Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 23:45

Exceptionnellement je me permets de faire un petit article un peu 3615 My Life même si ce que j’ai à dire concerne aussi le blog.

 

3615 My Life

 

Si c’est le second sujet qui vous intéresse, allez directement en bas

 

Pour ceux qui ne le savent pas encore ou qui l’ont oublié, je suis littéraire de formation. J’ai débuté avec un bac L, enchaîné sur une prépa littéraire et suis finalement partie terminer ma licence de lettres modernes (la prépa ne fournissant qu’une équivalence) dans l’université de ma région après avoir dû abandonner l’idée de rejoindre la Sorbonne, faute de logement. C’est un parcours qui n’a jamais su totalement me satisfaire dans le sens où, à cause de problème de concentration, je m’ennuyais très vite et décrochais presque systématiquement de manière plus ou moins violente (ça commence par un gentil gribouillage sur la marge, et puis il se sent seul, d’autres croquis suivent, la feuille devient un champ de bataille entre deux puissances enragés et au final les dessins tout moches dévorent sans pitié ce qui aurait dû être un cours). Quelques fois j’étais même plus occupée par le fait de prendre des notes pour des idées de projets personnels que par ce qui se passait dans la salle de classe et en prépa l’épuisement m’aura souvent fait piquer du nez, surtout vers la fin de l’année (même dans des conditions qui ne le permettaient pas, genre groupe de 8 personnes donc normalement facilement repérable), dans une sorte de grand ras-le-bol. A la fac c’était déjà un peu plus facile de respirer et j’étais plutôt du genre assidu, sauf pour quelques matières très ciblées (la linguistique) ou occasions particulières et récurrentes. Mais malgré toutes mes protestations, malgré l’esprit critique que je tenais à garder, je ne détestais pas totalement ce que je faisais. La littérature était là, ça me suffisait ; même si je lis de moins en moins avec les années. J’ai même eu des cours passionnants à la fac, des cours qui me donnaient l’impression de concilier mon univers intérieur avec ce qui était demandé (la Décadence, par exemple, m’aura fait décrocher une très bonne note à l’examen, ce qui m’a permis de compenser mes résultats plus que médiocres en ancien français, pourtant une matière qui m’intéressait malgré sa difficulté phénoménale).

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Seulement voilà, tout a une fin. Les littéraires ont la vie dure, je le savais depuis le début. Quand en seconde je me suis battue pour aller en L, je savais que ce chemin me mènerait dans une impasse. Pourtant c’est ce que je voulais faire, c’est ce que j’aimais, alors j’ai tout fait pour éviter les mathématiques. Sauf que les littéraires n’ont pas de place dans ce monde. Nous vivons dans une technocratie, dans un environnement qui privilégie les experts, les techniciens, les scientifiques de tous poils. Les étudiants formés dans le domaine des lettres paraissent inutiles en comparaison. Après tout, qu’est-ce qu’un employeur peut en avoir à foutre que vous connaissiez Baudelaire ou Rousseau sur le bout des doigts ? Que vous sachiez analyser précisément n’importe quel roman ? Que vous récitiez les grands mouvements culturels à travers les siècles ? Ils deviennent juste bon à corriger les fautes d’orthographe de tous ceux qui ne savent plus utiliser la langue française, ils ne servent plus à rien. Alors ils s’orientent où ils peuvent. Les métiers les plus proches sont bouchés à force d’être demandés, car à part professeur (mais qui voudrait encore être professeur à l’aube de XXIe siècle ?), bibliothécaire ou éventuellement journaliste, qu’est-ce qu’il vous reste ? L’issue est inéluctable, elle l’est pour presque tous : il arrivera un moment où il faudra bien se réorienter pour trouver du travail. Si la littérature permet le développement personnel, elle n’offre concrètement rien de folichon sur un CV.

 

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De quoi a vraiment l'air le littéraire quand il va candidement demander un emploi

 

Ce moment que je prévoyais dès l’instant où je remplissais ma fiche d’orientation, il y a de cela près de 5ans, il s’est présenté devant moi. En réalité j’avais un choix, néanmoins il était illusoire : je pouvais continuer en master de lettres modernes pour une année mais cela ne ferait que décaler l’échéance. Pire, à force de reculer pour mieux sauter, je perdais de précieuses années. Moi, je n’ai pas hésité. D’autres essayent de s’accrocher et n’en tombent que plus lourdement. L’avenir sans littérature est là. Il le fallait bien. Au fond c’est comme un bon vieux film de zombies. Votre compagnon de toujours est infecté, il va bientôt essayer de vous mordiller la cervelle. Arrivera bien un moment où il faudra l’achever de vos propres mains, pour lui éviter de souffrir, et puis, plus égoïstement, pour garantir votre propre survie dans ce monde apocalyptique. Alors voilà, j’ai quitté les lettres modernes et je me suis inscrite à l’IPAG, une filière un peu particulière de ma faculté où j’ai été reçue. Là-bas on débute direct en 3e année. J’aurais donc pu y accéder dès ma sortie de prépa, si j’avais su ce que c’était. Je retourne donc en 3e année, pour une seconde licence. Mais ce n’est pas grave car j’ai la chance d’avoir un an d’avance. Depuis toute petite je m’étais dis que ce laps de temps fonctionnerait comme un joker, j’avais même songé à en faire une année sabbatique, et puis finalement cela me sera bien utile. A l’âge normal de l’obtention de la licence, j’en aurais peut-être deux, c’est rigolo. C’est là que je suis bien contente de n’avoir que vingt ans.

 

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L’IPAG ça n’a vraiment rien à voir avec la littérature. Licence d’administration publique, c’est ce que je prépare. Pour arriver à un master du même nom. Le tout permettant de préparer aux concours de la fonction publique. Pour faire quoi ? Honnêtement je n’en sais rien. Je m’imagine derrière un bureau en costard classe (hors de question que je porte un tailleur, c’est immonde) à accueillir les gens désemparés qui viennent apporter des formulaires pour mieux leur dire qu’il leur manque le laissez-passer A38 avec un sourire cruel. Ou quelque chose dans le genre. Café, photocopieuse, horaires de Club-Med, ennui, ordinateur à disposition. En réalité, je m’en fous. Du moment que cela ne me demande pas de gros efforts physiques, que ça me permet de vivre et que j’ai suffisamment de temps à consacrer à mes projets derrière. C’est ça que je vise, le calme à long-terme. Et pour obtenir cette place idyllique, il va falloir se battre. 3-4 ans hardcore pour une existence tranquille. Du moins c’est ce que je me disais mais l’IPAG est de toute façon bien moins difficile que la classe préparatoire (heureusement, je me vois mal survivre à des années de torture supplémentaire sans la carotte de la littérature pour faire semblant d’avancer). C’est un peu un mix entre la prépa et la fac en fait. On doit être une cinquantaine en tout. Il y aura bientôt une feuille d’émargement, l’assiduité étant visiblement obligatoire. Les cours sont de gros blocs de deux heures. Par contre on est toujours dans la fac (ou devrais-je dire les facs), généralement dans ces foutus amphithéâtres pas confortables pour deux sous. Drôle de mix. Surtout quand on sait à quel point notre groupe est hétérogène : c’est bien simple, tout le monde vient d’horizons différents. Il y a des historiens-géographes, des gens de LEA, un ethnologue, un philosophe, des tas de personnes possédants des BTS divers et variés (communication ? management ?), une poignée de préparants au concours A et j’ai même entendu aujourd’hui qu’on avait un étudiant en neurochirurgie neuropsychologie parmi nous ! Dans le tas si certains se sont arrêtés à la licence, d’autres possèdent déjà un master...voire plusieurs. Et il y a aussi les quelques trentenaires/quarantenaires en formation continue. On doit être 4 ou 5 lettres modernes au milieu de cet océan.

 

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L’avantage c’est que du coup les professeurs s’adaptent en commençant par les bases. C’est une filière de « rattrapage » en termes d’économie et de droit de toute façon. Les juristes n’ont pas besoin de passer par là. Je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer tous mes enseignants mais ils semblent très ouverts pour la plupart. Tous, ou presque, s’accordent à se montrer le plus accessible possible pour nous faire comprendre le maximum de choses en un minimum de temps. L’inconvénient c’est qu’on se retrouve parfois mélangé avec d’autres groupes selon les cours, par exemple en économie nous sommes avec les 1e années de droit (je vous laisse imaginer le monde que ça représente à la rentrée, on n’est plus très habitués à ce système d’épuisement progressif quand on est en 3e année en plus). Globalement ça reste quand même très agréable comme ambiance.

 

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Le A de IPAG ne signifie malheureusement pas "Art"

 

Le problème c’est que j’ai l’impression d’être plongée dans un autre univers, un monde auquel je n’appartiens pas. Un peu comme un poisson sorti de l’eau. Envolés l’étude de textes, la dissertation et les livres au programme. Envolées la mise en abime, la métaphore, la dialectique et la diégèse. Envolées les récitations de poèmes et les lectures d’articles. Bonjour droit objectif et droits subjectifs, juges administratifs et juges judiciaires, division du travail et mécanismes de production. Bonjour les polycopiés de plans hyper structurés aux titres indifférents. Je l’avoue à demi-mots, ça me fait bizarre. Je me demande si je pourrais tenir dans ce nouvel univers. Après tout, j’ai peut-être bien réussi jusque là mais mes éternels soucis de concentration et de santé me guettent. Je peux décrocher n’importe quand, abandonner n’importe quand, et cette fois-ci ma culture ne me sauvera pas la face, pas plus que mes références très particulières (a-t-on vu quelqu’un citer un anime ou un visual novel dans un questionnaire à réponses courtes ou dans une analyse de textes de droit ?). Alors je doute. L’année vient juste de commencer mais c’est une longue bataille qui s’annonce pour moi, l’occasion de prouver ou non que je peux m’en sortir en n’importe quelles circonstances (fut-ce par chance ou par capacité personnelle). D’abord la licence puis, si tout va bien, le master, jusqu’à ces fameux concours qui m’effrayent déjà. Pour l’instant, j’ignore quelle va être la masse de travail, si je vais m’en sortir avec aisance ou si je ne vais pas tarder à patauger dans la semoule, si je vais avoir suffisamment de temps libre ou si je reviens en mode prépa.

 

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Mon studio dans quelques mois, hypothèse

 

Ce sont toutes ces incertitudes qui m’amène à me poser la question de ce que va devenir le blog dans le sens où, si le temps me manque (et puisque je vais avoir un besoin plus qu’urgent de travailler en parallèle de mes études, ça risque fort d’être le cas), ce sera vers mon projet de VN que je le dirigerai en priorité. Ce n’est pas une licence d’administration publique qui me fera abandonner mes rêves donc soyez sûrs que je m’accrocherai jusqu’au bout pour les voir se réaliser. En revanche, aurais-je toujours la possibilité d’écrire ici ? Cela me semble plus que jamais une nécessité puisque c’est désormais le seul endroit où je pourrais disserter « à la littéraire », mais en même temps j’ignore ce que l’avenir me réserve et il se peut tout aussi bien que dans deux semaines j’annonce sa fermeture à cause d’une cadence qui ne me permettrait plus de venir y poster. Rien n’est fixé mais je préférais prévenir, tâter le terrain au cas où. En attendant, j’y tiens toujours à ma mélancolie, j’ai encore des idées d’articles : les dossiers toujours inachevés de l’été dernier, Millenium Actress que je n’ai toujours pas regardé, un bout d’analyse musicale sur la seconde OST de Drakengard (si chère à Aer) des impressions sur des VNs/eroges qui m’intéressent comme Aiyoku no Eustia (la démo devant être brève, ça serait plus facile qu’un jeu normal), un petit quelque chose sur le générique d’Uta no Prince-Sama dont n’a pas parlé Amo (voire la série en elle-même), de Kite que j’ai très envie de regarder à cause de son histoire tourmentée. Et puis il faut que je donne des nouvelles du projet Milk dont le scénario a fait un bond fulgurant en avant (j’ai été plutôt productive cet été) et qui avance à petits pas. En bref, j’ai envie de plein de choses. Au pire je suppose que je peux juste passer à un rythme mensuel ou bimensuel, comme certains, mais je ne suis pas sûre de le garder non plus.

 

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The dream must go on

 

Rien n’a été décidé pour le moment, le blog garde donc son rythme habituel jusqu’à nouvel ordre mais je ne peux prévoir si je vais vraiment tenir le coup, ni jusqu’à quand. Wait and see, comme disent les anglophones !

 

Sur ce, moi je propose qu'on se quitte avec une petite vidéo très poétique sur l'univers de Yume Nikki qui représente plutôt bien mon état d'esprit en ce moment :

 




Anecdote : Vous savez comment énerver un littéraire ? En lançant BIEN FORT et plusieurs fois de suite que l'époque juste avant le XVIIIe siècle c'est le Moyen-Age (le XVIe siècle, Montaigne, la Renaissance, le XVIIe siècle, Pascal, La Fontaine, Madame de la Fayette, Molière, rien de tout cela n'existe). Succès garanti. Mon prof d'éco ne m'a pas fait une bonne impression le premier jour avec ce genre de réplique, bizarrement...

 

P.S : Au cas où certains se poseraient la question suite au déménagement de Concombre et Mackie hors d'Overblog, je ne compte pas changer de plate-formes. Parce que cela demande du travail et que je n'ai pas le temps, parce que je suis une quiche en informatique et que je n'ai pas envie de me prendre la tête, parce que ça fait bien un an que je suis là et que j'ai la flemme de changer. Parce que j'ai d'autres priorités en somme.

Par Helia - Publié dans : 3615 My Life
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Projet en cours

 

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MAJ : 19/04/12

Version complète :

 

Scénario : 805 pages (497 422 mots) correction & 2e jet en cours

 

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Démo :

 

Scénario rédigé et corrigé  (72 pages Word / 42 455 mots)

Listages graphismes & sons de la démo achevés

Croquis basiques des personnages principaux achevés

 

7e version du script achevée :  (5797 lignes) correction en cours

 

Production de musique en cours

~ 10 pistes en fabrication

 

Production des graphismes en cours :

2 sets de sprite sur 10

...BG sur...

...event CG sur...

7 chibi sur 30


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