13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 16:55

2 ème partie – Move your body

 

Fumiko no Kokuhaku

Fumiko’Confession

Durée : 2 minutes

Thème : Humour

 

Un jour, la jeune Fumiko décide de prendre son courage à deux mains et d’avouer son amour au garçon qu’elle aime, Takashi-kun. Malheureusement pour elle, il préfère se concentrer sur le base-ball. En pleurs, elle court à perdre haleine sans voir la vieille dame qui traverse lentement la route avec son cabas. Soudain, c’est le drame…

 

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Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c’est Super Fumiko ! Une confession qui se termine en échec, ça pourrait donner lieu à des lamentations, mais dans ce cas précis ce serait plutôt des éclats de rires. Avec un côté résolument cartoonesque (les expressions déformées, la musique, l’impossibilité matérielle de la situation) et volontairement sur joué, cette animation aux graphismes de toute beauté (clairs et colorés) nous entraîne dans la longue, longue chute de Super Fumiko, un personnage aussi ridicule que drôle. Ce n’est pas bien long et plutôt rigolo sans être non plus transcendant. Mention spéciale à ce pantsu shot qui est probablement le plus long et le plus rocambolesque de toute la japanimation !

 


 

Kobe to Watashi

Kobe and I

Durée : 4 minutes

Thème : Publicité

 

Ai vient de se faire larguer par son copain. Elle décide donc d’aller visiter Kobe pour retrouver le moral. Le problème c’est qu’elle ne connaît pas bien la ville et ne sait pas trop par où commencer. Heureusement pour elle apparaît Kei Kazami qui lui propose de lui servir de guide.

 

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Dit comme ça le pseudo-scénario ne semble pas payer de mine. Ce que j’ai volontairement omis de préciser c’est que Kei Kazami…est un homme-poulet. Et qu’il a une façon très particulière de faire visiter le coin. En dansant bien sûr ! Les graphismes sont plutôt agréables, voire même très mignons, la musique est entrainante sans rentrer dans le crâne pour toute la journée (quoique…) et l’animation est vraiment de qualité, sans parler du travail des doubleurs. De plus la fin réserve une petite surprise quant à l’identité de ce fameux Kei Kazami. Le souci est peut être qu’on ne voit vraiment pas assez la vraie Kobe. Du coup, on fait la danse du poulet pendant 2 minutes mais on ne sait toujours pas à quoi ressemble l’endroit =/.

 

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Il n’en demeure pas moins que pour une publicité visant à promouvoir la ville de Kobe, cette animation ne s’en sort pas trop mal. Il est même assez difficile de ne pas sourire en regardant les deux protagonistes se déhancher façon égyptienne. En bonus une petite référence geek assez gentillette est insérée dans la chanson. Rigolo et instructif donc. Cluck-kay ?

 


 

Doutei Kawaiya

Sweet Sweet Virgin

Durée : 6 minutes

Thème : Sexe

 

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Sans doute l’un des courts-métrages les plus complexes que je connaisse, mais aussi l’un des plus crus. Quelques bruitages, aucun doublage, une musique se limitant à des crissements sonores, des personnages difficile à différencier dessinés au crayon à papier apposés sur des décors aux couleurs psychédéliques et une histoire bizarre, l’histoire d’une initiation sexuelle. C’est réellement délicat de comprendre ce qu’il se passe et les éléments connus se résument comme suit : un homme et une femme, jeunes, couchent ensemble dans une pièce sombre que seule éclaire la lumière d’un ordinateur. En bas, trois garçons qu’on ne reconnaît que par la couleur qui leur donne vie. Le jaune, assis sur l’escalier ne tarde pas à monter. Le vert et le rouge restent ensemble. Si le premier a l’air tout à fait à l’aise, quelque chose dérange le second. Il semble mal à l’aise et c’est de manière très directe que son ami l’entrainera lui aussi en haut afin de voir ce qu’est une relation sexuelle.

Résolument étrange, Doutei Kawaiya n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains.

 


 

RUN!

Durée : 31 secondes

Thème : Vie

 

Résumer la vie d’un japonais en 30 secondes chrono, c’est possible ? Tout à fait, et Aoki Jun vous le prouve.

 

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Run est une petite animation mordante et assez cynique, en ce que la course effrénée du personnage principal, un homme tout ce qu’il y a de plus banal, se termine bien sûr dans la tombe mais celle-ci nous est présentée comme une victoire. Le protagoniste a vécu sa vie à cent à l’heure, il est mort, il a gagné, il est content. Oui mais qu’a-t-il gagné au fond ? Au son du Galop Infernal d’Offenbach (mais si, vous savez, le générique du monde fou de Tex Avery, le french cancan), Aoki Jun nous livre une satire de la société japonaise sur un mode très ironique : le bébé grandit, tire tout le temps la tronche, passe sa scolarité à pas grand-chose, se dépêche de se marier et de faire un gosse pour mieux abandonner sa famille pour la masse humaine des transports en commun qui le mènent sur son lieu de travail et sa seule distraction sera de finir ivre dans les bars avant de clamser. Une histoire brève mais qui au fond possède un vrai message sur l’absurdité de la société moderne. Ce bal est original / D'un galop infernal /Donnons tous le signal! /Vive le galop infernal !

 


Catblue: Dynamite

Durée : 40 minutes

Thème : Action

 

Dans une grande ville des années 70, Bill et Roberto, deux coursiers, s’en vont un midi manger au restaurant. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’un commando d’hommes masqués leur tombe dessus. Piégés, les deux hommes croient leur fin venir lorsqu’une connaissance de Roberto, une mystérieuse jeune femme du nom de Blue, qu’il avait justement invité à manger avec eux, intervienne pour leur sauver la vie. A la surprise générale, la raison de cette violente attaque, se révèle être une banale casette de Sinatra qu’une femme étrange cherche à récupérer. Une course contre la mort commence alors. Heureusement pour Bill et Roberto, Blue a plus d’un tour dans son sac…

 

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Dans ce cas précis, je pense qu’il n’est pas exagéré de parler de moyen métrage. Catblue Dynamite est un petit coup de cœur pour moi. Le scénario parait assez simple au premier abord, voire même stéréotypée, et elle l’est, mais on sent qu’il existe une autre couche en deçà qui elle, est plus complexe : l’histoire de Blue, le personnage principal. Car aussi bizarre que cela puisse être, Catblue Dynamite est une série dont seul le cinquième épisode (celui-ci) est sorti au grand jour. Où trouver les autres s’ils ont été faits, et pourquoi ont-ils disparus de la circulation, voilà un mystère complet. « Strangers in the night » arrive tout de même à fonctionner comme un fil indépendant donc il n’y a pas réellement de problème de compréhension mais on aurait voulu en savoir plus sur cette organisation secrète que pourchasse Blue, dont le passé n’a au fond été qu’effleuré, et peut être même voir Alicia, le fil rouge, un personnage assez énigmatique puisqu’on entend régulièrement parler d’elle et que c’est elle qui construit les relations entre les différents protagonistes.

 

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En dehors de cela, Catblue Dynamite est une série d’action qui ne se prend clairement pas la tête : la plupart des dialogues sont plus ou moins ironiques, et l’accent est essentiellement mis sur de la baston pure et dure avec son lot de scènes impressionnantes et aussi cools qu’atrocement clichées qui raviront les fans du genre (comme moi). Mention spéciale à la scène où Blue dézingue tout le monde, suspendue par la queue à une boule disco avant de continuer le massacre tout en dansant sur le dance floor. A vrai dire, ce moyen-métrage apporte même une bouffée d’air frais en ce que, personnellement, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu d’aussi bon film d’action, il n’a de plus rien à envier à un quelconque blockbuster hollywoodien de ce côté là.

 

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La gallerie des personnages est assez courte, ce qui est normal pour un épisode qui n’excède pas la quarantaine de minutes : on a d’une part notre duo comique Roberto et Bill, respectivement « cliché italien sur pattes » et « cliché du black de service sur pattes » qui sort avec sa sœur, d’où une certaine tension parfois. Le premier servant surtout de voix de la raison et le deuxième de sidekick, ils ne peuvent pas fonctionner l’un sans l’autre (un peu comme Laurel et Hardy). Sans être d’un intérêt prodigieux, ils arrivent cependant à ne pas tomber dans l’inutilité la plus totale. Par contre, le running gag du « je ne suis pas encore ton beau-frère, merde ! » revient vraiment TROP souvent. D’autre part nous avons l’héroïne de l’histoire, aka Blue, une magnifique femme fatale comme on les aime, les oreilles de chat en bonus. Les adeptes de nekomimi apprécieront. L’avantage d’être un être humain incomplet fait que Blue bénéficie d’un troisième bras grâce à sa queue, et tire donc avec TROIS revolvers, mais possède aussi la capacité de voir les morts sans pour autant les saisir. Capacité d’autant plus utile, qu’elle bute d’abord tous les ennemis AVANT de les interroger, voire de les torturer, en compagnie de John Doe, son assistant-fantôme, qui malheureusement a tendance à souvent se prendre des vents avec les autres personnages. Face à Blue, une méchante assez mystérieuse, dont le seul trait de caractère (à part être sadique) est qu’elle passe son temps à fumer…

 

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Blue se livrant à son activité préférée : écraser John le fantôme

 

Passons désormais aux points qui fâchent… Si la musique, essentiellement disco ou funk, ne devrait pas poser trop de problèmes, le doublage et les graphismes risquent de faire hurler els puristes. Car oui Catblue Dynamite est un moyen métrage entièrement réalisé en cell-shade et en anglais. Ne cherchez donc pas une once de dialogue en japonais, il n’y en a pas. Personnellement je trouve que les graphismes, sans être transcendantaux, sont plutôt corrects, et vont bien avec le thème et le côté années 70 et le doublage en anglais ne m’émeut pas outre mesure, même si ça surprend un peu au début. L’avalanche de « Fuck » dans certains passages m’amuse même plus qu’autre chose.

 

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En conclusion même s’il y a quand même une certaine profondeur à la notion même de chat à apparence humaine, la devise de cet épisode reste le divertissement et encore le divertissement. Vous comptiez aller au cinéma mais il n’y a rien d’intéressant à voir ? Restez chez vous regarder Catblue Dynamite et les péripéties de la femme-chat sexy devraient vous satisfaire.

 

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  Mmmmmm, j'ai comme une envie de cosplay tout à coup

 


 

Oh, au fait, pendant que j’y pense, je tiens à remercier tous ceux qui ont votés pour moi aux TM Golden Blog. J’avoue que je ne m’attendais pas à grand-chose et que j’ai été assez agréablement surprise de découvrir qu’il y avait 195 inconscients qui suivent toujours ma mélancolie. Donc voilà, merci, ça fait chaud au coeur .

 

Pour la 3e partie : Etoiles, étrange et pâte à modeler c'est ici

Et la 1e partie : Voyages, chaleur et sourire, par là

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:10

Anime

 

En attendant de pouvoir clore mon dossier Kara no Kyoukai, reporté encore une fois suite à des soucis techniques répétés (merci ordi chéri), j’entame une mini saga sur un thème que je trouve intéressant au plus haut point : le court métrage. Les usages et les formes que peut emprunter le genre sont tellement diverses que je ne prétends sûrement pas offrir une étude minutieuse et précise sur le sujet. Non, mon but serait plutôt de faire découvrir quelques perles méconnues (parce qu’une animation réalisée par un petit studio récent/amateur a forcément moins de visibilité, voire d’accessibilité, que la toute nouvelle série de  –insert troll here- ) ou juste de donner des idées pour ceux qui n’ont pas le temps (et il n’y a pas besoin d’inventer 20 raisons pour ça ) et rechercheraient quelque chose de précis.

 

Voilà donc une liste non exhaustive d’une vingtaine de petites animations allant de 30 secondes pour le plus court, à 40 minutes pour le plus long.

 


1 ère partie – Voyages, chaleur et sourire

 

Ame to Shoujo to Watashi no Tegami

Rain the little girl and my letter

Durée : 6 minutes

Thème : Amour

 

Le spectateur suit les aventures d’une jeune fille amoureuse qui s’apprête à déposer une lettre dans le casier d’un garçon. Mais alors que la lettre lui revient, visiblement sans réponse, et qu’elle pense sa brève romance terminée, elle se rend compte petit à petit que la vraie histoire ne fait que commencer.

 

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Si les personnages sont graphiquement un peu moches, avec un aspect parfois imprécis et un peu brouillon, voire avec un aspect cell-shade raté dans le cas de la petite fille, les décors sont globalement très jolis et très réussis. La ville dans laquelle évolue la protagoniste est charmante, elle palpite sous la pluie, tandis que l’atmosphère douillette de la bibliothèque sur fond de pluie est particulièrement bien rendue et donne envie de se lover dans sa couette, un sourire béat aux lèvres. De temps en temps de petits morceaux de musique très courts aux teintes métalliques rythment les différents moments de l’aventure.  Bien sûr, il n’y a pas vraiment le temps de développer les personnages mais on se surprend à s’identifier à l’héroïne, à admirer la façon dont elle prend les choses, et à trouver la petite fille aux faux airs de fée clochette adorable.

Une pendule qui tourne lentement. Une petite mélodie guillerette. Des pilles de livres en désordre. La rencontre entre une fillette amatrice d’histoires et un écrivain en devenir qui vit son premier amour avec philosophie. La pluie qui tombe. Et puis cette lettre par qui tout commence. A partir de ces bribes émerge une incroyable sensation et on sort de ces quelques minutes le cœur réchauffé et avec une folle envie de boire du thé.

 

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Born By Myself

Durée : 6 minutes

Thème : Etrange

 

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Changement complet de thème en ce que Born By Myself est une animation macabre et surréaliste vraiment torturée et difficile à saisir. A côté Satoshi Kon passe pour un enfant de cœur, c’est vous dire. On ne comprend pas (enfin surtout moi) ce qui se passe à l’écran ni quelle signification cela peut avoir. Des créatures sombres, des bras, des jambes, des êtres sans tête, se meuvent, se dévorent, s’enlacent et se plaignent dans un décor qui n’évoque rien de connu et qui ressemble à une grotte. Quelques petites scénettes émergent : une créature cherche désespérément sa tête dans un amas de feuilles dans lequel elle s’enfonce inexorablement, une tombe ( ?) se remplit doucement, deux êtres dénués de jambes se regarde, l’un a une bouche énorme et s’apprête à dévorer le deuxième, et puis cette image récurrente d’une femme, enceinte ( ?) dans une sorte de métro et qui…mange des chips 0_o ? Ce manège étonnant se déroule au son d‘une boucle de 30 secondes de musique qui se répète sans arrêt et qui évoque des cris et des pleurs. Tellement insupportable que la tentation est grande d’échapper à la folie générale et d’arrêter la vidéo mais ce serait manquer le point culminant de ce voyage en enfer, lorsque la musique se tait et laisse place au silence et à la consternation, le bruit d’un train, puis d’une horloge, et plus rien.

 

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J’ai cru repérer quelques pistes de lecture, comme la présence de ces deux escargots humanoïdes, bleu et rose, qui pourraient représenter l’interrogation concernant le sexe du nouveau-né, et du coup toute l’animation se passerait dans le ventre de la femme enceinte, mais la question demeure entière. Au spectateur de rassembler les fragments de cette drôle d’histoire.

 


 

Aru Tabibito no Nikki

The Diary of Tortov Roddle

Durée : 6 X 3 minutes

Thème : Voyage

 

Tortov Roddle voyage à travers les chemins de Tortelina sur sa monture, un croisement de cheval et de cochon. Sur sa route il croise monts et merveilles : des hommes-lapins volant vers la lune dans leur bus à la mare remplie de grenouilles géantes portant des châteaux sur leurs dos, il y a de quoi raconter dans le petit carnet qu’il tient.

 

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Le journal de Tortov Roddle est une des plus belles surprises de l’année pour moi. C’est tout pile le genre d’animation aux faux airs Miyazakiens qui fait ouvrir grands les yeux et qui replonge même les plus aguerris des spectateurs dans un état proche de l’enfance. Dans un enrobage qui ressemble plus à un livre d’images anciens qu’à un anime, égayé par des couleurs pastelles, Aru Tabibito no Nikki est une série très brève qui n’a pour seul but que de faire rêver. Aucun dialogue, mais une musique superbe, alliant piano, accordéon, guitare ou flûte, une musique qui colle parfaitement à l’histoire tout en faisant voyager. S’identifier avec le personnage de Tortov est d’autant plus facile qu’il partage notre étonnement face aux merveilles qui l’entourent (cf l’épisode du poisson dans la tasse de café dont il attendra le retour toute la nuit).

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Des épisodes malheureusement trop courts : on en voudrait toujours plus =). A regarder seul ou en famille, au coin du feu ou dans son lit, de préférence juste avant d’aller dormir, afin de rejoindre Morphée des rêves pleins la tête.

 


 

Oshiruko

The Summertime Mischief

Durée : 1 minute

Thème : Eté

 

Celui-là porte bien son titre. Un jeune homme fond littéralement au soleil tant il fait chaud en cette belle journée d’été. Alors qu’il est sur le point de se mélanger au goudron, il aperçoit enfin un oasis dans ce désert : un distributeur de boissons. Mais quand il veut se servir, surprise…

 

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Qu’il y a-t-il de beau à raconter sur Oshiruko (soupe chaude) ? A vrai dire pas grand-chose. Toute l’animation repose sur un gag qui montre combien les hommes peuvent parfois être méchants avec leurs semblables (mettre du scotch sur le bouton « Hot » du distributeur pour que le premier pigeon venu se retrouve automatiquement avec une canette de soupe par exemple). Il n’y a ni dialogue ni musique, juste le son des cigales et les graphismes sont corrects bien qu’un peu bizarres. A regarder vite fait entre le chargement de votre série abrégée favorite ou de la dernière vidéo commentée de votre testeur de jeux préféré.

 


 

Egao

Smile

Durée : 2 minutes

Thème : Vie


Une jeune femme décide un jour de s’acheter un hamster. Mais en le regardant jouer, elle ne peut s’empêcher de se sentir seule et de se souvenir d’un homme qu’elle a aimé.

 

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Après She and her cat, Makoto Shinkai (la référence obligatoire en terme de court métrage) s’attaque à Hamtaro en nous contant le quotidien de cette jeune femme seule et de son hamster obèse tout mignon (quand elle le prend dans ses bras, on dirait qu’il a la taille d’un petit chien 0_o). L’histoire prend la forme d’un clip chanté par une certaine Hiromi Iwasaki. On aime ou on n’aime pas, personnellement je trouve la chanson jolie sans plus. Evidemment les graphismes et surtout les décors sont de toute beauté, dire le contraire serait troller, et regorgent de couleurs. On regrettera juste la petite erreur de proportion qui rend le hamster étrangement volumineux lorsqu’il se trouve en dehors du « cadre » mais j’imagine qu’il aurait été difficile de dessiner un hamster de manière détaillée s’il avait été encore plus petit…

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Parler d’histoire est peut être un peu exagéré puisqu’il s‘agit d’avantage ici d’une ambiance, de sentiments, des choses simples du quotidien, avec ses hauts et ses bas. Agréable à regarder quand on a quelques minutes devant soi et qu’on ne sait pas quoi faire en attendant que les pâtes finissent de cuire ou que Machin rappelle comme il l’avait promis, ce n’est cependant sûrement pas un chef d’œuvre et les fans de She and her cat seront probablement un peu déçus si c’est ce qu’ils recherchent en visionnant Egao…

 


 

Maintenant que la Japan Expo est fini et que les lecteurs sont revenus, je sors de mon hibernation provisoire mais je crains que ce ne soit pas pour longtemps. En effet, comme vous devez le savoir, j'ai pas mal de choses à faire, dont préparer le projet Milk (dont j'ai pu sauver toutes les données, c'est déjà ça) et mes problèmes d'ordinateur handicapent sérieusement la fabrication d'articles pour le blog. Donc dès la fin de cette petite saga, je risque de me mettre en hiatus pour pouvoir gérer ça un peu plus facilement. En août je travaille donc si je ne fais pas ça au mois de juillet, je ne le ferais jamais !

 

La suite : 2e partie : Move your body

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 13:35

OAV

 

Après Perfect Blue qui m’avait plutôt réconcilié avec Satoshi Kon, je me suis laissée tenter par Paprika, film sorti en 2006, dont le synopsis se montre alléchant.

 

Dans un futur proche, des scientifiques inventent une machine nommée DC Mini pour voyager dans les rêves. L’invention devrait ainsi permettre des avancées remarquables dans le domaine psychiatrique et les concepteurs n’hésitent pas à se servir des prototypes sur des volontaires. Or un jour, plusieurs exemplaires sont volés. Estimant que le DC Mini, tombé dans des mains hostiles, pourrait se révéler très dangereux, le docteur Astuko Chiba, jeune femme aussi froide que sublime, son collègue le docteur Tokita Kosaku, et leur chef, Shima Torataro, partent à la recherche du coupable…

 

Une machine permettant de voyager dans les songes, ni plus ni moins, on peut dire que cette simple promesse a de quoi faire rêver. Reste à voir si Paprika la réalise bel et bien.

 

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La grande parade

Satoshi Kon aime à jouer avec la frontière mince qui sépare le rêve de la réalité. Ici le DC Mini lui offre une excuse de choix pour laisser libre court à son imagination. Et il faut avouer qu’il n’a nullement besoin de prendre des substances douteuses pour donner vie à des scènes improbables et psychédéliques. Les graphismes colorés et resplendissants sont de la partie et c’est au son de la musique très particulière de Susumu Hirasawa que se déroule la grande parade des rêves. Sautant de véhicules en véhicules, dirigeant à la baguette une ville endormie selon ses désirs, Paprika annonce la couleur (orangée) de l’escorte de grenouilles, robots, peluches, statues et autres babioles vivantes qui s’avancent d’un pas fier en jouant de la trompette, se dirigeant tout droit vers la porte qui mène vers la réalité ; mais à l’arrière-plan la peinture s’effiloche et la vraie apparence du rêve, un escalier sombre s’enfonçant vers les profondeurs, se révèle être celle du cauchemar. Oui dit comme ça, on croirait le récit d’un fou sous acide mais sur un écran, c’est magique. Paprika est un beau film, avec une réalisation de bonne facture, une musique adéquate composée de deux grands thèmes remixés à tout va (Parade (souvent mélangé avec Shizuku Ippai no Kioku pour je ne sais quelle raison) et Nigeru Mono) , voire combinés ensemble (Byakko no Musume), et de quelques pistes d’ambiances, et de nombreuses scènes-clés marquantes restent longtemps en mémoire. On peut donc dire que l’enrobage est presque parfait. Mais le goût du bonbon un peu moins…

 

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Shima au coeur de la grande parade menée par Monsieur Réfrigérateur...

 

Une nouvelle façon de jouer au Cluedo

Le DC Mini est certes un prétexte à du grand et beau n’importe quoi mais ça n’offre pas un scénario solide sur un plateau pour autant. Le coup du vol de ces  fameux prototypes n’est guère passionnant mais a au moins le mérite d’intriguer le spectateur. Sauf que ce que celui-ci ne sait pas encore, c’est que cette bouée déjà assez mince va lui être brutalement et définitivement retirée afin de le noyer purement et simplement. Dès les premières minutes de ce qu’on pourrait croire un ersatz d’enquête policière, nos trois compères s’exclament en cœur « Eurêka, mais c’est bien sûr ! C’est Himuro le coupable ! ». Ah. Qu’est-ce qu’on va faire pendant le reste du film du coup les copains =< ? Ah oui, il s’est fait la malle, il faut donc le retrouver. Malheureusement pour nous, nous n’aurons jamais l’occasion de vraiment connaître Himuro, un personnage vraiment mort-né pour le coup, ni de pénétrer dans sa psyché. On se contentera donc de suivre nos trois larrons, assisté d’un quatrième peu après en la personne d’Osanai Morio (doublé par Yamadera Kouichi, qui fait Togusa dans Ghost in the Shell), un autre collègue, et d’écouter leurs conversations philosophiques relativement abruptes et difficiles d’accès en attendant, en vain, qu’Himuro fasse son entrée. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que nos héros feront une hypothèse dont on se doute déjà depuis un moment : et si ce n’était pas lui le coupable ? L’intrigue ne virera pas en course-poursuite haletante pour autant et plus on avance dans le film, plus on se demande concrètement où le réalisateur veut nous emmener sinon nul part. L’angoisse fait surface quand Satoshi Kon finit par livrer un remake de la fin de Paranoia Agent (qui est complètement WTF) version Teletubbies psychopathes mais en retombant de justesse sur ses pattes, extirpant ainsi du spectateur inquiet un soupir de soulagement.

 

Paprika08Quand Atsuko mène l'enquête, les Experts peuvent aller se rhabiller !

 

 

Spice up your life

Jusqu’à maintenant je n’ai pas du tout, ou presque, mentionné les personnages, dont la mystérieuse héroïne éponyme Paprika. En fait le problème est le suivant : ils n’acquièrent aucune véritable profondeur durant toute la durée de cette drôle d’expérience et il est véritablement difficile de s’attacher à eux. On a beau suivre la véritable protagonistes, Astuko Chiba (doublée par Megumi Hayashibara qui fait un très bon boulot aussi bien pour elle que pour Paprika en modulant sa voix), au long de ses péripéties, le constat final se révèle aussi froid que ses yeux : on ne la connaît pas plus au bout d’une heure que de cinq minutes. On ne sait rien d’elle, rien de ce qu’elle pense, de ce qu’elle a vécu. Elle est comme une étrangère, détachée de tout, dont on ne peut pénétrer les pensées. Quasiment tous ses homologues masculins sont des faire-valoir à potentiel comique. Le chef est un petit vieux avec une tête de macaque (le film s’en moquera d’ailleurs en le montrant en singe à un moment) et des yeux plus ronds que des soucoupes et le docteur Tokita (très ironiquement doublé par Furuya Toru qui fait aussi Chiba Mamoru dans Sailor Moon) est « un enfant dans le corps d’un génie », ne pensant qu’à son plaisir égoïste en tâtant son triple menton, ses petits yeux écarquillés. Ils semblent tous les deux tout droit sortis du Voyage de Chihiro ou presque. Et de même que pour Chiba, on ne saura jamais rien d’eux. Même Paprika est une inconnue. On devine qu’elle est l’alter ego de Chiba, son double, régnant sur le monde des rêves à sa guise, mais jamais on ne nous expliquera pourquoi la jeune femme a une identité partagée ni comment cela fonctionne. Paprika est une sorte de fantôme qu’on ne saisit jamais vraiment.

 

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Le seul personnage qui est vraiment intéressant dans le lot est Konakawa (doublé par Ootsuka Akio, connu par exemple pour Bato dans Ghost in the Shell), un inspecteur de police qui fait des rêves troublés et qui demandera l’aide de Paprika à ce sujet. Non seulement son cauchemar finira par faire sens, un peu à la manière d’un puzzle dont chaque pièce se remettrait en place petit à petit, mais ce protagoniste plutôt sympathique, voire même attachant, aura même son petit moment de gloire. Le film se finit sur la résolution de ses problèmes, c’est dire l’importance qu’il prend alors que ses soucis sont sensés former un sous-arc à part.

 

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Le cauchemar de Konakawa débute dans un cirque...

 

 

Le couloir mou

Le spectre de Paranoia Agent (qui m’avait beaucoup déçue), de deux ans son aîné,  plane sur Paprika. Les scènes oniriques sont très belles mais si on les enlève, que reste-t-il à ce film ? Pas grand chose =/. Je crois que votre appréciation dépendra de votre vision du divertissement et de la japanimation. Pour moi l’enrobage est quelque chose de primordial mais si le contenu vient à manquer, je ne peux pas faire semblant de ne pas le voir. D’autres pourront très bien admirer le côté psychédélique de Paprika et ne se poser aucune questions quant aux nombreux trous -que dis-je, les failles béantes- qui constituent le scénario. Des personnages creux, un méchant stéréotypé et incompréhensible (prévisible pour certains même) qui tarde trop ou pas assez à se montrer, des dialogues ennuyeux et un manque d’explications quant à ce qui se passe sur l’écran, sont autant de défauts qui m’ont gâchés mon visionnage. En ressort une petite déception de ma part. Avec un thème pareil, je pense que Satoshi Kon pouvait faire beaucoup plus. Il n’empêche que Paprika est tout de même un bon divertissement.

 

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Happy ending ?

Un dernier point qui m’a choqué (pas trop mais un peu quand même) c’est le fait que pendant tout le film il n’est jamais fait mention de sentiments réciproques entre certains protagonistes et qu’on nous foute tout à coup une histoire d’amour sortie de nulle part, intercalée complètement n’importe comment dans ce qui est déjà assez bordélique.

 

Vu que je critique quelque chose qui se passe à la fin, les lignes suivantes sont donc placées sous le signe du Major Spoil ; vous êtes prévenus.

 

Disney sort de mon film ! Sérieusement que la belle Atsuko se marie avec ce porc égoïste de Tokita me révulse. Le côté « La Belle et la Bête » aurait pu très bien passer mais ici il ne fait juste aucun sens ! Tokita nous est présenté du début jusqu’à la fin comme un gosse pourri gâté, jamais foutu de prendre la moindre responsabilité, et dont la lâcheté coûte des vie (tout est quand même un peu de sa faute), sans compter qu’il est d’un égocentrisme des plus dégoûtants. On lui dit « T’as merdé là, tiens toi tranquille maintenant, ok ? » et qu’est-ce qu’il fait ? Encore plus de conneries bien sûr. Ce qui me dérange, ce n’est pas tant qu’il soit gros, ça pourrait même être très intéressant de montrer la fille sexy faire abstraction du fait que son collègue ne soit pas un top-model comme elle et se laisser séduire par son humour ou sa personnalité, le truc c’est que Tokita n’a rien pour lui. Il est laid intérieurement et extérieurement (le montrer manger trois repas par repas ça ne joue clairement pas en sa faveur).

Que dois-je en conclure en regardant Paprika ? Be yourself bitch ? Ne te lave pas, ne fait pas d’effort pour être présentable ou pour être poli, sois le plus grossier et le plus imbuvable possible, et on t’aimera pour ce que tu es ?

 

J’aurais franchement préféré voir Atsuko sortir avec Konakawa tant qu’à finir dans les bras de quelqu’un. Lui au moins a un minimum de classe et d’empathie. Et puis ça m’étonnerait que la jeune femme ait une vie sexuelle épanouie avec quelqu’un qui ne sait probablement même pas ce que c’est qu’un rapport charnel donc bon…

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 16:45

 

Pour la première partie c'est ici : Dossier Kara no Kyoukai (1/3)

 

 


~Tsuukaku Zanryuu~

Juillet 1998

 

 

 

Une jeune fille se fait violer dans un bar abandonné par des hommes drogués et violents. Lassés par ce jouet inexpressif, l’un d’entre eux décide de rendre ça « plus intéressant ». Quelques temps plus tard, Mikiya croise la même demoiselle, visiblement en bien mauvais état, et lui propose de venir se réfugier chez lui en lui offrant logis et nourriture. Le lendemain matin, elle a disparu, et le journal télévisé annonce que des voyous ont été brutalement assassinés…

 

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Ode à la douleur

Tsuukaku Zanryuu est probablement le plus dur des Kara no Kyoukai psychologiquement et physiquement parlant. Le sujet global du film c’est la douleur et de la douleur on va en avoir. Rien que les scènes relatant le calvaire d’Asagami Fujino (la victime) sont très éprouvantes. La pauvre aura eu le droit de se faire violer absolument à toutes les sauces (par un mec, par deux mecs, j’imagine qu’elle a aussi eu le droit à une tournante, heureusement ça n’est pas montré à l’écran) pendant près de six mois, elle aura ingurgité de la drogue, se sera fait cogné d’un peu toutes les manières, fracassé le dos à coups de batte de baseball et n’oublions pas le coup de poignard final, déclencheur d’une série de meurtres incontrôlés. Et Tsuukaku Zanryuu ne se contente pas d’évoquer le viol, il le montre, et pas de la même manière qu’un hentai, c’est certain : l’ambiance y est noire, pesante ; on voit la salubrité de ce local abandonné, couvert de déchets, de cannettes vides, éclairé uniquement à la lumière des bougies, les bourreaux y sont ici des ombres sans visages, à la voix bourrue, représentés uniquement par leur sueur, la fumée de leurs cigarettes (ou joints, va savoir), puis le va et vient, insoutenable, le râle de plaisir du violeur, le regard vitreux de Fujino, comme si elle n’était même plus là, comme si elle se refusait à assister à son propre viol, encore ce va et vient, la peau nue de Fujino exposée à tous les regards. La douleur est aussi présente lors des scènes de meurtre où l’on voit la jeune fille, s’excusant platement tout en tordant les membres de ses victimes un par un, sous leurs cris épouvantés ; des scènes de meurtres très explicites donc, et le fait de voir les jambes et les bras de ce qui étaient des hommes et ne sont plus que de la bouillie humaine, un tas de tripes sanglantes sans forme, rajoute encore plus dans ce sentiment de malaise omniprésent dès qu’il s’agit de Fujino, elle-même le plus souvent montré un bras autour du ventre, errant hagarde dans la ville en gémissant.

 

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La réunion des sociopathes anonymes

Shiki est un personnage totalement envahissant. Tous les films sont à son honneur et on ne voit qu’elle, partout, tout le temps, chaque scène est orienté pour la rendre mystérieusement et attirante et sa psychologie tourmentée peut encore fournir bien du travail aux psychologues. Or Asagami Fujino est bien le seul personnage de Kara no Kyoukai qui peut lui tenir tête de ce point de vue là. D’ailleurs Tsuukaku Zanryuu est clairement le film de Fujino : tour à tour victime et bourreau, souffrante et psychopathe insensible, forte et faible, elle semble complémentaire de Shiki. Ce qui est accentué par le fait qu’Asagami possède également des yeux mystiques, lui permettant, non pas de voir la mort, mais de tordre les choses à distance, un pouvoir terrifiant, aussi puissant que celui de sa compatriote, mais si Shiki maîtrise parfaitement son pouvoir et a toujours été élevée de manière à favoriser ses compétences (son talent pour le combat par exemple), Asagami elle ne l’utilise que malgré elle, ayant toujours été forcée de le cacher. Son plus grand souhait est bien d ‘ailleurs d’être une fille normale, et c’est ce qui la conduit à acheminer sa terrible vengeance en traquant  le dernier de ses agresseurs, le seul à avoir pu s’échapper, alors que Shiki elle revendique haut et fort d’être complètement anormale et ne se mêle jamais à la foule. Comme on a pu le voir dans Satsujin Kousatsu, Shiki garde ses distances avec autrui, et ce même avec Mikiya, elle n’a pas d’amis, n’en veut pas et se débrouille toujours toute seule. Son goût pour le sang n’est plus un handicap, mais un moteur, une force qui lui permet de venir à bout de tous ses adversaires là où Asagami, attirée elle aussi par « le côté obscur de la force » en expérimentant le meurtre, ne peut pas se contrôler, essaye désespérément de se fuir, de se donner des excuses, de peur de devenir un monstre. Shiki et Fujino forment donc un assemblage de choc : semblables et pourtant si différentes, leur confrontation ne peut donc que donner un résultat incroyable. Seule cette dernière a le pouvoir de mettre en difficulté Shiki et ses yeux mystiques.

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On a way to a smile

L’intérêt du film est double. Il s’agit d’un côté d’une sorte de rééducation pour Shiki, sortie du coma depuis à peine un mois, qui se remet décidément bien vite (contrôler ses yeux en l’espace d’un ou deux mois, chapeau) mais doit apprendre à se montrer plus prudente, et de l’autre c’est une histoire indépendante (stand alone) concentré sur un personnage complexe entretenant un rapport ambiguë avec la douleur. Mamiko Noto fait un très bon travail en doublant Fujino, sachant faire ressortir son côté psychopathe ou son côté fragile à loisir, et la musique de cet opus est tout simplement sublime (malheureusement on ne l’entend pas assez bien je trouve ) : Je vous conseille d’écouter M01, M19 + 20 et M23, qui sont pour moi les plus belles.

 

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Avec un rythme beaucoup plus soutenu, des scènes d’action à couper le souffle et une ambiance noire, Tsuukaku Zanryuu nous fait rentrer de plein pied dans le nouveau quotidien de Shiki après son réveil. Malgré quelques explications finales un peu capilotractées (enfin si c’est plausible mais beaucoup moins classe :x), le mystère se résout et on comprend un peu mieux les éléments qui sont évoqués dans le premier film…

 

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L’ending de cet opus est Kizuato.

 


 

 

~Fukan Fuukei~

Septembre 1998

(en fait tout le film se passe au mois d’août mais on le situe en septembre…va comprendre)

 


 

Des lycéennes sans aucune relation les unes avec les autres se suicident du haut d’un complexe d’appartements vétuste sans laisser de lettres ni de raisons. Aux yeux de la police ce mystère semble insoluble. Pendant ce temps, Ryogi Shiki, une femme mystérieuse vêtue d’un kimono, est irritée par la « disparition » de son ami Kokutou Mikiya. Les deux évènements seraient-ils liés ? Shiki le croit fermement et décide d’aller enquêter personnellement…

 

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Meunier tu dors, ton moulin, ton moulin va trop vite…

Fukan Fuukei, premier de la série des Kara no Kyoukai est un film déroutant en guise d’introduction : un personnage principal au fort caractère mais très mystérieux, Shiki, des personnages secondaires presque invisibles (Mikiya qui dort pendant tout le film ou presque, Touko dont on ne sait jamais rien qui ne cesse de monologuer sous forme de discours philosophiques obtus), une histoire un peu confuse au premier abord ; très peu d’indications nous sont données. L’ambiguïté ici c’est que Fukan Fuukei doit donner envie au spectateur de regarder la suite. Si le premier film n’est pas bon ; qui donnera sa chance aux autres ? Tous les ingrédients ont beau être au rendez-vous (musique, graphismes, personnage de Shiki, histoire surnaturelle), Fukan Fuukei nécessite d’être revu une seconde fois (je dirais après le 4e, comme ça on a vraiment tout). Pourquoi ? Parce que c’est en réalité plus un film qui fait la liaison entre les différents épisodes qu’une véritable mise en bouche. Divers éléments m’ont ainsi frappés. A plusieurs reprises par exemple, on a des allusion à ce qui s’est passé dans Tsuukaku Zanryu (à la télévision, l’annonce concernant le pont, Touko qui gronde gentiment Shiki pour avoir bousillé son bras tout neuf) ou dans Garan no Dou (la scène de la poupée et la discussion entre Touko et Shiki ne fait vraiment sens que si on a vu ce film là et le deuxième), sans compter le point le plus important qui passe à la trappe : la disparition de Mikiya.

 

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Romance et coups de couteau

Si on ne connaît pas les relations pour le moins compliquées qu’il entretient avec la belle au kimono, il est impossible de comprendre l’enjeu du film. Shiki ne se mêle de cette histoire de suicides que parce qu’elle est intimement convaincu que c’est parce que Mikiya a lui-même traîné là-bas pour résoudre l’enquête que son âme s’est fait piégée et qu’elle ne pourra le récupérer en l’état que si elle affronte le fantôme qui semble être à l’origine de ces morts inexpliquées. N’est-ce pas au fond, une sorte de preuve d’amour ? Shiki a tourné en rond pendant des jours, fixant du coin de l’œil le corps inanimé de Mikiya, laissant résonner le dernier message qu’il a laissé sur son répondeur dans le coin de sa tête, elle sent bien qu’il lui manque et sans se l’avouer c’est bien pour ça qu’elle fonce à sa rescousse. Elle est d’autant plus confirmée dans ses certitudes que Touko lui parle de sa rencontre avec Mikiya. Il l’aurait supplié de l’embaucher après être tombé sur une de ses poupées : en réalité une sorte de sosie de Shiki. C’est donc une double déclaration d’amour : la poupée apporte la preuve que la jeune fille a de l’importance pour lui et l’acharnement de Shiki pour le récupérer montre qu’il en a pour elle aussi. Et que fait-elle pour combler son absence ? Elle se rabat sur les pots de glace qu’il avait laissé dans son frigo, et malgré avoir juré qu’elle n’aimait pas ça, elle finit entièrement sa portion, n’en laissant une que pour Mikiya, un geste pour le moins attendrissant. De plus, une fois le jeune homme réveillé, l’une des premières choses qu’elle fera sera de lui demander de rester chez elle pour la nuit, comme par une angoisse irrationnelle qu’il s’en aille à nouveau.

 

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Inconscience

Fukan Fuukei est un bon film qui ne révèle son potentiel qu’après coup, empreint d’une ambiance sombre, marque de fabrique des Kara no Kyoukai, et accompagné d’une scène d’action onirique mémorable et d’une musique ensorceleuse (M01 et M03 A + B sont magnifiques). L’histoire en elle-même est intrigante juste ce qu’il faut, malgré les déclarations philosophiques de Touko parfois dispensables (on pouvait faire plus court), et Rie Tanaka double à merveille Fujyou Kirie, qui sans être aussi charismatique que Fujino se révèle tout de même assez touchante.

 

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L’ending de cet opus est Oblivious (mon préféré <3)

 


 

Prochaine partie : Rédemption (Films 5 et 7)
[Je ne sais pas encore comment je vais insérer la critique du film 6, si je la met à part ou non...]

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 16:35

 

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Tout d’abord je tiens à affirmer que malgré cette absence de 10 jours, je suis toujours vivante. J’avais très mal calculé les contrecoups du trimestre et une fois les vacances venues je me suis purement et simplement écroulée comme une larve. C’est à peine si je me souviens de ce que j’ai fait pendant tout ce temps X). Il faut dire que j’avais un peu beaucoup déconné lors de mes dernières semaines de cours puisque mes heures de sommeil se comptaient facilement avec une seule main, amputée de surcroît, et que j’avais tendance à m’endormir en plein cours, ce qui est très mauvais signe. Avec la cure que je viens de faire, j’espère revenir en pleine forme \o/.

 

Comme je n’ai pas eu le temps de beaucoup regarder d’animes, je retarde de nouveau la suite du dossier Kara no Kyoukai et à la place, on va faire coloré ! Que ceux qui sont tombés ici à cause du mot « culottes » lèvent la main ! Tout le monde ? Alors ça va, je suis rassurée, mes lecteurs me ressemblent .

 

Colorful est une petite série de 16 épisodes d’environ cinq minutes s’interrogeant sur le plus grand mystère que l’univers ait porté. Le monstre du Loch Ness ? Non. La création du monde ? Non. Le triangle des Bermudes ? Non, bien mieux que ça : l’anatomie féminine ! Ou les aventures d’une bande de joyeux pervers qui ont décidément bien du mal à retenir leurs pulsions.

 

Depuis de nombreuses années déjà la japanimation voit fleurir de plus en plus de séries ecchi mettant en scènes de jolies minettes fort dévêtues dont les attributs débordent de l’écran assortis de scénarios-prétextes. Dès lors le même discours a tendance à revenir « Marre des séries ecchi, c’était mieux avant ». Colorful est la preuve qu’avant ou après il y aura toujours des petites culottes puisque la série date de 1999, la seule différence c’est que cet anime reste relativement soft. On a donc un format plutôt original et on est en droit de se dire qu’en cinq minutes les gags passeront mieux que dans une série de 13 épisodes de 25 minutes par exemple. Le problème…c’est que ce n’est pas tout à fait le cas.

 

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Ma température est de 37,5 degrés

Colorful est donc un empilement de gags où l’on voit différents hommes essayer de regarder sous la jupe des filles qu’ils croisent ou d’effleurer leurs poitrines si l’occasion leur est donnée. Si certains personnages ne sont les héros que d’une seule séquence, d’autres sont récurrents et parcourent l’anime de leurs péripéties : dans les rangs masculins, on compte deux étudiants aussi obsédé l’un que l’autre, un prof de gym (seiyuu : Fumihiko Tachiki, connu pour Gendou Ikari dans Evangelion) qui a du mal à ne pas loucher sur une de ses élèves et Steve le touriste qui aime prendre des photos du Japon "exotique" ; dans les rangs féminins à part Pamela, la bien poumonée professeur d’anglais et Yamamoto (seiyuu : Sayaka Ohara, connu pour ses divers rôles de sorcière, Yuuko dans XXXHolic ou Beatrice dans Umineko), l’athlète, aucune n’hérite d’un nom.

Les gags en eux-mêmes sont basés sur un principe assez simple : généralement un garçon croise la route d’une jolie fille, il se rend compte qu’il est à deux doigts de voir sa culotte, et emporté par l’élan de la jeunesse (ou pas), met tout en œuvre pour apercevoir le bout de tissus tant fantasmé, avant de se faire punir par le cours des choses pour sa curiosité. Cela ne casse pas trois pattes à un canard mais cela reste léger, pas prise de tête, et quelques rares gags arrivent quand même à arracher un petit bout de sourire.

 

Personnellement j’ai par exemple beaucoup aimé quand Steve invite son copain afro-américain Jamie (déjà un black dans un anime ça fait du bien de temps en temps) et qu’on le voit dépasser de trois têtes les Japonais dans le métro. Quand enfin il arrive à bon bord et que Steve lui montre sa collection de vidéos de petites culottes, sa réaction est juste priceless et s’apparente à « Mais c’est quoi ces conneries ? ».

 

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Ma température est de 35, 5 degrés

Le souci c’est que les gags ont tendance à se répéter. Certaines séquences sont ainsi presque identiques. Déjà que la série était basée sur du comique de répétition, c’est assez dur de ne pas sentir l’ennui poindre le bout de son nez. Et les passages WTF du lot n’arrangent pas les choses. Qu’un homme soit désespéré pour voir dépasser 2mm de tissus, bon d’accord c’est classique, qu’un homme bave dans les fesses de sa collègue de travail accroupie, euh un peu moins, qu’un homme aille caresser les WC sur lesquelles une fille s’est assise, ahem, et qu’une troupe d’hommes en délires sortent dans les rues pour apercevoir la culotte d’une lycéenne géante qui se remaquille dans les vitres d’un buildings et fait éclater les vitres quand son portable sonne, euh…pardon 0_o ?

 

Oui Colorful ne s’embarrasse pas de vraisemblances et s’embarque souvent dans un pur délire assez difficile à suivre. Rien qu’en terme de graphismes, qui sont plutôt moyens soit dit en passant, les hommes sont tous caricaturés à l’extrême (alors que les filles sont toujours très jolies à regarder) et les têtes qu’ils font tour à tour semblent tout droit tirées d’un concours de grimaces/smileys rigolos. Cela ne fait pas vraiment rire pour autant, surtout au bout de 16 épisodes de grimaces intempestives. Mais le plus gros défaut est encore à venir.

 

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Ma température est de…euh plus beaucoup

Pourquoi vous parler de Colorful et pas de la nouvelle saison de Kiss X Sis par exemple ? Parce que Colorful a une caractéristique assez particulière. Sur les cinq minutes de gags, il faut bien des transitions, n’est-ce pas ? Au début c’est le cas, elles ne sont pas rocambolesques mais c’est mignon, léger, dans l’esprit de la série, bref tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que très vite, ces petites transitions rigolotes passent à la trappe et à la place on a le droit à une sorte de zapping constitué de séquences complètement incompréhensibles (ça va de la course de voitures, à la bataille spatiale, en passant par le discours présidentiel, la virée en discothèque et le cartoon, le tout mélangé sous acide) et accélérés sur fond de bug musical (vous savez, quand le disque est rayé). Et à chaque épisode, entre chaque gag, c’est le même manège, avec de légères variantes (les images ne sont pas dans le même ordre par exemple). Le problème c’est que j’ai tout simplement trouvé ces séquences insupportables. Elles arrivent comme un cheveu sur la soupe, ne servent à rien, et donnent l’impression d’être en plein bad trip. Et arrêtez ce bug sonore par pitié, mes oreilles pleurent !

 

Cet aspect expérimental, on le doit probablement à une partie du staff de Serial Experiments Lain qui, pour une raison qui m’échappe, s’est retrouvée sur ce projet. Là où dans Serial Experiments Lain, le côté cauchemardesque et sous acide avait une place compréhensible, dans Colorful je ne comprend tout simplement pas ce que ça vient faire au milieu des petites culottes.

 

J’ai passé sous silence le son et la musique pour une raison très simple. Soit ils ont manqués de budget et ont voulu camoufler le fait que ce sont les 5 mêmes seiyuus qui font tous les personnages (ce qui personnellement ne m’aurait pas du tout dérangé), soit ils étaient drogués, mais toutes les voix des personnages secondaires sont passées à la moulinette façon Caramell Dansen (en moins agréable) et deviennent donc suraiguës. Sans compter les effets sonores bizarres : c’est ainsi qu’en plein milieu d’un gag on se reçoit des bruitages à la manière de Crazy Frog (vous ne verrez plus jamais les sous-vêtements de la même façon). Mais…pourquoi ? Pourquoi tous ces bruits bizarres, ces avalanches d’images soi-disant psychédéliques aussi diversifiées que la garde-robe d’un croque-mort ? Pourquoi cette avalanche de n’importe quoi devant le simple nom de Yamamoto ?

 

Ce qui me fait le plus mal en écoutant l'opening de Colorful (qui pour moi s'apparente à un viol auditif quand on l'écoute trop longtemps) c'est qu'il est chanté par Miyamura Yuuko, qui a, entre autres, interprêté ça et ça. Bonjour le décalage !

 

 

Fais monter la température, baby !

En conclusion, Colorful est sans conteste une des séries les plus bizarres que j’aie jamais vu. Certains crieront au génie devant cette « perle expérimentale » (tous les goûts sont dans la nature, tous les goûts sont dans la nature, tous les…non, vraiment désolé, je peux pas), la plupart des filles crieront au loup devant une image aussi stéréotypée des hommes (car c’est bien connus les hommes ne pensent qu’au sexe, ce sont tous de vilains pervers, et vas-y que Colorful en remet une couche), et moi j’hésite entre hausser les sourcils et aller me prendre une cure de désintox…

 

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Pas besoin de prendre de la drogue pour voir la vie de toutes les couleurs, Colorful est là !

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 15:30

 

Honnêtement, qui n’a jamais entendu ce nom ? Visual Novel à succès du studio Key déjà connu pour Air ou Kanon, Clannad se devait, tout comme ses frères aînés, d’avoir une adaptation TV. Et c’est le tout aussi fameux Kyoto Animation qui s’en est chargé. Doté d’une réalisation impeccable et de magnifiques graphismes, les deux séries et les 2 OAVs qui s’en suivirent étaient très attendus par les fans. Visiblement ils ont appréciés puisque Clannad After Story a réussi à se placer tout en haut du top des animes les mieux notés de My Anime List, dépassant du même coup Tengen Toppa Gurren Lagann (c’est un classement qui ne prouve rien du tout mais ça laisse entendre une certaine popularité quand même). Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc.

 

Sauf que ce que la plupart des gens ignorent c’est que juste avant que Kyoto Animation annonce leur adaptation de Clannad, la Toei Animation, un studio beaucoup moins récent (ils sont responsables de Sailor Moon pour vous donner une idée), avait sorti sa propre version de l’histoire, une version souvent huée et décriée par tous en ce qu’elle ne ferait pas du tout le poids par rapport à la « nouvelle » version. Pour en savoir plus, quoi de mieux que de vérifier par soi-même =) ?

 

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Le film de Clannad c’est avant tout l’histoire de l’impossible rencontre aux pieds des cerisiers en fleurs d’Okazaki Tomoya, un jeune homme taciturne et renfrogné qui n’adresse que peu la parole aux autres, et de Furukawa Nagisa, une jeune fille optimiste et pleine de fraîcheur. Ce que Tomoya ne sait alors pas encore c’est que cette rencontre va bouleverser sa vie…

 

Graphismes

Commençons tout de suite par le point qui fâche. Clannad le film (Clannad F) est bien en deçà de la série (Clannad S) au niveau des qualités graphiques. Le character design est un peu plus brouillon et certains effets sont franchement cheaps (partage de l’écran en deux quand deux personnages se parlent, ralentis poussifs lors de certaines scènes d’action, etc). En lui-même le film ne serait pas si laid s’il datait de 2001 par exemple, or Clannad F est sorti à peine un an avant Clannad S ! Pour une série datant de 2006-2007, on est en droit de se poser des questions concernant le budget alloué à cette production…

Pourtant, eh oui il y a un pourtant, le film, bien que tout sauf parfait du point de vue des graphismes, possède un certain charme. Certaines scènes sont magnifiques (les cerisiers en fleurs et la scène de rêve par exemple), voire même, à mon sens, plus belles que dans la version Kyo Ani, en ce qu’elles ont un côté beaucoup plus poétique que plastique. Pour tout avouer, je crois même que je préfère ces graphismes là, peut être moins beaux objectivement parlant, en ce qu’ils donnent au film un aspect plus humain. On voit bien que le but n’est pas ici de faire joli mais de coller à l’ambiance de l’histoire.

 

Gagnant : Clannad (film)

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Musique

J’écoute assez fréquemment l’OST en 3cds tiré du Visual Novel car j’y trouve quantité de perles, du coup j’avais forcément une certaine attente à ce niveau là. Or il se trouve que le film ne réutilise quasiment aucune des musiques originales. Petite déception donc, quand on voit que Kyo Ani a casé chaque piste au moins une fois dans sa série. Mais ça ne veut pas dire que la bande-son de Clannad F est mauvaise pour autant, elle correspond très bien aux temps forts du film, elle est juste trop discrète, trop timide, pour être notable.

 

La version complète chantée par Mai Nakahara ici

 

Le point le plus surprenant concerne la chanson des Dangos. Ici on a le droit à une toute autre mélodie que celle de l’ending de la série, interprétée par Chata, qui était aussi douce qu’une berceuse. Au début cela choque un peu mais au fond cette version là, bien qu’indéniablement moins belle, a sa signification propre. La chanson des Dangos dans Clannad F est un symbole, celui de la grande « famille » que Nagisa crée petit à petit autour d’elle, c’est donc une chanson conviviale, familiale, évoquant à merveille un de ces vieux génériques de dessins animés qu’on regardait tous étant gosses et dont l’air nous revient parfois encore aujourd’hui. Cependant cette version n’égale que difficilement le côté ultra mignon de l’ending de Clannad S…

 

Gagnant : Clannad (série)

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Personnages

Dans Clannad F, l’intrigue étant resserrée à son maximum pour ne durer qu’une heure et demie, beaucoup de personnages secondaires ont été supprimés. Ainsi Fuuko disparaît complètement, Kotomi fait deux apparitions muettes en tant que chef d’orchestre, Ryou n’est pas présente non plus et la plupart des personnages secondaires des arcs du début de l’After Story se sont également volatilisés. Tomoyo est toujours candidate à l’élection de présidente mais Kyou n’est plus présentée que comme son amie (quand on sait qu’elles sont rivales dans la série…). En revanche Akio et Sanae répondent toujours présents et Yoshino Yusuke, Ibuki Kouko et le père de Tomoya ont même un rôle-clé. Ce qui occasionne pas mal de changements.

 

Tomoya est beaucoup moins attrayant dans le film puisqu’il n’est plus simplement cynique mais un peu dépressif (sans virer emo). Il faut dire que c’est le seul personnage qui a un différent seiyuu : Nojima Kenji pour le film, et Nakamura Yuuichi pour la série. Tous les deux font un très bon travail mais c’est vrai que Nakamura Yuuichi rend son personnage un peu moins renfermé et beaucoup plus cynique/farceur, un trait commun à tous les héros des adaptations des VNs de Key par Kyo Ani.

 

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Dans Clannad S, Nagisa était à mes yeux insupportable. Son côté faible/fragile/innocent/moe était tellement accentué à outrance et il y avait tellement mieux à côté (Kyou et Tomoyo par exemple) que je ne pouvais pas la voir. Ses atermoiements me faisant plus pitié qu’autre chose. Ici tout est différent. Nagisa est certes toujours la fille malade, un peu naïve, mais elle a une toute autre dimension. Je ne saurais l’expliquer mais elle m’a paru plus humaine. Non seulement c’est elle qui fait les premiers pas envers Tomoya, n’hésitant pas à insister pour rester avec lui (ce que la Nagisa de la série n’aurait jamais osé faire, et encore moins sans balbultier), pour lui parler, mais en plus, loin de nous faire une crise cardiaque en apprenant que ses parents étaient comédiens, elle leur dédie même sa pièce en hommage. Il émane d’elle quelque chose, comme une aura rayonnante, qui fait qu’on comprend parfaitement pourquoi Tomoya s’y sent irrémédiablement attiré. De plus sa prestation lors du festival était tout à fait dans cet esprit : une Nagisa moins moe (attardée même), mais définitivement plus attirante.

 

Sunohara a lui aussi pas mal évolué et il m’a beaucoup surpris. Dans Clannad S, on a l’habitude le voir confiné dans son rôle de sidekick, de faire-valoir. Ici, Sunohara est certes toujours aussi caricatural dans son attitude (bien qu’un peu moins drôle) mais il arrive à en sortir, à être sérieux quand il le faut. Lorsqu’on le voit se trouver lui-même un travail pour pouvoir continuer à subvenir à ses besoins malgré une situation financière au plus bas, il n’est plus passif mais actif, il va au devant, il surpasse même Tomoya de ce point de vue là. Au moment où il s’inquiète pour son ami, des deux c’est Sunohara qui a le plus grandit, et ça fait plaisir à voir.

 

Gagnant : Clannad (film)

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Au fait, je vous ais déjà dit que j’aimais beaucoup mieux Nagisa avec son écharpe =3 ?

 

 

Scénario

Durée oblige, Clannad F se doit d’aller au principal, la romance entre Tomoya et Nagisa, d’éliminer tout le superflu et de s’approprier l’histoire pour en faire quelque chose de différent. Le pari était risqué et pourtant…Kyo Ani est définitivement le studio qui colle le plus au Visual Novel, il en a le temps et le budget, mais  les quelques maladresses de scénario de Clannad After Story l’ont montrés, leur production n’est pas exempte de défauts.

 

A choisir, je préfère largement le film. La façon dont est décrite l’histoire, ce rêve mystérieux que fait Tomoya toutes les nuits, la relation qu’il entretient avec Nagisa, la représentation du club de théâtre, leur amour bien moins prude, le tragique, le rayon de soleil final avec l’Arbre de la Promesse, tout a acquis une profondeur que n’a pas, à mon sens, la série. Ce côté poétique, symbolique, cette chaleur humaine, voilà ce qui manquait à Clannad S. Alors c’est vrai, le film est au fond amputé de toute sa partie comique. Mais tout dépend de ce que vous cherchez. Si c’est les larmes, la joie, l’espoir, alors le film s’y prête très bien. Si c’est un harem, du rire et des références otakus, vous frappez à la mauvaise porte.

Il n’empêche que j’ai beau m’être spoilé l’intrigue comme une porc, avoir vu deux fois la fin de l’After Story, le film a quand même réussi à me faire pleurer une nouvelle fois toutes les larmes de mon corps.

 

Gagnant : Clannad (film)

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En conclusion, le visionnage de Clannad F m’a moi-même énormément surprise. Je m’attendais, tout comme la première version de Kanon, à un anime plutôt laid, pas insipide mais pas très captivant non plus ; je m’attendais à dire « La version de Kyo Ani est la meilleure mais au moins maintenant je sais pourquoi ». Je me suis trompée. C’est au final cette version là que je préfère, une version épurée de toute fioriture mais non pas dépourvue d’une âme.


Grand gagnant : Clannad (film)

 

Hélas je sais que peu de monde appréciera ce film et la raison est évidente. Kyo Ani nous a pondu une série la plus proche possible de l’originale, en réutilisant toutes les musiques, avec des génériques très chouettes, des graphismes à tomber par terre, les références obligatoires à d’autres animes/jeux et du moe à outrance. C’est une version clairement destinée à un public otak’, destinée à combler toutes ses attentes. La version de la Toei est beaucoup plus simple, plus familiale, et donc moins ambitieuse. Dans dix ans, on l’aura probablement oubliée. Mais entre un cadeau moyen emballé somptueusement et un cadeau somptueux emballé de manière modeste, mon choix est fait. Après tout, n’est-ce pas pour l’histoire que l’on regarde un anime ?

 

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Enfin un sourire qui ne me donne pas envie de lui arracher ses organes…

 

Le dernier point qui joue en la défaveur du film c’est qu’on ne peut le conseiller à personne. Le regarder après la série le tournerait en ridicule et il serait très difficile de l’apprécier à sa juste valeur. Mais le regarder avant, bien qu’il prenne une route alternative, risque tout de même de spoiler certains éléments. C’est bien cette impasse crée par l’existence d’un support concurrent à si peu d’années de distance qui fait le plus tort à la version de la Toei. Ce qui est dommage ; le film et la série Clannad sont au fond complémentaires…

 


 

Je sens que je vais me faire des amis avec tout ça =D. La suite du dossier Kara no Kyoukai très bientôt...

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 14:05

Et voilà enfin la première partie de mon dossier Kara no Kyoukai. Alors, petite précision, j’ai décidé de découper cela en trois morceaux selon ma logique à moi, histoire de ne pas pondre un trop gros pavé, et surtout de commenter ça dans l’ordre chronologique.

 

Kara no Kyoukai est donc une série de sept films (chacun ayant un réalisateur différent) sortis par ufotable entre 2007 et 2009 issus de lights novels du même nom, et qui a l’étrange particularité de nous être contée dans le désordre. Pourquoi ? En fait c’est assez simple. Chaque film est une sorte de séquence de la vie des personnages principaux, on pourrait presque les sous-titrer « Film 3 : lorsque Shiki perdit son bras en carton pâte » ou « Film 6 : lorsque Shiki partit à la pêche aux fées ». Mais du coup, il y a des blancs entre chaque film, des zones d’ombre. Et si l’on regarde tout ça dans le bon ordre dès le départ, eh bien les blancs nous sautent dessus, alors que cela passe beaucoup mieux dans le désordre (effet « puzzle » plus intriguant).

 

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Parenthèse : En fait c’est un peu comme avec Haruhi. J’avais regardé les épisodes dans le bon ordre et une fois l’arc « La mélancolie de Haruhi » passé, et bien il ne restait plus que des fillers, des fillers de bonne qualité certes, mais des fillers quand même, ce qui laissait un peu le spectateur sur sa faim. D’où l’intérêt de regarder dans le désordre pour prolonger le suspens et l’intérêt. Donc n’essayez pas de m’imiter ici, ça gâcherait tout !

 

Avant de commencer, un petit avis général sur tous les films : ils sont tous incroyablement beaux. Des jeux de lumière aux scènes d’action rocambolesques en passant par des passages plus symboliques, chaque scène est toujours aussi belle que soigneusement réalisée. De plus la musique, composée par Yuki Kajiura, s’accorde toujours très bien avec l’ambiance et selon la situation, se montre parfois discrète, et explose parfois tel un feu d’artifice. Sans compter que les seiyuus sont des valeurs sûres qui font un très bon travail : Maaya Sakamoto pour Shiki et Suzumura Kenichi pour Mikiya, pour ne nommer qu’eux. Maintenant que c’est dit, cela m’ôte le poids de devoir le répéter à chaque fois =D.

 

 

L’ordre des films selon leur parution (et la traduction anglaise des titres) :

  • Kara no Kyoukai ~Fukan Fuukei~

Overlooking View  (1 décembre 2007)

 

  • Kara no Kyoukai ~Satsujin Kousatsu~ (Partie 1)

Murder Speculation (Part 1)  (29 décembre 2007)


  • Kara no Kyoukai ~Tsuukaku Zanryuu~

Remaining Sense of Pain (9 février 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Garan no Dou~

The Hollow Shrine (24 mai 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Mujun Rasen~

Spiral Paradox  (16 août 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Boukyaku Rokuon~

Oblivion Recorder  (20 décembre 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Satsujin Kousatsu~ (Partie 2)

Murder Speculation (Part 2)   (8 août 2009)

 

 


 

~Satsujin Kousatsu~ (Partie 1)

De 1995 à 1996

 


 
 

Kokuto Mikiya est un jeune home tout ce qu’il y a de plus ordinaire lorsqu’il gravit une pente enneigée, son parapluie à la main. Ce qu’il ignore c’est que tout au bout il va rencontrer une fille pas comme les autres répondant au doux nom de Ryougi Shiki. Découvrant le jour de sa rentrée au lycée qu’ils sont tous les deux dans la même classe, il va sympathiser avec Shiki, qui le fascine pour des raisons qu’il ne s’explique pas. Or un meurtrier ne tarde pas à sévir en ville…

 

Satsujin Kousatsu est probablement le film qui met le plus en avant la psyché de notre héroïne, Shiki, mais aussi le seul à se passer avant l’accident qui la laissera entre la vie et la mort. On y voit plusieurs enjeux :

 

Je t’aime, moi non plus

La relation entre Shiki, cette grande solitaire taciturne, et Mikiya, un garçon banal, est beaucoup mise en avant. Tout part de rien, une jeune fille en kimono aperçue subrepticement un jour où il neigeait, deux ou trois mots échangés, et bizarrement des liens se créent.

 

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Shiki rejette tout le monde, elle se définit elle-même comme misanthrope, se fuit, fuit la foule, et se referme au plus profond d’elle-même pour se protéger. Elle ne connaît rien d’autre, elle a toujours vécu ainsi. Et pourtant ce drôle d’hurluberlu tombé du ciel l’approche, lui parle sans préjugés, sans aucune peur alors que tout le monde craint l’allure austère de la jeune fille. Pour elle, c’est incompréhensible : Comment un être humain ordinaire pourrait s’intéresser à quelqu’un d’aussi insignifiant et surnaturel qu’elle ? Au début, elle semble apprécier cette compagnie imprévue, et certains moments que Shiki et Mikiya passent ensemble laissent à penser qu’ils ne sont peut être pas indifférents l’un envers l’autre. Mais si c’était aussi simple, Shiki ne serait pas Shiki. Comme effrayée –Par elle-même ? Par la possibilité d’être heureuse ?- elle finit par fuir Mikiya aussi, petit à petit, quand elle se rend compte qu’elle est peut être trop attachée à lui et à sa gentillesse naturelle. Quelque chose semble la ronger de l’intérieur, quelque chose qu’elle ne peut pas dire. Alors elle traîne tard la nuit, comme un fantôme, elle se demande comment il réagirait s’il savait qui elle était vraiment, elle le met en garde. Mais rien à faire, Kokuto et sa bonne humeur continuent de la suivrent, de la soutenir. Et plus elle essaye de mettre de la distance entre eux, plus il revient à la charge, toujours plus inquiet pour elle. Tant et si bien qu’elle sent qu’elle doit faire quelque chose…

 

Et de son côté Mikiya a réalisé depuis longtemps qu’il avait un grave problème. On a beau lui dire que Shiki est dangereuse, elle-même a beau le rejeter de toutes ses forces, de plus en plus faiblement, il n’arrive pas à la laisser tomber. On a beau lui demander pourquoi il trouve tant d’intérêt à sa compagnie, lui-même l’ignore, il se sent juste bien avec elle. On a beau lui montrer qu’elle est peut être liée aux meurtres qui ont lieu en ville, il continue de vouloir croire en elle, de vouloir la protéger coûte que coûte, contre elle-même s’il le faut. Mikiya a un grave problème : il est fou (d'elle ?), il le sait, et il ne peut pas s’en empêcher.

 

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Le yin et le yang

Satsujin Kousatsu est aussi l’unique occasion de découvrir Shiki lorsqu’elle avait encore deux personnalités : sa personnalité masculine, SHIKI (織), et sa personnalité féminine, Shiki (). Même si, en fait c’est bien plus compliqué que cela.

 

La famille Ryougi a toujours élevé ses descendants avec deux personnalités, probablement pour que ce soit les meilleurs et qu’ils connaissent les deux côtés de la vie (mais ce n’est jamais précisé). En tant que fille de la famille Ryougi, Shiki n’échappe donc pas à la règle. Mais ses deux « moi » semblent avoir cohabités de manière paisible jusque là, chacun ayant son rôle, sa place, et SHIKI n’ayant jamais essayé de prendre possession de son corps pour lui tout seul (alors qu’il aurait pu le faire). Le souci c’est que depuis sa rencontre avec Mikiya, ça ne va plus trop entre les deux personnalités. Celle qui avait pour rôle d’accepter, s’est mise à renier son autre. Comme l’explique SHIKI, un enfant ne fait que reproduire le premier sentiment qu’on lui communique : s’il a l’impression d’être aimé, il va aimer à son tour. Shiki, elle, n’ayant jamais rien fait d’autre que de tuer sa seconde personnalité à l’intérieur d’elle-même, de se tuer, encore et encore, ne connaît que le meurtre. Elle est donc attirée de manière presque magnétique vers cette envie de tuer, transmettant toutes ses impulsions refoulées à son autre.

 

Mais comme c’est expliqué dans le premier film, cette drôle de situation ne se poursuivra pas d‘avantage puisque après l’accident Shiki se retrouvera seule, elle qui avait toujours été deux.

 

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Rouge à lèvres sanglant

Une série de meurtres particulièrement sanglant se produit quelques mois après la rentrée scolaire. Toutes les victimes se retrouvent découpées de manière peu artistique (bras et jambes arrachés ou coupées en deux) et sauvage. Et comme par hasard à chaque fois on voit Shiki traînant tard le soir dans les ruelles de la ville, arborant son kimono et sa veste en cuir nouvellement achetée. Elle va même jusqu’à prétendre se balader sur la scène du crime devant Mikiya pour lui filer la frousse. Evidemment il la soupçonne d’être l’auteur de ces assassinats violents qui ne semblent pas avoir de raison, mais le flou est longtemps laissé et lui-même refuse d’y croire.

La vérité sur ces meurtres ne sera abordée qu’au septième film et prend en fait une part beaucoup plus importante dans l’histoire que les autres films ne le laissent suggérer…

 

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Satsujin Kousatsu est donc beaucoup plus orienté sur la psychologie des personnages qu’aucun autre sans être exempté de quelques scènes plus musclés (la poursuite dans la forêt de bambous est sublime) et d’autres plus calmes (la discussion dans la salle de classe vide sur fond de coucher de soleil), et se finit sur une sorte d’énorme cliffhanger puisqu’on ne saura la vérité derrière l’accident de Shiki qu’à la fin mais le film a le mérite de bien nous appâter à ce niveau là.

 

L’ending de cet opus est Kimi ga Hikari ni Kaete Yuku, une chanson à la fois douce et messagère d’émotions qui traduit à merveille la relation entre Shiki et Mikiya. A noter que la bande-son est plus discrète dans ce film là…

 

 

 


 

 


 

~Garan no Dou~

Juin 1998

 

 

 

Depuis l’accident de 1996, Shiki est à l’hôpital, plongée dans le coma, coincée entre la vie et la mort. Mais le monde ne s’arrête pas pour autant de tourner. De son côté Mikiya termine ses études et est engagé par une certaine Aozaki Touko, qu’il rencontre lors d’une exposition. Ce qui ne l’empêche pas de rendre visite à Shiki régulièrement en espérant qu’elle se réveille un jour. Mais quand celle-ci émerge, le monde qu’elle trouve n’est plus celui qu’elle avait connu…

 

A l’instar de Satsujin Kousatsu, Garan no Dou est aussi un film centré sur la psychologie de Shiki. Cette fois-ci, il n’y a plus vraiment d’enjeu mais juste un long et pénible réveil pour une nouvelle née qui doit apprendre à reconstruire sa vie alors que tout lui parait mort. Malgré ça, on peut quand même dégager quelques thèmes :

 

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Un temple vide

Le coma de Shiki est l’occasion de voir quelques scènes empreintes de mysticisme où celle-ci flotte dans le néant, où semblent se trouver d’autres corps, avant de plonger encore plus profondément dans les ténèbres. Mais le moment le plus beau reste à mon sens lorsque les deux Shiki sont face à face, l’une les yeux ouverts, l’autre déjà ailleurs, l’un de couleur froide, l’autre de couleur chaude, un peu comme dans le film de Ghost in the shell lorsque Motoko fait de la plongée. Or là, quand Shiki, sentant son double s’éloigner, essaye de l’étreindre, de le garder près d’elle, il s’échappe et se laisse engloutir tandis que la jeune fille remonte, impuissante, et disparaît dans l’eau noire qui forme la limite entre la vie et la mort. Elle se réveille donc à ce moment, avec cet affreux sentiment que de se sentir seule au monde, vide, affreusement vide, en deuil d’elle-même, un gouffre béant dans la poitrine. Shiki ne se sent plus vivre, elle ne sent même plus rien du tout, sa mémoire est floue, tous ceux qui l’entourent lui paraissent des étrangers et pour couronner le tout elle voit le monde s’effriter en lambeaux dès qu’elle ouvre les yeux. Confuse, effrayée par ces visions, honteuse peut être de vivre alors que SHIKI a disparu sans lui dire adieu, elle reste prostrée et refuse de dire un seul mot. Garan no Dou se présente comme le moment où Shiki doit choisir : elle ne veut plus vivre mais ne veut pas mourir non plus, mais elle ne peut rester indéfiniment entre les deux, dans cet état incertain. Pour combler cet immense vide en elle, elle a besoin de chaleur humaine, elle qui l’a toujours rejeté, et de se souvenir d’une personne très importante dont elle a oubliée le nom et qui pourtant, sans oser l’affronter, se fait du souci pour elle…

 

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La sorcière et les yeux bleus

Garan no dou nous présente aussi le personnage de Touko qui, bien qu’on la voie depuis le 1e film, est encore auréolé de mystère. Même si très peu d’éléments nous sont dévoilés sur elle, on sait au moins qu’elle manie la magie et que, ayant perdu son familier depuis peu, elle est très intéressée par le cas de Shiki qui pourrait lui fournir une aide précieuse dans son travail (Lequel ? Je ne suis pas sûre de l’avoir jamais compris…). Car depuis qu’elle a frôlé la mort, Shiki peut en effet voir « la mort des choses », c'est-à-dire des lignes, des points vitaux, qui lui permettent de tuer n’importe qui, même les morts. S’introduisant à l’hôpital en se faisant passer pour un médecin (une sorte d’orthophoniste), elle n’a aucun mal à rencontrer la jeune fille et, celle-ci n’ayant que peu de compagnie, à recueillir ses confidences, ce qui accroît son intérêt. Hautement imprévisible, Touko a tendance à changer de personnalités au gré de ses envies et des situations qui lui sont présentées, et elle n’hésite pas à secouer la miraculée pour que cette dernière sorte de sa léthargie. Touko est le futur qui attend Shiki, le seul futur qui soit compatible avec ses aspirations, et dans ce film en particulier, le lien qui l’unit à Mikiya, même à distance.

 

(Malheureusement, on ne saura jamais vraiment qui elle est vraiment, même à la fin…)

 

Garan02

 

Garan no Dou possède, tout comme Satsujin Kusatsu, un rythme un peu plus lent (ce qui n’empêche pas une scène d’action finale de toute beauté), une bande-son plus discrète et apporte plus de renseignements sur les personnages. Shiki, a enfin pris le deuil de son autre personnalité et renaît sous une troisième identité, sa nouvelle vie peut commencer.

 

L’ending de cet opus est Aria.

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 06:30

Pour me faire pardonner de ce long silence de, hum, deux semaines, rien de tel qu’une bonne tranche de mindfuck de derrière les fagots. Emotifs et personnes sensibles s’abstenir, ceci est un chef d’œuvre réservé aux dérangés du bocal.

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Alien Nine ne doit pas vous évoquer grand-chose (en tout cas à la plupart d’entre vous), et pour cause, ce manga de  Tomizawa, Hitoshi adapté en 2001 par JC Staff en quatre OAVs n’a pas vraiment très bien franchi les frontières du temps pour nous parvenir, la faute à l’œuvre en elle-même, trop iconoclaste pour être mise dans toutes les mains.

 

Dans un futur très, trop, proche, les invasions d’aliens sont devenues monnaie courante. Pour protéger leurs élèves, les établissements scolaires n’hésitent pas à sélectionner des volontaires dans leurs effectifs afin de vivre le plus paisiblement possible. Comme on ne se bouscule pas vraiment pour le job dans la classe Tsubaki, dans un des collèges concernés, Otani Yuri est désignée par ses petits camarades pour faire partie du corps Anti-Alien local. Manque de chance, Yuri a justement la phobie des extraterrestres et malgré les encouragements se voulant rassurants de la part de son entourage et de ses nouvelles camarades Kumi et Kasumi, elle découvrira bien malgré elle ce que signifie réellement une telle responsabilité, pour le meilleur... et surtout pour le pire.

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De gauche à droite : Yuri, Kumi et Kasumi

 

Ce qui choque tout de suite avec Alien Nine c’est le décalage entre son design (que je trouve personnellement franchement laid mais tout est affaire de goût) très mignon et son sujet malsain, allant parfois aux limites du concevable. Ainsi un non-averti pensera probablement avoir à faire à un gentil petit anime avec de gentilles petites collégiennes pourchassant de grands vilains monstres pas beaux. On est quand même très loin du compte. Les illusions se dissipent très vite, dès la séquence d’ouverture en fait où, lors du décompte des voix lors de l’élection dans la classe Tsubaki, on entend le nom de Yuri se répéter indéfiniment, se déformant un peu plus à chaque fois, comme dernier avertissement d’un cauchemar imminent.

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Grenouilles volantes et entrailles fumantes

L’histoire est également bien plus complexe. Déjà, pour commencer, il faut savoir qu’ici les membres du corps Anti-Alien se battent…avec des aliens. Pas n’importe lesquels bien sûr. Chacune des trois filles portées volontaires écope ainsi d’un Borg, un extraterrestre symbiote qui se nourri, théoriquement, des déchets de son corps, mais j’y reviendrai plus tard. C’est ça le casque tout mignon qu’elles ont sur le crâne. Mais quand on comprend que les Borgs « s’ouvrent » pour se poser sur la boîte crânienne. Donc la tête de Yuri, par exemple, s’enfonce dans les entrailles (on les voit peu, c’est déjà ça) de l’animal. D’où son dégoût en l’enfilant pour la première fois. Et pour que le Borg puisse se nourrir, il doit en fait absorber sa sueur. Ce qui entraîne une scène aussi dérangeante que surprenante : on y voit Yuri, nue dans une salle de bain vaporeuse, la langue de crapaud de l’alien le long de sa colonne vertébrale, semblant pomper à la source même (je n’ai compris ce qu’il faisait que beaucoup plus tard).

 

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Une équipe de bras cassés

Chacune de nos trois chasseuses d’extraterrestres méritent l’attention. Dans l’ordre inverse (vous verrez pourquoi) :

 

Toumine Kasumi (doublée par Shitaya Noriko qui fait You dans Ever 17) est la plus performante de toutes. D’un naturel enjouée, cette adorable petite blondinettes à couettes est en réalité une sorte de génie semblant avoir été gâté par la nature : ses parents sont incroyablement riches et elle réussi tout ce qu’elle entreprend, collectionnant ainsi trophées et récompenses. Elle s’est portée volontaire dans cette partie de chasse très spéciale sous le simple prétexte d’aimer cela. Sa particularité est qu’elle ne s’exprime quasiment que par des « Nya » aussi mignons que difficiles à comprendre. Malgré son apparence enfantine, elle fait très visiblement preuve d’une grande maturité. Pourtant certains signes laissent à penser qu’elle est peut être la plus dérangée du groupe… Et cela se confirmera par la suite où elle dévoilera enfin des sentiments aussi perturbants qu’inquiétants.

 

Kawamura Kumi (doublée par Shimizu Kaori, Lain dans Serial Experiments Lain <3) est la plus brave et la plus sérieuse. Ecrasée par des responsabilités qu’elle a toujours voulu fuir, elle s’inscrit pour ne plus être délégué de classe une énième année de plus et lassée de toujours devoir s’occuper des autres. Ayant été élevée seule par sa mère, son père étant décédé alors qu’elle était toute jeune, elle a l’habitude de se débrouiller toute seule et le fait bien savoir. D’abord peu sympathique avec Yuri, elle finit néanmoins par se radoucir et accepter tant bien que mal son rôle de Zorro salvateur auprès d’elle (certains considèrent même qu’une relation amoureuse aurait été possible entre elles). On découvrira petit à petit que si elle est la plus forte du groupe, elle en est aussi la plus fragile.

 

Otani Yuri (doublée par Ihata Juri alors âgée de 14 ans seulement) fait tache entre Kumi et Kasumi en ce qu’elle est la fille normale par excellence. Elle n’a jamais vécu de traumatisme, perdu d’être cher ou appris à enfouir ses émotions, et par là elle est peut être la plus forte des trois. Si Yuri pleure souvent, c’est vraiment la seule à sembler savoir vivre et s’exprimer sans retenue. Malheureusement pour elle, sa peur maladive des aliens fait de sa nouvelle vie un véritable calvaire et il n’est pas rare de la voir se terrer dans un coin, morte de peur ou éclatant en sanglots. Elle saura pourtant gagner petit à petit la sympathie du spectateur (ce qui n'est pas chose facile).

 

Hisakawa Megumi (doublée par Aya Hisakawa <3) est la professeur en charge de ce petit groupe. Gentille mais exigeante, elle supervise toutes les opérations, bien souvent en allant trop vite. On sait assez peu de choses d’elle sinon qu’elle ne mène pas franc jeu et qu’elle est loin de dire tout ce qu’elle sait sur les extraterrestres ou sur son rôle même.

 

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Psychedelic flowers

Maintenant qu’on a évoqué tout cela il ne reste plus qu’à passer à l’étape suivant et rentrer dans le vif du sujet car Alien Nine ne s’arrête pas à une histoire, c’est un anime empreint d’un symbolisme omniprésent qui lui donne toute sa force, tout son mystère…mais aussi toute sa difficulté de compréhension.

Le mieux avant de commencer la série est probablement de connaître une des clés de l’œuvre, partiellement dévoilée dans le 3e OAV : Alien Nine est une métaphore du passage à l’âge adulte avec toutes ses difficultés, ses peurs, ses troubles. A partir du moment où on sait ça beaucoup de choses prennent sens. Il n’y a qu’à se pencher sur l’opening pour comprendre à quoi l’on a à faire.

 

 

 Je vous propose d’écouter Flower Psychedelic (chantée à chaque épisode par une des trois héroïnes et par les trois en même temps à la fin, ici il s’agit du 1e générique donc de la seiyuu de Yuri) sans savoir ce que raconte la chanson.  Mignon et entraînant, non ?

 

Et voici les paroles :

 

An unusual morning had come
The stabbed heart throbs
The reality that wants to wake up

Is beginning to wake up wih dragging pajamas

Always being held by someone else spread wings

 

In reality... in reality... I want to be protected

But...I’d rather do somehing worthwhile that makes me feel good

Probably...adults are something like that

Today starts when the chimes rings to share smiles and tears

 

I like you, I like you, I like you but I’m still...

Surely...this body has started to change

Even more...I want to make it hot so I can run through

Perfection is somewhat boring

It’s better if some rules are broken

Beyod, beyond, beyond, I will walk to

My sweetheart babe

 

Même sans avoir l’esprit pervers, je pense qu’on peut quand même sentir que quelque chose se profile, qu’il y a quelque chose de bizarre. Etre gêné par les ailes déployées d’un autre ? Envie d’être protéger ? De quelque chose qui me fait me sentir bien ? Quelque chose que font/sont les adultes ? Mon corps est en train de changer ?

 

Alien_07.jpg

 

Et tout l’anime est à l’image de son opening, partagé entre une ambiance faussement mignonne et souvent malsaine, parsemé de symboles plus ou moins évidents, notamment au travers des nombreux rêves que fait Yuri tout au long de l’anime, tous de francs moments de poésie et de WTF confondus. La plupart se passent dans un immense champ de fleurs géantes et colorées –source d’inspiration pour l’épisode 4 de Madlax ?- et le plus poignant, celui du 3e épisode, nous montre Yuri au fond de la piscine, fuyant une école où les élèves sont devenus des aliens, donc des adultes (c’est pas moi qui le dis XD). Rêves ne se distinguant pas toujours très bien de la réalité, ce qui ajoute au trouble. Pour tout dire Alien Nine m’a fortement rappelé Serial Experiments Lain et la présence de Kaori Shimuzu dans le cast renforce beaucoup cette impression. Il n’y a pas que ça, la musique y est aussi pour quelque chose en ce que même lors de scène sa priori inoffensives, elle laisse pressentir le pire (chants d’enfants aux tonalités métalliques par exemple) ; les pistes visant à faire monter la tension réussissent parfaitement et la musique justement employée lors des scènes de rêve est magnifique et colle parfaitement à un climat onirique et confus. L’ending joue sur ce même ton par son côté mélancolique. Si c’est toujours la même chanteuse à chaque fois, les différentes seiyuus se relayent pour répéter les paroles, formant un écho semblant lointain et triste.

 

 

 



Le malsain à son apogée

Si le premier OAV, malgré la présentation peu ragoûtante du mode de vie des Borgs est relativement calme (le 3e OAV avec la présence des vacances d’été aussi…à l’exception des dernières minutes à la limite du traumatisant), le 2e OAV est bien plus éprouvant et plus on avance dans la série plus la métaphore prend de l’ampleur. Devenir un avec un alien serait la dernier pallier de la transformation à l’âge adulte tandis que le premier serait le Borg, chacun possédant une relation particulière avec son hôte – si celui de Kasumi ne fait qu’accéder à ses moindres caprices, celui de Kumi tente de se poser en soutien tout en restant souvent muet tandis que celui de Yuri lui dispense des conseils et son avis de la situation. L’introduction d’aliens « offensifs » semble confirmer cette théorie en ce que, soudainement, des garçons jusque là aux passe-temps ordinaires, se mettent à éprouver un ennui insupportable, se réunissent à l’écart des autres et, des aliens sur leurs crânes, éprouvent le soudain besoin de s’attaquer aux filles, Yuri en particulier. Une certaine scène où [spoil] les « drills » des garçons transpercent une surface molle (les « ailes » du Borg), faisant ainsi répandre des gouttes de sang sur le sol [/spoil] a même souvent été qualifié de scène de viol et je suis plutôt d’accord sur cette théorie, développée ici (attention spoils !). On grimpe encore plus loin dans le macabre avec l’épisode final où un extraterrestre un peu spécial apparaît et sème la pagaille autour de lui [spoil] Kasumi le prenant pour son grand frère qu’elle aime d’un amour incestueux, elle tourne à moitié folle et se retourne contre ses anciennes amies pour le protéger [/spoil]. Une escalade mentale qui ne se conclut que très brutalement sur un final plus que mystérieux, abrupt même, un immense cliffhanger sensé donner envie de lire la suite dans le manga original, alors que tout semblait mener à une happy end. 

 

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En conclusion, Alien Nine est une fable plus qu’atypique et difficile d’accès à la fois par ses multiples sens cachés et une ambiance qui sera loin de plaire à certains, ce qui ne gâche en rien sa beauté (j’insiste, c’est beau). Pour moi un grand voyage…qui relève plus des montagnes russes que de la promenade en bateau. 

 


Le prochain article sera fait, je l'espère, pour faire rire (parce que ça fait du bien de temps en temps) et pour une fois, ne portera pas sur un anime ou un manga =).

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 07:05

 

En ce moment je n’ai toujours pas le temps de regarder des animes, ça me manque un peu. En rangeant ma chambre samedi je suis tombée sur un DVD d’Utena que je croyais rayé. En fait non il a l’air de marcher très bien. Faute de temps je n’ai pas pu regarder un épisode mais je me suis rabattu sur les trailers. Et que vois-je dans ce tas de noms inconnus au bataillon ? Iria, Zeiram the Animation. 6 OAVs de 35 minutes c’est assez court pour avoir sa dose animesque malgré la pagaille, en plus ça a l'air cool, ok je prends, vendu !

 

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Iria est donc une série sortie en 1994 (ça commence à dater) et qui servirait, parait-il, de prologue à un film (en chair et en os) du nom de Zeram. Ne l’ayant jamais vu, je ne risque pas de pouvoir en parler mais il semblerait que son visionnage ne change rien à l’intrigue (et son affiche donne vraiment pas envie).

 

Sur la futuriste planète Myce, Glen est un chasseur de prime reconnu qui participe à toutes sortes de missions dangereuses en compagnie de Bob, son équipier, sous les ordres du bourru Fujikuro. Or Iria, la sœur de Glen, qui, bien qu’elle ne soit encore qu’une apprentie, rêve de faire ses preuves et de suivre ses pas, décide de les suivre pour un contrat particulièrement étrange. Le trio doit secourir les passagers du Karma, un vaisseau capturé par des pirates, mais lorsqu’ils arrivent, ceux-ci sont été massacrés par une puissance mystérieuse. Ils se retrouvent alors face à face avec Zeiram, une entité extraterrestre soit-disant invincible…

 


 

Graphismes

Malgré son côté un peu vieillot, Zeiram the Animation m’avait beaucoup attiré, notamment avec le chara-design d’Iria, fait par Masakazu Katsura (d’ailleurs le costume classe d’Iria ressemble fortement à celui de la voyageuse temporelle de DNA²), et le fait que sa doubleuse soit Aya Hisakawa :3. Je suis une sale fangirl, je sais. D’ailleurs, en ce qui concerne les graphismes, je n’ai personnellement pas de problèmes, pour l’époque ils sont honorables sans être transcendentaux, mais c’est sûr que de sortir d’un anime de 2010 pour regarder ça est assez dépaysant.

 

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Musique

Niveau sonore on a le droit à une bande-son plutôt jolie mais malheureusement trop discrète. A part quelques pistes comme Strong Wind, Fragrant Wind ou Courageous Attack (version instrumentale de l’opening à peu de choses près), rien de vraiment croustillant à se mettre sous la dent. Parlons-en de l’opening tiens ! Sur une ambiance résolument étrange et un peu psychédélique sur les bords, Iria y est omniprésente (c’est à en oublier l’existence des autre personnages) et on a le droit, à la fois à quelques séquences dynamiques (lorsqu’elle court et que tout semble se rembobiner) et à la fois à une touche de mélancolie (scène baignant dans la couleur orange). Normalement si vous avez aimé l’ending de RahXephon, Yume no Tamago, qui est un peu dans la même veine, vous devriez apprécier At the end of the melting Dream (ou Tokete Iku Yume No Hate Ni). L’ending me semble oubliable.

 

 

 

Univers et personnages

L’atout principal de Zeiram the Animation reste son univers et ses personnages.

 

La planète Myce est par exemple un joyeux mélange : on y trouve un désert un peu apocalyptique, la maison d’Iria me rappelle le Mexique, le dempadan (sorte de machine volante à parasol, si je pouvais je commanderai ça pour Noël !) la Chine, la ville est tout aussi unique avec son architecture (et ses paravents partout), le système de voyages à travers l’espace et de bouclier de même, et je souligne particulièrement la présence de tanks-pompons assez rigolos. Bref toute une tripotée de gadgets qu’on se plaît à admirer comme si l’on était redevenu gosse. Un anime intéressant à regarder pour les amateurs de science-fiction donc.

 

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Les personnages sont relativement bien travaillés également. Iria, l’héroïne incontestée et un peu rebelle sur les bords (elle porte une coiffe typiquement masculine sur Myce), est la fille forte type, parfois tête brûlée, parfois réfléchie, malgré ses formidables capacités au combat, elle passe pourtant son temps à être déconsidérée parce qu’elle est une femme et apprentie de surcroît. C’en est même frustrant pour le spectateur qui, après l’avoir vu faire quelques acrobaties et remplir son travail de manière propre et nette, entend des moqueries du genre « Trop dangereux pour toi, retourne à tes fourneaux ». Heureusement le rieur se retrouve quelques minutes plus tard avec un canon pointé vers le bide, Iria n’ayant pas particulièrement apprécié la blagounette  =D.

 

Le relou en question, Fujikuro, est une sorte de tsundere virile assez comique quand il s’y met. Refusant d’admettre qu’il tient à Iria, il passe son temps à l’aider en douce tout en la dévalorisant.

 

Kei est un garnement qui arrive un peu plus tard dans l’histoire. Orphelin vivant dans la rue, il a acquis une envie d’indépendance très forte qui le pousse à ressembler à Iria qu’il finit très vite par aduler. Du coup la relation très forte qui s’était établie entre Glen et sa sœur se décale peu à peu sur Kei et sa « grande sœur d’adoption », apprenant ainsi à Iria ce que cela fait de se retrouver de l’autre côté.

 

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Ajoutez à ces quelques personnages des seiyuus plus que compétents et quelques noms connus comme, je l’ai déjà mentionné, Aya Hisakawa (Chloe dans Noir, Sailor Mercury, Kerberos dans Card Captor Sakura, Yuki dans Fruits Basket, c’est bon là, je vous ai convaincu XD ?) ou Mika Kainai (Nei dans Avenger, Satoko dans Higurashi,  Kaguya Sumeragi dans Code Geass) et vous obtenez des doublages respectables.

 

Scénario

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L’histoire est par contre beaucoup plus ambiguë, certains éléments étant, format oblige, un peu passés sous silence. Pour résumer grossièrement, Iria, séparée de son frère depuis l’incident du Karma, cherche à retrouver sa trace pour confirmer s’il est en vie ou non et ce tout en traquant le Zeiram, son seul indice. A programme : paysages exotiques, séquences d’action et petits passages mélancoliques (quand Iria est sous la douche et qu’elle explose la vitre d’un coup de poing). Mais entre temps il y a parfois quelques points un peu confus : par exemple on ne sait pas ce qui arrive à Bob, le coéquipier de Glen (qui, sans vouloir trop spoiler se fait quand même à moitié manger vivant par un alien) avant un bon moment et ce n’est que Wikipédia qui m’a appris qu’il [spoil] avait téléchargé son esprit dans un ordinateur pour pouvoir survivre et aider Iria à se venger du Zeiram [/spoiler]. Le sort de Glen est lui-même obscur, on le croit mort puis vivant puis re-mort, puis re-vivant, et même à la fin la réponse n’est pas exactement ce qu’il y a de plus clair. L’existence même du Zeiram

est intrigante : Qui est-il ? D’où vient-il ? Pourquoi est-il aussi puissant ? Quel est son but ? Mystère, mystère… J’imagine que les réponses se situent dans le film mais c’est un peu dommage…

 

 

La fin en elle-même est, à mon sens, tragiquement heureuse. D’un côté, hourra tout est bien qui finit bien…de l’autre merde, et qu’est-ce qu’elle devient cette personne là ?

 

 

 

Conclusion

Bref, Iria est une série sans grande prétention qui vise uniquement à vous faire passer un bon moment. Non dépourvue de défauts (j’avoue qu’il manque une petite dose de suspens pour donner d’avantage envie de regarder chaque OAV), elle saura néanmoins se faire une petite place dans votre cœur en tant qu’expérience particulière.

 


 

Sinon je m’excuse de mon peu de présence depuis le dernier article, j’ai pas eu une semaine formidable (ahem) et je pars dès aujourd'hui pour une semaine de folie pour la finalisation de mon BAFA. Dès que je rentre j’ai concours blanc, que la vie est bien faite .

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:00

 

  Après toute la débauche de n’importe quoi de ces derniers temps, il faut bien revenir à plus sérieux. Et quoi de mieux pour se distraire sans prendre trop de temps que de regarder des OAVs ?

 

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Read Or Die est une série de trois OAVs nous narrant les péripéties de Yomiko Readman, une jeune fille un peu loufoque complètement dingue des livres, au point de ne pas trop se préoccuper de son hygiène et de dormir parmi eux. Au premier abord elle parait naïve et maladroite mais dès que Yomiko se retrouve en danger, la jeune fille dévoile des talents très particuliers : c’est en effet un agent de la British Library (me demandez pas pourquoi une telle organisation existe) qui, sous le nom de code de « The Paper », est capable de manipuler le papier à volonté, le transformant souvent en armes redoutables. Or cette fois-ci Yomiko est demandée d’urgence pour une mission particulièrement importante…

 

Alors, par où commencer ? Question délicate, il y a beaucoup à en dire et aussi beaucoup à spoiler du coup (forcément). On va y aller doucement.

 

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Le boulet roxxor et l’assassin qui fait des tresses

On pourrait croire que parce qu’il s’agit d’OAVs, les personnages seront bâclés, et bien pas du tout. En moins d’une heure et demie on s’attache à eux bien plus qu’on ne pourrait le penser.


Yomiko par exemple, est tout à fait adorable. Son comportement infantile et sa frénésie des livres en font un élément comique certain : il suffit de voir l’introduction où elle court de librairies en librairies son cabas à la main, achète des montagnes et des montagnes d’ouvrages, avant de les remonter dans sa chambre (déjà complètement encombrée, il n’y a même plus de place pour s’asseoir et quand elle pousse quelque chose il y a toujours au moins dix volumes qui s’écrasent par terre)…et de recommencer l’opération, une fois, deux fois, et autant qu’il faudra pour dépenser ses économies du mois.

 

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Mais ce côté timide de professeur remplaçante (parce qu’elle enseigne en plus !) est très fortement contrasté par son agilité au combat. On se dit, comme Miss Deep dont je parlerai après, « Non, c’est pas possible, elle peut pas le faire, c’est un boulet ! » en la regardant se casser la figure assez régulièrement et puis, dès qu’on a vraiment besoin d’elle, Yomiko ouvre son cabas et avec un flot de papier et beaucoup d’imagination elle est capable de tout. C’est réellement impressionnant ! Comme quoi manier le papier est vraiment un pouvoir efficace. Et cette dualité du personnage le rend unique : ça change des belles tueuses sans pitié et au regard froid et du coup, cela apporte un petit plus assez rafraîchissant. Voilà enfin une héroïne qui peut avoir la classe tout en faisant rire.

 

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A propos de belle tueuse froide, ça nous mène au second personnage principal : Nancy McHarry (ou Makuhari), alias Miss Deep. Envoyée pour être la partenaire de Yomiko dans cette délicate mission, Nancy a la même réaction que nous au début, elle sous-estime la jeune fille et ne montre pas la plus grande amitié à son égard. D’autant plus que son propre pouvoir se révèle tout aussi impressionnant : c’est une passe muraille d’exception, capable de se mouvoir dans la matière comme une sirène. Comme elle manie aussi très bien les armes à feu, avec Yomiko, elles offrent très vite un spectacle de choc et des scènes d’action aussi impossibles qu’époustouflantes. Nancy se rapproche toutefois très vite de sa collègue en apprenant à la connaître et c’est une relation ambiguë qui se noue entre elles (à certains moments on pourrait presque parler de shoujo-ai), une relation en dents de scie à cause du lourd passé que semble porter la passe muraille. Plus le temps passe, plus elle se montre touchante. A mes yeux, une réussite.

 

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Les autres personnages sont bien moins présents mais restent assez intéressants : on a Drake, un autre agent un peu superstitieux qui n’apprécie pas forcément le caractère de Yomiko mais qui la seconde comme il peut (il n’a pas de pouvoir, mais des armes à feu) ; le Joker, le supérieur plus ou moins direct des trois joyeux lurons, sous les ordres de Gentleman (celui qui dirige la British Library) et Wendy, sa maladroite secrétaire.

 

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Comme tous les soirs Minus, tenter de conquérir le monde !

Le scénario est relativement simple (mais pas simpliste) et reprend le schéma classique du « invasion de méchants qui veulent conquérir le monde » avec toutefois une touche d’originalité non négligeable. Déjà les méchants en question ne sont pas n’importe qui, ce sont des I-Jin, des clones de personnages historiques (dont l’ADN avait été volée un peu plus tôt) possédant des capacités en rapport avec leur personnalité : ainsi Jean Henri Fabre commande aux insectes, Otto Lilienthal vole avec une sorte d’avion en forme d’oiseau, Gennai Hiraga manipule l’électricité à partir d’une machine étrange, Genjo Sanzo est un moine aux pouvoirs surprenants, etc. Les intentions des I-Jin resteront néanmoins longtemps obscures et l’énigme une fois résolue, on ne peut pas nier que leur méthode d’éradication est autrement plus romantique d’un génocide ou des chambres à gaz.

Il n’y a pas vraiment de choses métaphysiques à chercher dans le scénario (à part peut être à un certain moment où la question de l’identité chez les clones se posent avec acuité) puisqu’il est très clairement orienté vers l’action. Des batailles aussi épiques qu’époustouflantes se succèdent donc pour notre plus grand plaisir (enfin le mien en tout cas :3) et le tout se conclue sur une note dramatique, sur fond de larmes.

 

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Symphonie qui pousse à combattre

Ce qui fait de Read Or Die un anime qui fonctionne c’est l’alchimie qui règne à la fois entre l’animation (de très bonne facture pour un « vieux » produit), des personnages charismatiques et une musique remarquable signée Taku Iwasaki, un nom qui doit vous dire quelque chose puisqu’il a également réalisé la bande-son de Gurren Lagann (d'ailleurs coïncidence, la doubleuse de Nancy est la même qu'Adiane dans Gurren Lagann). Globalement il n’y a qu’une musique de combat mais déclinée en plusieurs versions (mais elle est tellement chouette que ça ne dérangerait absolument pas de l’entendre encore et encore) dont  Boutou ni Atari, Mazu Dengetsu ga Hoeru ou Shupuu no Kyou, Toraerarerumono ha Nashi. Les autres pistes sont tout aussi agréables comme avec Nishi Nite Asobu Otoko, Nyoi Nite Bou wo Sosori Tateru ou Subete no Eichi wo Eikoku he! (désolé pour la qualité des liens, j'ai pas trouvé mieux ).

 

Et que dire de l’opening qui combine musique entraînante, action et calligraphie (pour le nom du staff, faut avouer que c’est plutôt original) ?

 

 

 

Lire ou mourir, telle est la question !

En conclusion, Read Or Die est une série aussi courte qu’intense qui portera les amateurs d’actions et de filles à lunettes aux anges avec un mélange simple et efficace. Des personnages qui en jettent, des scènes de combats classes, de la musique qui résonne encore longtemps dans les oreilles et une bonne scène de larmes finale forment le cocktail attendu. On pourrait peut être juste objecter le côté un peu WTF de certains évènements (une île-forteresse énorme ça se paye comment ?) et un passage un peu rapide de certaines informations, caractéristique courante du format même de l’OAV. Amateurs de divertissement, vous allez êtres servis !

 

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\!/ Attention lien hautement spoilant, il est déconseillé de le lire avant de regarder la série \!/

Sinon pour ceux qui, après avoir regardé les OAVs sont encore un peu perdus, surtout avec « le cas Nancy », j’ai trouvé ceci qui devrait vous éclairer un peu (en tout cas, moi ça m’a aidé ^^).

 

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