1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:00

Littérature

 

Gontran de Sainte Luce

(1612 – 1680)

Attention là c’est du lourd, âmes sensibles s’abstenir !


« Vers 1645, Gontran de Sainte Luce publie son premier livre. D’inspiration animalière, ses textes ne rencontrent qu’un intérêt poli ; certains n’hésitent pas à ironiser sur la naïveté de ses contes, leur prédisant un large succès auprès des enfants ».

 

« En 1653, il publie son second recueil, Partie de chasse. Cette fois l’accueil qu’il reçoit est totalement différent, à l’instar du style de l’ouvrage, certes toujours en vers, mais ouvertement érotique. A cette époque où le libertinage est monnaie courante, ce n’est pas tant le ton qui choque, mais le fait que les textes évoquent sans fard la sensualité des faisans, des lièvres et autres gibiers à poils ou à plumes, examinés et sublimés dans leur plus stricte intimité. »

 

Son recueil suivant, Hymne à la faune, « fait l’effet d’une bombe : transgressant un tabou que la littérature n’avait encore jamais osé aborder, il y est explicitement question d’amours entre humains et toutes sortes d’espèces, incluant les mammifères marins et les crustacés ».

 

Citation : Dieu a dit « Aimez-vous les uns les autres » mais il a omis de préciser qui étaient les uns et qui étaient les autres

 

Extrait d’Hymne à la faune :

On ne désire pas ce qu’on ne connaît pas

 

Un fermier qui comptait plus de cent bêtes au champ

Se plaignait du labeur qui le laissait suant

Quant à l’heure des bals et des soupers galants

Il rentrait épuisé se coucher tristement

 

Sensible et solitaire, il rêvait à l’amour

Aux parfums délicieux de celle aux milles atours

Qu’il avait vu passer à la ville un beau jour

Sans qu’elle eût su daigner lui sourire en retour

 

Il se plaignait encore quand à l’heure matinale

Il croisa le regard d’un gentil animal

C’était l’ânesse Jeanne, bonne fille du Cantal

Qui, en pleine chaleur, était d’humeur joviale

 

Notre homme sortait à peine d’un rêve convaincant

Où il avait fait sienne la fille d’un gitan

Contre une belle ânesse offerte sur le champ

Si la bête était belle, que dire de l’enfant ?

 

Le voilà donc lui-même, le songe encore en vie,

Toisé par sa bourrique qui, cambrée, le supplie

De la libérer là de sa brûlante envie,

Promettant d’un regard, une superbe gâterie.

 

Car la bête édentée n’était pas débutante

Encore petite, elle sut de sa bouche vaillante

Combler les solitaires aux épouses vacantes

Son art tient en un mot : faire oublier l’absente

 

Le fermier n’y tient plus et contourne la Jeanne

Réclamant sa gâterie, il lui tend son organe

Mais la belle insoumise rit des mœurs du profane

Qui pressé d’arriver veut contourner la douane

 

Il comprend son erreur et honore la dame

D’un coup de rein rageur, lui déclare sa flamme

Ils jouissent à l’unisson et tous els deux se pâment

Pour ne pas mourir sot, un bon fermier fait l’âne.

 

Mots-clés : SPA, accouplement de vertébrés (quelle façon poétique de dire zoophilie), Walt Disney, MER il est fou (un peu beaucoup même)

 


 

Gottfried et Gudrun Von Lunen

(1886 – 1915 / 1889 – 1972)

Alors que Gottfried n’a que trois ans, [son père] Ernst von Lunen tente de l’intégrer à son équipe d’ébénistes, sous prétexte que ses petits doigts pourraient se révéler fort utiles pour certains travaux minutieux, mais sa femme s’y oppose. Le baron ne réapparaît que deux ans plus tard au château familial ; il n’y revient que pour « emprunter » les bijoux de son épouse, non sans avoir été obligé de l’enfermer au préalable dans un placard. »

 

Petit garçon ennuyeux et lugubre, Gottfried cherche sa vocation tout en s’entraînant « à la pendaison dans la pièce la moins fréquentée du château : la bibliothèque. C’est là q’il fait la découverte capitale du traité De la guerre, de Carl von Clausewitz. A peine a-t-il commencé à le feuilleter qu’il est fasciné par l’esprit de son auteur et par son génie tactique. Gottfried a enfin trouvé sa voie : il sera stratège militaire. Il savoure cette révélation durant quelques jours avant de réaliser qu’il n’a pas la moindre idée de la façon dont il abordera sa future carrière. »

 

Il arrive alors à se faire passer pour savant devant un soldat bourré qui lui présente son supérieur et lui commande un ouvrage sur la guerre. « Muni de petits soldats de plomb, il s’ingénie à simuler des batailles dans le jardin, en quête des fulgurances militaires qui feront sa gloire et celle de son pays. Au beau milieu d’une reconstitution de la bataille de Waterloo, il glisse dans une flaque de boue et tombe la tête la première sur une fourche. Il décède aussitôt de trois perforations frontales. C’est sa veuve, Gudrun von Lunen, qui découvre son corps. Désespérée mais dotée d’une grande capacité à rebondir, elle comprend que son salut peut venir d’un subterfuge : en cachant la mort  de son époux, elle pourra livrer l’ouvrage commandé et toucher ses émoluments. Elle rassemble les quelques croquis et notes qu’il a laissé,  rédige le traité à sa place, et parvient à le remettre en temps et en heure.

 

Citation : Gare à la guerre et guerre à la gare

 

Extrait de Traité nouveau des œuvres guerrières en temps de paix relative :

[…] La confusion des niveaux logiques, l’absurde agencement des chapitres, les variations stylistiques dues au plagiat et aux copier-coller avant la lettre, le passage d’une réflexion vaguement philosophique à une déclaration de principes digne de Groucho Marx, font de cet ouvrage un chef d’œuvre absolu.

 

[…] La guerre n’est pas une histoire de femmes, mais nos soldats ont besoin de s’amuser. Je propose que, tous les dix jours, ils fassent une pause et s’amusent un peu, pendant une durée pouvant varier de cinq à dix jours […]

 

Mots-clés : Angela Merkel, la grosse Bertha, château de Cendrillon à Disneyland

 


 

Adrienne Chauvin

(1915 – 2007)

 

Œuvres majeures : Femme fontaine, je bois ton eau, La Verge et le pli, Un œil de bœuf dans ma fente, L’Hostie, La Collerette ou le bouc, Déflore-moi exactement

 

Mots-clés : chapelet, point de croix, Les Onze Mille Verges, Jodie Foster, marquis de Sade, L’Exorciste

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commentaires

Helia 03/04/2010 16:35


Faf = On pourra pas dire que je n’ai pas prévenu :p.
Gudrun Von Lunen a tout compris à la vie. On planque le cadavre, on touche le blé et hop, ni vu ni connu, totale liberté =D.
Vais-je te surprendre si je te dis que l’extrait de l’œuvre d’Adrienne Chauvin est une histoire pseudo-érotique entre deux nonnes X) ?

Kiddy = A la base Gontran de Sainte Luce n’était pas à proprement parlé un fabuliste pour enfants, mais comme il n’écrivait que sur les animaux, bah les autres se foutaient de sa gueule. Je suis
pas sûre que la sortie de son dernier ouvrage ait amélioré le tableau XD.

Kaïl = Mais ça me rappelle le Donjon de Naheulbeuk tout ça XD.

Elfe (prenant une douche à poil devant tout le monde) : « Hum, que c’est bon d’offrir son corps à la nature »
Ranger : Moi j’suis plutôt de nature à m’offrir son corps !
Barbare : Tu penses trop fort.
Ranger : Pas grave, elle a rien entendue.


Kaïl 02/04/2010 17:30


Gontran DE SAINTE LUCE faisait corps avec la nature, un amoureux de la faune comme il en existe peu (Et c'est tant mieux.).
Si ça se trouve, la Blitzkrieg faisait partie des tactiques décrites dans le bouquin des VON LUNEN.
Adrienne CHAUVIN ne laisse planer aucune équivoque quant au contenu de ses ouvrages, ou alors elle manie à merveille le sous-entendu douteux.


Kiddy 01/04/2010 17:02


"Je propose que, tous les dix jours, ils fassent une pause et s’amusent un peu, pendant une durée pouvant varier de cinq à dix jours […] "

Quelle utopie o/

BIG UP a Gontran de Sainte Luce et ses merveilleux poèmes... qui aurait pu deviner qu'il est à la base un fabuliste pour jeunes enfants innocents ?


Faf 01/04/2010 11:38


"Attention là c’est du lourd, âmes sensibles s’abstenir !"
> c'est le moins qu'on puisse dire

"Désespérée mais dotée d’une grande capacité à rebondir, elle comprend que son salut peut venir d’un subterfuge"
> Elle ne perd pas ses moyens dis donc

"Œuvres majeures : Femme fontaine, je bois ton eau, La Verge et le pli, Un œil de bœuf dans ma fente, L’Hostie, La Collerette ou le bouc, Déflore-moi exactement"
et une obsédée pour compléter ce merveilleux (ou pas) groupe d'auteurs


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