25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 16:12

Il y a longtemps de cela, à l'époque où il m'arrivait encore de regarder la télé (si, si, je vous jure), j'étais tombé sur les deux derniers épisodes d'un anime bizarre qui passait sur W9. On y voyait des gens avec des ailes et des auréoles qui faisaient des courses au milieu de gens normaux et qui achetaient de drôles de noisettes colorées. Intriguée, sur un coup de tête, j'achetais l'intégrale, hop, comme ça, sans réfléchir. Et depuis, c'est le grand amour entre mon coffret DVD et moi, c'est bien simple, on se quitte plus. Mais comme je suis très généreuse, je partage cette belle histoire d'amour en 2D.

Une fille tombe du ciel. Lorsqu'elle revient à elle, elle ne sait plus ni qui elle est, ni où elle se trouve, le monde lui parait confus et elle flotte dans de l'eau. Des voix se font entendre à l'extérieur. Tout à coup le cocon se déchire et la voilà projetée dans un univers mystérieux où elle est accueillie par des filles ailées qui ressemblent à des anges. Elles lui donnent un nouveau nom : Rakka. Mais que va-t-elle devenir à présent ?



Il est d'indispensable de commencer par dire qu'Haibane Renmei est une série tout à fait à part dans l'animation japonaise et qu'il est quasiment impossible de lui trouver un équivalent, comme c'est souvent le cas avec les productions auxquelles participe Yoshitoshi ABe (Serial Experiments Lain, Technolyze). Les amateurs de bastons dynamiques, d'animes dopés aux vitamines remplis de personnages trop nombreux et anti-charismatiques au scénario plein de rebondissements incroyables, vous faites fausse route, Haibane Renmei n'est pas pour vous ; on n'est sûrement pas dans Naruto ici !



Bienvenue à Guri !


Haibane Renmei c'est d'abord un univers bien particulier, enchanteur, onirique, léger, les qualificatifs ne manquent pas. On y suit les péripéties de la jeune Rakka qui vient de naître, déjà adolescente, et qui est encore un peu perdue dans la ville de Guri (elle n'est jamais nommée ainsi dans l'anime, mais seulement dans des artbooks). Guri est une ville un peu particulière puisqu'elle est entièrement entourée d'un mur gigantesque qui ne possède qu'une porte et dont il est interdit de sortir. Personne ne sait donc ce qu'il y a au-delà des remparts Les seuls autorisés à sortir et à entrer par cette porte sont les Toga, des commerçants qui viennent vendre ou échanger des marchandises venues d'ailleurs. Ils portent toujours une sorte de voile qui dissimule leurs visages et ont pour interdiction de parler à qui que ce soit, sauf au communicateur, le Washi, portant un masque, qui communique avec eux par langage des signes.


A Guri cohabitent des humains et des Haibane (ou « ailes grises » ) dont fait partie Rakka. Les Haibane n'ont le droit de prendre que ce dont les humains ne veulent plus, ils s'habillent donc avec des vêtements de seconde main et vivent dans d'anciens endroits abandonnés telles la Vieille Maison (ancien internat) ou l'Usine (désaffectée). Ils ne sont pas malheureux pour autant puisque l'association Haibane Renmei veille à leurs besoins en échange de leur travail (et ils ont droit de prendre le travail de leur choix). A titre d'exemple : ils peuvent travailler à la boulangerie, à la bibliothèque, à l'horlogerie, au café, ou encore rester à la Vieille Maison et s'occuper des enfants (car il y en a !). Guri est une « ville » mais en réalité elle comporte aussi des espaces naturels. Ainsi la Vieille Maison se trouve à proximité d'un champ d'éoliennes et on connaît l'existence de ruines dans la Forêt de l'Ouest.





Les Haibane, entre humanité et divinité
Je vous parlais de Haibane, mais qu'est-ce qu'un Haibane ? En réalité, même eux ne le savent pas. Tout ce que l'on sait c'est qu'un cocon peut apparaître quelque part dans la Vieille Maison, se développer et qu'un Haibane en sort une fois le cocon déchiré. Ce Haibane là peut naître enfant ou adolescent, il n'aura aucun souvenir de son passé mais il saura parler, marcher, manger et n'aura comme indice qu'un rêve. Chaque Haibane fait un rêve dans son cocon, et c'est à partir de ce rêve qu'on lui trouve un nom. Dans le cas de Rakka, on l'a nommée ainsi par ce que rakka signifie « tomber » ;  mais ses amies possèdent des noms très variés : on compte ainsi Nemu « dormir », Kuu « air », Hikari « lumière », Kana « poisson dans l'eau » et le cas un peu particulier de Reiki « petite pierre ».

De gauche à droite sur cette image : Hikari, Kana, Kuu (dont les cheveux devraient êtres blonds), Nemu, Reiki et Rakka


Quand il naît, le Haibane ne possède ni ailes ni auréole, on lui donne cette dernière et les ailes poussent toutes seules dans la nuit (et ça a l'air de faire horriblement mal d'ailleurs). S'il est né enfant à l'Usine, on l'envoie généralement à la Vieille Maison et il peut revenir de temps en temps chez lui, mais ce sont plutôt les adolescents issus de l'Usine qui y vivent et les deux camps ne s'entendent pas toujours très bien. La dernière chose que l'on sait à propos des Haibane, c'est que vient un jour où ils se sentent prêts à partir. Ils ne le disent à personne quand c'est « leur tour », leur auréole se met à clignoter doucement de temps à autre et ils partent, toujours sans un mot, vers la Forêt de l'Ouest où ils s'envolent dans un rayon de lumière. Ces Haibane là ne reviendront jamais. Ceux qui restent vivent généralement ce départ comme un décès. Mais il peut arriver qu'un Haibane prêt à partir ne le puisse pas, c'est le cas de ceux qui sont liés au péché. Leurs ailes grises se couvrent de tâches noires et, incapables de se pardonner pour les crimes qu'ils pensent avoir commis, ils disparaissent quand leur heure vienne, mais pas de l'autre côté du mur ou ces Haibane là restent en vie dans la solitude (il est suggéré que c'est le cas du Washi mais c'est impossible à savoir).

Reiki, la tourmentée

 



La vie est un long fleuve tranquille
Durant près de treize épisodes, Haibane Renmei raconte donc ce qui arrive à Rakka au rythme des saisons. Ceux qui s'attendent à des histoires trépidantes seront déçus car en réalité il n'y a, au début, pas de véritable scénario, on se contente de suivre notre protagoniste et les autres Haibane dans leur quotidien. Ennuyeux ? Pour moi c'est un non catégorique ! A chaque épisode on en apprend plus sur l'univers intrigant de Guri sans avoir toujours de réponses, car au fond, le reste est laissé à notre imagination. Effectivement on ne nous dit jamais ce qu'il y a derrière le mur, mais ça ne gâche pas l'anime pour autant comme ça pourrait l'être dans une série un peu trop philosophique. On voit comment Rakka obtient son nom, ses ailes, la découverte des mystères de la ville, des épisodes marqués par un bouleversement qui amènera Rakka à découvrir pourquoi elle est devenue Haibane, l'histoire bien triste de sa plus proche amie Reiki et son dénouement final. Je ne spoilerai rien ici mais attendez vous à verser quelques larmes à un moment ou à un autre. Les personnages, l'ambiance, tout est fait pour vous porter ailleurs. Haibane Renmei c'est typiquement le genre de séries à regarder un jour où vous ne vous sentez pas bien et où vous avez besoin d'un petit truc tout doux pour vous remonter le moral et oublier vos soucis. Bref, si vous avez besoin d'une petite pause calme, Rakka est prête à vous faire sourire !





Sweet dream
Pour mieux coller à ce côté « rêve » de la série, Haibane Renmei emploie les grands moyens ! On a tout d'abord le droit à une magnifique bande-son de Kou Ootani. C'est bien simple, dès que j'ai du mal à dormir, j'écoute l'OST d'Haibane Renmei, il n'y a vraiment rien de mieux, c'est féerique, comme une berceuse, et ça fait voyager. Au programme, que des instruments classiques mais dont la magie opère à merveille : un petit coup de violon pour l'énergie dans Starting of the World, quelques notes de piano dans Ailes Grises, l'impression d'être sur une montgolfière avec Rustle, un thème de nuit incroyable avec Silent Wonderland (on entend même les criquets ou presque), une ou deux chansons, l'une peu plus portée sur le jazz, l'autre un peu plus celtique, bref de la qualité, il y en a, et pas qu'un peu ! Ceux qui cherchent la guitare électrique et la batterie, c'est la porte à côté (et même s'il y a pas mal de synthé dans Pulse of the forest, c'est bien la seule piste) ! Et quoi de mieux pour accompagner cette musique merveilleuse que des graphismes superbes signés Yoshitoshi ABe ? Chaque recoin de Guri semble sortir tout droit d'une aquarelle ! Les personnages ont reçus une petite couche supplémentaire les rendant moins beaux que sur les illustrations officielles de ABe mais qui se plaindra de ce détail ridicule ?

Le cocon dans lequel était Rakka


L'entrée de la Vieille Maison


Vue aérienne de Guri

 



Alors docteur ?
Alors, Haibane Renmei c'est un petit bijou de l'animation japonaise qui vous fera pardonner tous les animes fanservice bourrés de panty shot et de vulgarité, les fantasmes étranges des eroges et les étrangetés de cette culture un peu à part. Haibane Renmei vous réconcilie avec le Japon (incroyable mais vrai) ! Mais voilà, tout le monde ne pourra pas aimer cette série magnifique, pour la bonne raison que le manque de scénario et de rebondissements ennuiera les fans d'actions, et le côté un peu poétique les gens qui refuse d'allumer leurs cerveaux trop longtemps. Car rien ne sert de le nier, peu de réponses seront données sur les Haibane et il ne se passe un évènement capital qu'à partir de l'épisode 6 (cela veut-il forcément dire qu'il ne s'est rien passé avant ?). Cependant les personnages ne sont ni niais ni creux, mais tout ce qu'il y a de plus attachant, les histoires personnelles de Rakka et Reiki tristes et touchantes, l'univers onirique et utopique fait rêver et pose de nombreuses interrogations, notamment sur le monde dans lequel on vit, la fin est superbe (pour preuve c'est le dernier épisode mon préféré) et, je pense, ne pourra pas vous décevoir.



Bref, pour moi, Haibane Renmei, c'est un must à voir absolument une fois dans sa vie, une bouffée d'air frais dans un monde parfois un peu pollué !

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commentaires

Kapalsky 25/11/2013 22:32

Haha, je ne cherchais pourtant pas à troller XD si j'ai vachement apprécié NieA (question de gouts personnels je suppose), SEL reste bien évidemment au top de la liste :D

Kapalsky 08/09/2013 20:50

Bordel, ca passait sur W9? Il y'avait au moins une bonne chose sur cette chaine :O

C'est vrai que le scénario n'est pas folichon, mais qu'importe au final, puisque l'anime est une formidable série d'ambiance, une étude de personnages sensible; on est effectivement loin des plans
culottes à la secondes et des personnalités hyper-extravagantes. Malgré le contexte fantastique, on reste ancré dans une sorte de réalisme par rapport aux relations entre les protagonistes. Je
reproche juste un manque d'humour à l'ensemble...

Personnellement dans la "quadrilogie" des oeuvres dessinées ou créées par ABe, ma favorite reste "NieA Under 7", mais je dois avouer que "Haibane Renmei" m'a quelque fois frappé en plein cœur. Et
je suis du genre à ne tirer une larme qu'une fois tous les deux siècles...

Helia 21/11/2013 17:23



Hé oui, ça passait sur
W9 en VF il y a maintenant très longtemps et on les remercie pour ce choix XD !


 


Comment ça le scénario
n’est pas folichon :o ? Le manque d’humour ne me gêne guère, je trouve l’ambiance plus réaliste et plus cohérente comme ça, finalement.


 


« Personnellement
dans la "quadrilogie" des oeuvres dessinées ou créées par ABe, ma favorite reste NieA Under 7 » = C’est un troll X) ? Tu es donc de cette espèce rare et menacée de gens qui ont non
seulement réussi à aller jusqu’au bout du visionnage mais qui ont en plus aimé ça ? Puis-je avoir un autographe :p ?



cill 01/05/2010 05:11


Étrangement, moi j'ai plus pensé a lieu purgatoire qu'autre chose tout au long de cet animé(et pourtant je suis bouddhiste).
bref je l'ai adoré:une bouffée d'air frais avec une touche de mystère...ça change (^^').


Helia 21/11/2013 17:23



Hum, je ne me rappelle
plus clairement ce que j’avais en tête au moment d’écrire, désolée si je ne l’ai pas assez appuyé mais oui, la ville des Haibane est très clairement présentée comme une sorte de
purgatoire.


Clairement un type
d’anime qui devrait être plus souvent imité (le tranche de vie dans un milieu inhabituel avec une touche de mystère c’est tellement mieux).



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