29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 13:35

 

En réalité cela fait depuis très longtemps que j’ai envie de faire cet article et il a sans cesse été repoussé pour tout un tas de raisons (certaines indépendantes de ma volonté). Il aurait normalement dû voir le jour en février 2011, après Ongaku #2. Je comptais ne jamais faire de critique d’un album complet de A jusqu’à Z mais celui-ci en vaut largement la peine que je contrevienne à cette règle tacite. Sinon je m'excuse pour l'aspect peu pratique des extraits sonores mais les chouettes vidéos qui faisaient la traduction de Märchen avec un petit montage et toutes les informations nécessaires (références, seiyuus, qui chante quelle partie) et que je comptais utiliser ont bien entendu été bloquées par Youtube et il a fallu que j'upload les pistes sur Puush pour vous permettre d'écouter quand-même (parce qu'un article musical sans musique c'est un peu con).

 

Marchen 011

 



Back in the past
Pour commencer il faut savoir que je suis tombée sur Märchen par hasard au début de l’année 2011. Le dernier single de Sound Horizon (si vous ne connaissez pas encore ce groupe, allez lire mon article dessus fissa, bande de garnements) étant déjà sorti automne 2010, je n’attendais pas leur nouvel album avant un paquet de mois et mes dernières expériences avec le groupe m’ayant laissé un goût amer, je ne l’attendais que très froidement en me disant que ce serait probablement le dernier Sound Horizon que j’écoutais. Et en constituant mon calendrier de sorties en OSTs, surprise, le dernier album était déjà paru en décembre 2010 et non sur le thème « Conquistadores » comme prévu mais sur les contes des frères Grimm, un sujet éminemment séduisant. Je me suis jetée un peu à reculons dans l’aventure, à la fois inquiète de voir ce que Revo avait bien pu fabriquer, et intéressée par la culture germanique (l’allemand est ma 1e langue vivante donc fatalement je comprends mieux l’allemand que le japonais) et l’aspect contes de fées. Le choc aura donc été d’autant plus puissant. Et des choses à dire sur cet album, j’en ai à foison !

 

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Une structure finement élaborée
Avant même d’invoquer la musique, il convient de parler de la structure de Märchen (qui, je le rappelle, signifie « contes » en allemand). Comme l’histoire reprend exactement là où se terminait le single Ido e Itaru Mori e Itaru Ido (déjà mentionné la dernière fois et que je n’avais que moyennement apprécié), je me suis demandée pourquoi avoir séparé en deux ce qui était censé former une unité. J’ai vite compris. L’album repose en fait sur un savant jeu d’échos. La première piste, Yoiyami no Uta (Chant du crépuscule), très sombre, entre ainsi en résonnance avec la dernière piste Gyoukou no Uta (Chant de l’aube) lumineuse. Dans cette boucle de 9 chansons, 7 sont centrées sur 7 personnages, toutes des filles décédées de manière tragiques, dont l’histoire est liée aux 7 péchés capitaux. Les deux premiers et les deux derniers contes encerclent un trio un peu spécial puisque la 4e mélodie, sur Blanche-Neige, est profondément liée à la 6e mélodie sur la Belle au Bois Dormant : toutes deux sont des princesses endormies pour l’éternité qui font face à une méchante sorcière et sont sauvées par le prince courageux. Et justement la sorcière est doublée dans les deux cas par Miki et le prince dans les deux cas par Yume Suzuki. Le thème du prince se retrouve également sous une forme identique dans les deux chansons. Et dans cette enclave spécifique, la 5e chanson se démarque de tout l’album en ce qu’elle raconte une histoire aussi tragique que les autres mais sur une musique pop et enjouée, ce qui fait qu’on s’y perd un peu sans les paroles. En outre, ces trois héroïnes seront les seules à revenir des limbes où elles étaient prisonnières. La structure a été tellement finement élaborée qu’effectivement, on comprend mieux que Revo ait voulu séparer Ido dans une sorte de single faisant office de prologue.


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L’histoire
La marque de fabrique de Sound Horizon est de bâtir leurs albums autour d’intrigues souvent très sombres et riches, Märchen n’échappe pas à la règle mais pour mieux comprendre ce qu’il se passe, il convient de rappeler le contenu du prologue, Ido e Itaru Mori e Itaru Ido. Celui-ci propose en réalité une histoire à rebours en commençant par la fin et en remontant progressivement vers le début tout en se permettant des sauts temporels. Je vais tenter de remettre cette chronologie un peu en place. La première moitié de Kanojo ga Majou ni natta riyuu nous conte l’histoire d’une femme du nom de Thérèse (interprétée par Miki) qui vit dans une Allemagne médiévale en compagnie de son petit garçon, März, qui est albinos et fut malvoyant à sa naissance. Elle possède des connaissances très poussées en médecine, si bien qu’on vient régulièrement la consulter pour soigner les maladies. C’est ainsi qu’elle sauvera un soir la petite Elisabeth, fille unique d’une femme riche, et également le fruit d’un inceste (son père est aussi son frère).


Les deux enfants ont sensiblement le même âge et deviendront amis (d’autant plus que Mär est guéri de sa cécité pour dieu sait quelle raison). C’est ce que chante une Elisabeth grandie (à travers la voix de Joelle) dans Kono semai torikago no naka de. Elle a la nostalgie du passé, de cette enfance solitaire où on la séquestrait pour qu’elle fasse une bonne future épouse et où seules les visites de son ami la consolaient. La réputation de Thérèse commence à vaciller et on murmure qu’elle exerce la sorcellerie, aussi pour se protéger, elle va vivre avec son fils dans la forêt, forçant März à dire adieu à Elisabeth. Il reçoit d’elle une petite poupée à son effigie et la promesse de se revoir. On revient dans le « présent » alors que la jeune femme est priée par son frère/père d’entrer.

 

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La suite on l’apprend dans Hikari to Yami no douwa alors que März, sa poupée à la main, s’apprête à rentrer à la maison. Deux hommes le suivent et demandent à voir sa mère, l’enfant, naïf, s’exécute et condamne sans le savoir sa famille. Les brutes brûlent sa poupée et la lancent, ainsi que lui, à travers la fenêtre. L’albinos s’écrasera dans le puits où il mourra brutalement tandis que sa mère, Thérèse, se bat bravement mais finit capturée. Son sort est exposé à la fin de Kanojo ga Majou ni natta riyuu où elle est brûlée pour sorcellerie en place publique. Avant de rendre l’âme, elle s’excuse de ne pas avoir pu sauver son fils qu’elle aime, et tourne sa haine envers ceux qui l’exécutent en se promettant de devenir une véritable sorcière qui se vengera. Le prologue se conclut sur son rire maléfique qui se mue en cri de souffrance.

 



Yoiyami no Uta
Crépuscule

 

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Passant maintenant à la critique en elle-même, qui sera laborieuse vu la richesse du matériau de base. Comme souvent dans les derniers Cds de Sound Horizon, Revo a tendance à se réserver une première piste très rythmée. Märchen ne fait pax exception à la règle mais quelques surprises nous attendent au tournant ! Après les dernières secondes d’Ido accolées en intro angoissante (c'est-à-dire le cri déchirant de Thérèse sur son bûcher), le narrateur allemand, Sascha commence un décompte inquiétant tandis qu’une voix aiguë monte en puissance et que les dernières paroles de Thérèse confirment sa vengeance. La bulle finit par éclater vers 0:45 où le « aaaaaah » angoissant se mue en un étrange « Aishiteru » (Je t’aime). Soudain un piano, puis la batterie, la guitare électrique et des violons entrent en scène et Revo commence à chanter (c’est lui le personnage principal). Il se serait arrêté là, Yoiyami no Uta aurait été une intro traditionnelle à la Sound Horizon. Mais le coup de génie du compositeur aura été d’introduire des reprises d’airs classiques célèbres dans le morceau et de les coller ensemble dans une harmonie surprenante.

Certains ont reconnus l’air de la Lettre à Elise de Beethoven. Or la jeune fille que l’on entend (Hatsune Miku en version chantée et sa doubleuse Saki Fujita sans effet synthétique lorsqu’elle parle normalement) se nomme Elise dans l’histoire. C’est la poupée confiée à l’albinos par Elisabeth qui prend vie en recueillant l’âme de Thérèse et se réveille aux côtés d’un März adulte qui a fusionné avec l’esprit malveillant qui résidait dans le puits, un certain Idolfreed mort de la peste, et en ressort amnésique. Désormais sous le nom de Märchen von Friedhof, il va accomplir sa mission d’esprit vengeur en répandant la mort autour de lui. L’anecdote est que le titre initial de la Lettre à Elise était justement « Für Thérèse » qui reflète donc la transformation de la sorcière en poupée. Revo n’a pas fini de nous surprendre niveau références !

 

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Yoiyami no Uta continue donc dans sa lancée (avec quelques chœurs en fond) lorsque Märchen von Friedhof invite les morts à se soulever pour se venger. 7 jeunes filles répondent à l’appel et entament un refrain sous forme de leitmotiv en allemand proprement envoutant. Niveau déclinaisons (mon côté germaniste, que voulez-vous) j’ai noté une petite erreur mais bon on s’en fout, c’est beau. A 3:46 et 5:21 et donc les 7 cadavres chantent « Kommt, die Nacht kommt ». C’est presque trop court j’ai envie de dire. Mais voilà 5 minutes se sont déjà écoulées et on arrive seulement au milieu de la piste. Et la suite sera encore plus jouissive (et ça parait pourtant impossible) : de 6:15 à 6:38 l’Ode à la joie, toujours de Beethoven. L’Ode à la joie. Version rock. Et en allemand bien sûr. Un pur orgasme auditif. Et comme ça ne dure que quelques secondes on reste totalement sur sa faim en plus. Revo est machiavélique. S’en suit une reprise très réussie de des Tableaux d'une Exposition de Moussorgsky puis de Fantaisie-Impromptu de Chopin au piano. Et à peine remis du choc de la 9e symphonie, un chœur s’élance et s’interrompt. Petit flashback avec le puits (Ido) qui parle à März (mort enfant et « ressuscité » adulte) et lui propose d’une voix monstrueuse et lugubre de fusionner. Les cris qui suivent ne nous laissent aucune illusion quant à la souffrance du processus. Et là… Hatsune Miku (dont je ne suis pourtant pas fan à l’origine) qui ne fait qu’une discrète apparition a son petit moment de 7:50 à 8:18 sur ce qui ressemble énormément à l’Antre du roi de la montagne dans Peer Gynt. Visiblement je ne suis pas la seule à avoir noter les similitudes mais Revo n’a indiqué l’inspiration nulle part. Pourtant ce crescendo si familier… En tout cas ce passage est encore plus énorme que l’Ode à la joie. On repousse les limites de l’impossible. Les 10 minutes passent à une vitesse affolante, c’est dingue.


Après une entrée en matière aussi extraordinaire et géniale, j’ai eu très peur que le reste ne soit pas à la hauteur. Si, certes c’est toujours Yoiyami no Uta que je préfère, l’album tout entier est juste énorme. A partir de là nous sommes entraînés dans le cercle des vengeances. Et chaque chanson (sauf la dernière, je l’ai déjà signalé sur le paragraphe concernant la structure) débutera par un petit prélude où Revo/Märchen intime à la victime de chanter pour lui. Celle-ci lui raconte alors son histoire, comment elle a été tuée, et lui propose une solution, souvent sanglante avant de conclure avec un mini-dialogue avec Elise où tous deux commentent leur travail.


Kakei no Majo
Péché : La gourmandise

 

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La première piste est la complainte d’une nonne qui a été abandonnée par sa mère très jeune à l’époque où elles vivaient toutes les deux dans la forêt parce qu’elles étaient trop pauvres. Elle essaye de se souvenir des jours heureux, avant que le couvent qui l’avait recueilli ne soit attaqué. Les premières secondes à la flûte de 0:27 à 0:40  sont charmantes, puis résonne la voix de Kanami Ayano qui interprète la nonne. J’avoue avoir beaucoup de mal avec son timbre et le début de la piste est un peu fade pour mes goûts, surtout que l’instrumentation se fait bien discrète. Heureusement entre 3:34 et 3:50 la guerre éclate et nous dévoile une sublime parenthèse au violon et à la guitare sèche où la voix partant dans les hauteurs de Kanami Ayano semble davantage à sa place. Le tout se dynamise un peu mais ce n’est que vers 4:30 quand la nonne retourne dans la forêt pour voir sa mère et se retrouve face à une vieille femme qui ne la reconnaît pas et qui semble à moitié tarée, pour vraiment profiter de la montée de tension violons/guitares (pour cause, elle fait la narration et ne chante plus). Elle est alors empalée sur un autel. S’en suit une courte envolée de Miki (qui joue la vieille femme) de 4:58 à 5:32 sous un air lent de batterie et de guitare électrique qui est franchement sympa et inaugure du bon.

Sauf qu’après que Märchen ait déclaré le cercle de la vengeance enclenché, on découvre ses instruments : Hansel et Gretel. Ce sera donc notre conte subverti. Le problème c’est que les deux gamins sont un peu insupportables et que le passage où la vieille femme vante sa maison « en sucreries » ne rend pas bien justice à la voix de Miki. Il faut vraiment attendre 7:58 pour retrouver une fibre épique lorsque le fantôme de la nonne, qui a guidé les enfants vers son ancienne maison, raconte combien ils s’empiffrent sur des pointes de violons et de batterie. Hansel et Gretel décrètent alors de leur propre chef que leur hôte est une sorcière et, toujours poussée par l’esprit de la nonne, lui foutent un coup de pied bien placé lorsqu’elle ouvre la porte de sa grande cheminée. Elle pousse un cri ardent et brûle donc vive. Ce qui est intéressant c’est qu’il n’est dit nulle part qu’elle voulait les manger ni qu’elle était méchante, elle était donc parfaitement innocente cette fois et les vrais méchants sont les deux gosses. A noter que le thème de la vengeance, qu’on retrouve à la fin de toutes les pistes, est ici étouffé par la narration d’Hansel et Gretel.
Une piste qui est loin d’être mauvaise mais qui se révèle plutôt moyenne en comparaison du reste de l’album. Comme ça on pourra mieux apprécier la suite vous me direz...


Kuroki Joshou no Yado
Péché : L’avarice

 

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Cette seconde piste ressemble à bien des égards à la première dans le début de l’histoire (une jeune fille pauvre, la guerre) mais largement améliorée. Les premières secondes de 0:17 à 0:30 dévoilent cette fois-ci des chœurs lugubres d’enfants avant de basculer vers notre nouvelle héroïne : une humble paysanne. REMI adopte pour l’occasion un dialecte un peu particulier en avalant les syllabes pour mieux sonner provinciale, sa voix reste malgré tout très pure et rappelle volontiers que c’est une excellente cantatrice, surtout dans le passage suivant de 1:46 à 2:38 où elle se fait le témoin d’une guerre sanglante et épique à grands coups de violons, de batterie et de bruitages d’explosion et de cris. Et puis la jeune paysanne est vendue à une auberge dont la propriétaire est interprétée par nul autre que Jimang. En travelo donc. Comme d’habitude il fait très bien le pitre et sonne toujours s’il était très vieux mais je ne peux toujours que difficilement supporter le résultat. Reste qu’il sait mettre de l’ambiance et joue très bien son rôle. Vient ensuite le moment décisif où la propriétaire se rend compte qu’elle n’a plus rien à offrir à manger à ses clients et décide de purement et simplement s’absenter pour aller piquer les organes des pendus. Ce n’est jamais précisé dans la chanson mais on peut plus ou moins le deviner à travers le conte d’origine, parfaitement méconnu, L’homme de la potence. Il y a donc un vent de panique entre 4:14 et 5:07où Jimang commet l’irréparable, sert son client puis affirme que piller les cadavres c’est très bien (il n’y a pas de petits profits), le tout sur fond de violons, de guitare et de batterie, comme précédemment, puis avec un accordéon. Et puis, sans qu’on sache pourquoi, la serveuse se pend (ou est pendue, impossible de déterminer si c’est un homicide) et REMI nous entonne un petit requiem bien sympa avec simplement un peu de piano et de guitare.

La serveuse revient ensuite d’entre les morts grâce à Märchen et le thème de la vengeance éclate alors vers 5:58 dans toute sa puissance avec un mélange exlosif de guitare électrique et de batterie sur lesquels s’ajoute le chœur d’enfant (qui répète « toctoc, toctoc ») et même de l’orgue jusqu’au paroxysme de la chanson. Et là, REMI déclare simplement « Rends-moi mon foie » et Jimang hurle. Tout simplement jouissif.


Garasu no hitsugi de nemuru Himegimi
Péché : L’envie

 

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Cette fois-ci le conte de fée nous est très clairement expliqué dès le début et il s’agit de Blanche Neige. Revo a choisi de coller à la version qui la décrit comme une enfant, c’est donc une petite fille qui chante, la jeune Tomoyo Kurosawa qui jouait déjà un rôle mineur dans le précédent album, Moira. Elle devait avoir 13-14 ans au moment de l’enregistrement et, à ma grande surprise, je trouve que sa voix, même si très haut perchée, n’est pas si désagréable. Son monologue introductif où elle précise son histoire est calme, simple mais plutôt bien joué. Elle est régulièrement interrompue par Miki, qui cette fois fait la belle-mère, chantant devant son miroir (et c’est Jimang le miroir) et contemplant sa beauté. Un léger crescendo nous mène au moment fatal où le miroir avoue que c’est Blanche Neige la plus jolie et s’en suit un passage guitare/violons (+batterie à la fin) de course-poursuite entre elle et le chasseur (encore Jimang) de 2:34 à 3:26 entraînant à souhait. Pour continuer dans l’excellence le thème que l’on entend brièvement de 3:27 à 3:43 lorsqu’elle erre dans la forêt jusqu’à la maison des 7 nains est franchement bon. Un peu de batterie, du piano, et on a envie de danser. Thème malheureusement trop court. Mais déjà l’arrivé des nains entraîne une scène comique tout aussi entraînante. Et comme Revo est vache, il a inclut un passage secret de même pas dix secondes en plein milieu vers 4:20, passage qui parle d’un certain Idolfreed. Mais évidemment on ne l’entend presque pas parce que cette narration est écrasée par ce que raconte Tomoyo Kurosawa. A vrai dire, il faut tendre l’oreille pour comprendre que ce ne sont pas les nains.
Après une telle effervescence on en revient à une mélodie plus calme lorsque la sorcière vient offrir une pomme à Blanche-Neige (et comme d’habitude Miki a une voix intense qui transperce tout).

Quelle sera la vengeance pensée par Märchen ? Eh bien, puisque la princesse est plongée dans un sommeil éternel, elle n’est techniquement pas morte et peut donc revenir sur terre. Pour cela, elle a besoin...d’un prince. C’est ainsi qu’à 5 :58 nous est introduit un passage purement épique où Yume Suzuki nous joue un prince en quête désespéré de trouver la femme parfaite. Sa voix colle admirablement bien et a un petit quelque chose d’étrange et de viril à la fois. Je vous conseille d’écouter d’abord avant de lire ce qui va suivre. En effet, Yume Suzuki est...une femme. Je crois que je n’ai jamais entendu un prince aussi « charmant », elle est juste parfaite dans le rôle. Dès le moment où le prince pénètre dans la forêt jusqu’à se trouver devant le corps sans vie de Blanche-Neige on peut entendre de 6:47 à 7:00 le même thème que de 3:27 à 3:43 mais réarrangé de manière plus dynamique et avec la superbe voix du prince. Comme dans le conte, le cercueil est renversé et la jeune fille revient à la vie. S’enclenche alors le thème de la vengeance joué à l’orgue et au violon tandis que  l’héroïne répète les toutes premières paroles de la chanson mais en changeant certains mots de manière macabre. Dans une sorte de leitmotiv, voilà de nouveau Miki qui brûle puisque la belle-mère est forcée de danser avec des chaussures brûlantes jusqu’à sa mort. Les rires maléfiques de Tomoyo Kurosawa se superposant aux cris ont de quoi faire peur.

Une piste tout simplement magistrale qui se conclue cependant par une légère ambiguïté puisque le prince réagit à ce spectacle par une réflexion de désarroi dont on ne sait ce qu’elle représente (trouve-t-il que la belle Blanche-Neige est une garce ? que la méchante fait bien de crever en public ? mystère).

 


Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido
Péché : La paresse

 

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Désolée, j'ai pas trouvé meilleure qualité pour l'image

 

Revo aime les contrastes et il lui arrive de temps en temps de raconter les plus atroces supplices avec des mélodies joyeuses (comme  la célèbre Yield de l’album Elysion où une fillette décime sa famille avec une bonne humeur à toute épreuve). C’est le cas Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido qui a de quoi dérouter. Au début j’ai même cru, avec mes faibles compétences en japonais, que c’était l’histoire d’une idol qui mourrait sur scène, mais pas du tout.

Une paysanne sans nom, interprétée par Ceui, entonne un couplet plein d’énergie sur fond de batterie et guitare électrique tandis qu’elle nous raconte qu’elle est régulièrement maltraitée par sa belle-mère (tiens, encore doublée par Miki) et sa demi-sœur suite à la mort de son père (il aurait disparu dans un puits...Idolfreed ?). De bout en bout la chanson reste excellente et rythmée mais précisons quand-même ce qui arrive à cette brave fille : elle fait tomber son fil dans le puits et sa famille lui ordonne dans le très bon passage de 2:45 à 2:53 où on entend un peu de Miki d’aller le récupérer. Et elle se noie. Elle se noie mais visiblement elle devait être tout juste entre la vie et la mort quand Märchen est intervenu parce qu’elle se réveille alors dans un nouveau monde qu’elle croie être le paradis et se révèle être le monde de Frau Holle avec les pommes et les pains qui parlent et lui demandent d’accomplir des épreuves. La brave fille s’exécute sans réfléchir et entame de chanter et de danser en même temps comme s’il s’agissait d’un concert. Ainsi de 4:37 à 5:21 on peut entendre un superbe final très pop-rock. Frau Holle (Azumi Inoue, qui a une voix très "maternelle") intervient alors en personne et offre un marché à la demoiselle : elle devra travailler pour elle. Comme c’est une bonne magicienne, Frau Holle n’hésite pas non plus à récompenser la jeune fille qui s’en retourne chez elle couverte de poussière d’or. La vengeance ? La belle-mère va demander à sa propre fille d’aller aussi dans le puits et même si ce passage est coupé, ceux qui ont lu le conte savent qu’elle ne va rien foutre et que Frau Holle va la punir pour sa paresse : elle reviendra couverte d’une substance gluante noire impossible à enlever. C’est là que résonne le thème de la vengeance alors que l’héroïne se moque allègrement du malheur de sa sœur. La piste est alors rehaussée de quelques chœurs et reprend son aspect pop. Un mélange surprenant mais diablement efficace.


Bara no tou de nemuru Himegimi
Péché : L’orgueil

 

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On reprend sensiblement la structure de Blanche-Neige avec cette fois-ci la Belle au Bois Dormant, interprétée par Mikuni Shimokawa. Elle monologue aussi sur son histoire mais sa voix épurée est parfois interrompue par de brefs instants où résonnent «  Siebten Schuld » (7 péchés dans un allemand approximatif) et il y a un passage à la flûte magnifique de 1:00 à 1:16 en plus (ce qui change TOUT, avouez-le). On passe alors au banquet en l’honneur de la naissance de la princesse où -devinez qui brille- la méchante sorcière (Alte Rose) s’invite jouée par nulle autre que Miki, décidément déchaînée, qui livre encore une fois une prestation de qualité à partir de 2:32. La même doubleuse que Frau Holle intervient en tant que fée rivale et le duel se conclut comme il se doit sur un pari sur le temps de vie de la princesse. On en revient au monologue et de 4:00 à 4:24 débute un lent morceau de batterie qui reviendra plus tard. La suite, tout le monde la connaît, la princesse se pique sur le rouet et tombe mortellement endormie.

Et comme pour Blanche-Neige, Märchen dépêche un prince pour la réveiller. A 5:20 résonne donc le thème du prince avec Yume Suzuki toujours très en forme. Sa tirade est interrompue par le chant d’une rumeur qui lui souffle l’existence d’une magnifique princesse endormie. On peut alors entendre de 7:07 à 7:20  la même mélodie que de 4:00 à 4:24 de manière plus dynamique. On repart directement sur le thème de la vengeance qui s’amorce doucement avant de se déchaîner avec de la flûte en bonus. La princesse réveillée par le prince chasse Alte Rose de son royaume et subit sa dernière malédiction qui est en réalité une référence à la piste Majo to Rafurentse de l’album Elysion et qui dit qu’elle va abandonner son enfant dans la forêt (où il sera recueilli par la sorcière Old Rose).


Aoki Hakushaku no Shiro
Péché : la tortu…euh luxure

 

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L’effusion de qualité ne semble jamais vouloir s’arrêter maintenant qu’elle est lancée. Notre prochain conte est celui de Barbe-Bleu mais raconté non pas par sa dernière femme (celle qui lui survit) mais la précédente. C’est Minami Kuribayashi, qu’on avait déjà pu entendre à loisir dans l’album Moira, qui l’interprète. Après un prologue résolument effrayant et rock, les débuts se font soudain hésitants, Minami Kuribayashi semble douter, sa voix est faible, alors qu’elle constate que sa robe préférée est devenue rouge. Soudain elle réalise : c’est parce qu’il l’a tuée. Cette révélation soudaine entraîne un interlude rythmé tandis qu’elle livre son histoire, son mariage avec le terrible Barbe-Bleue que tout le monde craignait et que pourtant, elle aimait sincèrement. Sa complainte se fait alors touchante, des violons s’ajoutent à la batterie et à la guitare électrique. Puis de 3:14 à 4:50, au chœur du chaos, résonne la voix puissante d’Akio Otsuka (mais si, vous savez, Batou de Ghost in the shell, Rider de Fate/Zero et le seul mec intéressant de Paprika)  qui campe un Barbe-Bleu parfait, violent, torturé. Il se paye même le luxe de nous exposer comment il a tué ses femmes de 3:30 à 4:08 où les bruitages sont plus qu’explicites. Entre celle qui s’est fait brûler vive, celle qui a été enfermé dans une Dame de Fer et celle qui a été étranglée, il y en a pour tous les goûts !

La vengeance ? L’esprit de la dernière des femmes tuées souffle innocemment à la nouvelle épouse que derrière la porte interdite se trouve un fabuleux trésor (quelle pute) et la piste qui avait repris un rythme un peu moins soutenu se déchaîne de nouveau vers 6:02 lorsque la porte du cabinet s’ouvre, dévoilant les cadavres mutilés. Des chœurs accompagnent alors Minami Kuribayashi de 6:29 à 6:41 tandis que la femme de Barbe Bleu tente vainement de lui résister. La piste se conclut avec le combat des deux frères qui assassinent le tyran sur fond du thème de la vengeance, légèrement plus discret.


Haritsuke no Seijo
Péché : La colère

 

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Après une petite introduction avec des chœurs et du violon de 0:33 à 0:53, épique  comme il se doit, Joelle nous revient en tant qu’Elisabeth exactement là où s’était arrêté Kono semai torikago no naka de. Et pour changer, elle ne nous narre pas le passé mais bien le présent tandis qu’elle s’avance vers son destin. Débute alors un passage un peu jazz de 1:30 à 1:55, duo entre Revo et Joelle qui se font mutuellement écho dans leurs paroles : Märchen a oublié sa promesse, Elisabeth ne peut l’oublier. C’est alors en grandes pompes, avec trompettes et violons, que l’on découvre le père/frère de la jeune fille qui lui annonce qu’il lui a enfin trouvé un mari et qu’il serait temps qu’elle passe devant le curé. Ce à quoi elle répond qu’elle ne pourra jamais épouser quelqu’un qu’elle n’aime pas et qu’elle préfère encore mourir. Se lance alors son chant magnifique de 2 :25 à 3:38 , qui s’envole (son motif est celui de l’oiseau), comme un signe d’espoir, jusqu’à ce que le verdict tombe comme un couperet : puisqu’Elisabeth préfère mourir, elle sera crucifiée. Cette partie est visiblement adaptée d’un vieux conte que je ne connais pas donc je ne pourrais pas dire ce qui est original.

Cette fois, Märchen est coupé net dans sa vengeance tandis que la jeune fille affirme qu’elle n’en veut pas à son frère/père et qu’elle ne désire pas sa mort. Des échos de Kono semai torikago no naka de nous parviennent alors sur fond de violon et soudain, à 5:02 Joelle se remet à chanter. Sa voix gagne en puissance à mesure que l’instrumentation s’amplifie et que s’emballent les violons pour un passage volontairement larmoyant, une scène d’adieu. Et c’est bien le thème d’Elisabeth du prologue qui s’enclenche à 6:28 dans un dernier soubresaut et non le thème de la vengeance. Les paroles sont à la fois simples, universelles et touchantes : « Je suis juste Elisabeth, rien d’autre ». La piste pourrait se conclure ainsi mais non, à 6:55 on passe à quelque chose d’entièrement différent puisque Elise, la poupée, essaye de secouer Märchen, resté muet après les adieux de celle qu’il aimait et qui le remerciait d’être venu la voir une dernière fois. Evidemment il ne répond pas et elle commence à paniquer. La batterie et la guitare électrique introduisent une tension et révèlent bientôt la mélodie de Yoiyami no Uta tandis que Saki Fujita se met à vociférer de plus en plus fort jusqu’à ce que sa voix se disloque dans un son électrique comme un automate brisé. Et puis Märchen la ramasse et décide de tout arrêter.
Une très belle piste qui démontre tout le talent de Joelle et qui m’aura fait davantage aimé Kono semai torikago no naka de comme les prestations de Miki m’auront finalement fait aimé Kanojo ga Majou ni natta riyuu (particulièrement dans sa partie finale). Mais la clôture n’est pas encore là.


Gyoukou no Uta
Aube

 

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Pour finir Märchen (l’album, pas le personnage ; oui je sais, on s’y perd) en beauté, on bascule vers un morceau très différent de tous les autres puisqu’il n’est plus composé de fragments de mélodies bout à bout, ce qui le rend plus court. Il n’y a qu’une seule voix, celle de Revo, qui joue März au moment où il s’éteint définitivement, et répond, un peu tard, aux adieux d’Elisabeth. L’instrumentation est constituée de violons et de piano et commence calmement pour aller vers un crescendo de plus en plus épique où s’ajoute d’abord un peu de flûte pour faire bonne mesure, puis du tambour vers 2:37. De 2 :08 à 2:27 on peut entendre les échos de tous les personnages des pistes précédentes et du prologue et à 3 :06 ils rient même tous ensemble comme si März s’avançait vers le paradis. Soudain, à 3:58, le soufflet retombe et on entend un compte à rebours à l’envers. Tout à coup c’est le silence et Revo prononce une phrase très spécifique, que l’on pouvait entendre à 1:01 de Kanojo ga Majou ni natta riyuu lorsqu’il était enfant, marquant sa renonciation. La boucle est bouclée.

 



Conclusion
Le septième horizon qu’est Märchen représente réellement le chef d’œuvre de Revo (et Sound Horizon en général) : une intrigue riche, ambiguë mais pas totalement incompréhensible non plus, une structure fine, des références aussi bien musicales qu’anecdotiques à ses précédents travaux, des morceaux maîtrisés de bout en bout. Si je reprochais volontiers à Moira d’être un patchwork de fragments minuscule dont seule une minorité était sympathique et trop souvent submergée par le reste, Märchen est une mosaïque où chaque morceau est bon et où les plus excellents apparaissent dans toute leur splendeur. Musicalement abouti donc, et pour une fan de contes de fée comme moi, les versions proposés des contes des frères Grimm présentent également un intérêt certain. Le sieur Revo aura su me redonner foi en Sound Horizon, et ce de manière magistrale. Plus encore, il m'aura révélé Miki, nouvelle recrue que Moira n'avait pas su mettre en valeur. D’une certaine manière, Märchen conclue admirablement la carrière de Revo et je ne peux que chaudement vous recommander d’y jeter une oreille.

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commentaires

Leina 04/08/2013 18:05

Rooh, quelqu'un a pensé à décrire toute la stucture de Marchen!! ** yess!
Ton article m'a rappelé de bons souvenirs, puisque j'ai découvert les persos de ce nouvel album via une recherche d'images il y a un bout de temps déjà,et qu'ils m'ont tout de suite beaucoup plu.
Ce sont surtout eux qui m'intéressent, vu que j'ai du mal à accrocher à la musique...pour l'instant du moins (puis j'ai pas pu tout écouter non plus.

J'ai trouvé beaucoup de fan-arts et lu des commentaires de fans pour tenter de démêler toute l'histoire et j'ai compris ce qui se passait en gros, par exemple Idolfried (ça s'écrit Idolfreed en
fait?) est bien le père de la petite paysanne tombée dans le puits (et un père adorable semble-t-il)! Il paraît qu'il était un voyageur; il me reste à savoir comment il s'est débrouillé pour
dégringoler dans le puits... oO
En gros il ne me restait plus qu'à pouvoir assembler les pièces du puzzle et c'est ce que cet article a fait (j'avais pas du tout capté les références aux sept péchés capitaux)!
Et au fait, il me semble que Marchen (dah, ses cheveux

Helia 07/09/2013 22:27



Hum, il me semble qu’il existe déjà des analyses du scénario des albums de Sound Horizon quelque part sur le net (je ne me rappelle plus de l’adresse, ce qui est fort dommage). Pour ma part,
j’étais surtout fascinée par la structure, en effet. L’architecture musicale est assez admirable et les contes de fées sont assez sympathiquement revisités (quand ils le sont).


 


Ah, c’est vrai que le design attire l’œil et qu’il y a de super fanarts !


 


Par contre, ton commentaire a été coupé (c’est chose fréquente avec Overblog malheureusement, tu n’aurais pas utilisé le fameux sigle-interdit-qui-fait-tout-sauter ?), du coup il me manque
un gros bout, je pense ^^’.



Gen' 21/02/2012 22:40

Décidément, j'ai l'impression de passer à côté de la moitié de tes réponses lorsque je commente ici :')

D'après ce que tu me dis, le live est une étape obligatoire si je veux apprécier l'album à sa juste valeur. Je tâcherai de corriger ça, même si ça m'embête toujours un peu de voir des live en
vidéo. Le principe du live, c'est quand même un peu d'être vécu sur place, mais je n'ai pas vraiment le choix vu les probabilités que le groupe fasse une tournée par ici.

Mes commentaires sur l'album sont plus ou moins ceux d'un néophyte en terme de Sound Horizon, même si j'ai déjà écouté longuement quelques albums comme Moira. Manquait le fait de comprendre les
intentions de Revo. Le fait que tous ses travaux soient plus ou moins liés, même de manière tirée par les cheveux, est très appréciable je trouve, ça pousse à écouter la musique à différents
niveaux, voir à la réécouter plusieurs fois pour bien la cerner.

Au niveau des voix, ma prestation préférée est celle de Miki, mais Jimang semble aimer s'aventurer à des expériences intéressantes, le rendu sur Garasu no Hitsugi ne m'a pas dérangé, même en
sachant qu'il jouait le rôle d'une femme. En fait, ça ajoutait même au côté totalement déjanté de l'ensemble, avec un style qui fait dans l'excès au point qu'on se demande jusqu'où le morceau va
grimper !

Pour Kakei no Kajo, même en dehors de la production de Sound Horizon c'est une structure en trois temps vue et revue, mais pour une raison que la raison ignore j'y suis toujours sensible, que
veux-tu. Apparemment quelque soit l'album, les impressions sont diverses et très subjectives, le mieux est peut-être que je ne suive pas tes conseils à la lettre et que je me forge des impressions
en y plongeant à l'aveuglette. Jusqu'à un certain niveau en tout cas, puisqu'être accompagné de traductions pour bien suivre le déroulement de l'intrigue me semble être indispensable. Globalement,
j'ai l'impression qu'on parle plus de pièces de théâtre survitaminées que de musique en bonne et due forme :)

Helia 22/02/2012 14:28



« Décidément, j'ai l'impression de passer à côté de la moitié de tes réponses lorsque je commente ici » = Dois-je te le notifier sur Twitter quand je réponds à tes commentaires
8) ?


 


« D'après ce que tu me dis, le live est une étape obligatoire si je veux apprécier l'album à sa juste valeur. Je tâcherai de corriger ça, même si ça m'embête toujours un peu de voir des live
en vidéo. Le principe du live, c'est quand même un peu d'être vécu sur place, mais je n'ai pas vraiment le choix vu les probabilités que le groupe fasse une tournée par ici » = Les albums de
Sound Horizon ayant tous vocation depuis Elysion à être joués sous forme de spectacle, il me semble intéressant d’y jeter un œil, surtout que c’est la meilleure façon de comprendre un peu ce
qu’il se passe en l’absence de traduction. Et puis, leur dernier live est vraiment impressionnant, ça serait bête de passer à côté si tu as apprécié l’album.


(Et oui, il faudra se contenter du DVD pour compenser le fait que le groupe ne mettra peut-être jamais les pieds en France...)


 


« Mes commentaires sur l'album sont plus ou moins ceux d'un néophyte en terme de Sound Horizon, même si j'ai déjà écouté longuement quelques albums comme Moira » = Oh, tu avais déjà
écouté Moira donc ? Hum, vu ton silence sur le sujet, je suppose qu’il ne t’a pas fait beaucoup d’effets non plus. Trop de dialogues pour moi, trop de complications, et la musique ne profite
pas assez de l’avantage de la fragmentation.


 


« Manquait le fait de comprendre les intentions de Revo. Le fait que tous ses travaux soient plus ou moins liés, même de manière tirée par les cheveux, est très appréciable je trouve, ça
pousse à écouter la musique à différents niveaux, voir à la réécouter plusieurs fois pour bien la cerner » = Je trouve cela appréciable aussi mais davantage quand cela tient du bonus. Si
l’album t’es définitivement hermétique à cause des références aux autres travaux de Sound Horizon, c’est quand-même dommage, non ?



« mais Jimang semble aimer s'aventurer à des expériences intéressantes, le rendu sur Garasu no Hitsugi ne m'a pas dérangé, même en sachant qu'il jouait le rôle d'une femme. En fait, ça
ajoutait même au côté totalement déjanté de l'ensemble, avec un style qui fait dans l'excès au point qu'on se demande jusqu'où le morceau va grimper ! » = Garasu ? Kuroki Joshou no
Yado, tu veux dire ^^ ? Dans Garasu no Hitsugi de Nemuru Himegimi, il joue le miroir, le chasseur et un des nains. Je suis d’accord
sur le côté burlesque du morceau, cela dit en passant, il me semble que Revo est arrivé à canaliser parfaitement les caractéristiques des voix de chacun. Remi qui partait beaucoup trop dans les
aigus, de manière parfois désagréable, est devenu bien plus abordable grâce à l’astuce du dialecte qui la force à se concentrer sur ses paroles. Et Jimang qui verse dans le déjanté, paraît
parfait en travelo. De même pour Miki qui est sous-utilisée dans tous les rôles qu’on lui a confié jusque là (OST de Shiki et de Suite Precure) révèle beaucoup mieux son talent et Minami
Kuribayashi qui a besoin d’un cadre pour soutenir la cadence. On sent vraiment qu’il y a un équilibrage et que tout est à sa place.


 


« Pour Kakei no Kajo, même en dehors de la production de Sound Horizon c'est une structure en trois temps vue et revue, mais pour une raison que la raison ignore j'y suis toujours sensible,
que veux-tu » = Rien de mal à cela, je ne suis pas là pour juger de tes goûts =).


« Apparemment quelque soit l'album, les impressions sont diverses et très subjectives, le mieux est peut-être que je ne suive pas tes conseils à la lettre et que je me forge des impressions
en y plongeant à l'aveuglette. Jusqu'à un certain niveau en tout cas, puisqu'être accompagné de traductions pour bien suivre le déroulement de l'intrigue me semble être indispensable » = Mes
conseils ne sont justement pas très fermés pour te permettre de te faire ton avis sur tout. Mon ancien article sur Sound Horizon ne donne guère d’outils pour comprendre les pistes mais il y a des
vidéos, tu peux en regarder quelques unes et voir quel album est le plus susceptible de t’intéresser ^^.


 


« Globalement, j'ai l'impression qu'on parle plus de pièces de théâtre survitaminées que de musique en bonne et due forme » = C’est un peu ça. Je dirais même plus : ce sont des
comédies musicales. Sauf que le spectacle sort après l’album.



Viran 18/02/2012 00:35

Commentaire à retardement wouh! o/ (surtout motivé par le récent visionnage du live en fait).
Et bien et bien, c'est vrai que c'est dommage que cet article soit si peu fourni en commentaire, car personnellement l'écoute de cet album aura été un vrai coup de coeur! Riche, varié, surprenant,
passionnant (ça c'est surtout grâce à tes explications sur le sens des chansons, je sais pas trop s'il aurait eu le même impact si je n'avais pu comprendre de quoi ça parlait), et parfois émouvant,
le terme de cathédrale est vraiment approprié pour désigner cette oeuvre. Bref, Märchen ça déchire.
Après, toutes les chansons n'ont pas le même intérêt. J'avoue m'être pris une énorme baffe lors de la première écoute de Yoiyami no Uta, qui reste ma préférée de toutes. D'une densité incroyable,
bénéficiant d'un rythme et d'une tension ne se relâchant jamais ainsi qu'une cohérence constante malgré toutes les variations structurelles et les insertions de bouts de morceaux de classique, j'ai
vraiment été impressionné.
Mais les autres morceaux ne sont pas en reste, Haritsuke no Seijo et Gyouko no Uta suivant de près. Haritsuke, porté par la magnifique voix de Joelle (probablement ma préférée en terme de timbre et
de performance scénique, quoique Jimang huhuhu...) m'a vraiment ému, autant dans son chant que dans les passages parlés, ou encore par la crise d'Elise. Et puis quand suit Gyouko no Uta... la
sublime instrumentation des 45 premières secondes, le timbre déformé de Revo, la montée en puissance, puis l'arrêt net et brutal suivi des quelques mots, elle m'a vraiment donné des frissons et
clôt magnifiquement l'épopée qu'a été l'album.
Après ce podium, j'ai également été très surpris par Kuroki Joshou no Yado et Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido, mais d'une autre manière. Pour le dire simplement, ses deux pistes sont
particulièrement... jouissives. Kuroki Joshou no Yado possède deux grandes qualités, l'une d'avoir un passage chanté que j'ai absolument adoré, de 1:56 à 2:44 environ, quand au milieu de la guerre
REMI monte dans les aigus, j'admets avoir passé en boucle ce passage un nombre considérable de fois. Et puis surtout Jimang quoi. Jimang. C'est sûr qu'on ne reste pas indifférent face à ses
prestations, mais personnellement j'adore ses délires. J'avais déjà remarqué sa voix sur l'ending de Umineko no Naku Koro ni, et quelle ne fut pas ma surprise quand son passage a commencé!
Totalement grotesque et décomplexé (sa performance en live se passe juste de mots quoi), il donne pour moi tout son sel à la chanson en la faisant basculer dans le grand n'importe quoi, la chanson
devenant alors extrêmement fun et décalée. De son côté, Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido fait plutôt pas mal dans le décalage aussi, avec son orientation pop et sa chanteuse décidément très
enjouée. Mais comme ça reste de la pop de grande qualité quand même (et terriblement entraînante), et que l'album arrive à te prouver qu'il peut encore et toujours te surprendre au fil des pistes,
ba ça fait que j'ai bien pris mon pied sur la chanson.
Après, bien que je reconnaisse la qualité des autres titres, je dois avouer qu'ils m'ont quand même moins inspiré. La présence d'Akio Otsuka sur Aoki Hakushaku no Shiro ainsi que les bruitages des
différentes exécutions (et leurs illustrations dans le live) lui permet de se détacher, mais autrement elle ne m'a pas beaucoup marqué. La voix (et les talents d'actrice) de Tomoyo Kurosawa sur
Garasu no hitsugi de nemuru Himegimi m'ont assez gêné, ce qui a un peu pâti à mon appréciation et ce même si Miki se débrouille bien. Enfin, Kakei no Majo est lui aussi assez gâché par les enfants
(je suis d'accord là dessus), et Bara no tou de nemuru Himegimi ne m'a tout simplement pas autant enthousiasmé que le reste (pis faut avouer que je suis vraiment pas fan de Yume Suzuki, tant
pis).
Pour finir, le visionnage du live apporte également un bel ajout à l'expérience, car ils ont été furieusement inspiré! Au delà de sa qualité technique (musiciens et chanteurs assurent de bout en
bout c'est impressionnant), on ne peut que saluer l'inventivité et le souci du détail dont ils ont fait preuve pour restituer une vraie ambiance et transmettre leur passion. Alors même si parfois
ça fait un peu too much (Jimang mon héros), l'adhésion se fait quand même grâce à la facilité avec laquelle on rentre dans l'histoire.
Enfin bref, pour conclure un grand merci pour cette découverte qui m'aura bien enthousiasmé. Maintenant reste plus qu'à s'intéresser au reste de l'oeuvre de Sound Horizon, ce qui ne saurait tarder.

Helia 18/02/2012 19:57



Vaut mieux tard que jamais, comme on dit ! Je suis amplement satisfaite de voir que les quelques retours que j’ai sont positifs parce que c’est un album qui me tenait vraiment à cœur de
partager.


 


« Après, toutes les chansons n'ont pas le même intérêt » = Je suis d’accord mais j’ai l’impression que ça s’atténue avec le temps. A ma première écoute il y avait des pistes qui me
laissaient totalement indifférente et que j’ai maintenant appris à aimer. Donc qui sait, peut-être que dans plusieurs mois telle chanson que tu ne pouvais pas supporter dégagera un charme
nouveau.


 


« J'avoue m'être pris une énorme baffe lors de la première écoute de Yoiyami no Uta, qui reste ma préférée de toutes. D'une densité incroyable, bénéficiant d'un rythme et d'une tension ne se
relâchant jamais ainsi qu'une cohérence constante malgré toutes les variations structurelles et les insertions de bouts de morceaux de classique, j'ai vraiment été impressionné » = C’est à
peu de choses près ce que j’ai ressenti. Revo a pris l’habitude dans Elysion, Roman et Moira de débuter ses albums de la manière la plus percutante possible (il a bien compris que c’était sur
cette première impression que se baserait le gros de la curiosité de l’auditeur, le bougre) mais jamais ça n’avait été aussi explosif, on peut dire qu’il s’est surpassé !


 


« Mais les autres morceaux ne sont pas en reste, Haritsuke no Seijo et Gyouko no Uta suivant de près » = Au départ je les aimais moins et puis Joelle a finit par conquérir mon cœur
petit à petit. Je crois que c’est vraiment le fait de connaître les paroles, en fait, vu que ces deux chansons sont celles qui essayent de te tirer des larmes et d’achever l’histoire sur un final
tonitruant. Quand tu ne comprends pas ce qu’il se passe, tu passes forcément un peu à côté des émotions =x.


 


« Et puis surtout Jimang quoi. Jimang. C'est sûr qu'on ne reste pas indifférent face à ses prestations, mais personnellement j'adore ses délires. J'avais déjà remarqué sa voix sur l'ending
de Umineko no Naku Koro ni, et quelle ne fut pas ma surprise quand son passage a commencé! Totalement grotesque et décomplexé (sa performance en live se passe juste de mots quoi), il donne pour
moi tout son sel à la chanson en la faisant basculer dans le grand n'importe quoi, la chanson devenant alors extrêmement fun et décalée » = Jimang fait partie de Sound Horizon depuis le tout
début ou presque, il était présent à l’ère Aramary et malgré sa voix un peu particulière, je crois que Revo le garde surtout parce que c’est un sacré boute-en-train et que les fans adorent le
voir faire le pitre sur scène. Personnellement ma surprise a été inverse puisque je connaissais Sound Horizon avant de regarder l’anime d’Umineko. J’ai trouvé ça assez rigolo de l’entendre dans
l’ending, ça cadrait très bien avec le contexte, mais j’ai toujours autant de mal avec ses performances en général. Son timbre est très particulier, je le trouve assez désagréable. Tant qu’il
joue des rôles secondaires et comiques, ça passe, mais c’est quand il est le chanteur principal que ça coince.


N’empêche que, Jimang en travelo, best idée ever \o/.


 


« La présence d'Akio Otsuka sur Aoki Hakushaku no Shiro ainsi que les bruitages des différentes exécutions (et leurs illustrations dans le live) lui permet de se détacher, mais autrement
elle ne m'a pas beaucoup marqué » = C’était comme ça pour moi aussi au départ et puis, finalement, j’ai fini par beaucoup apprécié le chant de Minami Kuribayashi. L’histoire en elle-même est
très touchante.


 


« La voix (et les talents d'actrice) de Tomoyo Kurosawa sur Garasu no hitsugi de nemuru Himegimi m'ont assez gêné, ce qui a un peu pâti à mon appréciation et ce même si Miki se débrouille
bien » = Ah, ça ne m’étonne pas. Visiblement pas mal de monde éprouve des difficultés avec sa voix haut perché. Personnellement j’ai fini par m’y habituer. Mais toujours pas pour Hänsel et
Gretel, va comprendre...


 


« Bara no tou de nemuru Himegimi ne m'a tout simplement pas autant enthousiasmé que le reste (pis faut avouer que je suis vraiment pas fan de Yume Suzuki, tant pis) » = Ahah, pas de
petit coup de cœur envers son jeu de prince charmant donc. Elle le fait tellement bien pourtant XD.


 


« Pour finir, le visionnage du live apporte également un bel ajout à l'expérience, car ils ont été furieusement inspiré ! Au delà de sa qualité technique (musiciens et chanteurs assurent de
bout en bout c'est impressionnant), on ne peut que saluer l'inventivité et le souci du détail dont ils ont fait preuve pour restituer une vraie ambiance et transmettre leur passion. Alors même si
parfois ça fait un peu too much (Jimang mon héros), l'adhésion se fait quand même grâce à la facilité avec laquelle on rentre dans l'histoire » = Depuis que Sound Horizon commence à acquérir
du succès au Japon, ils ont plus de moyens et leurs lives deviennent de plus en plus épiques. Pour avoir regardé ceux de Elysion, Seisen no Iberia, Roman et Moira auparavant, je ne peux que
constater l’évolution. C’est de loin leur spectacle le plus énorme et le plus impressionnant. Un ‘must see’ quand on a aimé l’album. Et puis Thérèse sur sa croix m’aura furieusement
marqué...



Gen' 08/02/2012 22:01

Wow.

C'est criminel que personne n'ait pris le temps de commenter ce billet. Ça m'a pris un peu de temps pour écouter tous ces morceaux, et j'ai lu les paragraphes au fur et à mesure... Et quelle claque
! J'avais déjà entendu des pistes signées Sound Horizon, que j'avais bien appréciées hors de leur contexte, mais là ça n'a strictement rien à voir. Avec tes éclaircissement vis à vis des histoires
que racontent les morceaux et de ce qui relie l'album entier, c'est une totale redécouverte. J'ai toujours trouvé les passages parlés assez gênants puisque je ne les comprenait jamais entièrement,
et les morceaux assez déliés musicalement parlant. Là pour le coup, tout s'explique, je ne pensais même pas que les albums de Sound Horizon pouvaient briller par tant de cohérence. Bref, j'en suis
encore tout ému, tu m'as permis de découvrir réellement le groupe et leurs productions alors que je n'en avais qu'une vague idée jusque là. Je n'écouterai plus jamais un de leurs morceaux sous le
même jour, du coup...

Au niveau des pistes en elles-mêmes, j'ai un peu de mal à être objectifs après un tel cheminement, mais j'en ai retenu pas mal de passages marquants. Le fait de les rattacher à des personnages et
des évènements bien distincts a vraiment bouleversé ma manière de les écouter, Kakei no Majo m'a particulièrement touché par exemple, notamment la mélodie toute simple du début chantée par la voix
cristalline de Kanami Ayano. J'ai un point de vue assez différent du tiens, puisque malgré la construction très classique du passage sous forme de valse, le passage a réussit à me coller les larmes
aux yeux. Je suis toujours très sensible à ce modèle de tempo qui accompagne des pas de danse caractéristiques, et là c'était très joliement maîtrisé. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre le
déroulement de l'histoire au fil du morceau, et même les enfants ne m'ont pas semblé être si agaçants au final, même si on voit vite les ficelles du conte. Et puis je sais pas, je me suis même
plutôt attaché au personnage de la nonne au final, et j'aime cette manière de faire passer les enfants pour les réels "méchants" de l'histoire pour le malheur de cette pauvre vieille dame qui avait
surtout l'air de voulori faire plaisir à ces petits-enfants de rechange :')

Le piste dédiée à l'avarice réussit à être très burlesque jusque dans son horreur, et finalement très drôle jusqu'au moment où la situation devient totalement hors de contrôle. J'imagine un peu une
auberge dui sert de la tripaille de pendu dans toutes ses assiettes, jusqu'à pendre ses propres serveuses pour servir ses restes lorsque les gibets sont vides. Là pas de doute, l'aubergiste mérite
ce qu'il lui arrive, mon petit doigt me dit que c'est elle qui pourrait finir sur une table, une pomme dans la bouche. On reste dans le conte sanglant, mais le côté comique est rafraîchissant. Le
morceau dédié à Blanche-Neige a un côté "fou fou" qui ne me laisse pas indifférent aussi, le morceau va à cent à l'heure, trop vite pour qu'on arrive à le suivre presque. Je lui trouve même un
léger air hispanique avec tous ces coups de guitare, ça donne l'impression que les personnages jouent une pièce de théâtre aussi rapidement qu'ils le peuvent en renversant le décors et les
accessoires un peu partout (et on entend même le son du public à la totue fin du morceau).

Ah ah, le côté pop rock de Sei to Shi wo wakatsu Kyoukai no Furuido est très sympa, je comprends comment on peut être trompé par l'allure du morceau à la première écoute. L'éternelle intervention
de Märchen qui apporte la vengeance devient un enchantement au fil des morceaux, à tous les coups c'est le début d'un final explosif. J'ai un peu l'impression que le garçon Albinos tent tant bien
que mal de faire le bien autour de lui pour compenser le drame qu'il a vécu et qui ne connaîtra pas de happy end, mais qu'il s'y prend simplement très mal. Ou alors c'est la part du contrat
qu'Idolfreed avait volontairement passée sous silence au moment de conclure le pacte avec le garçon mourrant :p

Les morceaux passent décidément très vite lorsqu'on prend le temps de s'intéresser à ce qu'ils racontent. La flûte et les cordes donnent un petit côté Kajiuresque à la piste sur l'orgueil, sur
certains passages on s'imagine très nettement la cour du château et les suivants qui s'extasient devant la princesse née. Le duel qui suit est plutôt jouissif avant que le rythme ne retombe au
moment où la princesse se pique ("Hi hi hi hi hi..."). Et le prince charmant de débarquer sur son cheval blanc accompagné de ses grands airs, priceless. Le passage qui lui parle de la princess
endormie est particulièrement agréable d'ailleurs, avec ces sonorités cristallines lointaines. Puis il chevauche, le bougre ! Au vu du final, difficile d'affirmer que le plan a fonctionné comme sur
des roulettes cette fois.

Sympa l'orgue dans la piste sur la luxure. Le passage rock souligné au violon est particulièrement plaisant, avant que la folie de Barbe-Bleue prenne le dessus avec tous les bruits forts agréables
qui vont avec (ce déchaînement...). Et j'aime décidément beaucoup ce petit motif d'orgue qui fait son retour, jusqu'à l'arrivée de notre albinos revenant (tiens, amusant les coups de boite à
musique qui introduisent la partie "vengeance"). Oh, et les choeurs sont plutôt idéals pour simuler la surprise de la nouvelle femme au vu du spectacle qui se cache derrière la porte, encore une
joyeuse mascarade. Une page se tourne, à la toute fin du morceau ? On sent qu'on touche à la conclusion de l'histoire dans le morceau suivant, les airs dramatiques et grandiloquents de la musique
accompagnent bien le sort tragique d'Elizabeth, la musique est pour le coup moins portée sur la surenchère cette fois-ci. J'aime beaucoup la tournure déchirante que prend la musique après
l'intervention de Märchen, résignée, d'un calme infini, avec des cordes stridentes assez superbes qui sonnent dans la nuit. Peut-être que notre bon viel albinos aurait dû accepter son sort et
laisser son esprit et celui de sa mère reposer en paix, eux aussi. Une conclusion de circonstance, les cris de la poupée en fin de morceau ajoutent à la puissance à l'ensemble, la piste est l'une
de mes préférées.

Ah, la simplicité touchante des instruments du dernier morceau, et ces pas nonchalants qui ne savent plus vraiment où aller. Märchen se rend compte que tout ça était vain, on sent aussi nettement
la musique qui s'élève petit à petit vers la "lumière", comme si le jeune garçon acceptait finalement son sort. Les tambours ont vraiment un petit quelque chose de très accrocheur, un air déterminé
et résolu. Et puis tous ces rires donnent l'impression que malgré tout ce qui a pu se passer, les demoiselles précédemment rencontrées ont finalement trouvé la même paix d'esprit que Märchen et
Elizabeth, ils sont allé de l'avant. Et puis brusquement le silence, et le livre est clos. La dernière piste est finalement assez courte, et moins furieusement déjantée que les autres, mais elle
apporte un joli point final plein de sensibilité et d'honnêteté à un spectacle riche en rebondissements. C'était comme un bon film, des passages que j'apprécie et qui m'ont marqué indépendamment
des morceaux eux-mêmes. En terme de narration, je crois que je retiendrai un petit moment le "Non" ferme d'Elizabeth, qui met un terme à la folie désespérée de Märchen. J'apprécie.

Après tout ça je crois que je commence à comprendre ce que Sound Horizon a de si particulier, et pourquoi leur travail est tant apprécié. Je vais me procurer cet album d'urgence pour le réécouter à
loisir, merci pour cette très belle découverte, je pense que je vais aussi me pencher sur les autres albums de Sound Horizon, c'est tout bêtement eux que tu m'as fait redécouvrir au travers de cet
album. Ça fait longtemps que je ne m'étais pas pris une petite claque musicale, c'est rafraîchissant :)

Helia 12/02/2012 22:42



« Wow. C'est criminel que personne n'ait pris le temps de commenter ce billet » = En effet, c’est plus que regrettable que personne n’ait manifesté son adhésion à Märchen, mais
heureusement tu es là pour compenser : ton commentaire en vaut bien deux ou trois, je peux désormais mourir en paix :p.


 


« Ça m'a pris un peu de temps pour écouter tous ces morceaux » = C’est l’inconvénient majeur avec Sound Horizon, les pistes peuvent parfois être très longues et très denses, ce qui te
force à réécouter plusieurs fois afin de ne passer à côté d’aucune scène et de mieux suivre l’histoire.


 


Je suis très contente d’arriver à partager un peu ma découverte, les fans de Sound Horizon se font plutôt discrets, j’ai l’impression. Pourtant cet album est une véritable cathédrale, il
mériterait à être davantage connu.


 


« J'ai toujours trouvé les passages parlés assez gênants puisque je ne les comprenais jamais entièrement, et les morceaux assez déliés musicalement parlant » = ça a toujours été mon
handicap avec les histoires précédentes, je ne captais que la moitié de ce qui se passait, c’était très frustrant. La popularité grandissante du groupe permet heureusement de voir se développer
des traductions. Par contre, j’avoue que même en suivant l’album avec une traduction à côté, j’ai toujours du mal avec Moira et que Revo a tendance à composer des récits incompréhensibles parce
qu’inutilement complexes et mystérieux. Märchen a un côté comme ça aussi mais il est plus « light », on peut passer à côté des éléments « secrets » et l’apprécier quand-même.


 


A propos d’éléments secrets, je peux te les lister si tu as envie de te prendre la tête :


_ceux qui ont balancé März dans le puits s’appellent Hans et Tom...comme Hänsel et son pote Thomas de Kakei no Majo (ils se donnent ces surnoms)


_ Barbe-Bleue explique qu’il se venge de la mort de sa mère...brûlée pour sorcellerie (Thérèse ?)


_plusieurs pistes mentionnent la peste advenue à cause d’un puits (ce serait à cause de la mort d’Idolfreed dont le cadavre pourrit tout au fond), or des puits il y en a au moins deux dans
l’histoire


_Sascha, le narrateur allemand, ne cesse de répéter que la vengeance est un cercle infernal qui se répète inexorablement et que tout se déforme.


_Anne-Lise serait la véritable mère de März vu que dans Kanojo ga Majou ni natta riyuu elle se plaint du corps défaillant de son bébé et du fait qu’il est rejeté par son père pour cela. Or
Thérèse dit non seulement qu’elle est la sœur d’Anne-Lise...mais la mère de März quand-même


Revo aime rendre fous ses fans mais je trouve qu’il y va souvent trop fort. Si une piste n’est pas un minimum claire et que tout repose sur la force que revêt le récit, c’est dur de rentrer dans
le délire.


 


« Kakei no Majo m'a particulièrement touché par exemple, notamment la mélodie toute simple du début chantée par la voix cristalline de Kanami Ayano » = Bah, tant mieux si sa voix te
plaît XD. Y a des trucs comme ça (c’est comme pour Jimang) quand ça veut pas, ça veut pas. Je sais qu’il y a des gens qui n’aiment pas Rikki alors que moi j’aime bien son timbre, par exemple.


 


« J'ai un point de vue assez différent du tiens, puisque malgré la construction très classique du passage sous forme de valse, le passage a réussit à me coller les larmes aux yeux. Je suis
toujours très sensible à ce modèle de tempo qui accompagne des pas de danse caractéristiques, et là c'était très joliment maîtrisé » =  Le problème de cette piste c’est
qu’elle s’inspire trop de structures déjà utilisées par Revo dans différents albums. L’introduction rappelle Majo to Rafurentse de l’album Elysion, le passage calme certains bouts de Roman et la
partie plus vive Ishidatami no Akai Akuma du mini-album Seisen no Iberia. Des morceaux que j’aime beaucoup. Du coup j’ai du mal à accrocher parce que ça me paraît un peu trop proche de ces
mélodies sans approcher le même impact. Un peu trop « ersatz » d’une certaine façon.


 


« même les enfants ne m'ont pas semblé être si agaçants au final » = Arg, moi si ; je trouve leur voix beaucoup trop haut perchée et nasillarde, je supporte pas (et puis le
« Onii-chan » me sort par les narines), ça me donne envie de zapper Kakei no Majo de ma playlist à chaque fois parce que je sais qu’ils seront là, prêts à m’agresser les oreilles X).
C’est con, je sais...


 


« Et puis je sais pas, je me suis même plutôt attaché au personnage de la nonne au final » = J’ai pas réussi par que pour moi « la nonne » reste la fille de Baroque de l’album
Elysion bien que cette piste soit très particulière (longue, lente, parlée plus que chantée, uniquement à l’orgue) et pas forcément agréable. Je sais pas, j’avais trouvé sa confession
intéressante (son histoire c’est qu’elle est tombée amoureuse d’une autre demoiselle et qu’elle est devenue folle de rage de voir ses sentiments rejetés, ce qui l’a poussé à commettre
l’irréparable).


 


« j'aime cette manière de faire passer les enfants pour les réels "méchants" de l'histoire pour le malheur de cette pauvre vieille dame qui avait surtout l'air de vouloir faire plaisir à ces
petits-enfants de rechange » = Pareil. Je me suis sentie toute désolée pour Miki qui jouait quand-même drôlement bien le regret. Elle peut moduler sa voix de manière impressionnante et ça se
voit dans le live.


 


« La piste dédiée à l'avarice réussit à être très burlesque jusque dans son horreur, et finalement très drôle jusqu'au moment où la situation devient totalement hors de contrôle » = Je
pense que tu décris à merveille l’ambiance qui s’en dégage. La seconde partie bascule tellement vite du comique à l’horreur qu’on a l’impression que quelque chose a dérapé. D’ailleurs que dis-tu
de la performance de Jimang ?


 


« ça donne l'impression que les personnages jouent une pièce de théâtre aussi rapidement qu'ils le peuvent en renversant le décors et les accessoires un peu partout (et on entend même le son
du public à la toute fin du morceau) » = C’est un peu ce qu’il se passe sur scène lors du live, ils ont été particulièrement inventifs pour mimer les décors. Les lives de Sound Horizon sont
toujours de grands spectacles, très impressionnants, je te recommande d’y jeter un coup d’œil si tu en as l’occasion.


(Mais le public en question est en réalité constitué des invités au mariage de Blanche-Neige, elle a une façon très particulière de mettre l’ambiance, dis donc)



Pour la suite de ta critique, je ne vois pas grand-chose à ajouter en fait, je suis d’accord à peu près sur tout :x.


 


« En termes de narration, je crois que je retiendrai un petit moment le "Non" ferme d'Elizabeth, qui met un terme à la folie désespérée de Märchen. J'apprécie » = Bizarrement, moi c’est
son jeu de scène qui m’a surtout marquée. Dans le live, elle marque un temps d’arrêt au moment de suivre le domestique jusqu’à son père (la piste qui lui est dédiée dans le prologue), et son
visage a une expression tellement douloureuse et résignée, comme si elle voulait dire quelque chose et ne le pouvait. Je trouve que ça rend sa tirade dans Haritsuke no Seijo encore plus poignante
(ce morceau est clairement destiné à te faire pleurer, Revo est un sadique).


 


« je pense que je vais aussi me pencher sur les autres albums de Sound Horizon, c'est tout bêtement eux que tu m'as fait redécouvrir au travers de cet album » = Le truc c’est que les
albums de Sound Horizon sont très hétérogènes, du coup tu es pratiquement obligée de réapprendre à aimer la musique à chaque fois =’).


 


Les travaux avant Elysion ~ Rakuen Gensou Monogatari Kumikyoku sont relativement oubliable, même si j’aime bien Thanatos. Il marque vraiment l’apogée de l’ère Aramary (c’était la seule chanteuse
à l’époque), Seisen no Iberia est très bref mais très intense -le style étant justement plutôt hispanique-, Roman est très hétéroclite (j’aime beaucoup les 3 premières pistes, le reste oscille
entre des styles et des passages que j’affectionne moins) et Moira aura été une énorme déception pour moi. Bizarrement j’ai entendu beaucoup de fans de Sound Horizon se plaindre de Märchen et
affirmer que Moira est le chef-d’œuvre de Revo. Je suppose qu’il faut aimer. A toi de voir où tu souhaites piocher.


 


« Ça fait longtemps que je ne m'étais pas pris une petite claque musicale, c'est rafraîchissant » = Je me suis fais une réflexion similaire lors de ma première écoute. C’est bon de se
laisser encore surprendre ^^.



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