11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 14:00

Je réalise que je ne parle presque plus que de visual novel depuis quelques mois, je profite donc d'un revisionnage intempestif pour corriger un peu le tir et parler à nouveau d'anime. Et pas n'importe lequel.

 

Anime

 

Haruhi Fujioka est l’unique étudiant de classe moyenne à intégrer l’académie Ouran, institut réputé et fréquenté par les plus riches, grâce à ses excellents résultats scolaires et à une bourse de mérite, tout ceci dans le but de devenir un grand avocat. Seulement ses plans sont troublés lorsqu’au détour d’un couloir, elle tombe sur le club d’hôtes : en voulant s’échapper, Haruhi brise un vase d’une valeur inestimable et se retrouve contrainte de travailler pour les membres afin de rembourser sa dette. Mais voilà, il se trouve qu’Haruhi est une fille, la seule fille au milieu de beaux jeunes hommes censés séduire les midinettes par leurs atouts, ce qui entraîne moult quiproquos et situations hilarantes.

 

L’anime, produit par Bones en 2006, est une adaptation d’environ la moitié des tomes du manga du même nom, crée par Bisco Hatori, et, autant le dire tout de suite, a longtemps été un vrai coup de cœur pour moi. Peu sensible à l’humour japonais en général, j’ai adoré l’absurde qui règne tout le long d’Ouran High School Host Club mais aussi toutes les facettes explorées avec succès par la série. Je voudrais donc revenir sur ce qui fait le charme d’Ouran…mais aussi son aspect plus ambigu.

 

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Ca swingue chez les riches

 

Des personnages hauts en couleur !

Toute la série reposant essentiellement sur ses personnages, il est nécessaire de les présenter, chacun incarnant un stéréotype censé attirer le public du club d’hôtes.

 

Blond aux yeux bleus, sourire enjôleur et exubérance marquée, Tamaki (doublé par Mamoru Miyano) joue le rôle du prince, de l’homme parfait et séducteur. Il a ainsi pour habitude de sortir des déclarations tellement over-the-top qu’elles en sont ridicules et aussi de faire beaucoup de caprices. Chef autoproclamé, il laisse en fait Kyouya (Masaya Matsukaze), le brun à lunettes mystérieux et froid, gérer l’organisation et la comptabilité pendant que Hikaru (Kennichi Suzumura) et Kaoru (Yoshinori Fujita), les jumeaux terribles, mettent l’ambiance. Ces derniers jouent ouvertement sur leur fraternité pour mimer des scènes yaoi, ils sont aussi les malicieux du groupe, débordant de bonne humeur, toujours à faire des blagues – majoritairement à Tamaki. Et puis il y a « Honey » (Ayaka Saitou), le shota fan de gâteaux qui se promène avec son lapin en peluche, et Mori (Daisuke Kiri) qui, lui, figure l’homme sauvage et peu bavard, qui ferment la marche – et se vautrent tous les deux dans les scènes yaoi avec complaisance. Face à ces stéréotypes ambulants, la pauvre Haruhi (Maaya Sakamoto) écope du rôle du gars « naturel », le mec sympa et inoffensif.

 

Un opening diablement catchy
 
Tout ce petit monde est régulièrement sollicité par des personnages dans le besoin (généralement pour apprendre l’art de la séduction) et il appartient au club de les aider, créant une alternance de comique et de sérieux pas déplaisante. Chaque protagoniste a sa petite histoire, son caractère, et on s’y attache plutôt bien, d’autant plus qu’ils ne disparaissent pas totalement une fois leur arc conclu. Le club est d’ailleurs souvent comparé à une famille car les membres s’entraident et apprennent à s’ouvrir au monde. La particularité d’Ouran c’est donc de manier une esthétique flamboyante : musique classique, design très typé bisho (bien moins laid que le manga, à mon sens), performances de doublage tonitruantes (Mamoru Miyano charismatique à souhait, notamment, mais les autres s'en sortent très bien aussi) et effets visuels à base de pétales de fleurs et de brillant. Et malgré cela, l’anime arrive à se montrer sérieux quand il le veut sans que cela ne dérange.

 

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Bienvenue dans un otome game !

Evidemment les tropes liés aux personnages principaux sont là en forme de clin d’œil à la culture des otome game qui sont abondamment glorifiés et parodiés. Les personnages endossent un rôle et en sont conscience, ils brisent donc allègrement le quatrième mur et se jouent de leur propre personnalité. Par exemple, Renge, la fujoshi, apparaît régulièrement pour commenter les protagonistes occasionnels et offre des conseils pour améliorer leur image : mettre un pansement pour avoir l’air plus sauvage, débattre de s’il faut ajouter un 2e shota, fourrer un ours en peluche dans les mains d’un délinquants pour le rendre plus « moe », etc. Son épisode dédié développe d’ailleurs une réflexion intéressante sur l’intérêt qu’il y a à accepter de s’ouvrir au monde et d’accepter les gens tels qu’ils sont plutôt que de s’enfermer dans des préjugés (et dans les jeux-vidéo puisque c’est son péché mignon).

 

Le côté parodique transparaît également beaucoup à travers les pseudo-scènes yaoi où les personnages font des sous-entendus savoureux sur fond de fleurs shoujo-esque et de cris de fangirls en délire. Ce n’est donc pas étonnant que l’anime ait par la suite été adapté…en otome game (au Japon seulement, malheureuses). Le club d’hôtes étant bien souvent le prétexte pour une thématique (plage, kimono, etc) car le cosplay est aussi légion dans l’anime, ce qui offre un sacré potentiel de fanservice. Pas étonnant qu’Ouran soit aussi populaire auprès d’une partie de la gent féminine, il est tout entier tourné vers la culture fujoshi.

 

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Prolétaire versus bourgeois

La source de gags principale reste tout de même la confrontation entre le monde très pragmatique et très commun d’Haruhi avec l’exubérance et la désinvolture des riches : la collision entre des valeurs très différentes produit un résultat souvent assez savoureux. On peut citer l’exemple du café en poudre qui étonne Tamaki et sa bande, leurs fantasmes à propos de l’habitat d’Haruhi, leur curiosité face aux petits gadgets qu’elle ramène du supermarché, tout comme en face il y a la fascination d’Haruhi pour leurs fêtes immenses, leur débauche d’argent et leur mode de vie insouciant. Au final chaque monde apprend de l’autre, finit par s’accepter. En parallèle, l’adaptation anime fait un travail assez remarquable pour accentuer l’humour auditif et les effets visuels. On pense à la flèche qui clignote tout le long de l’épisode 1 avant même qu’Haruhi ne brise le fameux vase, aux diatribes de Tamaki (je vous avais déjà dit que Mamoru Miyano était charismatique ?), aux fleurs qui tournent autour d’Honey pour renforcer son côté mignon, etc.

 

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Une profondeur bienvenue

Avec tout cet apanage, on pourrait croire qu’Ouran se limite à du tranche de vie chez les bourgeois. Or, ce qui est intéressant c’est que chaque personnage principal sort plus ou moins de son stéréotype grâce à l’exploration de son passé. Ils ont tous des conflits intéressants, suffisamment développés pour apporter de la profondeur psychologique : l’ouverture des jumeaux au monde extérieur et leur différenciation progressive (chacun révèle une personnalité propre), le lourd passé de Tamaki, les conflits familiaux de Kyouya et sa difficulté à s’exprimer, l’équilibre trouvé par Honey entre ce qu’il est et les attentes des autres (qu’il se montre viril), etc. A noter quelques pointes de symbolisme avec la citrouille de Kaoru (référence à Cendrillon) mais surtout l’épisode centré autour de Kyouya qui est très intéressant. On y voit sa sœur insister pour ranger ses affaires, or voilà, elle n’arrive pas à faire rentrer les vêtements dans l’armoire, créant du même coup un bordel sans nom. Simple gag ? Pas tellement puisque l’impossibilité de ranger les vêtements fait écho au fait que Kyouya cache ce qu’il est afin de correspondre aux attentes de son père : ses sentiments sont imposants, devraient prendre de la place et pourtant ils sont soigneusement rangés au fond de lui, ce dont se plaint la soeur. Ce n’est que lorsque Tamaki viendra bouleverser la logique de Kyouya, le rendant pour la première fois véritablement expressif (en colère) qu’on verra ce dernier étendre ces vêtements à travers la pièce, comme s’il acceptait enfin ses propres sentiments.

 

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Je pourrais insister pendant des heures mais je pense qu’Ouran est un anime qu’on ne peut pas vraiment décrire sans gâcher puisqu’il est surtout axé sur une suite de gags et la quête personnelle des personnages. Le dernier épisode ne conclue pas réellement l’histoire, vu que le manga était encore en cours à l’époque, mais il montre la progression d’Haruhi : au début réticente aux activités du club, elle fait à la fin véritablement partie de la famille. Je vais donc revenir sur un autre aspect de la série, qui pose davantage de questions.

 

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La question du genre

 

Une héroïne hors du commun…

Les lecteurs familiers d’otome game et de shoujo s’accorderont souvent à trouver leurs héroïnes fades. Il y a des exceptions, bien sûr (je pense au début de Skip Beat), mais voilà, le stéréotype de la Mary Sue, la jeune fille pure, naïve et innocente, a les dents dures. Aussi est-il rafraichissant, voire même surprenant, de tomber sur une jeune femme bien plus affirmée. Haruhi le déclare dès les premiers épisodes : elle n’a que peu d’intérêt pour l’apparence physique et le genre. Autrement dit, ça lui est bien égal d’être considéré comme un homme ou comme une femme. A plusieurs reprises dans la série, elle rappellera son indépendance et son ambition (devenir avocat), elle se lancera même à la rescousse de ses camarades de lycée lors de l’épisode plage. Son pragmatisme fait une bonne contrepartie à la flamboyance de Tamaki et aux sarcasmes des jumeaux. Il est même intéressant de noter qu’elle arrive à différencier ces derniers dès le début de la série, montrant par là-même qu’elle ne se laisse pas berner par le « paraître » et qu’elle est attentionnée. Sans toutefois donner dans la perfection puisque l’on montre clairement ses failles (peur du tonnerre, gourmandise, etc), failles qui contribuent à renforcer son humanité.

 

Le principe même de l’anime est qu’Haruhi va devoir se déguiser en homme et séduire les demoiselles pour rembourser sa dette, ce qu’elle arrive à faire avec une facilité déconcertante…en restant elle-même, tout simplement. Et au final, ce sont les membres du club qu’elle finit par séduire, involontairement, par ce naturel dont ils n’ont pas l’habitude. De ce point de vue, Ouran se présente comme la maturation des différents hôtes grâce à leur contact avec Haruhi…mais dans certains domaines seulement.

 

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…niée en permanence

Ce qui m’a le plus dérangé lors du revisionnage d’Ouran c’est que d’un bout à l’autre de l’anime, Haruhi est sans arrêt niée par les membres du club. Niée dans le sens où, elle a beau montrer à tous qu’elle a de la personnalité, les autres ne cessent de la ramener à son sexe. Dès que la bande découvre qu’elle est une fille, elle écope aussitôt d’un statut « spécial » qui change la donne dans la relation qu’elle commençait à peine à entretenir avec eux. Elle devient la chasse gardée du club, « leur fille à eux » qu’ils veulent « protéger », non pour son bien puisqu’elle dit explicitement se moquer que son secret soit découvert, mais pour se « l’approprier » (cf épisode de la visite médicale) et Tamaki le montre bien à travers ses fantasmes. Lui et les jumeaux ne cesseront par ailleurs jamais de la sexualiser à un point presque pathologique. Il ne se passe pas un seul épisode sans que Tamaki imagine Haruhi en petite tenue ou conforme au modèle féminin traditionnel (en train de lui cuisiner un bentô, parler avec une voix mignonne)…quand ce n’est pas un personnage secondaire qui s’y met (tout l’arc de Bossanova-kun pourtant très drôle). Il va même jusqu’à lui intimer d’un ton paternaliste de se couvrir, alors que les jumeaux l’ont forcé à se mettre en maillot de bain, à l’épisode SOS jungle sous prétexte que personne ne doit voir sa peau. Comme si c’était à quelqu’un d’autre de décider pour elle ce qu’elle devrait ou ne devrait pas faire de son corps. C’est d’ailleurs le comportement officiel de Tamaki qui joue au père surprotecteur avec elle et lui impose son avis, ce qui est comique au premier abord (stéréotype de l’ « overprotective dad ») mais devient quelques fois très malsain.

 

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L’épisode qui m’a paru le plus aumbivalent à ce niveau est celui de la plage en ce qu’il contient un discours très perturbant. En effet, Haruhi se jette à la rescousse des clientes du club qui sont montées en haut d’un rocher pour admirer le paysage. Deux voyous débarquent et les menacent, Haruhi leur jette donc un sceau d’oursins à la figure et leur intime de déguerpir, ce qui permet aux bourgeoises de s’échapper et d’aller chercher de l’aide pendant qu’elle est prise à parti. Tamaki intervient pour la sauver alors qu’elle tombe à l’eau, poussée par les malfrats. Cependant, l’histoire n’est pas close puisque Tamaki exige d’elle des excuses. Haruhi, jugeant n’avoir rien fait de mal en aidant les clientes du club, refuse. La première fois que j’avais visionné la série, j’avais été extrêmement confuse, ne voyant pas bien ce que l’anime voulait dire. Et puis, j’ai compris. Plus tard dans l’épisode, Kyouya décide de lui faire peur en lui faisant croire qu’il va abuser d’elle. Et là le problème s’éclaire : on reproche à Haruhi d’avoir protégé ses camarades, pas parce que la situation était dangereuse mais spécifiquement parce que c’est une fille et qu’une fille qui ne sait pas se battre ne doit pas foncer vers le danger. Idée hypocrite quand on sait que ceux qui tabassent les voyous sont les jumeaux…aka les hommes du cast qui ne connaissent aucun art martial, contrairement à Honey et Mori. La menace étant : « Tu aurais pu te faire violer ».

 

Autrement dit, quoiqu’elle fasse, Haruhi est ramené à son vagin (virtuel) : son comportement est répréhensif parce qu’elle a osé ignorer que si une femme ne reste pas à sa place, elle se fait violer. Pour un anime qui traite d’un sujet plutôt progressif, ce retour de bâton très paternaliste met un peu mal à l’aise.

 

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L'épisode 13 est une jolie référence à Alice au Pays des Merveilles, par ailleurs

 

Mary Sue mais pas trop

Et c’est là qu’on constate que finalement Haruhi possède tout de même des traits de Mary Sue malgré le soin apporté à sa personnalité : elle est incroyablement naïve dans tout ce qui relève du sentiment, recevait des lettres d’amour par dizaine quand elle avait ses beaux cheveux longs soyeux de princesse, fait parfaitement la cuisine et se fait secourir par le tout le casting mâle un nombre incalculable de fois : dans la jungle, d’un kidnapping, d’un pot de fleur, d’une chute, etc. Les exemples sont légion et on peut y ajouter le fait que, de toute la série, son avis est sans cesse ignoré, il ne compte jamais, et le club passe régulièrement outre son consentement pour lui imposer leurs règles (vente de son stylo dans son dos, arrivée surprise chez elle), quitte à carrément user de la force (épisode SOS jungle). Son apathie rend la situation assez ambiguë dans le sens où on ne sait pas toujours si elle est bien d’accord de faire telle ou telle chose (la plupart du temps, se déguiser en « vraie fille », comme par hasard). Pire, il est utilisé contre elle : car les remarques des garçons virent parfois au harcèlement et son silence laisse entendre que cela lui passe vite au-dessus de la tête. D’un autre côté son indépendance est présentée comme une conséquence d’un drame personnel qu’elle a vécu, comme si cela sous-entendait « Si elle n’avait pas perdu sa mère si jeune, elle serait devenue plus féminine », ce qui finit par sonner comme une sorte d’excuse pour la protéger.

 

 La fin de l’anime où elle lance à Tamaki qu’elle adore passer du temps avec eux, censé justifier a posteriori tous les dérapages des membres, rendus sympathiques plus que ridicules par leur comportement à visée comique, ne règle pourtant pas cette épineuse question : est-ce que le but de l’oeuvre est que les garçons réalisent qu’ils sont empêtrés dans des préjugés et qu’il est plus judicieux de laisser Haruhi être elle-même ou est-ce que le but non avoué est qu’Haruhi devienne féminine sous la pression du club ?

 

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Haruhi découvrant l'amouuur ? Ou juste un fantasme ?

 

Les filles de Lobelia : miroir et repoussoir

Petit aparté sur un autre point : dans deux épisodes qui leur sont dédiés on rencontre les filles de Lobelia, sorte d’antagoniste du club d’hôtes, contre lequel elles se dressent fièrement. Elles sont donc bien évidemment tournées en ridicule. Ce qui est intriguant c’est que les seules rivales de la bande de Tamaki soient…des lesbiennes qui déclarent vouloir se libérer de l’oppression des hommes. Lire : caricature des vilaines féministes ?

 

Si dans leur première apparition, les demoiselles semblent avoir un avis finalement très légitime (« Haruhi est coincée à cause de sa dette, le club profite de sa situation, c’est du chantage »), dans la seconde elles sont clairement diabolisées puisque animées par la pulsion de voler un baiser à Haruhi, ce qu’aucun membre du club ne ferait. Les filles de Lobelia sont donc finalement un miroir (elles ont les mêmes moyens de pression que les hôtes) et un repoussoir (elles les utilisent mal, ne sont pas lucides, ne respectent pas assez le corps d’Haruhi).

 

Et encore, on pourrait aussi interroger la représentation du père d’Haruhi. Ayant un avis un peu flou sur la question, je préfère passer mon tour.

 

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En conclusion, Ouran High School Host Club est un anime hilarant qui sait aussi se montrer sensible et dispose d’une héroïne solide et hors du commun. Il est juste à regretter que le fait qu’Haruhi déclare son indifférence quant à son genre, ce qui est assez original pour être développé, ne soit pas assez pris en compte…alors que c’est le point de vue du personnage principal de la série ! Il aurait été à mon sens plus intéressant qu’Ouran fasse évoluer le regard des hommes du cast sur ce sujet. Après tout, des héroïnes dites « féminines », n’en a-t-on pas assez dans les shoujos et otome game pour s’arrêter sur des modèles alternatifs ?

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commentaires

tazairet 08/11/2016 18:07

Super merci ! Mais juste une question es que se dessin animer manga existe-il en français ?

Tama 26/10/2015 01:25

Hop en passant je suis tombé sur cet article qui parle de Ouran (contrairement à ce qu'annonce le titre ça ne parle pas tant que ça de Haruhi, dommage mais c'est déjà ça...)
https://www.academia.edu/2552750/The_Queering_of_Haruhi_Fujioka_Cross-Dressing_Camp_and_Commoner_Culture_in_Ouran_High_School_Host_Club
Je ne sais pas pour le coup si les gens non académicienx et extérieurs au site peuvent le voir ou me dl

Helia 28/12/2015 14:34

J’ai jeté un œil à ton article et je suis un peu déçue : je n’ai effectivement pas l’impression que ça parle vraiment d’Haruhi =’). Merci quand-même pour la découverte !

Bourgit 11/12/2013 23:01

Faut dire que je ne regarde pas beaucoup d'animés et quand j'ai vu les images je me suis dit "pourquoi pas?". Pour Haruhi, c'est vrai que l'épisode à la plage est très louche sur ce point là, mais
sinon l'ambiance générale de l'animé est à la rigolade du coup j'y ai pas trop pensé sérieusement.

Helia 20/12/2013 17:05




C’est pas grave, je voulais juste avoir ton avis ^^.



Kapalsky 02/12/2013 19:29

Très bon article, je me rends compte maintenant grâce à ton observation qu'Haruhi est plus souvent jugée par son sexe que par ses motivations ou avis. Ca part d'un bon fond, mais il y'a le
contrecoup d’être la seule fille dans une fêté à la saucisse, surtout avec un cast aussi barré, en comparaison elle peut apparaître comme une semi Mary Sue dans certaines situations.
Malgré tout, Haruhi demeure l'un des personnages féminins les plus intéressants que j'ai vues dans un anime. Autrement plus qu'une AUTRE Harhui à mon avis :D

Helia 20/12/2013 17:03



Ah mais sans conteste Haruhi possède tout de même un charme non négligeable que ne possède pas n’importe quelle héroïne de shoujo, ou d’anime en général. Mais
avoue que c’est quand-même bête de rabaisser le personnage principal sur lequel tout la série est centrée =’).


 


J’aimais bien certains aspects de « l’autre » Haruhi mais la S2 a clairement démonté ce que j’en pensais jusque là. Dommage, les aspirations
métaphysiques me plaisaient bien, j’essayais déjà d’ignorer le fanservice mais je ne suis pas sûre de pardonner cette scène où elle pousse littéralement à l’agression sexuelle…



Tama 21/11/2013 20:20

Pour Yamato Nadeshiko, j'ai fait un gros résumé mais il y a tout de même des points positifs. L'un concerne justement l'inversion des rôles. Le beau gosse de service attire les filles comme des
mouches (ce qui lui pourri bien la vie parce qu'il n'a rien demander) et a une grande tendance à se faire kidnapper pour un oui ou un non. Et c'est notre héroïne qui passe son temps à le délivrer
(non pas amour) en passant de son statut de perso en SD en jogging à une forme plus conventionnelle. Pour le coup le schéma de la fille en détresse change de côté.
Je me souviens d'un épisode où l'héroïne se cogne la tête et oublie sa vrai personnalité (adoratrice de d'horreur et de gore) pour devenir une jeune fille pure et innocente comme on voudrait
qu'elle soit. Mais a contrario elle devient une quiche en ce qui concerne les travaux ménagers. Au début ça arrange les garçons, mais bien vite ça devient gênant de confier son linge sale à laver à
une fille si pure qu'un rien choque. Les voilà donc obligés de faire les choses par eux mêmes. Pour le coup je trouvais qu'il y avait comme une ambiguïté et en même temps quelque chose
d'intéressant dans le fait de faire semblant pour éviter de se taper les corvées (bon techniquement l'héroïne ne fait pas semblant). Je ne sais pas si je suis très clair ^^'.
Mais dans les shojo il y a aussi une dichotomie masculine je trouve, ou, en tout les cas, un schéma récurrent. Le héros c'est souvent le mec populaire. Populaire dû à son côté ultra sympa avec tout
le monde ou populaire car beau gosse mais salaud (avec au fond un coeur en or...). Autant le dire tout de suite, je ne suis pas fan de la seconde catégorie, surtout que l'on retrouve la thématique
du dominant/dominé(e), ce qui est loin de la relation de couple idéale, en tout les cas celle que j'ai envie de voir.
Pour en revenir à Ouran, vu que c'était une parodie de shojo à la base c'était normal de trouver tout les clichés d'otome game en plus poussés (quoique). De mon point de vue, à partir du moment où
il a fallu dans le manga construire une histoire, un fil rouge, et pas juste se contenter de scénettes avec des gags, on a perdu quelque chose au profit d'autre chose.
Pour l'héroïne sans personnalité pour mieux se projeter dedans, on a l'exemple flagrant de Bella Swan qui est limite un cas d'école. Le "sans personnalité" pour moi c'est juste une pirouette
d'auteur pour pas se fouler, l'effacement, par contre, a peut être une racine plus culturelle avec une idée précise de ce qu'est la femme japonaise ou du du moins un personnage fantasmé.
Ceci dit j'apprécie énormément ouran et le shojo de manière générale mais c'est vrai que l'on retrouve des héroïnes similaires, certaines arrivent tout de même à dégager quelque chose qui fait
qu'on s'en souvient ou qu'on les apprécie (ou du moins que l'on arrive à les supporter).
Voilà donc pour mon analyse rapide (je pourrais écrire un pavé mais j'ai peur que cela soit indigeste).

Helia 20/12/2013 16:54



Merci pour les
précisions, Tama. Je suis d’autant plus curieuse d’aller regarder Yamato Nadeshiko pour me faire une idée par moi-même maintenant ^^.


 


La dichotomie que tu
observes n’est pas que récurrente dans les shoujos, en fait : on peut la voir notamment dans les eroges où le héros est soit un mec lambda sympa (« le mec gentil ») qui se laisse
tout le temps marcher sur les pieds, soit un mec cynique qui traite les filles comme de la merde mais les fait tomber quand-même parce que c’est un gentleman à l’ancienne ou un connard qui
utilise des moyens pas catholiques du tout (type hypnose). A mon humble avis, aucune catégorie n’est vraiment « saine ».


 


Je n’ai pas trouvé que
le fil rouge ait fait perdre quelque chose à l’histoire mais tu as peut-être raison : il était sans doute délicat de jouer sur tous les tons en même temps et il fallait bien appâter les
lecteurs avec une certaine continuité.



Au premier abord, ce
n’est qu’une pirouette scénaristique, mais quand on creuse on se rend compte que le « sans personnalité » masculin et le « sans personnalité » féminin ont des modalités
curieusement différentes mais amenant au même résultat de classement étroit dans des genres. Twilight est d’ailleurs l’exemple type du roman à l’eau de rose par une femme pour des femmes qui vend
en réalité une effroyable misogynie : le bel Edward est censé être un protecteur (donc l’héroïne ne désire qu’être son inférieure, youpi) mais son comportement violent et possessif flirte
allègrement avec celui d’un homme qui battrait sa femme. Le côté « mariage » made in mormon joue avec joie avec le mythe de la mère et de la putain : « Tututu, coucher AVANT
le mariage ? Que nenni, tu es trop pure, je ne dois pas te souiller. Et n’oublie pas de tomber enceinte dès ton 1e essai pour que notre couple entre bien dans les normes en
vigueur…même si je ne peux officiellement pas me reproduire » C’est quand-même assez problématique. Et Diabolik Lovers est de ce côté-là le parfait Twilight à la japonaise où l’héroïne pure
et effacée se fait maltraiter en permanence. L’héroïne d’Utapri n’est pas mal non plus niveau Mary Sue X).


 


J’apprécie également
Ouran, mais je pense qu’il est nécessaire de parfois se poser des questions sur les divertissements que nous consommons. En tout cas, c’est mon motto o/. Merci pour ton pavé, y a pas de souci, je
suis juste un peu plus lente à répondre du coup X’).



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