14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 22:55

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Le monde est mort. On ne sait ni pourquoi ni comment. Une poignée d’êtres humains désespérés tentent de le sauvegarder, en vain. Ne reste de leurs proches qu’un souvenir, un souvenir éphémère qui se fissure. La bulle va éclater, le désespoir monte. Qui osera braver la vérité ? Qui osera déchirer le rideau et affronter le regard accusateur du public ? La jeune fille se tient debout devant l’audience. Existe-t-elle vraiment ? N’est-elle qu’une allégorie ? Peu importe. Elle s’apprête à rentrer en scène. Elle s’apprête à déchirer le rideau qui dissimule ce qui reste de son monde. Ce sera son interlude.

 

Un interlude est une petite pause située entre deux grands moments, une page de publicité entre deux émissions de télévision. Dans le cas qui nous intéresse, Interlude est aussi une série de 3 OAVs sortis en 2004 par la Toei Animation et dont le chara-designer est Hidero Horibe (décédé en 2006). Une série fondamentalement obscure et aux critiques très contrastées. On y découvre un jeune homme ordinaire ne possédant même pas de nom vivant son existence paisible et stéréotypée de lycéen japonais en compagnie de sa copine d’enfance ultra chiante, Tama (doublée par Tamura Yukari), et d’autres filles de sa classe. Enfin, c’est ce qu’il aimerait bien croire. La vérité c’est qu’il ne cesse de faire des cauchemars déboussolants et qui paraissent si réels qu’il finit par ne plus bien savoir où finit le rêve et où commence la réalité. Ce n’est qu’en croisant la mystérieuse Watsuji Aya (doublée par Houko Kuwashima) en pleine hallucination que ses doutes seront partiellement levés : il doit à tout prix la retrouver. Le synopsis paraît commun, et pourtant, Interlude tient véritablement de l’OVNI.

 

Le PV du jeu dont est tiré l'anime, j'en reparlerai plus bas mais avouez que ça fait envie
 

Un décor en carton

Le premier épisode annonce la donne dès les premières secondes puisque la série démarre sur un plan incongru : celui d’une scène de théâtre totalement vide, plongée dans le noir. Une silhouette s’avance et entame un monologue étrange, comme quoi le monde se meurt et désire renaître. Un coup de projecteur nous révélera son visage : oui, c’est bien Watsuji Aya, le personnage qui apparaît sur toutes les illustrations publicitaires de l’anime, et pourtant on ne l’entendra pas parler de tout l’OAV où elle est quasi-inexistante. Curieux paradoxe. Chaque épisode démarre par le soliloque d’une des trois héroïnes et se termine par celui, plus bref et moins allégorique, d’une fillette. Prenez bien garde à ces soliloques car c’est à travers eux que l’on en apprendra le plus sur l’histoire. L’influence des derniers épisodes de Neon Genesis Evangelion se fait clairement sentir dans ces petites scènes mais là où Interlude va plus loin c’est qu’il joue allègrement avec le quatrième mur. Les personnages semblent regarder le spectateur droit dans les yeux et la mention d’un « public » y faire référence, mais ce discours étant également une sorte de méta-commentaire sur la série elle-même, le mot peut très bien avoir plusieurs sens. Emerge alors un sentiment confus, on se sent presque manipulé par ces acteurs censés jouer leur rôle de marionnette, au point de se demander qui contrôle qui.

 

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Je te vois

Le quatrième mur sera d’ailleurs plusieurs fois brisé tout au long de la série mais presque naturellement, sans avoir l’air d’y toucher. Ainsi au cours d’une scène purement gratuite de déshabillage où on se croit en position de voyeurisme, Tama (la copine d’enfance du héros) stoppe net au moment de retirer sa blouse et se tourne délibérément vers l’écran pour crier « Pervers » alors même qu’elle est seule dans sa chambre. L’espace d’une seconde on pense qu’elle s’adresse à nous, spectateur indiscret...pour mieux retourner à son rôle de marionnette avec un léger twist humoristique (elle s’adressait en réalité à une photographie). Mais alors qu’elle retourne à son déshabillage, on est gratifié d’un gros plan sur un objet quelconque, comme pour nous faire tourner en bourrique, faire croire à du fanservice pour mieux l’ôter sous notre nez. Ces quelques passages apportaient déjà leur lot de remises en questions, mais le plus étourdissant c’est de se dire qu’il existe sans doute d’autres occurrences qu’on aurait laissé passer et que peut-être une partie de l’intrigue nous est implicitement dédiée. Le tout premier monologue est même ambigu à plusieurs titres : le public est impatient que le rideau cachant la vérité se lève mais il s’insurge tout à la fois que celle-ci lui soit dévoilée. A travers cette drôle de réplique, on pourrait sentir le thème de la création affluer de manière sous-jacente. Soulever le voile c’est révéler l’intrigue, révéler l’intrigue c’est en exposer les rouages, exposer les rouages c’est détruire le mystère, la magie. A partir de là, ne vaut-il pas mieux ne jamais expliquer l’essence d’Interlude pour que le mystère demeure toujours complet ? En somme, la série nous annonce d’emblée qu’elle ne nous donnera jamais toutes les réponses attendues pour se préserver de l’autodestruction.

 

Pour mieux enfoncer le clou, Watsuji Aya déclare l’arrivée des comiques pour distraire le spectateur durant l’entracte. Comiques qui se révèlent être les personnages eux-mêmes. Alors que le récit se met doucement en marche, Tama fait le pitre et les aventures des jeunes lycéens sont là pour nous égayer. Une sorte de pause dans la pause. Difficile encore de croire que le visionnage de cette série laissera intact.

 

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Le costume cachait l’acteur ?

Cet aspect pour le moins peu conventionnels mis à part, Interlude dispose d’un grand soin technique. Globalement le chara-design est très agréable, l’animation plus que correcte et la bande-son, de bonne qualité, possède quelques morceaux sympathiques. L’ending lui-même, Ookina Koe De, massacré par des enfants à la voix criarde qui ne savent pas chanter, est une espèce de comptine triste et entrainante, un leitmotiv dont les différentes versions, interprétées par plusieurs personnages, seront bien plus belles que sa forme originale. Mais c’est surtout l’expressivité des visages à certains moments qui m’aura marqué. La gamme d’émotions dont dispose chaque personnage est proprement hallucinante. L’intrigue est assez clairement découpée en trois temps : le premier OAV est consacré au quotidien du héros et à sa déformation progressive vers le cauchemar, il oscille donc entre légèreté, blagues salaces et ambiance mystérieuse, tandis que le second est pratiquement uniquement centré sur le personnage d’Aya Watsuji et se fait plus psychologique, et le troisième est surtout l’occasion de découvrir révélations et scènes allégoriques qui nous font presque douter davantage tant il est parfois délicat de comprendre ce qui tient du rêve ou non.

 

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De gauche à droite : "camarade de classe blasée potable", "amie d'enfance chiante" et "camarade de classe inutile et mièvre"

 

Les doublages sont de bonnes qualités, surtout Houko Kuwashima (mais vous savez que, comme avec Aya Hisakawa, je suis une vraie fangirl) et Ootani Ikue (plus connue pour son rôle de...Pikachu) qui interprète la petite fille. Je trouve que son ton légèrement aigre correspond très bien à ce genre de personnages et que ça change un peu des seiyuus ultra kawaii qui en font des tonnes. En revanche, on peut malheureusement compter deux grosses erreurs de casting équivalentes avec Nishihara Kumiko qui tient le très anecdotique rôle d’une meilleure amie mais dont la voix nasillarde est proprement insupportable. Et que dire de Tamura Yukari qui ne livre clairement pas une de ses plus belles performances ? Elle donne à Tama une voix trainante et ultra-kawaii de manière surjouée. Les premières minutes à la supporter relèvent presque de l’épreuve de force et, si le personnage déjà bien chiant à l’origine, finit par se révéler touchant sur la fin, c’est probablement parce qu’on l’entendra moins parler...

 

 

Cachez ce sein que je ne saurais voir

Malgré toutes les bonnes idées qui sous-tendent Interlude, il faut avouer que la série souffre d’un sérieux problème, c’est qu’elle se veut un théâtre d’expérimentations et de réflexions profondes, mais qu’en même temps elle n’hésite pas à verser dans des clichés absolument grossiers, vus et revus des milliers de fois. Concrètement, ça se traduit par une dichotomie assez déstabilisante.

 

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Comme dirait Ridge : "Les femmes mentent mais elles ont des seins, j'aime les seins"

 

Ainsi, notre héros et sa copine Tama vont secourir une employée de mairie, nommée Marufuji, d’un pervers dans un train et sa généreuse poitrine sera la source d’un nombre incalculable de blagues pas drôles et bien dégoulinantes. Comme si le spectateur n’était pas déjà assez lassé comme ça de voir Tama heurter les gros lolos de Marufuji avec un bruitage cartoonesque en fond sonore pour mieux la traiter de nympho (c’est bien connu, elle le fait exprès d’exhiber ses seins, si elle se fait violer ce sera de sa faute, ahahah...non, attendez, c’est carrément malsain comme raisonnement), on hérite par la suite de ses deux collègues de boulot...dont une fan de cosplay qui se complaît à porter des tenues bondage sous son imperméable et suscite l’admiration des autres personnages féminins (c’est bien connu que toutes les filles rêvent de s’habiller comme des putes et que c’est une tenue parfaitement naturelle pour se balader dans des ruelles le soir, ahahah...non attendez, mais, que...quoi ?). On a donc parfois cette désagréable impression d’être en train d’assister à un cours de philosophie mais tenu par la prof barjo de Dears (pour ceux qui ne connaissent pas cette bouse, il s’agit d’une charmante dame qui n’hésite pas à se déshabiller devant ses élèves, à se caresser les seins dans un grand élan d’amour en poussant des petits bruits pas du tout explicites et à leur faire lire des nouvelles érotiques de son cru). On voudrait se laisser entraîner par le côté mystérieux d’Interlude, réfléchir sur ses problématiques philosophiques, et la présence de ces grosses paires de seins sur l’écran ont tendance à très légèrement déconcentrer, tant et si bien que certains risqueront assez vite de décrocher de l’ambiance générale.

 

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Cette image est TOTALEMENT en adéquation avec la substance d'un anime à tendance métaphysique

 

Même dans une scène censée se vouloir terrifiante où le personnage de la lugubre conseillère d’orientation, Saegusa Miyako, pratique une sorte de séance d’exorcisme sur une jeune élève, il faut qu’on ait le droit à des plans graveleux sur sa poitrine qui s’élève et se soulève ainsi que sur ses cuisses entrouvertes qui se dandinent dans une sorte de coït muet dont on se serait bien passé. En plus, comme elle gémit en même temps, rapport à la douleur d’avoir une main enfoncée à l’intérieur de son épaule, ça devient limite tendancieux, tu t’attendrais presque à ce qu’une scène de H déboule de nulle part.

 

 

Mais qu’était-il allé faire dans cette galère ?

Les OAVs se révèlent également un peu chiches en termes de réponses. En effet, à la base, Interlude était un visual novel sans contenu sexuel sorti par Longshot en 2003. Le peu d’images que j’ai pu en voir trahit un budget que j’estime considérable et je ne pense pas me tromper en affirmant que ce jeu doit être raisonnablement long et posséder plusieurs routes (une par héroïne, sans doute). Là où le bât-blesse c’est qu’adapter un visual novel n’a jamais été très facile et que cela suppose des aménagements.

 

Le personnage de Marufuji qui, j’en suis persuadée, tient sans doute un grand rôle dans le visual novel, apparaît ici totalement inutile et hors sujet. Et sa présence est d’autant plus frustrante que les OAVs manquent de temps pour exprimer une histoire déjà très simplifiée. Il manque des personnages de l’original, dont une espèce d’infirmière à gros seins et peu vêtue qu’on ne regrettera pas, par exemple. D’ailleurs un bref passage du 1e épisode semble y faire référence puisque le héros en découvrant sa nouvelle conseillère d’orientation fait l’innocente remarque « On ne nous en avait pas présenté une autre beaucoup plus vieille ? ». Or il se trouve que Miyako avait un rôle  légèrement différent dans le jeu et qu’elle remplace donc ici la vraie conseillère. Mais je m’égare. En 3 fois 40 minutes, concentrer le scénario d’un jeu vraisemblablement assez fourni tient de l’exploit, voire du suicide, et si le résultat n’est pas mauvais du tout, il est même assez épatant, il manque cependant des éléments de réponses par-ci, par-là. Et ces éléments de réponses manquant ont de quoi frustrer énormément.

 

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Contrairement à d’autres animes comme Avenger qui se finit sur un gros doigt d’honneur balancé au spectateur (je rappelle que l’héroïne principale d’Avenger se barre de sa propre série en envoyant chier tout le monde sur le dernier épisode tellement elle en a marre) ou à un massacre en règle du type de RahXephon, Interlude prend la peine de vraiment expliquer son intrigue, juste pas suffisamment pour offrir au spectateur une vision claire de l’ensemble. En outre la structure en rêves est source de beaucoup de confusions et il faudra plusieurs visionnages attentifs pour relier certains éléments entre eux (je vous conseille même de prendre des notes). Difficile de ne pas penser qu’un peu moins de fanservice et de scènes inutiles en compagnie des filles de la mairie aurait pu permettre à l’intrigue de se développer davantage. Mais là encore, j’ai un doute. Et si c’était volontaire ? Et si la série se contentait de promouvoir le visual novel en laissant délibérément quelques points dans le noir pour obliger les consommateurs à tester le jeu eux-mêmes ? Ce serait diabolique, et en l’occurrence immensément rageant pour nous autres occidentaux qui n’auront sans doute jamais le droit à une traduction. C’est sans doute ce point qui rebutera la majorité des spectateurs puisqu’il faut véritablement s’accrocher pour suivre le scénario et qu’il est loin d’offrir tous ses secrets. Secrets qui sont en grand nombre.

 

 

A ce sujet, je me permets d’inclure un assez long développement sur tous les points qui m’ont marqué et je m'excuse si ces quelques impressions peuvent paraitre brouillonnes, il m'est impossible de faire plus structuré. Je sais que peu de personnes auront visionné ces OAVs mais je serais curieuse d’avoir un autre avis sur cette œuvre décidément pas banale donc si vous n'avez pas encore vu Interlude, je vous recommande vivement de ne pas lire tout de suite mes hypothèses afin de ne pas influencer votre vision de l'oeuvre.

 


 

\!/ Attention, spoilers \!/

 

The case of Tamaki Maiko : Dream in a dream

On peut supposer que la première scène d’Interlude où apparaît Tama compose le début du rêve du héros construit parce qu’il voulait la revoir, en atteste la brève apparition d’Aya qui semble renvoyer au dernier épisode. Ce nouveau monde semble au fond presque tourner autour de Tama plus qu’autour du héros. Là où l’anime induit en erreur c’est qu’il nous présente uniquement le prisme déformant du protagoniste principal : tout en se persuadant lui-même qu’il est parfaitement normal, il essaye en fait de nous en convaincre. Or certains indices viennent dors et déjà troubler cette « réalité parfaite ». Par exemple, on ne voit jamais le héros prendre de repas avec sa famille, on ne nous la montre jamais, pas plus qu’on ne nous montre sa maison en dehors des scènes de réveil (toujours accompagnées de cette sonnerie lancinante). Certaines expressions faciales peuvent aussi être source de multiples interprétations : ainsi le héros fait la grimace en contemplant Tama faire son show. On peut penser que c’est parce qu’il est préoccupé par ses fameux cauchemars, mais cela peut être parce qu’il éprouve un malaise en la revoyant. Comme il le dira plus tard à Aya, avec qui il partage un certain nombre de points communs, il est au fond terrifié à l’idée que son précieux quotidien soit détruit mais, en même temps, il ne peut se défaire d’une certaine sensation désagréable, un peu comme un doute cartésien qui l’entraînerait du côté de la recherche de la vérité.

 

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A cet égard la scène dans la bibliothèque est plus que révélatrice de son état de pensée. Le rêve de Tama tourne à vide comme un magnétoscope enrayé, il s’effiloche, et deux réalités semblent coexister parallèlement. Il choisit délibérément de prendre un gros risque en sautant par la fenêtre pour vérifier ce qui est réel de ce qui ne l’est pas, ce qui prouve que le malaise était bien le plus fort. Mais cette scène nous présente aussi la « ville de la lune » comme une sorte de carrefour, un entre monde qui relierait tous les rêves entre eux. La preuve, lorsqu’il suit Aya, il débarque dans un quotidien sans monstre qui tourne exclusivement autour d’elle (en attestent la présence de nourriture et d’argent à l’infini, le fait que les attractions du parc soient fonctionnelles ou même le train), c’est vraisemblablement qu’il pénètre dans le rêve d’Aya. Et si le rêve du protagoniste et celui d’Aya sont directement attachés à la ville de la lune, que dire de la présence des filles de la mairie dans la seconde version de la scène de poursuite ? De quel rêve proviennent-elles à ce moment ? Je pencherais pour dire qu’elles débarquent toutes du rêve de Marufuji puisque, dans quelques rapides flashbacks et surtout la scène d’adieux finale, on la voit vêtue d’une blouse dans un laboratoire, il est donc fort possible qu’elle ait été scientifique pour le projet Pandore et fasse partie des 12 survivants.

 

Ce qui est intéressant c’est de faire le parallèle avec le rêve du héros et son véritable quotidien avant l’apocalypse car Tama y fait office de pivot. On comprend mieux son désarroi face à sa mort brutale : en la perdant, il a surtout perdu ses repères. Mort qu’on devine être la cause de son départ. La scène du lac le montre sur le point d’abandonner son amie d’enfance. Or le thème du départ étant raccroché à la promesse qu’il fait constamment à Aya, on peut deviner qu’il l’a sans doute rencontré dans cette réalité et désire s’enfuir avec elle, privant du même coup Tama de toute volonté de continuer puisque son propre monde tournait autour du héros. D’où de puissants remords. Le protagoniste s’excuse principalement d’avoir négligé les sentiments de son amie en ne pensant qu’à lui et d’avoir considéré son existence comme quelque chose de définitivement acquis. Lorsqu’il rencontre Tama pour la dernière fois sur cette plage déserte et qu’il l’embrasse, il est difficile de déterminer s’il l’a vraiment aimé à un moment (une sorte de premier amour) ou s’il cherche juste à lui faire plaisir une dernière fois en lui donnant ce qu’elle attendait de lui de son vivant.

 

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Le « S’il t’était possible de retrouver ce que tu as perdu » de Fuyuki agit comme une tentation auquel le héros cède. Rêver de la jeune fille c’est en somme manifester sa peur du changement, le refus de tourner la page, et donc l’impossibilité d’évoluer. Du moins au début puisqu’il retourne à Aya pour sortir de ce cocon trop protecteur, trop étouffant. Leur but étant de quitter leur rêve pour, ils l’espèrent, se retrouver dans la réalité. On voit alors les capsules, notamment celle de Mutsuki, de ceux enfermés pour l’éternité tandis que lui part à l’aventure. Sauf que, lorsque le héros se réveille, il nous est nettement montré à l’intérieur de sa capsule, le crâne rasé et couvert de câbles alors qu’à la scène suivante c’est de nouveau un fringuant lycéen. Ses cheveux n’ayant pas pu repousser si vite en quelques heures, on peut se demander si c’est vraiment la réalité, et dans ce cas il pourrait s’agir d’une erreur de raccord (mais j’en doute) ou simplement d’une manière plus romantique de conclure l’histoire (un protagoniste qui s’éloigne dans le désert avec un look de cancéreux en phase terminal ça fait peut-être trop pessimiste), ou alors, s’il ne s’agit pas d’un autre rêve...

 

 

The case of Saegusa Mutsuki : From love to hate

Mutsuki et Tama ont beaucoup de points communs, en réalité. Elles sont toutes les deux très « pures » dans le sens où elles ne vivent que pour voir ceux qu’elles aiment heureux. Cette pureté peut être symbolisée par Hedgehog, le chiot de la fillette, qui devient dans le rêve une sorte de bête surnaturelle qui semble très puissante mais en fait qui est relativement faible (scène où elle pleure quand on fait mal à son chien). Mais là où Tama est une idiote écervelée, la petite Mutsuki se révèle plus réfléchie et plus mature. Elle est prête à se sacrifier pour le bonheur de ses proches, surtout sa grande sœur et son nouveau frère qu’elle affectionne beaucoup d’un amour platonique et innocent. Son sacrifice étant de devenir une sorte de matrice, le cœur du projet Pandore.

 

Le projet Pandore mis sur pied par Fuyuki et sa femme, Miyako, est relativement simple. Pour une obscure raison ils savent que l’apocalypse approche et désirent sauvegarder ce qu’ils peuvent de l’humanité sous forme de souvenirs à l’intérieur des survivants. En somme il s’agit de protéger une douzaine d’élus des aléas du temps et de les plonger dans un quotidien rassurant, celui de leur monde intérieur, et ce à défaut de ne pouvoir sauver la Terre de sa destruction. Une idée purement égoïste donc mais perçue comme moins amère que la réalité. Comme c’est Fuyuki qui est à la tête du projet, les douze places sont probablement réservées pour ses proches et les autres scientifiques. Mutsuki sera sa pièce maîtresse. Dans chacun des survivants, cloîtré dans une capsule, doit émerger un monde de souvenirs, un monde où les êtres chers perdurent.  Face à ces sortes de « modérateurs » virtuels maîtres de leur propre espace, Mutsuki doit faire office d’administrateur et les contrôler, vérifier qu’aucun d’entre eux ne se réveille. Cloîtrée dans un gigantesque hub à la croisée de tous ces mondes, elle y scelle les pensées mauvaises et les souvenirs parasites sous formes de monstres. Les fameux esprits noirs qui se baladent.

 

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On en voit d’ailleurs un dans la scène où la conseillère exorcise une élève qui se plaint d’entendre une voix toujours plus forte. En ôtant de sa poitrine les sentiments négatifs, elle espère l’empêcher de se souvenir. Cette élève est peut-être une autre survivante. Ce qui explique le discours de Fuyuki quand il indique qu’il a sous-estimé le contrôle qu’il a sur "eux", le "eux" désignant aussi bien Aya et le héros que les 12 survivants dans leur globalité.

 

Bref, si on réveille Mutsuki, tout disparaitra...et la seule raison qui la fait accepter ce sort et qu’elle veut vivre avec ceux qu’elle aime pour toujours (dont son « frère » et sa sœur). Mais cet amour se mue en haine parce qu’elle souffre de sa solitude. Elle a été sacrifiée pour le bonheur des survivants et n’y trouve plus la contrepartie espérée puisque son frère se détourne d’elle, ce qu’elle perçoit comme une véritable trahison. Trahison qu’on peut analyser comme suit : le héros ne correspond plus aux souvenirs que Mutsuki avait de lui. La comptine qu’elle fredonne va en tout cas dans ce sens. Et ce qui fait que le héros change est probablement le fait qu’il soit tombé amoureux d’Aya. On peut le constater à travers la photographie que tient Miyako où une Aya, barrée au feutre noir, vêtue de l’uniforme de l’école du héros côtoie une Mutsuki souriante. Photographie qui semble indiquer que le héros l’a rencontré dans la réalité (c’était une élève transférée ?) et que les deux filles se sont fréquentées un moment. Mutsuki passe donc de l’amour à la haine quand elle réalise que ses efforts pour rendre les gens heureux ne sont pas retournés. Mais la nature même de sa rivale est floue...

 

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The case of Watsuji Aya : Despair

Fuyuki la décrit comme étant un fléau et la responsable de la destruction de plusieurs mondes mais on ne comprend pas bien comment l’héroïne pourrait correspondre à ce constat. Le tout premier monologue d’Interlude nous fournit de précieux indices quant à la véritable nature du personnage de Aya qui reste très nébuleux : elle serait prête à sacrifier l’univers pour se sauver elle-même. Mais on peut considérer que le monologue de Marufuji s’applique aussi bien à elle qu’à Aya quand elle parle de son envie de découvrir la vérité, de son dégoût face à cette comédie grotesque et dans la mention du cri capable de détruire le monde.

 

Aya pourrait être un fléau dans plusieurs sens, quand on analyse son passé. Il se peut que, contrairement à son entourage, elle n’ait pas cru au brusque retour de sa mère, tout juste décédée car son éveil à la vérité était le plus fort. Et dans ce cas les gens peuplant sa ville ne disparaissent pas, comme elle le prétend, car ils n’ont jamais été que des souvenirs errant dans son rêve, ce serait elle qui commencerait à ne plus croire en leur présence. Ce qui fait d’elle une des 12 survivantes. Mais, en même temps, la jeune fille refuse fermement de quitter son rêve, comme mue par une puissante contradiction. Sa détermination faiblit alors quand elle cohabite avec le héros car il lui apporte la conscience de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas, elle commence à hésiter (doute symbolisé par la scène de tir à l’arc : alors que dans son flashback elle vise à la perfection, en la présence du protagoniste principal, elle manque sa cible). En le suivant, elle abandonne ce qui maintenait son rêve, d’où sa dangerosité : elle n’a plus rien à perdre, plus d’attache.

 

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Une autre possibilité est qu’Aya soit en proie à une folie dévorante. Ainsi lorsqu’elle raconte que sa mère est revenue d’entre les morts et que personne ne s’en est étonné, on entend simplement la voix de la défunte et le décor semble étrangement vide, comme si la jeune fille était la seule à voir le fantôme. De même, son père et son frère n’apparaissent pas dans cette scène alors qu’elle les dit présents. Etait-elle seule depuis le début ?

 

Une dernière possibilité est qu’Aya, décrite comme « le monde et ses contradictions personnifiés », ne soit en réalité qu’une allégorie, la personnification du désespoir (comment qualifier autrement son acharnement à répéter les mêmes gestes encore et encore dans un monde complètement vide ?).

 

Reboot

Une théorie que j’ai développée sur Interlude est que c’est une œuvre mettant en place une boucle temporelle. En effet certains évènements se répondent de façon étrange. Plusieurs indices tendent en tout cas vers un « reboot ».

 

Le premier élément révélateur étant le personnage de Sugiura. Il apparaît dans la 1e scène de course-poursuite dans la ville de la lune, scène que le héros croit être un rêve. Or lorsque les deux hommes se croisent à nouveau, ils ont tout les deux le souvenir de s’être rencontrés. La scène aurait donc véritablement eu lieu...mais elle ne coïncide avec aucun moment de la chronologie ! Pire, Sugiura semble sous-entendre que ce n’est pas la première fois qu’il prévient le héros de ne pas se mêler du projet Pandore, alors que nous n’avons assisté à aucun de ses conseils. Il y aurait donc eu plusieurs rencontres ? Des renseignements à ne pas prendre à la légère puisque Sugiura se révèle un peu plus tard immortel. Il n’est alors pas impossible qu’il ait été jeté dans la ville de la lune parce qu’il gênait, comme le confirme le sourire de Fuyuki, visiblement peu ravi de le revoir. Et il gênait parce qu’il possède vraisemblablement tous ses souvenirs (en atteste sa régénération spectaculaire).

 

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La notion de souvenir prend une toute autre ampleur quand on analyse les ordres de Mutsuki à son chien Hedgehog. Quand elle lui demande d’attaquer son frère ou Aya, le mot qu’elle prononce est très étrangement « Reboot ». Elle essayerait donc de les empêcher de se souvenir en réinitialisant leur mémoire. Or quand on sait que Fuyuki et Mutsuki font justement tout en leur pouvoir pour empêcher les deux adolescents de se rencontrer, c’est bien parce qu’ils se sont déjà rencontrés par le passé et ne s’en souviennent pas. On peut alors prendre Interlude comme le long combat du héros pour accéder à la réalité. Malgré la réinitialisation de sa mémoire et de celle d’Aya, les souvenirs sont finalement les plus forts et les attirent l’un vers l’autre. Leur coup de foudre serait donc une forme de réminiscence confirmée par un bref et curieux passage à la fin du 1e OAV où Fuyuki apparait entouré de machines et d’employés, surveillant par l’intermédiaire d’un écran ce qui se passe dans le rêve du héros et fait la mention du destin. Comme si ce n’était pas la première fois qu’il tentait de les séparer. Une impression accentuée par son bref dialogue avec Miyako dans le 3e épisode.

 

On pourrait alors interpréter la problématique de la non-mort des personnages de cette manière : Fuyuki entame un discours volontairement provoquant à l’encontre d’Aya pour la pousser à se servir de son arc dans une espèce de suicide qui prend son sens s’il s’attend à un reboot de sa mémoire (en tant que chef du projet Pandore, il est peut-être l’un des seuls à avoir gardé ses souvenirs et pourrait vouloir s’en débarrasser pour oublier son échec). Comme le héros est mortellement touché mais revient pratiquement intact, on peut supposer qu’à la manière de Sugiura le reboot ne lui fait plus rien car il regagne ses souvenirs de plus en plus vite à mesure que défilent les boucles. La scène suivante sur fond blanc serait alors le reboot suivant, cette fois Aya et le héros savent tous les deux ce qu’ils veulent et comptent partir derechef et Mutsuki tente alors le tout pour le tout pour les arrêter, ordonnant alors à Hedgehog de détruire le rêve. D’où la scène d’adieux où tous les survivants souhaitent bonne chance aux deux adolescents après avoir compris qu’on ne pourrait les forcer à rester.

 

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Restent plusieurs questions : Le delete de Mutsuki signifie qu’elle veut supprimer les données du rêve...or le delete est envoyée contre Aya ; cela veut-il dire que cette dernière est une donnée comme une autre ou simplement que Mutsuki compte lui retirer son pouvoir de « modérateur », de rêver ? De même, si certains personnages ne sont généralement que des souvenirs des défunts à l’intérieur d’autres personnages, n’y aurait-il pas plusieurs versions en circulation, par exemple ?

 

\ !/ Fin spoilers \ !/

 


 

Conclusion

En fait, tous ceux que le côté « philosophical bullshit » énerve s’ennuieront ferme et trouveront Interlude tarabiscoté. Les plus courageux apprécieront cependant les débuts de réflexions qui émergent et prendront goût à l’élaboration d’hypothèses personnelles pour essayer de rassembler les pièces du puzzle.

 

Pour ma part, j’avoue avoir été franchement emballée par Interlude. Le premier visionnage m’aura tenu en haleine et même fait un peu pleuré à certains moments. Au second j’ai compris que beaucoup de dialogues et de scènes étaient à double tranchant et que l’œuvre formait un vaste et compliqué réseau de scènes pas toujours dans le bon ordre chronologique qu’il fallait remettre en place. Au troisième j’élaborais déjà des théories pour expliquer partiellement l’intrigue. Ce qui m’a énormément plu c’est surtout que c’est la première fois que mon discernement est mis à rude épreuve par une série. Les animes qui possèdent des failles béantes et se révèlent incompréhensibles ne m’ont jamais donné envie de me pencher dessus justement parce que leur structure était branlante et les animes réellement philosophiques et complexes comme Serial Experiments Lain et Boogiepop Phantom ne m’ont jamais torturé les méninges parce que j’avais l’impression de tout comprendre dès le premier visionnage ou presque. Interlude n’est pas impossible à analyser car un grand nombre d’indices sont là pour nous aiguiller mais en même temps il se dérobe suffisamment pour donner envie aux esprits les plus retors de découvrir la vérité cachée derrière ce rideau qui semble ne jamais vouloir se lever.

 

Malgré des défauts évidents, tel que cet abus de fanservice complètement hors-sujet et des choix de seiyuus pas toujours pertinents, et même s’il se contente d’effleurer des principes philosophiques potentiellement exploitables, Interlude propose un incroyable puzzle digne des plus grands masochistes du cerveau. Avec un petit côté à la Ever17 mais en animé, il donne surtout envie de vérifier si le jeu original est à la hauteur de cette réalisation. Une réponse toujours en suspens. Dommage...

 

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P.S : Ceux qui me suivent sur Twitter le savent déjà mais j’ai décidé de me rendre à l’Epitanime cette année. Histoire d’observer des geeks dans leur habitat naturel et de prendre des notes. Donc voilà, vu que je sors pas souvent de mon trou, profitez-en, ça se reproduira ptet pas avant un moment.

 



Pour l’Eroge Mix de mars j’ai décidé de sortir mon meilleur atout avec l’OST d’Utatemeguri. Entre les pistes relaxantes mêlant flûte et harpe, les pistes à consonance rock, les pistes rythmées mélangeant rock et musique traditionnelle, les pistes épiques parsemées de chœurs grégoriens et les pistes dynamiques au chant lancinant, il y a largement de quoi trouver son bonheur. J’espère que vous apprécierez autant que moi.

 

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commentaires

Nautawi 17/03/2012 20:57

(Esquisse d'un léger sourire à l'annonce du spoiler : le reste de l'article l'est un peu aussi :p)

Oh wow, je ne me souvenais pas qu'il y avait tant de susbtance dans ces trois OAV.
Autant la partie Vanilla Sky/Abre los ojos/début Matrix (paye ta référence -_-) était la plus facile à comprendre car la plus évidente, autant les autres interprétations/parties le sont moins par
la "difficulté" mais aussi par l'importance que prend au final l'aspect non-réalité venant du héros.
De là à dire que le fanservice et le côté "lolwhygod" venu presque de nulle part occulte les autres parties, il n'y a qu'un pas. Qui plus est, trois OAV n'est sans doute pas assez pour mieux diluer
ces amas d'informations, de routes possibles, de faux-semblants et de réalités détournées : le camion indiquant "philosophical bullshit" et le fait que tu aies revu (au moins) trois fois cette
série pour mieux la discerner tendent vers ce raisonnement.
Mais finalement, on se dit que cet anime était quand même bien fichu : son objectif est rempli, à savoir perdre le spectateur dans plusieurs strates d'interprétations possibles et de jouer avec ses
impressions, quitte à ce que l'anime en fasse trop.

Helia 18/03/2012 21:04



« Esquisse d'un léger sourire à l'annonce du spoiler : le reste de l'article l'est un peu aussi » = Il n’y a que ceux qui ont vu l’anime qui peuvent le savoir donc ce n’est pas vraiment
un spoiler ^^. D’ailleurs les monologues introductifs d’Interlude te spoilent tous assez violemment la face mais tu ne le réalises qu’à la fin.


 


« Autant la partie Vanilla Sky/Abre los ojos/début Matrix (paye ta référence -_-) était la plus facile à comprendre car la plus évidente, autant les autres interprétations/parties le sont
moins par la "difficulté" mais aussi par l'importance que prend au final l'aspect non-réalité venant du héros » = Jamais vu ni Vanilla Sky ni Matrix donc je capte pas du tout la référence,
désolée X). Mais oui, ce qui concerne Tama est de loin le plus facile à interpréter, c’est le reste qui se barre en sucette. D’où mon intérêt quant à entendre l’avis de quelqu’un d’autre sur mes
théories ! Tu trouves ça trop fantaisiste ou ça se tient ?


 


« De là à dire que le fanservice et le côté "lolwhygod" venu presque de nulle part occulte les autres parties, il n'y a qu'un pas » = Pour ma part il n’y a que le fanservice qui vient
foutre la merde dans la compréhension de l’ensemble, le reste ne me pose pas de problème.


 


« Qui plus est, trois OAVs n'est sans doute pas assez pour mieux diluer ces amas d'informations, de routes possibles, de faux-semblants et de réalités détournées : le camion indiquant
"philosophical bullshit" et le fait que tu aies revu (au moins) trois fois cette série pour mieux la discerner tendent vers ce raisonnement » =


Je ne supporte pas l’expression "philosophical bullshit" en fait... Généralement ce sont ceux qui ne comprennent pas qui l’emploient pour justifier leur confusion et ça m’énerve. Les séries qui
font n’importe quoi ne sont pas philosophiques, elles font n’importe quoi (la fin de RahXephon ou d’Avenger c’est de l’incompétence scénaristique, pas de la métaphysique), et les séries vraiment
philosophiques sont compliquées à cerner mais elles ont une histoire à raconter, un message à faire passer. Ceci mis à part, je pense qu’Interlude a vraiment une histoire derrière mais qu’elle
est trop brièvement présentée. J’aimerais dire que c’est à cause de la durée des OAVs mais encore une fois, je n’en suis pas totalement sûre car sans le support original pour faire des
comparaisons, on ne sait pas jusqu’où l’adaptation est fidèle. Il n’est pas impossible que l’anime rajoute des explications et des scènes qui ne sont pas présentent à la base en essayant de se
constituer en stand-alone, comme il n’est pas impossible qu’il s’agisse délibérément d’une adaptation incomplète. Malheureusement, il n’y a que ceux qui ont pu mettre la main sur le visual novel
qui le sauront X’).


 


Après, ce qui est incontestable c’est que le nombre d’informations présentes dans 3 OAVs juste démentiel, j’ai l’impression qu’Interlude repousse les limites du format court et ça m’impressionne.


 


(C’est la première fois que tu commentes ici, non ? Bienvenue à Pavé-land =D)



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