22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:45

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Sorti en 2006 à l’occasion du Comiket, Killer Queen est le second projet du groupe FLAT, à l’époque complètement amateur. Devant le succès remporté, Killer Queen sera réimprimé en 2008, puis complètement retravaillé pour devenir Secret Game ~Killer Queen en 2009. Si le remake est considéré comme le meilleur des deux (en changeant des éléments scénaristiques importants et en rajoutant des routes), c’est bien l’original qui a été traduit cette année. Il se trouve que j’en avais entendu parler depuis bien longtemps et que j’étais impatiente de découvrir l’histoire, c’était donc l’occasion.

 

L'opening est plutôt cool

 

Killer Queen se présente comme une sorte de Battle Royale adapté en visual novel. 13 personnes se retrouvent enfermées dans un bâtiment avec un collier étrange autour du cou et la seule façon de s’échapper est de remplir les conditions affichées sur un appareil numérique portable (PDA). Les joueurs ont 72h pour obéir aux ordres. La moindre erreur et le collier explosera, les tuant sur le coup. Soichi Mitsurugi est un adolescent ordinaire qui se retrouve bien malgré lui participant de ce jeu morbide où méfiance et trahison sont de mise. Arrivera-t-il à se sortir de ce pétrin alors que le temps lui est compté ?

 

Le cast ?
La structure de Killer Queen est relativement simple : il y a deux chapitres avec à chaque fois une héroïne principale différente. Un des intérêts étant de découvrir qui sont les autres joueurs et leurs conditions de libération, présenter le cast serait ôter une partie du plaisir. On peut néanmoins s’attarder sur le principal.

 

KQ01.pngUne fois l'intrégalité de l'histoire finie, vous aurez le droit à un petit omake assez sympa

 

Sakumi Himehagi (à droite) est l’héroïne de la première route. Ressemble trait pour trait à la petite amie décédée du héros. Elle est doublée par Tae Okajima (sous le pseudonyme Saya Endou) : Kotonoha de School Days, Anzu de Da Capo II, Motoka de Yosuga no Sora.

 

Yuuki Shikijou (à gauche) est l’héroïne de la seconde route. Possède le même prénom que la petite amie décédée du héros. Elle est doublée par Hitomi (sous le pseudonyme Minami Hokuto) : Miki de Muv-Luv, Primula de Shuffle, Sakura de Da Capo, Yuki Togita de G-Senjou no Maou, Kimika de Subarashiki Hibi.

 


 

Un potentiel certain…

L’attrait principal de Killer Queen réside dans son concept diablement efficace : un huis-clos, des joueurs forcés de s’entretuer pour survivre, de la tension, etc. Si on peut arguer que la formule n’est pas originale et a déjà été traitée ailleurs (Battle Royale notamment), le fait de l’adapter au format du visual novel décèle des promesses certaines. En effet, le système de routes permet de voir la même situation avec des déroulements alternatifs. Ainsi les personnages ne meurent pas au même moment, ni de la même façon, les alliances ne sont pas les mêmes, les menaces non plus. Le cadre se prête donc très bien à l’exercice. Et c’est là qu’un premier problème émerge. Killer Queen manque complètement l’opportunité qui lui était offerte sur un plateau en ôtant toute interactivité. Les routes sont différentes, pourtant on est obligé d’en finir une pour débloquer l’autre. Ce qui enlève toute l’implication qu’aurait pu avoir le joueur. Par exemple, lorsque le héros hésite entre plusieurs directions, plusieurs solutions, le joueur aurait pu décider lui-même quel chemin emprunter, quitte à se tromper et à tomber sur une bad end (chaque action pouvant avoir des conséquences désastreuses). Cela aurait aussi permis de rendre les morts plus marquantes et d’éviter le vieux trope comme quoi les gentils ne peuvent pas mourir dès le début. Malheureusement, ce n’est pas le cas ici, et c’est assez frustrant car cela établit une distance entre le joueur et le héros.

 

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En parlant du héros, Soichi Mitsurugi s’avère plutôt intéressant au final. Sans être extraordinaire, son passé est bien développé et on comprend sa logique. Suite à la tragédie qu’il a vécu, il essaye d’être pacifique, ce qui fait qu’il va essayer d’éviter de se battre inutilement. C’est une position qui se tient mais qui est mal compensée par la narration. En effet, même en étant racontée à la 3e personne, l’intrigue se concentre quasiment exclusivement sur son groupe. Ce qui signifie que lorsque quelque chose d’intéressant se passe ailleurs, le récit refuse trop souvent de changer de perspective pour nous montrer d’autres points de vue. Et c’est encore une fois dommage car le cadre s’y prêtait bien et cela aurait, en outre, renforcé la caractérisation des personnages.

 

 

Esprit doujin

Je pense que cela saute aux yeux, pas la peine d’essayer de le cacher : au moment de la réalisation de Killer Queen, FLAT n’était qu’un studio amateur et ça se voit. Les poses sont rigides, la coloration parfois simpliste et les problèmes d’anatomie, aussi bien dans les sprites que dans les CGs (les mains, notamment), sont légion. Les graphismes sont donc grandement perfectibles. Est-ce que cela dérange ? Très franchement, je trouve que Zekuu Onsoku, le designer, se débrouille toujours mieux que Ryushiki et qu’on s’y habitue. D’autant plus que les décors sont plutôt bien faits. Ce qui me dérange le plus c’est l’inadéquation de certaines expressions à la situation. Il y a des moments où le personnage est censé nous transmettre une émotion forte (la surprise, la confusion) et son sprite reste coincé dans sa forme de base (sourire, neutralité).

 

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Petit panel des meilleures expressions de Sakumi : de la constipation au "Prend-moi, grand fou"

 

Cette faiblesse de la réalisation se retrouve dans tous les aspects de la direction sonore. Les pistes de tension et d’action sont vraiment sympas, cependant les pistes pour les moments calmes ou émotionnels ne collent pas du tout à l’ambiance. Parfois c’est à cause de leur brièveté (un enchaînement d’une seule minute ça se répète beaucoup lors d’une grosse scène dramatique et la transition est juste risible), parfois c’est à cause du type de piste (un air jazzy, une mélodie évoquant les vacances au bord de mer), d’autres fois c’est tout simplement à cause de la proximité avec la musique habituellement utilisée pour les scènes 18+ dans un eroge. Car oui, quand on a l’habitude du format, on finit vite par identifier ce type de piste. Dans Killer Queen, elles servent à illustrer les moments plus calmes ou tristes. Je vous laisse imaginer les dégâts que cela occasionne : difficile de se sentir concerné par la déclaration dramatique d’une héroïne quand la musique est aussi dissonante. Dommage parce qu’il n’y aurait rien à redire sur leur qualité autrement.

 

 
Au-delà des pistes, il y a également un problème avec les bruitages. En effet, avec un budget resserré, un titre amateur a peu de chance de pouvoir pleinement exploiter les scènes d’action avec des graphismes de folie ou de l’animation. La manière la plus évidente de faire comprendre au lecteur ce qu’il se passe est donc d’utiliser des bruitages. Ils sont étrangement absents de toute la première route. Pas complètement, bien sûr, mais à de nombreuses reprises on se surprend à se dire que les onomatopées à l’écran sont insuffisantes, que l’on voudrait entendre le bruit de l’explosion plutôt que de lire des « clic clic ».

 

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Kazuya Ichijou en Tezuka est tellement fabulous

 

Les doublages sont également inégaux car, à part les deux héroïnes principales et Tezuka qui sont doublés par des vétérants, impossible d’identifier les autres. Leur performance varie grandement entre le bon, le passable et le mauvais. Par exemple, on note un sacré gouffre entre Nagasawa, incapable de se calmer, et Gouda, incapable de proférer la moindre émotion. La plupart du temps le niveau reste correct, sauf lors de scènes justement clefs, où plusieurs doubleurs n’arrivent pas à exprimer la surprise et la confusion nécessaire. Ce qui brise encore une fois l’implication du lecteur.

 

 

Ecrire un visual novel, une tâche plus ardue qu’il n’y paraît

La première chose qui énerve quand on découvre progressivement le jeu c’est le style narratif. L’auteur, Takehaya, décrit beaucoup trop en détails ce qu’il se passe. Une des premières scènes impliquant un simple échange de regard entre Soichi et Sakumi pour vérifier à quoi ressemblent leurs colliers respectifs se transforme ainsi en trois minutes de description fastidieuse et inutile. La première route en particulier souffre beaucoup du style car il ne s’y passe pratiquement jamais rien. Au point où on a l’impression de suivre les personnages principaux en pique-nique. Un comble pour une histoire supposée contenir une tension permanente ! Devant la lenteur, l’inertie et l’évidence de la prose, il est facile de se sentir frustré. Et bizarrement la seconde route évite bien mieux cet écueil. A se demander si elle provient vraiment du même scénariste.

 

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Killer Queen passe à peine le Bechdel Test : dès que les femmes se retrouvent, c'est pour couvrir d'éloges le mâle protecteur

 

De même, l’auteur prend un malin plaisir à ne pas nous montrer ce qui semble intéressant. La plupart des morts se feront donc hors écran. Très peu auront le grand honneur de recevoir une CG, ce qui rend le VN bien moins gore que ce que l’opening pourrait annoncer. Le problème c’est que les morts perdent en impact. Elles sont d’autant moins marquantes que les personnages sont complètement plats et unidimensionnels. A part de rares exceptions, tous seront désignés par un unique trait de caractère plus ou moins immuable. Dans le début du premier épisode, on a la désagréable impression que les méchants se présentent comme tels lorsque les participants décident de se séparer. Du genre « Bonjour, j’aime tuer, je suis un psychopathe, AHAHAH , à plus tard ». On aurait apprécié un peu plus de subtilité afin de pouvoir douter plus longtemps. Surtout que les rôles eux-mêmes sont assez fixes, on a rarement l’occasion de voir des personnages « gris », tantôt alliés, tantôt ennemis.

 

 

La. Putain. De. Romance.

Et c’est là que Killer Queen nous ramène à sa condition de bishoujo game. Malgré le cadre Battle Royale, n’ayez aucune illusion : le focus reste sur la romance et les filles moe. C’est particulièrement vrai dans le 1e épisode où l’intégralité du cast féminin forme une espèce de harem autour du héros en se flattant sans arrêt de sa virilité conquérante et de combien elles sont contentes d’être protégées. Comble de l’ironie, l’héroïne que notre vaillant protagoniste doit sauver au péril de sa vie (et assister dans la sacro-sainte perte de virginité) est sans doute un des personnages les plus irritants du jeu. Elle n’a aucune personnalité, aucun trait et existe uniquement par rapport au héros qu’elle aime d’un amour inconditionnel plus ou moins dès qu’il est entré dans son champ de vision. On atteint donc un sommet d’absurdité assez impressionnant puisqu’on se met à désirer qu’elle meure pour nous épargner ses gémissements et ses tentatives de séduction (encouragées par les autres femmes, ouvertement jalouses de ne pouvoir réclamer le mâââle local pour elles toutes seules).

 

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Une femme dans son état naturel : elle a forcément besoin de cuisiner et d'ête protégée par son homme

 

Le cadre Battle Royale n’est clairement pas adapté pour développer un début de romance crédible. Et le scénariste ne fait rien pour y aider. Que ce soit Sakumi ou Yuuki, rien n’arrive à rendre crédible l’amourette qui se noue avec le héros. D’autant plus qu’il succombe souvent très soudainement et sans aucune raison aux avances en question. Avec Sakumi, c’est encore plus criant puisqu’il ne retournera ses sentiments qu’aux dernières minutes du jeu…juste à temps pour une petite scène de sexe (coucher au milieu des cadavres doit avoir des vertus aphrodisiaques). Ne parlons même pas de l’âge supposé de Yuuki, qui reste dans le flou.

 

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Ce ne serait pas un vrai bishoujo-game si on ne pouvait pas se taper une loli qui couine "Onii-chan" en permanence

 

Dans la même veine, bishoujo-game oblige, les rares CGs servent quasiment toutes à mettre en valeur les héroïnes, ce qui est extrêmement frustrant. Là où les scènes d’action manquent cruellement d’imagerie, on aura le droit à 3 ou 4 gros plan sur la frimousse de Sakumi (qui aurait aisément pu être remplacé par son sprite habituel). Il y a de quoi rager face aux priorités affichées. Pareil avec les fins. Le scénariste coupe au climax (visiblement mettre sa vie en jeu n’est pas intéressant) pour passer directement à l’épilogue sur l’état du couple. Et si vous vous attendiez à un utsuge, rebroussez chemin, même si l’intégralité du cast y est passé dans un bain de sang, le happy end niaiseux sera toujours de rigueur.

 

 

Scènes de sexe : arrêtons le massacre

L’emphase étant clairement mise sur la romance, les scènes de sexe sont de rigueur. Si l’unique moment intime accordé à Sakumi tombe dans la catégorie « faisons perdre à l’héroïne sa virginité à un moment random sans aucune incidence sur le scénario », les trois scènes dévolues à Yuuki réussissent le tour de force de mettre profondément mal à l’aise. Certains estiment que la sexualité a été bien intégrée au scénario. Je crie au bullshit.

 

\!/ Spoilers \!/

Dès l’introduction d’Urushiyama (le pervers dégueulasse du jeu), Killer Queen annonce son intention de s’enfoncer dans le malsain et la caractérisation de Yuuki se fait sur un modèle doublement nauséabond :

 

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Rah, c'est pas bientôt fini, oui ? Laissez donc le cast féminin exister en dehors du héros. Je veux du sang !

 

D’un côté toute la rhétorique de la pureté. L’héroïne nous est présentée, à travers le regard d’Urushiyama, comme un idéal : très jeune, timide, vierge. Le gros dégueulasse commente ouvertement le fait qu’elle est différente de toutes les autres femmes (des salopes, selon lui) grâce à ces caractéristiques. Et c’est pour cette raison qu’il va se l’approprier et la violer (non sans la partager avec Tezuka). A partir de ce moment là, le lecteur sera bombardé de l’imagerie de la saleté et Yuuki ira jusqu’à supplier le héros de laver son corps souillé. A chacun de leur moment intime, elle ne cessera de répéter qu’elle n’est plus bonne à rien, qu’elle aurait voulu le rencontrer avant, quand elle était encore « innocente ». Ce qui culmine dans ce passage aberrant où le héros remarque un peu de sang (d’un combat précédent) couler sur son corps alors qu’il couche avec elle et fait immédiatement la comparaison avec la perte de virginité.

 

Et pour compléter le trope de l’impureté, voici que Killer Queen nous ressort le trope de la fille déséquilibrée mentale depuis son viol. En effet, depuis qu’elle a été abusé par son père, Yuuki aime voir les gens souffrir et participe au jeu pour assouvir ses pulsions de mort…non sans séduire les hommes pour pouvoir mieux les surprendre et les torturer. La seule manière de la remettre sur le droit chemin sera bien sûre de tomber amoureuse d’un homme, d’un vrai, capable de lui donner un orgasme et de retenir ses pulsions bestiales (véridique).

 

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La main géante d'Onii-chan vous protège en toutes circonstances !

 

Inutile de dire que ce qui m’agace prodigieusement est la manière dont le scénariste s’est emparée de son sujet. Il s’est particulièrement appliqué à rendre la situation ridicule et peu crédible. Le récit des malheurs de Yuuki aurait pu être poignant…si Soichi n’avait pas trituré le sperme de son violeur mystérieusement logé dans son orifice juste avant, lui donnant un orgasme par la même occasion (mais sans faire exprès, attention). De même, elle essaye de le séduire en ouvrant grand les cuisses ou en exhibant ses seins mais ça ne colle pas avec son corps juvénile et toute la rhétorique autour des pulsions est assez insultante : selon le jeu, un homme ne peut pas se retenir devant une femme nue. On est donc censés croire que Soichi est un gars bien parce qu’il se retient très fort de la violer. Ben, voyons… La scène avec Tezuka est encore pire puisque Yuuki nous est présenté comme froide et manipulatrice, tandis que le méchant devient fou à la vision de la jeune fille en train de se masturber et n’est plus capable de penser. Il nous livre cependant des remarques plus que gratinées, dignes des meilleurs hentais (image NSFW)…

 

\!/ Fin spoilers \!/

 

J’aurais encore beaucoup à dire sur le traitement des scènes de sexe mais je crois qu’il faut vraiment que je fasse un article spécifique sur la question. Il y a du boulot…

 

 

Un scénario-fromage : Gouda ou Emmental ?

Jeu de mots foireux mis à part, Killer Queen ne brille guère par ses rebondissements. Au point où il me fut impossible de trouver le moindre spoiler sur Internet : et pour cause, il ne se passe rien. La moitié du temps, les personnages discutent stratégie. L’autre moitié, les filles minaudent parce que c’est bien connu que les filles sont incapables de réfléchir quand ça ne concerne pas les garçons ou les sandwichs. Même que dans la 1e route, le groupe se fait attaquer mais que l’assaillant ne vise que le héros parce qu’il se dit que les filles sont faibles et seront incapable de riposter (il fait moins le malin avec 3 balles dans le dos). Mais je digresse.

 

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Les chances de survie d'une tête en l'air à gros seins dans ce type d'histoire sont habituellement faibles, non ?

 

La première route a un intérêt moindre car toutes les éléments pouvant être intéressants sont mal utilisés : le propriétaire du Joker ne sait pas s’en servir, la carte la plus meurtrière est étrangement absente, il n’y a pas tant que ça de morts, certaines personnages ne (ré)apparaissent que très tardivement. Il y a cependant un personnage qui se révèle plus complexe qu’il n’y paraissait. Du reste, je ne comprends pas pourquoi les quelques explications sur le contexte du jeu sont considérés comme un « twist » majeur alors que le basique est tout juste expliqué. Si le passage sur le divertissement est supposé être une mise en abyme du spectateur, alors Killer Queen échoue à être Ever17 : l’implication du joueur étant minime à cause de l’absence de choix et du désastre que représente la romance, cela ne fonctionne tout simplement pas. Le grand monologue égoïste de Sakumi est d’ailleurs horripilant à souhait. La fin est conventionnelle mais fonctionne à peu près.

 

La seconde route a l’avantage de nous présenter une configuration bien plus intéressante. Comme le groupe du héros est plus divers (et pas juste un harem), il y a également moins de « girly talk » et le rythme est très bon. Malheureusement la grosse révélation se voit venir à des kilomètres à la ronde. Le héros étant soudainement devenu stupide, il faudra attendre la toute fin pour avoir le droit aux explications tant attendues. Et l’idée de faire intervenir le 9, qui était bonne, se voit complètement ruinée puisqu’au final le joueur en question est capable de surpasser les règles, ce rend ses motifs douteux. Le final est encore moins excusable que dans le 1e episode : en l’occurrence, accorder un happy end à la personne ayant massacré l’intégralité du cast sans aucune raison paraît abusé. On aurait pu imaginer qu’en quête de salvation, elle aille enquêter avec Soichi pour percer les mystères du jeu et éviter qu’il y ait d’autres victimes. Les protagonistes ne pensent décidément qu’à leur pomme…

 

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De manière générale, l’application des règles fluctue d’une route à l’autre, si bien qu’il est difficile de comprendre comment réaliser les conditions de libération. Par exemple, on voit clairement Reika connecter les PDA qu’elle a collecté à son collier pour essayer de se délivrer (ce qui signifie qu’elle n’a pas besoin de les détruire), mais dans la seconde route, elle les détruit directement sans toucher à son collier. De même, un flou artistique règne autour de la Reine : l’As est en effet supposé tuer le propriétaire du PDA pour survivre. Mais que faire quand la Reine est déjà morte ? L’As a-t-il automatiquement échoué ? Ou est-ce qu’il est automatiquement libre ? Pourquoi le collier de la Reine n'explose pas quand on la tue ? Difficile de garder le fil dans ces conditions et c’est une nouvelle fois dommage. En tant que joueur, deviner qui est qui et comment les meurtres ont été commis fait partie intégrante du plaisir. Or Killer Queen fait bien souvent le choix de la facilité. Le meurtre de la Reine au tout début du second épisode est un mystère et j’avais imaginé le type de piège qui lui avait été tendu pour contourner les règles. Or, comme le coupable triche, ce n’est plus intéressant.

 

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Sakumi Himehagi, par Purinpurin

 

Verdict

En conclusion, Killer Queen est un visual novel intriguant bourré de potentiel mais à l’exécution bardée de défauts au point d’en gâcher la lecture. Si quelques scènes par-ci, par-là, s’avèrent poignantes, l’ensemble oscille entre le bon et le médiocre. Les personnages féminins se révélant ironiquement plus approfondis dans l’omake, disponible une fois toutes les routes finies, que dans le jeu original, ce qui veut dire beaucoup : le reste du temps, elles ne sont que des faire-valoir plus ou moins fades. Les plus dubitatifs d'entre vous attendront sagement la traduction du remake, Secret Game, qui est considéré comme bien supérieur, tandis que les plus impatients devront jauger leur intérêt pour la formule avant de se lancer dans l’aventure.

 

Pour ma part, même si la frustration était souvent présente, j’admets avoir été captivée par le déroulement, la soif de savoir ce qui se passerait étant la plus forte. J’ignore si je recommanderai Killer Queen pour autant, le jeu penchant ostensiblement dans la zone "so bad it's good", il est devenu un plaisir coupable. Après, c’est toujours moins pire que le final de Doubt

 

Sinon, la TM organise une grande loterie : si vous voulez gagner des goodies gratuits, c'est le moment ou jamais !

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commentaires

Tama 21/06/2015 21:03

Si tu as le temps et la motivation fait le, ça pourrait être intéressant ^^
Et il a de grand chance que je commente (oui parce que je pense que le débat peu continuer ad vitam eternam) :p

"Je suis d’accord sur tes premières remarques mais je ne vois pas en quoi ça remet en question ce que je disais =O."
A mais mon but n'était pas de te contredire ou de nier tes propos, c'était juste de l'échange. Je suis centré sur la "suppression" parce que c'est un sujet qui m'a un peu agacé dernièrement. Quand je lis ou j'entends les gens, dès qu'il y a un problème, il faudrait le supprimer mais sans proposer de solution alternative. Et j'aime pas çaaaa...C'est peut être que j'aime la linguistique et que je trouve la langue française jolie donc ça me fait un peu mal de voir des choses disparaître mais ça ne veut pas dire que je n'en utilise pas de nouvelles.
Sinon je suis d'accord il n'y a pas de solution miracle.
Mais pour le rejet je confirme, je me rappel encore de l'impact sur la loi du CPE X)

Ma remarque sur le "c'était pas mieux avant" portée surtout sur certaines études en SHS qui abordent un aspect critique (dans le sens de capacité à juger en prenant tout les éléments en comptes) et montrent que avant n'était ni bien, ni moins bien, c'était différent. Bref, c'était pour dire que l'on peut faire une analyse critique d'une perte de valeurs sans porter de jugement catégorique et négatif.
Notre système est bancal je trouve, il faudrait une vrai réforme, des changements en profondeurs mais c'est un travail de titan et puis il y a des personnes qui n'aiment pas que l'on touche à leurs habitudes et privilèges.

On célèbre l'avancée de la connasse, elle a droit à son propre film :p

Helia 08/07/2015 17:46

La motivation j’en ai souvent, le temps beaucoup moins X’). Il faudrait vraiment que je trouve un moyen de booster ma productivité au niveau supérieur sans finir en torchon humain…est-ce que quelqu’un a inventé une potion de super-productivité ?

Ah, donc en fait, on était d’accord depuis le début XD.

« Notre système est bancal je trouve, il faudrait une vrai réforme, des changements en profondeurs mais c'est un travail de titan et puis il y a des personnes qui n'aiment pas que l'on touche à leurs habitudes et privilèges. » = Bizarrement le changement n’intéresse pas ceux qui ont quelque chose à y perdre (genre de l’argent). Sauf que ce sont aussi souvent ces gens-là qui ont le pouvoir. Donc on ne risque pas d’assister à une révolution de si tôt 8).

« On célèbre l'avancée de la connasse, elle a droit à son propre film » = Beuh, m’en parle pas. Je trouve ce truc tellement nauséabond…

Il ne me semble pas t’avoir croisé à la Japan Expo, je suppose que tu n’y étais pas ^^ ?

Tama 14/06/2015 00:38

Si cela peut te rassurer je n'ai pas lu non plus Dolto en entier et cela fait un moment que je l'ai lu (pour ce que j'en ai lu) donc je peux dire des conneries (ou pas).
Plutôt qu'un bingo, un drinking game serait plus sympa je pense. Il y a bien des émission de relooking où les hommes sont aussi inclus, par contre j'ai pas vu de "beau tout nu" sur la 6. Si la TV française proposait des choses vraiment novatrices dans ce domaine ça se saurait... Il y a bien des micros évolution mais pour avoir assister à un colloque sur les genres dans les séries TV, quoique les femmes fassent c'est perdu d'avance...

La langue française contrairement à d'autres n'a pas de neutre, sauf si on compte le "on" qui est tout et rien à la fois (pluriel et singulier, masculin comme féminin) est relève plus de la langue orale. Si je parle de quelqu'un comme d'un "on" pour respecter la neutralité de genre c'est assez péjoratif. En anglais il y a bien le "it" mais c'est valable pour ce qui n'est pas humain. Pour les personne agender (sans genre) on utilise le "they", en français on aurait l'équivalent du "ille" mais si ça passe -à peu près- à l'écrit, pas sur qu'il en soit de même à l'oral. Après la répartition masculin/féminin est arbitraire chez nous : pourquoi "une table" ? pour "un siège" ? ça ne pourtant pas dire que je considère la table comme entité féminine ou le siège comme plus masculin que la table. Concernant les insultes, quand je me fais insulter dans une langue que je ne connais pas ou peu, l'impact est moindre que si cela avait été dans ma propre langue (limite je trouve drôle de voir quelqu'un s'exciter en me traitant de tout les noms alors que je pipe rien), parce que je réalise que si j'enlève le sens que je leur donne, ce ne sont que des mots. C'est pour cela que je pense que c'est le sens derrière les mots qu'il faut changer pas les mot eux même. Changer/supprimer des mots, c'est s'attaquer à la forme pas au fond. Hier encore une femme râlait parce qu'on avait écrit mesdemoiselles et pas mesdames, qu'elle trouvait cela insultant comme mot pour justifier de son statut marital. Dans ce cas supprimons également marital (déf : Qui concerne le mari, qui lui appartient) et madame (def, pour les femmes de hautes naissances et/ou mariées). Et pour les femmes qui ne sont ni de haute naissance, ni mariée, ni avec des enfants et/ou éventuellement n'en veulent pas, quel choix on leur laisse ?
Les choses changent, pas toutes certes, mais elles changent. Il y a des lois qui existent toujours sur papiers mais qui ne sont plus appliquées car plus raccord avec notre mentalité. Est-ce que je risque vraiment la prison si je nomme mon cochon Bonaparte aujourd'hui ? (quoique c'est la france...). Je prends l'exemple de la peine de mort en 81 : à l'époque une majorité de l'opinion était pour la peine de mort alors que dans les faits on exécutait pas vraiment à tour de bras (1personne/an et encore...), après la loi (et sans doute à cause d'elle), l'opinion a changé en faveur du contre. Après il y a le quand/comment c'est fait. Par exemple, je trouve le référendum sur le mariage pour tous plus marquant et symbolique que s'il avait était imposé par l'état, parce que les gens font le choix. Je dis oui au changement mais je suis contre le faire n'importe comment.

Je pense qu'il y a confusion car nous parlons basiquement de la même chose. Une société/communauté est basée sur des normes et des valeurs (et je n'ai pas dit le contraire ^^) qu'elles soient religieuse ou pas, qui posent les bases du vivre ensemble. Je ne dis pas qu'il faille faire plaisir à un groupe plutôt qu'un autre mais que comme la société est assez complexe et composée des plusieurs sous groupes, il est difficile de satisfaire tout le monde quand bien même la société est censée être une "unité". Je prends l'exemple de l'histoire des USA : on instaure le droit de vote mais c'est que pour les WASP, puis pour les noirs mais il manque toujours les femmes, puis pour les femmes...etc...on donne le droit à un groupe mais on en lèse d'autres.
Concernant la perte de valeurs, oui et non. On peut très bien théoriser cette perte sans être réactionnaire, personne ne dit "c'était mieux avant" c'est juste ce rendre compte d'un phénomène. Tu le dis toi-même : on a besoin de valeurs. Ces valeurs changent avec le temps, ce qui est marqué par des lois effectives par exemple ou un changement de mentalité. Que les valeurs ne correspondent plus Ok, qu'il faille les changer pas de problème, mais dans ce cas là proposer autre chose de tangible, d'effectif, une équivalence. Les gens ont besoin de valeurs, si on détruit celles qu'ils ont sans les remplacer par d'autres cela crée un déséquilibre. Je ne dis pas qu'on est tous atteint du mal de l'infini mais une société se doit d'avoir un bon équilibre normes/valeurs, ni trop, ni trop peu. Par exemple on théorise le remplacement de la religion et notre rapport à Dieu, par la religion capitaliste et notre rapport à l'argent. Les nouvelles règles sont peut être là mais elles sont floues...

Et oui, les filles peuvent être sexistes et misogynes, c'est pas un apanage exclusivement masculin :D C'est un peu comme dans chaque homme peut se cacher un odieux connard en chaque femme peut se cacher une odieuse misogyne...

Helia 18/06/2015 17:39

Avec un drinking game sur les différents systèmes d’oppression de la société, tu vas être bourré en permanence XD. Un jour, peut-être que je ferais des analyses féministes d’émissions de télé-réalité, qui sait.

Je suis d’accord sur tes premières remarques mais je ne vois pas en quoi ça remet en question ce que je disais =O. Mon commentaire était : c’est un sujet difficile et il n’y a pas de solution miracle. Pour changer le sens derrière les mots, il en faut souvent de nouveaux. Et ce que je disais c’est bien que les nouveaux mots ont du mal à être accepté et que ça prend du temps pour que les mentalités changent. Tu as l’air très centré sur la suppression XD.

« Je dis oui au changement mais je suis contre le faire n'importe comment » = Il n’y a qu’une seule manière de mal faire le changer : l’imposer de manière brutale parce qu’il crée du rejet. Mais je ne vois pas vraiment ce que ça vient faire là en fait. Je pense que tu as raison et qu’on commence à ne plus arriver à se comprendre pour le coup =’). Est-ce le signe qu’il faut s’arrêter là et reprendre au prochain article que je publie et qui s’y prête X'D ?

« Personne ne dit "c'était mieux avant" c'est juste ce rendre compte d'un phénomène » = Euuuuuuh. Perso, c’est le genre de remarque que j’entends souvent à la télé, dans les médias ou dans certaines discussions. C’est pour ça que j’ai l’impression que c’est le genre de paroles consensuelles et vidées de sens auxquelles on ne peut jamais échapper =’).
Je ne dis rien mais des fois ça m’éagace quand les gens en question se trompent d’acteur (genre « le président de la République devrait faire ça », « le gouvernement devrait faire ci ») comme si l’ensemble des pouvoirs était vraiment dans les mains de ces personnes. Ptet que les concitoyens lambda seraient déçu d’apprendre que les gens qui ont le fric pour faire des vrais trucs ne sont pas les pouvoirs publics mais les grosses entreprises...et qu'elles se bougent pas pour l'intérêt général bizarrement.

Il y a assez d’un seul Odieux Connard, on en a pas besoin de plus ! Remarque, son pendant féminin (la « connasse » apparemment) n’est pas bien plus glamour. Quand est-ce qu’on célèbre l’avancée humaine au lieu de célébrer sa médiocrité X’) ?

Tama 06/06/2015 11:58

Navré, j'ai la fâcheuse tendance à relancer et il y a des sujets sur lesquels je peux bavasser des heures (ou écrire de gros pavés).

un auteur peut créer un personnage/univers/etc...et inconsciemment y mettre des choses que les lecteurs verront ou pas (analyse freudienne bonjour)
un auteur peut créer un personnage en ayant mûrement réfléchi dessus, sur son impact etc.. des personnages sont créer par exemple en ayant en tête une présentation d'une communauté/minorité...un personnage créé même en se pensant novateur très bien être perçu comme réactionnaire ou rétrograde (là aussi analyse tout ça)
après oui il y aussi le recul, quand on prend de la bouteille, que l'on se rend compte soi même de ce qui ne va pas. Dernièrement, j'ai vu une dessinatrice se rendre compte que ses personnages et leur relations (après 6 ans passé dessus) ont changé et que ce qu'elle avait dessiné au départ était très maladroit, voire limite (erreur de jeunesse tout ça). Mais quelque part ça fait partie intégrante de l'oeuvre et de son identité.

Ah oui ! Mais même sans le BDSM tout est magique dans le hentai !

C'est presque du Dolto. Dans ma grande naïveté, je vais dire qu'au lieu de père/mère, elle voulait exprimer la place qu'il faut laisser à l'autre parent, pour que le trio ici présent trouve son équilibre de fonctionnement sans que chacun n'empiète sur l'autre.
Après dire qu'une fois qu'on a eu un enfant on est juste mère : non. On est femme, épouse et mère (voire autres). On cumule plusieurs casquette. Il faut du temps pour soi, son couple et l'enfant. Là aussi un trio où chaque partie ne doit pas empiéter sur l'autre.

Pendant un certains temps dire Mademoiselle à une femme c'était essayer de savoir poliment si elle était disponible ou pas... Puisque être nommé madame c'est soit être marié, soit avoir des enfants. Mais de mon point de vue mademoiselle n'a plus cette connotation vieille fille. On est plus obligé d'être marié, ni d'avoir des enfants, on peut très bien être mademoiselle et être en couple....mademoiselle dégage à mon sens plus de liberté que le madame.
Ou alors pour l'équilibre des genres on rétablie mondamoiseau :D

Ce que je voulais dire, c'est qu'il faut effectivement changer des normes, certaines se changent d'elles même avec le temps, d'autres il faut une application concrète. Dernièrement plusieurs personnes m'ont évoqué une perte des valeurs et des normes, en disant que c'était bien gentil de vouloir tout changer mais si on détruisait/enlevait pour ne rien remplacer cela créer un déséquilibre car les gens ont besoin de modèles, de choses sur lesquelles se référaient.
Il y a aussi un problème de point de vue. Je prends le cas du mademoiselle pour certaines/certains c'était affreusement sexiste comme mot et pour d'autre pas (comme moi comme tu peux t'en douter en plus de penser qu'il y a des choses plus urgentes à faire que ça mais passons). Le problème ne vient pas du mot en lui même mais de ce qu'on y met derrière donc supprimer le mot, c'est pas supprimer le problème bien au contraire.
Tout est question d'équilibre, nous sommes à la fois pareil et complètement différent. C'est difficile de concilier les deux. Changer une chose fera plaisir à un groupe mais pas forcement à un autre, c'est en ça que je dis qu'en essayant de contenter tout le monde, on ne contente personne. Donc oui des normes plus souples, plus respectueuses, mais surtout changer/travailler les valeurs qu'il y a derrière, plutôt que de supprimer forcement purement et simplement des normes.

Tu sais quand tu vis avec un grand nombre de filles pendant un certains temps, tu te rends comptes que l'univers « féminin » n'est pas franchement reluisant (ça m'a pas aider à aimer le genre féminin quand je vois la façon de penser de certaines). Il y a sans doute l'effet « groupe » dans certains cas. Mais ça permet de prendre du recul et de voir qu'il y a de tout, et d'avoir un autre regard sur ce qui nous entoure.
Ca serait difficile de te les présenter et même si un jour cela arrive, je doute qu'elles valident ce que j'ai rapporté. Beaucoup de gens ont tendance a varié leur version de l'histoire en fonction de la/les personnes qu'ils ont en face d'eux et à nier, réfuter, en bloc quand on leur met les fait sous le nez (les gens mentent beaucoup, surtout à eux même).

Helia 11/06/2015 23:05

Le charme des maladresses du début ? Peut-être bien, ça ne m’empêchera vraisemblablement pas de continuer à être trop exigeante envers moi-même XD.

Maintenant que tu le mentionnes, je n’ai jamais lu Dolto en entier mais je serais prête à parier que c’est son manuel… Je pourrais faire un bingo Super Nanny (que le père retrouve son autorité, que la mère fasse preuve de « douceur », que la mère ne prenne pas le rôle du père, séquence la mère doit se faire belle pour son homme nan mé ho, séquence rappel qu’un homme et une femme c’trop pas pareil). Je pourrais aussi faire un bingo Cauchemar en cuisine (séquence faire sortir la femme de la cuisine, séquence il doit devenir un HOMME, séquence le patron est visiblement un gros dégueulasse avec son employée mais elle doit prendre ça avec le sourire ou changer de garde-robe). J’aime comme la télé-réalité est écrite de manière réactionnaire…
D’ailleurs, pourquoi est-ce que l’homme n’aurait pas le droit à sa séquence « Fais-toi beau pour ta femme » au lieu de la sempiternelle injonction à être sans cesse plus VIRIL ? Des fois, c’est à se demander si les personnes qui réalisent ces trucs sont vraiment persuadées qu’on corrige tous les problèmes du monde à coup de phallus (littéralement). C’est pas une baguette magique !

Personnellement, je trouve que les deux ont conservés pas mal des connotations d’origine. Mais le vrai problème c’est finalement le poids du langage : difficile de diffuser des idées progressistes quand notre langue a été conçue sur un modèle dépassé (différenciation féminin/masculin, sens des insultes, etc) et difficile de changer la langue sans un environnement un peu plus progressiste. C’est le serpent qui se mord la queue et il faut bien commencer quelque part à un moment sinon on ne s’en sortira jamais. Et là, autre problème : si on ne va pas assez vite, les choses ne changeront jamais…mais si on va trop vite on génère une réaction de rejet. Bref, un sacré sac de nœuds et il serait trop facile de tout balayer d’un revers de la main.

Je ne comprends même pas ton dernier paragraphe à vrai dire : on a forcément besoin de normes pour évoluer en société, donc on ne peut les détruire que pour les remplacer par la suite. Le but n’est pas de faire « plaisir » à un groupe en particulier, juste d’aller vers ce qui est le plus intelligent/sensé pour tout le monde (volonté générale vs volonté de tous, comme le théorisait Rousseau).
Je sais que tu vas peut-être mal le prendre mais je trouve que les gens qui se plaignent de la "perte des valeurs" en général (attention, c'est différent quand la valeur en question est vraiment définie, pareil pour les acteurs) ont tendance à se montrer réactionnaires (voire à ne s’être jamais vraiment plié aux valeurs défendues). Tout simplement parce que dans un monde en plein changement, il est plus facile de se cramponner à des normes archaïques qu’on connaît bien (ou qu’on idéalise) pour se rassurer, que de se jeter dans l’inconnu et accepter de changer sa perception du monde. C’est en tout cas le discours véhiculé par le FN et des organismes tels que la Manif pour tous et je trouve ça dangereux. Les nouveaux modèles sont déjà là, ils ne sont juste pas aussi bien acceptés ou alors ils sont carrément niés car pas encore légitimes.

Ma foi, les filles peuvent malheureusement être sexistes envers elles-mêmes, c’est même souvent le cas. Ce serait trop facile si on était dans une configuration « gentils » versus « méchants ». 50 nuances de gris comme dirait l’autre… C’est probablement une bonne chose que je n’aie pas à croisé tes connaissances =’).

Tama 04/06/2015 10:47

Oui ça commence à devenir pavéesque tout ça :D

Je pense aussi mais je pense également que lorsque l'on crée une histoire, un personnage, on l'a réfléchi avant de le jeter sur papier. Donc quelque part penser un personnage/une histoire, c'est prendre du recul dessus (même si c'est juste une fanfiction). Il est possible que sur l'instant on crée des choses déjà complexe parce que l'on aune vision précise de ce que l'on veut ou non mais ça vient aussi d'un travail de maturation en amont dans le cerveau. On alors on a déjà une banque de persos random quelque part qu'on pioche pour les besoins du scénar.

Le BDSM les gens ont souvent l'idée d'un truc sale dans une cave glauque avec des gens en cuir qui te font mal. Sauf qu'à bien y regarder, c'est beaucoup de préparation (on en fait pas ça n'importe comment avec n'importe qui) et beaucoup de communication. C'est la personne "soumise" qui est au centre de toutes les attentions, il n'y a qu'à voir Nana et Kaoru (aka le BDSM pour les nuls X) ). C'est pas pour rien que le film a fait s'insurger de manière sérieuse beaucoup de personnes pratiquantes ou amateurs de BDSM (ou pas) sur le film 50 shades...alors que le livre lui ne faisait que faire rire (enfin c'est l'impression que j'ai eu). Après, sur le fond, je trouvais intéressant que la sexualité et certaines pratiques sexuelles soient mis en avant en littérature.
Mais je suis tout à fait d'accord sur le fantasme du viol et le contrôle dessus.

Ah, je ne regarde pas Super Nanny donc tu m'apprends quelque chose. Mais en dehors de cette émission cela arrive régulièrement que des femmes râlent parce qu'au lieu d'être regarder comme des entités indépendantes étaient vu comme "la femme de..." (c'est pour ça que la suppression de Mademoiselle au profit de Madame est stupide à mon sens, d'une certaine façon je trouve le Madame plus rétrograde que le Mademoiselle).
Mais oui chacun à la pression de chaque côté entre le modèle féminin et masculin. Sans oublier la valorisation de certains métiers au détriment d'autres, ça plus de gueule de dire que ton copain travaille chez Apple comme ingénieurs que dire qu'il est caissier. Quelque part ça fait de l'homme aussi un accessoire autant que la femme.

Je pense que beaucoup de personnes ne veulent pas changer même si on les met face à leur contradiction (et souvent on rend fautive la personne qui en est à l'origine).
Après le soucis je dirais, c'est que de vouloir contenter tout le monde, au final on ne contente personne. C'est difficile je trouve de trouver le bon équilibre entre défaire la norme et le politiquement correct.

Haaaan... ça expliquerait bien le pourquoi de l'adage qui dit que la masturbation ça rend sourd :D
Pour les arguments que j'ai cité, je n'invente rien, c'est sortie de la bouche de filles que j'ai connus, indépendamment de leur relation avec leurs copains. Beaucoup de filles pensaient que l'avortement c'est bon que pour les filles "faciles" ou celles qui viennent de milieu sociaux difficiles (effectivement il y a eu des cas) mais au final, celle que j'ai connus et qui tenaient ce genre de discours (pas besoin de capotes ou de contraceptifs, y a la pilule du lendemain/l'avortement au cas où...) n'avaient pas de problèmes, ne venaient pas de milieux à problèmes, mais te parler de l'avortement non pas comme d'un choix "si" mais comme d'un mode de contraception.
Certaines c'étaient faite avorter 2 fois en 4 ans. Ce qui m'énervait le plus c'est cette forme inconscience et de mode de consommation vis à vis de l'avortement, comme quelque chose d'anodin.
Après je ne nie pas que les cas où ça c'est mal passé, pas de suivi etc...existent, je pense que c'est différent pour tout le monde.

Helia 04/06/2015 14:21

J’essayais de réduire mais si tu me relances, forcément :p

Je crois que tu confonds la réflexion que peut avoir un auteur sur la construction de son univers et la réflexion de recul nécessaire pour se critiquer soi-même et ses convictions. Même si tu réfléchis beaucoup pour créer la meilleure histoire possible, tu ne te rends pas forcément compte des idées que tu véhicules et de leur origine. Je le sais parce que ça m’est arrivé avec Milk et que je me retrouve coincée des années plus tard par mes propres préjugés 8). J’ai envie de me corriger mais en même temps les tropes/clichés ont été intégrés pour être des éléments importants de l’intrigue et je n’arrive pas à les enlever sans faire tomber la structure.

Je parlais plus du BDSM dans le hentai en fait (où la communication est souvent inexistante : c’est juste le mec qui décide d’attacher la fille et, pouf, elle kiffe forcément). C’est magique mais ça se saurait si c’était si facile !

Pas que je sois super fan de l’émission mais parfois il n’y a rien à la télé et plus de masse cérébrale disponible pour faire autre chose que comater donc… Et c’est comme ça que je suis tombée sur ce moment d’anthologie où Super Nanny affirme à une mère que ce qui lui arrive est entièrement de sa faute parce qu’elle ne laisse pas au père sa place naturelle. Et ajoute « Vous avez été une petite fille, une adolescentE, épouse et maintenant mère. Vous devez reprendre votre rôle de mère. » Programme sponsorisé par la manif pour tous ?

Franchement, difficile de savoir quoi choisir entre le Madame et le Mademoiselle. L’un sous-entend « femme de », donc mère de famille, l’autre sous-entend « vierge », donc disponible et à marier. Aucun des deux n’est vraiment satisfaisant pour moi.

Caissier ou caissière, c’est jamais vraiment un métier valorisé de toute façon =’). Mais oui, homme ou femme, les modèles présentés ne sont pas vraiment épanouissants. Le truc ce n’est pas de contenter tout le monde ou d’être politiquement correct, mais d’être logique. Tous les êtres humains ont leur individualité, il paraît donc aberrant de sélectionner une poignée de modèles à suivre et de supprimer tout le reste (il est où le gain exactement ?). Nous avons besoin de normes évidemment, mais si elles sont trop rigides tout le monde sera malheureux. Je ne demande pas de détruire le monde (même si ça serait cool) mais d’adopter des normes plus souples qui ne laissent pas sur le carreau 90% des gens : il va falloir m’expliquer comment on en arrive à considérer les femmes, les noirs, les handicapés ou les homosexuels comme des minorités alors que pris ensemble ils constituent une bonne grosse partie de la population.

Ca explique beaucoup de choses. Le sexe c’est que pour faire des bébés, attention !

Tu as vraiment entendu ces choses-là de la bouche d’amies/connaissances 0__o ? Wow, c’est la première fois que j’entends ça et ça me semble surréaliste. Je crois qu’elles ont pas bien compris le principe : l’avortement c’est quand la contraception a échoué normalement. Faudra que tu me les présente, je veux comprendre !

Tama 03/06/2015 02:32

C'est toujours difficile d'accepter de nouvelles perspectives car après difficile de faire machine arrière et de faire comme si on avait pas eu de prise de conscience. Après même une fois de l'autre côté de la barrière, on s’aperçoit qu'il y a différents degrés de compréhension, différentes visions du même phénomène auxquelles on adhère ou pas...

Je suis d'accord sur le fait qu'il y est une grande part d’inconscient, on reprend ce que l'on connait ou ce à quoi l'on aspire. Mais je pense tout de même qu'il a des auteurs qui sont conscient(e)s de ce qu'elles véhiculent et qui soient en jouent/le détournent...soit continue sur la lancée de ce que l'on a vu mille fois parce que ça fonctionne...j'imagine.
50 Shades of Grey ça reste un fantasme puisque de base c'est une fanfiction. Après l'objet même du fantasme est complexe, il y a bien des gens pour qui les fantasmes vont à l'encontre de leurs idéaux (si je peux dire ça comme ça).
Le côté financier est souvent présent (combien j'ai d'amies qui en me parlant de leurs compagnons avancent son boulot, son appart', sa situation...comme qualités personnelles), je me demande parfois si c'est un écho lointain de l'époque où les femmes avaient besoin d'un bon parti pour vivre ou bien si il y a une autre connotation. Situation stable = homme stable ou encore que si l'on pense fondé une famille on pense avant tout aux apports financiers...
Disons que cette vision de "l'amour" et d'une relation est mille fois vu et revu. Certains diront que si tout aller bien, il y aurait pas d'histoire et ça ne serait pas intéressant. La vantardise fait partie du lot quelque soit les qualités intrinsèques de la personne. Souvent dans l'idée du respect ou non de la personne va de paire avec son propre respect. Pourquoi respecter une personne qui ne se respecte pas ? autant l'enfoncer...
Après oui, c'est grave et dommage, de penser que tout ceci est normal, de croire qu'il n'y a pas d'autres alternative. Il y a bien des hommes, qui sont de très bon compagnons, mais qui te sortent (de façon tout à fait normale) que les femmes font chier le monde alors qu'elles ont déjà le droit de vote et l'avortement, et qu'ils comprennent pas ce qui leur faut de plus...Hum...du respect ? La plupart ne voit pas le problème parce qu'ils ne se sentent pas concernés car se sont des mecs bien. Je ne dis pas que sous chaque homme se cache un salaud mais parfois en grattant un peu on a des surprises.

Je connais des gens anti-avortement (anti-contraception de toutes sortes...) pour des questions religieuses mais aussi sur le fait que dès qu'il y a conception, c'est un être humain, donc c'est tuer (question entre science et morale) et qui te passe le film "le cri silencieux" (ambiance~~~).
Quand je lisais des récits de filles tombées enceintes sans être majeures (certaines à 11 ans...mon dieu...)outre le fait de tenter de cacher ça à leurs parents, dans la grande majorité des cas, le copain se barrait dès qu'il savait pour la grossesse et ses parents de dire que c'était la faute de la fille. Ben voyons...comme tu le dis les enfants ça se fait à deux.
Je suis pour l'avortement, je suis pour que ça reste un choix (parce qu'il en faut un, il faut une alternative, ça ne veut pas dire que forcément on est obligé de la prendre) par contre il faudrait bien expliquer aux gens ce que ça implique, avorter c'est pas anodin, c'est pas prendre un abonnement au club de sport du coin (comme certains le pensent...l’argument : prendre la pilules c'est chiant ou pas de préservatif parce que c'est pas les mêmes sensations, ou encore je sais quand me retirer...genre !)
La contraception pour les hommes existent, ça serait bien que ça se développe un peu plus...

ps: je t'ai envoyé un message concernant la thèse. J'ai oublié de préciser que même s'il n'y a qu'un article cité, la personne avait quand même lu d'autres articles du blog et leurs commentaires.

Helia 03/06/2015 22:04

Joli pavé XD

Je pense honnêtement que les auteurs n’ont juste pas forcément le recul pour questionner leur perception du monde et continuent sur la lancée de ce qui marche parce que c’est aussi ce qu’elles aiment (puisqu’elles en sont nourries : l’auteur de 50 Shades of Grey est fan de Twilight et engendrera sûrement à son tour le prochain best-seller « féminin »).

Évidemment que le fantasme n’est pas réel mais si ton fantasme (aka ton mec idéal) te traite comme de la merde contre ton gré, je maintiens qu’il y a comme un problème quelque part. C’est comme avec le BDSM : les gens ont tendance à penser que les soumis aiment la souffrance et qu’on peut leur faire n’importe quoi…alors que les limites des rapports sont en réalité fixés par les soumis en avance, ce qui laisse une marge de manœuvre limité aux dominants censés faire super gaffe à leur partenaire (pas comme M.Grey quoi). Pareil avec le fantasme du viol : la personne concernée a tout contrôle sur ce qu’il se passe dans ses rêves, elle est donc consentante…pas comme dans la réalité où elle est dépossédée de tout contrôle et de toute humanité (or cas du role-play qui est une simulation).

Je pense que cette vision de l’amour vient simplement du fait qu’on apprend aux femmes qu’elles sont uniquement « la femme de » (merci récent épisode de Super Nanny pour ce genre de remarque écœurante). Si tu dois être l’accessoire de quelqu’un, autant être l’accessoire d’un mec qui a du succès, car ça te donne l’impression d’avoir réussi à ton tour. Je pense que c’est ça la logique inconsciente de beaucoup de femmes et pas tant l’argent en lui-même. Et en même temps, quand la société te pousse à ne pas avoir trop d’ambitions, c’est compréhensible de reporter ça sur « le pourvoyeur ». Rappelons qu’à l’inverse on fout trop souvent la pression aux hommes pour être ceux qui soutiennent toute la famille financièrement et ce sans tenir compte de leur aspiration personnelle. Difficile de trouver sa place quand on définit pour toi des attentes qui ne te correspondent pas forcément. Chacun compense comme il peut, et parfois de manière trèèèèèèès stupide.

Oh, mais je pense sincèrement que derrière beaucoup d’hommes « biens sous tous rapports » se cachent des salauds qui s’ignorent. En fait, je pense qu’à l’ère moderne, la majorité des êtres humains sont bourrés de frustrations à cause des attentes disproportionnées de la société et l’intériorisent si bien qu’ils sont persuadés d’être heureux quand-même tout en adoptant des comportements toxiques. A partir du moment où on t’empêche d’exprimer certains traits parce qu’ils ne seraient pas « conformes », on te prive d’une part de toi-même. Comment peux-tu vivre sereinement après ça ? Que tu sois un homme obligé de te montrer viril (ne pas montrer de faiblesses genre pleurer, être forcément avide de sexe, réussir dans la vie) ou une femme obligée de jouer la potiche (être belle en toutes circonstances, être une bonne épouse/mère et faire une croix sur tout le reste parce que bon tu vas quand-même pas développer de l’ambition, hein), tu es perdant à partir du moment où tu as accepté sans te rendre compte de te séparer d’un bout de toi-même qu’il sera peut-être impossible de retrouver (ou alors ça te prendra de longues années de désapprentissage). C’est pour cela que ça serait vachement cool de changer ces « normes » à la noix 8).

Les anti-avortement le sont souvent pour des raisons religieuses ;). D’ailleurs les catholiques ont longtemps été contre « le gaspillage de sperme » (tout ce qui n’est pas pénis dans vagin) parce qu’ils considèrent que chaque têtard DOIT enfanter. Donc voilà, on va déjà tous en enfer. MAIS BREF. Je pense que le plus important c’est juste de laisser le choix et que chaque personne décide elle-même de ce qu’elle préfère faire. Et pas d’imposer l’un ou l’autre à tout le monde. Et franchement, les gens qui pensent qu’on peut abuser de l’avortement n’en ont clairement jamais vécu. Il y a un réel tabou autour du sujet et les femmes qui avortent sont souvent culpabilisées (parfois même par les médecins). Ca m’étonnerait qu’une fille dise par elle-même qu’absolument tous les autres contraceptifs sont trop chiants et qu’elle préfère passer par l’avortement. Souvent les patientes sont abandonnées à elles-mêmes et ça donne des trucs franchement pas glop. Certains témoignages font froid dans le dos =/. Par ailleurs les adolescentes qui tombent enceintes viennent souvent de famille où la contraception est taboue, malheureusement. Et comme on leur explique pas, forcément… C’est un peu un cercle vicieux d’une certaine façon.

J’ai vu ton mail, j’y réponds ;)

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