13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 11:00

Mon très long pavé sur la version complète de Katawa Shoujo voit enfin le jour pour me décharger de mes frustrations, de ma colère, de mon dégoût et de ma peine. J'ai signalé les spoilers quand il y en avait donc ça devrait être lisible pour tout le monde mais pas sûr...

 

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Hisao Nakai est un lycéen on ne peut plus normal jusqu'à une belle journée d'hiver où la fille de ses rêves lui déclare son amour. C'est malheureusement à cet instant précis qu'il fait une crise cardiaque et découvre par la même occasion qu'il a une arrythmie, une malformation du coeur, depuis sa naissance. Bien sûr il survit, sinon il n'y aurait pas d'histoire, mais reste alité à l'hôpital pendant quatre mois, oublié de ses anciens camarades, avant d’être envoyé dans un établissement un peu spécial accueillant uniquement des élèves « handicapés ». Il y fait très vite la connaissance des excentriques Misha, l’hyperactive, et Shizune, sourde-muette, déléguées de sa classe, de la timide Hanako, portant sur sa peau les stigmates indélébiles d’un incendie, de Lilly, aveugle, déléguée de la classe voisine, ainsi que d'Emi, la sportive sans jambes et de Rin, l’artiste excentrique sans bras, et enfin de Kenji, son voisin de pallier paranoïaque. Evidemment chacun d'eux possède un handicap et une personnalité propre qu'Hisao tentera de découvrir petit à petit.

 

 

Contexes
C’était en 2009, je venais de me plonger dans l’expérience visual novel avec des titres amateurs d’assez piètre qualité comme Moonshine ou des eroges frivoles comme les Come See Me Tonight, et mon seuil d’émerveillement était encore très bas, suffisamment pour m’extasier devant les plus petites choses. C’est à cette période que la démo de Katawa Shoujo est sortie, générant une attente immense. Un projet incroyablement ambitieux qui ne pouvait que me plaire. J’avais adoré l’Acte 1 disponible sur le web (mon post de l'époque est toujours disponible sur mon ancien blog). En 2012, date de la sortie finale du jeu, le contexte n’est plus le même.

J’ai avancé, j’ai goûté à des visual novel bien plus complexes (Ever17), bien plus élaborés (Yume Miru Kusuri), jusqu’à même rêver de sortir le mien un jour. Aussi ce n’est pas avec autant d’enthousiasme que j’ai accueilli cette sortie inopinée. Il faut dire que je ne suis pas la seule à avoir changé. En 2009 l’équipe de Katawa Shoujo prônait sur son blog de développement (que j’ai suivi assidûment) que le visual novel était un média dont on n’exploitait pas assez les possibilités et qui voulait montrer qu’on pouvait faire de grandes choses avec le moteur Ren’Py. Ils étaient les seuls. En 2012, plusieurs petits studios indépendants ont fleuris ça et là (WinterWolves, Sakevisual, Zeivac Inc, et bien d’autres qui se lancent progressivement), des visual novel amateurs sérieux on commence à en voir émerger de plus en plus, ce n’est pas le potentiel qui manque. Dans ce nouveau contexte, Katawa Shoujo débarque avec une double difficulté : en plus des problèmes techniques inhérents à la création de visual novel, la team Four Leaf doit satisfaire les attentes des innombrables fans et combler le fossé du temps par un coup de poker. Puisqu’ils ne sont plus les seuls dans la sphère anglophone, il n’y a pas trente six mille solutions pour marquer un grand coup : soit soigner l’enrobage au maximum, soit peaufiner le scénario jusqu’à la perfection. Avec du recul, le choix paraît évident...

 

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Branle-bas de combat, Kenji, nous allons braver la colère des fans !



Un pavé dans la mare

Katawa Shoujo se présente comme un pionnier, une des meilleures utilisations à ce jour du moteur de Ren’Py en matière de réalisation dans la sphère anglophone amateur. On oublie très vite l’utilisation de photographies retouchées en guise de backgrounds et les quelques erreurs de proportion lors de certaines illustrations quand on voit à quel point les sprites sont impeccables et les event CGs nombreuses et jolies (certaines sont d’une qualité à couper le souffle, je pense notamment à deux images très colorées, comme des aquarelles). Les personnages ont tous un grand nombre de poses et d’expressions, on les voit s’agiter avec un timing parfait, comme s’ils prenaient vraiment vie. La musique quant à elle est indubitablement de qualité ; certains morceaux un peu bourratifs ont tendance à passer trop souvent mais des pistes comme Parity, le thème dynamique de Rin, Concord, l’air de piano représentant Lily ou le mélancolique Breathlessly se faufilent vite dans un coin de notre tête pour s’y loger.

 

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Dois-je vraiment expliquer pourquoi certains event CGs sont à se pâmer ?


En outre le système est impressionnant et fourmille de détails : c’est ainsi qu’à chaque fois qu’on aborde un acte, une petite image apparaît sur le menu principal pour finalement le décorer tout entier. Je ne parle même pas des animations, car oui, Katawa Shoujo contient de courtes séquences vidéo déblocables assez facilement mettant en scène les héroïnes. Du point de vue technique, on ne peut qu’admirer le travail. La team Four Leaf nous livre un bijou en la matière.

 

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Le menu une fois le jeu complété à 100%


Une question de priorité
Vu comment mon texte se présente, vous le voyez venir, n’est-ce pas ? Ceux qui me lisent sur Twiter le savent déjà mais mes premières impressions de la version complète de Katawa Shoujo ont été absolument désastreuses, et même si j’ai réussi à avaler un peu les couleuvres qu’on me tendait depuis, je ne peux pas cacher qu’il m’est difficile de repartir du bon pied.

Alors le problème, quel est-t-il ? Je vais m’étendre dessus en long, en large et en travers mais il y a plusieurs choses à savoir pour mieux comprendre toute la difficulté de créer un visual novel. Je vous ai déjà décrit le revirement de contexte auquel doit faire face le studio Four Leaf, mais il faut aussi bien réaliser que plus d’une vingtaine de personnes ont participé activement à la création du jeu, dont pas moins de cinq scénaristes (un pour chaque route), ce qui rend la communication à l’intérieur d’une équipe, même soudée, très handicapante. Vingt personnes susceptibles de partir dans tous les sens à gérer, c’est juste un travail monstrueux et insoupçonnable, je dirais même plus que c’est un petit miracle que Katawa Shoujo ait réussi à sortir malgré ces conditions difficiles.

 

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Si le blog de développement a surtout fait état de l’avancement des images, on aura finalement eu assez peu de détails sur l’histoire en elle-même, ce qui n’est pas si étonnant avec le recul : puisqu’une personne différente s’occupe de chaque route, le jeu est déséquilibré. On passe d’un style à un autre, d’un univers parallèle à un autre j’ai presque envie de dire, et même si le tout aura sûrement été gommé, atténué, le handicap est trop important pour passer inaperçu : certains ne sont pas écrivains du tout et commettent des erreurs grossières purement littéraires, certains semblent ne pas savoir comment traiter leur sujet et improvisent, certains s’en sortent avec les honneurs. En somme, il aurait fallu virer des scénaristes de l’équipe pour assainir et unifier l’ensemble ; or il est bien évident que chasser un membre motivé parce qu’on sent qu’il écrit moins bien que soi est absolument terrible et que personne n’a probablement jamais osé le faire. C’est un sentiment que je comprends et pourtant le résultat est là : depuis le début, Katawa Shoujo était probablement voué à n’être qu’une prouesse technique. La priorité n’est plus l’histoire.

En tant que littéraire, en tant qu’écrivain amateur, ça me désole profondément car je suis de ceux qui oublient facilement les défauts s’il y a une bonne intrigue derrière. Au premier abord, j’étais presque furieuse devant la débauche de luxe que s’offrait Katawa Shoujo : Refaire entièrement l’opening à la main ? Embaucher Mike Inel (de Draw with me) pour des séquences animées ? Multiplier les paper-doll pour des personnages inutiles (au hasard...l’antiquaire qui apparaît 2 fois à tout casser juste pour vendre des trucs ou bien Miki et ses 10 lignes de dialogue) ? Multiplier les poses et les vêtements pour les personnages ? Proposer une masse d’event CG dont certains ne sont même pas nécessaires (l’intérêt de montrer l’anniversaire d’Hanako avec des cadeaux différents m’est définitivement obscur, je le crains) ? OH REALLY ? Je n’aime pas le superflu, je l’avoue, et je préfère nettement un visual novel simple et efficace, d’où une réaction étrange de ma part qui fait que je suis finalement déçue du polissage technique de Katawa Shoujo parce que j’ai l’impression que ces heures de travail auraient pu être utilisées ailleurs. Toujours cette foutue question de priorité...

 

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Maintenant que j’ai assez déliré en l’air, passons sur du concret et saignons-nous à blanc.

 



Métamorphe, je te choisis !

La principale conséquence de la diversité des scénaristes dans la team Four Leaf retombe sur la tête du personnage principal. Pour que chacun puisse tirer la couverture de son côté, il faut bien sûr qu’Hisao soit une véritable page blanche. Il n’a aucune personnalité, aucun but, aucun véritable passé, aucune caractéristique sinon son cœur défaillant (mais on ne crée pas une personne avec ça). Ce sont en réalité les choix du joueur (notamment dans l’Acte 1) qui vont modeler Hisao dans un sens ou dans un autre, à volonté : si le joueur veut poursuivre Emi, Hisao deviendra sportif ; si le joueur veut poursuivre Lilly, Hisao sera une feignasse faiblarde ; si le joueur veut poursuivre Hanako, Hisao sera une chochotte traumatisé par le moindre brin d’herbe pas en place ; si le joueur veut poursuivre Shizune, Hisao sera chiant mais bougera ses fesses. Dans tous les cas il ne sera jamais qu’une pâle copie de la fille qui l’intéresse, par une sorte de truchement justifié par sa nature « facilement influençable ». Cela facilite peut-être le travail de celui qui écrit mais ça rend surtout le personnage impossible à aimer pour celui qui lit. Hisao ne comporte aucun espèce d’intérêt, on ne sait rien de lui, il n’a rien à raconter. Parfois, il lance une boutade, au détour d’une phrase, mais c’est tout, ce potentiel ne sera jamais exploité pour faire de lui un blagueur ou un cynique. Comment, dans cette situation, en avoir quelque chose à carrer de ce qu’il vit ?

 

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Une parfaite métaphore de ce qu'est Hisao : une putain de tasse, vide, qu'on remplit à loisir.

 

De ce point de vue là, je ne suis pas non plus d’accord sur l’importance accordée aux choix : je les vois plus comme des dilemmes qui peuvent arriver occasionnellement, pas comme des messages méta-textuels censés dicter le comportement d’Hisao (Tu préfères rester sur le campus au lieu de batifoler en ville ? Tu es donc un castrateur, prend cette bad end dans la gueule). J’ai ainsi beaucoup plus apprécié l’unique choix de la route de Shizune parce que son importance me faisait hésiter, que la route d’Emi où bon et mauvais comportements sont si étroitement mêlés qu’on peut aller contre la volonté du scénariste et récolter quand-même le happy end en se rattrapant à la dernière minute.


Le masque de papier : Lilly
L’autre écueil dans lequel tombe Katawa Shoujo est que c’est un visual novel centré sur les personnages mais que les personnages eux-mêmes sont extrêmement peu développés. La seule chose que je désirais après l'Acte 1 c'était ôter les masques des personnages pour découvrir ce qui se cachait derrière. Mais ici le masque est la personne.

 

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L’exemple le plus éclatant en est certainement le personnage de Lilly, animée par l’écriture de Suriko, la belle Amazone comme on la surnomme, grande, cheveux blonds, calme et posée, toujours polie et souriante. Riche et de bonne famille, elle semble très populaire dans sa classe. Lilly est aveugle mais n’est jamais vexée quand on lui pose des questions sur son handicap et  ne semble guère gênée au quotidien. Autrement dit elle n’a aucune faiblesse. On aurait donc pu attendre de sa route que le masque d’élève modèle finisse par tomber et qu’elle montre au grand jour une nouvelle facette, plus torturée, plus hésitante, plus distante. Or ce n’est pas le cas. Lilly ne change pas, Lilly ne faiblit pas. Son histoire n’est rien de plus qu’une romance plus ou moins insipide où elle flirte allègrement avec Hisao et éventuellement où on discute un peu de ses origines (blonde = étrangère, je vous le rappelle). Le drame qui en découle est mal mis en scène, il semble forcé, cliché, la fin est absolument débile, la bonne fin n’ayant aucun sens et ne donnant même pas l’impression d’une conclusion satisfaisante de surcroît.
[spoil] Provoquer une crise cardiaque en courant après Lilly à l’aéroport pour empêcher son départ à la dernière seconde alors que tu as eu plusieurs jours pour lui en parler ? MAIS BIEN SUR, tous les jeunes gens sains d’esprit font ça. Pour les autres il existe des trucs appelés moyens de communications. Tu sais, genre parler, passer un coup de téléphone, ce genre de trucs complètements absurdes. [spoil]

 

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Si tu savais Hideaki, si tu savais...


Ne restent qu’Akira, la grande sœur de Lilly pour égayer un peu l’atmosphère et divulguer des informations concernant la relation orageuse de Shizune et Lilly ainsi que la condition d’Hisao, qui se révélera finalement le handicap le plus approfondi du récit même s’il est utilisé à des fins de deus ex machina absolument pas subtiles presque en permanence. Le reste n’est pas mauvais mais sonne creux. Lilly correspond à merveille à ce que E.M. Forster appelle un personnage plat (« flat character »), sans substance, c'est-à-dire un personnage qui n’évolue jamais ou ne possède pas de personnalité complexe. Mais elle est loin d’être la seule...


Incommunicabilité : Hanako
Tout comme Lilly, Hanako possède un masque de papier : c’est de loin celle qui possédait le passé comportant le plus de potentiel, potentiel qui tombe à l’eau rapidement ; il n’y a rien à voir derrière sa façade de moe-blob timide et docile, pas une once de personnalité.

Contrairement à la route de Lilly, entièrement tournée vers la romance pure et simple, celle d’Hanako est centrée sur du drame, du drame à fond, du drame tout le temps. Le problème c’est que ces scènes sont ridicules : il ne se passe rien, Hisao monologue en permanence sur combien il est désolé pour Hanako, combien il voudrait faire quelque chose pour elle et combien il ne lui en parlera jamais frontalement de manière calme et compréhensive parce que –you know- ça risquerait de faire avancer les choses. A la place il est obsédé par ses brûlures au point d’évoquer en permanence le terrible passé d’Hanako. Et j’ai trouvé ça particulièrement malsain au point de me sentir dégoûtée par cette route. A aucun moment, Hisao ne considère sa douce comme une jeune fille ordinaire, non, il ne voit que le handicap, encore et encore, il DOIT savoir, après tout cela ne fait que 2 semaines qu’il la connaît, il en a le DROIT, pas vrai ? La décence voudrait qu’il apprenne à connaître Hanako avant d’exiger ce genre de choses.

 

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Et c’est là que le bât blesse : les seules contreparties aux scènes dramatiques et lourdes sont des scènes proprement insipides de bavardage insignifiant (« Oh tiens, j’ai soif, je boirais bien du thé » « Tu as raison, moi aussi »  « Je vais le faire » « Non moi » « J’ai proposé d’abord »). Lilly et Hanako étant les deux personnages les plus plats du jeu et solitaires par-dessus le marché, les interactions sont extrêmement limitées. On ne sent pas de véritable lien s’établir entre les trois protagonistes, on ne sent pas une confiance, un refuge. Ce ne sont que de vagues connaissances.

 

Cette incapacité à bâtir une relation viable renie à Hisao ce droit qu’il proclame et plus encore, renforce l’incommunicabilité dont il fait preuve : on croirait parfois qu’il ne sait pas comment converser avec un autre être humain. Faire rire Hanako, discuter des livres qu’ils ont partagé –après tout c’est leur passion commune- tout cela fait partie du jeu nécessaire de la séduction. Dans aucune des routes Hisao ne se livre à cet exercice, il se contente de jouer au bon copain et d’attendre que la fille lui tombe dans les bras (gros scoop les gens, l’amour ce n’est pas comme ça que ça marche). Aussi les deux mauvaises fins sont au final bien plus pertinentes que la bonne : [spoil] Hisao est relégué dans la zone « pote », ça le corrige de son côté « prince charmant à la rescousse » ou alors Hanako libère un peu de la rage contenue en elle, rappelant brièvement tout le potentiel qu’elle aurait pu avoir si quelqu’un d’inspiré avait voulu raconter son histoire. [spoil] D’elle, on ne saura jamais que l’évidence même : elle a été prise dans un incendie. Une phrase, peut-être deux, laconiques, presque mécaniques, c’est tout ce qui servira à insuffler de l’émotion au lecteur. Comme si la situation par son évocation pure et simple devait le faire pleurer automatiquement et qu’il n’y avait pas besoin de construire sur cette base. Le reste du passé d’Hanako est vaguement décrit, cliché et ne renforce que davantage son rôle de petite fille fragile.

 

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Une parfaite métaphore du passé d'Hanako : une ébauche tellement simpliste qu'il n'y a que les contours


La bonne fin est ce que je juge le pire. Elle m’a insulté. Profondément. J’ai bien compris que l’auteur voulait subvertir l’aspect « demoiselle en détresse » mais il l’a fait de manière si maladroite que ça ne peut pas marcher. Non seulement Hisao ne corrige son obsession chronique et pathologique que par un brusque élan d’égoïsme (soi-disant) mais le résultat est catastrophique (paradoxalement c’est dans la route de Lilly qu’Hanako se sent le mieux).
[spoil] Non seulement il va coucher avec Hanako avant même de lui déclarer ses sentiments en abusant nettement de la situation (drôle de manière de respecter la fille que tu aimes), celle-ci révélera un peu plus tard qu’elle n’était même pas totalement consentante (donc tu l’as violée par-dessus le marché ?) mais en plus l’épilogue est d’une confusion assez aberrante. Hanako improvise totalement une excuse incohérente sur son comportement alors qu’elle n’en avait pas du tout besoin et Hisao vient la prendre dans ses bras de manière très protectrice (où elle est la subversion là ?) pour lui souffler qu’elle « peut changer ». Non, elle ne peut pas changer. Les gens ne changent pas. Pour changer, tu dois déjà avoir en toi la possibilité d’aller dans une autre direction, donc ce n’est pas un changement mais une forme de réalisation, de découverte de soi-même. Tu peux soudain réaliser que tu n’étais pas vraiment ce que tu croyais être, que tu te mentais à toi-même, que ta vie ne te convient pas. Tu ne peux pas être quelqu’un d’autre. Le scénario ne décrit jamais de potentiel à l’intérieur d’Hanako, de possibilités, elle ne se découvre pas elle-même, elle n’apprend pas à avancer. Tout le long de sa route, elle n’a absolument pas grandi, elle s’est juste légèrement socialisée. Il est donc déplacé de prononcer ce fameux « Tu peux changer » alors même qu’elle t’explique qu’elle restera toujours très timide, que c’est sa manière d’être et que ça risque de ne pas te plaire. Parce que ça sous-entend « Ton ‘toi’ actuel ne me convient pas, je ne reste avec toi que parce que j’espère que tu deviendras un jour celle que je veux que tu sois ». Et c’est exactement le préjugé que le scénariste essaye vainement d’inverser. [spoiler]

 

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Cette fin maladroite, pour ne pas dire plus, montre à quel point cpl_crud (il semblerait que ce soit lui l’auteur) a eu du mal à élaborer un développement psychologique qui tienne la route.

Un autre développement psychologique a été très nettement gâché, celui d’Emi.


Incommunicabilité : Emi
Emi était un des personnages que j’appréciais le moins de l’Acte 1 (paradoxalement j’aimais bien Hanako au début...au début) : sportive, hyperactive, superficielle, un peu loli sur les bords, bref tout ce qui peut m’insupporter chez un personnage. Pourtant sa route s’est révélée surprenante...de plusieurs manières.

Contrairement aux routes précédemment citées, ici TheHivemind a eu la bonne idée de s’appuyer sur une structure bateau mais ô combien efficace : acte 2 => romance, acte 3 => drame, acte 4 => réconciliation (ou pas). La lecture était donc plus respirable que dans le drama-drama-drama d’Hanako, mais comme ses deux compagnons, il a eu la très fâcheuse tendance à avoir recours à l’hyper-description (en gros, raconter exactement ce que l’image montre à l’écran et couper les phases de dialogue censées êtres dynamiques par des monologues qui racontent exactement ce que l’autre personnage vient de dire, juste trois fois d’affilée), ce qui, je vous l’avouerai, gâte la majorité de la narration.

 

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Emi s’éloigne un peu du concept de personnage plat dès lors que s’amorce la partie drame où elle arbore les prémices d’une psychologie intéressante, mais tout comme avec Hanako, deux ou trois phrases laconiques seront les seules fenêtres dont disposera le lecteur, ce qui est d’autant plus frustrant qu’il y avait vraiment moyen d’en faire quelque chose. A la place on aura le droit à une partie romance pas trop mal (les brèves apparitions de Rin suffisant à faire émerger des sourires en rafale) avec cependant un très net défaut dans la suite du déroulement : tout comme avec Hanako, Hisao se montre véritablement obsédé par sa promise de manière inquiétante. Il sait qu’Emi a perdu ses jambes dans un accident et comme avec l’incendie, il va remettre constamment le sujet sur le tapis à un point où il en devient haïssable et d’une imbécillité sans nom (si tu apprenais à écouter les gens autour de toi, peut-être que tu aurais tes réponses). Sa mentalité semble parfois frôler l’indifférence et la cruauté d’un enfant de 5 ans, c’est dire. Ce comportement poussé à l’extrême, combinée avec l’agressivité soudaine d’Emi rend la route presque aussi indigeste que celle d’Hanako en fin de compte (ce qui est dommage puisqu’il s’y passait réellement quelque chose). La subversion de la demoiselle en détresse ne fonctionne pas, pour des raisons purement littéraires, mais aussi par ce côté malsain : Hisao ne regarde jamais que le handicap d’Emi, ce qui ruine totalement la bonne fin puisqu’il continue d’agir de cette manière et s’en trouve récompensé.

 

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Le problème de cette route demeure en réalité le thème choisi pour Emi : les relations interpersonnelles. Un thème moderne et peu courant dans les visual novel que j’aurais sans doute mieux apprécié...si je n’avais pas déjà joué à Yume Miru Kusuri. En effet, c’est un des trois motifs qui y est abordé (un autre est l’ijime, ce qui rapproche Aeka avec Hanako d’une certaine façon) et il y est représenté dans toute sa complexité avec une grande finesse littéraire. Je pense que c’est cette proximité qui m’empêche de véritablement apprécier Emi. Celle-ci et Hisao ne sont au fond que des ersatz de Kouhei et de Mizuki Kirimiya. Peut-être que j’aurais eu un autre jugement si Katawa Shoujo était venu avant. Maintenant c’est trop tard.

 
Vacuité et manque de recherche : Shizune
Beaucoup estiment que la route de Shizune est la plus ennuyeuse, je dirais plutôt que c’est une sorte de microcosme illustrant les défaillances et les possibilités incombant au jeu. 

Commençons par la principale défaillance : la recherche. Je l’ai assez peu mentionnée auparavant mais les routes de Katawa Shoujo ont toutes ce côté flottant et un peu vague concernant le handicap qui montre à quel point les auteurs devaient être mal à l’aise sur le sujet (on ne peut guère les blâmer pour cela même si objectivement, ils se sont jetés dans les difficultés tout seuls). J’ignore s’ils ont rencontré des gens pour recueillir leurs témoignages, s’ils ont lus des livres, mais la façon dont est présenté Yamaku, l’institut spécialisé dans la scolarité des personnes handicapées présente un irréalisme complet. Passe encore qu’Hanako (et ses problèmes psychologiques lourds) soit livrée à elle-même, passe encore que l’infirmier laisse Emi dans la nature alors qu’il sait qu’elle l’évite depuis plusieurs jours parce que ses prothèses sont infectées, mais que quelqu’un m’explique comment Shizune peut avoir une vie normale si a) aucun membre de sa famille ne pratique la langue des signes, b) si le professeur ne sachant pas signer non plus, aucun accompagnant ne daigne lui traduire son cours et c) si la seule personne pouvant lui servir de traducteur est une autre élève enrôlée dans le langage des signes par pur hasard depuis un ou deux ans. Cette aberrance fait grincer les dents et coupe le réalisme dont se prévalait Katawa Shoujo jusque là, vidant du même coup le personnage de Mischa d’un potentiel qui aurait pu être encore plus grand.

 

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Si seulement Mischa avait gardé son ancienne coupe au lieu de ces cheveux bubble-gum hideux...


Les fans ont émis des théories très intéressantes quant à son handicap, sur le fait qu’elle sache si bien la langue des signes, et je trouve véritablement dommage que les scénaristes (dont Anonymous22 principalement) aient fait preuve d’autant d’entêtement. Il n’a jamais été prévu de raison à l’existence de Mischa au départ et corriger le tir m’aurait semblé naturel. Ceci dit, le personnage aura vraiment gagné en sympathie tout le long de son aventure. Dans toutes les autres routes, Mischa excelle, de manière assez surprenante, dans le rôle de la bonne copine qui te remonte le moral et donne des conseils. Ce qui fait qu’au final, quand j’ai entamé la route de Shizune, mon antipathie à son égard avait déjà disparu. Bien intégré, son arc aura réussi à la rendre moins superficielle, plus humaine, et à apporter un peu de drame de manière un peu maladroite mais convaincante.

Mais plus que tout c’est Shizune que j’ai appris à apprécier, comme une espèce de chieuse attachante. Ses nombreuses contradictions la rendent également plus complexe qu’il n’y paraît et l’on peut enfin entendre sa « voix » à elle lorsque Hisao décide d’apprendre la langue des signes, ce qui mène à des situations désopilantes où quelqu’un se fait son interprète et que le lecteur peut à loisir admirer le fossé entre la phrase originale, souvent incendiaire, et la traduction affable. Cette phase aurait dû durer plus longtemps et remplacer l’inutile partie où l’on découvre la famille de Shizune, des personnages secondaires inintéressants. Son père en particulier. J’ignore toujours s’il fait semblant d’être un enfoiré quand il se plaint que sa fille ne l’appelle pas (elle est SOURDE, comment veux-tu qu’elle se serve d’un téléphone ?).

 

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Traduire Shizune, tout un art !


En bref, si le thème choisi pour Shizune, la nostalgie au sortir du lycée (l'avantage de ce thème c'est qu'il englobe tout le reste de l'année, il y a donc des ellipses, ce qui rend davantage crédible l'amitié d'Hisao avec les deux jeunes filles), sonne comme du vécu et projette une lumière intéressante sur notre perception des personnages, sa route est malheureusement minée par un large inconvénient : la romance ne marche pas. Ou plutôt, devrais-je dire, elle n’existe pas. Même lorsque Shizune et Hisao sont censés sortir ensemble, ils ne se « parlent » pas de manière différente, ne s’embrassent pas, ne se prennent pas la main. Il y a juste une scène de sexe issue de nulle part au début et puis une autre toute à la fin. Pour un visual novel à tendance « dating sim » centré sur des histoires d’amour avec de jeunes filles handicapées, ça fait un peu tâche. En somme Shizune et Mischa fonctionnent paradoxalement mieux en personnages secondaires, en soutenant le héros.

 

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La lumière au bout du tunnel : le cas de Rin
Jusque là l’expérience Katawa Shoujo fut chez moi plus que mitigée. Entre les scénaristes qui veulent réellement développer le  handicap de leur héroïne (Hanako, Emi) et persistent vaille que vaille, quitte à échouer à livrer un véritable développement psychologique, une relation qui ait du sens, entre ceux qui ne sont pas à l’aise avec le handicap et décide de se forger leur propre thème mais peinent à le rendre vivant (Emi, Shizune), ceux qui se contentent de minimiser les pertes avec un développement stéréotypé (Lilly) et ceux qui abandonnent carrément l’idée de romance (Shizune), le scénario censé fonder la baser du visual novel s’est au bout du compte montré instable et vacillant. Heureusement, la route de Rin prouve qu’il est possible de trouver un équilibre. Dosée juste ce qu’il faut entre comique et drame, entre léger et philosophie, entre développement psychologique et intrigue, c’est, je le crois, la route la mieux bâtie du lot. Rin se révèle tour à tour tête en l’air, toujours à balancer des répliques aussi absurdes qu’irrésistibles, tragiquement indécise, prisonnière du présent, de sa propre abstraction. Elle n’est pas définie par son handicap et écope d’une véritable personnalité, complexe juste ce qu’il faut, et en même temps son handicap est instrumentalisé par son entourage de manière vraisemblable. Contrairement aux autres routes qui flottent les unes par rapport aux autres dans un espace-temps incertain, elle se colle parfaitement à celle d’Emi et s’en démarque par une structure similaire (présentation, conflit, résolution) mais mieux exécutée.

 

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Le thème de Rin est l’Art. Soumise à la pression de son professeur qui voit en elle un prodige, elle se voit proposer de participer à une exposition à condition de produire de nouvelles toiles. A travers cette situation simple sera développée une petite réflexion sur l’Art tandis que Rin s’en va en guerre contre elle-même, craignant et souhaitant à la fois de changer. Une équation dans laquelle vient se mêler un Hisao mélancolique qui essaye de trouver sa place quelque part et finit par se prendre d’affection de l’étrangeté de Rin. Emerge alors un espèce d’égoïsme très compréhensible qui rend soudainement notre héros plus humain, un égoïsme dont fait également preuve le professeur d’arts plastiques, personnage secondaire et admirablement esquissé. Certaines idées auraient pu être davantage développées ([spoil] notamment lorsque la jeune fille déclare vouloir s’auto-détruire comme une sorte de sacrifice pour l’Art [spoil]) mais globalement c’est tout ce que j’attendais de Katawa Shoujo : que l’héroïne raconte son histoire, que l’héroïne ait une histoire à raconter. Le scénariste, ici Aura, aura fait du très bon boulot.

 

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Petit point sur les scènes de sexe
Avant de conclure, rapide parenthèse sur l’aspect qui aura le plus fait parler du jeu : le sexe. Contrairement à ceux qui crient au sacrilège et à ceux qui tentent de l’excuser en misant sur le scénario, je serais assez neutre. Il faut dire que j’ai l’habitude maintenant, ça ne me choque plus vraiment. En l’occurrence le jeu n’utilise que des illustrations très soft. A part l’unique scène sensuelle d’Hanako, aucune ne montre l’emboîtement des parties génitales en fait. Comme dans tout bon eroge scénaristique, les scènes semblent parfaitement inutiles mais c’est un peu le principe. Généralement on ne dépasse pas les 2/3 scènes érotiques par personnage et il faudra un sacré paquet d'heures de lecture pour y arriver, ce n'est clairement pas un nukige donc. Petit bonus pour les récits d’Emi et de Lilly qui mentionnent (sinon utilisent) les préservatifs, c’est toujours appréciable. J’aurais aimé qu’il en soit de même dans les autres routes. Sinon rien à signaler sinon une scène dans la route d'Emi tellement bizarre que même l'auteur finit par la tourner en dérision (et c'est sans doute mieux ainsi).

 

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Rin à son meilleur : pendant les scènes de sexe des autres


Bilan
En conclusion, Katawa Shoujo n’a aucunement à rougir par rapport à tout ce qui touche le domaine technique : réalisation irréprochable, des graphismes excellents, de l’animation, une masse de travail impressionnante pour un résultat tout aussi impressionnant d'une bonne vingtaine d'heures de jeu. En revanche le jeu est à l’image de l’équipe qui s’en occupe : fragmenté. Les incohérences scénaristiques et graphiques s’oublient, les failles béantes l’intérieur de l’intrigue (ou devrais-je dire, des intrigues) en revanche ruinent complètement l’expérience, ce qui est plus que rageant. Je voulais aimer ce jeu, je le voulais vraiment, je voulais encourager Four Leaf pour leur boulot, mais au final seule la route de Rin sauve réellement le navire du naufrage et rattrape l’ennui des scénarios de Shizune et Lilly comme les grossièretés littéraires de ceux d’Emi et d’Hanako. Si l'équipe s'était davantage centrée sur l'humour, et il n'est plus à prouver qu'elle sait être drôle (surtout à travers Rin ou des personnages secondaires comme Kenji ou Akira) au lieu de se forcer sur le drame, le résultat aurait peut-être été différent. Au lieu de prouver qu'on peut vivre avec un handicap, le jeu prouve surtout l'incapacité de ses personnages à briser le mur de l'incommunicabilité, un obstacle irrationnel :  le refus de la compréhension.

 

Est-ce que je conseille cette oeuvre quand-même ? Oui, pour les connaisseurs du visual novel amateur, rien que pour apprécier l’outil qu’est Ren’Py à sa pleine puissance et les possibilités qu’il renferme. Oui aussi, pour la route de Rin, mais ce sera tout. Je pense qu’aborder un nouveau prisme de réflexion est essentiel : ne plus regarder le jeu comme une source de hype et un potentiel immense jamais vraiment exploité est très difficile, c’est pourtant sans doute ce qui aura le plus tué Katawa Shoujo...

 

En un sens, la victoire de la team Four Leaf est plus symbolique qu'autre chose : en mettant la barre très haut dans les standards de visual novel anglophone et en sortant un produit complet malgré l'adversité, l'équipe fait rêver tous les créateurs amateurs utilisant Ren'Py et encourage à toujours plus d'ambition et ça, on ne peut pas le leur enlever.

 


 

EDIT : Pas encore eu le temps de répondre aux commentaires mais j’en ai survolé quelques uns et je souhaitais apporter une série d’ajouts.

  • Le premier étant le terme de masque qui n’est bien sûr pour moi qu’une figure de style (littéraire oblige, j’aime bien employer des métaphores). Je n’entends pas par là que les héroïnes font semblant d’être ce qu’elles sont mais qu’elles se limitent à leur apparence. Pour être plus claire, un auteur (dont j’ai oublié le nom) a dit une fois qu’aucun être humain ne se résumait à son apparence, qu’il y avait toujours plus à voir. Or ce n’est pas le cas des personnages de Katawa Shoujo. Je ne leur demandais pas d’être hautement complexes, juste de comporter une deuxième facette pour compléter leur être superficiel. Et elles n’en ont bien souvent qu’une seule, surtout Lilly et Hanako, les autres remplissent plus ou moins ce critère. Ecrire un récit centré sur une héroïne monodimensionnelle et la rendre intéressante demande cent fois plus de talent et la team ne pouvait pas être à la hauteur d’un tel défi.

 

  • Le second étant, comme me l’a si bien rappelé Gen, la problématique de la différence. Katawa Shoujo traite de jeunes filles handicapées, donc « différentes ». La question qui se pose naturellement est donc « C’est quoi la différence, c’est quoi ce qu’on appelle normalité ? » et le jeu l’écarte totalement en dehors de la route de Rin. Je pense qu’une simple définition de quelques phrases, dans un des monologues d’Hisao ou à la place d’un dialogue inintéressant, aurait permis de rendre plus bien cohérent l’ensemble sinon apporter une nouvelle dimension.

 

  • Encore une fois, mes attentes n’avaient rien de transcendant, elles étaient même très basses pour ainsi dire. En m’attaquant à la version complète de Katawa Shoujo je voulais simplement que chaque héroïne me conte son histoire, aussi simple soit-elle. Et pour avoir une histoire à raconter il faut avoir un passé, des forces, des faiblesses, même si ce sont des notions très brièvement esquissées. C’est un minima de base de la littérature et je pense que ce n’était pas énorme de ma part même si, bien sûr, ma formation de littéraire me rend bien plus sensible au scénario que les individus lambdas qui, peut-être, se contentent volontiers de belles images. Une petite histoire sympa, ce n’était pas la mer à boire et j’ai par ailleurs chialé comme une madeleine devant Tokyo Alice, un visual novel amateur japonais, avec des photos en guise de background aussi, dont je n’attendais pas grand-chose non plus. Tokyo Alice n’a pas 20h de jeu à proposer ni des animations magnifiques, mais je me suis sentie plus proche du drame très simple de son héroïne que de tous les personnages de Katawa Shoujo réunis (même Rin que pourtant j’adore). Je crois que cela veut dire beaucoup. Le mieux est l’ennemi du bien...


Sinon je tiens à remercier les personnes qui ne se sont pas laissées aller au troll dans les commentaires et sont restées respectueuses, même si c’était pour opposer une opinion différente de la mienne (ce qui est normal). Je savais d’avance que critiquer Katawa Shoujo me vaudrait des remarques cinglantes mais je n’avais pas envie de me forcer à aimer quelque chose qui ne me plaisait pas ni de faire semblant de trouver le jeu génial à cause de son origine particulière. Je pense qu’il est plus important de rester fidèle à soi-même, quitte à être la seule à élever la voix.

 



Sinon l'Eroge Mix de janvier est sorti depuis quelques temps déjà. J'ai eu des soucis avec la vidéo : elle était normale quand je l'ai posté (après plusieurs essais désespérés) et quelques heures plus tard impossible de l'écouter sans que le son soit étrangement accéléré, depuis elle remarche correctement. A n'y rien comprendre. Dommage, surtout que c'est une super compilation cette fois, avec plein de Nitro+ (bon ok, c'est pas vraiment un eroge à la base, c'est un jeu de combat avec les héroïnes de plusieurs eroges, mais ça compte quand-même).

 

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commentaires

Mathieu 12/01/2017 23:05

Bravo très bon article bien complet.
Je suis bien d'accord dans toutes tes critiques sur le côté narratif inégal et la psychologie de Hisao. Mais en même temps un personnage qui tomberait sincèrement amoureux aussi facilement de 5 filles aussi différentes ne peut pas exister. Il ne serait de toute façon pas crédible. Donc au premier acte il doit avoir très peu de personnalité et celle ci apparaît (un peu). Je n'ai fait que la route de Rin, un peu par accident, et au début je me suis dit que ça n'avait aucun sens qu'un type comme ça aille en cours d'art et finisse avec une fille comme ça. Et sa personalité apparaît comme par hasard au fil du récit pour aller avec celle de Rin (enfin vaguement) et ça passe. Il faut juste éviter de faire toutes les routes à la suite du coup, j'imagine, sinon cette crédibilité ne tient plus la route.
Heureusement tu m'as un peu coupé l'envie de faire les autres routes donc je vais attendre un peu ;)

vincent 05/10/2015 00:01

genial j ai voulu dire genial a la fin pas pitoyable et avent qu on m attaque avec un oui ben aprend a ecrire avent je dit np je sais déjà que c bourrer de faute

vincent 04/10/2015 23:59

le jeu et juste genial et t critique sur le perso lilly qui et juste la meilleur route sont juste a chier dsl d etre si vulgaire mais si c juste pour crachet sur se jeux qui et juste genial plutôt rien marquer que perdre 2h a ecrire t on post sur le jeux qui et franchement pitoyable

vincent 04/10/2015 23:57

t com c de la merde

MissLuise 06/07/2014 00:14

Bonjour !

Je me suis mise aux visual novels il y a peu, et Katawa Shoujo est le deuxième eroge que j'expérimente (Yume Miru Kusuri étant le précédent, je te laisse deviner que ton enthousiasme pour ce jeu
n'y est pas étranger :) )
Pour ma part j'ai eu de bonnes surprises dans KS ; si la route d'Hanako était effectivement violente dans son inhumanité, j'ai trouvé celle de Lilly appréciable, et j'ai bien aimé aussi celle d'Emi
; celle de Shizune, bon, est un peu plate, je trouve, mais quelque part il y a un équilibre : c'est comme si chacune des routes contentaient des goûts différents... Je trouve ça plutôt malin de la
part des scénaristes :) (je n'ai pas encore finie la route de Rin, gardée par la fin au vu de ton enthousiasme.. J'ai hâte ! ^^)
Je commente surtout pour donner ma pierre à l'édifice tentant de comprendre Hisao : peut-être cela a-t-il déjà été dit, mais le personnage me semble assez caractéristique de ce que l'on trouve
habituellement dans les visual novels : un vide sur lequel se greffe le joueur, et qui lui permet de prendre facilement place dans le jeu... En tout cas c'est comme ça que je l'ai aussi ressenti
dans Yume Miru Kusuri (le seul jeu où je n'ai pas senti ça est pour l'instant Nicole de WinterWolves... Bon c'est un peu un jeu pour midinette, j'avoue, mais au moins l'héroïne a du caractère :p ).
Du coup, comme Kouhei, Hisao se retrouve à être -souvent, à mon goût- un personnage assez détestable, insistant, pervers (au sens psychologique et non sexuel) et du coup très dérangeant : mais
n'est pas parce qu'on essaye de le considérer comme un personnage entier et extérieur à nous même ? Je pense que les scénaristes (enfin ceux des routes dans lesquels il agit ainsi) se sont beaucoup
identifiés à lui pour écrire, et en décrivant avec force ses pensées, ont voulu faire de lui un quidam susceptible de ressembler aux joueurs : personnellement, je ne suis pas très à l'aise avec la
question de l'handicap, et j'avoue que les questions qu'il se pose à propos d'Hanako, je me les suis posées aussi (bon après j'aurais pas insisté pour qu'elle me raconte sa vie, mais bref). Je me
demande si le visual novel, en forçant l'écriture des pensées intimes du protagoniste, ne met pas des mots sur des tabous de pensées que l'on a tous et que l'on ne s'avouera jamais... parce
qu'elles ne sont pas faites pour ça. Après au choix du scénariste de rester dans le politiquement correct et l'éthiquement viable ou de décider de descendre dans les tréfonds de nos esprits
retors...Bon je m'arrête là.
En espérant que mon message est resté à peu près clair et intéressant ^^

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