27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:00

 

Exceptionnellement je vais parler d’un livre (non ne faites pas ces mines dégoûtées, je vous promets que ce n’est pas contagieux =O). Mais tout d’abord replaçons les choses dans leur contexte : quand j’étais en première/terminale j’avais une colocataire fan de science-fiction qui m’avait fortement conseiller de lire la Trilogie des Fourmis de Bernard Werber, mais faute de temps et d’envie ça n’avait jamais pu aboutir…jusqu’à cette année où, devant acheter des livres pour le français, je me suis soudain surprise à prendre cette fameuse trilogie (sur un coup de tête, comme ça) en lieu et place de ces merveilleux classiques si chers à mon professeur. Avec une totale confiance (les goûts de cette demoiselle m’ayant toujours parus très raffinés), je me suis jetée dessus et en une semaine, j’avais tout fini (majoritairement en cours de philosophie, ahem) et j’étais fan. Du coup, par une logique effroyable je me suis mis à chercher d’autres livres du même auteur et mon choix s’est porté sur les Thanatonautes. Pourquoi celui là particulièrement ? Eh bien par ce qu’il semblait avoir une place particulière à la fois pour l’auteur et pour les lecteurs de Werber. N’écoutant que mon courage, je me lançais donc à l’assaut !

 

thanatonautes-copie-1.jpg

 

L’histoire est donc celle de Michael Pinson, un jeune homme simple et un peu naïf qui mène une vie assez solitaire. Il est brusquement dérangé dans sa paisible existence par le retour de son meilleur ami, Raoul Razorbak, qu’il n’avait pas revu depuis des années. En effet, partageant une passion commune pour tous les mystères qui entouraient la mort, une solide amitié s’était construite autour de ces deux personnalités atypiques. Raoul n’est pas là pour discuter du passé, il a besoin de lui pour une raison très précise : visiter le continent des morts. C’est ainsi que Michael mets le doigt dans un engrenage qui l’entraînera au-delà de toute imagination.

 

Pour quelqu’un comme moi qui adore philosopher et tout ce qui touche au mystérieux, un tel synopsis ne peut que faire baver d’envie. Visiter le continent des morts ? Allons bon, rien que ça ? Vendu !

 

Attention, quelques spoils mineurs se sont glissés dans cette review, sauras-tu les retrouver ?

 


Quelques généralités

Déjà, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le style du bonhomme, il faut savoir que le livre est constitué de petits paragraphes plus ou moins longs (mais jamais trop) : ici l’histoire même, mais aussi des petits bouts de textes tirés le plus souvent de divers mythologies et ayant traits avec la mort (procédé assez courant chez Werber) mais aussi d’un manuel d’histoire imaginaire (vous comprendrez vite pourquoi) et de rapports de police. Les phrases sont dépourvues de toute fioriture, pas de grands élans lyriques ici, juste les faits et rien que les faits. Les détracteurs diront que Werber n’a aucun style et c’est vrai, mais il me semble qu’il n’essaye pas d’en avoir un mais de se rendre le plus accessible possible, d’autant plus que la science a une grande importance dans ses romans -il ne faudrait pas perdre le lecteur. Les personnages sont souvent assez « minces » en ce qu’ils ont une place très relative, on a souvent l’impression que c’est l’intrigue qui les fait et non le contraire. Peu de psychologie donc. Avec ces quelques notions de bases, on peut maintenant attaquer la montagne à mains nues ! Et comme l’intrigue se découpe en trois chapitres, je vais faire original, je vais en faire quatre (trois plus une autre en fait).

 


 

1 ère époque : le temps des bricoleurs, ou le temps de la curiosité

 

1492 : Premiers pas sur le continent américain

1969 : Premiers pas sur la Lune

2062 : Premiers pas sur le continent des morts

 

On rencontre directement Michael Pinson qui, semblant être porteur d’un lourd secret, nous dit qu’il hésite à raconter son histoire, il finit pourtant par s’exécuter en commençant fort logiquement par nous décrire son enfance et plus particulièrement sa découverte de la mort (avec le très amusant passage où le garçon, qu’on intimide alors qu’il ne comprend rien à ce qu’est un décès, s’imagine des branches de brocolis pour se donner une bonne raison de pleurer). Tout est ici mis en place pour nous faire sentir combien son existence est vide et le poids que Raoul va prendre dans sa vie, leurs errances, leurs aventures de jeunesse. Et puis on passe au vif du sujet, aka l’attentat du Président de la République Lucinder. Après une expérience mystique où celui-ci sort de son corps et échappe de justesse à la mort, il croit avoir aperçu quelque chose et fait naître un projet top secret, le projet « Paradis ». Evidemment Raoul, grâce à une petite célébrité dans le milieu, est de la partie et tente d’enrôler Michael. Sauf que tout n’est pas rose. Le bougre s’est installé dans une prison et envoie quelques volontaires prêts à mourir ad patres avec des produits chimiques. Son ancien ami permettrait peut être de limiter cette hécatombe… Après moult hésitations on comprend que le pauvre Michael n’a pas trop le choix, c’est soit ça, soit se suicider d’ennui dans son appartement où viennent régulièrement le faire chier les membres envahissants de sa famille (Quand est-ce que tu te maries ? Dis, quand est-ce que tu te maries ? Hey, quand est-ce que tu te maries ? Quand est-ce que…TA GUEULE MAMAN). Avec Raoul et une infirmière au physique de top-model répondant au doux nom d’Amandine, le trio tente donc de provoquer des comas SANS tuer leurs cobayes. 123 échecs plus tard, Michael en a gros sur la patate, il a l’impression de commettre un immense massacre, heureusement que l’infirmière sexy est là pour lui donner envie d’y retourner…euh quoi ? Après avoir essuyé le mépris du monde entier lors de la découverte du projet « Paradis », un thanatonaute sort de son corps et revient enfin du pays des morts (ben oui s’ils avaient échoués, y aurait plus de livre, donc c’était un peu prévisible). Aussitôt ils sont portés aux nues et la véritable aventure peut enfin commencer !

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Une première partie toute somme sympathique, on apprend tout un tas de choses, l’intrigue se met doucement mais sûrement en place et on a de plus en plus envie de savoir ce qu’il y a « de l’autre côté ». Seul point noir à l’horizon : les textes annexes. Si dans les Fourmis ils étaient bien reliés à l’histoire et apportaient beaucoup de petits détails amusants et/u intéressants, ici ils sont ennuyeux. Ennuyeux à mourir. Au début je les lisais normalement, puis en diagonale, et à la fin je ne les lisais même plus. En gros, des bouts de mythologie ça et là. Soit le sujet vous intéresse vraiment à fond et vous persévérez, soit vous laissez tomber, ça n’entravera pas votre compréhension de l’histoire.

 

Sentiment à ce point là de l’histoire (1/3) : curiosité mêlée d’impatience.

 

La suite est beaucoup plus tragique, malheureusement…

 



2e époque : le temps des pionniers, ou temps du WTF le plus total

A partir du moment où ce brave Félix Kerboz, un ancien bagnard, atteint le continent des morts, ça commence petit à petit à déraper dans un délire de plus en plus malsain. Mais pour l’instant tout va bien, l’équipe est contente, ils ont enfin réussis. Et ironiquement, l’humanité toute entière qui les conspuait, se met à les acclamer et à essayer de les copier, donc pas question de se reposer sur ses lauriers ! Les thanatonautes progressent à leur rythme, pas trop vite parce que cela pourrait leur être mortel, mais pas trop lentement pour éviter de se faire doubler. La plupart disparaissent d’une manière ou d’une autre en cours de route (et pas forcément en mourant) mais on progresse, on progresse.

 

Et puis arrive Stefania. Et là sans que l’on sache, beaucoup de choses vont changer. Parce qu’en fait les thanatonautes ont découverts au bout du continent des morts, une sorte de mur transparent qu’ils ont baptisés « Moch 1 » en hommage au mur du son. Sauf que derrière chaque mur se trouve un nouveau territoire et encore un nouveau mur. Du coup le but est d’aller de plus en plus loin à chaque fois. Félix était resté sur le premier territoire, notre amie Stefania, bouddhiste de religion et adepte de la méditation, va nous décrire le troisième territoire qu’elle atteint relativement facilement, celui de l’orgasme ultime. Et arrivé à ce stade du bouquin, vous commencez à comprendre dans quelle galère vous vous êtes fourrés. Mais bien évidemment, la curiosité étant la plus forte, c’est trop tard pour faire demi-tour, vous êtes déjà foutus ! Par ce qu’à partir de là, je vous préviens, c’est du délire total, une pluie d’incohérences et de trucs incompréhensiblement compréhensibles. Voyager au pays des morts était super dur dans le premier chapitre ? Osef, maintenant des milliers de gens y arrivent trop facilement et SANS le matériel perfectionné de nos experts (ce qui est logique, hein ? HEIN ?), mais la plupart de ceux-là crèvent comme des cons (bah oui, on joue pas avec le feu). Et très rapidement, sans qu’on comprenne pourquoi, tous les ressortissants des religions du monde y arrivent super bien eux-aussi et se font la guerre dans les territoires du continent des morts. Pourquoi ils se tapent dessus alors qu’ils risquent de crever (et le font même très bien) ? Aucune idée. Mais ils le font. Même qu’il y a une bataille, la bataille du Paradis, et que ça commence à devenir fortement ridicule. Surtout avec l’arrivée du rabbin aveugle qui utilise des techniques de parachutiste. Tout le monde se poutre SANS RAISON, pis soudainement les perdants deviennent copains avec les gagnants SANS RAISON et repartent de leur côté SANS RAISON NON PLUS. WTF ? Je résume les évènement à partir de là : une poignée de thanatonautes dont l’auteur s’est efforcé de montrer la spécificité et le force morale ont réussis à finalement atteindre au prix d’immenses sacrifices le pays des morts et ensuite tout le monde peut y aller sans problème et super vite et finit par se cogner à coup de dents dans le cordon argentée sensé retenir l’âme au corps (s’il se brise c’est Game Over). Okayyyy…

 

Sans compter que Michael, crevant d’amour pour la froide Amandine (nympho de son métier), subit des revers amoureux conduisant à un retournement de situation complètement invraisemblable. Il ne parlait que d’une seule fille depuis le début du livre ? En brûlait de frustration ? Elle lui fait une déclaration d ‘amour ?  Et bien, il se marie avec un personnage tout juste débarqué, dont on ne sait rien, et qu’il connaît depuis…une semaine. Euh…quelqu’un pourrait m’expliquer là ? Syndrome Nunnally ?

 

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Mais attention, c’est pas finit ! Puisqu’après la découverte progressive des prochains territoires (de plus en plus absurdes d’ailleurs, soit dit en passant), tout à coup les gens n’aiment plus les thanatonautes (Ils ont leurs règles ou quoi ? Décidez-vous, merde !) et fracassent un personnage principal. C’est alors qu’une pluie d’incohérence va déferler ! Le héros et ses deux copains, qui ne faisaient qu’observer depuis le début, décident de faire un petit voyage pour récupérer la personne qui vient de décéder avant qu’il ne soit trop tard. Sauf qu’ils arrivent à traverser les territoires avec une facilité déconcertante. Le premier chapitre est alors complètement pulvérisé et réduit en miettes. Il fallait un esprit fort ? Bah en fait non, n’importe quel péquenaud de base peut le faire les mains dans les poches. Et s’il n’y avait que ça, mais non, il faut que notre charmant Michael et sa troupe se prennent pour Superman dans l’espace (de plus en plus logique) avant que lui ne débarque seul sur le dernier territoire et là…choc ultime ! « Cette personne vient de crever mais maintenant que je suis là, je peux la ramener, hein ? C’est pas comme si c’était interdit ou que ça allait changer l’univers tout entier, pas vrai ? » « Non, non, c’est bon, tu peux la prendre et la faire ressusciter, de toutes façons elle va crever dans le dernier chapitre… » WHAT THE FUCK ? Surtout qu’il y en a qui décèdent pour être venu la sauver cette personne, ce qui est parfaitement logique. Risquons 10 vies pour en sauver une ! Elle est tellement importance, c’est celle de…hey mais non, c’est un personnage secondaire en fait ! En plus j’ai jamais compris ce qu’il foutait là tellement il a été mal introduit.

 

Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoiiiii ? On dirait que le chapitre s’échine à exploser tout ce qui était bien dans le premier. Tout s’accélère et se barre en sucette. Les territoires sont de moins en moins fascinants (c’est tellement facile de les traverser que ça en devient banal) et ce qu’il y a tout à la fin est juste complètement abusé. Petit indice : les Thanatonautes appartient, avec l’Empire des Anges, au Cycle des Anges, devine avec moi ce qui se trouve sur le continent des morts ! Eh oui, il a osé, des putains d’anges =/. Et plus ça va, plus l’histoire devient caricaturale…

 

Sentiment à ce point là de l’histoire (2/3) : terreur mêlée d’ébahissement.

 


 


3e époque : le temps des professionnels, ou apothéose totale

Vous pensiez que ça ne pouvait pas être pire ? Et si ! La dernière partie va encore plus loin dans le délire et tout part en live. Les héros essayent d’accoucher de la réincarnation d’un de leurs potes décédé il y a peu (euh…je vois pas comment on peut fantasmer enfanter la réincarnation d’un ancien ami, ça me parait affreusement morbide). Des enfants naissent et obtiennent des prénoms tellement ridicules que j’étais sur le point d’en pleurer. Je veux dire Freddy Junior et Pimprenelle quoi =’(. Et puis Raoul, ce bon Raoul, sort un truc tellement ébahissant que j’ai dû perdre quelques neurones au passage : Michael a une amoureuse qui lui est destiné depuis la vie précédente, il DOIT aller la voir, et lui téléphone donc tout naturellement « Allô ? C’est moi », « Moi ? Oh, tu ne peux qu’être la personne qui m’est destiné alors ! », « C’est exact, causons comme si on se connaissait depuis toujours ! », « D’accord ! », « Au fait, maintenant que je suis marié, c’est un peu mort nous deux, non ? », « Nooon, tu crois ? ».

J’arrive même pas à vous décrire un fatras pareil. Ou alors il va falloir que je spoil un tout petit peu pour vous donner une idée de l’étendu du désastre…

[spoil] La réincarnation devient un marché tellement juteux qu’on en vient à poser des panneaux publicitaire sur le continent des morts, oui, des putains de panneaux publicitaires ! Y a même des cargaisons de touristes en folie 0__o ! Mais…c’est quoi cette débauche de n’importe quoi ? [/spoil]

 

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A partir de là l’humanité toute entière devient folle et on se croit dans une pièce de Ionesco, les rhinocéros en moins. Puis l’auteur, à l’aide d’une belle deux ex machina, résout le problème en détruisant l’histoire même. Il. N’y. A. Plus. De. Limites. On découvre alors ce qu’on commençait déjà à deviner, c'est-à-dire que les rapports de police bizarres tout au long du récit n’étaient pas vraiment des rapports de police. Et que les anges sont juste sadiques.

 

[spoil] « Mais pourquoi vous nous avez laissé faire si c’était pas bien, alors ? », « Ben on se faisait chier », « Non, vous vous foutez de ma gueule ? Seriously ? », « Ouais mais maintenant c’est plus drôle alors on va effacer tout ce que vous avez fait depuis le début en claquant des doigts…en attendant que les prochains soient plus marrants =D », « Noooooooooon ! » [/spoil]

 

Sentiment à ce point là de l’histoire (3/3) : écoeurement le plus total…

 



Un aspect étrange : l’omniprésence du sexe

Oui, je vous vois venir avec vos yeux pétillants de perversité, mais non je n’ai pas d’hallucinations, d’un bout à l’autre de l’histoire on ne parle que de ça, que de sexe, je n’imagine rien. Au début c’était « mignon », ça faisait réaliste, et puis ça montrait que l’auteur n’était pas prude pour deux sous, et puis au fur et à mesure ça devient étouffant. De plus en plus étouffant. Tout au long de la deuxième partie en fait. Déjà le personnage d’Amandine aurait dû me mettre la puce à l’oreille puisqu’il est clairement stipulé qu’elle est nymphomane. Naïvement, je me suis dit « Et alors ? C’est pas vraiment important ça qu’elle aime le sexe ». Mais à chaque fois qu’un thanatonaute rejoint l’équipe, il faut qu’elle se le fasse d’une manière ou d’une autre (par ce que, morbidement, il n’y a que ça qui l’intéresse). Pauvre héros, lui si normal n’a aucune chance de lui plaire ! Michael fantasme sur elle qui fantasme sur ceux qui ont vu la mort qui crèvent tous assez vite (elle choisit mal ses proies). Ensuite Stefania arrive. Le personnage en lui-même n’a rien de pervers, sauf qu’après avoir vécu l’orgasme multiplié par mille dans le troisième territoire, elle aussi devient à moitié nympho. Du coup Michael passe son temps à nous raconter le bruit des ébats qu’il perçoit de la part de chacune vu qu’il habite à côté. Et que Raoul a l’air assez d’accord de jouer les cobayes. Et dès que monsieur se marie, il y va autant que les autres ! Tout le monde couche tout le temps, ça devient franchement hallucinogène 0__o. Y avait-il besoin de ce déferlement d’amour continu ? Le passage le plus atroce pour moi (en dehors des fantasmes bizarres qui sont décrits dans le troisième territoire) reste celui-là. Ecoutez bien :

Son second essor fut le dernier. Il gisait dans une flaque de sperme, le corps tendu comme pour une étreinte amoureuse, quand ses compagnons se résolurent à le débrancher.

Oh My Gawd 0__0 ! Mais que…J’ai eu beau vérifier, personne ne m’a échangé mon livre pendant la nuit, c’est donc bien un passage des Thanatonautes =O. Je m’attendais vraiment à tout sauf à ça, j’avoue, et pourtant c’est pas faute de ne pas savoir bailler devant un hentai…

 

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Se faire violer par un livre…

Qu’est-ce qui sort de tout ça ? Et bien d’abord une immense déception. J’avais cru comprendre que Les Thanatonautes était le meilleur livre de Werber et le plus « brut » puisqu’il semblerait qu’il ait été rédigé par écriture automatique. Sauf que je n’ai pas vraiment vu ce côté « brut ». Je me suis longuement demandé si je n’avais pas une vision différente de l’écriture automatique en ce que, pour moi à qui il arrive parfois d’écrire, suivre le fil de l’histoire en tapant frénétiquement sur le clavier sans réfléchir est « normal ». Non pour moi l’écriture automatique c’est quand ce n’est plus la personne qui parle mais une sorte de voix issue de nulle part, issue d’une transe, un mélange de poésie et d’onirisme obscur. Or là la forme même me paraissait tout à fait rationnelle. Par contre le fond alors là, tout à fait d’accord…

 

Le premier problème de cette œuvre est que le sujet est intéressant mais qu’au fond l’auteur ne l’a pas véritablement exploité. Il y avait tant de choses à en dire ; pourquoi finir sur ce méli-mélo confus ? Le second, déjà mentionné, c’est que les récits annexes n’apportent pas vraiment grand chose à l’intrigue. Le troisième c’est probablement que je n’ai pas accroché à l’humour de Werber. Autant dans les Fourmis, quelques phrases par ci, par là m’avaient fait sourire, autant là, à partir du moment où on entre dans la deuxième partie maudite, nada. Je sais que je suis immensément exigeante en terme d’humour alors j’attribuerai cela à un caractère purement subjectif.

 

Là où, semble-t-il, se trouve le cœur même de ce qui ne va pas, c’est tout simplement la subjectivité. Je m’explique : avant de lire l’ouvrage, j’avais ma propre vision et mes propres postulats sur la mort et j’ai voulu les mettre de côté pour mieux savourer ce que dirait l’auteur, sauf que cette mort est totalement désacralisée, détruite, rasée. Alors forcément moi et ma pauvre philosophie, on est un peu restées bouche bée. J’avais accordé toute ma confiance à ce livre en déposant les armes, en me prêtant au jeu, en étant prête à me convertir presque, et il m’a violé le cerveau au douzième degré… D’où, dans un premier temps, la colère, puis une grande tristesse. Déjà Le livre du voyage toujours de Bernard Werber, m’avait plongé dans une situation plutôt traumatisante mais j’avais attribué ça à ma folie naturelle, rendant obsolète le discours normatif du livre =). Alors que là, c’est l’incompréhension : ça commençait bien, et tout à coup, plouf, tout part dans toutes les directions. Je vais être vulgaire mais j’ai eu l’impression de m’être fait sodomiser la gueule 0__o. Du coup j’ai peur, j’ose plus toucher aux autres livres du même auteur, j’ai peur de faire confiance à des livres qui vont, peut être, eux aussi me cracher au visage.

 

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Vous allez me dire « Non mais Helia, t’exagères pas un peu là ? Arrête de faire ta drama queen ! ». J’ai aussi songé que c’était peut être une exception, un accident de parcours. Alors je suis allé voir les premières pages du livre suivant, l’Empire des Anges sur Internet (par ce que tard le soir, c’est pas évident de retourner à la librairie). Et j’ai juste eu envie de pleurer. J’ai alors produit ce couinement de chiot abattu que je fais quand je suis surchargée de travail et un peu désespérée sur les bords. C’est la première fois que je couine devant un livre… Que s’est-il passé ? Oh rien, c’est juste qu’Emile Zola a attrapé le bras d’un des héros décédés et a fait son procès devant les anges à coup de « J’accuse » absolument caricatural. MAIS WTF ;_____ ; ? Non, je suis désolée, j’ai survécu à tout, à Queen’s Blade et ses oppai gigantesques, à Kiss X Sis et son faux inceste immonde, à d’autres trucs plus ou moins inavouables, à ma première année de prépa littéraire mais là non, là non je peux vraiment pas. L’amatrice du WTF vient de trouver ses limites.

 

En conclusion, à peine étais-je en train de découvrir un auteur qui semblait particulièrement intéressant que j’abandonne déjà l’idée de le lire, sic. Je me sens ridicule et désoeuvrée. Mais surtout triste, très triste. Parce que je n’ai encore jamais trouvé d’écrivains qui me satisfassent. Mais je ne désespère pas, parce que les animes sont là \o/ ! Et puis y a Despera qui arrive bientôt !

 

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commentaires

Luna 21/04/2011 15:34


Ce livre avait été un vrai choc quand je l'avais découvert ! C'est vraiment un livre déstabilisant, mais terriblement bien écrit : le genre de livre qu'on voudrait croiser plus souvent en soi !
Je viens d'ailleurs de publier mon avis sur "Les Thanatonautes" sur mon blog...

Joli article, je reviendrais ;)
Bonne continuation !!


Helia 21/04/2011 22:25



Autant je suis d’accord pour l’aspect déroutant de ce bouquin, autant « terriblement bien écrit », j’ai envie de dire « Mouais ». Bernard Werber n’a aucun style, ça ne fait
pas de lui un mauvais auteur (bien au contraire) mais de là à crier au chef d’œuvre... Moi quand on me dit « terriblement bien écrit », je pense tout de suite aux Liaisons Dangereuses
où tu savoures vraiment chaque mot dans sa mesquinerie la plus profonde =).


 


Et j’ai pas particulièrement envie de croiser plus souvent ce genre de livre, deux viols intellectuels ça me suffit, je n’irais pas plus loin X).



Horaiji 21/02/2010 22:54


Ahahaha tellement bien fait le résumé que j'en ai les larmes au yeux xD le pire c'est que j'ai presque pensée la même chose quand Michael rappelle Amandine xD


tompopo 03/02/2010 15:31


Dune de Frank Herbert, tu dois bien connaître au moins de nom :O C'est LA série culte SF avec Le cycle des robots d'Asimov je dirais...
Je pense que c'est un bon début pour débuter dans la SF. D'ailleurs je ne les ai pas lus :D


Helia 07/01/2010 19:09


La comparaison n'est pas idiote, c'est vrai que ses livres doivent avoir le même succès que Nothomb dans son domaine =O.Il a d'ailleurs lui-même déclaré que son but était justement plus de
populariser la SF que de faire de grands ouvrages.

Bah en somme je me retrouve un peu dans ce que tu dis : je trouve que c'est un genre prometteur que je devrais essayer plus mais en pratique je n'y trouve guère mon bonheur. Probablement une
histoire de feelings, ne désespérons pas, on finira bien par dégoter la perle rare XD.

(Connais pas du tout Dune, je suis une grosse inculte :$)


tompopo 07/01/2010 13:29


Wahou, quel article ! :p

Je n'ai jamais lu Werber, malgré les bons avis que j'ai entendus sur lui. En fait, j'ai l'impression que c'est un peu le Nothomb de la SF : c'est un auteur qui popularise le roman (je ne dis pas ça
péjorativement), et qui ici rend donc plus accessible la SF au grand public.

Même si visiblement son oeuvre est pleine de WTF (comme plein d'auteurs contemporains j'ai envie de dire), je connais pas mal de monde qui a déjà lu du Werber, alors même que ces personnes lisent
très peu.

Personnellement, j'aimerais également m'ouvrir davantage à la SF. Mais si j'aime les thèmes abordés, je suis presque toujours déçue. Je n'accroche pas aux styles des auteurs qui souvent m'ennuient.
Et se focalisent trop à mon goût sur des descriptions scientifiques complexes.

La série qui trouve le plus grâce à mes yeux est Dune, encore qu'elle ne m'a passionnée au point que je me jette sur la suite (même pas encore fini).


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