7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 22:00

 

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Sorti en février 2011 à l’occasion des 10 ans du studio Front Wing, Grisaia no Kajitsu a très rapidement raflé les prix au Japon en se présentant comme la production de l’année et, qui plus est, le premier opus d’une trilogie voulue comme épique. Ce n’est qu’en 2013 qu’une traduction anglaise amateure nous est parvenue, permettant enfin au public occidental de goûter ce qui a fait le succès de la série. Mon colocataire m’ayant poussé à l’intérieur du hype train, j’ai donc pu tester le jeu avec un verdict plus que mitigé. Explications.

 

 

Kazami Yuuji n’est pas un jeune homme ordinaire. Un passé tragique l’ayant conduit à faire l’armée et à travailler pour une organisation mystérieuse, sa vie est en permanence en danger et il doit se battre pour survivre. Cependant il rêve de connaître une vie d’étudiant normal. Avec l’aide de Chizuru Tachibana, une connaissance, il intègre Mihama Gakuen, le lycée dont elle a la charge. Mihama Gakuen n’est pas tout à fait l’établissement ordinaire souhaité, il ne comprend que cinq élèves, cinq élèves aux circonstances très particulières, mais pour un atypique comme Yuuji, c’est déjà plus que suffisant. Et c’est ainsi que Yuuji, en se confrontant aux secrets de ses camarades de classe, devra délier les siens et apprendre à avancer.

 


 

Le cast

Comme dans le monde des eroges, tout est toujours bien fait, les cinq personnes en question sont bien sûr de pimpantes demoiselles possédant chacune des difficultés cachées et qu’il faudra épauler pour le meilleur et pour le pire.

 

En premier lieu, Sakaki Yumiko, souvent présentée comme l’héroïne principale. Cooldere dans l’âme, sa première réaction vis-à-vis de Yuuji est de l’agresser à coup de cutter et elle se montrera hostile une bonne partie du jeu avant d’enfin tolérer sa présence. Son loisir principal est d’ignorer tout le monde en lisant un livre ou de s’isoler dans sa chambre pour surfer sur Internet. On lui soupçonne un versant « dere dere » particulièrement charmant…

grisaia-01.jpgElle est doublée par Ryoko Tanaka (sous le pseudonyme Hikaru Isshiki) : Mizuki Kirimiya de Yume Miru Kusuri, Tomoyo dans Tomoyo After, Yuiko Kurugaya de Little Busters, Natsume dans Kara no Shoujo, etc.

 

Suou Amane, la doyenne des élèves, est d’un naturel bien plus joyeux et agréable. Doté d’un fort accent du Kansai quand elle s’énerve, elle aime s’occuper des autres, faire à manger et donner des conseils, faisant d’elle la grande sœur raisonnable de l’école. Un statut qui convient assez bien à son opulente poitrine qu’elle utilise pour avoir des réductions en allant faire les courses. Toutes les héroïnes la considèrent fort aimablement comme la «salope » de la troupe (alors même qu’elles sont toutes vierges).

grisaia-05.jpgElle est doublée par Hiroko Taguchi (sous le pseudonyme Sora Yukimi) : Miyako dans ef, Sora dans Yosuga no Sora, Sumika dans Muv Luv, Miu dans Dracuriot, Aki dans Aki Sora.

 

Si Amane a le rôle de la grande sœur attentionnée, Irisu Makina est la petite sœur qui aime qu’on s’occupe d’elle et qu’on la dorlote. Fière de son apparence de loli, elle possède une imagination débordante et adore faire des blagues à ses camarades, souvent avec la complicité de Sachi. Son langage châtié, ses chaussettes dépareillées, son amour pour le pain et sa propension à hurler des choses obscènes sans raison particulière font d’elle une hurluberlue qui anime le quotidien de Mihama Gakuen mais fatigue vite ses camarades.

grisaia-03.jpgElle est doublée par Tomoe Tamiyasu (qui n’utilise pas de pseudonyme) : Rin de Little Busters ainsi qu’une foultitude de rôles dans des eroges divers et variés (de Deardrops à Hime to Boin).

 

Matsushima Michiru est probablement la seule qui puisse outrepasser Makina dans l’absurdité mais involontairement : en effet cette fausse blonde à couettes, qui essaye de persuader le monde entier qu’elle est une tsundere, semble tellement débile qu’il est difficile de la prendre au sérieux. Eternel clown de la bande, on peut compter sur Michiru pour laisser échapper une bêtise à tout instant.

grisaia-04.jpgElle est doublée par Kaori Mizuhashi (sous le pseudonyme Urara Hani) : Mami dans Madoka, Elina dans Queen’s Blade, Minami de Baka to Test, Laharl dans Disgaea, Akane dans Kimi ga Nozomu Eien et Muv Luv.

 

Komine Sachi se présente comme la déléguée de classe et la femme de ménage maid du dortoir à cause de son fort sens des responsabilités. Malheureusement Sachi est aussi une tête en l’air qui prend toute requête tellement à la lettre que ses camarades doivent constamment surveiller leur langage de peur qu’elle ne relève le défi. Derrière son sérieux légendaire se cache une certaine tendance à l’ironie, ce qui la rend d’autant moins saisissable qu’on ne sait jamais trop si elle se rend bien compte de ce qu’elle dit ou fait. Adore les requins au point d’avoir cousu une sacoche requin à Michiru. Elle fricote également beaucoup avec Makina, ce qui entraîne souvent moult catastrophe.

grisaia-02.jpgElle est doublée par Ai Shimizu (sous le pseudonyme Mikasa Okamura) : Mikoto dans Mai Hime/Mai Otome, Ellis dans El Cazador de la Bruja, Ren dans DearS, Sakura de Hatsuyuki Sakura, Mio de Walkure Romanze.

 

 

Fruit de qualité

Au cas où ce rapide descriptif ne vous l’aurait pas encore prouvé, voici un rapport plus détaillé qui démontre bien que Frontwing avait du budget !

 

Scénario

Il n’est pas inhabituel pour une grosse production japonaise de faire appel à plusieurs scénaristes et c’est le cas avec Grisaia. Si on sait que l’auteur principal est Ryuta Fujisaki, il n’existe cependant nulle part sur Internet d’indications pour déterminer quel scénariste a rédigé quelle route, ce qui est fort embêtant lorsque l’on veut commenter leur style (surtout qu’il y a de fortes chances que ce soient des pseudonymes). Il est admis que le reste du jeu a été écrit par Nachi Kio, Yoshikazu Kuwashima et Kazuya sans plus de spécificités.

 

Graphismes

Le chara-design (et, je le soupçonne, l’animation de l’opening) a été réalisé par Akio Watanabe, plus connu pour son travail sur Bakemonogatari, ainsi que Fumio (qui avait participé à Hoshiuta, un titre plus ancien de la compagnie) et les chibis de Nanaka Mai (que l’on retrouve dans le tout dernier Frontwing, Innocent Girls).

 

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Musique

La bande-son a été confiée à Elements Garden, bien connu du monde du visual novel où ils sévissent par de nombreux openings, mais aussi des OSTs, comme My girlfriend is the president ou encore la musique d’Uta no Prince-sama (adapté en anime).

 

 Bande-son qui contient non seulement un générique d’ouverture très sympa par Faylan (opening de Canaan, 1e opening de Seikon no Qwaser, ending de Mirai Nikki) mais également une chanson thème pour chacune héroïne, chacune chantée par une artiste différente mais néanmoins connue : eufonius (opening de Clannad, de True Tears, de Narcissu) pour celle de Yumiko, Miyuki Hashimoto (un des thèmes de School Days, opening de Tick Tack,opening de Princess Lover, opening de Hoshizora no Memoria) pour celle d’Amane, Chata (ending de Clannad) pour celle de Michiru, Hiromi Sato (ending de Mushi Uta, l’opening de Green Green) pour celle de Makina et NANA (pléthore d’eroges que vous ne connaissez probablement pas ) pour celle de Sachi.

 


 

Additional cast

A noter que les personnages secondaires sont également doublés par des vétérantes du monde des eroges (que vous pouvez retrouver dans des adaptations anime).

 

grisaia-07.jpgChizuru Tachibana est doublée par Natsumi Yanase (sous le pseudonyme Izumi Maki) :

Komari de Little Busters, Chihiro dans ef, Himeko de Narcissu Side 2nd.

 

grisaia-06.jpgJulia Bardera est doublée par Narumi Erika (sous le pseudonyme Suzune Kusunoki) :

Kiriha de Fortune Arterial, Shokatsuryou Koumei de Koihime Musou, Kosame de Hoshizora no Memoria, Touko de Cross Channel.

 

Kazuki est doublée par Akane Tomonaga (sous le pseudonyme Yukari Aoyama) :

Seira de Chaos;Head, Kazuko de Majikoi, Riru de Harukoi Otome, Cordelia dans Diabolik Lovers.

 


 

Le début de la grisaille

Puisque les détails techniques ont été évoqués, tranchons dans le lard. Ce qui démarque Grisaia no Kajitsu c’est au fond le dilemme sur lequel le jeu est basé : c’est à la fois le pur produit des chara-ge japonais et une œuvre qui ambitionne d’aller plus loin. Les deux volontés se combattent en permanence, ce qui donne un résultat très particulier.

 

Ainsi, en tant que charage, il s’agit de partager le quotidien des différents personnages à travers un tronc commun comique où chacun possède ses petits moments de gloire, rendant les héroïnes sympathiques, mais aussi avec des petits indices ça et là sur quoi attendre de leur passé et de celui de Yuuji. Une fois que le joueur a choisi une route, le focus sera centré sur le personnage voulu et l’ambiance comique laissera place au drame au moment adéquat avant de basculer vers une conclusion. Eroge oblige, il y aura bien sûr des scènes de sexe à intervalles réguliers, si possible à des moments inappropriés. Il est alors essentiel d’apprécier de passer du temps avec les héroïnes sans attendre d’intrigue particulièrement forte.

 

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Le passé de Yuuji : cet hameçon permanent pour attiser la curiosité du lecteur...

 

Mais en même temps le charage est bousculé par le protagoniste, Yuuji, qui possède une personnalité bien marquée, ne se laisse pas impressionné par le troupeau de femelles autour de lui, et dont l’histoire plane au dessus des passages tranche de vie comme une épée de Damoclès. Des bribes de ce qu’il est transparaissent en permanence, comme une sorte d’appât irrésistible lancé en direction du lecteur pour attiser sa curiosité (quel est son job ? qu’a-t-il pu vivre ? comment était son mentor ? comment était sa sœur ?). On aura même droit de le voir quitter le lycée précipitamment à plusieurs reprises pour rejoindre JB, sa supérieure hiérarchique, afin de remplir une mission au contenu sans cesse caché au lecteur. Les routes de Makina et d’Amane, contrairement aux autres, sont toutes entières dévouées à développer une intrigue qui se met doucement en place et ne se poursuivra que dans les jeux suivants. Et l’utilisation de foreshadowing est plus que récurrente.

 

A partir de là, il devient évident que le cadre très strict du charage gênait le scénariste principal, Ryuta Fujisaki, qui s’est quand-même entêté à le suivre et à fourrer ce qu’il pouvait de son histoire dans une boîte qui n’avait visiblement pas la bonne forme. La conséquence directe est que Grisaia est d’une longueur assez douloureuse. Comptez bien une vingtaine d’heures pour finir l’interminable tronc commun et près de 80h pour tout débloquer. En outre, le fait qu’il y ait trois scénaristes supplémentaires pour assister Fujisaki donne une forte disparité dans les routes individuelles avec des styles totalement différents (Katawa Shoujo semble bien plus consistant en comparaison). Aussi il convient de s’attarder sur les héroïnes morceau par morceau, dans l’ordre proposée par le jeu (qui n’est pas le plus pertinent, j’y reviendrai après).

 


 

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J'adore son zettai dépareillé :3

 

La graine que l’on a semée (Makina)

En tant que scénariste principal, Ryuta Fujisaki s’est occupé du tronc commun et des routes de Makina et d’Amane, ce qui représente la majeure partie du jeu en termes de texte. La plupart des critiques ont eu l’air d’adorer son écriture, autant dans les scènes comiques que dramatiques. Si je n’ai pas de problème particulier avec la construction de sa narration, je dois dire qu’il a la fâcheuse manie d’entrer beaucoup trop dans les détails. Ainsi la réparation de la moto d’Amane dans la route de Makina prend plus de 10 minutes de lecture ! Chaque scène commencera toujours par un long monologue de Yuuji sur la vie avant de basculer vers les scènes comiques mais là encore il prend du temps à décrire des évènements qui en soi ont un intérêt mais qu’il délaye à l’infini. Si on peut estimer que la mère de Yuuji ou la métaphore du coucou ont leur place dans la route de Makina, que dire de cette anecdote où Yuuji explique qu’il aime courir parce qu’un jour étant petit il a vu quelqu’un courir ? Avait-il vraiment besoin de s’éterniser sur ce mystérieux inconnu adepte de jogging ?

 

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Le tronc commun, tout comme la branche de Makina, possèdent donc le même défaut : ils sont interminables. Là où le tronc commun arrive encore à tenir en haleine grâce à quelques scènes rigolotes par-ci, par-là (abondance de chibis fort appréciable), j’ai complètement sombré dans la morosité à la lecture de l’histoire de Makina qui possède de nombreuses failles. Non seulement la partie émotionnelle forte de son passé est décrite en long, en large et en travers par des tiers avant qu’on ne puisse accéder à son point de vue (sous forme de flashback) mais en plus le dit flashback ampute complètement l’élément clef de cette partie émotionnelle (spoil : le fait qu’on ait tué son père sous ses yeux et qu’on l’ait laissé avec le cadavre en décomposition pendant des jours, je m’attendais au moins à ce que bonhomme change légèrement de tronche sur l’illustration et que Makina se mette à dérailler mentalement beaucoup plus longtemps). De plus, les deux fins proposées sont assez peu convaincantes à cause d’un déroulement trop rapide (un comble quand on sait qu’il faut bien 15h pour venir à bout de la route de Makina).

 

Le rôle d’apprenti qui revient à Makina, sa maturation, et les précisions sur le passé de Yuuji sont agréables mais fonctionnent finalement assez mal sous forme de route, on aurait très bien pu imaginer que ces éléments importants soient directement incorporés dans le tronc principal à la place des scènes les plus inutiles. Leur romance n’est juste pas crédible, d’autant plus que Makina est clairement en demande d’une relation père-fille au moment de son choix, ce qui montre bien la limite de la formule charage lorsqu’il s’agit de certains types d’histoires ou de relations.

 

En revanche, la partie fugitive, comme l’intrigue politique, étaient des éléments sympathiques et bienvenus. Dommage que la résolution un peu miraculeuse du conflit fasse tomber à plat ces éléments.

 

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Angelic Howl : le mugissement angélique (Amane)

La grosse surprise de Grisaia no Kajitsu est dissimulée dans la route d’Amane qui, pour le coup, effectue un virage magistral en traitant d’un thème radicalement différent du reste du jeu. Après une première partie comique infestée de scènes de sexe, Yuuji est invitée à lire le journal de la jeune fille pour en découvrir plus sur le grave traumatisme de son passé qui les lie de manière surprenante. Cependant Angelic Howl n’est pas parfait pour autant et souffre de nombreux déséquilibres. Rien qu’au niveau de la structure narrative, les deux premiers jours du flashback sont très longs par rapport aux autres, et servent majoritairement à présenter les protagonistes malchanceux de cet évènement. La suite est tout aussi mal gérée dans le sens où la situation est censée se dégrader, mener ces gens à leur mort, et pourtant ils semblent rester parfaitement calmes jusqu’à la toute fin où ça explose brutalement dans tous les sens et pas forcément de manière très subtile (l’illustration finale d’Angelic Howl est assez grotesque).

 

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Dommage que les autres n'aient pas de yukata aussi.

 

\!/ Spoilers \!/

Pour entrer plus précisément dans les détails sur ce qui ne fonctionne pas, je vais devoir spoiler un peu. La chute du bus où se trouvait Amane et la sœur de Yuuji est l’occasion de nous présenter une nouvelle héroïne en la personne de Kazuki, décrite comme un leader charismatique, un génie, et surtout la seule capable de sauver le club de basket de leur destruction certaine. Or elle se montre plutôt inhumaine ces fameux deux premiers jours (du genre à dire à une fille blessée que si elle avait un animal de compagnie un jour, elle lui donnerait son nom). J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à m’habituer à sa voix qui avait une sonorité désagréable. Mais bref, on fait confiance à ce génie, à ses compétences. Sauf que la résolution permettant à Amane de s’enfuir est bardée de faille scénaristiques. Kazuki savait comment s’enfuir (quand ? comment ? pourquoi ?) mais n’a jamais essayé de convaincre les autres de la suivre. Pire, elle a volé et caché de la nourriture au tout début du jeu pour l’escapade qu’elle avait prévu. Et la fuite finale est justifiée de manière assez bancale par un « ces personnes ne se comportent plus en êtres humains dignes, je n’ai donc plus aucune raison de les sauver, on se casse, on les laisse se démerder ». Le tabou moral qu’elle soulève est juste mais un tantinet arbitraire : n’a-t-elle pas décapité le cadavre du chien d’une de ses camarades (sous ses yeux) pour permettre à la troupe de le manger ? J’aurais donc aimé un peu de développement autour du tabou, qu’il soit exploré en profondeur et non catapulté vite fait.

 

Autre détail embarrassant : comment un génie à l’immense QI comme Kazuki peut-il mettre autant de temps  à comprendre que la fille aux jambes cassées est incapable d’aller se soulager ? C’est de la logique pure !

 

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Je ne vous montrerai pas le contenu d'Angelic Howl, histoire que ça reste une surprise.

 

En parlant de logique, je reste un poil sceptique sur le fait que toutes les filles soient restées aussi longtemps dans le ravin alors que leurs jours étaient comptés, de même que leur folie soudaine et l’accueil peu chaleureux que reçoit Amane en tant que survivante, mais ça faisait quand-même sens, aussi je ne perçois pas Angelic Howl comme  une mauvaise histoire, bien au contraire, mais force est de constater que la version de Fujisaki du thème « Sa Majesté des Mouches » est traitée de manière assez…fade. Le club de basket possède des tentes et de la nourriture, il y a de l’eau dans les alentours, tout est presque trop facile au début, trop proche d’une virée camping. C’est particulièrement frappant si on compare Grisaia à Limit de Keiko Suenobu, qui est un manga aux prémisses similaires mais où les premiers instants des survivants paraissent bien plus périlleux, aussi bien physiquement que mentalement. La mort brutale d’une partie des personnes transportées par le bus fait bien plus de sens parce qu’on voit à quoi ressemblait l’amie de l’héroïne et en quoi son décès est un choc. Avec Angelic Howl il y a finalement trop de survivants dès le départ et ils restent trop calmes trop longtemps. Certes, le scénariste instille des pastilles de doute ça et là mais elles n’aboutissent pas réellement à instaurer la tension : on nous dit que des objets ont été volés mais il n’y aura aucun focus sur la culpabilité du coupable (dont on ignore l’identité) ni sur ce que ça entraîne chez les autres, c’est trop vite mis de côté. De même, il y a un personnage dont on ignore la position idéologique au moment où Kazuki sépare le groupe en deux camps (les « humains » et les « monstres »), et on n’aura jamais l’occasion de vivre les derniers moments de ceux ayant péché. Leur agonie, leurs remords, s’ils se sont entretués, déchirés, tout ceci reste dans l’ombre, alors même que c’est le thème clé d’Angelic Howl, créant du même coup une grosse frustration.

\!/Fin spoilers \!/

 

Clairement, j’attendais beaucoup de ce qui m’avait été vendu comme la meilleure partie du jeu et j’ai été légèrement déçue. Fort heureusement, les fins d’Amane sont toutes les deux très intéressantes, ce qui permet de finir sa route en beauté. La bonne fin est douce-amère, avec le plus gros bond temporel de toutes les branches, et la mauvaise apporte des informations sur le sort de Kazuki qui mènent directement à spéculer sur l’opus suivant.

 

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La fille qui ne savait pas dire non… (Sachi)

A peu près aussi longue que la route d’Amane (une douzaine d’heures), celle de Sachi prend cette fois un tour plus classique mais ô combien efficace : le drame personnel. Le scénariste en charge possède un style assez proche de celui de Fujisaki avec une bonne mesure de scènes comiques, ce qui tranche moins que les deux autres dont je parlerai ensuite. Il s’est également évertué à garder autant que possible les interactions avec les autres héroïnes, ce qui est très agréable dans le sens où ça donne à Mihama Gakuen l’atmosphère d’une grande famille un peu déjantée mais pleine de bonnes intentions et ce jusqu’au bout. En outre, il joue plutôt bien avec le mystère du comportement de Sachi et sait admirablement bien trancher dans le vif de l’émotionnel avec son écriture.

 

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Sachi dans toute sa gloire =')

 

Néanmoins la route de Sachi s’éternise beaucoup, justement à cause de cette sale manie propre aux charage de décrire par le menu les journées typiques des personnages heure par heure, seconde par seconde, en n’omettant rien des repas qu’ils prennent ou des courses qu’ils vont faire (ce qui est assez irritant). Le scénariste ne s’en sort pas trop mal en arrivant à rendre des évènements insignifiants utiles à l’intrigue mais la lassitude pointe tout de même régulièrement son nez. D’ailleurs, la route de Sachi est à cet égard la plus proche de ce que l’on pourrait attendre dans un charage…avec les inconvénients que cela présente. Ainsi Yuuji et Sachi sont liés par la puissance du deus ex machina, via le trope de l’amie d’enfance, et nos deux tourtereaux font la sourde oreille à leurs sentiments, tout en se tournant autour, avant de finalement se jurer un amour éternel. Rien de bien original mais l’exécution étant très bonne, on ne parvient même pas à se plaindre. Et l’amour des requins de notre maido nationale est juste trognon, c’est difficile de ne pas craquer pour son innocence...

 

Les fins sont satisfaisantes avec un côté un poil paresseux mais cohérent pour la mauvaise.

 

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La fille qui en faisait trop… (Michiru)

Toujours dans la veine du charage, la route de Michiru se montre tout aussi centrée vers le drame personnel de l’héroïne, en écartant cette fois davantage les tiers (sous des prétextes parfois frivoles ; Yumiko, je pense à toi). Le gros talent du scénariste en charge a été ici de livrer une branche extrêmement bien équilibrée et bien dosée : l’usage des ellipses (enfin !) permet un rythme beaucoup plus fluide, donc beaucoup plus agréable. Les farces de Michiru sont toujours aussi amusantes et on apprend peu à peu à soulever le voile pour comprendre sa souffrance, ce qui a été fait avec brio. Je ne m’attendais pas à ressentir grand-chose pour un personnage aussi ridicule et pourtant, Michiru a réussi à m’émouvoir et à me prouver qu’elle avait plus d’une facette.

 

Là où ça se corse c’est que la route de Michiru possède une romance absolument désastreuse. Yuuji semble ne rien en avoir à foutre d’elle, l’humilie et la moque en permanence, et d’un coup, sans aucune transition, il déclare être super amoureux, ce qui n’est pas crédible une seule seconde. On ne sent aucune alchimie entre eux, ce qui est d’autant plus dommage qu’il y avait du potentiel.

 

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Certains ont critiqué l’évolution un peu fantastique de la route de Michiru mais ça ne m’a pas dérangé plus que cela, je trouve que ça s’intègre encore à l’univers sans le remettre en question. Là où j’ai été dubitative c’est devant l’épilogue de la bonne fin, qui jusque là était assez bonne : le happy end se transforme subitement en comédie romantique à base de plan à trois, ce qui est très mal placé. Le personnage concerné par ce triangle amoureux soudain est dans une situation difficile qui pose beaucoup de questions éthiques, jusque là évoquées de manière sérieuse, aussi j’ai été déçue de voir un tel revirement de situation se pointer au moment même où l’intrigue était clôturée de manière satisfaisante.

 

La mauvaise fin est traumatisante. Colocataire en fait encore des cauchemars. Paix à son âme.

 

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L’oiseau bleu (Yumiko)

Yumiko est sans nul doute l’héroïne la moins aimé de tout Grisaia, ce qui explique en partie le peu d’enthousiasme des critiques pour sa route. Malheureusement pour moi qui préfère Yumiko (cooldere FTW), le scénariste qui s’occupait d’elle n’est juste pas très bon. La branche reste courte (une dizaine d’heures) grâce à l’utilisation d’ellipses et il y a plusieurs bonnes idées, seulement elles ne sont pas exploitées de manière satisfaisante.

 

Rien que le point scénaristique censé faire se mouvoir l’intrigue dégouline d’inconsistances et la routine qui s’en suit (Yuuji accompagne Yumiko près de la rivière, un méchant apparait, il lui pète la gueule) est affreusement inintéressante. La description du passé de la jeune fille aurait dû être un moment émotionnel fort et malgré ma grande sympathie pour l’héroïne, je n’ai pas réussi à pleurer, ce qui est mauvais signe. L’intérêt du lecteur ne se réveille réellement que lorsque le statu quo est brisé et que l’on bascule vers la seconde partie. A alors lieu le deus ex machina le plus ridicule du monde comprenant une sombre histoire de poulet rôti (j’aurais voulu blaguer…). Difficile de prendre au sérieux l’intrigue dans un moment pareil. Le scénariste a alors la bonté de nous couper les scènes qui auraient pu être pertinentes (genre la construction de la relation entre les deux héros) pour les remplacer par des scènes de sexe. Joie, félicité, bonheur…

 

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Yuuji est trop awesome pour la perspective X).


L’intérêt finit bien par revenir, heureusement, mais là encore je me suis retrouvée face à des passages émotionnels forts sans réussir à verser la moindre larme malgré toute ma volonté, ce qui me donne vraiment l’impression d’un petit gâchis. Quant à la conclusion, elle est au fond beaucoup plus satisfaisante dans la mauvaise fin qui reste sobre, réaliste et non-manichéenne, là où la bonne fin nous balance à nouveau un deus ex machina pourri (du genre « J’avais tout prévu depuis le début, mouhahahah ») dont on se serait bien passé. En soi je n’ai pas détesté la réconciliation familiale de la bonne fin mais, étant bien placée pour dire qu’on ne résout pas certains problèmes familiaux si facilement, j’aurais préféré qu’on ne claque pas des doigts. Et bizarrement, j’ai largement préféré voir le père de Yumiko en antagoniste que la mère de Makina dans la route de cette dernière, justement parce qu’il avait une histoire à raconter et qu’on avait le droit à son point de vue.

 


 

Et la punition dura pour toujours…

Maintenant que le rapide tour des différentes routes a été fait, j’aimerais évoquer plus en détails ce qui fait que j’ai été déçue par Grisaia no Kajitsu, car l’ensemble du visual novel possède un problème supplémentaire. Yuuji a été crée pour être un héros badass en opposition aux gentils protagonistes de harem sans saveur, afin que le lecteur le trouve cool, on a donc décidé de faire de lui une sorte de gentleman cynique : il ne respecte,  ni les ordres de JB, sa supérieure hiérarchique, ni ceux de Chizuru, la principale de l’école ; il ne s’abaisse pas à la galanterie ou à baver devant une fille ; il agit de manière extrême et brutale (old school) parce que c’est ce qu’il préfère. La conséquence à ce comportement au dessus de tout c’est que Yuuji insulte les femmes autour de lui en permanence. En permanence. La seule fois où on le voit interagir avec un homme, c’est le père de Yumiko et il reste courtois. Le reste du temps, il insulte.

 

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Chizuru reçoit régulièrement des piques plus que douteuses, notamment sur sa vie sexuelle.

 

Ainsi une bonne partie des « blagues » du jeu consiste en Yuuji se comportant comme un connard. Pour répéter à Amane pour la cinquantième fois que c’est une salope parce qu’elle aurait des envies. Pour se moquer des femmes plus âgées (JB et Chizuru) qui commettent le vice de rester coquettes malgré leur âge. Pour humilier Michiru parce qu’elle est conne. Pour se foutre de la gueule de Yumiko qui fait sa fière mais qu’on sait qu’elle a des faiblesses parce qu’elle est humaine. Et quand ce n’est pas Yuuji, c’est Sachi ou Makina qui s’y mettent à sa place, reproduisant le même schéma. Personnellement, je déteste ce genre d’humour offensif, aussi la répétition pendant 80 longues heures de ces « blagounettes » m’a rendu particulièrement blasée. J’avais juste envie qu’on arrête de me balancer qu’Amane est une salope et qu’on foute la paix à sa sexualité (réelle, comme présumée). Mais ça n’en finissait jamais. Ou alors c’était une énième blague sur le viol qui venait remplacer la diatribe habituelle. Si certaines étaient passables, d’autant m’ont rendus mal à l’aise.

 

Shut up, bitch !

Plus généralement, les héroïnes sont présentées comme des personnes faibles qu’il faut aider contre elles-mêmes et seul Yuuji a assez de bon sens et de rationalité pour contrer leur émotivité débordante. Quitte à se comporter comme le pire des connards. Je pense à la route de Michiru où il se montre particulièrement peu compréhensif à son égard et lui offre des cailloux lors de leur premier rendez-vous (une attitude d’autant plus lamentable que l’on apprend que Michiru les a gardés précieusement). Je pense à la résolution du conflit de la route de Sachi où il a le culot de lui dire « Regarde, tu viens de détruire tout ce que tu aimais en quelques secondes » après l’avoir poussé à appuyer sur la détente. Je pense aux scènes de sexe de Yumiko où l’humilier l’amusait beaucoup. Et il y a bien d’autres exemples.

 

grisaia-14.jpgYuuji est trop awesome pour t'écouter, femme !

 

Evidemment, Grisaia n’est pas un cas isolé en la matière, je pense notamment à Gleam Garden no Shoujo qui possède une thématique extrêmement similaire et dans lequel le héros se retrouve, tout comme Yuuji à devoir protéger les héroïnes contre elles-mêmes : c’est ainsi qu’il envoie un coup de taser à la première pour l’empêcher de  devenir berseck, puis la plaque contre le sol pour la maîtriser, et qu’il culpabilise la deuxième en cassant un à un ses doigts devant elle pour l’obliger à changer d’avis. Elles tomberont follement amoureuses de ce comportement si peu effrayant grâce à la logique du joyeux monde des eroges, ne vous inquiétez pas. Cependant tous ces moments, dans Gleam Garden no Shoujo comme dans Grisaia, ne contribuent pas à créer une relation heureuse avec l’héroïne sélectionnée et en gâchent la portée émotionnelle.

 

D’ailleurs les problèmes psychologiques des demoiselles sont extrêmement confortables : Sachi comme Amane sont réduites à des sortes d’esclaves volontaires, tellement dévorées par la culpabilité que seul le fait de servir un homme peut les soulager et Yuuji en profite pleinement. Dans la route de Sachi, notre cher protagoniste désire la délivrer pour qu’elle redevienne elle-même et arrête de se comporter comme un robot parfait, mais pensez-vous, toute la maisonnée est quand-même drôlement contente que Sachi soit suffisamment remise pour passer le balai dans le dortoir, parce que c’est tellement mieux lorsque le ménage est fait avec amour (véridique). Au secours, quoi… Pareil avec Amane, qui a besoin d’exaucer les moindres souhaits de Yuuji (faire la cuisine, le linge, le sexe) pour se sentir bien, on pourrait croire que le concerné voudrait remédier aux effets de son traumatisme plutôt que de profiter des services gratuits qu’elle propose, mais bon.

 

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Heureusement que Sachi-femme-de-ménage est là pour passer le balai, quelle parfaite waifu !

 

Makina comme Yumiko sont des victimes innocentes d’une lourde histoire familiale avec un méchant bien déterminé. Mais, fort heureusement, dans ses deux fins, Yumiko arrive à devenir une ménagère parfaite (alors qu’elle avait du mal à cuisiner auparavant) et dans la bonne, le couple peut même vivre dans un manoir, si c’est pas la vie rêvée, ça… Reste Michiru qui possède un problème bien plus insoluble mais grâce aux retournements scénaristiques, ça finit en plan à trois, que demande de plus le peuple ?

 

Et si je commence, je vais vite devenir intarissable sur les scènes de sexe et expliquer de A à Z pourquoi c’est mauvais. Fujisaki doit avoir un fétiche de la golden shower parce qu’il y en a constamment dans les routes de Makina et d’Amane. Il se rattrape en proposant une façon très intéressante de présenter le H dans la seconde mais gâche vite le potentiel avec des lignes de dialogues ridicules. Entre le « baby time » de Makina et le « il me fesse, ça me rappelle quand j’étais petite et que mon père me… » d’Amane, il y a de quoi facepalmer. Mais même sans ça, les scènes sont bourrées de mythes et d’approximations. Je pense que je devrais en faire un article consacré tellement il y a matière à évoquer…

 

 

La folie des gadgets !

Un point positif propre à Grisaia et qu’on ne retrouve pas forcément dans n’importe quel jeu c’est le fourmillement d’options disponibles dans les menus. L’interface, très classe, très sobre, est vraiment parfaite, avec la possibilité de régler quelle héroïne va vous demander si vous voulez sauvegarder ou quitter le jeu (et on peut débloquer le chat en finissant la route de Michiru !). Quant aux bonus, on retrouve les classiques, type galerie d’images, un replay des différentes scènes du jeu, un replay des scènes de sexe (entre 2 et 5 par héroïne, vous aurez de quoi vous occuper) et un jukebox très complet, mais il y a également quelques nouveautés bien sympas. Je pense à la possibilité de revoir les vidéos (avec les trailers promotionnels débloquables) mais aussi des tas d’artworks exclusifs et des icônes, trouvables une fois la route d’une héroïne terminée.

 

grisaia-bonus.jpgNon, je ne montrerai pas les wallpapers "perte de virginité"...

 

Le prix du bon goût reste à décerner aux wallpapers « perte de virginité » qui vous permettront de visualiser le sprite nu d’une fille par-dessus la CG de la scène de sexe où elle perd sa virginité, le tout avec une moue embarrassée. Qui ne rêvait pas d’afficher une image pareille sur son écran, merci Frontwing !

 

Fruit délirant

Le jeu ayant une renommée certaine, je m’attendais à une œuvre poignante et épique. Le souci c’est que, comme je l’ai mentionné, le visual novel essaye de mélanger des choses très différentes tout en étant terriblement, terriblement long, ce qui est une vraie plaie. En tant qu’œuvre poignante et épique, Grisaia no Kajitsu ne peut pas être satisfaisant puisqu’il y a encore deux visual novel après et qu’il est impossible d’avoir un aperçu global de la trilogie pour l’instant. Là où Ever17 m’a donné l’impression d’avoir obtenu quelque chose en échange de mes 50h de jeu, Grisaia m’a laissé sur ma faim, frustrée. Je pense que rajouter un épilogue qui fasse le pont entre Kajitsu et Meikyuu aurait été primordial pour éviter ce type de sensation.

 

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Que retenir de cette longue critique ? Que Grisaia no Kajitsu n’est pas un mauvais visual novel, loin de là, mais qu’il s’agit davantage un chara-ge que d’autre chose. Et comme tout chara-ge, son intérêt pour le lecteur dépend uniquement de l’attachement aux héroïnes, il n’y a pas d’intrigue véritable une grande partie du temps, seulement du tranche de vie marrant avec quelques passages un poil plus sombres/tristes. En somme, rebroussez chemin si vous vous attendre à de la grosse substance scénaristique (moi qui adore la caractérisation psychologique, je n’ai pas grand-chose à me mettre sous la dent) mais si vous voulez un chara-ge plus sérieux et moins superficiel que d’habitude, Grisaia est un très bon choix.

 

Reste à savoir ce que donne le reste de la trilogie. Kajitsu était-il nécessaire sous cette forme à la bonne marche de la saga ? La suite sera-t-elle épique ? Seul l’avenir nous le dira.

 

Edit : un début de réponse avec mon article sur Grisaia no Meikyuu.

 


 

Ordre de lecture conseillé : Vu qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution, ça va surtout dépendre de vos habitudes personnelles. Ceux qui veulent garder le meilleur pour la fin peuvent achever leur lecture par Amane. Ceux qui veulent se débarrasser des pavés de texte peuvent commencer directement par Makina. Ceux qui veulent que la qualité augmente progressivement peuvent débuter avec Yumiko. Ceux qui hésitent à poursuivre peuvent commencer par une héroïne qu’ils aiment bien avant d’attaquer une route scénarisée.

 

Pour ma part je me suis mise d’accord avec colocataire pour faire Sachi > Yumiko > Michiru > Makina >Amane , et ça m’a paru pas trop mal, même si intervertir Yumiko et Sachi aurait été un poil plus pertinent. En un mot comme en cent : faites comme vous le sentez 

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 22:59


Homeward

Samu-kun (Love in Space)

Durée : Environ 5h

 

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 Un an après une bêta sortie en mai 2011, à laquelle je n’ai pas joué, débarque la version finale de Homeward, un nakige amateur pensé et élaboré par une seule personne. Je me rappelle avoir été intéressée par le projet en tombant sur le blog de son auteur, bien avant que la dite bêta ne soit publiée, parce que celui-ci décrivait son récit comme quelque chose qu’il avait vécu et éprouvé le besoin de raconter. Et puis, le temps a passé, j’ai oublié, pour finalement observer la sortie de loin avec indifférence et il a fallu que mon sbire numéro 3 me fournisse le lien de téléchargement sur un plateau pour que je m’y mette. Malgré la disparition de ma curiosité initiale, j’avoue que j’avais toujours un peu envie de voir ce que donnerait une formule aussi clairement japonaise réalisée avec une touche occidentale. La réponse est...la réponse est dans l’article que voilà, ce serait trop facile si je devais résumer mes impressions en 3 syllabes, non mais ho 8).

 

L'opening. Vu qu'il fait planter le jeu, autant le regarder directement sur Youtube

Richard – Riku – Saionji, fils d’ambassadeur, est trainé à travers le monde en permanence, aussi n’a-t-il jamais vraiment l’occasion de se faire des amis, faute de déménager à chaque fois que des relations commencent à se tisser. Ce détail qui aurait pu être anecdotique rend Riku renfermé et solitaire, du moins jusqu’à ce que, revenu au Japon après des années passées en Amérique, il croise à nouveau la route de Kitahara Nonami qu’il avait rencontré quand il était gamin. Nonami ne l’a pas oublié et à son contact, il sympathise avec une autre demoiselle de sa classe, Nakamiya Haruka. Comme si ça ne suffisait pas, s’ajoute à la fête Sora, sa petite sœur perdue de vue dont il doit à présent s’occuper. Avec ces trois présences à ses côtés, Riku surmontera petit à petit sa solitude...jusqu’à ce que l’inévitable pointe le bout de son nez.

 

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Non, pas le dinosaure mecha, malheureusement, ça aurait fait un scénario awesome !

 

Homeward se découpe alors en deux parties : une première partie plutôt tranche de vie où on suit le quotidien de Riku qui doit réapprendre les us et coutumes japonais et qui fait un peu office de branche principale, puis une seconde partie de type dramatique qui change selon l’héroïne choisie. Les choix n’étant essentiellement présents que vers la fin de la première moitié, il n’y a qu’une fin par héroïne et probablement une bad end générale supplémentaire (si j’en crois les 2 variations de CGs que je n’ai pas encore débloqué) mais je n’ai pas eu envie de la tester et ne pourrait donc confirmer.

 

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Nonami, juste Nonami...

 

Ce qu’on remarque d’emblée avec le scénario, c’est qu’il est extrêmement classique dans son déroulement. Tous les stéréotypes trouvables dans un anime quelconque s’y comptent à la pelle : on a une virée dans un combini, des activités de club, le voyage à Kyoto, le voyage touristique de la Golden Week (mit gag impliquant du vent et une culotte, s’il vous plaît), des évènements sportifs inter-classes, un voyage à la plage (mit gag impliquant un maillot de bain) un festival culturel et un rendez-vous amoureux (ou pas) au parc d’attraction. Tout y passe, il ne manquait bien que le meilleur ami pervers pour que la formule soit complète. Les héroïnes n’y échappent guère : Nonami est l’archétype même de la genki girl un peu bête mais sportive et avec un cœur d’or qui ne sait pas bredouiller un mot d’anglais(et c’est accessoirement l’élément comique principal) , Haruka est l’archétype même de la gentille déléguée de classe maladroite et bonne cuisinière qui rougit pour un rien mais que tout le monde décrit comme la femme parfaite (d’ailleurs, son grand rêve dans la vie c’est d’être femme au foyer, bonjour l’ambition), Sora est l’archétype même de la petite sœur tsundere à couettes qui aime fort son grand-frère sans jamais vouloir le lui montrer avec en bonus un penchant cooldere et hikkikomori, et comme si ce n’était pas assez attachant comme ça, elle se balade toujours avec une grosse peluche de tanuki. Le protagoniste lui-même est un protagoniste d’eroge lambda : il manque cruellement d’initiative et de personnalité, se montre hésitant et change finalement d’avis comme de chemise tout en faisant tomber le cœur de ces dames. Le chara-design de tout ce petit monde n’est en outre pas des plus inspirés.

 

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Z'avez demandé un moeblob ? Haruka à la rescousse !

 

Et c’est là le premier défaut d’Homeward, à mon sens : tout y est cruellement prévisible. L’auteur n’a pas cherché à réinventer l’eau chaude, il le dit lui-même, mais la formule qu’il a choisie pour raconter son histoire ne reflète au fond qu’assez peu son vécu. Si l’on ne se renseignait pas un peu sur le jeu pour savoir que le scénariste a lui-même beaucoup déménagé et a narré certaines de ses aventures au Japon, il serait impossible de le deviner en lisant le VN ! Le style d’écriture est loin d’être mauvais, il est même fort sympathique, et certains gags et références d’animes (malheureusement trop rares) font sourire, mais le tout est d’autant plus dépourvu de saveur que la partie romance tombe trop souvent à l’eau parce que tout y semble forcé. On a d’un côté la route de Nonami qui sent un peu le remplissage en ce qu’elle est parsemée de scènes de rêve inutiles sortant de nulle part et de passages où le héros se retrouve seul avec Haruka (passages qui ne sont même pas dans sa propre route !), et de l’autre celles d’Haruka et de Sora qui tendent à tomber dans du drame digne d’un soap-opéra avec des retournements de situations parfois étranges parce qu’on se dit qu’ils n’ont pas leur place là (souvent à base de suicide ou d’adultère). Les conclusions des différents arcs sont très satisfaisantes et on ne s’ennuie pas pour autant mais le tout manque de personnalité. Cela se voit d’ailleurs dans certains petits détails, comme les expressions japonaises non traduites qu’emploient les personnages, par exemple (iinchou au lieu de délégué ou des onomatopées de type « oy oy » ou « mah »).

 

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C'est bien que tu parles d'Evangelion, Nonami, parce que je trouvais justement un vent de ressemblance entre Riku et Shinji...

 

Le second défaut...tient aux scènes de sexe. C’est un nakige, donc un jeu qui veut émouvoir, son but est donc tout sauf d’être un matériel masturbatoire. On pourrait alors s’attendre à une représentation réaliste de l’acte sexuel, sauf que tout est fait pour ruiner leur crédibilité. Le héros répète quasiment la même chose selon les routes, essentiellement des métaphores à base de chiots lapant du lait au moment où il embrasse sa copine et/ou lui lèche les seins (ce qui est complètement déplacé) ou une bonne centaine de fois le prénom de la demoiselle durant l’acte (ce qui fait tourner à vide les dialogues). L’acte en lui-même est complètement aberrant. Que le héros ait du mal à faire entrer son engin dans l’orifice de sa promise et glisse, ok, mais qu’il le fasse à chaque route et plusieurs fois, ça devient extrêmement lassant pour le lecteur (elle se lustre le vagin avec du savon ou quoi la madame ?). Mais si ce n’était que ça : pas de préservatif, l’organe génital féminin complètement effacé pour être remplacé par un vulgaire trou (même après labioplastie et rasage intégral de la pilosité, comme le font certaines actrices pornos, un sexe féminin ne peut PAS ressembler à ça, c’est anatomiquement impossible), absence de « préliminaires » (j’aime pas ce mot mais bon) vu que le héros embrasse sa copine, lui léchouillotte un peu les seins et lui introduit un doigt dans le vagin immédiatement après pour la pénétrer direct (Et les caresses, elles sont où ? Embrasser son corps, lui dire qu’elle est belle, faire monter la tension, c’est pas au programme non plus ? C’est pas un robot ou un sex-toy géant que t’as devant toi, hein...). Pour sa défense, Homeward arrive à faire des scènes de sexe un élément important du scénario. Il aurait été cependant bien plus agréable pour le lecteur comme pour l’auteur (surtout s’il ne sait pas dessiner d’appareil génital) de produire des images « soft », plus érotiques que pornographiques, comme l’a fait Katawa Shojo, par exemple. Certains HCGs sont bel et bien « soft »...mais pas tous, malheureusement.

 

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Le cast au complet. Vas-y, vend-nous du rêve, Sora !

 

Et puisque je parle d’erreurs d’anatomie plus que flagrantes, je suppose que je peux poursuivre sur l’aspect graphique. Je ne voulais pas plomber le VN sur ce genre de considérations mais il est vrai que les dessins, sans être laids, paraissent assez rigides (j’ai eu du mal à me faire aux expressions des sprites au début). Les quelques erreurs par-ci, par-là ne sont pas si gênantes en dehors des scènes de sexe mais elles demandent un petit temps d’adaptation. Reste que pour un jeu amateur aussi long, la qualité et la quantité d’images est raisonnable...jusqu’à ce qu’on arrive à la conclusion de la route de Sora où l’auteur, peut-être lassé de son travail après des mois de développement, commande un sprite et un CG à un artiste expérimenté (que certains habitués de la communauté Lemmasoft reconnaîtront) pour juste la scène finale, ce qui nous fait un bond dans la qualité graphique assez surprenant.

 

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Ce CG, oh mon Dieu, ce CG...

 

Du reste, il n’y a plus grand-chose à dire : l’interface est simple mais efficace tandis que la musique, composée de pistes libres de droit et quasiment toutes des boucles de piano, se montre incroyablement répétitive. J’ai fini par couper le son une bonne partie de mon temps de jeu parce que je ne supportais plus d’entendre les mêmes airs lourds et dramatiques de piano en permanence. Si c’était voulu pour instaurer une ambiance, je dois dire que le résultat est plus que mitigé. Sinon on peut lire les notes de l'auteur et visualiser des scènes coupées dans les bonus, ce qui est toujours agréable pour en connaître plus sur le processus créatif.

 

En conclusion, Homeward est loin d’être un mauvais VN et il fait passer un bon moment pour peu qu’on ferme les yeux sur les quelques défauts de la réalisation, or son manque d’ambition l’handicape cruellement. Le thème du déménagement permanent était intéressant mais étouffé par pléthore de stéréotypes dont un lecteur averti se passerait bien. De surcroit, l’auteur passe clairement à côté de sa cible lors des scènes explicites, ce qui est fort dommage parce qu’elles ne s’inscrivaient pas trop mal dans la trame scénaristique et auraient pu avoir bien plus d’impact.

 



Sugar’s Delight

Neko Soft

Durée : un peu plus d’une demie-heure

 

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Toujours dans la catégorie « eroge », j’ai testé Sugar’s Delight, qui date cette fois de 2011. Contrairement à Homeward qui visait surtout à émouvoir, ici il s’agit de fapper, purement et simplement. Le scénario tient sur un coin de mouchoir (oh, tiens, j’ai été virée de la maison par mes parents riches et une belle étrangère m’accueille sous son toit sans rien demander en retour et m’offre même un job, ça alors, que le monde est bien fait) et sert de prétexte à du yuri sur le thème des sucreries. Miam.

 

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En même temps, avec un uniforme pareil, comment veux-tu qu'elle n'ait pas de pensées sales en te regardant ?

 

Le jeu en lui-même est très court, ce qui fait que dès la présentation sommaire que nous fait Ichigo, l’héroïne, de sa situation, on saute dans l’humble pâtisserie nommée Sugar’s Delight qui est tenue par une jeune femme surnommée Chocoa (qui gère donc à la fois l’entretien d’une boutique et d’une maison sur la base d’un seul salaire, si c’est pas de la buisness woman, ça) pour découvrir leur quotidien (servir les clients en petite tenue, parce que c’est bien connu que toutes les boulangères vendent leur pain avec une mini-jupe pour appâter le chaland) et paf, scènes de cul aussi sec et de manière pratiquement ininterrompues jusqu’à la fin.

 

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Gaspillons nos ressources pour le bien de scènes de sexe, yeah !

 

Porn oblige, les personnages sont stéréotypés et peu intéressants et le déroulement suit un schéma ultra classique : d’abord scènes à base de chocolat et de gâteaux où Ichigo orgasme (deux fois), puis scène de douche où Chocoa orgasme, puis un moment d’hésitation avec happy ending coquin où les deux orgasment ensemble, wouais... Evidemment le récit pullule de mythes et de fantasmes courants dans ce genre de production. On peut évidemment citer la toute puissante pénétration, of course. Seigneur, les lesbiennes ont forcément besoin d’un substitut de pénis dans leurs relations sinon elles risqueraient d’avoir une sexualité qui leur est propre, manquerait plus que ça, tiens (sarcasme). Il y a les sexes où rien ne dépasse dignes d’actrices porno aussi. Et évidemment, le récit pullule d’approximations comme si l’auteur avait peur des mots ; on retrouvera ainsi le traditionnel « womanhood » à côté de « most sensitive place » pour remplacer des termes hautement choquants comme « vulve », « vagin » ou « clitoris » (sarcasme). Du coup les images sont au final bien plus osées que le texte lui-même qui reste assez timide.

 

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Quant à l’enrobage technique, il est plus qu’optimal. Les graphismes sont assez chouettes, la musique banale et l’interface remplit son job sans problème. Pour un nukige (VN orienté sur le sexe, à ne pas confondre avec le nakige de tout à l’heure), ce n’est pas trop mal même si Sugar’s Delight a très clairement été écrit par des hommes pour des hommes.  A réserver à ceux qui ont un fétiche pour le yuri...

 

...et qui veulent voir une fille se faire pénétrer par un gâteau ? Sérieusement, cette scène me fait toujours autant écarquiller les yeux. Le vagin d’une femme n’est pas un garde-manger, et si des bouts restaient coincés, hein ? Vous imaginez l’odeur du gâteau pourrissant quand l’héroïne se décide enfin à aller chez le gynéco d’urgence ? Bon sang, rien que d’y penser, ça me fait mal, y a vraiment des gens qui trouvent ça attirant de baiser un gâteau ?

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 11:00

Mon très long pavé sur la version complète de Katawa Shoujo voit enfin le jour pour me décharger de mes frustrations, de ma colère, de mon dégoût et de ma peine. J'ai signalé les spoilers quand il y en avait donc ça devrait être lisible pour tout le monde mais pas sûr...

 

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Hisao Nakai est un lycéen on ne peut plus normal jusqu'à une belle journée d'hiver où la fille de ses rêves lui déclare son amour. C'est malheureusement à cet instant précis qu'il fait une crise cardiaque et découvre par la même occasion qu'il a une arrythmie, une malformation du coeur, depuis sa naissance. Bien sûr il survit, sinon il n'y aurait pas d'histoire, mais reste alité à l'hôpital pendant quatre mois, oublié de ses anciens camarades, avant d’être envoyé dans un établissement un peu spécial accueillant uniquement des élèves « handicapés ». Il y fait très vite la connaissance des excentriques Misha, l’hyperactive, et Shizune, sourde-muette, déléguées de sa classe, de la timide Hanako, portant sur sa peau les stigmates indélébiles d’un incendie, de Lilly, aveugle, déléguée de la classe voisine, ainsi que d'Emi, la sportive sans jambes et de Rin, l’artiste excentrique sans bras, et enfin de Kenji, son voisin de pallier paranoïaque. Evidemment chacun d'eux possède un handicap et une personnalité propre qu'Hisao tentera de découvrir petit à petit.

 

 

Contexes
C’était en 2009, je venais de me plonger dans l’expérience visual novel avec des titres amateurs d’assez piètre qualité comme Moonshine ou des eroges frivoles comme les Come See Me Tonight, et mon seuil d’émerveillement était encore très bas, suffisamment pour m’extasier devant les plus petites choses. C’est à cette période que la démo de Katawa Shoujo est sortie, générant une attente immense. Un projet incroyablement ambitieux qui ne pouvait que me plaire. J’avais adoré l’Acte 1 disponible sur le web (mon post de l'époque est toujours disponible sur mon ancien blog). En 2012, date de la sortie finale du jeu, le contexte n’est plus le même.

J’ai avancé, j’ai goûté à des visual novel bien plus complexes (Ever17), bien plus élaborés (Yume Miru Kusuri), jusqu’à même rêver de sortir le mien un jour. Aussi ce n’est pas avec autant d’enthousiasme que j’ai accueilli cette sortie inopinée. Il faut dire que je ne suis pas la seule à avoir changé. En 2009 l’équipe de Katawa Shoujo prônait sur son blog de développement (que j’ai suivi assidûment) que le visual novel était un média dont on n’exploitait pas assez les possibilités et qui voulait montrer qu’on pouvait faire de grandes choses avec le moteur Ren’Py. Ils étaient les seuls. En 2012, plusieurs petits studios indépendants ont fleuris ça et là (WinterWolves, Sakevisual, Zeivac Inc, et bien d’autres qui se lancent progressivement), des visual novel amateurs sérieux on commence à en voir émerger de plus en plus, ce n’est pas le potentiel qui manque. Dans ce nouveau contexte, Katawa Shoujo débarque avec une double difficulté : en plus des problèmes techniques inhérents à la création de visual novel, la team Four Leaf doit satisfaire les attentes des innombrables fans et combler le fossé du temps par un coup de poker. Puisqu’ils ne sont plus les seuls dans la sphère anglophone, il n’y a pas trente six mille solutions pour marquer un grand coup : soit soigner l’enrobage au maximum, soit peaufiner le scénario jusqu’à la perfection. Avec du recul, le choix paraît évident...

 

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Branle-bas de combat, Kenji, nous allons braver la colère des fans !



Un pavé dans la mare

Katawa Shoujo se présente comme un pionnier, une des meilleures utilisations à ce jour du moteur de Ren’Py en matière de réalisation dans la sphère anglophone amateur. On oublie très vite l’utilisation de photographies retouchées en guise de backgrounds et les quelques erreurs de proportion lors de certaines illustrations quand on voit à quel point les sprites sont impeccables et les event CGs nombreuses et jolies (certaines sont d’une qualité à couper le souffle, je pense notamment à deux images très colorées, comme des aquarelles). Les personnages ont tous un grand nombre de poses et d’expressions, on les voit s’agiter avec un timing parfait, comme s’ils prenaient vraiment vie. La musique quant à elle est indubitablement de qualité ; certains morceaux un peu bourratifs ont tendance à passer trop souvent mais des pistes comme Parity, le thème dynamique de Rin, Concord, l’air de piano représentant Lily ou le mélancolique Breathlessly se faufilent vite dans un coin de notre tête pour s’y loger.

 

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Dois-je vraiment expliquer pourquoi certains event CGs sont à se pâmer ?


En outre le système est impressionnant et fourmille de détails : c’est ainsi qu’à chaque fois qu’on aborde un acte, une petite image apparaît sur le menu principal pour finalement le décorer tout entier. Je ne parle même pas des animations, car oui, Katawa Shoujo contient de courtes séquences vidéo déblocables assez facilement mettant en scène les héroïnes. Du point de vue technique, on ne peut qu’admirer le travail. La team Four Leaf nous livre un bijou en la matière.

 

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Le menu une fois le jeu complété à 100%


Une question de priorité
Vu comment mon texte se présente, vous le voyez venir, n’est-ce pas ? Ceux qui me lisent sur Twiter le savent déjà mais mes premières impressions de la version complète de Katawa Shoujo ont été absolument désastreuses, et même si j’ai réussi à avaler un peu les couleuvres qu’on me tendait depuis, je ne peux pas cacher qu’il m’est difficile de repartir du bon pied.

Alors le problème, quel est-t-il ? Je vais m’étendre dessus en long, en large et en travers mais il y a plusieurs choses à savoir pour mieux comprendre toute la difficulté de créer un visual novel. Je vous ai déjà décrit le revirement de contexte auquel doit faire face le studio Four Leaf, mais il faut aussi bien réaliser que plus d’une vingtaine de personnes ont participé activement à la création du jeu, dont pas moins de cinq scénaristes (un pour chaque route), ce qui rend la communication à l’intérieur d’une équipe, même soudée, très handicapante. Vingt personnes susceptibles de partir dans tous les sens à gérer, c’est juste un travail monstrueux et insoupçonnable, je dirais même plus que c’est un petit miracle que Katawa Shoujo ait réussi à sortir malgré ces conditions difficiles.

 

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Si le blog de développement a surtout fait état de l’avancement des images, on aura finalement eu assez peu de détails sur l’histoire en elle-même, ce qui n’est pas si étonnant avec le recul : puisqu’une personne différente s’occupe de chaque route, le jeu est déséquilibré. On passe d’un style à un autre, d’un univers parallèle à un autre j’ai presque envie de dire, et même si le tout aura sûrement été gommé, atténué, le handicap est trop important pour passer inaperçu : certains ne sont pas écrivains du tout et commettent des erreurs grossières purement littéraires, certains semblent ne pas savoir comment traiter leur sujet et improvisent, certains s’en sortent avec les honneurs. En somme, il aurait fallu virer des scénaristes de l’équipe pour assainir et unifier l’ensemble ; or il est bien évident que chasser un membre motivé parce qu’on sent qu’il écrit moins bien que soi est absolument terrible et que personne n’a probablement jamais osé le faire. C’est un sentiment que je comprends et pourtant le résultat est là : depuis le début, Katawa Shoujo était probablement voué à n’être qu’une prouesse technique. La priorité n’est plus l’histoire.

En tant que littéraire, en tant qu’écrivain amateur, ça me désole profondément car je suis de ceux qui oublient facilement les défauts s’il y a une bonne intrigue derrière. Au premier abord, j’étais presque furieuse devant la débauche de luxe que s’offrait Katawa Shoujo : Refaire entièrement l’opening à la main ? Embaucher Mike Inel (de Draw with me) pour des séquences animées ? Multiplier les paper-doll pour des personnages inutiles (au hasard...l’antiquaire qui apparaît 2 fois à tout casser juste pour vendre des trucs ou bien Miki et ses 10 lignes de dialogue) ? Multiplier les poses et les vêtements pour les personnages ? Proposer une masse d’event CG dont certains ne sont même pas nécessaires (l’intérêt de montrer l’anniversaire d’Hanako avec des cadeaux différents m’est définitivement obscur, je le crains) ? OH REALLY ? Je n’aime pas le superflu, je l’avoue, et je préfère nettement un visual novel simple et efficace, d’où une réaction étrange de ma part qui fait que je suis finalement déçue du polissage technique de Katawa Shoujo parce que j’ai l’impression que ces heures de travail auraient pu être utilisées ailleurs. Toujours cette foutue question de priorité...

 

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Maintenant que j’ai assez déliré en l’air, passons sur du concret et saignons-nous à blanc.

 



Métamorphe, je te choisis !

La principale conséquence de la diversité des scénaristes dans la team Four Leaf retombe sur la tête du personnage principal. Pour que chacun puisse tirer la couverture de son côté, il faut bien sûr qu’Hisao soit une véritable page blanche. Il n’a aucune personnalité, aucun but, aucun véritable passé, aucune caractéristique sinon son cœur défaillant (mais on ne crée pas une personne avec ça). Ce sont en réalité les choix du joueur (notamment dans l’Acte 1) qui vont modeler Hisao dans un sens ou dans un autre, à volonté : si le joueur veut poursuivre Emi, Hisao deviendra sportif ; si le joueur veut poursuivre Lilly, Hisao sera une feignasse faiblarde ; si le joueur veut poursuivre Hanako, Hisao sera une chochotte traumatisé par le moindre brin d’herbe pas en place ; si le joueur veut poursuivre Shizune, Hisao sera chiant mais bougera ses fesses. Dans tous les cas il ne sera jamais qu’une pâle copie de la fille qui l’intéresse, par une sorte de truchement justifié par sa nature « facilement influençable ». Cela facilite peut-être le travail de celui qui écrit mais ça rend surtout le personnage impossible à aimer pour celui qui lit. Hisao ne comporte aucun espèce d’intérêt, on ne sait rien de lui, il n’a rien à raconter. Parfois, il lance une boutade, au détour d’une phrase, mais c’est tout, ce potentiel ne sera jamais exploité pour faire de lui un blagueur ou un cynique. Comment, dans cette situation, en avoir quelque chose à carrer de ce qu’il vit ?

 

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Une parfaite métaphore de ce qu'est Hisao : une putain de tasse, vide, qu'on remplit à loisir.

 

De ce point de vue là, je ne suis pas non plus d’accord sur l’importance accordée aux choix : je les vois plus comme des dilemmes qui peuvent arriver occasionnellement, pas comme des messages méta-textuels censés dicter le comportement d’Hisao (Tu préfères rester sur le campus au lieu de batifoler en ville ? Tu es donc un castrateur, prend cette bad end dans la gueule). J’ai ainsi beaucoup plus apprécié l’unique choix de la route de Shizune parce que son importance me faisait hésiter, que la route d’Emi où bon et mauvais comportements sont si étroitement mêlés qu’on peut aller contre la volonté du scénariste et récolter quand-même le happy end en se rattrapant à la dernière minute.


Le masque de papier : Lilly
L’autre écueil dans lequel tombe Katawa Shoujo est que c’est un visual novel centré sur les personnages mais que les personnages eux-mêmes sont extrêmement peu développés. La seule chose que je désirais après l'Acte 1 c'était ôter les masques des personnages pour découvrir ce qui se cachait derrière. Mais ici le masque est la personne.

 

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L’exemple le plus éclatant en est certainement le personnage de Lilly, animée par l’écriture de Suriko, la belle Amazone comme on la surnomme, grande, cheveux blonds, calme et posée, toujours polie et souriante. Riche et de bonne famille, elle semble très populaire dans sa classe. Lilly est aveugle mais n’est jamais vexée quand on lui pose des questions sur son handicap et  ne semble guère gênée au quotidien. Autrement dit elle n’a aucune faiblesse. On aurait donc pu attendre de sa route que le masque d’élève modèle finisse par tomber et qu’elle montre au grand jour une nouvelle facette, plus torturée, plus hésitante, plus distante. Or ce n’est pas le cas. Lilly ne change pas, Lilly ne faiblit pas. Son histoire n’est rien de plus qu’une romance plus ou moins insipide où elle flirte allègrement avec Hisao et éventuellement où on discute un peu de ses origines (blonde = étrangère, je vous le rappelle). Le drame qui en découle est mal mis en scène, il semble forcé, cliché, la fin est absolument débile, la bonne fin n’ayant aucun sens et ne donnant même pas l’impression d’une conclusion satisfaisante de surcroît.
[spoil] Provoquer une crise cardiaque en courant après Lilly à l’aéroport pour empêcher son départ à la dernière seconde alors que tu as eu plusieurs jours pour lui en parler ? MAIS BIEN SUR, tous les jeunes gens sains d’esprit font ça. Pour les autres il existe des trucs appelés moyens de communications. Tu sais, genre parler, passer un coup de téléphone, ce genre de trucs complètements absurdes. [spoil]

 

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Si tu savais Hideaki, si tu savais...


Ne restent qu’Akira, la grande sœur de Lilly pour égayer un peu l’atmosphère et divulguer des informations concernant la relation orageuse de Shizune et Lilly ainsi que la condition d’Hisao, qui se révélera finalement le handicap le plus approfondi du récit même s’il est utilisé à des fins de deus ex machina absolument pas subtiles presque en permanence. Le reste n’est pas mauvais mais sonne creux. Lilly correspond à merveille à ce que E.M. Forster appelle un personnage plat (« flat character »), sans substance, c'est-à-dire un personnage qui n’évolue jamais ou ne possède pas de personnalité complexe. Mais elle est loin d’être la seule...


Incommunicabilité : Hanako
Tout comme Lilly, Hanako possède un masque de papier : c’est de loin celle qui possédait le passé comportant le plus de potentiel, potentiel qui tombe à l’eau rapidement ; il n’y a rien à voir derrière sa façade de moe-blob timide et docile, pas une once de personnalité.

Contrairement à la route de Lilly, entièrement tournée vers la romance pure et simple, celle d’Hanako est centrée sur du drame, du drame à fond, du drame tout le temps. Le problème c’est que ces scènes sont ridicules : il ne se passe rien, Hisao monologue en permanence sur combien il est désolé pour Hanako, combien il voudrait faire quelque chose pour elle et combien il ne lui en parlera jamais frontalement de manière calme et compréhensive parce que –you know- ça risquerait de faire avancer les choses. A la place il est obsédé par ses brûlures au point d’évoquer en permanence le terrible passé d’Hanako. Et j’ai trouvé ça particulièrement malsain au point de me sentir dégoûtée par cette route. A aucun moment, Hisao ne considère sa douce comme une jeune fille ordinaire, non, il ne voit que le handicap, encore et encore, il DOIT savoir, après tout cela ne fait que 2 semaines qu’il la connaît, il en a le DROIT, pas vrai ? La décence voudrait qu’il apprenne à connaître Hanako avant d’exiger ce genre de choses.

 

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Et c’est là que le bât blesse : les seules contreparties aux scènes dramatiques et lourdes sont des scènes proprement insipides de bavardage insignifiant (« Oh tiens, j’ai soif, je boirais bien du thé » « Tu as raison, moi aussi »  « Je vais le faire » « Non moi » « J’ai proposé d’abord »). Lilly et Hanako étant les deux personnages les plus plats du jeu et solitaires par-dessus le marché, les interactions sont extrêmement limitées. On ne sent pas de véritable lien s’établir entre les trois protagonistes, on ne sent pas une confiance, un refuge. Ce ne sont que de vagues connaissances.

 

Cette incapacité à bâtir une relation viable renie à Hisao ce droit qu’il proclame et plus encore, renforce l’incommunicabilité dont il fait preuve : on croirait parfois qu’il ne sait pas comment converser avec un autre être humain. Faire rire Hanako, discuter des livres qu’ils ont partagé –après tout c’est leur passion commune- tout cela fait partie du jeu nécessaire de la séduction. Dans aucune des routes Hisao ne se livre à cet exercice, il se contente de jouer au bon copain et d’attendre que la fille lui tombe dans les bras (gros scoop les gens, l’amour ce n’est pas comme ça que ça marche). Aussi les deux mauvaises fins sont au final bien plus pertinentes que la bonne : [spoil] Hisao est relégué dans la zone « pote », ça le corrige de son côté « prince charmant à la rescousse » ou alors Hanako libère un peu de la rage contenue en elle, rappelant brièvement tout le potentiel qu’elle aurait pu avoir si quelqu’un d’inspiré avait voulu raconter son histoire. [spoil] D’elle, on ne saura jamais que l’évidence même : elle a été prise dans un incendie. Une phrase, peut-être deux, laconiques, presque mécaniques, c’est tout ce qui servira à insuffler de l’émotion au lecteur. Comme si la situation par son évocation pure et simple devait le faire pleurer automatiquement et qu’il n’y avait pas besoin de construire sur cette base. Le reste du passé d’Hanako est vaguement décrit, cliché et ne renforce que davantage son rôle de petite fille fragile.

 

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Une parfaite métaphore du passé d'Hanako : une ébauche tellement simpliste qu'il n'y a que les contours


La bonne fin est ce que je juge le pire. Elle m’a insulté. Profondément. J’ai bien compris que l’auteur voulait subvertir l’aspect « demoiselle en détresse » mais il l’a fait de manière si maladroite que ça ne peut pas marcher. Non seulement Hisao ne corrige son obsession chronique et pathologique que par un brusque élan d’égoïsme (soi-disant) mais le résultat est catastrophique (paradoxalement c’est dans la route de Lilly qu’Hanako se sent le mieux).
[spoil] Non seulement il va coucher avec Hanako avant même de lui déclarer ses sentiments en abusant nettement de la situation (drôle de manière de respecter la fille que tu aimes), celle-ci révélera un peu plus tard qu’elle n’était même pas totalement consentante (donc tu l’as violée par-dessus le marché ?) mais en plus l’épilogue est d’une confusion assez aberrante. Hanako improvise totalement une excuse incohérente sur son comportement alors qu’elle n’en avait pas du tout besoin et Hisao vient la prendre dans ses bras de manière très protectrice (où elle est la subversion là ?) pour lui souffler qu’elle « peut changer ». Non, elle ne peut pas changer. Les gens ne changent pas. Pour changer, tu dois déjà avoir en toi la possibilité d’aller dans une autre direction, donc ce n’est pas un changement mais une forme de réalisation, de découverte de soi-même. Tu peux soudain réaliser que tu n’étais pas vraiment ce que tu croyais être, que tu te mentais à toi-même, que ta vie ne te convient pas. Tu ne peux pas être quelqu’un d’autre. Le scénario ne décrit jamais de potentiel à l’intérieur d’Hanako, de possibilités, elle ne se découvre pas elle-même, elle n’apprend pas à avancer. Tout le long de sa route, elle n’a absolument pas grandi, elle s’est juste légèrement socialisée. Il est donc déplacé de prononcer ce fameux « Tu peux changer » alors même qu’elle t’explique qu’elle restera toujours très timide, que c’est sa manière d’être et que ça risque de ne pas te plaire. Parce que ça sous-entend « Ton ‘toi’ actuel ne me convient pas, je ne reste avec toi que parce que j’espère que tu deviendras un jour celle que je veux que tu sois ». Et c’est exactement le préjugé que le scénariste essaye vainement d’inverser. [spoiler]

 

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Cette fin maladroite, pour ne pas dire plus, montre à quel point cpl_crud (il semblerait que ce soit lui l’auteur) a eu du mal à élaborer un développement psychologique qui tienne la route.

Un autre développement psychologique a été très nettement gâché, celui d’Emi.


Incommunicabilité : Emi
Emi était un des personnages que j’appréciais le moins de l’Acte 1 (paradoxalement j’aimais bien Hanako au début...au début) : sportive, hyperactive, superficielle, un peu loli sur les bords, bref tout ce qui peut m’insupporter chez un personnage. Pourtant sa route s’est révélée surprenante...de plusieurs manières.

Contrairement aux routes précédemment citées, ici TheHivemind a eu la bonne idée de s’appuyer sur une structure bateau mais ô combien efficace : acte 2 => romance, acte 3 => drame, acte 4 => réconciliation (ou pas). La lecture était donc plus respirable que dans le drama-drama-drama d’Hanako, mais comme ses deux compagnons, il a eu la très fâcheuse tendance à avoir recours à l’hyper-description (en gros, raconter exactement ce que l’image montre à l’écran et couper les phases de dialogue censées êtres dynamiques par des monologues qui racontent exactement ce que l’autre personnage vient de dire, juste trois fois d’affilée), ce qui, je vous l’avouerai, gâte la majorité de la narration.

 

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Emi s’éloigne un peu du concept de personnage plat dès lors que s’amorce la partie drame où elle arbore les prémices d’une psychologie intéressante, mais tout comme avec Hanako, deux ou trois phrases laconiques seront les seules fenêtres dont disposera le lecteur, ce qui est d’autant plus frustrant qu’il y avait vraiment moyen d’en faire quelque chose. A la place on aura le droit à une partie romance pas trop mal (les brèves apparitions de Rin suffisant à faire émerger des sourires en rafale) avec cependant un très net défaut dans la suite du déroulement : tout comme avec Hanako, Hisao se montre véritablement obsédé par sa promise de manière inquiétante. Il sait qu’Emi a perdu ses jambes dans un accident et comme avec l’incendie, il va remettre constamment le sujet sur le tapis à un point où il en devient haïssable et d’une imbécillité sans nom (si tu apprenais à écouter les gens autour de toi, peut-être que tu aurais tes réponses). Sa mentalité semble parfois frôler l’indifférence et la cruauté d’un enfant de 5 ans, c’est dire. Ce comportement poussé à l’extrême, combinée avec l’agressivité soudaine d’Emi rend la route presque aussi indigeste que celle d’Hanako en fin de compte (ce qui est dommage puisqu’il s’y passait réellement quelque chose). La subversion de la demoiselle en détresse ne fonctionne pas, pour des raisons purement littéraires, mais aussi par ce côté malsain : Hisao ne regarde jamais que le handicap d’Emi, ce qui ruine totalement la bonne fin puisqu’il continue d’agir de cette manière et s’en trouve récompensé.

 

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Le problème de cette route demeure en réalité le thème choisi pour Emi : les relations interpersonnelles. Un thème moderne et peu courant dans les visual novel que j’aurais sans doute mieux apprécié...si je n’avais pas déjà joué à Yume Miru Kusuri. En effet, c’est un des trois motifs qui y est abordé (un autre est l’ijime, ce qui rapproche Aeka avec Hanako d’une certaine façon) et il y est représenté dans toute sa complexité avec une grande finesse littéraire. Je pense que c’est cette proximité qui m’empêche de véritablement apprécier Emi. Celle-ci et Hisao ne sont au fond que des ersatz de Kouhei et de Mizuki Kirimiya. Peut-être que j’aurais eu un autre jugement si Katawa Shoujo était venu avant. Maintenant c’est trop tard.

 
Vacuité et manque de recherche : Shizune
Beaucoup estiment que la route de Shizune est la plus ennuyeuse, je dirais plutôt que c’est une sorte de microcosme illustrant les défaillances et les possibilités incombant au jeu. 

Commençons par la principale défaillance : la recherche. Je l’ai assez peu mentionnée auparavant mais les routes de Katawa Shoujo ont toutes ce côté flottant et un peu vague concernant le handicap qui montre à quel point les auteurs devaient être mal à l’aise sur le sujet (on ne peut guère les blâmer pour cela même si objectivement, ils se sont jetés dans les difficultés tout seuls). J’ignore s’ils ont rencontré des gens pour recueillir leurs témoignages, s’ils ont lus des livres, mais la façon dont est présenté Yamaku, l’institut spécialisé dans la scolarité des personnes handicapées présente un irréalisme complet. Passe encore qu’Hanako (et ses problèmes psychologiques lourds) soit livrée à elle-même, passe encore que l’infirmier laisse Emi dans la nature alors qu’il sait qu’elle l’évite depuis plusieurs jours parce que ses prothèses sont infectées, mais que quelqu’un m’explique comment Shizune peut avoir une vie normale si a) aucun membre de sa famille ne pratique la langue des signes, b) si le professeur ne sachant pas signer non plus, aucun accompagnant ne daigne lui traduire son cours et c) si la seule personne pouvant lui servir de traducteur est une autre élève enrôlée dans le langage des signes par pur hasard depuis un ou deux ans. Cette aberrance fait grincer les dents et coupe le réalisme dont se prévalait Katawa Shoujo jusque là, vidant du même coup le personnage de Mischa d’un potentiel qui aurait pu être encore plus grand.

 

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Si seulement Mischa avait gardé son ancienne coupe au lieu de ces cheveux bubble-gum hideux...


Les fans ont émis des théories très intéressantes quant à son handicap, sur le fait qu’elle sache si bien la langue des signes, et je trouve véritablement dommage que les scénaristes (dont Anonymous22 principalement) aient fait preuve d’autant d’entêtement. Il n’a jamais été prévu de raison à l’existence de Mischa au départ et corriger le tir m’aurait semblé naturel. Ceci dit, le personnage aura vraiment gagné en sympathie tout le long de son aventure. Dans toutes les autres routes, Mischa excelle, de manière assez surprenante, dans le rôle de la bonne copine qui te remonte le moral et donne des conseils. Ce qui fait qu’au final, quand j’ai entamé la route de Shizune, mon antipathie à son égard avait déjà disparu. Bien intégré, son arc aura réussi à la rendre moins superficielle, plus humaine, et à apporter un peu de drame de manière un peu maladroite mais convaincante.

Mais plus que tout c’est Shizune que j’ai appris à apprécier, comme une espèce de chieuse attachante. Ses nombreuses contradictions la rendent également plus complexe qu’il n’y paraît et l’on peut enfin entendre sa « voix » à elle lorsque Hisao décide d’apprendre la langue des signes, ce qui mène à des situations désopilantes où quelqu’un se fait son interprète et que le lecteur peut à loisir admirer le fossé entre la phrase originale, souvent incendiaire, et la traduction affable. Cette phase aurait dû durer plus longtemps et remplacer l’inutile partie où l’on découvre la famille de Shizune, des personnages secondaires inintéressants. Son père en particulier. J’ignore toujours s’il fait semblant d’être un enfoiré quand il se plaint que sa fille ne l’appelle pas (elle est SOURDE, comment veux-tu qu’elle se serve d’un téléphone ?).

 

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Traduire Shizune, tout un art !


En bref, si le thème choisi pour Shizune, la nostalgie au sortir du lycée (l'avantage de ce thème c'est qu'il englobe tout le reste de l'année, il y a donc des ellipses, ce qui rend davantage crédible l'amitié d'Hisao avec les deux jeunes filles), sonne comme du vécu et projette une lumière intéressante sur notre perception des personnages, sa route est malheureusement minée par un large inconvénient : la romance ne marche pas. Ou plutôt, devrais-je dire, elle n’existe pas. Même lorsque Shizune et Hisao sont censés sortir ensemble, ils ne se « parlent » pas de manière différente, ne s’embrassent pas, ne se prennent pas la main. Il y a juste une scène de sexe issue de nulle part au début et puis une autre toute à la fin. Pour un visual novel à tendance « dating sim » centré sur des histoires d’amour avec de jeunes filles handicapées, ça fait un peu tâche. En somme Shizune et Mischa fonctionnent paradoxalement mieux en personnages secondaires, en soutenant le héros.

 

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La lumière au bout du tunnel : le cas de Rin
Jusque là l’expérience Katawa Shoujo fut chez moi plus que mitigée. Entre les scénaristes qui veulent réellement développer le  handicap de leur héroïne (Hanako, Emi) et persistent vaille que vaille, quitte à échouer à livrer un véritable développement psychologique, une relation qui ait du sens, entre ceux qui ne sont pas à l’aise avec le handicap et décide de se forger leur propre thème mais peinent à le rendre vivant (Emi, Shizune), ceux qui se contentent de minimiser les pertes avec un développement stéréotypé (Lilly) et ceux qui abandonnent carrément l’idée de romance (Shizune), le scénario censé fonder la baser du visual novel s’est au bout du compte montré instable et vacillant. Heureusement, la route de Rin prouve qu’il est possible de trouver un équilibre. Dosée juste ce qu’il faut entre comique et drame, entre léger et philosophie, entre développement psychologique et intrigue, c’est, je le crois, la route la mieux bâtie du lot. Rin se révèle tour à tour tête en l’air, toujours à balancer des répliques aussi absurdes qu’irrésistibles, tragiquement indécise, prisonnière du présent, de sa propre abstraction. Elle n’est pas définie par son handicap et écope d’une véritable personnalité, complexe juste ce qu’il faut, et en même temps son handicap est instrumentalisé par son entourage de manière vraisemblable. Contrairement aux autres routes qui flottent les unes par rapport aux autres dans un espace-temps incertain, elle se colle parfaitement à celle d’Emi et s’en démarque par une structure similaire (présentation, conflit, résolution) mais mieux exécutée.

 

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Le thème de Rin est l’Art. Soumise à la pression de son professeur qui voit en elle un prodige, elle se voit proposer de participer à une exposition à condition de produire de nouvelles toiles. A travers cette situation simple sera développée une petite réflexion sur l’Art tandis que Rin s’en va en guerre contre elle-même, craignant et souhaitant à la fois de changer. Une équation dans laquelle vient se mêler un Hisao mélancolique qui essaye de trouver sa place quelque part et finit par se prendre d’affection de l’étrangeté de Rin. Emerge alors un espèce d’égoïsme très compréhensible qui rend soudainement notre héros plus humain, un égoïsme dont fait également preuve le professeur d’arts plastiques, personnage secondaire et admirablement esquissé. Certaines idées auraient pu être davantage développées ([spoil] notamment lorsque la jeune fille déclare vouloir s’auto-détruire comme une sorte de sacrifice pour l’Art [spoil]) mais globalement c’est tout ce que j’attendais de Katawa Shoujo : que l’héroïne raconte son histoire, que l’héroïne ait une histoire à raconter. Le scénariste, ici Aura, aura fait du très bon boulot.

 

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Petit point sur les scènes de sexe
Avant de conclure, rapide parenthèse sur l’aspect qui aura le plus fait parler du jeu : le sexe. Contrairement à ceux qui crient au sacrilège et à ceux qui tentent de l’excuser en misant sur le scénario, je serais assez neutre. Il faut dire que j’ai l’habitude maintenant, ça ne me choque plus vraiment. En l’occurrence le jeu n’utilise que des illustrations très soft. A part l’unique scène sensuelle d’Hanako, aucune ne montre l’emboîtement des parties génitales en fait. Comme dans tout bon eroge scénaristique, les scènes semblent parfaitement inutiles mais c’est un peu le principe. Généralement on ne dépasse pas les 2/3 scènes érotiques par personnage et il faudra un sacré paquet d'heures de lecture pour y arriver, ce n'est clairement pas un nukige donc. Petit bonus pour les récits d’Emi et de Lilly qui mentionnent (sinon utilisent) les préservatifs, c’est toujours appréciable. J’aurais aimé qu’il en soit de même dans les autres routes. Sinon rien à signaler sinon une scène dans la route d'Emi tellement bizarre que même l'auteur finit par la tourner en dérision (et c'est sans doute mieux ainsi).

 

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Rin à son meilleur : pendant les scènes de sexe des autres


Bilan
En conclusion, Katawa Shoujo n’a aucunement à rougir par rapport à tout ce qui touche le domaine technique : réalisation irréprochable, des graphismes excellents, de l’animation, une masse de travail impressionnante pour un résultat tout aussi impressionnant d'une bonne vingtaine d'heures de jeu. En revanche le jeu est à l’image de l’équipe qui s’en occupe : fragmenté. Les incohérences scénaristiques et graphiques s’oublient, les failles béantes l’intérieur de l’intrigue (ou devrais-je dire, des intrigues) en revanche ruinent complètement l’expérience, ce qui est plus que rageant. Je voulais aimer ce jeu, je le voulais vraiment, je voulais encourager Four Leaf pour leur boulot, mais au final seule la route de Rin sauve réellement le navire du naufrage et rattrape l’ennui des scénarios de Shizune et Lilly comme les grossièretés littéraires de ceux d’Emi et d’Hanako. Si l'équipe s'était davantage centrée sur l'humour, et il n'est plus à prouver qu'elle sait être drôle (surtout à travers Rin ou des personnages secondaires comme Kenji ou Akira) au lieu de se forcer sur le drame, le résultat aurait peut-être été différent. Au lieu de prouver qu'on peut vivre avec un handicap, le jeu prouve surtout l'incapacité de ses personnages à briser le mur de l'incommunicabilité, un obstacle irrationnel :  le refus de la compréhension.

 

Est-ce que je conseille cette oeuvre quand-même ? Oui, pour les connaisseurs du visual novel amateur, rien que pour apprécier l’outil qu’est Ren’Py à sa pleine puissance et les possibilités qu’il renferme. Oui aussi, pour la route de Rin, mais ce sera tout. Je pense qu’aborder un nouveau prisme de réflexion est essentiel : ne plus regarder le jeu comme une source de hype et un potentiel immense jamais vraiment exploité est très difficile, c’est pourtant sans doute ce qui aura le plus tué Katawa Shoujo...

 

En un sens, la victoire de la team Four Leaf est plus symbolique qu'autre chose : en mettant la barre très haut dans les standards de visual novel anglophone et en sortant un produit complet malgré l'adversité, l'équipe fait rêver tous les créateurs amateurs utilisant Ren'Py et encourage à toujours plus d'ambition et ça, on ne peut pas le leur enlever.

 


 

EDIT : Pas encore eu le temps de répondre aux commentaires mais j’en ai survolé quelques uns et je souhaitais apporter une série d’ajouts.

  • Le premier étant le terme de masque qui n’est bien sûr pour moi qu’une figure de style (littéraire oblige, j’aime bien employer des métaphores). Je n’entends pas par là que les héroïnes font semblant d’être ce qu’elles sont mais qu’elles se limitent à leur apparence. Pour être plus claire, un auteur (dont j’ai oublié le nom) a dit une fois qu’aucun être humain ne se résumait à son apparence, qu’il y avait toujours plus à voir. Or ce n’est pas le cas des personnages de Katawa Shoujo. Je ne leur demandais pas d’être hautement complexes, juste de comporter une deuxième facette pour compléter leur être superficiel. Et elles n’en ont bien souvent qu’une seule, surtout Lilly et Hanako, les autres remplissent plus ou moins ce critère. Ecrire un récit centré sur une héroïne monodimensionnelle et la rendre intéressante demande cent fois plus de talent et la team ne pouvait pas être à la hauteur d’un tel défi.

 

  • Le second étant, comme me l’a si bien rappelé Gen, la problématique de la différence. Katawa Shoujo traite de jeunes filles handicapées, donc « différentes ». La question qui se pose naturellement est donc « C’est quoi la différence, c’est quoi ce qu’on appelle normalité ? » et le jeu l’écarte totalement en dehors de la route de Rin. Je pense qu’une simple définition de quelques phrases, dans un des monologues d’Hisao ou à la place d’un dialogue inintéressant, aurait permis de rendre plus bien cohérent l’ensemble sinon apporter une nouvelle dimension.

 

  • Encore une fois, mes attentes n’avaient rien de transcendant, elles étaient même très basses pour ainsi dire. En m’attaquant à la version complète de Katawa Shoujo je voulais simplement que chaque héroïne me conte son histoire, aussi simple soit-elle. Et pour avoir une histoire à raconter il faut avoir un passé, des forces, des faiblesses, même si ce sont des notions très brièvement esquissées. C’est un minima de base de la littérature et je pense que ce n’était pas énorme de ma part même si, bien sûr, ma formation de littéraire me rend bien plus sensible au scénario que les individus lambdas qui, peut-être, se contentent volontiers de belles images. Une petite histoire sympa, ce n’était pas la mer à boire et j’ai par ailleurs chialé comme une madeleine devant Tokyo Alice, un visual novel amateur japonais, avec des photos en guise de background aussi, dont je n’attendais pas grand-chose non plus. Tokyo Alice n’a pas 20h de jeu à proposer ni des animations magnifiques, mais je me suis sentie plus proche du drame très simple de son héroïne que de tous les personnages de Katawa Shoujo réunis (même Rin que pourtant j’adore). Je crois que cela veut dire beaucoup. Le mieux est l’ennemi du bien...


Sinon je tiens à remercier les personnes qui ne se sont pas laissées aller au troll dans les commentaires et sont restées respectueuses, même si c’était pour opposer une opinion différente de la mienne (ce qui est normal). Je savais d’avance que critiquer Katawa Shoujo me vaudrait des remarques cinglantes mais je n’avais pas envie de me forcer à aimer quelque chose qui ne me plaisait pas ni de faire semblant de trouver le jeu génial à cause de son origine particulière. Je pense qu’il est plus important de rester fidèle à soi-même, quitte à être la seule à élever la voix.

 



Sinon l'Eroge Mix de janvier est sorti depuis quelques temps déjà. J'ai eu des soucis avec la vidéo : elle était normale quand je l'ai posté (après plusieurs essais désespérés) et quelques heures plus tard impossible de l'écouter sans que le son soit étrangement accéléré, depuis elle remarche correctement. A n'y rien comprendre. Dommage, surtout que c'est une super compilation cette fois, avec plein de Nitro+ (bon ok, c'est pas vraiment un eroge à la base, c'est un jeu de combat avec les héroïnes de plusieurs eroges, mais ça compte quand-même).

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 16:30

Eeeeeeeeet, comme prévu, j’ai pas eu le temps de finir ce que je voulais pour Noël (en même temps je m’en doutais, le boulot m’a crevé) donc ce sera la semaine prochaine ou celle qui suit, dernier délai. Il va falloir patienter encore un peu pour ouvrir le cadeau ! En attendant, petit apéritif.

 

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Saya no Uta / Kusarihime

 

Cela fait plusieurs mois maintenant que j’ai voulu m’essayer à un drôle d’exercice qui est de profiter de ma mélomanie excessive pour faire partager davantage de musique, toujours dans le domaine proche de la japanimation, notamment des morceaux que vous n’auriez sans doute pas cherché à écouter auparavant. L’abondante prolifération de visual novel offrait un terrain de jeu parfait et je me suis aussitôt engouffré dedans pour chercher, comme à mon habitude, des perles méconnues. D’où la création de ce que j’appelle « eroge mix » par facilité mais qui n’en est bien sûr pas un puisque je ne possède aucun talent en matière musicale. Ce sont juste de bêtes assemblages de bouts de musique dont la visée est surtout de constituer un aperçu global des meilleures pistes d’un Original Soundtrack. Le tout avec des images associées au jeu présenté parce qu’il faut bien combler le vide et que c’est plus agréable pour les yeux.

 

Août : Aka Primitive Part 1

L’OST qui m’a donné l’idée à la base. Je ne l’avais récupéré que pour son opening original et j’ai été charmée par les pistes douces, mélancoliques, planantes, dont certaines me font vraiment penser à Clannad. Le résultat est simple, épurée, mais très efficace. Mention spéciale à la cornemuse de Sunaji Koete.

 

Septembre : Aka Primitive Part 2

L’OST étant bourrée de chansons interprétées de surcroit par des artistes plutôt connues, j’ai pris le parti de couper en deux le medley au lieu d’en monter un trop long. En première ligne, Suna Gin, l’opening, où on peut entendre Ayana, et Desert Duo (Hiromi Sato & YURIA), mais aussi le morceau dédié à Shimamiya Eiko que je trouvais sympathique malgré son engrish forcené.

 

Octobre : Seiken no Fairies

Changement complet de style (c’était voulu) avec le compositeur a.k.a.dRESS (ave;new) qui a tendance à plutôt abuser de sonorités synthétiques. Le résultat n’est pas mauvais mais un peu bourratif parce qu’il ne sort jamais de cette méthode de composition. Se séparer de paradis et Chevalier me paraissent les meilleures du lot.

 

Novembre : Dances & Dragons [Dra + Koi]

J’essaye de ne pas abuser niveau titres de Nitro+ parce qu’ils embauchent vraiment de bons compositeurs et que j'ai tout le temps envie de placer un de leurs jeux mais c’est difficile de ne pas céder alors j’ai opté pour un VN moins connu de leur part qui comprend des thèmes superbes. On revient à une instrumentation plus équilibrée. No Answer est mythique.

 

Décembre : Subarashiki Hibi

Cela fait très longtemps que je souhaite tester ce jeu, qu’on me rapporte excellent et bourré de métaphysique (il ne m’en faut pas plus), le souci est qu’aucune équipe de traduction ne s’y intéresse, ce faisant il est impossible à découvrir pour une large majorité de personnes. Alors je me console sur la musique (dont je n’ai même pas pu avoir la traduction en romanji complète). Mention spéciale aux pistes planantes et mystérieuses mais aussi au thème effrayant qui me fait penser à Higurashi.

 

Pour Noël, j’en rajoute un : Grisaia no Kajitsu ~Le fruit de la Grisaia (si je vous dis que grisaia est censé être un mot de français, serez-vous capable de trouver lequel sans tricher ?)

 

 

L’OST en lui-même est uniquement composé de pistes très courtes n’excédant pas une ou deux minutes, d’où la brièveté du medley (si j’en crois la bande-son d’Utapri, c’est probablement une marque de fabrique d’Elements Garden). Le jeu a l’air extrêmement long et il m’intéresse aussi, je trouve assez original le fait d’associer chaque héroïne à un fruit, par exemple. A noter que certaines pistes sont étrangement familières. Ainsi Jumbo Fruit Parfait DX rappelle fortement le style de Yoko Shimomura, surtout dans ses compositions pour Kingdom Hearts lorsqu’elle illustre l’ambiance du pays imaginaire et Rock You ressemble à du Nobuo Uematsu lors des thèmes de combat de certains Final Fantasy (mais je serais bien incapable de dire lesquels).

 

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Un message subliminal se glisse dans cette image, sauras-tu le retrouver ?

 

Jusqu’à présent je n’ai reçu aucun commentaire concernant cette expérimentation donc j’ignore totalement si des gens ont pu découvrir de nouveaux morceaux et élargir leurs horizons, alors je me suis dis qu’il serait bon de forcer un peu la main. Pas que j’éprouve le besoin absolu de me sentir soutenue puisque de toutes façons je m’amuse bien à les fabriquer ces assemblages, mais je serais quand-même curieuse de savoir s’il y a des pistes qui vous ont intéressées.

 

...

Ah oui et bonnes fêtes de fin d'année à tous, évidemment...

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 01:35

(Je comptais encore parler d’anime mais puisque j'y suis, autant rester dans le domaine des eroges)

 

Musique

 

Après mûres réflexions et surtout beaucoup de découvertes musicales, j’en suis venue à trouver mon précédent top bâclé et il ne me convient plus du tout. Du coup j’ai pris le parti d’en refaire un puisque je sais que si j’édite mon ancien article, il n’aura aucune visibilité et que probablement personne ne s’en rendra compte.

 

GWAVE POWER

Ce qui a motivé cette réédition est avant tout une découverte, celle de GWAVE. Derrière ce nom bizarre et pas très évocateur se cache en fait une idée assez bienvenue, celle de rassembler tous les openings d’eroges d’une année dans des compilations. Il sort deux albums de ce type par an et ce depuis 2003, mais en légèrement décalé, c'est-à-dire qu’en décembre 2010 sortira 1st Grace qui comporte toutes les pistes de la première moitié de 2010 et il faudra attendre juin 2011 pour la seconde moitié. Evidemment, le problème majeur d’une compilation GWAVE c’est que la plupart des titres se ressemblent énormément (comme la plupart des openings d’animes actuellement j’ai envie de dire) et qu’écouter tout un album d’une traite donne la vague impression de s’enfiler des litres de soupe en intraveineuse (au propre comme au figuré). Par contre à petite dose, ça passe sans aucun souci et il y a tout de même quelques perles à dénicher ça et là.

 

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Si comme moi vous êtes tombés un jour, par hasard, sur l’opening d’un eroge, et en aviez des étoiles dans les yeux depuis tellement ça vous a plu  tout en sachant que vous ne trouverez la piste nulle part, GWAVE est la solution. Par ailleurs, il est étonnant de constater que pas mal d’artistes répertoriées ne sont pas des noms si inconnus que ça : d’Haruka Shimotsuki à Chata (mais oui la même qui chante la chanson des Dangos !) en passant par Mitose Noriko (qui interprête certains titres issus du jeu Ar Tonelico avec la même Haruk Shimotsuki ou encore Shikata Akiko) ou Fripside, c’est fou toutes ces chanteuses qui ont fais leurs débuts (ou font encore leur carrière) dans l’industrie de l’eroge.

 

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Rappel de l’épisode précédent

Donc voilà, les eroges ont parfois des openings franchement sympas et à part certains titres archi-connus (et surtout pour leur adaptation en anime), il est assez difficile de se procurer ces bandes-son (merci GWAVE de remédier à ça). Un article pas du tout inspiré de mes folles nuits à chercher partout comme une malade des musiques qui sont tellement pas connues que pour les avoir sur son MP3 va falloir se lever de bonne heure. Evidemment c’est un classement purement subjectif et qui se base presque uniquement sur la musique. Je rappelle à cet égard que je ne compte pas les openings qui sont entièrement « animés » parce que j’estime que dans ce cas, les eroges « normaux » seraient totalement défavorisés.

 


 

20

Nursery Rhyme

True my heart - Sakura Saori

 

 

  Une piste entraînante et sucrée. A consommer avec modération. A noter qu’un MAD sur Code Geass vachement bien foutu a été posté avec cette chanson, pour ceux qui ont toujours rêvé de voir Lelouch en héros de harem, c’est l’occasion.

 

19

Canvas 3

Eufonius - Kono Koe Ga Todoitara

 


 

C’est tout doux, tout mignon et les graphismes sont absolument superbes mais la chanson met un peu trop de temps à démarrer (1 minute presque), ce qui est assez dommage. Surtout que les effets de pastel sont drôlement chouettes.

 

18

Tomoyo After ~It's a wonderful life~

Light colors – Lia

 

 

  Les openings de Key sont globalement assez cools au niveau acoustique. Celui-là est le mieux foutu du lot je trouve, mais j’aime un peu moins la chanson que pour les autres titres du studio, elle me parait un poil plus fade.

 

17

Kurai Mirai 4

KEEP OUT – Marica

 

 

  Marica, la même qui a interprété Sekai ni Sayonara (voir plus loin), et l’équipe de Funczion Sounds remettent le couvert avec un titre beaucoup plus rock’n’roll. A noter que la série des Kurai Mirai/Crime Rhyme est loin d’être reconnue pour son histoire gentillette, donc fondamentalement la musique ne correspond pas trop mal et les petits riffs de guitare électrique sont bienvenus. Par contre l’opening est incroyablement statique, ce qui est un peu dommage avec un titre qui bouge autant.

 

16

Ryoujoku Gakuen Chou Dorei Club

Insanity – Aoba Ringo

 

 

  Je n’ai jamais pu retrouver la video de l’opening (m’enfin vu la jaquette du jeu, je crois que ce n’est pas plus mal) donc je ne jugerai que sur la musique. Après quelques notes au piano on plonge directement dans un son plus électronique et plus noir et wow, l’instrumental est assez dément, rythmé à souhait, mais avec toujours ce piano qui revient de temps en temps. La voix de la chanteuse, bien sombre pour l’occasion, colle parfaitement et n’a rien de désagréable. Vu la tête du peu d’images que j’ai pu trouver de l’eroge, à mon avis Insanity est la meilleure chose à en retirer.

 

15

Kanon

Last Regrets – Ayana

 

 

  Des visuals novels de Key, celle-ci est ma chanson préférée mais malheureusement l’animation ne suit pas vraiment. Disons que rester trop longtemps sur l’image des héroïnes casse un peu le tout, sans compter le fond blanc. C’est assez classique…

 

14

Sora wo Tobu, Nanatsume no Mahou

Kimi kara Hajimaru Kiseki – Aina Kase

 


 

 D’un eroge bien obscur comme il faut naissent parfois de très bons openings…mais qui forcément auront du mal à passer la postérité. Kimi kara Hajimaru Kiseki est de ceux-là. Là encore, impossible de mettre la main sur une vidéo, mais tant pis. Se posant au départ comme une chanson très calme, presque une berceuse, la mélodie décolle à intervalles réguliers avec un mélange de beat et de violon strident assez intéressant. C’est à la fois très doux et très rythmé, une excellente surprise.

 

13

Air

Tori no Uta – Lia

 

 

  Là encore j’aime beaucoup la chanson mais rester, montre en main, près de 45 secondes sur le même paysage en guise d’introduction ça donne pas très envie. Bon point à 2 :10 pour l’effet pastel/crayon de couleur sur la fille aux cheveux blonds (Misuzu si je me souviens bien).

 

12

Shirokuma Bell Stars

Winter Bells – Chata

 

 

  Un eroge mettant en scène de jolies mères Noël, voilà qui n’est pas commun, et l’opening prend le parti de coller à l’ambiance au maximum avec un petit air chaleureux qui n’est pas sans rappeler les fêtes. Petit bonus avec le « Ding Dang Dong » que l’on entend régulièrement…c’est juste adorable (surtout avec la voix de Chata) :3.

 

11

AliceParade ~Futari no Alice to Fushigi no Otometachi

Sweets Parade – Bery Very Rabbits

 

 

  Celui-là, je l’avoue, c’est un peu mon péché mignon. Alice au pays des merveilles étant mon livre préféré, il était difficile de ne pas se laisser tenter par la version du conte sauce japonaise agrémentée du chara-design impeccable de Noizi Ito. Et la musique a l’horrible propriété de rentrer dans le crâne à une vitesse affolante, impossible de s’en défaire. Les paroles sont martelées avec tant de conviction que ça donne envie de chanter…

 

10

Secret Game

Torawarebito – YuNa

 

 

  Ce que je préfère dans cet opening c’est sa partie instrumentale et rythmée. La chanteuse se débrouille très bien aussi mais c’est vraiment ce passage là qui m’a marqué par sa sonorité électronique endiablée. Graphiquement ce n’est pas fameux (notamment à cause du chara-design qui est plus que minimaliste) mais le jeu entre les couleurs noir/rouge et noir/blanc est bien trouvé.

 

9

Shikkoku no Sharnoth ~What a beautiful tomorrow~

Dorchadas - Rita

 

 

Une chanson qui, au premier abord, fait beaucoup plus penser à de la musique traditionnelle qu’à un eroge. Lente et calme, elle ne se révèle véritablement que lors des envolées de l’accordéon accompagné de claquettes. Et l’identité graphique assez particulière du jeu est un plus non négligeable. C’est beau, tout simplement.

 

8

Kara no Shoujo

Azure Bird/Ruri no Tori - Haruka Shimotsuki

 

 

  Avec un parti pris graphique, audacieux et épuré, la ballade d’Haruka Shimotsuki se retrouve véritablement sublimée. Le paradoxe repose sur le fait que cette chanson douce et paisible parcouru par un saxophone représente un jeu orienté sur le mystère et le meurtre. Un contraste assez saisissant et original.

 

7

Flyable Heart

Flyable Heart – KIYO

 

 

   Il y en a qui connaissent Noizi Ito via ses illustrations de light novel comme Shana ou Haruhi mais moi ce qui me vient directement à l’esprit en mentionnant cette artiste ce sont ses travaux sur Nanatsuhiro Drops, Alice Parade et Flyable Heart. J’aurais l’air fine en séance de dédicace, c’est sûr X). L’opening de ce dernier jeu est un régal pour les yeux avec ces couleurs chatoyantes et ces paillettes de partout, mais il est aussi musicalement très additif. Je ne saurais l’expliquer mais la mélodie rythmée met de bonne humeur avec son alliage de beat et de piano.

 

6

Sengoku Rance

Sengoku Rance - Shade

 

 

Piste instrumentale avec un moment reposant mais plutôt rythmée dans l’ensemble, ce qui donne une dimension épique à l’opening déjà bien orienté guerre. L’animation suit, seul défaut : la baisse de tension à la fin qui ne conduit pas à l’apothéose voulue. Le Gurren Lagann des eroges.

 

5 ~ Egalité

Sekien no Inganock -What a Beautiful People // Hikari no Valusia -What a beautiful hopes

Adenium // Tistrya – Rita

 

  
    


 J’ai longuement hésité entre ces deux là pour la bonne raison qu’ils se ressemblent énormément : même série de jeux ( tout comme Shikkoku no Sharnoth ~What a beautiful tomorrow) donc même compagnie, même graphismes magnifiques, même chanteuse et mêmes sonorités orientales. A partir de là le choix était presque impossible et il valait mieux les présenter comme un ensemble.

 

4

Touka Gettan

Main Theme - KIM's SOUNDROOM

 

 

Encore une piste instrumentale mais à l’opposé de Sangoku Rance, ici tout n’est que douceur et mélancolie. Je trouve la musique absolument envoûtante, ça donne envie de pleurer, comme ça, sans raison. Alors le tout assortie de belles images, que demander de plus ? Seule ombre au tableau : l’introduction un peu longue (sur un opening qui dure déjà 4 minutes). Un voyage féerique…

 

3

Gun – Katana

Raison d’etre - Denshiki Karen Ongaku Shuudan

 

 

  Oubliez tous les openings d’eroges mièvres que vous avez pu voir avant, parce que là ça dépote. Entrez dans un univers sombre et malsain des plus intrigants.

 

2

Boku no te no naka no rakuen

Papiliones – Kanako Ito

 

 

Alors là,  rien à dire, je suis tombée amoureuse de la musique, lente et rythmée à la fois, comme j'aime. Comme les graphismes sont pas trop mal, voire pas mal du tout, forcément je le place haut. Bon point pour les papillons.

 

1

Yume Miru Kusuri

Sekai ni Sayonara – Marica


 


 

Bien que j’adore toujours Papiliones, je crois qu’avec le temps c’est quand même Sekai ni Sayonara que je préfère. Tout y est. C’est doux, mélancolique, un peu triste, mais en même temps on a l’impression de s’envoler et on en prend plein les mirettes et plein les oreilles. Et la thématique des paroles est juste trop signifiante et trop bien liée à la musique. Graphiquement c’est loin d’être à la ramasse donc…au final c’est Yume Miru Kusuri qui, pour moi, possède l’un des meilleurs openings.

 

 

Mentions spéciales à :

 

Catégorie « Rena Ryuugu » de l’opening qui encourage le massacre de bonne humeur

 


Kurukuru Fanatic pour son opening plus que déjanté avec des tas de yandere qui pètent un câble de partout. C’est le genre de truc complètement inclassable et loufoque que tu  peux adorer ou détester mais jamais entre les deux. Ressemblance avec IOSYS ?

 

 

Catégorie « Excel Saga » du débit de paroles épileptique


 

Rajout d’un petit nouveau qui mérite deux-trois mots à son sujet. PrincessParty ~Seishun Kinshi Rei, interprété par Ayu + miru + Ru + Yukaina na Kamatachi, fait énormément penser à l’opening de Lucky Star par sa structure. Par-dessus un fond sonore composé d’une musique dance/techno se déverse un flot de paroles mi-sérieuses, mi-absurdes, qui se moquent des eroges en général tout en offrant le fanservice nécessaire. La répétition presque conpulsive du « Kinshi » est définitivement marquante.

 


 

Je pense que le tour d’horizon aura été instructif pour tout le monde vu que cette fois-ci, je n’ai pas hésité à taper dans les titres les plus obscurs et méconnus qui soient, et je le juge beaucoup plus représentatif de la production d’eroges en général. Donc j’espère avoir fait découvrir des morceaux sympas (même si la bonne moitié est déjà connue suite au précédent article).

 

Encore un article très musical…Mais quand vais-je donc réussir à placer l’article que je veux sur un anime ?

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 20:58

(Article semi-NSFW)

 

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Ah le visual novel, cette invention géniale. Du texte, des images, du son, une histoire interactive, des tas de possibilités. Un vrai puits de trésors en perspective.

Ah l’eroge, ce visual novel absolument merveilleux. Ce principe répétitif à souhait, ce scénario absurde, cette débauche de n’importe quoi, cette avalanche de scènes de sexe placées n’importe comment.

 

Personnellement je distingue deux types d’eroges : les eroges à scénario, qui ne sont à mes yeux que des VNs matures mais des VNs quand même, et les eroges centrés sur le sexe, qui sont…des espèces de choses bizarres assez rigolotes. Aussi j’adore passer du temps sur VNDB, le site de référence des visual novels, pour lire les synopsis des divers produits existants. Et s’il y a des images pour se faire une idée c’est encore mieux. Il n’y a même plus besoin de jouer au jeu, tout est là. En plus, VNDB propose une fonction géniale : sur la page d’accueil apparaissent à chaque fois des images de VNs différents. De fabuleuses découvertes sont là, à portée de clic. De fabuleuses découvertes dont on se passerait bien quelques fois. Voici donc un petit catalogue des diverses merveilles rencontrées sur ce site :

 

 

Catégorie « Le scénariste était sous acides »

 

Nangoku Sakunyuu Island ~Ninshin Sasete!? Chichi Shibori~

Déjà mentionné sur Twitter, ce titre nous vend ni plus ou moins que du rêve. Jugez plutôt :

 

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The main character drifts ashore to the island, where only girls with big breasts live. He is welcomed by them, and starts to live with them. One day, a man, whose job is to milk the girls, has gone missing. The girls need him because they make a living by selling their breast milk. As a result, the main character is forced to take over the job. He has a good cause to ejaculate inside the girls... on business? Anyway, his sex life soaked in milk starts....

 

Owi, un héros looser lambda qui échoue COMME PAR HASARD sur une île déserte qui n’est habitée que par des filles à gros seins. Bah ça alors. Et en plus elles…vivent de la vente de leur lait 0___o. Si quelqu’un ici présent sait où se trouve cet archipel sur la carte, je me fais reporter et je vais sur place les interviewer. Je veux dire, wow, ils ne se sont pas foulé les scénaristes. On aurait pu faire de ces demoiselles des aliens aux coutumes étranges que ça n’aurait fait aucune différence. Et je pense que je ne suis pas la seule à avoir remarqué le symbolisme qui se dégage du logo. Un volcan qui crache une substance blanche, hum, je me demdande ce que cela représente…

Mais attendez…il y a une préquelle =D.

 

 

Nakadashi Igai wa Kousoku Ihan ~Joshi Kou Sai Nottori Keikaku~

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Seita is a high school student. One day, he has a bad cold and is hospitalized. He overhears the fact that he is dying. He runs away from the hospital in desperation and sneaks into a school where a school festival is taken place. He wants to have a sex with as many girls as possible before dying to leave a proof of his life. "Listen! I will occupy this school festival!!". The school festival of me, by me, for me has started....

 

Hum mais oui, c’est bien sûr. Le héros va mourir, désespéré, il tente une dernière fois de trouver l’amour pour partir sans regrets et…Le tag « high amounts of rape » nous rappelle malheureusement que dans le joyeux monde du hentai un mec qui va mourir se transforme automatiquement en violeur. Me demandez pas pourquoi.

 

 

No pants!!

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“Members of student council are prohibited to wear underwears!" Chinu, the president of student council, suddenly orders so.... The cause of her decision is Seigo, who is in charge of general affairs. All other members tell him to stop it, but there is no way to persuade her to take it back....

 

Déjà évoqué sur Twitter auparavant, on entre ici dans le fin du fin de la création d’eroge. Savourez ce scénario émouvant et romantique. Que c’est beau… Mais euh, pourquoi la madame elle demande à tout le monde de plus porter de culottes en fait 0_o ?

 

 

Dakkoshite Gyu! ~Ore no Yome wa Dakimakura~

 

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Yuya loves hug pillows. He lives a happy life with his room full of hug pillows. One day, a girl in white coat suddenly talks to him, "Yuya, do me a favor." Her name is Tobari, a boss of the Pillow Research Club. She holds a hug pillow with a pretty girl painted on it. Yuya soon gets excited and asks her if he can get it. She says, "If you accept my offer, I'll give it to you." As a matter of fact, this is not just a normal hug pillow. If you sleep with it, you will be able to meet her in your dream. Tobari's offer is to fall in love with Akari, who was recently born in the dream world, and raise her mind. Yuya accepts the offer though he doesn't believe it. He sleeps with the hug pillow at night and the dream world actually exists there...

 

Euh…what ? Un no-life à fond sur les dakimakuras hérite d’un oreiller magique qui lui permet, en l’enlaçant le soir, de coucher avec la fille représentée dessus dans ses rêves. Rassurez-moi, les dakimakuras ne parlent pas d’une voix choupi-kawaii lorsqu’ils sont sous leur forme d’oreillers hein…pas vrai é__è ? J’ai peur, j’entends une voix provenir de mon coussin…

 

 

Ane Hara Mix ~Ane & Shinigami Onee-san to Isshukan~

 

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Since the early death of his parents, Takami Akitoshi has lived alone with his beautiful elder sister, Hitomi, while concealing his dirty desires for her. One day, a mysterious girl named Mina enters his room. She introduces herself as Death and explains that she came to take his soul because he had reached the end of his lifespan. Hearing his screams, Hitomi runs in and, after the situation is explained to her, asks Mina to spare him. Mina, moved by her earnestness, tells them that if Takami fathers a child within a week, she will let him live another 10 years. Hearing her condition, he turns his face to Hitomi…

 

_Flûte alors sœurette, la madame elle dit que si tu ne te déshabilles pas immédiatement je vais mourir. Tu veux bien faire ce qu’elle dit =D ?

_Crève connard.

_Allez sois sympa, c’est pas comme si je te demandais la permission de te faire un enfant…ah si en fait. Mais c’est encore mieux, comme ça tu garderas un souvenir de moi =D.

_Bonjour l’arnaque, j’aurais préféré recevoir ta Xbox ou ton iPod…

 

 

The Shocker

 

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  The Shocker is a secret organization aspiring to nothing less than total subjugation of (all the women in) the world. Are you ready to take up arms for (Eroge) Evil?
Une organisation pour soumettre toutes les femmes du monde 0_o ? Damned, planquez-vous les filles, nous sommes perdues !

 

 

Born Freaks!

 

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Cell's sister, Uracil, suffers from an unknown disease since she was born. Cell became a successful medical doctor but he still can't find a cure for her. Together with another doctor, who happens to be his ex-girlfriend Fenyl, that works in the same clinic with him, they devise an unconventional method that might save Uracil, where everything else already failed. The plan is to make changes in her DNA so it can fight the pathogens eating her from inside. To do that, they have to try cultivating different strains in Cell's body and inject them into her body in a way that won't be rejected by her immune system. And the only way to do that is by sex...

 

Je ne m’y connais guère en médecine mais ce concept me parait génialissime. Mais pourquoi donc les docteurs s’obstinent donc à utiliser des seringues ou des médicaments quand on peut guérir les gens grâce à du sp…wait, what 0_o.

 

 

~Pantsu wo Miseru Koto, Sore ga...~ Daiuchuu no Hokori

 

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A meteor struck Mamoru when he was a kid, but he didn't get injured at all. That's why he was called "Miracle Meteor Boy". Seven years later, a beautiful girl surrounded by noble aura suddenly appears in front of Mamoru and he is taken to a strange place. Yes, it's inside a spaceship and there he can see beautiful girls showing their underwears... "Show the Holy Ball." He doesn't know what she is talking about. According to her, they are from another planet to get the "Holy Ball", which is a key item of succession battle for the throne. To show underwear is also a proof of the royal family and the pride of the grand universe. When they check Mamoru's body, the Holly Ball is found inside his body. As a matter of fact, the meteor which struck him is the Holly Ball. To get it out, Mamoru needs to reach a universally stunning climax. Like this, a battle for the Ball begins...

 

Des aliens qui se trimballent en petite culotte toute la journée et se battent tes faveurs, tout un programme. Je n’appuierai pas sur les incohérences monstres de ce scénario, hein, tellement c’est gros. Le monsieur reçoit une météorite sur la tête, ça ne lui fait rien, et la dite météorite ne peut sortir que par orgasme (de la tête elle est descendue jusque dans les testicules donc, hunhun). Et les extraterrestres qui l’ont malencontreusement jeté sur Terre jouaient visiblement à la pétanque avec…

 

 

Pai Touch!

 

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This is a story of a boy who gets power of making girls' breasts big. There is a rumor spreading among people in the town.... If a girl touches a statue enshrined in Yachigusa Shrine, her breasts get big. One day, Daisuke visits the shrine with his friend. When he accidentally touches the statue, they are surrounded by a flash of light and a girl appears in front of them. "Give me back my power!" Her name is Maia and her power of making girls' breasts big is stolen, according to her. As a matter of fact, Daisuke gets the power! He is skeptical at first, but when he touches his old friend's breasts, they soon get big. Yes, he needs to touch breasts to make them big. Like this, his oppai life starts now...

 

Quel pouvoir splendide. A côté les X-Men paraissent clairement bien plus ridicules quoi. « Bouhouhou, tremblez devant mon terrrrrrrrrible pouvoir, je peux…faire grossir vos seins ! Et laissez moi vous dire que lorsqu’ils atteindront la circonférence d’un camion citerne, vous pleurerez vos mères d’avoir été mises au monde, oh yeah ! ».

 

 

EDIT 03/03/2011: Quand y en a plus, y en a encore ! Vu que je découvre encore régulièrement des perles, j'ai décidé de mettre à jour l'article en cas d'"Alerte eroge de qualité". J'espère que vous apprécierez autant que moi les nouveaux arrivants au catalogue...

 

Semen Security 2009

 

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One day, when Tasuba turns on his PC, a lot of virus mails arrive and a PC monitor suddenly flashes. A while later, it disappears and a pretty girl comes out of the monitor. According to her, her name is Meira and she comes from his PC mail software. Due to his virus mails, the PC is now unworkable. To get rid of them, he needs to shower his semen to her.... Like this, his semen vaccine life with her and other virus-infected girls starts....

 

Rien que le titre de cet eroge annonce la couleur. Après le coup du « votre sécrétion intime est le seul vaccin possible pour sauver votre sœur d’une mort certaine » (voir plus haut), les scénaristes (car oui il doit y en avoir pour pondre ce genre de merveille) vont encore plus loin : « votre sécrétion intime est le seul vaccin possible pour sauver votre antivirus…qui est représentée par une bonasse à gros seins, youhou ». Je ne sais pas ce qu’ils fument chez Clock Up (le nom du studio) mais j’en veux bien aussi =O. Les créateurs d’eroges ne cesseront jamais de m’impressionner par leur (manque d’) inspiration…

 

 

Cossucos! ~Anatagonomi no Cosplay H Shiteageru~

 

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Yuu is a university student. He looks outwardly normal, but he loves cosplay. His dream is to get a girlfriend and enjoys cosplay H with her. One day, when he wakes up, he finds two beautiful girls giving him a blowjob.... He doesn't know their names.... He doesn't remember their faces.... "Who are they...?" He asks them their names and one of them says, "Arte. My name is Arte." and the other girl says, "I'm Toria." "Well, listen. we are magic girls from a magic world." "What? Magic girls...?" "Hey, can you hear me?" Like this, Yuu starts living together with them....

 

Sorti la même année que Semen Security 2009 et par le même studio, Cossucos nous prouve là encore que le monde eroge-sque possède des coutumes bien particulières : genre moi quand je veux saluer quelqu’un je lui dis « bonjour ». Dans un jeu érotique les mœurs veulent qu’une jeune fille courtoise salue un mâle en utilisant sa salive d’une autre manière : pas de présentation ou de blabla, non, fellation directe. J’ose pas imaginer quel est l’équivalent de la gratitude… Ah on me souffle à l’oreillette que pour « merci » c’est pénétration anale et que pour « pardon » c’est tournante dans une cave 0_o.

 

Kowareru Kokoro ~Reizoku Choukyou~

 

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A naked girl appears in front of Shuji.... When he is confused what to do, he hears his mother's voice. "Do whatever you want to her...." A scream of pleasure resounds through the room....

 

Précision : Selon les tags et les images disponibles sur Vndb, le héros se taperait, en plus de la blonde, sa mère (oui sa vraie maman, pas d’histoire de famille à la con on dirait) qui est, soit dit en passant, une très belle illustration de la MILF.

 

Les gars (et les filles), je crois qu’on tient le meilleur scénar de l’univers, toutes galaxies confondues \o/. Les gens de TailSkid ce sont des bons quand même. C’est vrai ça, pourquoi se fatiguer à doter d’un peu de personnalité des caricatures sur patte et à se fatiguer l’esprit à trouver des raisons frivoles pour qu’elles se déshabillent en permanence près du héros. Non vraiment, c’est fatiguant comme exercice cérébral. En plus il faut construire un semblant d’histoire pour mal expliquer pourquoi l’héroïne est en chaleur, bâtir des gags pas drôles, des situations invraisemblables, etc. Vous imaginez le travail un peu ? Nan mais heureusement que TailSkid est là pour se démarquer de ses concurrents de manière révolutionnaire ! Parce qu’en fait on dirait pas mais cet eroge est vachement subtil en fait. Je suis sûre qu’on peut y voir une mise en abime de la vacuité de l’être humain…ou pas. 

 

 

M ~Onee-chan no Shuuchuu Chiryou!~

 

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[Un trap se cache sur cette image, sauras-tu le retrouver ?]

 

When the main character wakes up, he finds a nurse sucking his dick. "What!?" He also finds himself wearing girls' clothing. "Oh, it seems your fever hasn't passed off yet? How about this completely erected dick...?" He doesn't know what's going on, but she just smiles and kisses on his dick, "Good morning, my heroine."

 

Cossucos nous l’avait déjà appris mais se faire réveiller par un langoureux baiser sur les parties génitales est monnaie courante au pays des eroges. Rien de neuf sous le soleil s’il n’y avait cette délicieuse histoire de travestissement qui laisse prévoir des retournements scénaristiques d’une profondeur inouïe =’). A moins que ce jeune homme visiblement déboussolé par la fellation que lui procure cette infirmière sexy en tenue pas du tout dévoilante n’ait en réalité fini à l’hôpital déguisé en fille que suite à une longue nuit de débauche au cours de laquelle il a finit complètement bourré. Ce sont des choses qui arrivent =D.

 

 

Edit : 20/05/11 J’ai attendu un petit peu pour fournir toutes les perles sur lesquelles j’ai pu tomber lors de mes dernières errances sur le net et plus ça va, plus je déterre du collector, ça fait franchement peur…

 

Sekai ni Otoko wa Jibun Dake, Zensekai no Josei o Ninshin Sasete Jinrui o Sukue! ~Semen Caravan Nintei Soft~

 

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I had a bad cold.... When I wake up, a nurse says to me, "You've been asleep for one year." "What!?" The nurse explains to me that all men except me have died because of some evil virus.... My semen is one and only hope for the continuation of human life now....

 

L’astuce de ninja pour justifier un harem est de faire disparaître tous les mâles de l’environnement sélectionné pour l’histoire, ainsi la femelle, que l’on sait nymphomane et en manque de pénis par essence, n’aura d’autre choix que de se jeter sur l’unique péon de son entourage. Devenir lesbienne n’a jamais été pensé comme une alternative car, il est bien connu que la femelle ne peut se passer des hommes. Quelle belle leçon d’anthropologie !

 

Enfin bref, suite à un mauvais rhume, vous vous retrouvez avec pour mission de repeupler la Terre, rien que ça. Le truc c’est que, comme l’indique la couverture du jeu (NSFW donc que je n’ai pas mise), c’est du sexe à la chaîne : vous devenez une espèce protégée et on vous trimballe partout pour féconder des demoiselles en demande d’enfants (et de plaisir, non mais ho, on est pas dans une association caritative non plus). L’acte est désincarné de toute complicité, vous êtes purement et simplement une machine à procréer. J’ai vu mieux comme fantasme =/. Et puis honnêtement, qui voudrait une vie aussi triste (toujours escorté de gardes du corps, surveillé, en cage, avoir perdu toute sa famille et tous ses potes) juste pour le suprême plaisir d’être le dernier mâle sur Terre, hun ?

 

 

Aa, Subarashiki Haramasekai

 

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The decreasing birthrate becomes the major problem in 20XX. Especially, the number of men sharply decreases. To deal with it, the government sets up a new law called "Sex New Law". The law bans:
- from masturbating.
- from using contraception.
- girls from refusing when asked to have sex by boys.
Yasuhiro turns 20 today and he can now have sex with any girls freely. "I don't wanna have sex for my country. I just wanna have fun!"

 

On retrouve le même thème avec Aa, Subarashiki Haramasekai en beaucoup moins lugubre (et un chouilla plus crédible que le méchant rhume). Pas grand-chose à dire sinon que ça pue le discours patriotique à plein nez. Je parie que je peux vous prédire la fin de l’histoire sans y avoir joué : au début le héros couche avec des filles pour le fun et puis, petit à petit, il se rend compte qu’en fait il avait tort et que le sexe, eh ben, c’est bien plus sérieux que ça et que l’avenir du mooooooonde repose sur ses faibles épaules, que c’est une mission de la mort qui tue et que ben il va coucher avec des filles pour le fun ET pour son pays. Un héros est né…

 

N’empêche que c’est pas intéressant s’il n’y a pas de challenge, le héros il a juste à exister et paf, hop-là, à moi les jolies filles. C’est ça l’aristocratie du nouveau millénaire ?

 

 

Nijiiro Aruke Mikan ~Magic of Alchemy~

 

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Yudai is in his second year of a magic school, living in a school dorm. He enjoys his school life with his classmates, Touka, Ayane, Rinko and Hikari. One day, Touka says to him that she will be able to make gold. "I'll let you know when I make it!" But, she needs his semen to make it. After twists and turns, he finally gives her his semen. A while later, she makes a seed that will bear gold fruit. But, what the tree bears are some rainbow color oranges. Are they just oranges, or...?

 

Aaaaaaaaah, enfin un truc un peu plus marrant =D. La magie de l’alchimie c’est donc le sexe. Tous les alchimistes des temps anciens doivent s’en mordre la barbe de ne pas avoir trouvé la solution plus tôt ! Sachez donc messieurs que votre semence est très utile pour le jardinage ; fascinant, non ? Je parie que vous n’aviez jamais pensé à essayer…

 

“Are they just oranges, or...?” = Evidemment que non, ce ne sont pas “juste” des oranges, bécasse, ce sont des oranges spermiques et ça, ça change tout. En fait, il y a trois types d’oranges : les oranges sanguines (que cultivent les serial killers), les oranges au lactose (les préférées des femmes enceintes) et les oranges spermiques qui possèdent la couleur de l’arc-en-ciel. Il existerait même un quatrième type d’oranges à base d’urine mais personne ne s’est jamais aventuré à goûter ce fruit défendu. On raconte, qu’une fois, une nuit de pleine lune, un mage très puissant aurait invoqué le grand nain enroulé dans des tranches de jambon pour un grand rituel visant à créer des oranges d’urine (pour ce faire ils auraient passés la nuit au petit coin). Mais lorsque celui-ci posa les lèvres sur le fruit maudit, il hurla que c’était la chose la plus dégueulasse qu’il avait jamais goûté (foi de magicien) et pris d’un accès de rage, il s’est suicidé dans une énorme explosion magique qui a détruit la moitié du continent au passage. Et c’est pour cela que les oranges à l’urine n’existent plus. Celles à lactose si, ce sont des sphères de lait maternel alors on les garde pour faire des réserves de biberon, et les sanguines aussi, c’est même le métier privilégié par les psychopathes lorsqu’ils essayent de réintégrer la société (il suffit d’enterrer les cadavres dans le jardin pour faire pousser les orangers). Les oranges spermiques par contre on entend plus du tout parler. Ce sont probablement des rumeurs marketing lancées par les entreprises d’aphrodisiaques pour faire marcher le buisness =O.

 

 

Henshin !!! ~Pantsu ni Natte Kunkun Peropero~

 

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“Ahhh… I wish I was a girl’s panties” After Yuuji said that, his imouto Miko left him and is now staying at the girls’ dormitory. He debated if panties would be too stimulating and if he should be a skirt or a chair instead, all the while lamenting why he was born a human. Coming home one day, he came upon a talking cat-like thing that had collapsed. As thanks for taking care of her, she gives him a cell phone that allows him to transform into anything! Armed with his new ability, he heads out to fulfill his dream of teasing girls.

 

Merci May-Be Soft, merci. Après l’incroyable Pai Touch, il fallait redonner à l’industrie des eroges sa raison de vivre et sortir enfin du moule impitoyable des scenarios-prétextes calques les uns sur les autres. Il fallait un élan de génie et le voilà ! Préquelle de Hanshin et Henshin 2, ce nouveau volet poursuit l’idée révolutionnaire qui est le leitmotiv de la série : se transformer en objets pour épicer sa triste existence avec du fun. Certains, comme moi, en auraient profité pour écrire un livre qui raconterait la pénible vie d’une chaise ou monter une rébellion de toutes les chaises du monde contre le joug humain mais malheureusement le héros n’a pas tant d’ambition et c’est bien dommage. Eh oui, pour les gens un peu bas de plafond la priorité n’est pas d’accroître le champ de leurs expériences ou de s’octroyer des pouvoirs de fou pour le lulz (Je suis CHAISEMAN, le justicier à dossier de fer et je pourfends ceux qui maltraitent mes confrères en se balançant dessus !) mais de faire chier les filles de leur entourage pour les traumatiser à vie en les pénétrant de manière indirecte (en possédant ses draps par exemple). Moi je dis que les rendre folles en jouant les fantômes aurait été plus fun mais bon, chacun ses menus plaisirs.

 

Bref, merci May-Be Soft, c’est une idée absolument géniale qui a un gros potentiel. Je vais derechef prier la peluche magique qui donne ce merveilleux pouvoir de me transformer en PORTEWOMAN, comme ça je vais claquer et claquer toute la nuit pour empêcher mes voisins de dormir et me venger du bruit qu’ils occasionnent régulièrement. Oh et quand ils auront un contact particulièrement intime à une heure particulièrement indécente, je passerai à l’étape supérieure en me changeant en RIDEAUWOMAN. Révolutionnaire cette idée on vous dit !

 

 

Catégorie « Estomacs sensibles s’abstenir »

 

Parce que malheureusement il existe aussi pléthore de scénarios dégoutants dont la seule évocation donne envie de vomir.

 

Musume Shimai

 

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The main character has two daughters. But he lives separately from them for a long time because of his job. One day, he is suddenly fired. He disappointedly comes back to his house, but he is happy to be able to stay with his daughters. He tries to keep self-control, but....

 

Ce truc là est juste dégueulasse. Les deux filles ne doivent même pas dépasser les 10 ans d’âge et le père est complètement fumé dans sa tête. La première scène consiste en une image fixe : celle d’un téléphone portable. Les deux petites sont en fond d’écran et on entend clairement l’ainée demander des nouvelles à son père. Et à peine la conversation finie, il y a comme un vieux bruit de canette qui s’ouvre et…va falloir mettre le téléphone à laver =(. Et plus loin dans le jeu on entend le même bruit suspect et juste après on voit la gamine boire un verre de lait. J’ai eu des doutes et en se renseignant, ouais, c’est bien ce que je pensais…brrr. Le reste du temps le père le passe à s’infiltrer dans la chambre de la gosse de son choix pour se tripoter sur elle dans son sommeil. Le reste je sais pas, j’ai pas vu, pas entendu, je ferme les yeux….

(Il peut même les mettre enceintes et coucher avec elles pendant qu’elles ont un gros ventre, ce qui est impossiiiiiible et complètement gerbant).

 

 

Shiiku Hakusho ~Kusari ni Tsunagareta Doukyuusei~

 

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Keiichi is from a rich family. He's got everything he wanted, books, toys, pet animals..., and girls!! He now goes to school just for a girl, Sarina. "I just want her." He confines her in his secret room and rapes her in various ways. She gradually gets addicted to it and....

 

Un timbré qui séquestre une pauvre fille pour lui infliger toutes sortes d’humiliations dont la plupart implique des animaux. VNDB nous montre, sous spoiler, des chats, des chiens, des singes et un cheval. Je…je ne veux pas savoir s’il y a d’autres joyeusetés au programme.

 

 

Dustmania Grotesque ~Kaitai Sounyuu Shinsho~

 

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A female scientist is kidnapped by her former collegue, who decides to carry out experiments related to immortality medicine on her.

 

Et la médaille de l’eroge le plus gore de tous les temps est attribuée à…Dustmania =/. Non parce que dis comme ça, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on se dit « Tiens, jetons un coup d’œil aux photos en bas pour voir de quoi il retourne ». GRAVE ERREUR. Les gens qui ont inventés cette chose sont des psychopathes. Je veux dire, la pauvre héroïne est découpée en petits morceaux et violée dans l’œil arraché au préalable, dans le cerveau,  dans le bras fraichement tronçonné, dans le cou une fois décapitée, mais beuh quoi. Je ne me considère pas comme facilement impressionnable mais alors là, il me suffit de regarder les quelques images disponibles et je sens tout mon corps frémir. Cela me fait mal rien que d’imaginer et je sens mon estomac qui remonte. Si le diable existe, voilà à quoi ressemblerait son jeu préféré…

 

 

Nyotai Kyouran ~Kore ga Watashi no Nozonda Body~

 

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Saya strikes down with incurable illness. She is extremely depressed and just spends her time vacantly. However, she still wants to tell her love to her old friend. One day, Kouji, a doctor, tells her that he might be able to cure her illness by fulfilling a certain condition. That is to have a newly invented operation. She desperately accepts it.... What will happen to her body? Will her love reach him...?

 

Mentionné par Sayu dans les commentaires, ce “truc” semble dans la droite lignée de Dustmania avec un descriptif assez vague mais amplement compensé par l’illustration juste magistrale d’une fille avec des seins cinq fois plus gros qu’elle. Il est fortement déconseillé de chercher à en voir plus parce ça part très vite dans le gerbant. Je vous ai fais l’honneur de couper un peu l’image histoire que le gode planté dans le derrière de l’héroïne et les tétons aussi gros que des pastèques ne vous fassent pas rendre votre repas =/.

 

Sur ce, je vais me pendre…avec mes seins, cela va de soi voyons (il est bien connu que les femmes sont composées à 90% de pudding) X).

 

 

En parlant de Satan, vous saviez qu’il existait un jeu Boku no Pico, Pico To Chiko Shota Idol no Oshigoto ? Raaaaaaaaaaah, pitié, écartez cette chose de ma vue !

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 20:15

Hentai2

Je tenais absolument à faire un article sur Yume Miru Kusuri pour partager cette merveille et enrôler d’avantage de gens dans la secte des amateurs de Visual Novels matures (ça fait quand même plus classe dis comme ça), c’est maintenant fait. Sorti en 2005 par Ruf cet eroge connaît un succès assez considérable sur la toile au point que certains le considèrent comme le meilleur existant (ou en tout cas l’un des meilleurs), et après y avoir joué, je ne peux que rejoindre ces avis.

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Kouhei Kagami est un étudiant modèle, il est studieux, a de bonnes notes, fait le ravissement de ses professeurs et a même un petit boulot. Sans être non plus une icône de popularité il a quand même quelques amis fidèles comme Misaki Sayama, une camarade aussi travailleuse que lui, et Takeshi Iogi, un des élèves les plus paresseux de la classe. Sauf que Kouhei a un secret : en effet sa vie lui parait terne, vide, il se sent transparent, distant auprès de tous, même de sa propre famille qui se révèle être sa famille d’adoption, et cela fait des années qu’il a la même hallucination, encore et encore, le bruit d’un train qui passe, comme pour lui rappeler à chaque instant combien il est étranger à lui-même. Désintéressé de tout, le jeune homme semble voué à l’entendre jusqu’à la fin de ses jours, dans une vie grise et monotone. Or au même moment trois filles autour de lui arrivent à un tournant de leur existence, trois filles qui appellent muettement à l’aide. Il ne tient plus qu’à Kouhei de basculer le cours de son existence ennuyeuse en décidant de suivre l’une d’elles…pour le meilleur et pour le pire.


 

Dans Yume Miru Kusuri vous devez vous intéresser à trois personnages principaux , ce qui fait donc trois bonnes et trois mauvaises fins (sachant qu’il peut y avoir des variantes, dans la route d’Aeka par exemple il y a la bad end « longue » et la bad end « rapide », mais ça ne change pas grand chose) ainsi qu’une très mauvaise fin qui apparaît si vous avez mis trop de temps à choisir, car il faut se décider très rapidement  (le mieux étant pour moi de passer par la très mauvaise fin et de recommencer une partie en choisissant pour de bon). Trois filles disons plutôt originales.

 

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Aeka Shiraki est une de vos camarades de classe, mais à cause de sa timidité elle éprouve beaucoup de mal à se faire des amis. Considérée comme un peu bizarre, elle subit avec le sourire toutes les brimades que peuvent lui faire les autres élèves, comme si elle ne souffrait pas, comme si ce n’était pas grave.

 


 

Mizuki

 

Mizuki Kirimiya est l’archétype même de la fille parfaite et populaire : présidente du conseil des élèves, intelligente, belle, riche, tout semble lui sourire. Pourtant il suffit qu’un jour Kouhei la surprenne à essayer de fumer pour qu’elle le considère autrement et laisse son masque s’effriter petit à petit, dévoilant une toute autre image d’elle.

 


 

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Cat Sidhe Nekoko arrive un peu plus tard et c’est de loin la plus loufoque en ce que Kouhei la rencontre alors qu’elle fouille les poubelles à la recherche de nourriture en clamant être une fée. Sa véritable identité reste un mystère : Serait-elle une patiente échappée d’un hôpital psychiatrique ? Ou nierait-elle la réalité en se réfugiant volontairement dans un monde imaginaire ?

 


 

Le jeu des meilleurs seconds rôles

Pour ce qui est des personnages secondaires, contrairement aux apparences, ils ne sont pas moins attachants et moins complexes que les autres. Misaki et Takeshi par exemple sont des amis un peu particuliers, ils peuvent se montrer adorables comme lâches et méprisables selon les choix de Kouhei.

 

De l’autre côté la famille du héros emprunte le même chemin, c’est à dire qu’elle se montre comique la plupart du temps, mais peut aussi bien aider Kouhei dans sa quête d’identité (avec Aeka) comme faire obstacle à ses rêves (avec Mizuki). Sans compter la relation ambiguë qui l’unit à Aya, la demi-sœur, qui comme toute bonne demi-sœur parait avoir huit ans et en fait dix de plus. Etant plus ou moins insupportable, le jeune homme aime beaucoup la taquiner et elle réagit toujours au quart de tour, mais parfois, elle se montre touchante, on voit que malgré des réactions puériles, elle reste incroyablement mature et s’inquiète véritablement pour son frère. A noter qu’elle dispose de quelques scènes rien que pour elle mais qu’aucune route ne lui est dédiée (la dite route aurait été annulée au dernier moment), ce qui, au fond, la rend bien plus intéressante que n’importe quelle loli lambda.

 

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Toute critique de Yume Miru Kusuri se doit de parler du supérieur de Kouhei dans le magasin où il travaille, Hirofumi Tsubaki, qui pour être homosexuel n’en reste pas moins fan d’eroges. Evidemment si on le mentionne autant c’est parce qu’il s’agit d’un élément comique indiscutable (le bonhomme est franchement amusant) mais aussi parce qu’il permet une mise en abîme intéressante. Quand il discute avec Kouhei de l’intérêt de bien choisir le premier eroge de quelqu’un (en évitant les tentacle raep, merci Tsubaki de ces sages conseils) et du potentielle émouvant de ce genre de jeux, c’est comme s’il nous jetait un petit clin d’œil disant « On est le jeu qu’il vous faut ». Les allusions à Kana Little Sister sont apparemment légions mais comme je ne connais pas du tout, je ne peux pas confirmer =/. Le moment le plus troublant dans cette histoire de mise en abîme reste le moment où le héros, testant au départ à contrecœur l’eroge que vient de lui prêter Tsubaki, se met à veiller toute la nuit en criant « Comment ça il me manque des CGs ? ». Pourquoi c’est drôle ? Parce que c’est exactement ce qui va vous arriver une fois que vous aurez lancé le jeu =D. Personnellement je me suis couchée à plus de deux heures du matin une nuit tellement j’étais prise par le récit. Et j’étais effectivement à deux doigts de dire la même chose.

 

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Un autre personnage relativement important est Kyoka Nanjou, la fille la plus populaire de la classe et accessoirement de la promotion. Vous savez, ce genre de filles qu’on adore détester. Au début, en ne connaissant rien d’elle à part son design je la trouvais plutôt intéressante mais en fait le jeu fait tout pour qu’on ne puisse pas la voir en peinture, du coup c’est absolument impossible d’éprouver pour elle la moindre compassion. La seiyuu adopte une voix traînante qui lui sied à ravir et provoque l’agacement à chaque fois qu’elle ouvre la bouche. C’est sans compter sur son comportement : Nanjou (ou Antoinette comme se plaît à l’appeler le héros) fait tout pour attirer l’attention, elle flirte avec tout le monde, dégage une odeur de parfum étouffante et harcèle le pauvre Kouhei pour lequel elle éprouve un certain intérêt…absolument pas réciproque.

 

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Je suis la seule à avoir pensé à quelque chose de malsain à l'évocation "d'heures flexibles" =x ?

 


 

Graphismes

Graphiquement parlant Yume Miru Kusuri est un bijou. Le chara-design confié à Kiyotaka Haimura, connu entre autres pour ses illustrations de To Aru Majutsu no Index, est plus qu’honorable. On déplore quelques imprécisions mineures lors de certaines scènes de sexe mais sinon c’est du beau travail (même si la forme des seins de Mizuki ne lasse jamais de m’intriguer). Les décors adoptent un ton pastel qui rend le tout assez unique, couplé avec la musique (j’en reparlerai juste en dessous), on obtient une ambiance oscillant entre le réalisme et l’onirisme, avec quelques francs moments de poésie.

 

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Musique

Contrairement à d’autres production érotiques (les Come See Me Tonight où il vaut mieux couper le son au bout de cinq minutes) ou non (les boucles de Moonshine, argh) qui possédent une bande-son insupportable composée de trois notes qui se répètent en permanence, Yume Miru Kusuri se révèle une excellente surprise en ce que quasiment toutes les pistes sont assez originales et sympathiques pour avoir envie de les écouter en dehors du jeu. Du calme et de la tranquillité héritée de Today Again So Pure and Blue, à l’ambiance jazzy et survoltée de The Catgirl Stomped (le thème de Nekoko), en passant par des pistes inquiétantes comme The Plot Suddenly Thickens ou Lock On, au thème de fin  Shall We Say Goodbye ou encore à la mélancolie de We Became friends, il y en a pour tous les goûts.

 

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Les seules petites remarques que je ferais est l’utilisation un peu trop fréquente à mon goût de la piste Attached to Maturity au détriment des autres et celle d’une piste de tension dramatique en plein milieu d’une scène de sexe avec Mizuki. Je veux dire, je sais que boire à pleine gorge le chaud liquide féminin peut être considéré comme une épreuve insurmontable et tout et tout mais…c’était pas un peu exagéré ? Une musique douce aurait suffit ^^’.

 

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J’avais déjà classé l’opening de Yume Miru Kusuri parmi les meilleurs openings d’eroges et je maintiens. Les paroles (Shall we say goodbye to this world we’re in ?), les transitions (effet puzzle, les marches du Royaume des Fées), la voix de la chanteuse, la mélodie, tout cela opère une alchimie qui m’a personnellement conquise (même si on m’objectera que le défilement des CGs ne vaut rien à côté d’un opening animé, moi ça me plaît). Je le remets juste pour la forme :

 

 

 


 

 

Voix

Chaque seiyuu fait vraiment un bon boulot et ce, chacune dans leur genre : si on note surtout la prestation de ceux de Kyoka (ou comment rendre quelqu’un détestable rien qu’en laissant trainer sa voix) ou de Tsubaki pour les personnages secondaires (les autres se débrouillant très bien aussi), les seiyuus des trois héroïnes donnent vraiment tout ce qu’elles ont pour rendre les scènes poignantes. La différence de ton utilisée lorsque Nekoko perd les pédales ou quand elle exulte de joie de vivre, le côté posé et calme de Mizuki et la voix mignonne d’Aeka (surtout dans une scène en particulier où une de ses phrases coupe le souffle) sont vraiment impeccables. Aucun nom n’est traduit, c’est dommage, j’aurais bien voulu en apprendre plus sur ces doubleurs.

 

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Extra

Ce qu’il y a de magique avec Yume Miru Kusuri c’est qu’à peine tu es arrivé au menu principal que tu n’arrives plus à en décoller. La faute à une CG plutôt jolie, To the World of Dreams qui est une piste particulièrement enivrante, et à une interface assez sympa à utiliser.

 

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Vous avez la traditionnelle galerie de CGs et le Jukebox (les musiques se débloquent au fur et à mesure) ainsi qu’un event CG un peu particulier. Qu’est-ce que ce menu a de spécial ? Dans le fond rien puisqu’il s’agit de revoir des scènes clés d’un certain personnage (en rouge les scènes de sexe et en jaune l’épilogue) sur les trois héroïnes et Aya qui dispose juste de trois scènes sans caractère érotique (même si elle est parfois nue parce que ce crétin de Kouhei n’a pas encore compris l’intérêt d’attendre après avoir frappé à une porte). Le truc c’est qu’une fois un personnage sélectionné, il suffit d‘effleurer une case pour qu’une paper doll apparaisse et change selon les cases en expression et vêtements. Bon rien de transcendantal mais le fait que l’interface soit particulièrement soignée reste quand même un plus non négligeable.

 

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Histoire

Attaquons nous maintenant au plus important : le scénario. Comme je l’ai déjà mentionné plus haut une fois que Kouhei a décidé quelle fille il allait suivre, il entre dans son scénario et à partir de là il n’interagit presque plus avec les autres damoiselles (on ne les voit plus qu’en vagues cameo, sans plus). Donc il est plus légitime de commenter chaque scénario à part en fait.

 

Case 1 : Bullying

Il n’y avait vraiment pas besoin d’être une lumière pour l’avoir compris, Aeka se fait bizuter par la classe, c’est indéniable. Entre les fois où on l’électrocute à coup de taser en plein cours, où on lui déchire la moitié de ses affaires ou alors où on lui pique son uniforme pour l’obliger à rester enfermée sur le toit toute nue pendant des heures, sa vie n’est pas des plus roses. Pourtant personne n’agit parce que tendre la main à Aeka reviendrait à être le prochain sur la liste et que personne ne souhaite voir Antoinette (qui d’autre ?) pourrir son existence. Le dilemme de Kouhei est donc là : doit-il l’aider ou non ? Sachant que s’il montre à toute la classe qu’il soutient Aeka, ce sera aussi à son tour.

 

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Si le thème du bizutage est un thème assez fréquent, il est utilisé efficacement ici. C’est difficile de ne pas sentir la moindre empathie envers Aeka qui pour être originale n’en reste pas moins humaine. A certains moments j’avais un peu l’impression qu’on me forçait la main (han regardez la pauvre, tout le monde il est méchant avec elle et en plus elle a trop des problèmes avec ses parents et tout, en plus elle est trop mignonne et sa voix est moe) mais en fait ça marche plutôt bien dans l’ensemble, surtout vers la fin où l’intensité dramatique atteint son paroxysme et où le personnage se dévoile bien plus caractériel qu’au début (les filles soumises c’est pas trop mon truc :p), Antoinette jette les apparences pour prendre enfin entièrement le rôle de la garce détestable et le motif du « Sekai ni Sayonara » prend pleinement son sens.

 

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Un très bon scénario rempli d’émotions et quelques scènes poignantes font de la route d’Aeka une valeur sûre, déjà vue ailleurs mais toujours pas démodée. Avec quand même une petite touche d’originalité dans le fait qu’Aeka fait carrément du chantage à Kouhei en menaçant de se suicider s’ils ne se mettent pas ensemble (et ne couchent pas sur le champ…euh d’accord si tu veux). Du coup leur relation est toujours assez précaire à cause du comportement dangereusement suicidaire de la jeune fille, mais quand elle finit par devenir sincère, il n’y a plus qu’à sortir les mouchoirs.

 

 

Case 2 : Interpersonal

Le côté parfait de Mizuki était bien évidemment un leurre, mais ce qu’il y a derrière est assez surprenant. Manipulatrice, débauchée, imprévisible, le personnage de la présidente du conseil des élèves est en fait le plus complexe du jeu (et sa bonne fin celle que j’ai eu le plus de mal à obtenir). Au début quand elle séduit le héros (han mince alors je comptais te donner du gâteau pour te remercier de m’avoir aider mais y en a plus, je suis donc obligée de te payer en nature…wait what ?), on se dit « Mais c’est pas possible, elle pense qu’à ça ? Merde je viens de sortir de la route d’Aeka, je m’attendais à autre chose que du sexe en rafale », mais plus l’histoire avance moins il y a de scènes érotiques (bon c’est quand même elle qui en a le plus), et plus Mizuki prend de l’épaisseur. Son comportement au jour le jour, qui ne fait attention à rien, et son désir de vivre le plus possible le plus vite possible, s’explique par sa hantise de la mort et son absence de lendemain. Se coucher tous les soirs en pensant ne jamais se réveiller est son sentiment le plus profond. Il n’appartient donc qu’à Kouhei de lui offrir un avenir…s’il arrive à survivre à tous ses excès, aussi bien en terme d’alcool, de sexe, d’argent que de drogue (mélange pour le moins détonnant).

 

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Je ne pense pas avoir vu ce thème où que ce soit et je dois dire que c’est une route assez surprenante, comme si les développeurs avaient décidés de nous faire haïr Mizuki d’abord avant d’enfin s’identifier à elle et à ses angoisses. Comme elle est totalement imprévisibles, attendez-vous à tout avec elle ! Un exemple qui me vient en tête est le fameux voyage à Hong Kong : le narrateur s’éveille dans un avion et a l’impression de vivre un rêve, du coup on ne comprend absolument pas ce qui se passe ni ce qu’il fait là…jusqu’à ce que ça fasse tilt et qu’on finisse par admettre que Mizuki l’a carrément enlevé et drogué pour qu’il vienne avec elle au casino. Autre exemple : Kouhei ouvre la porte du conseil des élèves pour venir donner un coup de main et surprend la belle présidente complètement bourrée en train de faire des trucs pas nets, et quand elle le fait joyeusement participer, quelqu’un a la mauvaise idée d’entrer…WTF garanti. Heureusement que tout cela s’estompe au fur et à mesure que l’on plonge dans les méandres de la psychologie de Mizuki, qui finit par être attendrissante justement au moment où leur amour semble devenir impossible par des circonstances imprévues.

 

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Un scénario bien plus complexe que les autres, et plutôt destiné aux amateurs de challenge je crois, parce que qu’est-ce que c’est dur d’obtenir la bonne fin (et effet papillon oblige si tu ne couches pas avec elle comme il faut dans telle scène, pouf 150 lignes plus loin tout foire). Il n’empêche que c’était un pari risqué d’introduire ce genre de filles dans l’histoire et que ça ne réussit finalement pas trop mal. C’est quand même dommage que, comme Aeka, la première scène de sexe soit aussi mal introduite.

 

 

Case 3 : Drug

Cat Sidhe Nekoko est une foldingue qui sévit en ville en ce moment : elle vole des bentô pour satisfaire sa faim, aime se faire poursuivre par des yakuzas, fouiller dans les poubelles et provoquer des émeutes en grimpant dans les arbres. Pourtant il émane d’elle quelque chose d’attirant, une impression de vie et de couleurs qui donne envie au transparent Kouhei de l’aider à trouver ce qu’elle recherche, c'est-à-dire le Royaume des Fées. Or comme le titre l’indique, ces yeux brillants et cette énergie vitale que possèdent Nekoko ne semblent pas tout à fait naturels. Dès lors il faudra que le jeune homme tente de la convaincre d’arrêter la « poudre de fée » et peut être même, en parallèle, de débusquer sa véritable identité.

 

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Un thème aussi original que fascinant cette fois-ci. Comme c’est ma première route et une de mes préférées, j’ai du mal à rester partiale, mais c’est vraiment une des plus complètes. D’un côté le personnage de Nekoko en lui-même est horriblement comique, elle fait une sorte de show en permanence et a le chic pour entraîner son comparse dans des situations loufoques. La sexualisation de leur relation se fait sur le même mode : la charmante jeune fée a besoin d’énergie pour monter au Royaume des Fées, c’est évident, il faut donc que Kouhei se dévoue. On dirait pas comme ça mais la façon dont elle présente les choses est vraiment drôle. Mais de l’autre côté on comprend vite que la fée n’est justement qu’un « personnage » et que la véritable Nekoko, une sorte de double féminin du héros finalement, se cache derrière cette identité pour échapper à la monotonie du monde dans lequel elle est plongée, pour avoir l’impression de vivre pleinement, de sortir du carcan de la société. A noter que la mauvaise fin de Nekoko possède une CG bien spécifique que je meurs d’envie de montrer mais ce serait vraiment spoiler donc je m’abstiendrais =<.

 

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Le thème le plus fort des trois mais peut être que l’extravagance de Nekoko ne plaira pas à tous. Pour certains c’est le « vrai » scénario en ce qu’il reprend le titre (A drug that makes you dream) mais pour ma part, je considère que la drogue mentionnée dans le titre est allégorique. Comme le héros le déclare dans la route de Mizuki, il est « accro » à elle. Alors, et si cette drogue c’était l’amour ? Cela me semble être une jolie interprétation…

 



Général

On m’a déjà posé la question avec Ever 17 donc je prends les devants si jamais une pauvre âme se hasardait à me demander « Et tu préfères quoi ? Saya no Uta ou Yume Miru Kusuri ? ». Saya no Uta c’est l’ombre et Yume Miru Kusuri la lumière, il n’y a pas de comparaisons à faire, le premier étant de toutes façons hors catégories. Evidemment quelqu’un qui n’a jamais touché un eroge de sa vie, je lui conseillerai plutôt le dernier, beaucoup plus abordable.

 

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Parce qu'il fallait bien une image un peu moins sage =)

 

En conclusion, Yume Miru Kusuri est une très bonne surprise, un joyau pastel qui embarque le lecteur dans un voyage aussi moderne que poétique. Un scénario et des personnages forts se chargent de vous plonger dans le conte d’une vie qui se rêve un meilleur horizon à travers les trois cas problématiques les plus courants du Japon actuel (en tout cas c’est apparemment le but du jeu). Et pour une fois il est possible de s’identifier au héros, qui sans être très présent, possède quand même une certaine épaisseur (paradoxe puisqu’il n’est pas doublé) et cherche, en sauvant ces demoiselles, avant tout à se sauver lui-même. Les scènes de sexe en elles-mêmes ne sont pas si primordiales que ça dans la plupart des routes (Aeka, la majorité de Nekoko) mais certaines ont une réelle importance dans le scénario et les dialogues prennent finalement le pas sur les images.

Un jeu à essayer absolument au moins une fois, juste pour le plaisir d’être chaviré d’une émotion à une autre et de soupirer de contentement une fois toutes les CGs réunies.

 

Quelques toutes petites remarques pour finir au niveau du Gameplay : l’avantage ici c’est qu’on peut tout passer en avance rapide, mêmes les scènes qu’on a pas vu (contrairement aux autres jeux) mais l’inconvénient c’est qu’à chaque fois qu’une décision apparaît, la souris se met automatiquement sur le premier choix. Donc faites gaffes, n’allez pas trop vite sinon vous allez vous faire avoir =O.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 15:35
Cela fait longtemps que je n’avais pas fait de top et je crois que je devrais en faire plus souvent.

Musique

 

Les eroges ont parfois des openings franchement sympas et à part certains titres archi-connus (surtout à cause de leur adaptation en anime), il est assez difficile de se procurer ces bandes-son. Un article pas du tout inspiré de mes folles nuits à chercher partout comme une malade des musiques qui sont tellement pas connues que pour les avoir sur son MP3 va falloir se lever de bonne heure. Evidemment c’est un classement purement subjectif et qui se base beaucoup sur la musique (mon péché mignon) mais aussi sur le visuel un peu quand même.

 

EDIT 12/10 :    Une refonte de l'article a été faite en bien mieux, rendant celui-ci inutile, donc allez plutôt voir

ici

 

10

Nursery Rhyme

True my heart - Sakura Saori

 

Une piste entraînante et sucrée. A consommer avec modération. A noter qu’un MAD sur Code Geass vachement bien foutu a été posté avec cette chanson, pour ceux qui ont toujours rêvé de voir Lelouch en héros de harem, c’est l’occasion.

 

 

9

Kanon

Last Regrets – Ayana

 

Des visuals novels de Key, celle-ci est ma chanson préférée mais malheureusement l’animation ne suit pas vraiment. Disons que rester trop longtemps sur l’image des héroïnes casse un peu le tout, sans compter le fond blanc trop présent.

 

 

8

Air

Tori no Uta – Lia

 

Là encore j’aime beaucoup la chanson mais rester, montre en main, près de 45 secondes sur le même paysage en guise d’introduction ça donne pas très envie. Bon point à 2 :10 pour l’effet pastel/crayon de couleur sur la fille aux cheveux blonds (Misuzu si je me souviens bien).

 

 

7

Canvas 3

Kono Koe Ga Todoitara - Eufonius

 

 

 

C’est tout doux, tout mignon et les graphismes sont absolument superbes mais la chanson met un peu trop de temps à démarrer (1 minute presque), ce qui est assez dommage.

 

 

6

Tomoyo After ~It's a wonderful life~

Light colors – Lia

 

Encore un Key, je sais, je suis faible mais c’est vrai que leurs openings sont globalement assez cools. Celui-là est le mieux foutu je trouve, bien que j’aime un peu moins la chanson que pour les autres titres du studio.

 

 


 

Maintenant on entre dans le top 5, c’est du serious buisness !

 

5

Sengoku Rance

 

 

 

Piste instrumentale avec un moment reposant mais plutôt rythmée dans l’ensemble, ce qui donne une dimension épique à l’opening déjà bien orienté guerre. L’animation suit. Seul défaut : la baisse de tension à la fin qui ne conduit pas à l’apothéose voulue. Le Gurren Lagann des eroges.

 

 

4

Touka Gettan

 

 

 

Encore une piste instrumentale mais à l’opposé de la précédente, ici tout n’est que douceur et mélancolie. Je trouve la musique absolument envoûtante, ça donne envie de pleurer, comme ça, sans raison. Alors le tout assortie de belles images, que demander de plus ? Seule ombre au tableau : l’introduction un peu longue (sur un opening qui dure déjà 4 minutes). Un voyage féerique…(si quelqu’un peut me donner le nom de cette merveille, je le bénis)

 

 

3

Gun – Katana

Raison d’etre - Denshiki Karen Ongaku Shuudan

 

Oubliez tous les openings d’eroges mièvres que vous avez pu voir avant, parce que là ça dépote. Un univers sombre et malsain des plus intrigants.

 

 

2

Yume Miru Kusuri

Sekai ni Sayonara – Marica

 

 

 

C’est doux, mélancolique, un peu triste, on en prend plein les mirettes et plein les oreilles. Pis les paroles sont cools :3. Bon point pour l’effet puzzle du début.

 

 

1

Boku no te no naka no rakuen

Papiliones – Kanako Itou


 

 

Alors là,  rien à dire, je suis tombée amoureuse de la musique. Comme les graphismes sont pas trop mal, voire pas mal du tout, cet opening gagne ma préférence. Lent et rythmé à la fois, comme j’aime. Bon point pour les papillons.

Par contre, bien que Kanako Itou soit assez connue (c'est elle qui a fait les chansons de Saya no Uta quand même :3), pas moyen de mettre la main sur cette musique (surtout que la version longue est encore mieux). Si quelqu'un a, je suis preneuse.

 

 


 

Mention spéciale à :

Kurukuru Fanatic

 

 

Un opening plus que déjanté avec des tas de yandere qui pètent un câble de partout. C’est le genre de truc complètement inclassable et loufoque que tu  peux adorer ou détester mais jamais entre les deux. Ressemblance avec IOSYS ?

 


 

Voilà, j’espère (au-delà des openings de Key déjà très connus) que vous avez découverts de nouvelles musiques sympathiques

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 17:36

Eroge

 

PREMIERE HISTOIRE
QUI TRAITE D'UN MIROIR ET DE SES MORCEAUX

 

Il était une fois un méchant sorcier, un des plus mauvais, le Diable en personne. Un jour qu’il était de fort bonne humeur il avait fabriqué un miroir très spécial, un miroir ensorcelé dont la particularité était que le Bien et le Beau en se réfléchissant en lui disparaissaient mais que tout ce qui était laid apparaissait nettement et empirait encore. Les plus beaux paysages étaient réduits à néant, ressemblaient à de la bouillie informe et repoussante, de même les plus jolies personnes y apparaissaient monstrueuses à en faire peur, leurs visages étaient si déformés qu’ils n’étaient plus reconnaissables. Le diable trouvait ça très amusant. Pour la première fois, disait-il, on voyait comment la Terre et les êtres humains sont réellement.

 

Les apprentis sorciers sous son autorité racontaient à la ronde que c’est un miracle qu’il avait accompli là. Ils voulurent voler vers le ciel lui-même pour se moquer aussi des anges. Plus ils volaient haut avec le miroir, plus ils ricanaient. C'est à peine s'ils pouvaient le tenir et ils volaient de plus en plus haut, de plus en plus près de Dieu et des anges, alors le miroir se mit à trembler si fort dans leurs mains qu'il leur échappa et tomba dans une chute vertigineuse sur la Terre où il se brisa en mille morceaux, et alors, ce miroir devint encore plus dangereux qu'auparavant. Certains morceaux voltigeaient à travers le monde, aussi légers que des grains de sable. Si par malheur quelqu’un recevait un éclat dans l’œil, le pauvre accidenté ne voyait plus que ce qu’il y avait de mauvais en chaque chose, le plus petit morceau du miroir ayant conservé le même pouvoir que le miroir tout entier. Quelques personnes eurent même la malchance qu'un petit éclat leur sautât dans le cœur et, alors, c'était affreux : leur cœur se changeait en pierre, ils ne pouvaient plus sentir ni compassion ni pitié. Ils étaient maudits.

 

Mais ce n'était pas fini comme ça. Dans l'air volaient encore quelques parcelles du miroir !

 

La Reine des Neiges, Hans Christian Andersen

 


 

Menu

 

C'est l'histoire de Fuminori Sakisaka, un étudiant en médecine ordinaire, dont la vie bascule le jour où il est victime d'un accident de voiture Ses parents décèdent sur le coup tandis que lui reste entre la vie et la mort. Pour le sauver, le corps médical lui opère le cerveau de manière assez expérimentale. Il s'en sort mais non sans effets secondaires particulièrement atroces. Désormais ses sens sont complètement déboussolés et le monde devient un véritable cauchemar : les êtres humains sont des monstres défigurés, les rues couvertes d'organes, la nourriture a un goût répugnant et même les fleurs sentent la pourriture.

Évidemment c'est un drame pour lui mais Fuminori décide de garder son mal secret de peur d'être enfermé à l'asile ou pire, de servir de cobaye à des expériences scientifiques toute sa vie. Chaque jour il s'enfonce un peu plus dans la folie tandis que ses anciens amis, physiquement morts à ses yeux, s'inquiètent de plus en plus à son sujet. Une nuit, à l'hôpital, alors que Fuminori décide de se suicider pour mettre fin à cette horreur, il croise le chemin de Saya, la seule figure humaine des environs. Mais qui est-elle vraiment et pourquoi peut-il la voir normalement ?

 

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Saya no Uta est un visual novel érotique réalisé par la firme Nitro+ en 2003 avec Chūō Higashiguchi (Mnémosyne, une bonne partie des jeux Nitro+) au character design et Gen Urobuchi (Puella Magi Madoka Magica, Phantom of Inferno) au scénario et encore aujourd’hui il fait figure d’OVNI dans le média, notamment à cause de son univers atypique et noir.

 

D’emblée, on découvre avec stupéfaction et dégoût le monde tel qu’il est perçu par Fuminori, un monde dégueulasse, cauchemardesque, l’image trop vivante de l’enfer sur terre. Les rues sont parsemées de tripes et de cadavres, les passants sont des créatures hideuses qui crachent des sons grésillant en guise de paroles. Tout y sent mauvais, tout y est pourri, en décomposition. Fuminori avait des amis, aujourd’hui il ne les comprend plus ; comment le pourrait-il ? Kōji, son meilleur ami, sa petite amie Ōmi, la timide et jolie Yō qui ne lui semblait pas indifférente, sont comme morts à ses yeux. Ce sont des abominations désormais, plus les visages souriants d’autrefois. En un sens, le héros de Saya no Uta est très similaire à Kay de la Reine des Neiges d’Andersen qui reçoit des fragments du miroir maléfique et dans l’œil et dans le cœur. C’est la même descente aux enfers...en plus violent. Et si on poursuit la comparaison, l’amie d’enfance incarnée par Yō a tout d’une Gerda, sauf que celle-ci est parfaitement impuissante. Pour tout ce qu’il endure, on se surprend très vite à faire preuve de beaucoup de compréhension à l’égard de Fuminori : certes il se montre de plus en plus antipathique avec ses amis et d'une froideur assez glaçante, mais c’est parfaitement justifié quand on sait qu’il se débat chaque jour contre la folie.

 

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C’est d’ailleurs là qu’intervient Saya. La jeune fille est un peu son seul espoir, le dernier fil qui retient Fuminori à ce monde hideux dont il ne peut s’échapper, la seule source de chaleur et d’humanité. Elle va donc prendre de plus en plus d’importance puisque c’est le seul refuge dont il dispose pour se sauver du désespoir. Or, vous vous doutez bien que la demoiselle a quelque chose à cacher, que quelque chose cloche : elle ne sort que très tard la nuit de peur d'être vue, prétend ne pas avoir d'amis car elle fait peur à tout le monde et n'a pas l'air d'avoir de domicile. Je pense que je ne vous spoilerai pas si je vous dis que Saya n'est pas tout à fait humaine. Sa véritable apparence n'est jamais vraiment montré mais comme Fuminori le fait lui-même remarqué dans une des fins, si les choses normales lui apparaissent monstrueuses et que les choses monstrueuses lui apparaissent magnifiques, elle doit avoir une forme assez unique.

 

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Et c’est finalement là l’aspect le plus intéressant du scénario. Tout comme la Reine des Neiges, Saya no Uta met en scène la lutte du Bien contre le Mal mais en la pervertissant au plus profond degré. Depuis que ses sens ont été bouleversés, Fuminori ne cesse de finalement perdre son humanité. D’où la question : Qui de Saya ou des amis de Fuminori est le plus humain ? Qui est le méchant ? Qui est le gentil ? La réponse ne change-t-elle pas radicalement selon notre perception ? Il y a un aspect presque philosophique qui est palpable. Saya no Uta force le joueur à se poser des questions à mesure qu’il avance dans l’aventure, mais aussi à remettre en cause ce qu’il croyait.

 

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Il n’y a pas énormément de personnages dans l’œuvre mais ils sont tous soigneusement travaillés. En plus du couple principal autour duquel gravite l’intrigue, on compte donc Kōji, Ōmi et Yō dans le trio des amis ainsi que Ryōko, le médecin en charge du cas de Fumnori aussi redoutable que belle. Saya no Uta n’étant définitivement pas pour les enfants, tous ces personnages, même les deux ou trois secondaires en plus, vont en baver sévèrement : cannibalisme, viol, meurtre/massacre (à ce stade ce n'est plus « juste » du meurtre), cruauté simple, tentacules, sadisme, tout le monde va en prendre pour son grade. Ce qui fait de ce jeu une oeuvre incroyablement gore (pas tant par les images que par les situations en elles-mêmes) donc à déconseiller aux âmes sensibles. Évidemment, comme c'est un eroge, il y a aussi des scènes de sexe, or la plupart d’entre elles servent surtout à accroître l’horreur et sont par là presque indispensables à l’ambiance du jeu. Seules les scènes d’amour entre Saya et Fuminori paraissent plus dispensables, mais elles sont aussi nécessaires parce qu’elles permettent d’établir un contraste.

 

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Qu'est-ce qu'il y a de si fabuleux dans Saya no Uta pour que j'en parle comme ça avec des larmes aux yeux, ou presque ? Je dirai que malgré le côté gore, il y a un charme indubitable à cette oeuvre. Gen Urobuchi sait vraiment changer la laideur en beauté. Les graphismes magnifiques (même si terriblement inquiétants dès que des tripes sont dans le coin) et la musique, qui l’est tout autant, l’attestent et collent parfaitement avec l’ambiance glauque, l’accentuent. Le seul défaut qu’on pourrait trouver à ce bref eroge serait l'interactivité moindre. En effet, vous ne décidez de rien ou presque car en tout il n'y a que deux fois où on vous demandera votre avis. En somme on se rapproche plus du kinetic novel (linéaire) que d’un visual novel à choix. Il y a trois fins possibles, toutes très tristes, qui vous chatouilleront les yeux [spoiler] et dont la meilleure montre Saya, telle une chrysalide devenant papillon, accéder à un autre niveau d'existence [spoiler]

 

  Un des thèmes les plus marquants du jeu, Song of Saya I, par Toshimichi Isoe

 

En conclusion : si vous êtes majeur et que vous avez les tripes bien accrochées, c'est résolument une expérience que je recommande, une sorte de fusion improbable et envoûtante entre le conte d’Andersen et le mythe de Cthulhu. Vous trouverez assez facilement des traductions sur le net vu la popularité du jeu (il y en a même une en français chez Nnuuu).

 


Edit 27/11/11 : L'article a été totalement refondu, pour le retrouver sous sa forme originale (histoire de comparer mes progrès en analyse peut-être ), je vous redirige vers mon ancien blog.

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:51



Youhou, un autre eroge ! Et celui-ci est nettement moins soft que les Come See Me Tonight. Rien que le titre sert de scénario \o/.


J'aime bien ce message...

 





C'est l'histoire d'un mec appelé Yusuke Yagami (dont le nom évoque un autre Yagami tout aussi dérangé de la cervelle) qui, après avoir surpris sa mère en train de coucher avec un autre homme que son père, se met à considérer toutes les femmes comme des garces nymphomanes (ça commence bien !). Et justement, un jour, son père qui est tout le temps en déplacement à cause du travail se remarie. Il va donc faire la connaissance de sa nouvelle « maman », Misako, et de sa fille, Shiina.

On se croirait dans La petite maison dans la prairie...


Et comme il s'ennuie sévère, il décide d'en faire ses esclaves... Voilà encore un gars qui a trop regardé Death Note.



Alors que se passe-t-il dans ce jeu ? Oh, tout un tas de trucs assez funs ! L'histoire commence avant que le héros ne rencontre Misako et il en profite pour se faire Mio, sa cousine et sex friend à ses heures perdues.


Yeah, à deux minutes de jeu y a déjà de l'inceste ! Record battu ! J'aime beaucoup l'écran de choix à ce moment là par ce que même en décidant de résister à Mio, il se la fait quand même... Logique.
Après sa gentille promenade, il retourne chez lui et se rend compte qu'il y a des gens qui déménagent chez lui. Misako entre en scène et lui explique la situation. « Luc, je suis...ta mère !!! ».
Tout de suite le héros, qui a de très bons yeux, remarque le potentiel incroyable de Misako qui se situe dans sa finesse, son intelligence, son sens critique, ses boobs...wait, what ?



Et oui, Misako a une poitrine gigantesque, chacune de ses pastèques doit bien faire la circonférence de trois ballons de football à vue de nez. Réalisme : zéro !

Le héros a alors une illumination ! Puisqu'une conne à gros seins est chez lui et que toutes les femmes sont des garces, autant se la faire, de toutes façons papa n'est pas là pour surveiller \o/. Et là ça commence à vraiment devenir n'importe quoi ! Le héros demande à sa « mère » de l'embrasser (avec la langue) tous les matins par ce que c'est normal et que tout le monde le fait (et elle y croit l'abrutie !), puis va dans un sex-shop, s'achète pleins de jolis joujous et de quoi filmer en cachette les filles de sa maison. Avec ce qu'il a filmé (au choix dans la douche ou dans les toilettes), il menace Misako, genre « Si tu couches pas avec moi, je postes des photos de toi à poil sur Internet ! ». Comme c'est une gentille maman qui veut être gentille avec son zentil n'enfant...elle accepte. ZOMG, mais quelle conne !

RAEP or don't RAEP, that's the question...


S'en suit toutes sortes de jeux sexuels plus ou moins hard : du cosplay nurse/robe chinoise, utilisation des triples sextoys à forage, fouet et bougies (ça doit faire mal quand même), quintuple pénétration par des mecs *invisibles* sur une sorte de scène de théâtre, Misako se fait violer par un inconnu et le héros peut soit la secourir soit la regarder se faire cracher dans la bouche en se touchant, il peut aussi la stalker et la tripoter dans un bus bondé, et faire toutes sortes de joyeusetés déconseillées aux enfants.

Misako vous le confirme, ça fait mal !


Si le scénario peut encore tenir la route si on le regarde du haut d'un building de 25 étages, c'est-à-dire de très loin, les persos sont tous des têtes à claque !
Misako est complètement stupide, on a la forte impression que la masse que devait représenter son cerveau a glissé dans ses oppais, sa fille Shiina est encore pire puisque c'est une loli ingénue encore plus stupide que sa mère qui passe son temps à se toucher avec un stylo et Mio, la plus intelligente des trois filles, est juste une garce vide et inintéressante qui ne pense qu'à ça.
Ne parlons même pas du « héros » qui concentre tout le sang de son cerveau dans ses parties génitales. Quoi que c'est de loin le plus sympathique... Je sais que c'est un hentai mais merde quoi, on aurait pu moins bâcler les personnages. Misako et Shiina sont tellement stupides que l'on en vient à désirer qu'elles passent à la casserole de la façon la plus tordue possible.

Regardez le sourire en coin du héros : Shiina va y passer incessamment sous peu \o/!


Les fins sont par contre assez variées pour avoir « l'envie » de faire le jeu plusieurs fois. Il y a beaucoup de CGs à débloquer et les avoir toutes demande pas mal de temps sachant qu'ils sont plutôt variés. C'est même impossible de tout obtenir sans l'aide d'une FAQs tant les choix ont des conséquences subtiles. Le but étant de remplir une des deux barres, l'une, Love, conduisant au mariage, l'autre, Lewd, à l'esclavage sexuel.
On peut donc se marier soit avec Shiina soit avec Misako (prend ça dans les dents papa, je te pique ta femme !).

Choose your wife


On peut aussi faire soit de Misako soit des deux filles des toutous soumis aux caprices de leur maître. Car c'est connu, toutes les filles qui se font abuser finissent par aimer ça...

Il y a aussi possibilité de finir avec Mio (inceste rules !).

_Mais euh, je veux pas que tu couches avec quelqu'un d'autre que moi !
_Mio...en gros tu es amoureuse de moi aussi, c'est ça ? Mais qu'est-ce qu'elles ont toutes à pleurnicher dès que je suis dans les parages ?


Mais le must ce sont les bads ends ! Le héros peut se faire massacrer par Shiina par ce qu'il fait des trucs pas bien avec sa môman, finir en taule pour harcèlement sexuel (ah quand même) ou recevoir des lettres lolzesques de Misako qui se barre : soit il ne sait pas coucher avec elle correctement, soit c'est par ce qu'il en a une trop grosse. Epic win !
Le plus surprenant dans ce jeu c'est l'ambiguïté de certaines fins. Ainsi celle qui paraît le plus happy end, c'est-à-dire le mariage avec Misako, tourne très vite à l'étrange : non seulement le héros ne trouve rien de mieux que de coucher avec elle devant Shiina pour, je cite, « montrer leur amour » mais en plus la présence d'un couteau aiguisé vers la toute fin laisse entendre que nos tourtereaux n'auront probablement pas une vie très longue.

Un happy end comme je les aime, assaisonné et bien cuit !


Une autre fin, cette fois-ci mauvaise, tente de nous brosser un tableau psychologique plus ou moins « émouvant » après que le héros se soit fait abandonné, éploré s'écrie « Maman m'a abandonné » et que Misako soit mystérieusement revenue auprès de lui ; il se met alors à pleurer et s'écrie qu'il voulait juste que sa maman reste avec lui pour toujours. Là encore il y a de quoi se poser des questions. Pour avoir tous les CGs il faut absolument avoir toutes les bads ends et celles-ci nous apprennent justement beaucoup plus que n'importe quelle autre fin : en effet, Misako écrit noir sur blanc dans ses lettres qu'elle savait depuis le début que le héros voulait la sauter et en réalité ne demandait que cela. On comprend alors que le héros avait raison dès le début et qu'effectivement Misako est une garce nymphomane comme sa mère.

Truly épic...


En conclusion, Gibo Stepmother sin est un eroge assez médiocre avec un design vraiment moyen (mais bordel les tétons rouges et la taille des seins !), des personnages têtes à claque dont certains ont une voix TRES agaçante (Shiina, go to hell !), une musique aussi chiante que celle que la plupart des eroges peuvent avoir, un scénario assez mince pour tenir sur un string et des situations toutes plus lolzesques les unes que les autres (Je suis mariée alors je ne peux pas coucher avec toi, par contre je peux te faire autant de fellations que tu veux du moment que tu m'appelles maman). Allez voir votre belle-maman et demandez-lui sa position favorite comme le fait la tanche qui sert de héros, je crois que vous comprendrez assez vite ! A part si vous fantasmez sur votre belle-mère et que vous êtes fans de SM, c'est un jeu qui ne présente que peu d'intérêt à moins de n'avoir rien de mieux à faire ou d'être sensible au côté WTF du hentai.



Après ça je risque de ne pas parler d'eroges pendant un petit bout de temps, histoire de faire autre chose, par ce que ça peut très vite devenir lassant mine de rien.

 

Ndla : Une adaptation hentai de ce magnifique eroge est sortie, et que dire sinon...euh...que c'est atroce ?

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