1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 19:05

Il y a quelques temps déjà je mentionnais Yume Nikki, un jeu découvert par hasard (mais tout n’est-il pas découvert par hasard ?) et à la beauté obsédante. L’expérience finie, je n’y avais pas réellement retouché mais je gardais ça sur un coin de mon bureau, au cas où, si un jour j’avais envie de m’y replonger (ce qui n’est pas anodin quand on sait que j’ai tendance à désinstaller systématiquement un VN une fois l’histoire achevée). Et puis je suis tombée sur des vidéos où des petits gars testaient l’expérience en live et presque sans préparation. C’était très drôle de les regarder buter devant le moindre obstacle (se faire chopper par la moindre Toriningen qui passe, tourner en rond parce qu’ils n’ont pas immédiatement réalisé que le décor était une boucle) en tant que « celle qui sait » mais surtout très intéressant d’analyser leurs réactions à chaud, leurs cris, leurs exclamations (généralement des « WTF ??? » en série), à tel point que je me suis rendue compte que Yume Nikki me manquait un peu. J’ai voulu relancer une partie mais la magie n’était pas la même, c’était un univers connu, l’effet de surprise initial était un peu passé et je me suis dis que j’avais peut-être besoin de trouver un jeu similaire mais possédant encore le charme de l’inconnu. C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers les fangames issus de l’univers de Yume Nikki. Si la production de suites spirituelles directes et indirectes est énorme, tous ces jeux sont malheureusement restés en japonais et n’ont guère percé jusqu’à nous. Les deux plus connus restant Yume 2kki (un jeu de mot, 2 se prononçant « ni » en japonais) encore à l’état de développement et .flow le seul à être clairement trouvable en anglais (en gros le seul qu’on ne galère pas à installer et à faire fonctionner). Et ça tombe bien parce que si ce dernier a bénéficié d’une traduction c’est probablement parce qu’il s’agit du plus intéressant du lot...

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  De gauche à droite : Urotsuki (Yume 2kki), Madotsuki (Yume Nikki) et Sabitsuki (.flow) avec leurs armes respectives


How come I must know where obsession needs to go ?

Contrairement à Yume Nikki, vous ne commencez pas directement dans votre chambre avec de sommaires instructions, non, vous êtes d’abord plongés dans la confusion en voyant le personnage sur un fond noir tressautant et parcouru de bruits blancs. Une fois que vous avez compris qu’il fallait appuyer sur espace pour terminer cette entrée en matière inquiétante, on reprend en terrain connu (sauf que les instructions il faut aller les chercher dans l’inventaire, le développeur avait probablement estimé que le joueur connaissait déjà les mécanismes du jeu). Cependant si vous avez prêté un œil attentif à cette séquence, vous aurez remarqué que la nouvelle héroïne, Sabitsuki (« recouvert par la rouille » en japonais) se mue en Madotsuki l’espace de quelques secondes. Le sens de cette scène demeure obscur.

 

Au début .flow semble bien avoir beaucoup emprunté à Yume Nikki dans le principe -l’héroïne doit s’endormir pour parcourir le monde des rêves, se pincer pour se réveiller, explore un Nexus pour découvrir des effets (certains ont été remaniés, ainsi le balai vous transforme en une version chibi de Kiki la sorcière et vous permet de vous déplacer plus rapidement en lieu et place de la bicyclette qui a probablement été jugée moins classe) et est parfois pourchassée par des créatures qui veulent l’enfermer, ici les Kaibutsu, des sortes de zombies blancs dégoulinant de sang au rire machiavélique- comme dans l’esthétique (la salle néon, la neige, le monde Famicon, les quais), c’est pour mieux le pervertir dans tous les sens possibles et imaginables...Mais pour le moment commençons par le commencement, parce qu’il va y en avoir des choses à dire !

 

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Frozen Synapse

Il y a une chose que .flow fait très bien par rapport à d’autres fangames c’est s’émanciper du jeu original à travers une foule de petits détails, le plus insignifiant étant du point de vue technique le transfert lit-bureau (cette fois on sauve dans son lit et on va dans le monde des rêves via l’ordinateur, ce qui est un choix assez particulier et un chouilla superficiel à mon goût).

 

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Par exemple, le Nexus. Pour donner vie à ce lieu-clé, .flow évite le copy-pasta pur et simple des portes disposées en rond et les représentations classiques d’objets qui représentent le contenu de leurs mondes respectifs (dans Yume 2kki le Nexus est à la fois moche et artificiel, ce qui est franchement dommage) pour montrer un endroit totalement vide, à l’exception de la porte de sortie (l’ordinateur a donc une porte ?) et parcouru par des sortes de synapses qui changent parfois de couleur. L’effet est flippant, on a vraiment l’impression d’entrer dans la tête de l’héroïne et ça colle bien avec le thème. A partir de là il y a quatre directions possibles : nord, est, sud et ouest. Contrairement à Yume 2kki (c’est un peu mon modèle de référence) qui a tendance à prolonger artificiellement l’espace des différents mondes afin qu’on se sente perdu (copier-coller le même couloir 3 fois de suite pour le rendre plus long est une très bonne idée pour agacer le joueur), .flow reste relativement modeste sur l’étendue de sa surface mais la soigne et la parsème du même genre d’idées qui ont fait le charme de Yume Nikki, de PNJs marquants comme la petite Oreko, une fillette munie d’un scaphandre orange pétante qui passe son temps à bricoler, ou encore le très bien nommé Smile aussi terrifiant qu’intriguant. Il n’y en a pas autant, l’espace est même un peu plus petit, mais ça tient parfaitement la route. En un sens l’expérience est moins frustrante parce qu’il n’est pas trop difficile de se frayer un chemin à travers les différents labyrinthes, toute somme assez simplistes en comparaison du Teleport Maze de Yume Nikki par exemple.

 

.flow a bien compris qu’il fallait surtout s’appuyer en priorité, non pas sur l’immensité mais plutôt sur l’ambiance sonore. La musique du jeu est quasiment un sans fautes : tous les thèmes mélodiques sont très courts mais ne prennent jamais le crâne (contrairement à la musique d’intro du menu de Yume Nikki par exemple). La palette oscille surtout entre l’horreur et le mélancolique, mais toujours en gardant ce côté épuré et minimaliste, majoritairement des tintements mécaniques. Des pistes comme celle du domaine des cendres qui est une boucle au piano sonnant un peu comme un requiem ou celle du jardin fantomatique procurent un sentiment de relaxation alors mêmes qu’elles sont un peu tristes. Même la piste qui se joue lors de l’excursion à « Parade » a toujours un peu ce double aspect. Plus généralement ce sont les bruitages qui sont parfaitement réalisés (le rire des Kaibutsu, le son des clochettes quand on touche une fleur « magique ») et adéquats avec l’univers, ce qui aide énormément à l’immersion.

 

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Serial Experiments Lain rencontre Alien Nine

Toujours contrairement à Yume 2kki (qui n’est pas forcément un mauvais jeu pour autant), .flow a l’avantage de rester cohérent. C'est-à-dire qu’on ne visite pas des mondes complètement déconnectés les uns des autres sans aucun rapport. Comme dans le jeu original il y a des motifs récurrents : les fleurs blanches (du muguet ?), le thème du corps, de la pourriture/rouille, la déformation, la fascination du sang, reviennent avec autant d’insistance que les figures Mayas de Madotsuki. Avec plus de force peut-être dans le sens où .flow laisse transparaître énormément d’indices sur l’histoire de Sabitsuki. On peut ainsi visiter un hôpital traversé par des câbles où se dandinent des crochets, comme pour faire le rapprochement avec l’abattoir, où se meuvent des enfants malades en très très mauvais état parfois rongés par des plantes, ailleurs un simple chemin composé de bleu et de rouge clignotants figurent le schéma cardiaque, encore plus loin dans le monde de chair, les murs sanguinolents s’agitent frénétiquement dans des pulsations violentes et les couloirs ressemblent à des intestins baignés d’acide. A noter que Sabitsuki peut se rencontrer elle-même dans le passé puisqu’une petite fille aux cheveux de neige se trouve justement dans un des lits de l’hôpital et que son état de santé oscille selon vos actions (ça va de « santé passable » à « cadavre sur pattes » en passant par « absolument en train de se décomposer », ben oui ce serait tellement moins drôle que vous arriviez à améliorer sa condition physique). N’oublions pas non plus ces fameuses Kaibutsu, des adolescentes en uniforme atrocement défigurées. Je pense qu’il n’est pas exagéré de les redouter plus que les Toriningens dans le sens où leur rire donne des frissons et qu’elles ressemblent toutes étrangement à l’héroïne, ce qui donne le désagréable effet de se retrouver face à une version démente de soi-même.  Et il y a Rust mais ça c’est la cerise sur le gâteau. Ce que je voulais surtout démonter c’est que .flow arrivait à acquérir sa propre personnalité et à se détacher du statut de « clone de Yume Nikki ». En outre c’est un jeu bien plus tourné vers l’horreur...

 

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Flowbeet

Ce serait difficile de vous décrire .flow davantage sans gâcher le plaisir de la découverte alors je suis un peu obligée d’effleurer le sujet mais sachez que le jeu s’amuse à littéralement violer certains principes de Yume Nikki qu’on croyait définitivement acquis (au point où on peut se demander si les allusions constantes telles que la scène de vol sur un balai et l’effet Bras ne sont pas juste des leurres pour nous piéger). Ne vous laissez pas berner par les premières minutes si elles sont gentillettes (personnellement durant ces dites premières minutes j’étais dans un monde d’étoiles tout calme et tout mignon avec un inoffensif bonhomme qui pêchait, j’ai voulu me pencher vers lui et je suis tombée en enfer au milieu des cadavres).

 

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Oups, je savais bien que j'aurais pas dû toucher à cette guillotine...

 

Par exemple, si vous pensez que la frontière entre réalité et rêve est imperméable, vous vous plongez gravement le doigt dans l’œil car ce que le jeu ne vous dit pas c’est que certaines de vos actions ont des conséquences sur la Sabitsuki du monde réel. S’engage donc un manège totalement pervers qui fait que pour en savoir plus sur l’univers de .flow vous êtes obligés d’explorer certains endroits et de débloquer certains évènements (un peu comme Uboa dans Yume Nikki mais en moins casse-pied à enclencher) mais que plus vous vous aventurez dans les méandres de l’histoire, plus le taux d’érosion monte et plus le taux d’érosion monte plus Sabitsuki se trouve dans un état critique. Qu’il soit physique ou mental c’est à chacun de se faire son opinion mais ce qui est sûr c’est que le jeu vous force en quelques sorts à condamner l’héroïne là où Yume Nikki vous laissait dans une position plus neutre. En clair ce n’était pas de votre faute s’il arrivait malheur à Madotsuki alors que si Sabitsuki va mal c’est clairement parce que vous avez insisté. Pour connaître son taux d’érosion c’est assez simple, il suffit de regarder la chambre de l’héroïne, si elle change la fin est proche...

 

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La chambre de Sabitsuki vers la fin du jeu, Valérie Damidot est passée par là !

 

L’autre perversion réside dans les différentes fins. Car oui, .flow a trois fins. En réalité c’est un stratagème puisque la première, déblocable dès les 24 effets obtenus, joue clairement sur la clôture de Yume Nikki en restant sur des sous-entendus et que la deuxième, déblocable après avoir supprimé tous les effets, vient la contredire en apportant un élément bizarre. Ce sont des versions incomplètes car contrairement à ce qu’on pourrait croire le jeu est loin d’être fini après avoir rassemblé les effets (un bon conseil n’écrasez pas votre partie lorsque vous les avez abandonnés, vous pourriez en avoir besoin) : il y a encore le chapitre de Rust. Ce n’est qu’après avoir complété une certaine mission que vous pourrez admirer ce qui arrive véritablement à Sabitsuki et savourer tout le WTF qui dégouline de la scène. .flow se conclue alors sur une musique juste mémorable, une boucle rythmée et obsédante où se croisent quelques rires malsains qui traduit à merveille la noirceur de l’expérience.

 

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\!/ Maintenant que la présentation est finie, je pense que je peux me livrer à une analyse approfondie. Attention, spoilers en approche \!/

 

Reminiscences

A flow = un flux, un écoulement. To flow = jaillir, s’écouler, se répandre. Je ne sais pas exactement pourquoi ce titre a été choisi ni si « lol », le concepteur du jeu, avait un but particulier en tête mais pour moi c’est le verbe « se répandre » qui traduirait le mieux l’esprit de cette aventure car tout tourne autour de la notion de contamination. Comme dans Yume Nikki on a bien affaire à une jeune fille qui se cloître dans sa chambre, refusant vigoureusement d’avoir le moindre contact avec le monde extérieur, et s’évade dans ses rêves, sauf qu’au lieu de s’arrêter à ce motif déjà universel et imposant, .flow nous montre que quoi que puisse faire l’héroïne, la réalité la rattrapera toujours. J'ignore si Sabitsuki était censé vouloir oublier en se connectant via son ordinateur à ce drôle de monde parallèle mais en tout cas c’est impossible. Même en pleine mélancolie, en déambulant dans ces paysages déserts (certains ont dis qu'ils étaient les reflets d’une enfance heureuse) souvent vêtue de ce déguisement de sorcière enfantin, il finit par y avoir du sang quelque part. Comme dans Yume Nikki abandonner les effets représente un peu une sorte d’adieu à l’imaginaire, on fait une croix sur tous ces pouvoirs magiques rigolos (ou pas) pour retourner enfin dans la réalité. Madotsuki se jette par-dessus le balcon peut-être pour s’assurer que le rêve dure toujours, mais pour Sabitsuki c’est moins simple.

 

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Durant tout le déroulement de .flow, Sabitsuki était parfois attaquée par une Kaibutsu et se retrouvait dans une impasse, mais cela n’allait jamais plus loin sinon dans lors d’events comme celui du bar, le Sugar Hole, où son agressivité se retourne contre elle, et trois autres, trois lieux en particuliers à l’importance capitale : l’école où se trouve Smile, surtout en version corrompue, où des Kaibutsu identiques à Sabitsuki en uniforme l’attaquent, le monde de chair où des silhouettes en robe bleue explosent avec violence (des personnes ont compris ces filles étranges comme une allégorie du cancer, on pourrait aussi les penser comme les défenses immunitaires de l’héroïne ou bien autre chose) et l’hôpital qui est liée à cette fameuse salle blanche couverte de sang. Comme par hasard ces trois lieux sont directement ou indirectement en rapport avec un event et on y trouve les deux premières boîtes vides du chapitre de Rust (l’hôpital et la chair se recoupent, ce qui fait sens au fond), la dernière étant dans le laboratoire secret d’Oreko (on peut se dire que c’est assez logique : le mécanique est le pendant de l’organique). A la fin de ces trois events, Sabitsuki finit irrémédiablement par être tuée et se réveille soit dans son lit, soit autre part dans le monde des rêves. C’est la principale cause de l’augmentation du taux d’érosion qui asperge la chambre réelle de sang, cette dernière se fait alors le miroir de l’héroïne et dévoile au joueur tout ce que le corps de Sabitsuki cachait jusqu’à présent, c’est-à-dire le fait que sa condition empire. Le chapitre de Rust a ceci d’atroce que désormais la jeune fille se retrouve totalement impuissante, plus d’effet pour l’aider à parcourir un monde où la plupart des PNJs sont morts brusquement, et elle ne peut même pas prétendre ne pas être affectée puisque désormais les parasites rouges qui remplacent la plupart des Kaibutsu sont partout, et elle ne peut pratiquement pas leur échapper. Dès qu’un de ces démon la touche, elle se retrouve contaminée, et son visage se macule lentement de sang (on comprend alors pourquoi le design est composé de cheveux blancs, c’était probablement le moyen le plus pratique de faire ressortir le rouge). Si elle se fait trop toucher, elle est tellement défigurée qu’on ne peut plus la reconnaître (elle ressemble à une Kaibutsu) et sa tête finit littéralement par exploser, ce qui la force à se réveiller !

 

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Scarface

C’est d’ailleurs très exactement le niveau final du jeu : « Rust » la malade se rend dans le lieu « Rust », la maladie, des couloirs de plus en plus glauques où des parasites l’attendent (l'état dans lequel elle se retrouve devant la dernière porte est pas joli à voir) et l’ennemi à vaincre n’est autre qu’elle-même (toujours défigurée). Ce qui prête à confusion c’est qu’on ne sait jamais trop ce que désigne le terme de Rust. On peut donc se demander qui assassine qui. Est-ce la maladie qui vient tuer Sabitsuki ou l’inverse ? Personnellement je suis partie du principe que la malade avait massacré la malade. En d’autres termes que Sabitsuki avait, dans le prolongement de l’abandon des effets, tout simplement décidé qu’elle n’avait plus la force de résister face à la contagion de plus en plus hideuse et que ce dernier niveau était avant tout le moyen de mettre un terme à celle qui voulait vivre. En somme qu’elle tuait son alter ego en signe d’abdication. Rust est la rouillée, celle qui est foutue, Sabitsuki celle qui était encore vivante. Cette étape était nécessaire au bouquet final (qui complexifie davantage les choses en révélant qu'il y a sans doute plusieurs niveaux de rêve ?). Sur le toit de son immeuble, la jeune fille regarde le ciel, elle ne saute pas dans le vide mais c’est tout comme puisqu’apparaît une des maid munie d ‘un masque à gaz qu’on retrouve tout au long du jeu, cette dernière sort une tronçonneuse et Sabitsuki/Rust, de toute façon dans une impasse, ne cherche même pas à s’enfuir. A la place, elle esquisse un rictus maléfique et se précipite sur l’arme. On la voit alors nager dans son sang. Certains pensent que la maid lui a coupé les jambes, ce que je vois c’est surtout qu’elle ne ressemble plus à grand-chose et qu’elle meurt d’hémorragie...

 

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Sabitsuki en mode badass

 

Je perçois plusieurs idées d’explication à cette fin aussi brutale qu’étrange. Des maids on en trouve trois dans .flow, toutes amicales, elles ne font que faire des courbettes poliment, mais elles ont un point commun. Situées dans le bar, le Sugar Hole, une derrière le comptoir sert des rafraichissements, une autre reste immobile dans une salle où se trouve un tableau, la dernière porte une tronçonneuse (tiens, tiens) et garde un des effets. Donc, si on prête bien attention aux détails, les maids sont toutes en rapport avec la mort puisque le comptoir du Sugar Hole est là où se trouve l’event de la Kaibutsu (et il est très récurrent), le tableau mène à un monde effrayant rempli de Kabutsu et que l’effet donné par la dernière n’est autre que la « Tumbling doll », qui permet à Sabitsuki d’avoir des moignons à la place des bras et de se casser la figure. On ne peut pas la relever et elle reste pitoyablement au sol, à ramper. La « Tumbling doll » annonce très clairement la fin du jeu et on peut presque se dire que les maids mènent l’une à l’autre, comme un jeu de piste, jusqu’à celle qui a la tronçonneuse. En fait ces PNJs masqués ressemblent beaucoup à des bourreaux (il existe une guillotine dans le monde la prison, ce n’est certainement pas innocent). Peut-être que la maid est une représentation de la faucheuse ou du stade terminal de la maladie et que Sabitsuki se livre simplement à la tronçonneuse comme une condamnée qui va à l’échafaud. Que le monde des rêves n’était pour elle que l’occasion de dire adieu à ce qu’elle était avant d’accepter sa sentence. Ou alors elle ne le voulait pas mais y a été obligée (si on considère que Rust/la maladie l’a tuée) par les circonstances. Qui sait...

 

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Je me demande s'il n'y aurait pas quelque chose à déceler à travers le fait que l'arme sur laquelle s'appuie Sabitsuki est un tuyau en fer qui rappelle un peu l'effet machine (remplaçant les membres par des prothèses mécaniques)

 

On ne peut pas émettre d’idée claire et les jeux comme .flow seront toujours l’occasion d’esquisser beaucoup de théories farfelues mais ce qui demeure relativement évident c’est qu’il y a une histoire de maladie là-dessous, trop de flèches pointent dans cette direction. Le reste n’a au fond pas grande importance (tout comme de savoir si Madotsuki a couché avec Masada, on s’en balance le tube cathodique). J'ai pensé à transvaser « mal physique » et « mal mental » pour voir si la signification est différente. Dans le cas présent, pas tant que ça ; Sabitsuki pourrait très bien plonger dans la folie (le motif de l’océan est intéressant parce qu’il renvoie à l’idée qu’on est à des lieux de la surface, prisonnier dans une solitude, et le fait que l’enfer soit tout près pourrait renvoyer à l’idée d’une chute psychologique), ça ne ferait que changer les nominations : la maladie serait la folie. Mais ce serait écarter pas mal d’autres éléments donc ça ne rendrait pas la totalité de cet univers. Comme quoi toute explication est vouée à demeurer incomplète, ce qui est très bien comme ça. De même que je le disais pour Yume Nikki, je ne pense pas qu’il faille interpréter le jeu de A à Z, mais plutôt en profiter pour ce qu’il est, c'est-à-dire un inquiétant voyage dans la psyché d’un personnage qui nous renvoie à nos propres obsessions.

 

\!/Fin de la partie dédiée au spoil \!/


 

 
.flow est définitivement un must pour tous les fans de Yume Nikki qui voudraient renouveler l’expérience  et tous ceux qui adorent les ambiances torturées. A tester dans une pièce dépourvue de lumière, la nuit, sans regarder de guide ; frissons garantis.

Liens :
P.S : Je l'avais bien prédis un peu plus tôt mais mes études me bouffent réellement tout mon temps (ces horaires de folie aussi, je commence à 8h 3 jours sur 5 et finis souvent vers 18h-20h) donc je suis actuellement aux abonnés absents : j'ai laissé traîner mes mails, je commente même plus les articles des autres et niveau animes/JVs c'est l'encéphalogramme plat. La cadence va donc clairement pas être folichonne, désolée .

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commentaires

Asae 21/08/2015 11:31

Ahh .flow , mon fangame préféré , je pense même l'aimer encore plus que Yume Nikki. Je trouve que ce jeu "envoûte" le joueur dans son univers , et que le jeu nous fait éprouver la "rouille" de Sabitsuki qui se consume peu à peu , et les BGM sont magnifiques . Et pourtant je ne suis pas vraiment fan de jeux vidéos ! Après , c'est plus comme une expérience ,et j'adore tout simplement . Contente de ne pas être la seule a connaitre ce jeu o//

Helia 04/10/2015 18:17

Je n’irais pas tracer de préférence entre Yume Nikki et .flow parce que je pense que les deux jeux utilisent leur univers de manière différente mais tout aussi valable, cependant je comprends parfaitement la fascination que ça peut engendrer =).

Ahah, mais est-ce que tu ne te définis pas comme non-fan justement parce que les jeux-vidéo mis en avant par les médias sont trop souvent des trucs mega bourrins et clairement marketés pour un public masculin adolescent ? Du coup ça fausse complètement la perception de ce que doit être un jeu et de ce qu’est un joueur, je trouve ^^. Des œuvres comme .flow, il y en a, mais elles sont cachées. Je suis sûre que tu trouverais ton bonheur parmi les œuvres indés (du moins je sais que c’est mon cas XD) !

Tu n’es pas seule, nous sommes toute une armée, tapie dans les profondeurs du net, attendant le jour où nous pourrons enfin CONQUERIR LE MONDE 8).

Plumy 02/10/2012 22:03

Mais j'ai lu ton article '_'; J'ai juste pas lu la partie "spoilers" justement, qui est la partie ou tu analyse le jeu XD; C'est de ça dont je te parles !
Les autres fangames je verrais, quand l'occasion se présentera... Comme je me tape mes propres délires, je peux me trouver plein de choses dedans XD; Et je sais pas comment j'arrive la, quand je
regarde des films je comprend souvent tout de travers parce que je surinterprète tout à ma sauve. Donc dans ce genre de cas je m’éclate quoi on va dire ^^"

Pour la fin, j'aurais eut plus de temps devant moi, je l'aurais ptêtre fait à la soluce. Mais la j'étais dans un état d'esprit assez particulier, je quittais mon lieu de vacances et je reprenais le
taff le surlendemain donc je voulais absolument finir NOW donc du coup, hop vidéo v_v; Mais habituellement quand je galère j'ai plutôt tendance à regarder le début d'une video genre "ah, la y'avai
un truc, ok" et ensuite fouiller moi même.

Helia 10/10/2012 14:29



Ah, désolée, il y a eu malentendu, visiblement : j’avais mal compris ton tweet X’). Je suppose que ça m’apprendra à lire en diagonal.


 


C’est sûr que si tu aimes surinterprêter et analyser chaque petit détail laissé dans le flou, tu dois trouver énormément de matière dans ce type de jeu. Ton imagination marche à plein quand tu as
de la matière, c’est plutôt une bonne chose. Enfin, perso j’adore avoir de la matière pour penser :3.


 


Du coup, c’est sûrement parce que tu étais pressée que tu as abandonné avant le chapitre de Rust. Je ne sais pas ce que tu en penses mais je trouve que ce passage a plus d’impact quand on le
joue. Il y a ce sentiment de défaitisme quand on est incapable d’éviter les ennemis, d’impuissance à ne plus pouvoir utiliser ses pouvoirs, et le couloir qui mène à la fin semble encore plus
accablant pour Sabitsuki. Est-ce que tu l’as ressenti aussi =O ?



Plumy 28/09/2012 19:27

Et quasiment un an plus tard, j'ai finalement fait .Flow XD...

J'ai adoré X3 Ça m'a vraiment fait revivre des sensations Yume Nikki. Et j'ai attendu tout le long du jeu de pouvoir lire ton analyse, et je l'aime beaucoup, elle est vraiment très intéressante
!
Ce qui est très appréciable dans ce jeu c'est sa cohérence en fait, Yume Nikki m'avait pas laissé cette sensation de "toutes les pièces s'emboitent", et même si tout converge vers une maladie /
quelqu'un dans le coma, j'aime imaginer des variantes plus clichées style "Le dr qui fait des experiences sur des bandes de petites filles mwahaha *w* "

Sinon pour le jeu je sais pas toi, mais à la fin j'ai lâché le morceau et ait regardé la fin sur youtube vv; Mais c'est ptêtre aussi parce que je voulais absolument finir le jeu aujourd'hui.

Je testerais peut-être les autres fangame, mais comme toi, j'ai peur du manque de cohérence et du manque d'inspiration, bref de tomber face à de pales copies =/

Helia 02/10/2012 18:15



C’est gentil de vouloir garder mon analyse pour la fin mais tu pouvais la regarder avant, tu sais. J’avais lu sur Twitter que tu avais peur de te gâcher le jeu en me lisant alors que justement,
je fais exprès de délimiter une partie spoilers à l’intérieur de la plupart de mes articles pour permettre à ceux qui ne connaissent pas ce dont je parle de se faire une petite idée de la chose.
Du coup, n’hésite pas à lire le billet si le sujet t’intrigue, ce serait dommage d’attendre pour si peu ^^.


 


Comme tu peux le constater, j’ai moi-aussi trouvé que .flow arrivait très bien à refaire surgir toute la nostalgie propre à Yume Nikki et ce en bâtissant son propre monde, ce qui m’a l’air assez
rare parmi les fangames habituels. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas très envie de toucher aux autres jeux (Yume 2kki, par exemple, m’a l’air assez fade).


 


« J'aime imaginer des variantes plus clichées style "Le dr qui fait des expériences sur des bandes de petites filles mwahaha *w* " » = Mais comment tu peux arriver à ce genre
d’interprétation XD ? J’ai vu ton dessin sur la théorie de la fleur « magique » et je n’ai compris qui était la fille aux cheveux qu’après un gros moment de réflexion tellement j’y
aurais jamais pensé X’).


 
« Sinon
pour le jeu je sais pas toi, mais à la fin j'ai lâché le morceau et ait regardé la fin sur youtube vv; Mais c'est ptêtre aussi parce que je voulais absolument finir le jeu aujourd'hui » = Ah
non, je n’ai pas lâché le jeu, à aucun moment, justement parce que le passage de Rust est le plus intéressant au niveau de la relation entre scénario et gameplay (je trouvais ça assez génial). En
fait, dès que je galère un peu, je sors la soluce, ça m’évite d’errer trop longtemps =

UNtype 05/02/2012 18:08

Effectivement, c'est grâce a ton article que j'ai jouer a Yume... Et pour le double poste, j'en suis désoler je pensé que mon premier message c'était fait manger...

Helia 06/02/2012 23:43



« Effectivement, c'est grâce à ton article que j'ai joué à Yume » = Dans ce cas, j’en suis très contente, ça veut dire que j’arrive à convertir des gens à l’atmosphère très particulière
de Yume Nikki (et de .flow peut-être, aussi).


 


« Et pour le double poste, j'en suis désolé je pensais que mon premier message s'était fait manger » = Ce n’est rien. La prochaine fois, essaye de rafraîchir la page avec F5 plusieurs
fois pour voir si ton message s’affiche bien (mais écris-le sur Word, Open Office ou le bloc-notes au préalable, ça évite les mauvaises surprises).



UNtype 05/02/2012 00:07

J'avais jouer a Yume Nikki (très bon jeu au passage que j'avais découvert par hasard sur ce site) mais, je ne pense pas jouer pour autant .Flow (je suis facilement impressionnable, voyez vous?)
néanmoins, dite moi si je me trompe mais, il me semble que ce jeu est moins long (ce qui m'avait fait arrêter Yume pendant un temps, trop de stresses et de solitude 8D) Très bon article comme
d'habitude!

Helia 05/02/2012 12:50



« Et bien, et bien, que dire... J'avais joué a Yume Nikki (superbe jeu au passage) mais même si .flow me fait bien envie, je ne pense pas y jouer (je suis facilement impressionnable et Yume
m’a laissé des séquelles...). D'un autre coté, je trouve à ce jeu quelques qualités : il semble moins long et la longueur avait tendance à me dégoûter de Yume Nikki (que j'ai tout de même
fini...et quelle fin !) [...] J'avais joué a Yume Nikki (très bon jeu au passage que j'avais découvert par hasard sur ce site) mais je ne pense pas jouer à .flow pour autant (je suis facilement
impressionnable, voyez vous). Néanmoins, dites moi si je me trompe mais, il me semble que ce jeu est moins long (ce qui m'avait fait arrêter Yume Nikki pendant un temps, trop de stress et de
solitude 8D). Très bon article comme d'habitude ! »


 


.flow est bel et bien moins long que Yume Nikki parce que l’univers est plus restreint et moins sadique (par exemple il n’y a presque pas de portes qui t’emmènent à un droit différent selon le
sens où tu les prends, ça t’évite de te perdre). Moins difficile, en somme. Mais son impact est vivace, justement par ce côté horreur accentué.


 


C’est suite à mon article que tu es allé tester Yume Nikki, c’est ça =O ?


 


P.S : Essaye d’éviter les doubles-post à l’avenir ^^



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  • : Le WTF n'a pas de frontières ! Ou de la supériorité de la japanimation sur nos pauvre cerveaux. La mélancolie ? Ce qu'il y a de l'autre côté de la folie...
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