2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 07:00

 

Littérature

 

Vaclav Venceslas

(1885 – 1936)

Si sa vie n’a pas grand chose de captivant, sa mort en revanche est digne d’un épisode de Six feets under : « C’est au cours de la toute première répétition de la pièce [une pièce sur la défenestration] au château de Prague que, joignant le geste à la parole, Vaclav Venceslav mourut en se défenestrant par erreur. »

 

Citation : Kafka c’est de la merde !

 

Extrait :

Le drame en neuf actes Du fumier pour Luther, qui traite de la deuxième défenestration, prend la forme d’un long monologue (bafouant ici les règles les plus élémentaires de la dramaturgie) de Jaroslav Martinic, l’un des deux gouverneurs défenestrés, et commence sur un ton lyrique.

 

Acte I

[…] Ô vous, mes bourreaux, qui foulez aux pieds Loi, qui croquez une nouvelle fois dans la pomme ! Ô vous mes bourreaux, je vous offre ma vie…ma mort… Mon corps est à vous, mon âme est à Dieu ! […]

[Cet acte dure environ deux heures trente]

 

Acte II

[Le deuxième acte est uniquement constitué d’une longue onomatopée : le cri du premier supplicié, Wilhem Slavata, durant sa chute]

 

Acte III

[Au cours de cet acte, notre auteur choisit de manifester l’effroi auquel cède Jaroslav Martinic par un changement de style censé témoigner de la faiblesse psychologique du personnage qui tente d’amadouer ses assaillants]

 

(Tandis que les gardes l’empoignent et le suspendent dans le vide par les pieds, sur un ton parfaitement maîtrisé : )

« Mes amis, une telle méprise est bien humaine. Vous venez de prouver votre loyauté. Honnis soient ces chiens puants de protestants ! J’avais infiltré leur église afin de tenter de les remettre dans le droit chemin […] Vous pouvez désormais me ramener sur la terre ferme afin qu’ensemble nous allions nous réjouir à travers l’amour du seul vrai culte. »

 

Acte IV

[Il s’agit d’une longue pantomime au cours duquel on voit l’intéressé tenter de s’échapper, glisser et se masser la cheville en hurlant de douleur]

[…]

 

Acte V à VIII

[…]

[Son mensonge éclate au grand jour ; l’empereur confirme la sentence]

 

Acte IX

[Se voyant condamné, Jaroslav Martinic perd toute forme de dignité]

« Lâche moi ! Fais pas l’con j’te dis… En fait je suis juif… »

 

[Lâché dans le vide, il est sauvé par le tas de fumier sus-évoqué]

 

Mots-clés : urine, lanterne, La Chute, fumier, Les Monologues du vagin, Synthol

 



André Chevalier

(1921 – 1982)

L’héritier spirituel de Makoto de School Days…

 

« A l’école Paul-Louis Courier, où il est titulaire, il s’éprend d’une collègue, Jocelyne Darmon. Au cours des premiers mois de leur relation, André Chevalier parvient à se convaincre qu’il a le droit au bonheur et n’est en aucun cas en train de voler celui de son frère défunt. […] André demande Jocelyne en mariage, ce qu’elle accepte avec joie. Le jeune couple scelle sa future union au cours d’un déjeuner de fiançailles champêtre. Mais, avant de passer à table, Jocelyne présente sa cousine Amélie à André qui en tombe instantanément amoureux. Et réciproquement. Bien qu’ils consacrent toute leur énergie à oublier ce coup de foudre, au cours des jours suivants, les deux jeunes gens sont profondément bouleversés. Puis, le hasard ayant fait qu’ils se rencontrent place Grégoire-de-Tours, ils acceptent de se rendre à l’évidence. Amélie prend alors les devants et informe Jocelyne de la situation. Profondément amoureuse et convaincue des sentiments de son fiancé à son égard, Jocelyne décide de lui laisser le temps de faire son choix. André, lui, se retrouve en proie à d’obsédantes pensées sur ce nouveau coup du destin. Il aime sincèrement les deux jeunes femmes et souffre autant qu’elles du cruel dilemme auquel il est confronté. Les nuits d’insomnie qui furent siennes durant de nombreuses années redeviennent son lot quotidien. Il finit par sombrer dans une profonde dépression.

 

Peu désireuses de gâcher leur jeunesse en attendant une incertaine décision de leur amant, les deux cousines finissent par prendre les choses en main : elles jouent André aux dés au cours d’une interminable nuit d’hiver et c’est Jocelyne qui l’emporte. Au petit matin, elle vient annoncer sa victoire à son fiancé, accompagnée d’Amélie qui, bonne perdante, décide de quitter la ville afin de mettre de la distance entre elle et le couple réformé. Loin d’apaiser André, l’idée qu’il ait pu être joué aux dés achève de le traumatiser. […] André est incapable d’envisager un avenir serein avec Jocelyne. Il rompt leurs fiançailles et part se refaire une santé en Suisse » où il entame un premier ouvrage qui intéressera d’emblée un éditeur.

 

« Lequel, emballé par la sensibilité et les qualités narratives d’André Chevalier, lui signe aussitôt un contrat sous réserve que celui-ci choisisse une fin. Deux ans plus tard, André n’a toujours pas tranché entre ses deux dénouements. Exaspéré, l’éditeur informe que s’il ne prend pas une décision immédiate, il tranchera à sa place. Le lendemain André est victime d’une violente crise de coliques néphrétiques. Bien que le lien de cause à effet entre l’épilogue du roman et la maladie de l’auteur ne puisse être établi, l’éditeur se sent atrocement coupable. Etre deux injections d’antispasmodiques, André le supplie de publier son roman avec les deux fins. D’abord réfractaire, l’éditeur y voit la possibilité d’initier une véritable petite révolution littéraire. »

 

Perpétuellement tiraillé, y compris par les prénoms de ses protagonistes, qui changent parfois au fil du texte, André Chevalier, publie une dizaine de romans. Il se laisse gagner par l’irrésolution la plus totale, au point d’écrire parfois la même chose de deux manières différentes. Il meurt renversé par un camion, tandis qu’il hésitait entre finir de traverser la rue et revenir sur ses pas. »

 

Citation : Comment ça : fromage ou dessert ?

 

Mots-clés : La Grande Vadrouille, arrêt maladie, Pile et Face, grille de Loto, âne de Buridan

 


 

Et pour finir, quelques conseils pour paraître intelligent :

 

Eléments de la riposture

Rares sont ceux ou celles qui parlent de littérature dans le seul but de partager une passion sincère pour un auteur. La plupart du temps, le discours relève de l’imposture intellectuelle.

 

2. Soyez iconoclastes…mais dans le bon sens ! Ne critiquez jamais les auteurs qui vendent beaucoup de livres, c’est l’apanage des aigris. Même si vous ne les lisez pas, vous considérez que la littérature populaire a sa raison d’être. Si l’on vous dit : « Marc Levy c’est de la merde », demandez à votre interlocuteur de préciser sa pensée. Et rappelez-lui que l’histoire littéraire doit beaucoup à ces femmes et ces hommes qui, en leur temps, furent traînés dans la boue pour aujourd’hui figurer dans les manuels scolaires. Votre conclusion : « Même les genres mineurs finissent toujours par trouver leur Shakespeare ».

 

4. Si quelqu’un vous demande : « As-tu lu le dernier Untel ? », répondez par un long silence en faisant mine de réfléchir… On pensera alors que vous lisez tellement vite que vous ne vous en souvenez même plus, ou bien que cet ouvrage ne vous a pas marqué, ce qui interdira à votre interlocuteur toute envolée lyrique sur le livre en question… Plus humblement, si vous préférez parler, dites « J’attends qu’un livre vieillisse avant de le lire ; s’il reste lisible trois ans après sa sortie, il a toutes els chances de devenir un classique. »

 

8. Face aux râleurs qui prétendent qu’on ne s’y retrouve plus dans les librairies, tant les rayons sont encombrés de biographies d’actrices ou de footballeurs, laissez s’installer un long silence et demandez-leur où ils achètent leurs livres.

 

9. A celui qui tentera de lancer un débat sur le thème « Bandes dessinées et mangas sont-ils la littérature du future ? », demandez ce qui le fait s’interroger sur la question.

 


 

Et voilà, c'est la fin de cette merveilleuse saga littéraire . Maintenant, promis, juré, je m'attaque aux films Kara no Kyoukai...avant le mois prochain. Je me motive, je me motive, mais y a encore du boulot à faire.

 

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commentaires

Phatkap 04/04/2010 23:08


Si quelqu’un vous demande : « As-tu lu le dernier Untel ? », répondez par un long silence en faisant mine de réfléchir… On pensera alors que vous lisez tellement vite que vous ne vous en souvenez
même plus, ou bien que cet ouvrage ne vous a pas marqué, ce qui interdira à votre interlocuteur toute envolée lyrique sur le livre en question…"

Tu m'as scié ^^
Merci pour cette série d'articles. Y'avait vraiment des perles.


Helia 03/04/2010 16:40


Kaïl = Déjà une pièce sur la défenestration c’est pas commun, ça manque dans le théâtre actuel =D.

Kiddy = Ta phrase est si profonde que je m’y noie XD.
Ahaha, et alors : Fromage ou dessert :p ?
Mais de rien. Tout le monde a besoin d’un petit rappel culturel de temps en temps et rien de tel pour pallier à cela que quelques auteurs tellement fameux que le monde n’aurait jamais dû les
oublier o.

Faf = Ben quoi, ça arrive à tout le monde de se défenestrer par erreur ! Ou pas XD…


Faf 02/04/2010 22:30


Juste énorme la défenestration par erreur

+1 pour les techniques de ripostures


Kiddy 02/04/2010 21:20


"[Lâché dans le vide, il est sauvé par le tas de fumier sus-évoqué] "

Comme quoi , un fumier peut en cacher un autre. (il faut que je dépose un brevet sur la phrase philosophique que je viens de sortir).

André Chevalier ... c'est mon DIEU o/ , c'est un génie pour avoir fais tant attendre ces demoiselles ... Je me retrouve pleinement dans sa situation juste parce que j'ai sortie la même phrase
"comment ça fromage ou dessert ?" au resto il y a 4 semaines .

+1 pour les techniques de ripostures.

Merci Helia pour ces articles et ses auteurs que nous oublions parfois o/


Kaïl 02/04/2010 17:46


J'étais plié en deux durant toute la partie sur Vaclav VENCESLAS. Le coup de la défenestration par erreur était bien amené et la description de la pièce est épique (Les retournements de veste
bidons de Jaroslav MARTINIC, juste énormes placés dans ce contexte !).
André CHEVALIER, L'Indécision Caractérisée ; ça pourrait être un bon titre pour une biographie du personnage non ? Ca cerne plutôt bien l'homme et son esprit je trouve.
Merci pour les éléments de la riposture, on en fera bon usage.


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