11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:00

Visual Novel

 

L’année dernière je m’étais lancée dans la critique d’une poignée de jeux Nanoreno en sélectionnant ceux qui me semblaient les plus intéressants. Mon argument était de démontrer qu’il y avait une nette croissance des projets et que ceux-ci se faisaient plus aboutis d’année en année. Je n’en avais alors testé qu’une demi-dizaine et avait prévu de reproduire l’expérience cette année. Sauf que le nombre de jeux sympas a quasiment doublé (et ils sont globalement plus longs aussi !) et que, ayant moi-même participé au Nanoreno, je me suis retrouvée avec un manque de temps libre et de motivation flagrant. J’ai donc laissé filer le temps. Or, si je veux continuer mon entreprise de recensement des meilleurs visual novel anglophones (voir mon best of 2012), il faut bien que j’attaque un peu tous ces jeux laissés intouchés sur mon ordinateur. Voilà donc l’occasion de s’y mettre !

 


 

My Teacher

Seraphim Entertainment

Durée : entre 1h et 1h30

 

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Si Gendo Ikari vous demande, c'est du sérieux...

 

On commence avec ce qui promet d’être le jeu le plus ridicule du lot. Vous êtes la meilleure baby-sitter et institutrice du monde, les gens se jettent à vos pieds pour demander des conseils, les pires délinquants filent doux grâce à votre sens de la pédagogie, bref, vous êtes Super Nanny (en plus jeune). Votre vie bascule lorsque le PDG d’une grosse entreprise japonaise vous demande pour une mission particulièrement épineuse : rendre l’un de ses quatre fils digne de prendre sa succession en quelques jours. C’est sur vos épaules que repose leur destin.

 

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Cette anatomie qui part en sucette...

 

Les premières minutes de My Teacher regorgent d’éléments improbables : votre héroïne n’a que 21 ans et elle est décrite comme ayant l’expérience d’une vétérante, ce qui pose la question de quand et comment elle a pu s’entraîner, l’éducation des enfants n’ayant rien d’un apprentissage théorique. Le comble c’est qu’elle a une réputation suffisante pour se retrouver propulsée « conseillère d’une multinationale », une tâche que l’on confierait plutôt à un expert qu’à une jeune institutrice mais bon… L’hilarité redouble quand on apprendre que le dressage de bishounens se fait dans le strict délai de 3 jours et que le patron a trouvé utile de vous loger à l’hôtel pour accroître vos chances de succès. Parti sur une base pareille, il est difficile de discerner si le jeu fait exprès d’être stupide ou non…

 

La narration est ainsi un curieux mélange entre le point de vue de l’héroïne et les commentaires décalés d’un narrateur qui adopte un ton incroyablement proche d’un présentateur télé avec le contenu digne des saillies d’une Valérie Damidot. En témoigne ce magnifique screenshot…

 

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BEST REPLIQUE EVER

 

Les aventures de Super Nanny sont hilarantes à leur manière jusqu’à la fin de la première route. En effet, une fois un 2e jeune homme sélectionné, on se rend vite compte que les routes sont copiées-collées les unes sur les autres. Mis à part de légères variantes servant à définir la personnalité de l’éphèbe choisi, tout est strictement identique. L’impossibilité de passer les scènes rend la lecture de l’intégralité du jeu assez laborieux. Si j’ai été amusée au premier abord, vers la fin j’étais soulagée d’en finir. Certes, il est difficile de demander une longue histoire de la part d’un projet Nanoreno mais tout de même !

 

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Toute histoire d'amour qui se respecte peut-elle exister sans une bonne vieille scène de douche, hun ?

 

Les personnages sont tout ce qu’il y a de plus générique sans se montrer particulièrement attachants ni même intéressants. S’il y avait intention de parodie, inutile de dire qu’on est très loin du résultat de Ristorante Amore, sorti l’année dernière, qui arrivait à avoir un prologue plus que décent. Kyosouke est un flirteur fou incapable de se concentrer sur son travail, Shinji est tellement naïf que tous ses collègues l’utilisent comme paillasson, Takumi insulte tout le monde et Raizen est trop timide pour parler. Ce qui paraît être un comportement problématique se règle en fait très simplement en quelques tours de passe-passe : Madame Prof constate le problème, intervient pour montrer à son élève comment gérer la situation, puis le laisse prendre les choses en main. Le tout entrecoupé de scènes totalement nécessaires, comme être surprise dans sa douche, et de discussions autour du passé tragique de chaque éphèbe (spoil : ça a toujours un rapport avec leur mère, soit morte, soit absente).

 

L'opening...ça partait d'une bonne volonté...
 

Inutile de préciser que la happy end qui en découle est tout sauf inspirée : tu as passé 3 jours avec le gars, il s’est rien passé de palpitant, mais pour une raison obscure il t’embrasse et te jure fidélité à vie. Pourquoi pas…

 

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L'exclusivité, je veux bien, par contre, j'aime pas trop quand on essaye de me violer.

 

La présentation est assez inégale : les sprites sont pas mal, certaines images évènementielles aussi mais une partie semble un peu en dessous qualitativement et il y a globalement quelques soucis d’anatomie. En soi pas dramatique si les décors n’étaient pas aussi monstrueux (la chambre d’hôtel, ouch) et l’interface aussi moche. Et la même piste de musique est répétée quasiment ad nauseam, ce qui est un peu dommage.

 

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Le placeholder à gauche ne serait-il pas tiré d'un Phoenix Wright, par hasard ?

 

My Teacher aurait pu être une bonne idée mais passe de (involontairement?) drôle à ennuyeux. A noter qu’un Indiegogo a été lancée en parallèle du Nanoreno et n’a pas abouti. Depuis on n’a plus jamais entendu parler du jeu…peut-être est-ce mieux ainsi X).

 


 

Left of Center

Twin Turtle Games

Durée : environ 2h pour tout compléter

 

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Garett est un jeune lycéen introverti et cynique qui souffre de migraines récurrentes lorsqu’il est dans un environnement trop bruyant. Pour remédier à ce problème, il s’inscrit dans un établissement privé prestigieux grâce auquel il espère entrer facilement à l’université. Suite à une erreur son transfert prend un tour inattendu puisqu’il se retrouve à Outré, une école remplie de barjos en tous genres. Pas vraiment le genre d’endroit recommandé pour éviter ses migraines et pourtant… Garett va-t-il retrouver le climat propice qu’il attendait ? Ou restera-t-il à Outré pour le meilleur et pour le pire ? C’est à vous de le décider.

 

Left of Center possède une présentation inhabituelle puisque, contrairement à la majorité des visual novel, il arbore des graphismes très cartoonesques. Les personnages ont des poses absurdes qui leur donnent une patte pas désagréable et l’interface, customisée en ce sens, est particulièrement créative (mention spéciale au menu principal). L’idée de proposer différentes pistes de musique (libres de droit mais toutes agréables à l’oreille, ce qui est un plus) à travers une option « écouteurs » selon les scènes est également plutôt intéressante.

 

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Notez l'allure improbable de Rita

 

Néanmoins, on note que l’utilisation de décors préfabriqués déséquilibre un peu l’ambiance voulue vu qu’ils ne proviennent pas tous de la même source (une partie est issue des dernières créations de Mugenjohncel et paraît bien plus polie que l’autre partie qui date un peu). D’autant plus que le jeu souffre de bugs parfois bien étranges : si l’on peut aisément pardonner les sprites qui ne s’affichent pas et les erreurs RenPy, difficile de comprendre pourquoi la fonction de sauvegarde est inaccessible tant que l’on n’a pas fini le jeu une première fois ou pourquoi naviguer dans les menus est comparable à un labyrinthe de téléporteurs. Ainsi cliquer sur les crédits emmène directement au début du jeu au bout de quelques secondes, appuyer sur retour au milieu d’une scène fait revenir au menu principal tout en laissant la musique tourner…puis renvoie au jeu en passant par Load et les options. Un vrai casse-tête. De même, je trouve dommage qu’il y ait régulièrement des silences alors que la musique choisie est très bien et que l'animation des sprites soit aussi lente. 

 

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Je...


Pour ce qui est de l’histoire, Left of Center ne m’a malheureusement guère impressionnée. Le récit des déboires de Garett au pays des tarés donne un peu une impression de forcé : les gags ne sont pas spécialement drôles et le cadre temporel est trop court pour rendre l’attachement aux personnages crédible. L’intrigue elle-même n’est qu’une alternance de passages « comiques » entre la salle de classe et les nouveaux copains du héros, jusqu’au moment fatidique où celui-ci doit choisir dans quelle école il est le mieux. Un choix finalement très rhétorique puisque durant l’aventure les protagonistes n’auront de cesse de louer la liberté que leur accorde Outré par rapport à la prison qu’est l’établissement rival où les élèves bossent comme des dingues et sont malheureux. Quelle que soit la décision, la conclusion sera de toute façon très courte, ne permettant donc pas vraiment de visualiser le changement crée par cette folle semaine.

 

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Awkward...

 

Le jeu contient cependant pléthore de choix, tous très explicites, qui permettent à Garett de se rapprocher d’un des trois élèves qui orbitent autour de lui. Se faisant, il découvrira un peu de leur histoire personnelle (avec une CG différente à la clé) : Santa, le clown de la classe, qui envoie des vibes homoérotiques assez affolantes, Pollyanna, la Mary Sue activiste du coin et Lovely Rita, la batteuse excentrique du groupe local. J’avoue avoir eu du mal à m’attacher aux deux premiers, clairement trop over-the-top pour que les passages dramatiques soient pris au sérieux. Ainsi, alors que le trouble de Santa aurait pu être réellement intéressant à traiter, il n’est mentionné qu’entre deux gags et le personnage reprend tout son comique la minute qui suit. Idem pour Pollyanna qui possède en plus un côté assez ridicule (tout est dans son surnom, en même temps) : elle se promène avec des pancartes pour militer et prône la non-violence avec acharnement dans des situations peu adéquates. Rita étant finalement plus réservé, ses conseils paraissaient plus vrais et avaient d’autant plus d’impact qu’ils étaient liés à l’intrigue : ayant souffert des attentes qui lui étaient imposées, elle sait ce que ça fait de travailler à s’en rendre malade et son intervention sur la vie étudiante fait écho au dilemme de Garett. Pourtant les différents choix n’auront pas de conséquence sur la fin alors même que la tension amoureuse se fait clairement sentir à plusieurs reprises. Twinturtle Games a promis de produire une version améliorée avec un petit épilogue pour chaque personnage mais le projet semble toujours au point mort.

 

Left of Center n’est pas un mauvais visual novel mais il manque de substance, ce qui rend la lecture assez anecdotique. L’équipe étant encore relativement jeune, il faut espérer qu’ils s’amélioreront par la suite.

 


 

A Troll’s Fairytale

S-Morishita's Studio

Durée : environ 2h

 

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Un troll peut-il trouver l’amour ? C’est la question que se pose Acacia, demoiselle troll approchant dangereusement des 25ans, au grand désespoir de sa mère qui n’a qu’une hâte : que sa progéniture trouve enfin un partenaire. Oui, mais voilà, Acacia ne met vraiment pas du sien : elle est violente, brute de pomme et particulièrement asociale. Trouvera-t-elle sa happy end malgré tout ?

 

En 2012, Morishita, qui travaille seule, nous avait déjà gratifié de la démo de Curse of the Caribbean, plutôt sympathique mais reste encore inachevée, forte de son expérience, elle remet le couvert avec la ferme intention de présenter un projet terminé pour le Nanoreno. Et le résultat est plus qu’intéressant.

 

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Dites bonjour au Prince Douchebag. Oh, et c'est une Licorne. Pour de vrai.

 

D’un point de vue technique A Troll’s Fairytale a été un tantinet limité par les restrictions : les décors sont peu nombreux, certains semblent être des placeholder, les sprites n’ont pas beaucoup d’expressions et il y a encore pas mal de fautes d’orthographe qui traînent dans le texte. Ces légers inconvénients mis à part, le style de l’artiste est toujours aussi joli. Surtout les CGs qui ont un côté un peu féérique et l’héroïne y est davantage détaillée que sur son portrait (un poil brouillon). Bon point pour l'interface customisée.

 

Le premier atout de A Troll’s Fairytale c’est d’ailleurs bien Acacia, la jeune femme trolle à la crinière rebelle et aux manières excentriques. Dotée d’un caractère bien trempé, elle menace quiconque l’emmerde de lui casser un petit bout de quelque chose et une des premières scènes la montre même donner un coup de poing bien senti au prince qui a eu l’audace de se montrer arrogant. Difficile de ne pas tomber sous le charme de sa personnalité : ses frasques trollesques sont comiques, on admire sa capacité à ignorer royalement les imbéciles qui lui mènent la vie dure, son acharnement au travail, et en même temps sa grande naïveté et sa sensibilité. L’introduction pose l’ambiance quant au thème-clef du jeu : la conciliation entre cette identité dont elle est fière et le poids des obligations sociales qui pèsent sur sa famille. Le jeu se déroule ainsi lors de festivités trolles qui durent plusieurs jours et à l’issue desquelles elle est censé se trouver un compagnon. Mais voilà, Acacia n’aime pas flirter et elle ne veut pas de n’importe quel troll, elle attend un « prince charmant » qui l’accepte telle qu’elle est, ce qui va crée un conflit récurrent avec sa mère qui tient absolument à la caser.

 

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L'héroïne vient littéralement de bouffer la photo d'un des prétendants. J'adore cette fille <3

 

La mère et la sœur d’Acacia possèdent à cet égard des rôles importants, car loin d’être secondaires, elles tissent une relation complexe avec l’héroïne. Ainsi Alaqua n’est pas juste l’écervelée candide qu’elle paraît au tout début, elle possède un caractère très différent tout en démontrant à de nombreuses reprises son affection et son soutien à sa sœur, même lorsqu’elle ne la comprend pas. Maman Troll, pour sa part, est très ambivalente : bien qu’elle ait des répliques humoristiques, on la voit surtout comme un personnage respectée par l’héroïne et grandement influencée par les normes sociales au point de pourrir la vie de cette dernière. Elle apparaît aussi bien comme froidement matérialiste à un instant (quand elle explique n’en avoir qu’après l’argent), que comme une femme blessée à un autre (lorsqu’on découvre le passé de la famille). Et c’est finalement un soulagement que de constater que malgré son aveuglement, le personnage de la mère brille par son amour inconditionnel et qu’elle changera d’avis. Tout le long du jeu, elle n’aura de cesse de pousser l’héroïne à se corriger parce qu’elle veut son bonheur mais lorsqu’Acacia est réellement critiquée devant elle, sa priorité est de défendre sa fille et plus du tout la réputation entachée de la famille troll.

 

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Remarquez que sur les CGs l'héroïne est quand-même super belle alors que le texte la décrit comme effrayante 0o.

 

C’est ce conflit qui rend A Troll’s Fairytale réellement passionnant. La romance ne se déroule que sur ces quelques jours, la faute au contexte, cependant la caractérisation psychologique reste suffisamment forte pour que l’intrigue ait un poids émotionnel, ce qui est assez rare pour un projet Nanoreno. En quelques heures, la créatrice arrive à rendre quasiment tous les personnages importants complexes et attachants. Néanmoins la différence de qualité entre les deux routes disponibles se fait clairement sentir…  

 

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En effet, dès l’introduction, l’ambiance est posée et il s’agit, à travers une poignée de choix de se rapprocher d’un des deux éphèbes proposés : Damine, le prince licorne, et Edavine, le voyou fée. Cependant les conséquences du choix le plus important (le premier) sont assez obscures : pour une raison étrange, s’attacher les cheveux ou non modifiera totalement la scène qui suivra. Maladresse supplémentaire, si l’on décide de rester seule, des personnages introduits dans des scènes que vous n’avez pas pu lire apparaissent et se comportent comme s’ils vous connaissaient. Concernant les routes elles-mêmes, on passe d’une histoire sympathique mais extrêmement classique à une histoire bien plus approfondie, qui possède une multitude de facettes et un dénouement bien plus impactant, ce qui pose la question de l’utilité du choix : est-ce qu’un kinetic novel n’aurait pas donné plus de puissance à la narration ? De même, quelle est l’utilité de la bad end qui coupe finalement le texte de manière brutale alors qu’il y avait clairement matière à écrire une mauvaise fin (notamment à travers le personnage d’Aeron) ?

 

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Ce moment malaise à base de tentative de viol...Je...pourquoi ?

 

Je passerai finalement très vite sur la route de Damine qui m’a paru la plus faible du lot : on se retrouve avec le bisho classique, riche, arrogant, beau gosse et tombeur de ses dames, qui va apprendre à aller au-delà des apparences et à découvrir. Ce postulat prévisible est finalement peu exploré et sa relation avec Acacia m’a paru assez superficielle et forcé. L’héroïne elle-même y était étrangement « out of character » : dès leur rencontre, où il agit comme un saligaud, elle est physiquement attirée par Damine alors qu’elle ne l’aime pas et elle semble par la suite très au fait de son petit jeu alors que dans l’autre route elle est décrite comme ne comprenant rien aux rudiments de la séduction. En outre, Aeron, personnage normalement pivot, y joue un rôle minuscule et il n’y a pas dé véritable conflit, c’est de la romance pure et dure.

 

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La séduction expliquée par un troll.

 

En revanche la route d’Edavine m’a paru géniale sur tous les plans. L’éphèbe cesse très vite d’être lourd et semble sincèrement s’intéresser à Acacia, aussi leur rapprochement progressif semble plus naturel, surtout qu’ils ont un point commun, aka leurs difficultés familiales, et qu’Edavine met un point d’honneur à rappeler à l’héroïne qu’elle est très bien comme ça et que sa bizarrerie lui plait (là où Damine la faisait davantage passer pour une tsundere). Ajoutez cela une imbrication de conflits entre le passé de la famille d’Acacia (qui a un rapport avec les fées, ce qui fait que le jeune homme n’est pas vraiment la bienvenue dans sa maison), le comportement d’Aeron et l’injonction à la féminité qui devient écrasante, c’est tout de suite plus intéressant.

 

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La blague sur les règles est priceless.

 

Parlons d’Aeron, tiens, puisqu’il est l’élément perturbateur de la route : c’est un gentil troll tout timide qui remarque Acacia lors des fêtes et l’approche pour discuter. Il semble alors être le seul à vraiment lui trouver un bon fond parmi les membres du clan, or sa rivalité avec Edavine va vite faire apparaître des éléments problématiques : Aeron est un bon parti mais il veut persuader la jeune fille de modifier son comportement pour être davantage acceptée par ses pairs. Je n’en dirais pas plus sur lui pour ne pas spoiler mais disons que le jeu se moque du concept de friendzone en pointant ce que cache vraiment ses agissements.

 

En résumé, A Troll’s Fairytale raconte l’histoire d’une fille bourrue et intègre qui se fiche des normes et demande à ce qu’on l’accepte telle qu’elle est. Inutile de dire que ça tire une corde sensible chez moi et que j’ai beaucoup apprécié la lecture de cette oeuvre. Certes, il y a quelques défauts (dont le fait que la happy end passe forcément par le mariage) mais j’ai passé un bon moment à vivre les aventures de l’héroïnes.

 


 

Zayay

SHINE

Durée : 10-15min par partie

 

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Zayay plonge un héros non-identifié amnésique dans un monde fantastique où un démon-lapin se propose de vous faire visiter la région. Et c’est à peu près tout. Vraiment.

 

La présentation du jeu est globalement de bonne facture : les décors sont composés de formes géométriques simples mais qui ont un côté enfantin assez plaisant, les sprites et les différentes illustrations sont chouettes et l’animation omniprésente, que ce soit sur les yeux des personnages ou sur les décors, se pose comme une touche bienvenue. Certes, le démon-lapin a une tronche un peu bizarre et rend mieux en chibi s’il s’agit d’avoir l’air mignon. La musique, libre de droit, est appropriée, juste un poil répétitive par moments.

 

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La particularité de Zayay est que le jeu repose sur un système aléatoire : à chaque partie on obtient des réponses différentes de la part de Zayo, le démon-lapin. On peut même tomber sur des prologues secrets. L’interactivité est aussi au rendez-vous avec une foultitude de choix pour répondre à son interlocuteur. Il s’agit alors d’obtenir les cinq fins différentes pour débloquer un extra, qui est très sincèrement la partie la plus intéressante de l’intrigue.

 

Le revers de la médaille est que tous ces choix sont au fond assez inutiles (sauf le dernier) et qu’il est difficile d’estimer comment débloquer les fins sans aucun indice, le paramètre pour conquérir le cœur du héros étant implicite et un peu fumeux. Pour ceux que ça intéresserait, il faut : confesser son amour, être désagréable avec lui et s’en aller, être désagréable avec lui et rester, être le plus naïf possible et s’en aller, être le plus naïf possible et rester.

 

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Des ailes d'ange ? Et ça a un goût de quoi ce truc-là, de Caprice des Dieux ?

 

Passer du temps avec Zayo est une expérience étrange : d’un côté le bougre peut avoir de la répartie, de l’autre il semble un peu sociopathe sur les bords, à vous entraîner dans un cimetière (il vous propose de dormir dans un cercueil), à parler de mort un peu trop souvent et à vous fixer lourdement (quand il ne vous emmène pas manger dans un restaurant ayant du serpent au menu). Je ne parle même pas des différentes fins mais attendez-vous à ce qu’il y ait anguille sous roche. Et pour comprendre ce qu’il se passe, il faut attendre de débloquer l’extra. Je passerais bien sous silence le passage « crossdressing gratuit » sur lequel j’ai failli ne jamais tomber ou le passage « ouvertement bisexuel » mais ils arrivent un peu trop comme un cheveu sur la soupe, en fait…

 

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Qui ça, moi ?

 

Non, ce qui coince vraiment avec Zayay c’est l’histoire…ou plutôt la non-présence d’histoire. Lorsque l’on visite les différentes zones de cette contrée imaginaire, Zayo lâche beaucoup de sous-entendus sur le background : comme quoi il y aurait eu une guerre, une histoire de dieux (que l’on aperçoit brièvement ou dont on entend parler) et le sombre passé qui entoure le personnage principal. Le souci c’est que l’on ne saura finalement rien de plus, on en reste à des débuts d’esquisse de quelque chose sans jamais aller plus loin, ce qui est immensément frustrant. La raison en est probablement que la dessinatrice à l’origine du jeu participe à un groupe de RP : Souls of Chaos. Zayay se passe à un moment de la chronologie de Souls of Chaos et en partagent les personnages, ce qui est sûrement un clin d’œil sympathique à la communauté autour du jeu mais se révèle un désastre pour le lecteur n’ayant jamais entendu parler de tout ça ! Il faut fouiller le compte DeviantArt de la créatrice pour avoir des ersatzs de début de réponse, et encore. Dommage car le personnage de Zayo en lui-même est intéressant, mais paraît sous-exploité par manque de scénario.

 


 

La suite des jeux Nanoreno au prochain épisode !

 

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