19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 00:00

 

En ce moment c'est Noël. Et ça tombe bien, Kiss X Sis a pensé à tout !

 

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_Hey Keita, aujourd’hui c’est Noël, ça te dirait de visiter le Taj Mahal ?

_Gné ?

_Oh oui, j’ai même mieux : on va faire la teuf dans le Taj Mahal !

 

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_Yahooooooo, c’est Noël, on va se bourrer la gueule ! Tournée de Champony pour tout le monde !

_Ouais ! Et au premier de l’an aussi ! Et à la chandeleur ! Et à Mardi gras ! Et à Pâques ! Et le 14 juillet ! Toutes les vacances même ! Et à Halloween ! Et à la Toussaint ! Et…

_Riko, c’est la fête des morts ça…

_Ah…On s’en fiche, ça en fera plus pour nous !

 

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_Dites, je croyais qu’on devait aller au musée du pain pour mon exposé sur les germes de blés ! Comment je fais pour travailler moi ici ? Et depuis quand y a-t-il des KARAOKE dans le Taj Mahal ?

_Réfléchis pas Keita, contente toi de mater sous nos culottes comme tout le monde.

 

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_Bon ça y est, vous les avez assez montré comme ça ?

_Oh non, juste encore un peu ! Je suis sûre qu’il y a un otaku en train de baver derrière son écran quand je fais ça.

_Oui allez sois sympa, encore 5 minutes ! Et avec un peu de chance on pourra vendre des goodies !

 

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_Des goodies Kiss X Sis ? Mais vous êtes malades ? A part vous vendre vous (si ce n’est pas déjà fait), je vois p… HEY mais c’est génial comme idée ça ! Dites les filles, ça vous dirait pas d’aller sur le trottoir en bas là, juste pour voir. Si un gros monsieur vous approche, faites pareil, montrez lui votre culotte, moi je compterai les sous !

_Nan mais ho, ça va pas !

_Non mais franchement Keita !

 

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_Quoi ?

_Ben tu nous traites comme des objets sexuels !

_On est pas des putes nous, on est des putes de LUXE !

_Je vois vraiment pas la différence -____-.

 

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_Bon sérieux, quand est-ce qu’on rentre ?

_Mais non, le Champomy vient juste d’arriver ! Et puis on se disait que tant qu’on y était, autant se faire une petite orgie familiale, comme c’est la coutume tous les ans.

_Beuh, si vous voulez mais juste une, hein ! Je suis super occupé avec les exams moi !

 

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_Nyaaaa…

_Ben alors, Riko, qu’est-ce qui t’arrive ?

_Je crois qu’elle est ivre.

_Avec du CHAMPOMY ???

 

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_Bon, peut être qu’éventuellement dans d’hypothétiques circonstances, j’aurais introduit une substance aux effets potentiellement dangereux dans son verre pour qu’on soit seuls tous les deux…

_Vrai ?

_Meuh non, elle s’est vraiment bourrée la gueule à coup de Champomy.

 

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_Hu, tu es tout rouge tout à coup. Qu’est-ce qui t’arrive ?

_J’hésite entre te dire que ta beauté m’éblouit comme le soleil et dessèche ma peau ou te répondre que tu es en train de marcher sur mon pied !

_Oh pardon.

 

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_Dis Ako, on joue à Vérité-Vérité ?

_Si tu veux.

_Alors, quel est ton plus grand fantasme ?

_Eh bien…

 

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_Eh bien…voilà, tu sais tout. Keita ? Keita ?

*vomit ses tripes le plus fort qu’il peut*

 

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_J’ai peur de la réponse mais je pose quand même la question : et pour Riko ?

_Eh bien…

 

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_C’est Riko quoi…

_Quoi ? Et me faire boire ça après 0__o ?

_Tu sais, nous les filles on est très romantiques et…Keita ? Keita ? Qu’est-ce que tu fais sous le tapis ?

*vomis de nouveau*

 

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_Bon et si on passait aux choses sérieuses maintenant ? Orgie, orgie, orgie !

_Bof j’ai la flemme maintenant.

 

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_Allez, s’il te plait ! Je me suis lavée aujourd’hui tout spécialement pour toi !

_Beuh…bon, je te tire les seins comme à une vache et puis on est quittes, hein ?

_QUOI ?

 

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_Ah non, moi je suis une princesse je veux la complète et…

Drinnnnng.

_Ah merde, téléphone. Deux secondes, je reviens.

 

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_Oui allô ?

*voix étouffée*  :  "Le téléphone rose c’est ici ?"

_Ah non désolée, je bosses pas le weekend.

 

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_Bon alors, à nous deux Keita, je te garantis que tu vas morfler et… Ah le petit fumier ! Il dort ce con ! Mais je me vengerai un jour, je me vengerai !

 

Serait-ce la fin de mon supplice ?


 


 

Bon, pour ceux qui seraient pas encore au courant je pars en vacances...hier. Oui je poste un article mais en fait je ne suis plus là depuis quelques jours. Donc dorénavant je garde quelques articles au chaud mais évidement je ne pourrais pas répondre aux commentaires et poursuivre les retouches du déménagement (car tout n'est pas fini). Pour ceux qui sont ici grâce à Sama, je vous conseille de vérifier vos flux, il me semble que même prévus à l'avance les articles apparaissent par leur jour d'écriture (donc hier) et c'est un peu bête d'encombrer le 18 décembre pour rien.

 

Sur ce , je vous souhaite de bonnes vacances

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 18:35

Suite de la saga Kiss X Sis réclamée à corps et à cris. Et moi qui pensais qu’on allait me supplier d’écrire des articles hautement philosophiques, je suis déçue :p. Les jeunes, c’est vraiment plus ce que c’était…

 

 

 


 

 

Garçon A : Ben alors Keita, t’as passé tout le cours de travaux manuels sur la sciure de bois des forêts d’Amérique centrale à dormir, qu’est-ce qui t’arrive ? Passé un mauvais weekend ?

Keita : On peut dire ça comme ça…

 

Garçon B : Raconte, raconte ! Je suis sûr que t’as encore fait des choses avec tes sœurs, fufufu.

 

Keita : Tout à fait. On est parti à Honolulu à bord de mon jet privé et j’ai entrepris de dresser des pieuvres…

 

Garçon C : Pour quoi faire ?

 

K : Pourquoi ? Mais pour faire ce que tout bon pervers désire de tout son cœur…voir ses demi-sœurs se faire violer par des tentacules !

 

K : D’ailleurs ça a plutôt bien marché au début…

 

K : ...jusqu’à ce que je découvre que le bébé pieuvre était une femelle et que, probablement déroutée par mon charme naturel, elle tente elle aussi de me violer l’anus…en passant par la bouche. Plutôt douloureux je dois dire…

 

B : Et après ? Et après ?

K : Après on a été à l’hôtel et on a joué au docteur.

 

C : Au…docteur ?

 

K : Ben ouais, et ça a fini en threesome. Même qu’on a pas pu dormir de la nuit. C’est pour ça que j’étais un peu fatigué en cours ce matin, je suis rentré peu avant minuit de cette petite escale.

 

K : Surtout que j’ai aussi essayé de me faire ma belle-mère après mais mon pôpa était pas d’accord. Par contre il m’encourage à ***** mes demi-sœurs. Il est chouette mon pôpa.

 

A : Sans déconner ? T’as fait tout ça ce week end ?

K : Mais que vous êtes cons ! Bien sûr que non j’ai rien fait de tout cela ! On est pas dans un hentai borde…

B : Ben, avoue que ça y ressemble…

K : Pas faux.

A : Bon alors, raconte ce qui s’est vraiment passé !

K : Eh bien…

 

J’étais dans mon bain, le plus tranquillement du monde. Je faisais…hum-hum…des trucs en pensant à hum-hum…quelqu’un

 

ATTENTION, derrière son aspect innocent la capture que vous allez voir est d’une sensualité jugée trop explicite pour les mineurs, prière de les écarter de l’écran.

 


 

Symbole phallique, ô mon beau symbole phallique…

 


Merci à Freud pour ces idées délurées qui me viennent Vous pouvez regarder de nouveau, il ne peut pas y avoir plus choquant que cela…

 

 

Bref, je faisais ce que je faisais, quand soudain…

 

La vraie question est : Pourquoi est-ce que dès que je suis dans une position embarrassante, tout nue, en train de me branler ou les trois à la fois, il faut que vous soyez dans le coin ? Intimité, vous connaissez ?

 

_Intimité ? Tu veux dire le degré d’affection par lequel tu acquiers le droit de t’approcher très, très près ? La double pénétration ça compte comme intimité ?

_Allez vous faire soigner les filles…

 

_Mais va te rhabiller, espèce d’exi…d’exhibitionniste !

_C’est toi qui est pas normale ma vieille. Depuis quand tu vas te doucher en maillot de bain ?

_...

_...Common sense…Tu peux vraiment, mais VRAIMENT pas test. Mais bon, pour te faire plaisir…

 

_Voilà, c’est beaucoup mieux. Comme ça on voit plus tes seins mais par contre ton **** est à l’air libre. Beaucoup mieux donc…. WAIT WHAT ?

 

_Maintenant qu’on en est là, laquelle de nous deux devrait le violer en premier ?

_Moi, comme ça tu auras le temps de te rhabiller !

_J’étais quand même là la première langue-de-pute !

_...Dites les filles, je vous dérange pas j'espère ?

 

Ensuite Riko apprend à Ako la vie à coup de « air sex »…je vous fais grâce des détails.

 

A : Moi qui pensais que ça allait devenir un peu chaud, c’est même pas drôle.

K : Nan mais attends c’est après que vient  la véritable histoire.

C : Vrai ? Et…c’est « hot »

K : Très ! J’étais en train de sortir de la baignoire…

 

_Oh non, notre plan cul de ce soir se barre !

_Vite Ako attrape le de ce côté, je me charge de l’autre, il ne va pas s’en tirer comme ça !

 

K : La suite ? Euh…je sais pas si je dois en parler.

B : Mais si, vas-y, crache !

 

K: Bave plutôt, vu les circonstances…

 

K : C’était vraiment pas de ma faute je vous jure, ma main a glissé !

B : Mais bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu !


C : Tu te fous pas un peu de nous Keita ? Genre t’arrives à provoquer des orgasmes à volonté là, comme ça. Bientôt tu vas nous sortir que t’es une ancienne star du porn à la retraite !

K: Ah mais je vous ai pas dis ? Je SUIS une ancienne star du porn à la retraite !

 

A : Sans déconner ?

K : Mais bien sûr que non, bande de nazes ! Depuis tout à l’heure je ne vous raconte que des conneries et vous les gobez comme des mouches ! On est dans la réalité les mecs, pas dans un hentai, c’est impossible que ce genre de choses arrivent…même à moi !

 

B : Ben alors, qu’est-ce qui t’es vraiment arrivé ?

K : Vous allez pas me croire mais c’est à cause d’une tortue…

 

C : Une tortue ?

K : Ouais, je me suis tout à coup senti pas bien, j’ai vomi du sang et une espèce de tortue géante (probablement mutante) est sortie de mes tripes !

 

C : La vache…

K : Je ne te le fais pas dire, c’était putain de douloureux. D’où ma blessure au poignet et mon manque de sommeil.

A : Dis comme ça, ça parait logique.

B : Et…c’est tout ?

K : Ben oui…

 

A : ...T’as vraiment une drôle de vie, mec.

K : Je ne te le fais pas dire... 

 

THE END ?

 


 

Bon j'avoue que ce coup-ci c'était plus dur de commenter un tel chef d'oeuvre. Quand je regardais le premier OAV les répliques me venaient toutes seules, il n'y avait qu'à suivre le fil de l'histoire, et je rigolais devant tant de merveilleux de nullité alors que là, je suis juste restée bouche bée. Non mais c'est vrai, allez commenter un truc pareil 0_o. Le prochain OAV allant toujours plus loin sur le chemin de WTF/parodie de hentai qui ressemble un peu trop à du hentai mais qui n'en est pas vraiment, je ne sais pas ce que ça va donner...

 

 

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 03:04

En ce moment j'ai pas trop de temps libre alors je regarde très peu d'animes et de préférence des trucs qui vident la tête, avec un format court. En traînant sur le web j'entendis alors parler d'une série d'OAVs au nom très évocateur : Kiss X Sis, l'histoire de Keita et de ses deux demi-soeurs (jumelles sinon ce ne serait pas drôle) Ako et Riko qui sont...très entreprenantes. Quoi de mieux pour se détendre, me direz-vous ? Sauf que je me suis gravement trompée en pensant trouver là le digne successeur de Queen's Blade (qui restera désormais ma référence du bon ecchi pas chiant à regarder, les séquelles cérébrales obligent, toussa). Et comme une image en dit plus long que des mots voici, un article totalement imagé par des screens parfois complètement dégeulasses par ce que je ne sais pas en prendre correctement ! Elle est pas belle, la vie  :D ?


Conseil : si vous êtes sur votre lieu de travail, vérifiez que le patron n'est pas dans le coin, il pourrait vous surprendre devant des photos softs mais allusives, et allez, je sais pas moi, faire semblant de travailler
Et les enfants ouste, revenez à votre majorité sexuelle.






Ecran titre. Jusque là tout va bien .Du rose, des petits coeurs, du X, ça va être folklo \o/. Une sonnerie retentit dans le lointain.


Lalala, c'est le matin, les oiseaux chantent, tout va bien. Par contre j'ai une de ces gueules de bois moi... Je me sens tout bizarre. Je crois même, je suppose que probablement, il y aurait à hypothétiser sur le fait que j'ai, peut être, un truc sur moi là.


Oh putain ! J'étais si bourré que ça hier soir pour avoir...pour avoir... Merde, désolé grandes soeurs, j'espère que vous m'en voudrez pas. Quand je picole je pourrais coucher avec un lampadaire... M'enfin maintenant qu'on en est là, voyons le bon côté des choses : je suis plus puceau et j'ai deux bonnasses  -de...euh 8 ans ?- dans mon lit. Fuck yeah !


Cool t'es enfin réveillée ! Bon par contre j'espère que tu te souviens pas de ce que je t'ai mis hier soir sinon je vais me sentir con...aussi con qu'un héros de harem tendance looser qui ne peut plus bouger par ce que -how convenient- ses grandes soeurs ont pris ses bras pour un oreiller (conclusion : elles étaient plus bourrées que lui et elles se sont trompées de porte).


QUOI ! Que...je... Un vil baiser sur la joue ? Mais qu'est-ce qui te prend femme ? Ceci est scandaleux !


Parfaitement ! Que ma grande soeur me fasse un bisou dans le cou est extrêmement pervers, je me sens souillé ! Non par ce que passer la nuit avec elle c'est logique, mais en tant que mâle mon orgueil se froisse si on me fait un putain de bisou.


En plus ! Ah, elle est belle la jeunesse ! Pff, ça va à l'école et ça se croit tout permis ! Tu m'as cassé le nez et tu essayes de te faire pardonner avec un petit bisou de rien du tout, mais ça ne va pas se passer comme ça ! Trop de perversion m'aveugle. T'as intérêt à faire mieux !


*après 45 minutes de haute réflexion, Ako comprend quelque chose*
_Non mais attends, tu veux dire que tu peux plus bouger ?
_Non, pourquoi ?
_Fufufu
_Tu me fais peur là...
_C'est à moi de violer ton petit corps maintenant. Je vais te *bip* et puis te *bip* en *bip* et...
_Nan mais y a pas le temps là, je dois aller à l'école faire semblant de bosser. Ce soir si tu veux.
_Merde...bon ben...


Ah ben voilà ! Un bon baiser avec la langue bien baveux en se tortillant langoureusement ! Nan par ce que le bisou de tout à l'heure c'était vraiment pervers et...OH WAIT.


C'est vrai, ça fait un bail qu'on s'est pas fait une petite orgie familiale. Trucs habituels toussa.


Vraiment ? Je me demande ce qui te peut t'induire à faire une supposition aussi douteuse. Le fait de me réveiller avec deux filles en pyjamas dans mon lit, le méchant bisou pervers ou le putain de fait que tu viens de me donner un baiser slurpeux avec la langue 0_o ?


Bon maintenant que la cruche est partie faire le petit déjeuner et que je me suis miraculeusement réveillée entre temps, passons aux choses sérieuses. Alors comme ça tu peux plus bouger mon chou ? Avec ce que tu m'as mis hier soir, je te garantis que tu ne vas pas t'en tirer sans un second round ! Je vais te faire grimper aux rideaux.


C'est pas juste qu'Ako t'ai malaxé les glandes buccales avant moi, on est une famille merde et on partage tout ! Allez, tournée de microbes pour tout le monde ! Profite j'ai mangé du camembert hier soir et j'ai pas eu le temps de me brosser les dents. Savoure cette saveur unique !


Aurais-je confondu avec ma fenêtre  vidéo hentai ? Ah non, même pas...


Nous vous prions d'excuser l'interruption de votre programme par un flash spécial. Allez-y monsieur.
Vous avez deux demi-soeurs ? Enfournez-les bordel, c'est fait pour ça ! Et surtout amusez-vous bien !
Merci monsieur. Maintenant, retour à votre programme habituel. Oh et n'oubliez pas : les êtres humains de sexe femelle sont des êtres humains de sexe femelle...


Après cette courte publicité et ces actes emplis de magie, de beauté, de poésie et de saïx, le héros se rend à l'école et... Oh ! Il est temps de ressortir le bon sens du tiroir. Soeurs...moi...embrasser...pas normal, pas normal...soeurs...moi...bizarres.


L'école est déjà finie, c'est l'heure de...réfléchir la tête à l'envers 0_o. Logique...Rien à signaler...


...sauf peut être ce léger, très léger détail.


Comment ! Tu viens de voir la culotte de ma soeur ! Mais il faut absolument que je te montre la mienne ! Tiens, regarde, elle est belle, hein ? 100% coton, lavable à froid, lavée avec la lessive Super + qui rend la peau douce et soyeuse. Je l'ai acheté au marché dans un stand de jouets. La fille qui me l'a vendu avait 6 ans. Eh ! Mais ça doit être pour ça qu'elle me serre autant, ahahaha. Non, ceci n'est surtout pas une subtile allusion au fait que tu pourrais me l'arracher sauvagement avec les dents...


_Fu fu fu, maintenant que Keita est parti, je propose un concours fortement équitable pour nous départager. Je sais cuisiner et toi t'es une merde, tu ne sais même pas mettre des pâtes au micro-ondes sans exploser l'appareil. Faisons un match de cuisine ! Celle qui réussit le plus beau bentô (tellement pas cliché) pour Keita a le droit de le violer sauvagement dans le dos de l'autre et ce, à toute heure de la journée.
_C'est pas ce qu'on fait déjà ?
_Ah si tiens...


_Rien à foutre, moi j'ai piqué ses sous-vêtements à Keita d'abord...
_...
_...
_...pardon ?


_Par ce que je les sniffe tous les soirs, c'est ma drogue.
_Sans déconner ? FILES LES MOI TOUT DE SUITE !


Dites, je voudrais pas vous déranger les filles mais il est un peu 3h du matin là, j'aimerai bien pouvoir rêver de Pamela Anderson tranquille, merde quoi...


_Yeah, je les ai, j'ai enfin les sous-vêtements de Keita ! A moi le fric, la gloire et les gigolos de luxe !
_Je ne te connais pas...
_Merde, je crois qu'on l'a fait fuir... Bah tant pis, je vais aller le voir tout à l'heure dans sa classe pour excuser...


...son comportement intolérable. Vous vous rendez compte ? Mon frère boude quand je lui fais du bouche à bouche entre chaque repas ! Ah la jeunesse... Oh et au fait, maintenant que toute la classe est réunie, je voudrais juste dire en passant que j'aime Keita-chou. Et accessoirement que j'abuse de lui sexuellement tous les matins, pas vrai Riko ?
_Je dirais même plus, je kiffe sa mère de violer mon frère au réveil.


_Du coup, ça te dirait de faire un threesome là comme ça devant toute ta classe réunie ?
_Bonne idée Ako !
_...Merci les filles. Dites, vous voulez me pourrir la vie, c'est ça ? Non, par ce que c'est très réussi.


Eclair de lucidité en vue, je répète, éclair de lucidité en vue. Nous fonçons droit dedans capitaine.


Fausse alerte, je répète, fausse alerte. C'était un leurre capitaine, ce mec est vraiment con...


Murmure de la foule en délire :
Fille A :La culture visuelle moderne c'est vraiment plus ce que c'était . Moi, de mon temps, le héros de l'histoire, elle-même dérivée d'un eroge, se serait juste tapé le lycée tout entier, à commencer par la fille cruche aux gros seins obligatoire à tout anime, la camarade de classe fausse-copine aux entraînements douteux, la loli qui prend les devants, l'amie d'enfance dans la réserve de sport, les trois copines qui passaient par là et s'ennuyaient et...
Fille B : Taggle, Japan is superior. Ils savent ce qu'ils font...
Fille C : ...ou pas.


Bon les filles, on se le fait ce threesome ou pas ?

THE END ?
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 15:14


« Bleu parfait », quel  nom peu ordinaire pour un film tout aussi peu ordinaire, réalisé par Satoshi Kon, qui signe là un thriller angoissant et déboussolant.

Mima Kirigoe est le leader d'un groupe pop en pleine ascension, les Chams, lorsqu'elle décide sur les conseils de son manager de quitter la chanson pour le cinéma. En effet la vie d'une idol étant plutôt courte, celui-ci estime que Mima aura plus de chance de faire une longue carrière en tant qu'actrice. La jeune fille accepte de tourner la page mais cette décision ne plait pas à tous ses fans qui y voient une trahison. Très vite Mima découvre qu'un certain Me-Mania déballe des détails de sa vie privée sur Internet et des incidents ne tardent pas à survenir lors du tournage de Double Lien, le film dans lequel elle joue, et qui se confond de manière de plus en plus malsaine avec ce qu'elle vit.


Les Chams

Le film datant de 1997, on peut dire que les graphismes sont corrects sans être extraordinaires, ils se laissent voir sans problème. La musique, quant à elle, se divise en deux sortes de pistes : les chansons interprétées par Mima ou/et les Chams et les musiques d'ambiance, toutes magnifiques et stressantes à souhait (Virtual Mima reste ma préférée :3). Et la VF est pas mauvaise. Jusque là rien de fantastique, non, le fantastique c'est le scénario et la mise en scène. Car c'est avant tout l'histoire d'une descente aux enfers pour la pauvre Mima. Au début d'un naturel assez enjoué et pleine de bonnes volontés, elle tombe rapidement dans la paranoïa en découvrant le site Internet qui lui est consacré, Chez Mima. Tous ses faits et gestes semblent épiés et elle ne peut faire un pas de travers sans que ce soit consciencieusement rapporté dans le « journal intime » qui est tenu virtuellement par un autre qu'elle. Petit à petit, ce « journal intime » ne correspondra plus à sa réalité ni à ses sentiments et tout ira de travers à partir du moment où elle acceptera de simuler une scène de viol pour les besoins du film où elle joue.



Son image d'idol pure et innocente est tâchée à jamais. Plus jamais Mima ne pourra redevenir chanteuse, elle le sait et commence à céder à la schizophrénie. Une sorte de double fantôme rôde dans les parages en lui répétant que maintenant qu'elle est souillée à jamais, elle, la véritable Mima retournera dans la lumière. Un  jeu de course-poursuite commence alors et Satoshi Kon s'amuse à brouiller les pistes. Il devient impossible de distinguer le rêve de la réalité et les scènes de film et de vie réelle s'enchaînent de manière démoniaque. Mima devient son propre ennemi et la confusion qui règne dans son esprit semble parvenir jusqu'au spectateur avec l'enchaînement de fragments dont on ne sait même plus à quoi ils correspondent. A chaque fois que la scène est finie, réelle ou jouée, on surprend Mima dans son lit se réveillant en sursaut. Quelle partie était le rêve et quelle partie était vraie ? Ce méli-mélo mené avec brio nous conduit à un final hautement symbolique et assez époustouflant.



Le jeu de reflets et le miroir brisé renvoient à une psyché troublée par le choix originel, lourd de conséquences. Mima, idole des jeunes, et Mima, l'actrice, jouent au jeu du chat et de la souris dans un rythme haletant et prenant. Même si l'identité du coupable peut sembler un peu évidente à certains au départ, le doute finit par pointer le bout de son nez et le spectateur se retrouve finalement plongé dans le cauchemar sans fin de la jeune fille.


Argh, mais les robes quoi X__X

Perfect Blue n'est pas cependant pas conseillé aux plus jeunes en raison de certaines scènes un peu osées (la simulation de viol vraiment plus vraie que nature et son alter ego, la séance de photo de nue, certains meurtres) et aussi de la cruauté qui se dégage sur la vie d'une idol. Lorsque Mima choisit d'être actrice, elle était très populaire auprès de ses fans et une étoile montante, mais dès qu'elle avance un peu plus loin sur sa nouvelle voie, tous la laissent tomber. La popularité des nouvelles Chams (sans elle) augmente (et les anciennes copines en profitent pour jaser), certains anciens fans prétendent ne jamais l'avoir aimé, d'autres sont dégoûtés par la direction qu'elle a prise et la traitent de tous les noms et le fameux Me-Mania semble se faire encore plus présent et plus oppressant. Perfect Blue nous rappelle que c'est aussi ça être idol, une poupée jetable coincée dans son rôle et ne pouvant s'en sortir qu'en faisant des sacrifices (ici Mima fait une croix sur son rêve d'être chanteuse).



Bref, Perfect Blue est une oeuvre culte de la japanimation. Pour moi : à ne louper sous aucun prétexte.


En bonus :



Vous connaissez sûrement Yu-Gi-Oh The Abridged Serie. Ben ce faux trailer a été fait par son auteur, Little Kuriboh. Et il est tout simplement hilarant quand on connait un temps soit peu le film. Transformer un thriller angoissant en un film pour ados façon Hannah Montana c'est juste énorme  :D
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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 20:01


Des mains potelées s'ouvrent et se ferment. Un oeil endormi frétille. Des battements de coeur. Un homme marche sur un damier. Qui es-tu ? Une jeune fille s'éveille au milieu du bruit assourdissant des sirènes avec un oeuf. Bienvenue dans le monde étrange de Tenshi no Tamago.

Pour commencer, il faut savoir que Tenshi no Tamago est une des premières collaborations entre Mamoru Oshii, connu entre autres pour les films de Ghost in the shell ou encore Jin-Roh, et Yoshitaka Amano, illustrateur des premiers Final Fantasy. Le style artistique d'Amano est un peu particulier, comme vous pouvez le voir sur les illustrations ci-dessous.



Commençons par ça tiens. Visuellement parlant, Tenshi no Tamago est une petite merveille où se côtoient des décors plus sombres, plus fantastiques et plus effrayants les uns que les autres. L'héroïne, lorsqu'elle déploie ses longs cheveux, ressemble bel et bien à un ange, un ange déchu qui cherche rédemption pour des péchés qu'elle n'a pas commis. Tout comme Alice au pays des merveilles, à laquelle elle ressemble un peu, elle erre dans un monde étrange à la fois beau et fou : qu'elle se laisse happée par les hallucinations de l'eau d'un étang, qu'elle marche dans une immense plaine désolée ou dans la ville déserte peuplée d'ombres, elle se retrouve toujours aussi seule et éplorée mais pourtant comprenant ce monde mieux que quiconque. La musique, oppressante à souhait, va à ces paysages fragmentés par le vide comme un gant. Elle a toujours un petit ton mystique, céleste même, collant aux symboles bibliques dissimulés un peu partout dans le film.




Car, parlons un peu de l'histoire, Tenshi no Tamago est une oeuvre emprunte d'éléments de la genèse et dissertant sur le thème du déluge. A première vue aucun rapport et pourtant... La petite fille aux cheveux blonds se réveille sur un lit sans aucun souvenir Après d'elle, un oeuf. Sans savoir ni où elle est, ni où aller, elle se met tout de même en route, avec pour unique but de protéger son oeuf. Des plaines désolées, elle ne tarde pas à parvenir dans une ville fantôme. Tous les habitants semblent avoir disparus depuis très longtemps et les seuls êtres qui y résident, morts de l'intérieur, courent partout, un harpon à la main, pour tenter d'attraper des ombres de poissons qui longent les murs. Dans ce climat d'apocalypse, la fillette rencontre un homme. Il ne veut pas dire qui il est, peut être l'ignore-t-il également. Il a les mains bandées et porte sur son dos une espèce d'arme en forme de croix. Il accepte de voyager avec elle et de la protéger mais semble particulièrement intrigué par son oeuf. L'homme lui demande ce qu'il y a à l'intérieur. Elle ne sait pas. Pourquoi ne pas le casser pour voir ce qui s'y trouve alors ? La petite fille refuse mais la tentation grandit de plus en plus. Faut-il casser cet oeuf pour en connaître le contenu ? Ne serait-ce pas ouvrir la boîte de Pandore ?



Même après avoir regardé le film plusieurs fois, tenté et retenté de comprendre, il reste toujours aussi obscur. En effet, il y a très peu de dialogues (mis bout à bout ça ne fait pas trois minutes) et ceux-ci ne sont pas très explicatifs. Il faut donc penser par soi-même et imaginer ce que telle ou telle chose pourrait représenter. Lire des analyses sur Internet est pratique mais jamais suffisant : ainsi l'homme serait Jésus-Christ, ses mains sont bandées par ce que justement trouée et l'étrange objet qu'il porte ne serait pas une arme mais un crucifix. Soit, mais que faire de ces informations ? Tenshi no Tamago s'inscrit dans la voie du symbolisme comme une fable qui fait toujours parler par ce que justement tous ses mystères ne seront jamais vraiment résolus.



Le souci de Tenshi no Tamago est là : oui, c'est une oeuvre d'art, une oeuvre sublime, étrange et dérangeante comme on en fait plus, mais on ne prend pas vraiment de plaisir à la regarder. Au contraire de beaucoup de productions modernes qui ne jurent que par le divertissement, c'est un film d'auteur, un film qui a un message à faire passer et se moque pas mal de tenir le spectateur en haleine devant des courses poursuites, des explosions ou autres effets spéciaux hollywoodiens. Si vous voulez expérimenter une expérience complètement différente et vous laissez immerger dans l'eau sombre de ce monde fabuleux, alors la poésie indéniable de Tenshi no Tamago saura vous toucher. Pour tous les amateurs de vitamines et de dynamite en revanche, passez votre chemin.



P.S : Je comptais faire un autre article mais j'ai vraiment trop la flemme et celui-là était prêt depuis des lustres alors...Maintenant j'ai usé mon joker, faut que je me remette au boulot pour le prochain :o
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 12:39
Après s'être perdue à faire un bilan WTF, revenons à la japanimation avec un anime assez peu connu : Chikyuu Shoujo Arjuna

Juna est une adolescente comme les autres et adepte du tir à l'arc jusqu'au jour où elle décide d'aller à la mer avec Tokio, son petit ami. Malheureusement, elle meurt pendant le trajet, aspirée par une étrange lumière. Au moment de s'envoler loin de ses proches, une voix retentit et lui propose un pacte : si elle combat les Raajas, des créatures menaçant la planète, il la fera revenir à la vie. Juna n'a guère le choix et ne connaît pas encore toutes les conséquences qu'entraînera sa réponse.




Mais qu'était-elle allée faire dans cette galère ?
Les deux premiers d'Arjuna posent rapidement les bases : ce sera un anime atypique ou ne le sera pas. Avec un petit nombre de personnages (Juna, son petit ami, sa soi-disant meilleure amie Sayuri, Chris un être étrange et Cindy l'enfant-télépathe qui l'accompagne toujours) et une très bonne réalisation, la série entreprend en 13 épisodes de nous faire découvrir différents aspects de la vie au travers d'un fil conducteur : la détresse de la Terre et l'environnement.
Première critique : si l'opening , chanté par Maaya Sakamoto est très plaisant à écouter (un vrai rayon de soleil), on peut d'ores et déjà annoncer une petite déception et dire que les producteurs ne se sont pas foulés : ce ne sont que des morceaux d'épisodes qui défilent tout au long de la chanson, chanson qui est la même pour l'ending.
Deuxième critique : le triangle amoureux. Si vous ne vous en étiez pas encore doutés, Sayuri est amoureuse de Tokio et ferait n'importe quoi pour le piquer à sa « grande » amie Juna (c'est plutôt la seule qui veut bien lui parler oui). Elle se montre mielleuse et dès que celle-ci a le dos tourné, elle enlève ses lunettes (véridique) et flirte avec Tokio tout en disant « Ah mais je ne peux pas, je suis l'amie à Juna ! ». Le personnage de Sayuri est parfaitement méprisable, à mon avis, et complètement inutile (sauf un peu à la fin par ce qu'elle a un frère et une soeur). La question est : pourquoi avoir inclus un triangle amoureux dans une histoire qui n'en avait pas vraiment besoin ?



Une magical girl pas comme les autres
Au début Arjuna semble être l'archétype de l'anime « magical girl » : Chris apparaît, venu de nulle part, et propose à Juna de lui redonner la vie en échange de ses services. L'écolière ordinaire se voit gratifier d'une perle étrange sur le front lui octroyant des pouvoirs magiques, une nouvelle apparence plutôt surprenante ainsi qu'un arc. Il ne lui reste plus qu'à combattre les Raajas, pensez-vous ? Et bien non, c'est là que réside la subtilité d'Arjuna. En bonne fille, Juna lève son arc et tente de tuer ces méchants monstres venus d'ailleurs, mais Chris s'interpose et lui dit que ce n'est pas ce qu'il lui avait demandé de faire. Que doit-elle faire alors ? Juna mettra 13 épisodes à le comprendre.


Juna, Chris et Cindy. Oh comme c'est mignon, ils s'entraident mutuellement...dommage que ça n'arrive jamais en vrai -__-

Là où une magical girl typique sait presque de manière innée comment se servir de ses pouvoirs, le spectateur voit Juna faiblir, apprendre de ses erreurs, tomber, se relever, toujours dans le doute quant à ce qu'elle doit faire. Chris, le mentor sensé être la personne sur laquelle on peut compter, ne fait que lui parler par énigmes et la critiquer. Pas facile d'avancer dans ces conditions, Juna est dans le noir, on lui donne un arc qu'elle ne doit pas utiliser et des conseils aussi utiles qu'un presse-papier pour scier du bois. Sa détermination à quand même combattre envers et contre tout la rend attachante et on ne peut à cet instant que blâmer Chris d'être aussi froid avec elle. Sans compter que Cindy se montre d'une insolence incroyable envers elle, rétorquant à chaque fois que l'adolescente proteste que Chris ne fait que l'aider et que si elle n'y arrive pas tout est de sa faute. Chris, un mentor ? Là encore il y a de quoi se poser des questions. Quel mentor abandonnerait sa disciple en pleine forêt sans eau ni nourriture pour qu'elle « progresse » ?
La magical girl typique a généralement un certain soutien, sinon auprès du peuple, au moins auprès de ses amis, ce n'est pas le cas de Juna. Sa transformation est tout simplement invisible aux yeux des autres (ce qui donne des situations assez cocasses lorsqu'elle brandit son arc...invisible) et personne ne la comprend vraiment. Personne ne veut la comprendre. C'est limite si on ne la prend pas pour une folle. Même Tokio a une attitude ambiguë avec elle, il peut se montrer incroyablement attentionné, et complètement indifférent la minute d'après (généralement quand Sayuri est dans les parages, celle-ci étant la seule camarade à daigner parler avec Juna).




Alice au pays des cauchemars
Juna passe-t-elle 13 épisodes à combattre les Raajas ? Pas du tout. En réalité, il n'y a que peu de combats et uniquement à des moments stratégiques. Le reste du temps l'héroïne continue d'aller à l'école comme avant...sauf que rien n'est plus comme avant. Les pouvoirs de Juna sont plus un cauchemar qu'autre chose. A chaque épisode de nouvelles hallucinations et de nouveaux problèmes apparaissent. Elle commence à voir des ombres, prend les machines pour des Raajas (ce qui est problématique), voit son enseignant vomir une matière étrange et saute du haut de la fenêtre pour mieux voir le bâtiment s'effondrer sur elle. Elle ne peut plus manger au Meriken Burger, son fast food préféré, ou aucune autre malbouffe sous peine de voir se répéter sous ses yeux les images angoissantes de leur fabrication. A un certain moment, elle en vient à entendre un bébé dans le ventre de quelqu'un et ne sachant pas qui, doit partir à la recherche de la femme qui est enceinte sans le savoir. La ville où elle habite est un long et perpétuel cauchemar où tous les maux, autrefois invisibles, ne cherchent qu'à l'agresser.
Les pouvoirs de Juna en eux-mêmes sont étranges et n'ont pas de forme précise, tantôt elle voit les mots des autres se matérialiser devant elle, tantôt elle obtient le pouvoir de projection astrale et en profite pour visiter la chambre de son copain, tantôt elle peut carrément entrer dans son propre corps pour combattre un virus. Bref, en guise de pouvoir, Juna semble avoir plutôt reçu une pomme empoisonnée.




Juna au pays des merveilles
Contrastant avec ces hallucinations morbides, la Nature se pose comme un havre de paix reposant. Et quoi de mieux pour illustrer cette beauté que l'OST composée par Yoko Kanno. Quoi qu'on puisse dire de la compositrice, elle signe ici une oeuvre magnifique, avec des pistes à l'exact opposé de celles de Ghost in the shell, emprunte de poésie. Que ce soit des pistes effrayantes comme Time to Die ou l'étrange Clone (une des musiques les plus bizarres qu'il m'ait été donné d'entendre), des pistes oniriques et bouleversantes comme Omega Blue ou Aqua, des pistes tribales comme les excellents Diving et Yogensha , ou des pistes joyeuses comme Cloe ou Before Breakfast , il n'y a clairement rien à jeter dans cette fabuleuse bande-son.




Une fable écologique
Malgré quelques thèmes empruntés à la mythologie (Juna renvoyant à Arjuna, je suppose que Chris renvoie à Krishna) avec la présence d'Ashura et la mention à l'Avatar du temps, Arjuna est définitivement orienté vers l'écologie et chaque épisode devient un prétexte pour débattre sur des sujets divers et variés ayant tous traits à l'environnement. Et c'est là que réside toute l'ambiguïté de l'anime. Si jusque là la progression de Juna en tant qu'Avatar du temps (c'est ainsi que Chris la nomme) s'avère plaisante à suivre, le volet écologique qui s'installe prend de plus en plus de place et en devient écrasant, écrasant par ce qu'il s'en dégage une sensation de malaise. Juna est une fille ordinaire, trop ordinaire, et elle est littéralement niée par tout ce qui l'entoure, à commencer par sa famille. C'est comme si quelque chose ne tournait pas rond. Chaque épisode amène son lot de questions, son lot de philosophie, mais aussi son lot de problèmes supplémentaires pour Juna. Plus la série avance plus la situation empire. De ses brouilles et disputes à répétition avec Tokio, on passe à quelque chose de presque apocalyptique.

Attention, je spoile les derniers épisodes là
[spoiler]Le Japon tout entier est ravagé en quelques heures et évidemment c‘est encore la faute à l'héroïne. Tout empire jusqu'à un dénouement final plus ou moins inattendu et nettement plus optimiste. Oui il aura fallu 13 épisodes à Juna pour comprendre. Comprendre quoi ? Que tout ne formait qu'un. Merci Chris de l'avoir laissé poireauter tout ce temps à coup de charades absurdes. Juna libère enfin tous ses pouvoirs en entrant en harmonie avec le monde dans une scène de transformation superbe et on débouche sur une fin presque heureuse, devisant sur le cycle de la vie. A ceci près que les situations respectives de Chris et Juna sont floues : l'un retrouve la voix qu'il n'avait pas, l'autre perd la sienne un sourire béat aux lèvres. On ne sait pas s'ils sont sur le point de mourir, s'ils « revivent », ni comment le Japon (détruit entièrement je vous le rappelle) pourra se remettre de ce coup mortel. La fin laisse donc planer l'espoir quant au futur tout en ayant bien pris le soin de nous déstabiliser et de nous inquiéter pendant tous les autres épisodes. [/spoiler]



En conclusion : Arjuna est un anime surprenant dans le paysage de la culture visuelle moderne. Doté d'une certaine esthétique et de musiques envoûtantes, c'est une fable visant à nous faire réfléchir sur ce qui nous entoure, cependant l'omniprésence de cette « idéologie » verte peut fasciner ou lasser, voire dégoûter, selon les goûts de chacun par son côté trop manichéen. Un anime que je n'arrive toujours pas à cerner pour ma part mais qui m'attire toujours sans trop savoir pourquoi.
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 00:25


Après avoir parlé d'Haibane Renmei, je ne pouvais pas passer à côté d'un OVNI comme Serial Experiments Lain ! Mesdames et messieurs, accrochez vos cerveaux, et comme a dit quelqu'un sur le net « Vous ne regarderez plus jamais les poteaux électriques de la même façon » !

Une voix qui ricane en déclamant un « Present Day...Present Time » énigmatique. L'image se brouille et un visage presque imperceptible apparaît en filigrane. L'opening commence alors sur ces mots « And you don't seem to understand...  ». Bienvenue dans le monde énigmatique de Serial Experiments Lain !


C'est une soirée ordinaire dans la ville de Tokyo, un couple s'embrasse et se chamaille, les passants bavardent et une jeune lycéenne s'apprête à sauter du haut d'un immeuble. Celle-ci détache ses cheveux soigneusement nattés, enlève ses lunettes et après avoir prononcé des mots que nous n'entendons pas, elle se laisse tomber. Cette fille s'appelait Yomoda Chisa, et après sa mort, de nombreux élèves de son école reçoivent des mails qui semblent provenir d'elle. Tout le monde croit à un canular, tous sauf Iwakura Lain, du même établissement de Chisa qui, très affectée par ces phénomènes paranormaux, tente de résoudre ce mystère. Mais elle aussi reçoit un mail qui l'invite à rejoindre la disparue dans le Wired, une sorte d'Internet. C'est sans se douter de ce qui l'attend que Lain se lance à corps perdu dans un engrenage cauchemardesque qui l'entraînera à découvrir des choses dont elle n'aurait jamais oser imaginer l'existence.

 


Au coeur du labyrinthe
Une ville fantomatique peuplée d'ombres, de lumières, de bruits saturés, d'échos imperceptibles, une voix, toujours changeante, posant des questions sans réponses, c'est par ces mêmes images que commence chaque « layer » de l'anime. Car oui, SEL n'est pas tout à fait découpé en épisodes. C'est un détail qui pourrait sembler sans importance, or il en a une : un « layer » est une « couche », c'est un système logique permettant de résoudre des problèmes de grande dimension. On comprend donc très vite que chaque « layer », dont le nom (un seul mot et en anglais) est introduit par une voix cybernétique, nous amènera à plonger de plus en plus profondément dans l'énigme de Lain. Mais qu'est-ce que Lain ? La réponse la plus simple serait peut être : un immense labyrinthe. Car en effet, Lain est aussi un projet multimédia décliné en anime, en jeu vidéo et sur CD. Chacun de ces médias ayant pour but de distiller un fragment de la personnalité de l'héroïne. Or le support le plus connu, et pour cause (le jeu vidéo n'en étant pas véritablement un est à réserver aux fans les plus hardcores) reste l'animation.

 

 

And you don't seem to understand...
L'opening même de Lain, Duvet, est assez complexe et fascinant pour réclamer une analyse à lui tout seul. Contrairement à d'autres séries, celui-ci ne fait qu'un avec l'histoire. Les paroles témoignent d'un étouffement progressif, d'une difficulté à respirer, à trouver sa place que vivra Lain tout le long de l'anime.

 

 

 

And you don't seem to understand
A shame you seemed an honest man
And all the fears you hold so dear
Will turn to whisper in your ear
And you know what they say might hurt you
And you know that it means so much
And you don't even feel a thing

I am falling, I am fading
I have lost it all

I am falling, I am fading, I am drowning
Help me to breathe
I am hurting, I have lost it all
I am losing
Help me to breathe
X2

Et qu'y voit-on ? Lain, Lain partout. Comme une divinité omniprésente, on ne voit qu'elle à chaque plan de l'opening. Tout d'abord accompagnée de corbeaux -présage funeste ?- derrière un écran en train d'alpaguer la foule, de railler des amoureux qui s'embrassent ou encore de faire un signe à un enfant qui joue à des jeux vidéos. On la voit marcher vers nulle part, monter un escalier avec un regard hypnotique qui accroche le spectateur, et puis enfin au milieu d'un pont où le temps s'arrête. Un corbeau reste suspendu dans les airs...son bonnet arraché par le vent flotte...tout est figé, et elle repart, l'air de rien. Aucun autre personnage n'est montré, seulement elle, soit de manière fragmentée, exposée à l'indifférence de ceux qui regardent la télévision, soit normalement, évoluant en solitaire dans des endroits plus déserts les uns que les autres. L'opening amorce ainsi déjà la traversée du désert de l'héroïne.

 

 

Un conte de la marche vers l'adolescence
Dès le début de l'anime on comprend que Lain est encore dans l'enfance. Elle a un physique d'enfant, une personnalité introvertie et aucun véritable ami. La seule avec qui elle a parlé au moins une fois était justement Yomoda Chisa. Sa disparition ne l'affectera que partiellement, mais c'est à ce moment précis que Lain essaye de s'intégrer aux autres par le biais des nouvelles technologies. Tout le monde use et abuse des ordinateurs là où elle ne sait même pas s'en servir (elle a un ordinateur pour enfants), c'est donc avec l'envie de se trouver une place que Lain commence à s'intéresser au Wired.


Très vite, elle devient captivée par les immenses possibilités que développe son nouveau Navi (son ordinateur) et devient aux yeux de ses camarades beaucoup plus « in ». Celles-ci ne commencent donc à s'intéresser à elle que lorsque Lain s'intéresse elle-même au Wired. Au début seul Alice semble faire attention à elle, peut être par pitié de la voir si silencieuse et si apathique et c'est à son initiative que la bande d'Alice invite Lain au Cybéria, la dernière boîte branchée. On y voit très vite un décalage : Lain arrive, un peu perdue, dans des vêtements enfantins et peu recherchés tandis que ses amies sont très féminines et maquillées. Mais même chez elle, Lain se comporte ainsi. Elle déambule en pyjama-ourson, symbole d'isolement, dans une chambre vide à l'exception de quelques peluches. On dit souvent que notre chambre est le reflet de notre âme et c'est aussi vrai pour Lain : tout comme l'héroïne sa chambre connaîtra une évolution radicale, d'un vide affligeant elle deviendra encombrée par les machines, et de décorée par des peluches elle sera vite envahie par les câbles.


Dès l'épisode 5, cette pièce si anodine deviendra un lieu surnaturel, preuve en quelque sorte de la sortie de l'enfance de Lain. De même que cette dernière finit par se familiariser avec ses camarades de classe (et surtout Alice), elle finit par s'éloigner de ses parents. Au début son père est très présent, il sait très bien faire marcher un ordinateur, bref, c'est un peu un « modèle », mais dès l'épisode 3 où Lain lui présente la Psyché en lui demandant s'il sait ce que c'est et qu'il répond qu'il l'ignore, on le voit distant, déjà dépassé. Lain s'affranchit de lui, elle n'a plus besoin de ses conseils, et quand il la met en garde, elle sourit, le contredit, comme s'il « n'avait rien compris ».

 

 

Une fausse famille

La famille de Lain est douteuse dès le début : son père au premier abord plutôt jovial disparaît peu à peu, sa mère l'ignore et sa soeur ne la prend pas au sérieux. D'où un malaise qui s'installe très vite entre Lain et ses parents dès qu'elle s'aperçoit que quelque chose ne vas pas, à son retour après l'incident du Cybéria où elle a frôlé la mort. Elle a été ramenée par la police au beau milieu de la nuit et quand elle rentre, personne n'est là. Inquiète, Lain navigue entre son ordinateur et la chambre de ses parents, mais toujours rien, ils se sont volatilisés pour réapparaître le lendemain matin comme si rien ne s'était passé. Des hommes en noir rôdent autour de la maison mais là encore les parents ne font rien, comme s'ils ne voulaient pas savoir, quand bien même Mika, la soeur de Lain, essaye de les secouer par ce que cela l'effraye, ils ne répondent même pas. Quand Lain est forcée à les suivre et qu'elle revient à la maison, bouleversée, elle tente tant bien que mal de leur parler en disant « Aujourd'hui quelqu'un m'a demandé si mes parents étaient bien mes véritables parents, c'est stupide, n'est-ce pas ? », ils se contentent de la fixer avec un regard effrayant sans laisser échapper le moindre mot, comme pour confirmer son doute. Même sa soeur, la plus normale de la famille, semble tomber lentement et irrémédiablement dans la folie après d'obscurs évènements qui seraient son propre fait et personne ne s'en inquiète. Mika a beau errer dans un état lamentable, à peine capable d'articuler un son, personne ne fait plus attention à elle, et sa mère constate juste qu'elle « rentre plus tôt » tout en prenant soin de ne surtout pas engager la conversation avec elle. Comme une sorte de fantôme, elle hante les escaliers, silencieusement avant de disparaître pendant plusieurs épisodes sans qu'on sache ce qui lui est véritablement arrivé. Dans des conditions pareilles, Lain est désespérément seule, sans amis, sans famille, elle est vouée à se tourner vers le Wired et à plonger dedans les yeux fermés.

 

Lain, une héroïne intrigante et dangereuse...

 

 

Tout n'est que mensonge

Ce qui rend un anime comme Serial Experiments Lain particulier c'est aussi le rapport entre imaginaire et réalité. En effet il n'y a aucune différenciation entre les hallucinations que Lain a constamment, ses virées dans le Wired et la réalité.


On ne sait donc jamais si ce qui se passe est vrai. Ainsi l'omniprésence du surnaturel brouille les pistes : Lain voit de la vapeur s'échapper de ses doigts, du sang coule sur les câbles, une fille au visage déformé se jette sous un train en plein brouillard, des fantômes hantent l'école, les élèves eux-mêmes ne sont parfois plus que des ombres, les utilisateurs du Wired ne sont que des voix déformées ou des êtres étranges, des yeux, des oreilles, des pantins. Les rares apparitions de Chisa sont tout aussi douteuses. Et même le monde que l'on sait « réel » a l'étrange particularité d'avoir des ombres mauves teintées de rouges contrastant singulièrement avec les routes d'un blanc éclatant, un sentiment de malaise ne nous quitte donc presque jamais. Le monde cybernétique lui-même n'est qu'une vaste allégorie, il n'est jamais représenté au pied de la lettre, il peut être tout à la fois une ville déserte au ciel déchiré par des décharges électriques, un couloir rempli de pantins articulés, ou juste une poignée de couleurs sur lesquelles défilent des nuées de textes, et seule Lain peut y prendre forme humaine. L'image est aussi constamment associée au son, l'une ne peut aller sans l'autre. Ainsi il n'y a pas véritablement de musiques, mais juste une série de pistes courtes, à utilisation presque unique, toutes étranges, ou bien juste des sons divers et variés.

 


Quand Lain va sur le Wired, non seulement une tempête d'images psychédéliques et colorées se succède et nous assaillit, mais ces images sont toujours accompagnées de sons robotiques, déformés, de voix à peine perceptibles et déshumanisées, formant un tout donnant parfois l'illusion volontaire d'avoir pris de la drogue. Lorsque le junkie de l'épisode 2 en prend, c'est par ses yeux que nous voyons le monde s'accélérer dans un délire étrange et douloureux avant de basculer vers la vision de Lain. Ce qui explique partiellement le chara design minimaliste de l'anime. Si à certains moments, les personnages, baignés de lumière ont un aspect angélique, ce sont des moments forts rares, ils sont presque toujours déformés par leur chara design, ou en tout cas enlaidis (alors qu'à la base les illustrations officielles sont magnifiques).

 

 

Have you ever seen the Lain ?

La question qu'on se pose tout le long de l'anime reste “Mais qui est véritablement Lain ?”. Si son visage et son attitude poupée peuvent paraître inoffensifs, elle se révèle vite un des personnages les plus complexes et les plus fascinants que j'ai jamais vu. Dès le début, l'anime pose un doute : il y aurait plusieurs Lain. La Lain que nous connaissons, la poupée indifférente, spectatrice de sa propre existence (elle ne cligne jamais des yeux, ce qui accentue d'autant plus son détachement), la Lain agressive et volontaire qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense et à envoyer balader, la Lain psychotique et diabolique qui espionne jusqu'à ses amies pour pouvoir livrer leurs secrets sur le Wired. Laquelle est Lain ?
 


La Lain que nous connaissons et la Lain du Wired que tous semblent connaître et qui excite les rumeurs sont-elles une seule et même personne ? Par sa coupe de cheveux asymétrique et sa personnalité ambiguë, Lain exprime l'instabilité psychique. Les trois versions d'elle-même qui sont découvertes peuvent même faire penser au moi, au surmoi et au ça freudien, et forment un tout qui peut être appelé Lain sans jamais être Lain elle-même. Tout comme l'héroïne de Lewis Carroll, l'héroïne de Serial Experiments Lain se laisse tomber dans un trou, ou plutôt un gouffre béant, pour entrer dans un monde à la logique malsaine, où tout le monde parait fou, à la recherche à la fois d'elle-même et d'un dieu qui pourrait garantir son existence.

 


C'est donc troublée par les révélations que sa plongée dans le Wired entraîne que Lain en vient à tout remettre en doute...même ce qu'elle est. L'inoffensive jeune fille en pyjama-ourson peut-elle encore être qualifiée comme telle après ses expérimentations sur elle-même et sur ceux qui l'entourent ? Car dans sa quête de vérité, Lain n'hésite pas à se perdre elle-même pour pouvoir effacer ses erreurs et réécrire les mémoires, ce qui la mènera à aller jusqu'au bout de son raisonnement, en dépit des conséquences. D'où cette phrase célèbre et témoignant de son interrogation métaphysique : « Si personne ne s'en souvient, alors ça n'a jamais existé. La mémoire humaine n'est qu'une donnée, tu peux la réécrire ».
La série se termine d'ailleurs au layer Ego sur un final à la fois logique, triste, et assez exceptionnel à l'endroit même où se terminait l'opening après une scène magnifique en hommage à Proust et au thème de la mémoire.

 

 

Nous revoici dans le trou  /A courir comme des fous

Mais le jardin merveilleux  /Est à présent monstrueux
Serial Experiments Lain est une fable atypique et incroyablement novatrice car bien que l'anime soit sorti en 1998 il reste plus que jamais aujourd'hui d'actualité sur le futur des nouvelles technologies et de l'humanité. Face à la quasi-divine Lain, se dressent toutes sortes de personnages à peine ébauchés mais qui représentent des vices, des traits de la société (suicide, drogue, poids des rumeurs, addiction à Internet) et ce de manière parfois cruelle, et dont le comportement influence d'une façon ou d'une autre celui de Lain. Le titre du premier épisode, Weird (anagramme de Wired) qui signifie étrange, peut à lui seul désigner tout l'anime : étrange, c'est ce qu'est Serial Experiments Lain, une oeuvre à part, une oeuvre qui marque même dix ans après sa sortie, une oeuvre qui ne peut pas laisser indifférent. Le seul point faible de la série reste sa substance : ceux qui n'aiment pas trop réfléchir et qui préfèrent se vider le cerveau devant un bon divertissement vont être déçus, si ce n'est en colère. Car oui, SEL est loin d'être facile d'accès, tant elle aborde de pans différents de la société et de la philosophie. A éviter pour ceux qui craignent la surchauffe, pour les autres Lain vous hypnotisera et ne vous lâchera plus. Même en l'ayant vu de multiples fois, il y a toujours à en dire, toujours de nouvelles choses à découvrir, et c'est en cela que Serial Experiments Lain est pour moi l'un des meilleurs animes de tous les temps.

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 16:12

Il y a longtemps de cela, à l'époque où il m'arrivait encore de regarder la télé (si, si, je vous jure), j'étais tombé sur les deux derniers épisodes d'un anime bizarre qui passait sur W9. On y voyait des gens avec des ailes et des auréoles qui faisaient des courses au milieu de gens normaux et qui achetaient de drôles de noisettes colorées. Intriguée, sur un coup de tête, j'achetais l'intégrale, hop, comme ça, sans réfléchir. Et depuis, c'est le grand amour entre mon coffret DVD et moi, c'est bien simple, on se quitte plus. Mais comme je suis très généreuse, je partage cette belle histoire d'amour en 2D.

Une fille tombe du ciel. Lorsqu'elle revient à elle, elle ne sait plus ni qui elle est, ni où elle se trouve, le monde lui parait confus et elle flotte dans de l'eau. Des voix se font entendre à l'extérieur. Tout à coup le cocon se déchire et la voilà projetée dans un univers mystérieux où elle est accueillie par des filles ailées qui ressemblent à des anges. Elles lui donnent un nouveau nom : Rakka. Mais que va-t-elle devenir à présent ?



Il est d'indispensable de commencer par dire qu'Haibane Renmei est une série tout à fait à part dans l'animation japonaise et qu'il est quasiment impossible de lui trouver un équivalent, comme c'est souvent le cas avec les productions auxquelles participe Yoshitoshi ABe (Serial Experiments Lain, Technolyze). Les amateurs de bastons dynamiques, d'animes dopés aux vitamines remplis de personnages trop nombreux et anti-charismatiques au scénario plein de rebondissements incroyables, vous faites fausse route, Haibane Renmei n'est pas pour vous ; on n'est sûrement pas dans Naruto ici !



Bienvenue à Guri !


Haibane Renmei c'est d'abord un univers bien particulier, enchanteur, onirique, léger, les qualificatifs ne manquent pas. On y suit les péripéties de la jeune Rakka qui vient de naître, déjà adolescente, et qui est encore un peu perdue dans la ville de Guri (elle n'est jamais nommée ainsi dans l'anime, mais seulement dans des artbooks). Guri est une ville un peu particulière puisqu'elle est entièrement entourée d'un mur gigantesque qui ne possède qu'une porte et dont il est interdit de sortir. Personne ne sait donc ce qu'il y a au-delà des remparts Les seuls autorisés à sortir et à entrer par cette porte sont les Toga, des commerçants qui viennent vendre ou échanger des marchandises venues d'ailleurs. Ils portent toujours une sorte de voile qui dissimule leurs visages et ont pour interdiction de parler à qui que ce soit, sauf au communicateur, le Washi, portant un masque, qui communique avec eux par langage des signes.


A Guri cohabitent des humains et des Haibane (ou « ailes grises » ) dont fait partie Rakka. Les Haibane n'ont le droit de prendre que ce dont les humains ne veulent plus, ils s'habillent donc avec des vêtements de seconde main et vivent dans d'anciens endroits abandonnés telles la Vieille Maison (ancien internat) ou l'Usine (désaffectée). Ils ne sont pas malheureux pour autant puisque l'association Haibane Renmei veille à leurs besoins en échange de leur travail (et ils ont droit de prendre le travail de leur choix). A titre d'exemple : ils peuvent travailler à la boulangerie, à la bibliothèque, à l'horlogerie, au café, ou encore rester à la Vieille Maison et s'occuper des enfants (car il y en a !). Guri est une « ville » mais en réalité elle comporte aussi des espaces naturels. Ainsi la Vieille Maison se trouve à proximité d'un champ d'éoliennes et on connaît l'existence de ruines dans la Forêt de l'Ouest.





Les Haibane, entre humanité et divinité
Je vous parlais de Haibane, mais qu'est-ce qu'un Haibane ? En réalité, même eux ne le savent pas. Tout ce que l'on sait c'est qu'un cocon peut apparaître quelque part dans la Vieille Maison, se développer et qu'un Haibane en sort une fois le cocon déchiré. Ce Haibane là peut naître enfant ou adolescent, il n'aura aucun souvenir de son passé mais il saura parler, marcher, manger et n'aura comme indice qu'un rêve. Chaque Haibane fait un rêve dans son cocon, et c'est à partir de ce rêve qu'on lui trouve un nom. Dans le cas de Rakka, on l'a nommée ainsi par ce que rakka signifie « tomber » ;  mais ses amies possèdent des noms très variés : on compte ainsi Nemu « dormir », Kuu « air », Hikari « lumière », Kana « poisson dans l'eau » et le cas un peu particulier de Reiki « petite pierre ».

De gauche à droite sur cette image : Hikari, Kana, Kuu (dont les cheveux devraient êtres blonds), Nemu, Reiki et Rakka


Quand il naît, le Haibane ne possède ni ailes ni auréole, on lui donne cette dernière et les ailes poussent toutes seules dans la nuit (et ça a l'air de faire horriblement mal d'ailleurs). S'il est né enfant à l'Usine, on l'envoie généralement à la Vieille Maison et il peut revenir de temps en temps chez lui, mais ce sont plutôt les adolescents issus de l'Usine qui y vivent et les deux camps ne s'entendent pas toujours très bien. La dernière chose que l'on sait à propos des Haibane, c'est que vient un jour où ils se sentent prêts à partir. Ils ne le disent à personne quand c'est « leur tour », leur auréole se met à clignoter doucement de temps à autre et ils partent, toujours sans un mot, vers la Forêt de l'Ouest où ils s'envolent dans un rayon de lumière. Ces Haibane là ne reviendront jamais. Ceux qui restent vivent généralement ce départ comme un décès. Mais il peut arriver qu'un Haibane prêt à partir ne le puisse pas, c'est le cas de ceux qui sont liés au péché. Leurs ailes grises se couvrent de tâches noires et, incapables de se pardonner pour les crimes qu'ils pensent avoir commis, ils disparaissent quand leur heure vienne, mais pas de l'autre côté du mur ou ces Haibane là restent en vie dans la solitude (il est suggéré que c'est le cas du Washi mais c'est impossible à savoir).

Reiki, la tourmentée

 



La vie est un long fleuve tranquille
Durant près de treize épisodes, Haibane Renmei raconte donc ce qui arrive à Rakka au rythme des saisons. Ceux qui s'attendent à des histoires trépidantes seront déçus car en réalité il n'y a, au début, pas de véritable scénario, on se contente de suivre notre protagoniste et les autres Haibane dans leur quotidien. Ennuyeux ? Pour moi c'est un non catégorique ! A chaque épisode on en apprend plus sur l'univers intrigant de Guri sans avoir toujours de réponses, car au fond, le reste est laissé à notre imagination. Effectivement on ne nous dit jamais ce qu'il y a derrière le mur, mais ça ne gâche pas l'anime pour autant comme ça pourrait l'être dans une série un peu trop philosophique. On voit comment Rakka obtient son nom, ses ailes, la découverte des mystères de la ville, des épisodes marqués par un bouleversement qui amènera Rakka à découvrir pourquoi elle est devenue Haibane, l'histoire bien triste de sa plus proche amie Reiki et son dénouement final. Je ne spoilerai rien ici mais attendez vous à verser quelques larmes à un moment ou à un autre. Les personnages, l'ambiance, tout est fait pour vous porter ailleurs. Haibane Renmei c'est typiquement le genre de séries à regarder un jour où vous ne vous sentez pas bien et où vous avez besoin d'un petit truc tout doux pour vous remonter le moral et oublier vos soucis. Bref, si vous avez besoin d'une petite pause calme, Rakka est prête à vous faire sourire !





Sweet dream
Pour mieux coller à ce côté « rêve » de la série, Haibane Renmei emploie les grands moyens ! On a tout d'abord le droit à une magnifique bande-son de Kou Ootani. C'est bien simple, dès que j'ai du mal à dormir, j'écoute l'OST d'Haibane Renmei, il n'y a vraiment rien de mieux, c'est féerique, comme une berceuse, et ça fait voyager. Au programme, que des instruments classiques mais dont la magie opère à merveille : un petit coup de violon pour l'énergie dans Starting of the World, quelques notes de piano dans Ailes Grises, l'impression d'être sur une montgolfière avec Rustle, un thème de nuit incroyable avec Silent Wonderland (on entend même les criquets ou presque), une ou deux chansons, l'une peu plus portée sur le jazz, l'autre un peu plus celtique, bref de la qualité, il y en a, et pas qu'un peu ! Ceux qui cherchent la guitare électrique et la batterie, c'est la porte à côté (et même s'il y a pas mal de synthé dans Pulse of the forest, c'est bien la seule piste) ! Et quoi de mieux pour accompagner cette musique merveilleuse que des graphismes superbes signés Yoshitoshi ABe ? Chaque recoin de Guri semble sortir tout droit d'une aquarelle ! Les personnages ont reçus une petite couche supplémentaire les rendant moins beaux que sur les illustrations officielles de ABe mais qui se plaindra de ce détail ridicule ?

Le cocon dans lequel était Rakka


L'entrée de la Vieille Maison


Vue aérienne de Guri

 



Alors docteur ?
Alors, Haibane Renmei c'est un petit bijou de l'animation japonaise qui vous fera pardonner tous les animes fanservice bourrés de panty shot et de vulgarité, les fantasmes étranges des eroges et les étrangetés de cette culture un peu à part. Haibane Renmei vous réconcilie avec le Japon (incroyable mais vrai) ! Mais voilà, tout le monde ne pourra pas aimer cette série magnifique, pour la bonne raison que le manque de scénario et de rebondissements ennuiera les fans d'actions, et le côté un peu poétique les gens qui refuse d'allumer leurs cerveaux trop longtemps. Car rien ne sert de le nier, peu de réponses seront données sur les Haibane et il ne se passe un évènement capital qu'à partir de l'épisode 6 (cela veut-il forcément dire qu'il ne s'est rien passé avant ?). Cependant les personnages ne sont ni niais ni creux, mais tout ce qu'il y a de plus attachant, les histoires personnelles de Rakka et Reiki tristes et touchantes, l'univers onirique et utopique fait rêver et pose de nombreuses interrogations, notamment sur le monde dans lequel on vit, la fin est superbe (pour preuve c'est le dernier épisode mon préféré) et, je pense, ne pourra pas vous décevoir.



Bref, pour moi, Haibane Renmei, c'est un must à voir absolument une fois dans sa vie, une bouffée d'air frais dans un monde parfois un peu pollué !

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 17:28

Comme je l'ai déjà dit ici, je suis fan des premières productions de Bee Train. J'avais commencé par Noir qui reste une de mes séries favorites, et quand, en regardant Madlax, j'ai appris qu'il s'agissait en réalité d'une trilogie « girls with guns », évidemment je ne pouvais contenir ma joie. C'était en 2007, Noir étant sorti en 2001 et Madlax en 2004, le dernier opus allait donc bientôt faire son entrée. Je me suis donc jetée sur El Cazador de la bruja sans retenu...et au final, rien ne s'est passé comme prévu.

 

Nadie, chasseuse de prime de renom, reçoit une mission un peu particulière : elle doit trouver Ellis, jeune fille amnésique dont la tête a été mise à prix pour avoir tué le professeur Schneider, et qui posséderait des pouvoirs étranges et l'accompagner « vers le sud », à Winay Marka, seul indice dont elles disposent de la véritable identité d'Ellis.

 

Comme à peu près toutes les productions Bee Train, le synopsis est alléchant, nous promet une ambiance far west, des gunfights et du mystère. On ne peut bien évidemment pas dire qu'il brille par son originalité cependant, car à peu de mots près, c'est bien le synopsis de Noir et de Madlax, mais comme c'est voulu, on ne va pas chipoter. On a donc des personnages au design plus kawai/choupinet que dans les précédents volets et la bande-son, une fois de plus signée Yuki Kajiura.



Y a-t-il un personnage bien fichu dans cette foutue série ?
L'héroïne principale, Nadie, est une quiche, et je ne blague pas, une quiche, vous dis-je. Elle est chasseuse de prime mais on est en droit de se demander comment elle a pu parvenir à ce métier et comment elle a pu se faire recruter par Blue Eyes pour une mission aussi pointue. Ce n'est pas qu'elle n'est pas attachante mais la vérité c'est qu'elle ne mérite pas le qualificatif de « chasseuse de prime » et la succession de Mireille et Madlax ; la preuve, la seule fois où on la voit en action, elle glisse sur du verglas quand on la croit touchée à mort et c'est Ricardo qui finit la cible à sa place...avant de lui donner la moitié du pognon, l'est pas contraignant lui. Nadie a donc un sérieux problème de charisme là où ses prédécesseurs avaient un minimum la classe, ce qui est un gros handicap. Mais elle n'est pas la seule puisque sa compagne est Ellis, choupi-kawai-trognonne et autiste de son état. Elle est mimi certes, elle a des pouvoirs qui déchirent certes, mais elle a surtout 10 ans d'âge mental (ce doit être pour cela qu'elle s'entend aussi bien avec Lilio). Le montre un épisode qu'elle passe à faire la gueule à sa Nadie qu'elle adore par ce que cette dernière a eu le malheur de casser son jouet préféré, plus puéril tu meurs. C'est donc avec un duo un peu bâclé que commence l'aventure, et nul besoin de préciser que cela commence mal.


Les personnages secondaires sont si peu développés que j'ai dû batailler pour avoir des images d'eux, c'est dire.
On a donc le grand méchant, Rosenberg, qui est tout de même assez intéressant même s'il est mal utilisé. Ses motivations, au début évidentes, sont en fait réellement surprenantes.
Il y a aussi L.A, un personnage que beaucoup de gens sur le net trouvent agaçant et en réalité le seul que j'ai vraiment aimé.

Pourquoi ? Par ce que c'est le plus humain de tous au fond. L.A est un stalker qui ne cesse de pourchasser Ellis par ce qu'il l'aime et qu'il pense que c'est réciproque, son obsession atteint souvent la démence mais comment lui en vouloir avec une vie aussi misérable où il n'a jamais été que le jouet de Rosenberg ? Sans compter que Mamoru Miyano transcrit de manière époustouflante ses crises de folie (Light à côté c'est un débutant).
Parmi les « gentils » pour changer, Blue Eyes appartient à une organisation secrète rivale de celle de Rosenberg, elle a en fait deux apparences mais ça on s'en doute dès l'opening. La première ne fait pas long feu d'ailleurs et elle n'a pas grand-chose de mystérieux.
Sinon il y a Ricardo et Lilio, dont l'utilité est douteuse du début à la fin. En gros, Ricardo est un vieux loup qui répare toutes les conneries de Nadie mais on ne sait rien de lui, absolument rien. Et puis la fillette qui l'accompagne est encore plus inutile que lui.

Lilio : prix 2007 du personnage qui ne sert à rien


Non seulement elle n'a qu'une seule fucking ligne de toute la série (quand on a Marina Inoue comme seiyuu, ça fait vraiment pitié quand même) mais en plus elle ne fait rien...strictement rien (ah si à l'épisode 25, yahoo). Encore un personnage kawai et creux qui ne sert qu'à être montré lors des épisodes spécial maillot de bain.

El cazador 01

Puisqu'on parle de maillots de bain...

 



Tacos, tacos, tacos !
Le seul point d'humour d'El Cazador est un running gag complètement WTF auquel j'avais bien accroché au début...au début. Après Madlax et ses pâtes, voici...les tacos ! C'est simple dans chaque ville Nadie et Ellis se retrouvent confrontés à des tacos et tous les personnages finissent invariablement par chanter la chanson des tacos (même L.A et Lilio, ouah deuxième ligne de texte !). Au début c'est mimi puis un simple prétexte à du fanservice et à la fin c'en est mindfucking !

Voyez le monde en fanserv... en tacos !

 



Il faut sauver l'scénar !
El Cazador souffre donc tout d'abord d'un sérieux manque au niveau des personnages, aucun n'a ce petit truc qui fait qu'on s'y attache tout de suite, aucun n'a de véritable profondeur, ce qui est vraiment très dommage, mais à la limite ça passe encore par ce que ce sont Nadie et Ellis les stars et qu'on ne voit pas assez les autres pour s'en plaindre (quoi que). Non, le véritable problème d'El Cazador c'est son scénario. Pourquoi ? Par ce que l'idée de « voyage initiatique » tombe très vite à l'eau. Les animes qui n'ont pas de scénario (aka les tranches de vie) remontent souvent la pente par des persos attrayants et surtout une bonne louche d'humour, or c'est ce qui fait le plus défaut à l'anime pour remonter la pente. Le premier épisode est sympathique, le 13e intéressant, le 14e émouvant et à partir de la fin du 22e l'histoire se déroule jusqu'à l'épisode 25 y compris. Entre ces épisodes que j'ai nommé, il ne se passe rien, absolument rien, et c'est ce qui est affligeant. Ellis et Nadie doivent renforcer le lien qui est entre elles, c'est entendu, mais tout ce qu'elles trouvent sur leur route ce sont des personnages tertiaires ( à apparition unique) complètement grotesques : naviguant d'un stéréotype à l'autre on a les chasseurs de prime tout droit sortis de la gay pride (sont censés tuer Ellis quand même), la cruche qui passe sa vie à creuser dans la mine...par ce que son papounet lui a demandé de le faire, des bonnes soeurs prudes, une fille aux gros seins qui chante, des gentils mafieux (hey, what ?), une conne qui se prend pour un gourou et qui commence une secte du dieu-chat, on en a pour tous les (mauvais) goûts ! Alors pour combler ce vide intersidéral, que faire ? L'avez-vous deviné ? FANSERVICE ! Nadie et Ellis en serveuses, en maillot de bain (onsen + piscine) et sous-entendus yuri en veux-tu en voilà...et tacos. Oui. Encore les tacos...

Des chasseurs de prime très crédibles...


A mon avis, il aurait été plus judicieux de faire une série d'OAVs (avec 6 épisodes intéressants, pourquoi pas) ou une petite série d'une douzaine d'épisodes mais pas une longue tartine insipide comme ce qui a été servi !

Oui Ellis, moi aussi je m'étouffe après 26 épisodes

 



Une trilogie ? O RLY ?

  • Bee Train l'a dit, c'est une trilogie « girls with guns », on est donc en droit de faire la comparaison avec Noir ou Madlax. On peut se rendre compte que Bee Train a cherché à s'améliorer, exit les gros plans sur les yeux où seule la musique parlait, exit la répétition étouffante de flashbacks. Oui mais est-ce vraiment une amélioration ? Dans Tsubasa Rservoir Chronicle, Avenger ou //hack.sign, c'était agaçant, il est vrai (quoi que je ne suis pas tout à fait d'accord pour hack), mais c'est aussi tout ce qui faisait l'ambiance de Noir ou Madlax. Ici le passé d'Ellis, soi-disant mystérieux, n'est pas mis en relief, le flashback apparaît peu, c'est un peu comme s'il était secondaire, or il semble que ce soit la clé du « scénario », si je puis me permettre. Où est mon « pèlerinage dans le passé », hein ?

La "trilogie" "girls with guns" : petit jeu, cherche les intrus qui se sont glissés sur cette image

 

  • Un autre élément, l'organisation mystérieuse, est un peu raté. Là où les Soldats dans Noir et Enfant dans Madlax pesaient de tout leur poids pour entraver les personnages, le projet Leviathan, au nom pourtant riche, est complètement mis de côté...même suspendu à un moment !
  • Et le nom de « girls with guns » suppose des combats magnifique, non ? Pas de chorégraphie extraordinaire, pas de fille sexy en robe de soirée dans la jungle, ok, mais quasiment aucun combat là c'est un peu fort. Il est en plastique le revolver de Nadie ou quoi ! Car oui, immense déception, il y a très peu de combats et quand il y en a, notre chasseuse de prime nationale se contente de désarmer ses adversaires. J'ai entendu des gens dire que c'était bien mieux ainsi mais je ne suis pas très d'accord. Dans Noir comme dans Madlax c'est une question de survie, si Mireille et Kirika ne tuent pas les membres de Soldats ce sont elles qui y passent, si Madlax ne dézingue pas ses adversaires elle est morte, or là il est vrai que Nadie est surtout entourée de civils, mais même les chasseurs de primes elle les laisse partir...au risque de les voir revenir épisode par épisode. C'est ça que je trouve ridicule ! Ok, elle n'est pas obligée de tuer les officiers de police, Blue Eyes, L.A ou qui que ce soit, mais les chasseurs de prime qui lui courent après si, mince quoi, question de logique !
  • Un autre point sensible : le passé des héroïnes. Il est sous-entendu qu'elles se sont déjà rencontrées étant enfant dès l'opening. Intéressant, non ? Vous voulez en savoir plus ? Ahahah, et ben non ! Nadie et Ellis se sont déjà rencontrés, voilà, fin de l'histoire. Là où Kirika et Mireille ou Madlax et Margaret avaient un passé trouble en commun, Ellis et Nadie n'ont qu'une pure coïncidence. Mais ne vous en faites pas, ce n'est pas grave, car leur relation va beaucoup évoluer grâce à ce voyage ensemble, il n'y a pas vraiment de yuri au sens propre du terme, par contre les amateurs de shojo-ai vont être servis (et quelque chose me dit qu'un gender bender rendrait cette série immensément plus populaire).

RAEP TIME !!!


Qui qu'en veut de mon shojo-ai ?

 



La vraie fin, et celle qu'on aimerait oublier
El Cazador a deux fins : une belle et une moche. La première n'est pourtant pas autant une réussite que cela mais elle reste quand même touchante à sa manière. On connaît enfin la vérité sur le passé d'Ellis...c'est-à-dire ce qu'on savait depuis le début sur l'assassinat du professeur \o/. De l'autre côté, après l'épisode 14, c'était évident que ce n'était pas le père Noël qui l'avait tué donc bon, prévisible à mort ! Nadie et Ellis offraient un beau moment avec leurs sentiments et le sort de Rosenberg prenait enfin une issue.

Par contre
[spoiler]Nadie et Ellis qui meurent puis reviennent à la vie grâce à Blue Eyes c'était vraiment cliché, dès que la scène a commencé je savais que ce serait là sa seule utilité du coup j'étais un peu pantoise devant une telle gratuité... WTF ? Et puis l'unique phrase de Lilio, lol quoi, ça faisait totalement formule magique, au final on saura jamais qui elle est =/.[/spoiler]


Mais à ce point là de l'histoire, on pouvait être satisfait, ça y est c'est fini, plutôt bien fini, tout va bien...oh mais que vois-je ? Il reste un dernier épisode ? Le dernier épisode d'El Cazador, c'est un peu le fruit défendu : un After Story complètement foireux où les chasseurs de prime gays viennent faire suer nos héroïnes occupées à laver le linge dans un bled pourri avec des fringues moches (ou comment passer de la tenue de bounty hunter sexy à un tue l'amour total, Nadie je vais te relooker moi !). En bonus un nouveau ( ?) personnage complètement inutile et un final bâclé ! Le pire c'est que la phrase de fin était exactement ce que j'attendais de la fin d'El Cazador, mais dans un contexte différent <__<.

Par contexte je voulais dire moins de fanservice



En conclusion :
Pourquoi se mettre à regarder 26 X 25 minutes de ce truc
_bien plus abordable que Noir et Madlax
_Nadie est rigolote quand elle le veut
_Ellis est mignonne
_des pouvoirs magiques orgasmiques qui mettent le feu
_L.A est un psychopathe attachant
_la musique made in Kajiura <3
_l'ambiance western et légendes incas
_l'opening et l'ending sont pas mal
_l'épisode 14 déchire vraiment tout
_l'épisode 25 offre une super fin
_un cast de malades (que des bons seiyuus)
_si il y a des amateurs de tacos dans la salle
_chaque épisode vide laisse le temps de se limer les ongles et/ou de faire à bouffer en même temps

Pourquoi aller piquer un coup de gueule chez Bee Train

_Hey, il est passé où le scénario ?
_des personnages agaçants (Nadie = quiche, Ellis = gamine capricieuse et autiste, les autres = rien, dans tous les sens du terme)
_aucun suspens (dans la série Cluedo raté, je demande le professeur dans la bibliothèque avec un flingue et le colonel Moutarde)
_un personnage muet du début jusqu'à la fin sans raisons apparentes
_aucune psychologie sur les personnages secondaires (même principaux d'ailleurs)
_des aventures pitoyables
_les pouvoirs magiques servent à griller des saucisses ou mettre des glaçons dans un verre d'eau...quand ce n'est pas de brûler/faire tomber un pilier géant sur ses propres copains
_des organisations secrètes bidons
_trop de fanservice
_l'épisode 26
_trilogie mon c** ouais !
_maman, je m'ennuiiiiiiiiie
_un label « girls with guns » mensonger
_donne envie soit de manger des tacos soit de ne plus jamais en manger de sa vie


El Cazador a été pour moi une immense déception. Il est vrai que j'en attendais peut être beaucoup trop du dernier volet de la trilogie « girls with guns » et que passer après Noir et Madlax était délicat mais quand on met un label à sa série, c'est un peu inévitable. El Cazador aurait été annoncé comme une série lamba, j'aurais peut être été plus clémente. Ce qui me donne le plus de regrets c'est le magnifique ending de Fiction Junction Yuuka qui met en scène un homme masqué que l'on ne voit jamais dans la série. Or d'après ce que j'ai entendu, comme El Cazador manquait d'audience, Bee Train a modifié la suite de la série en express (pour la rendre plus courte ?) mais a laissé l'ending tel quel. Ce qui fait que je crève d'envie de voir la véritable suite de la série avec cet homme mystérieux et tout le tralala et que je fais des hypothèses probablement très fausses du genre « S'ils n'avaient pas tout changer à la dernière minute, peut être que... ».

El Cazador n'est pas une série foncièrement mauvaise et je ne l'ai pas détesté pour autant, c'est juste une série ennuyeuse, la faute à un scénario mal fait et à des personnages peu charismatiques.

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 23:00

Je me demandais par quel anime commencer pour faire mes reviews et certains commentaires récents m'ont rappelés Romeo X Juliet, la très controversée adaptation de Shakespeare par le studio Gonzo, alors soit je vais commencer par ça !

Attention très long article. Certaines parties contiennent des spoilers pouvant vous gâcher certaines révélations, je mettrai des balises pour les tous derniers épisodes mais pas pour ce qu'il y a avant, vous êtes prévenus.





Petit rappel
Tout le monde connaît sûrement en gros la trame de Romeo et Juliette mais un petit rappel ne fait pas de mal.
Donc, la pièce originale décrit l'histoire de deux famille ennemies depuis toujours : les Montaigus et les Capulets. Le fils Montaigu, Romeo est un putain d'emo amoureux « fou » de Rosalie qui en a rien à faire de lui, du coup il parcourt les chemins en récitant des poèmes sur l'amour et la mort (véridique) pendant que Benvolio et Mercutio, ses copains, se moquent de lui et l'entraînent au grand bal des Capulet où celui-ci rencontrera Juliette, fille de la famille rivale, et dont il tombe éperdument amoureux...par ce qu'elle est plus belle que Rosalie. Apparemment c'est réciproque et nos deux adolescents de...14 ans (et oui c'et un détail que l'on oublie souvent) se comptent fleurettes et en un seul dialogue se promettent carrément le mariage (on comprend vite qu'en fait si Romeo veut coucher avec Juliette c'est le seul moyen respectable de le faire, or il VEUT coucher avec elle). Après moult péripéties ils se marient mais Romeo, suite à une provocation, tue le cousin de Juliette (il venait quand même de buter Mercutio le cousin) et est banni. Juliette tourne emo par ce qu'elle encore vierge mais Romeo réussit à s'introduire dans sa chambre pour régler le problème...et puis se lamente devant le curé par ce que sa vie est fichue et que c'est pire que de mourir. Les parents de Juliette essayant de la forcer à épouser un type sexy mais dont elle n'a rien à carrer, elle fait semblant d'être morte avec la complicité du curé qui tente de prévenir Romeo du stratagème. Mais la Poste est en grève le messager n'est pas arrivé à temps et Romeo se suicide devant la tombe...où Juliette dort le plus tranquillement du monde. Quand elle se réveille elle a la douce surprise de voir le cadavre de son amant et se tue de désespoir. Quand les deux familles apprennent toute l'histoire, ils se donnent la main et font une ronde se réconcilient.


Oui, à ce niveau là vous devriez l'avoir compris, je déteste la pièce de Shakespeare qui ne vaut pas mieux que ses nombreuses adaptations. Et pourtant j'ai aimé Romeo X Juliet alors que les histoires d'amour niaises ce n'est vraiment pas mon genre. Rien que le synopsis annonce quelque chose d'entièrement différent :

Sur un continent flottant à mi chemin entre rêve et réalité, la grande famille des Capulets dirige la ville de Neo Verona jusqu'au soir où le duc Montaigu assassine son rival et toute sa famille. Seule la fille de Capulet, Juliette, réussit à s'échapper. 14 ans plus tard, le grand duc de Montaigu règne avec sévérité sur Neo Verona et recherche toujours la dernière Capulet en organisant des sortes de razzias où plusieurs jeunes filles susceptibles d'être Juliette sont capturées par les gardes de la cité. Heureusement un justicier masqué, Akai Kaze (Torubillon rouge/ Vent pourpre) apparaît régulièrement pour les sauver. Or il se trouve que sous le déguisement se cache un jeune homme frêle Odin, ou plutôt une jeune fille se travestissant en homme pour des raisons qui lui sont encore inconnues : Juliette. Lors d'une de ses escapades sous l'identité d'Akai Kaze, elle fait alors la connaissance d'un noble qui la sauve de justesse : Romeo, le fils du grand duc de Montaigu.

Alors, pour faire court : qu'est-ce que vaut cette adaptation très libre, il faut l'avouer, d'une oeuvre mondialement connue et déjà archi rabâchée ? Est-ce une adaptation de plus de l'universelle histoire de Romeo et Juliette ?

   


Pour s'y retrouver un peu
Déjà Romeo X Juliet contient pas mal de personnages, bien plus que la version originale en tout cas, en voilà la liste pour s'y retrouver plus facilement.
Du côté des Montaigus, on a bien sûr Romeo, dont le père est grand duc, Mercutio au service du duc qui est surtout là pour surveiller Romeo sans qu'il s'en doute, Benvolio meilleur ami de Romeo, tout comme dans la pièce, et dont le père est maire de la ville, Portia, mère de Romeo qui vit loin du château et Hermione, fille d'un riche noble et très amoureuse de celui-ci (oh le beau triangle amoureux qui s'annonce !).
Du côté des Capulets, et sans surprise, il y a Juliet, alias Odin, alias Akai Kaze, Cordelia son amie d'enfance et servante, Conrad ancien chef de la garde rapprochée des Capulets qui veille sur elle, son petit-fils Antonio, Francisco et Curio, serviteurs de la famille Capulets qui protègent Juliette en toutes circonstances, Wiliam Shakespeare (eh oui !) dramaturge et protecteur de tout ce petit monde, Emilia une de ses actrices et Lancelot, un médecin allié d'Akai Kaze.
Mais nous avons aussi des outsiders dans les personnes de Tybalt dont on connaît mal les intentions au début et Ophelia, un être surnaturel et mystérieux.



Un coup de foudre en deux étapes

La première chose qui m'a marqué dans Romeo X Juliet c'est l'ambiguïté de la notion de coup de foudre, parce qu'au fond il y en a deux. On connaît tous le stéréotype : ils se rencontrent, et tout de suite le silence se fait, ils s'aiment, c'est évident.
Dès le premier épisode on voit un peu de ce cliché : lors du bal, ils sont tous deux dans leur plus bel apparat, Juliette se retourne, elle voit Romeo, tous les deux ont une sorte d'exclamation, de surprise sur le visage, on sent qu'ils ont tous deux reçus une décharge d'électricité et l'épisode se conclue sur cette scène déjà agréable avec une musique à la fois triste et joyeuse -présage du destin qui les attend ? On pourrait donc se dire que ça y est on a notre cliché, mais en fait non car c'est la deuxième fois que se rencontrent Romeo et Juliette. La première fois qu'ils se sont vus, Juliette était travestie en Akai Kaze.


Romeo est donc en droit de ne pas tomber amoureux d'elle tout de suite comme dans le cliché traditionnel, mais lui ne l'étant pas on peut se dire que quelque chose cloche, que le cliché ne marche plus, bien au contraire, puisque Juliette réagit en véritable tsundere. Or pendant tout ce premier épisode, et après cette rencontre qu'ils prétendent tous deux être banale, ils agissent tous les deux de manière étrange. Juliette touche son poignet d'un air rêveur, certains diront que c'est à cause de la réminiscence de souvenirs qui jaillissent à cet instant, or après cela, elle va demander de son propre chef à William ce qu'est l'amour pendant que de son côté, Romeo, en attrapant la main d'Hermione se souvient brusquement du moment où il a attrapé celle d'Akai Kaze, sourit dans le vide et rougit légèrement avant de poser la même question que Juliette a posé à Willima mais à Benvolio. C'est donc un coup de foudre en deux étapes, puisqu'au fond ils s'aimaient déjà presque avant la scène du bal, mais ce n'était encore qu'un sentiment diffus, abstrait, que la rencontre « officielle » va faire éclore.



Le thème des fleurs
Un autre point marquant dans Romeo X Juliette c'est l'utilisation de l'iris. L'iris étant le symbole de la maison Capulet (la rose pour les Montaigus) c'est un peu la fleur interdite qui ne se trouve que dans peu d'endroits à Neo Verona, et pourtant c'est sûr ce thème que se déroulera l'amour des deux protagonistes : c'est en ramassant un iris flottant dans une fontaine que Juliette rencontrera véritablement Romeo, c'est en cherchant des iris dans le seul endroit de la ville où ceux-ci poussent à l'état sauvage que ce dernier reverra sa dulcinée, c'est en rendant visite à la tombe de ses parents que Juliette déguisée en Odin trouve des iris et revoie Romeo lui-même guidé par son pégase et le parfum de ces fleurs, comme si les iris étaient de bienveillantes fées permettant de voir l'être aimé à tout moment du moment qu'elles sont dans les parages. L'iris est partout, du mouchoir que Juliette brode à Romeo, à celui qu'elle fait tomber pour arriver aux pieds de celui-ci, entraînant une des plus belles scènes romantiques que j'ai jamais pu voir dans la japanimation (et je pèse mes mots), jusque dans l'église en ruines dans laquelle Romeo et Juliette « se marient ».


Au contraire de l'iris qui est le blason de l'union réciproque des amants, la rose est le symbole de l'amour déçu, de l'amour à sens unique. Le fait même que ce soit l'emblème du duc de Montaigu qui est un personnage plus que torturé se marie avec le sang des Capulets qu'il a versé et en devient un signe de solitude, d'autant plus qu'en signe de rébellion les villageois en périphérie de Neo Verona accrochent des roses séchées sur leurs portes. Hermione montre une roseraie à Romeo et c'est avec les mêmes roses qu'elle l'attend en vain lorsqu'il est avec Juliette.



Une mise en abîme intéressante : le personnage de Willy
Avec le personnage très étrange de Willy, l'anime s'offre le luxe d'une mise en abîme intéressante et surprenante à la fois. Wiliam Shakespeare devient un personnage, dramaturge de son état, qui écrit la pièce de Romeo et Juliette en s'inspirant de l'histoire qu'il voit évoluer sous ses yeux. Dans son théâtre sont placardées des affiches sur Othello, il demande de l'aide à Odin et Antonio pour une comédie nommée Comme il vous plaira, il est le confesseur de Juliette lorsque celle-ci ne sait plus quoi faire de ses amours avec Romeo, sa mère récite des vers d'une autre de ses pièces, Richard III. C'est un personnage secondaire et pourtant d'une importance capitale de par le jeu qu'il offre au spectateur. C'est un peu comme s'il écrivait au fur et à mesure ce qui se passait. Il le dit lui-même à Juliette lorsqu'elle comprend qu'il connaissait sa véritable identité depuis le début : « Lorsque je te regarde, j'ai le sentiment que je vais pouvoir écrire une histoire d'amour inédite. Laisse moi écrire une histoire qui traversera les siècles. », ce à quoi elle répond « C'est regrettable, je ne serai jamais l'héroïne d'une quelconque romance ». De plus, c'est lui qui conclut la série en offrant ses commentaires sur ce qui s'est passé puis sur ce qui semble être l'After Story des personnages. L'anime se finit donc sur ses mots, ce qui n'est pas rien.



Les références à l'oeuvre originale
Les différences sont énormes entre Romeo et Juliette et Romeo X Juliet, mais certains passages « originaux » ont néanmoins été gardés tout en étant complètement réadaptés. Le bal des Capulets devient celui des Montaigus pour plus de cohérence, la célèbre phrase sur le nom de Romeo se transforme en « Si cette fleur ne portait pas de nom (nb : l'iris), elle sentirait bon de toutes façons », la fameuse scène du balcon n'est plus de nuit mais de jour et au milieu d'un jardin, le mariage qui semblait pourtant impossible existe bien mais de manière symbolique, juste entre eux, dans l'église désaffectée et l'exil de Romeo n'est plus une simple interdiction de voir Neo Verona mais un aller simple pour les mines de Gradisca.





Une part de fantastique
Ceux qui s'attendent à du pur réalisme vont être déçus. Vérone devenue Neo Verona est une cité magnifique et légèrement utopique sur un continent flottant dans les airs où vivent des pégases, un lieu à la fois futuriste et moyenâgeux. Sur le dos de ces mêmes pégases le temps semble ne plus exister comme suspendu. On apprend vers la dernière partie de la série qu'à l'origine cette île imaginaire était soutenue par deux arbres jumeaux, deux arbres géants, chacun à une extrémité, pour soutenir le monde. L'onirisme est ainsi quasi omniprésent, que ce soit dans les graphismes très soignés de la ville, lors du bal, de la fête des fleurs ou encore dans l'église abandonnée. Certaines scènes, comme le voyage en barque sous fond de coucher de soleil ou le vol à dos de pégase, renforcent ce côté poétique en y rajoutant des sentiments, les champs de fleurs sont légions, le palais un joyaux d'architecture qui ne manquerait pas de faire partie de nos patrimoines protégés, même la « Neo Verona de la nuit » (que j'appellerai Dark Neo Verona pour plus de facilités) qui est le royaume des bons buveurs et des prostitués est un lieu guttural mais possédant son charme propre, relié à la terre par un unique pont bien gardé, les autres portes donnant sur le vide. Regarder Romeo X Juliet c'est donc le dépaysement assuré : de la belle Neo Verona ensoleillée à la Dark Neo Verona, lieu de luxure, en passant par les tranquilles bourgades de la périphérie, aux forêts luxuriantes parsemées de champs d'iris ou aux mines désolées de Gradisca soumises à des tremblements de terre récurrents, chacun y trouvera son paysage ! Et pour les avides de mystères, il reste encore le souterrain du château où vit en secret l'arbre surnaturel Escalus, baignant dans une eau limpide et dont les fruits sont des lueurs étranges.

Ophelia, l'étrange gardienne d'Escalus

 



Le couple de Romeo et Juliette : le jour et la nuit, la nuit et le jour
Chacun des deux amoureux est représenté par une couleur : le bleu sera pour Romeo et le rouge pour Juliette. Et au début on le voit bien, ces couleurs marquent une certaine opposition entre eux : Juliette la Tornade Rouge est impulsive, dynamique, enjouée, on voit bien qu'elle a du caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds, elle sait même se défendre seule en maniant l'épée ; Romeo est calme, posé, réfléchi. Or une fois ensemble, la complémentarité ne tient plus vraiment puisque Juliette en devient effacée sous l'influence de Romeo tandis que lui-même devient aussi irréfléchi et impétueux que sa partenaire. Au fur et à mesure de l'histoire une évolution certaine se fait pour chacun des personnages. Juliette, celle qui change le moins, devient un peu plus réfléchie à cause des catastrophes qu'ont entraînés certaines de ses actions, plus mûre aussi puisqu'elle accepte le destin que lui prophétise Ophélia sans en parler à personne sinon Tybalt. Romeo, quant à lui, connaît l'exil des mines et apprend donc la dure vie de mineur ; les conditions de vie difficiles lui donnent à penser et il quitte peu à peu son insouciance d'enfant tout en restant un utopiste convaincu, il finit par comprendre tout le mal qu'a fait son père et se révolte même contre lui en revenant des mines sans autorisation pour l'alpaguer sans retenue. Si Juliette comme Romeo reste toujours un peu niaise, les deux amoureux commencent peu à peu à découvrir la cruauté de la réalité et abandonnent leurs cocons respectifs, la noblesse pour Romeo, la protection abusive des vassaux Capulets pour Juliette.



Des personnages manichéens mais travaillés

Attention, ça spoile sa mère, notamment sur Tybalt et le Grand Duc !


Cela ne sert à rien de le cacher : Romeo X Juliet est un anime d'un manichéisme incroyable : il faut toujours que ce soit les gentils Capulets qui défendent les pauvres villageois du méchant Montaigu et des méchants nobles. Or on peut vite voir quelques nuances apparaître. Les nobles sont d'une grande lâcheté par ce qu'ils n'osent pas s'opposer au Duc sous peine de se voir renvoyer de Neo Verona comme c'est le cas avec le père de Benvolio, mais les villageois ne sont pas mieux puisque le curé du coin dénonce le docteur Lancelot d'être de mèche avec Akai Kaze pour une poignée de pièces d'or.

Les Capulets qui apparaissent si gentils sont aussi ambigus. Si Curio et Franscisco, le duo semblable à Fai et Kurogane de Tsubasa Reservoir Chronicle, aident parfois Juliette dans ses enfantillages de super héroïne, alias Akai Kaze, ils ne le font que pour sa protection et non pour défendre la veuve et l'orphelin. De plus, ce dernier est un calculateur avéré, pas forcément diabolique mais très froid sous ses airs joviaux, qui ne sauve le maire de l'assassinat que parce qu'il peut lui être utile, laisse Juliette envoyer au massacre certains de ses compagnons en prenant soin de la sauver elle en recrutant Tybalt à l'occasion alors qu'il sait pertinemment que c'est un guet-apens, ce qui ne l'empêche pas de se jeter dedans une fois la mission effectuée.

Franscisco


Curio


De même Conrad, loyal serviteur de la maison Capulet n'est pas très clair. Sans s'en rendre compte il utilise Juliette comme un jouet et sans même lui demander son avis, la force à accomplir toutes sortes de devoirs en espérant la voir réhabiliter sa maison...mais toujours sous son influence. Ce n'est que dans les dernières minutes de la série qu'il se demandera s'il a vraiment toujours été juste et si séquestrer Juliette en permanence sous l'apparence d'un garçon tout en lui rabâchant qu'elle doit conduire la rébellion était vraiment bien pour elle.


Du côté des Montaigus l'ambiguïté est aussi là. Mercutio, lâche et pleutre, a une attitude étrange envers le Duc, on sent que celui-ci l'effraye et le fascine à la fois, et cette contradiction le mènera vers la démence lorsque le Duc tuera son père sous ses yeux après avoir accepté de l'adopter. Acculé par sa propre faiblesse, Mercutio ne verra comme solution que de tuer celui qu'il admire avant de disparaître, plus déboussolé que jamais.

Le Grand Duc, quant à lui, paraît être tout ce qu'il y a de plus « méchant ». Despote avéré, il écrase les révoltes dans le sang, malmène son fils, tue ses propres alliés à tout va, parfois même en public, et n'écoute que sa brutalité. Pourtant, cet aspect caricatural prend une autre tournure quand on apprend son passé. Fils d'une prostituée et d'un Capulet, il a vécu dans la misère pendant des années, cirant des chaussures pendant les ébats de sa mère. A la mort de celle-ci, il a juré de se venger et s'est fait adopté par les Montaigus dont il a empoisonné les descendants avant de séduire une Capulet naïve, la mère de Tybalt, pour apprendre toutes les informations qui lui étaient nécessaire avant de l'abandonner. Ce désir de vengeance et de pouvoir le mènent dans une folie qui ne fait que croître au fil des épisodes. Ses yeux exorbités par la haine font peur à tous ceux qui étaient jadis ses amis et il se retrouve bien vite de plus en plus seul, entamant un nouveau cercle vicieux. Pour un méchant stéréotypé, il est plus que fascinant ! Sa chute aussi pitoyable que fut au fond sa vie, puisque sa raison d'être ne se trouvait que dans le meurtre de tous les Capulets, le rend presque sympathique. Comme il l'avoue lui-même à Juliette quand il comprend que pendant toutes ces années il s'est tué lui-même à force de démesure, « Je pensais que si j'avais le pouvoir, je pourrais soumettre le destin à mon bon vouloir ». C'est dans les bras de son ennemie et de son fils qu'il meurt en soupirant que s'il était si dur c'était par ce que personne ne l'avait vraiment aimé...par ce que lui-même ne souhaitait pas être aimé.



De son côté, Tybalt est aussi un être ambigu. Par sa naissance il est à la fois Capulet et Montaigu et son désir de vengeance pour son père ne fait que le rapprocher de lui. En voulant tuer le Duc, il prend le risque de devenir comme lui, et ce n'est l'intervention de Juliette qui lui fait prendre conscience qu'il prend le mauvais chemin et que la vengeance ne le mènera qu'à la même folie qui a détruit sa vie.





Fausse et vraie fin

Méga spoil sur les deux derniers épisodes, c'est du serious buisness là !


Romeo X Juliet a deux fins. La première, la plus simple, est le dénouement de la rébellion des Capulets contre le méchant Montaigu. Romeo et Juliette semblent voués à ne jamais être ensemble durant toute la première partie de l'anime mais lorsque Juliette arrive à la tête d'une armée d'une certaine importance, l'issu obligatoire semble être le happy end puisque le Duc meurt et que Romeo laisse la place à sa dulcinée. Comme ils s'aiment on peut se dire qu'ils vont se marier pour de vrai et que le problème disparaîtra de lui-même. Oui, mais ce n'est pas la fin. Dans la dernière partie de l'anime, Ophelia révèle en effet à Juliette qu'étant la dernière survivante des filles Capulets, elle doit se sacrifier pour sauver Ecalus, le dernier arbre à soutenir le monde, qui est en train de mourir, sous peine de voir celui-ci disparaître. Quelque puisse être le happy end avec le Duc, si Juliette n'empêche pas le monde de s'écrouler, tout n'aura servi à rien. C'est là que se joue le vrai enjeu dramatique, la rivalité Capulet/Montaigu n'étant que la première phase d'une véritable tragédie. Ainsi, et on la comprend, Juliette, du haut de ses 16 ans, est heureuse et ne demande qu'à vivre avec Romeo en toute tranquillité comme Antonio ou son amie Cordelia qui vient de se marier.



Or on lui demande de sacrifier le bonheur qu'elle vient difficilement de mettre en place pour la survie des autres. Le dilemme est atroce, mais l'issue semble inexorable. Quand Romeo l'apprend il veut la sauver bien sûr, mais à quoi cela leur sert-il d'être ensemble s'ils vont tous mourir dans l'heure qui suit ?



Le tour de force de Gonzo réside là, dans la fin. Car ceux qui souhaitent un happy end et ceux qui veulent la fin tragique de Shakespeare seront tous servis, ou tous mécontents, c'est au choix. Juliette se transforme en arbre grâce à la graine d'Escalus, Romeo, tué par Ophélia, à ses côtés pour l'éternité et les autres protagonistes ont le droit à ce bonheur tant désiré. On outrepasse donc toutes les frontières politiques et les histoires de simple vengeance pour se tourner vers quelque chose qui ne repose plus que sur les sentiments et l'abnégation, un final qui a de quoi marquer les mémoires.


 

Bilan final :




+ Juliette sait se battre !
- Mais c'est une quiche, s'il y a 5 mecs devant elle, elle se fait désarmer arrivé devant le quatrième...

+ Un graphisme époustouflant avec une bonne utilisation de la 3D
- Mais le chara design est vraiment trop minimaliste par moment (bonjour les plans sur des personnages mal dessinés)

+ Un univers fantastique...
- ...qui ne plaira pas à certains.

+ Romeo et Juliette sont moins niais que la version originale.
- M'enfin ils le sont quand même.

+ Une belle histoire d'amour !
- Mais pourquoi les triangles amoureux sont-ils aussi mal exploités ? Hermione, fiancée de Romeo est invisible et Curio et Fanscisco, tous deux amoureux de Juliette ne font que le dire à la fin et avec un « Dommage » pour seule consolation ! Et Tybalt, il n'a pas l'air si indifférent non plus, alors ?

+ Des persos travaillés...
- ...mais manichéisme powaa quand même  :/  !

+ Juliette en super héros, façon Fanfan la Tulipe, ça lui donne du charisme...
- ...ou pas !

+ Une bande-son qui colle bien à la série et un opening tout à fait en symbiose avec l'ambiance de l'anime
- Dommage qu'on ne l'entende pas si souvent que ça la musique. Et le premier ending bien qu'entraînant ne correspond à rien et, foutage de gueule, on voit juste des fleurs qui tournent pendant 1min30 !

+ Des larmes, du rire, de l'amour, des bishos qui ont la classe, des moments forts en émotions.
- Mais une légère baisse de rythme entre l'épisode 10 et la rébellion, le temps que Romeo et Juju batifolent dans les prés, fassent les malins devant les gardes et soient chacun de leur côté avec soit une pioche soit Hermione pour compagnie (et en fait la mine c'est mieux que cette cruche).


En conclusion, Romeo X Juliet est pour moi un anime relativement bon, voire moyen au vu d'autres animations, mais une adaptation exceptionnelle de la pièce de Shakespeare. Beaucoup de points noirs peuvent être montrés du doigt, mais si l'on joue le jeu de rentrer dans l'univers, c'est un voyage qui vaut le coup. Après, les fans de l'original risquent d'être plus ou moins déroutés du cours des évènements et les amateurs de shôjos purs et durs auront du mal avec le côté fantastique, mais j'assume : je ne supporte pas les histoires d'amour à l'eau de rose et encore moins l'oeuvre de Shakespeare (pour moi c'est une daube)...mais j'aime Romeo X Juliet  !

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