. Il n’est pas très causant au début, ne supporte pas la superficialité, mais c’est un expert en jeux vidéos et aussi quelqu’un de très serviable.

 

Shiro ou l’archétype du garçon tout mignon tout timide qui donne envie à la lectrice de le serrer dans ses bras très forts (c’est pas pour rien que c’est le plus populaire des personnages). Il ne se balade visiblement jamais sans sa paire d’écouteurs. Très intelligent, il est souvent en retrait, un peu rêveur, et a aussi beaucoup de mal à communiquer, même si le brancher sur ses passions ravive une flamme dans ses yeux.

 

Derek ou l’archétype du beau gosse ultra cool et supra populaire. Sa mèche colorée en rose ferait très tache IRL, j’espère que personne n’aura jamais l’idée d’en faire un cosplay… Pas grand-chose à dire sur lui sinon qu’ile st bon basketteur, aime flirter avec les demoiselles et ne supporte pas tout ce qui se rapporte au mot travail (comme on le comprend).

 

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Même si chacun de ces personnages possède sa petite histoire, ses doutes et ses problèmes (chaque mec te met en garde contre un autre, c’est assez charmant), globalement aucun ne sort du schéma dans lequel il a été conçu, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Bonne parce que la lectrice va de toutes façons être attirée par un archétype en particulier mais mauvaise parce que ça n’ira jamais plus loin que ça. Travis, Shiro et Derek sont figés dans leur propre image. Et c’est ce qui fait que Re Alistair ++ est un dating sim/otome game sympathique, mais pas inoubliable. On passe un bon moment à jouer, ça occupe bien une soirée mais ça n’ira pas au-delà.

 

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Le véritable intérêt dans ce jeu c’est la relation entre les personnages réels et leurs avatars. Si dans le lot il y a bien sûr Alistair, d’autres se révèlent aussi porteurs de secrets. Je pense notamment à Fionawings, dont on ne sait pas grand-chose, qui a pourtant son importance dans l’histoire. Même si ce bon vieux Alistair n’est clairement pas en reste (je suis une grosse noob, j’avoue je ne l’ai pas démasqué du premier coup, j’aurais dû pourtant, les indices parlaient d’eux-mêmes).

 

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En conclusion, Re : Alistair ++ est une bonne surprise. Sakevisual est arrivé à partir de peu de choses d’obtenir un résultat plus que louable. On regrettera juste que le scénario n’aille pas un tout petit peu plus loin…

 

 


 

Jisei

 

Poussée par la curiosité après Re Alistair et Ripples, j’ai voulu tester la démo du tout nouveau VN de sakevisual, Jisei, une sombre histoire de meurtre.

 

  Je suis fan de la musique de l'opening :3

 

  Un jeune homme sans nom mais possédant la capacité de revivre les derniers moments des morts prend quelques minutes de repos dans un café où il s’endort. A son réveil, il a une sensation désagréable : il le sait, quelqu’un vient de mourir. Son pressentiment se révèle malheureusement vrai lorsqu’en se dirigeant vers les toilettes il trouve le corps d’une femme, poignardée en pleine poitrine. Alors qu’il l’effleure pour revivre ses derniers instants, il est interrompu par une cliente, paniquée, qui le prend immédiatement pour le tueur. Un détective présent au moment du crime prend aussitôt l’affaire en charge.

 

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Jisei est, vous l’aurez deviné, une histoire policière. Il s’agit d’interroger les trois suspects (une business woman, un étudiant et la serveuse), de collecter des informations afin de prouver son innocence et de démasquer le véritable coupable. Les graphismes sont une fois de plus de qualité et la musique est bien plus belle que dans les précédentes productions, ce qui promet beaucoup pour la suite.

 

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En terme de personnages, histoire policière oblige, ils ne sont pas particulièrement développés, en revanche, ils ont tous des choses à se reprocher, des secrets à découvrir. Et en cela Jisei n’est que la prolongation de Re : Alistair (sauf que là ce n’est pas un méchant voleur d’item mais bien un criminel qu’il faut démasquer). La démo ne permet malheureusement pas de tous les révéler au grand jour, ce serait trop beau, mais elle permet déjà de se faire une idée du jeu. Pour une quinzaine d’euros, je me laisserai volontiers tenter. En voilà une bonne idée de cadeau d’anniversaire !

 

[Kisaki est une FILLE, c’est pas possible ! Je refuse de le reconnaître comme étant un garçon T__T ! Non mais c’est vrai quoi…]

 

D'autres VNs de sakevisual sont sortis depuis : [Text] A summer story et Kansei.

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 23:45

 

Chose promise chose due, il est temps de publier les résultats du blindtest.

 

Dans l’ordre croissant, voilà la liste des participants :

Kyu

1/30

 (c’est un point qu’il est allé chercher dans la sueur et dans le sang, donc respect :p)

Malorie

2/30

Faust

3/30

Baillan

6/30

Kyn

7/30

X4713R

8/30

  Gen / Faf

15/30

Excelen

19/30

Mitoyu

20/30

Acanthe

22/30

Qui remporte le prix spécial du « Petit Mineur » pour avoir pris plusieurs heures à passer en revue tous les animes que j’avais vu à l’aide de mon MAL dans le but de retrouver les génériques. Quel stakhanovisme 0_o ! Heureusement pour toi que je n’ai que 200 et quelques titres au compteur sinon il aurait fallu te ramasser à la petite cuillère.

 

Aozora

22/30

Qui remporte donc le premier prix. C'est-à-dire mon respect éternel et euh… Y a quelque chose qui te tenterait en particulier ?

 

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Les bons titres étaient donc :


Houseki – Marina Inoue (Le Portrait de Petite Cosette)

Trouvé 5 fois

Marina Inoue est devenue plutôt célèbre dans le petit monde des seiyuus, surtout avec le rôle de Yoko dans Gurren Lagann, mais moi je l’ai surtout connu avec son tout premier anime, Le Portrait de Petite Cosette, dont Yuki Kajiura a composé la musique. Faudrait que j’en parle un jour d’ailleurs…

 

mottoHade ni ne! – Haruka Tomatsu (Kannagi)

Trouvé 9 fois

En faisant le test je me suis dis qu’il me manquait des animes relativement récents de la catégorie comédie/gentil harem, et c’est totalement par hasard que j’ai choisi Kannagi, l’opening me paraissant plus potable que la moyenne. Il faut croire que j’ai bien fait, c’est une des pistes les plus trouvées.

 

Egao no Wake – Hikita Kaori (Shounen Omoji)

Trouvé 3 fois

Celui là je suis allée le chercher loin j’avoue, puisque je ne connais même pas cet anime. En revanche, j’aime bien la voix d’Hikita Kaori. C’était ça ou l’ending de Loveless de toutes façons =D (et oui, y a du Kajiura caché là-dessous).

 

Kiri – Monoral (Ergo Proxy)

Trouvé 9 fois

Une bien belle chanson que beaucoup semblent connaître. Le refrain entre vite dans la tête et c’est un délice pour les oreilles :3. Come and saaaaaaave me.

 

White Hill – Susumu Hirazawa (Paranoia Agent)

Trouvé 7 fois

 

Une piste instrumentale pour changer, le theme de Maromi, la peluche de Paranoia Agent.

 

Suki Mami Mai Tai – Barnabys (Mezzo DSA)

Jamais trouvé

 

Même si Mezzo DSA n’est pas un anime connu, je pensais que quelqu’un aurait au moins reconnu ce générique qui a du punch :<. La chanson est juste géniale quoi.

 

Edge – See-Saw (.hack//Liminality)

Trouvé 4 fois

Cet article a besoin de plus de chansons composées par Kajiura, nuff said.

 

Utsusemi no Kage – Kukui (Rozen Maiden OAV)

Trouvé 5 fois

Celui aussi je pensais que plus de monde le trouverait, la voix d’Haruka Shimotsuki étant plutôt reconnaissable. J’ai pris le milieu de la piste entière (qu’on ne trouve donc pas dans la version courte) mais il n’y avait rien de piégeux. C’est une de mes préférées de Kukui, même si les autres endings de Rozen Maiden sont très beaux aussi.

 

Sayonara - Satou Hiromi (Mushi-Uta)

Trouvé 5 fois

Celle là il fallait se lever de bonne heure pour la trouver et pourtant elle n’a pas posé plus de difficulté que ça finalement ! J’avais déjà mentionné Mushi-Uta une fois mais je réitère, c’est un anime baclé mais qui a du potentiel.

 

Silent City –AIKa – Mari Sasaki (Agent Aika)

Trouvé 4 fois

 

Agent Aika bordel ! Agent Aika aka ZE anime ecchi des années 90 ! Mais si, le truc avec des petites culottes de partout =< . Oui bon, je m’enfonce. J’ai connu grâce à mes DVDs de Serial Experiments Lain qui proposaient un trailer d’Aika. Depuis l’opening me trotte dans la tête tellement il est épique. Par contre je ne suis pas très pressée de découvrir l’anime. Bizarrement.

 

 Flower Psychedelic - Juri Ihata (Alien Nine) 

Trouvé 6 fois

 

L’opening d’Alien Nine faisait partie des génériques « bonus » que j’avais inclus en pensant adoucir un peu la difficulté du test puisque j’en avais parlé dans des articles. J’ai coupé le « Futsu janai asa ga kitte » mais c’était encore reconnaissable (une voix pareille aussi).

 

Mirai no Eve - Ali Project (Avenger)

Trouvé 7 fois

A l’origine, je n’avais gardé que la partie instrumentale mais c’était quand même drôlement sadique vu que toutes les chansons d’Ali Project se ressemblent alors j’ai rajouté un bout des paroles. Et je suis surprise de voir qu’autant de monde connaisse, Avenger (ma 1e critique anime tiens, nostalgie) n’étant pas réputé pour sa qualité…

 

Love Slave - Under17 (DearS)

Trouvé 4 fois

 

Une des seules chansons d’Under17 que je trouve audiblement supportable vu qu’elle a une voix trop haut perchée pour moi (visez la portée des paroles « I’m your slave »). Dears a une place particulière dans ma « culture » puisque c’est après être tombée sur une des illustrations officielles que j’ai voulu tester les animes ecchi/harem. Non mais franchement, vous avez vu la combinaison de Ren ? Elle ne couvre quasiment rien et en même temps elle couvre juste ce qu’il faut. Une telle création me bouleverse encore tant elle est mystérieuse (à côté les armures de Queen’s Blade c’est de la gnognotte).

 

I~jan! Yuujou – Maki (Doujin Work)

Trouvé 6 fois

Doujin Work c’est un petit anime sympa comme tout, il faudrait que j’en parle un jour. Rien que le concept est à pleurer de rire.

 

Crystal Energy - Minami Kuribayashi (Mai Otome)

Trouvé 6 fois

C’était sensé être la facile du lot mais c’est vrai que regarder Mai Otome est loin d’être un but dans l’existence donc c’est pas plus mal. Restez à l’écart les enfants, ça vaut mieux pour vous.

 

Cause Disarray - Galneyrus (Mnemosyne no Musume Tachi)

Trouvé 5 fois

 

Sans être une absolue fan de visual kei j’apprécie les génériques de Mnemosyne, une série qui avait beaucoup de potentiel. Pareil, je devrais en parler un jour ou l’autre, même si c’est un anime mature, déconseillé aux moins de 16 ans (de la violence et surtout beaucoup, beaucoup trop de fornication). Oui mais c’est Mamiko Noto qui double le personnage principal, une fille classe avec des cheveux longs et des lunettes, ça ne peut que compenser \o/.

 

White Destiny – Ishida Yoko (Pretear)

Trouvé 5 fois

C’est peut être une bonne chose que peu de monde connaisse parce que Pretear fait partie de mes expériences difficiles. Je sais qu’il y en a qui aiment mais honnêtement c’est juste un mélange de Sailor Moon combiné à Blanche Neige et les Sept Nains (dont c’est sensé être l’adaptation) : l’héroïne est une cruche et y a des beaux mecs partout pour voler à la rescousse du scénario. Si un jour je suis bourrée, promis je vous en fait un pavé.

 

R.O.D Theme – Taku Iwasaki (Read Or Die)

Trouvé 5 fois

 

L’opening de Read or Die faisait partie des génériques « bonus » que j’avais inclus en pensant adoucir un peu la difficulté du test puisque j’en avais parlé dans des articles. Une belle piste instrumentale, du Taku Iwasaki (celui qui a fait la musique de Gurren Lagann), que demander de plus ? A noter que j’ai inclus la toute fin du morceau.

 

Hemisphere – Maaya Sakamoto (RahXephon)

Trouvé 9 fois

 

Autant les avis sont divergents sur RahXephon (que je considère personnellement, avec El Cazador de la bruja, comme étant une de mes plus grandes déceptions), autant sur Hemisphere c’est assez unanime. Ma préférée de Maaya Sakamoto, assurément, avec ce passage magique où les violons se déchainent. It’s calling me aaaaagain.

   
Good bye, Yesterday - Mizrock (Romeo X Juliet)  

Trouvé 6 fois

Romeo X Juliet a de beaux génériques, c’eut été dommage de ne pas en profiter. A noter que je n’ai pas été immensément sadique puisque j’ai laissé la partie où la chanteuse dit « Sayonara Yesterday » et je sais que certains ont trouvés grâce à ça :p.

 

Neko Mimi Mode – Dimitri from Paris (Tsukuyomi Moon Phase)

Trouvé 5 fois

 

Vous pensez avoir vu tout ce qu’il y a de plus moe sur Terre ? L’opening de Tsukuyomi Moon Phase gagne haut la main ce titre ! En plus la musique se colle à votre cerveau comme une sangsue, c’est dur d’y échapper. J’ai fait exprès de prendre un bout de la version longue où la madame ne « chante » pas encore puisque les paroles se résument à « Neko Mimi Mode » et deux trois phrases de temps en temps pour varier les plaisirs, ce qui aurait été tellement évident à trouver que bon, où est l’intérêt ? De toutes façons, ceux qui connaissent ont trouvés direct, ça traumatise vite ce truc là…

 

Cloud Age Symphony - Shuntaro Okino (Last Exile)

Trouvé 3 fois

Là j’ai été sadique puisque je n’ai retenu que la toute fin de la version longue, qui est assez énigmatique.

 

New World - Bae Yu Mi/Yumi (Futakoi Alternative) 

Trouvé 2 fois

Pareil mais dans l’autre sens, j’ai fait exprès de ne garder que l’intro qui est longue et ne reflète pas trop le reste du morceau, sauf que j’ai quand même laissé le bout rythmé avec guitare et batterie.

 

Passionate Squall - Ayumi Fujimura, Aki Toyosaki, Minori Chihara, Aya Hirano, Yoko Hikasa (Seikon no Qwaser)

Trouvé 5 fois

 

Contrairement à pas mal d’autres pistes j’ai mis du très récent en la personne de Seikon no Qwaser en pensant que ça serait plus simple, mais apparemment le show dégouline trop d’ecchi pour être regardé jusqu’à l’ending ^^’ (ça se comprend remarque). Une des rares fois où un anime ouvertement « érotisant » a un générique qui me plait (celui de Queen’s Blade a autant de seiyuus qui chantent dedans et il me casse les oreilles à chaque fois).

 

Forever - Savage Genius (Elemental Gerald)

Trouvé 7 fois

Je trouvais que ça manquait de Savage Genius. C’était ça ou Inori no Uta…

 

Namida – 2BACKKA (Skip Beat)

Trouvé 6 fois

 

Même en coupant au milieu de la version longue, la piste était quand même très reconnaissable. Après peu de gens ont dus regarder Skip Beat qui reste ce qu’il est, c’est à dire un (bon) shoujo. Vu que la plupart de mes lecteurs sont probablement des mecs, c’est compréhensible =).

 

Shut up and explode – Boom Boom Satellites (Xamd Lost Memories)

Trouvé 13 fois

 

Shut up and explode c’est quand même une chanson qui donne envie de courir, de hurler, de se rouler par terre ou juste de bouger frénétiquement :3. Je l’aurais bien vu gagner le Prix Néant Vert de l’Opening mais bon (il a quand même fini 3e). Bref, c’est la piste la plus trouvée du lot !

 

Upside Down – Denki Groove (KuchuBuranko)

Trouvé 1 fois

J’en avais brièvement parlé une fois mais les génériques de Trapeze/Kuchu Buranko sont terriblement additifs, ils donnent une furieuse envie de danser et de chanter. Et je dois toujours regarder l’anime T_T.

 

Discotheque – Nana Mizuki (Rosario Vampire Capu2)

Trouvé 5 fois

 

C’est bien la seule chose que j’apprécie dans la série des Rosaio Vampire tiens. Rien à dire sur cet opening, il est beau, la musique est sympa, la chorégraphie plutôt cool et on sent que c’est recherché. M’est avis qu’ils ont dépensés le budget des deux saisons juste pour une minute trente de classe.

 

Kaze no Nemuru Shima – Miyamura Yuuko (Nankai Kio Neoranga)

Jamais trouvé

Je me suis particulièrement déchainée sur celle là. Neoranga est un vieil anime dont j’ai eu connaissance grâce à mon coffret Lain encore une fois. Le trailer m’a captivé avec cette drôle de musique un peu tribale que je me suis faite une joie de massacrer en prenant pile le passage où Miyamura Yuuko (mais si la doubleuse d’Asuka dans Evangelion) se met à faire “la, la la la la“. Inutile de dire que je considérais cette chanson comme introuvable :x.

 



 Le bilan de ce premier blindtest est ma foi plutôt positif. Certes le nombre de participations n’atteint pas des sommets mais on peut mettre ça sur le compte de l’inexpérience, vu que c’était surtout un coup d’essai (même si je suis étonnée que certains participent dans les commentaires sans toutefois m’envoyer leurs réponses, ce qui est assez bizarre) et que je ne visais pas très haut non plus . Ce qui m’a fait le plus plaisir dans le tas, c’est surtout le fait de créer un échange avec le lectorat. Quand je fais des articles je n’ai parfois pas beaucoup de retours et pourtant je sais que je suis lue, ce qui me frustre énormément (ah le syndrome du lurkeur !). Et là, j’ai pu recevoir des mails de personnes avec lesquelles je ne parle pas souvent, voire même avec lesquelles je n’avais jamais parlé avant. Des échanges se sont constitués (certains attendent même ma réponse de la semaine je crois, teheheh, faut que je m’y mette :x) et ça, ça booste le moral (surtout en période centre aéré). Ce qui me donne d’avantage envie de débusquer les “anonymes“ et de les sortir de leur tanière parce qu’il n’y a rien de plus plaisant pour un blogueur de rang modeste que de pouvoir petit à petit mettre des noms sur les personnes. Se dire "Ah lui c’est machin, il revient de son stage bidule, je vais lui demander des nouvelles" ou “Elle c’est muche, je sais qu’elle aime telle sorte d’anime, j’espère que cet article lui plaira".

 

Musique1

 

En fait je trouve que le bloging s’apparente de plus en plus au commerce. Internet est un univers constitué de villes-communautés plus ou moins grandes dans lesquelles il y a des rues marchandes : chaque magasin vend quelque chose qui lui est propre en essayant d’attirer les clients. Dialoguer avec les lecteurs me donne l’impression très forte d’être une brave dame tenant sa petite boutique rue Japanime, carrefour du WTF, et de papoter avec mes clients de derrière le comptoir. Chaque jour je vérifie l’état de mes stocks, de temps en temps je propose un nouveau produit que je conçois avec mes tripes en faisant du mieux que je peux, quelque chose dont je veux être fière (ce qui n’arrive pas souvent), et puis je crie dans un megaphone pour attirer les passants, je sers les clients, je bavarde avec les habitués. Il m’arrive aussi d’entrer dans une boutique voisine pour bavarder avec le patron, demander ce qu’il y a de neuf, ou dans un supermarché, ces gros blogs très fréquentés, dans lesquels je me fais généralement discrète, mais j’évite les centres commerciaux, l’étape au dessus du blogging. Tenir un blog c’est vraiment tout comme si j’avais ma boutique à moi, l’aspect financier en moins.

 

Musique2

 

Même si répondre aux commentaires sur le site ou aux mails que l’on m’envoie me prend un temps considérable, ça me fait plaisir, je vois un rayon de soleil filtré à travers la vitrine du magasin. Pour la peine je mettrais bien un tournesol sur le comptoir. Merci de me soutenir =).

 

Et sinon je vous sers quoi aujourd’hui ? Pareil que d’habitude ? Et un coktail pour la table sept, un !

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