7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 22:00

 

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Sorti en février 2011 à l’occasion des 10 ans du studio Front Wing, Grisaia no Kajitsu a très rapidement raflé les prix au Japon en se présentant comme la production de l’année et, qui plus est, le premier opus d’une trilogie voulue comme épique. Ce n’est qu’en 2013 qu’une traduction anglaise amateure nous est parvenue, permettant enfin au public occidental de goûter ce qui a fait le succès de la série. Mon colocataire m’ayant poussé à l’intérieur du hype train, j’ai donc pu tester le jeu avec un verdict plus que mitigé. Explications.

 

 

Kazami Yuuji n’est pas un jeune homme ordinaire. Un passé tragique l’ayant conduit à faire l’armée et à travailler pour une organisation mystérieuse, sa vie est en permanence en danger et il doit se battre pour survivre. Cependant il rêve de connaître une vie d’étudiant normal. Avec l’aide de Chizuru Tachibana, une connaissance, il intègre Mihama Gakuen, le lycée dont elle a la charge. Mihama Gakuen n’est pas tout à fait l’établissement ordinaire souhaité, il ne comprend que cinq élèves, cinq élèves aux circonstances très particulières, mais pour un atypique comme Yuuji, c’est déjà plus que suffisant. Et c’est ainsi que Yuuji, en se confrontant aux secrets de ses camarades de classe, devra délier les siens et apprendre à avancer.

 


 

Le cast

Comme dans le monde des eroges, tout est toujours bien fait, les cinq personnes en question sont bien sûr de pimpantes demoiselles possédant chacune des difficultés cachées et qu’il faudra épauler pour le meilleur et pour le pire.

 

En premier lieu, Sakaki Yumiko, souvent présentée comme l’héroïne principale. Cooldere dans l’âme, sa première réaction vis-à-vis de Yuuji est de l’agresser à coup de cutter et elle se montrera hostile une bonne partie du jeu avant d’enfin tolérer sa présence. Son loisir principal est d’ignorer tout le monde en lisant un livre ou de s’isoler dans sa chambre pour surfer sur Internet. On lui soupçonne un versant « dere dere » particulièrement charmant…

grisaia-01.jpgElle est doublée par Ryoko Tanaka (sous le pseudonyme Hikaru Isshiki) : Mizuki Kirimiya de Yume Miru Kusuri, Tomoyo dans Tomoyo After, Yuiko Kurugaya de Little Busters, Natsume dans Kara no Shoujo, etc.

 

Suou Amane, la doyenne des élèves, est d’un naturel bien plus joyeux et agréable. Doté d’un fort accent du Kansai quand elle s’énerve, elle aime s’occuper des autres, faire à manger et donner des conseils, faisant d’elle la grande sœur raisonnable de l’école. Un statut qui convient assez bien à son opulente poitrine qu’elle utilise pour avoir des réductions en allant faire les courses. Toutes les héroïnes la considèrent fort aimablement comme la «salope » de la troupe (alors même qu’elles sont toutes vierges).

grisaia-05.jpgElle est doublée par Hiroko Taguchi (sous le pseudonyme Sora Yukimi) : Miyako dans ef, Sora dans Yosuga no Sora, Sumika dans Muv Luv, Miu dans Dracuriot, Aki dans Aki Sora.

 

Si Amane a le rôle de la grande sœur attentionnée, Irisu Makina est la petite sœur qui aime qu’on s’occupe d’elle et qu’on la dorlote. Fière de son apparence de loli, elle possède une imagination débordante et adore faire des blagues à ses camarades, souvent avec la complicité de Sachi. Son langage châtié, ses chaussettes dépareillées, son amour pour le pain et sa propension à hurler des choses obscènes sans raison particulière font d’elle une hurluberlue qui anime le quotidien de Mihama Gakuen mais fatigue vite ses camarades.

grisaia-03.jpgElle est doublée par Tomoe Tamiyasu (qui n’utilise pas de pseudonyme) : Rin de Little Busters ainsi qu’une foultitude de rôles dans des eroges divers et variés (de Deardrops à Hime to Boin).

 

Matsushima Michiru est probablement la seule qui puisse outrepasser Makina dans l’absurdité mais involontairement : en effet cette fausse blonde à couettes, qui essaye de persuader le monde entier qu’elle est une tsundere, semble tellement débile qu’il est difficile de la prendre au sérieux. Eternel clown de la bande, on peut compter sur Michiru pour laisser échapper une bêtise à tout instant.

grisaia-04.jpgElle est doublée par Kaori Mizuhashi (sous le pseudonyme Urara Hani) : Mami dans Madoka, Elina dans Queen’s Blade, Minami de Baka to Test, Laharl dans Disgaea, Akane dans Kimi ga Nozomu Eien et Muv Luv.

 

Komine Sachi se présente comme la déléguée de classe et la femme de ménage maid du dortoir à cause de son fort sens des responsabilités. Malheureusement Sachi est aussi une tête en l’air qui prend toute requête tellement à la lettre que ses camarades doivent constamment surveiller leur langage de peur qu’elle ne relève le défi. Derrière son sérieux légendaire se cache une certaine tendance à l’ironie, ce qui la rend d’autant moins saisissable qu’on ne sait jamais trop si elle se rend bien compte de ce qu’elle dit ou fait. Adore les requins au point d’avoir cousu une sacoche requin à Michiru. Elle fricote également beaucoup avec Makina, ce qui entraîne souvent moult catastrophe.

grisaia-02.jpgElle est doublée par Ai Shimizu (sous le pseudonyme Mikasa Okamura) : Mikoto dans Mai Hime/Mai Otome, Ellis dans El Cazador de la Bruja, Ren dans DearS, Sakura de Hatsuyuki Sakura, Mio de Walkure Romanze.

 

 

Fruit de qualité

Au cas où ce rapide descriptif ne vous l’aurait pas encore prouvé, voici un rapport plus détaillé qui démontre bien que Frontwing avait du budget !

 

Scénario

Il n’est pas inhabituel pour une grosse production japonaise de faire appel à plusieurs scénaristes et c’est le cas avec Grisaia. Si on sait que l’auteur principal est Ryuta Fujisaki, il n’existe cependant nulle part sur Internet d’indications pour déterminer quel scénariste a rédigé quelle route, ce qui est fort embêtant lorsque l’on veut commenter leur style (surtout qu’il y a de fortes chances que ce soient des pseudonymes). Il est admis que le reste du jeu a été écrit par Nachi Kio, Yoshikazu Kuwashima et Kazuya sans plus de spécificités.

 

Graphismes

Le chara-design (et, je le soupçonne, l’animation de l’opening) a été réalisé par Akio Watanabe, plus connu pour son travail sur Bakemonogatari, ainsi que Fumio (qui avait participé à Hoshiuta, un titre plus ancien de la compagnie) et les chibis de Nanaka Mai (que l’on retrouve dans le tout dernier Frontwing, Innocent Girls).

 

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Musique

La bande-son a été confiée à Elements Garden, bien connu du monde du visual novel où ils sévissent par de nombreux openings, mais aussi des OSTs, comme My girlfriend is the president ou encore la musique d’Uta no Prince-sama (adapté en anime).

 

 Bande-son qui contient non seulement un générique d’ouverture très sympa par Faylan (opening de Canaan, 1e opening de Seikon no Qwaser, ending de Mirai Nikki) mais également une chanson thème pour chacune héroïne, chacune chantée par une artiste différente mais néanmoins connue : eufonius (opening de Clannad, de True Tears, de Narcissu) pour celle de Yumiko, Miyuki Hashimoto (un des thèmes de School Days, opening de Tick Tack,opening de Princess Lover, opening de Hoshizora no Memoria) pour celle d’Amane, Chata (ending de Clannad) pour celle de Michiru, Hiromi Sato (ending de Mushi Uta, l’opening de Green Green) pour celle de Makina et NANA (pléthore d’eroges que vous ne connaissez probablement pas ) pour celle de Sachi.

 


 

Additional cast

A noter que les personnages secondaires sont également doublés par des vétérantes du monde des eroges (que vous pouvez retrouver dans des adaptations anime).

 

grisaia-07.jpgChizuru Tachibana est doublée par Natsumi Yanase (sous le pseudonyme Izumi Maki) :

Komari de Little Busters, Chihiro dans ef, Himeko de Narcissu Side 2nd.

 

grisaia-06.jpgJulia Bardera est doublée par Narumi Erika (sous le pseudonyme Suzune Kusunoki) :

Kiriha de Fortune Arterial, Shokatsuryou Koumei de Koihime Musou, Kosame de Hoshizora no Memoria, Touko de Cross Channel.

 

Kazuki est doublée par Akane Tomonaga (sous le pseudonyme Yukari Aoyama) :

Seira de Chaos;Head, Kazuko de Majikoi, Riru de Harukoi Otome, Cordelia dans Diabolik Lovers.

 


 

Le début de la grisaille

Puisque les détails techniques ont été évoqués, tranchons dans le lard. Ce qui démarque Grisaia no Kajitsu c’est au fond le dilemme sur lequel le jeu est basé : c’est à la fois le pur produit des chara-ge japonais et une œuvre qui ambitionne d’aller plus loin. Les deux volontés se combattent en permanence, ce qui donne un résultat très particulier.

 

Ainsi, en tant que charage, il s’agit de partager le quotidien des différents personnages à travers un tronc commun comique où chacun possède ses petits moments de gloire, rendant les héroïnes sympathiques, mais aussi avec des petits indices ça et là sur quoi attendre de leur passé et de celui de Yuuji. Une fois que le joueur a choisi une route, le focus sera centré sur le personnage voulu et l’ambiance comique laissera place au drame au moment adéquat avant de basculer vers une conclusion. Eroge oblige, il y aura bien sûr des scènes de sexe à intervalles réguliers, si possible à des moments inappropriés. Il est alors essentiel d’apprécier de passer du temps avec les héroïnes sans attendre d’intrigue particulièrement forte.

 

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Le passé de Yuuji : cet hameçon permanent pour attiser la curiosité du lecteur...

 

Mais en même temps le charage est bousculé par le protagoniste, Yuuji, qui possède une personnalité bien marquée, ne se laisse pas impressionné par le troupeau de femelles autour de lui, et dont l’histoire plane au dessus des passages tranche de vie comme une épée de Damoclès. Des bribes de ce qu’il est transparaissent en permanence, comme une sorte d’appât irrésistible lancé en direction du lecteur pour attiser sa curiosité (quel est son job ? qu’a-t-il pu vivre ? comment était son mentor ? comment était sa sœur ?). On aura même droit de le voir quitter le lycée précipitamment à plusieurs reprises pour rejoindre JB, sa supérieure hiérarchique, afin de remplir une mission au contenu sans cesse caché au lecteur. Les routes de Makina et d’Amane, contrairement aux autres, sont toutes entières dévouées à développer une intrigue qui se met doucement en place et ne se poursuivra que dans les jeux suivants. Et l’utilisation de foreshadowing est plus que récurrente.

 

A partir de là, il devient évident que le cadre très strict du charage gênait le scénariste principal, Ryuta Fujisaki, qui s’est quand-même entêté à le suivre et à fourrer ce qu’il pouvait de son histoire dans une boîte qui n’avait visiblement pas la bonne forme. La conséquence directe est que Grisaia est d’une longueur assez douloureuse. Comptez bien une vingtaine d’heures pour finir l’interminable tronc commun et près de 80h pour tout débloquer. En outre, le fait qu’il y ait trois scénaristes supplémentaires pour assister Fujisaki donne une forte disparité dans les routes individuelles avec des styles totalement différents (Katawa Shoujo semble bien plus consistant en comparaison). Aussi il convient de s’attarder sur les héroïnes morceau par morceau, dans l’ordre proposée par le jeu (qui n’est pas le plus pertinent, j’y reviendrai après).

 


 

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J'adore son zettai dépareillé :3

 

La graine que l’on a semée (Makina)

En tant que scénariste principal, Ryuta Fujisaki s’est occupé du tronc commun et des routes de Makina et d’Amane, ce qui représente la majeure partie du jeu en termes de texte. La plupart des critiques ont eu l’air d’adorer son écriture, autant dans les scènes comiques que dramatiques. Si je n’ai pas de problème particulier avec la construction de sa narration, je dois dire qu’il a la fâcheuse manie d’entrer beaucoup trop dans les détails. Ainsi la réparation de la moto d’Amane dans la route de Makina prend plus de 10 minutes de lecture ! Chaque scène commencera toujours par un long monologue de Yuuji sur la vie avant de basculer vers les scènes comiques mais là encore il prend du temps à décrire des évènements qui en soi ont un intérêt mais qu’il délaye à l’infini. Si on peut estimer que la mère de Yuuji ou la métaphore du coucou ont leur place dans la route de Makina, que dire de cette anecdote où Yuuji explique qu’il aime courir parce qu’un jour étant petit il a vu quelqu’un courir ? Avait-il vraiment besoin de s’éterniser sur ce mystérieux inconnu adepte de jogging ?

 

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Le tronc commun, tout comme la branche de Makina, possèdent donc le même défaut : ils sont interminables. Là où le tronc commun arrive encore à tenir en haleine grâce à quelques scènes rigolotes par-ci, par-là (abondance de chibis fort appréciable), j’ai complètement sombré dans la morosité à la lecture de l’histoire de Makina qui possède de nombreuses failles. Non seulement la partie émotionnelle forte de son passé est décrite en long, en large et en travers par des tiers avant qu’on ne puisse accéder à son point de vue (sous forme de flashback) mais en plus le dit flashback ampute complètement l’élément clef de cette partie émotionnelle (spoil : le fait qu’on ait tué son père sous ses yeux et qu’on l’ait laissé avec le cadavre en décomposition pendant des jours, je m’attendais au moins à ce que bonhomme change légèrement de tronche sur l’illustration et que Makina se mette à dérailler mentalement beaucoup plus longtemps). De plus, les deux fins proposées sont assez peu convaincantes à cause d’un déroulement trop rapide (un comble quand on sait qu’il faut bien 15h pour venir à bout de la route de Makina).

 

Le rôle d’apprenti qui revient à Makina, sa maturation, et les précisions sur le passé de Yuuji sont agréables mais fonctionnent finalement assez mal sous forme de route, on aurait très bien pu imaginer que ces éléments importants soient directement incorporés dans le tronc principal à la place des scènes les plus inutiles. Leur romance n’est juste pas crédible, d’autant plus que Makina est clairement en demande d’une relation père-fille au moment de son choix, ce qui montre bien la limite de la formule charage lorsqu’il s’agit de certains types d’histoires ou de relations.

 

En revanche, la partie fugitive, comme l’intrigue politique, étaient des éléments sympathiques et bienvenus. Dommage que la résolution un peu miraculeuse du conflit fasse tomber à plat ces éléments.

 

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Angelic Howl : le mugissement angélique (Amane)

La grosse surprise de Grisaia no Kajitsu est dissimulée dans la route d’Amane qui, pour le coup, effectue un virage magistral en traitant d’un thème radicalement différent du reste du jeu. Après une première partie comique infestée de scènes de sexe, Yuuji est invitée à lire le journal de la jeune fille pour en découvrir plus sur le grave traumatisme de son passé qui les lie de manière surprenante. Cependant Angelic Howl n’est pas parfait pour autant et souffre de nombreux déséquilibres. Rien qu’au niveau de la structure narrative, les deux premiers jours du flashback sont très longs par rapport aux autres, et servent majoritairement à présenter les protagonistes malchanceux de cet évènement. La suite est tout aussi mal gérée dans le sens où la situation est censée se dégrader, mener ces gens à leur mort, et pourtant ils semblent rester parfaitement calmes jusqu’à la toute fin où ça explose brutalement dans tous les sens et pas forcément de manière très subtile (l’illustration finale d’Angelic Howl est assez grotesque).

 

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Dommage que les autres n'aient pas de yukata aussi.

 

\!/ Spoilers \!/

Pour entrer plus précisément dans les détails sur ce qui ne fonctionne pas, je vais devoir spoiler un peu. La chute du bus où se trouvait Amane et la sœur de Yuuji est l’occasion de nous présenter une nouvelle héroïne en la personne de Kazuki, décrite comme un leader charismatique, un génie, et surtout la seule capable de sauver le club de basket de leur destruction certaine. Or elle se montre plutôt inhumaine ces fameux deux premiers jours (du genre à dire à une fille blessée que si elle avait un animal de compagnie un jour, elle lui donnerait son nom). J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à m’habituer à sa voix qui avait une sonorité désagréable. Mais bref, on fait confiance à ce génie, à ses compétences. Sauf que la résolution permettant à Amane de s’enfuir est bardée de faille scénaristiques. Kazuki savait comment s’enfuir (quand ? comment ? pourquoi ?) mais n’a jamais essayé de convaincre les autres de la suivre. Pire, elle a volé et caché de la nourriture au tout début du jeu pour l’escapade qu’elle avait prévu. Et la fuite finale est justifiée de manière assez bancale par un « ces personnes ne se comportent plus en êtres humains dignes, je n’ai donc plus aucune raison de les sauver, on se casse, on les laisse se démerder ». Le tabou moral qu’elle soulève est juste mais un tantinet arbitraire : n’a-t-elle pas décapité le cadavre du chien d’une de ses camarades (sous ses yeux) pour permettre à la troupe de le manger ? J’aurais donc aimé un peu de développement autour du tabou, qu’il soit exploré en profondeur et non catapulté vite fait.

 

Autre détail embarrassant : comment un génie à l’immense QI comme Kazuki peut-il mettre autant de temps  à comprendre que la fille aux jambes cassées est incapable d’aller se soulager ? C’est de la logique pure !

 

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Je ne vous montrerai pas le contenu d'Angelic Howl, histoire que ça reste une surprise.

 

En parlant de logique, je reste un poil sceptique sur le fait que toutes les filles soient restées aussi longtemps dans le ravin alors que leurs jours étaient comptés, de même que leur folie soudaine et l’accueil peu chaleureux que reçoit Amane en tant que survivante, mais ça faisait quand-même sens, aussi je ne perçois pas Angelic Howl comme  une mauvaise histoire, bien au contraire, mais force est de constater que la version de Fujisaki du thème « Sa Majesté des Mouches » est traitée de manière assez…fade. Le club de basket possède des tentes et de la nourriture, il y a de l’eau dans les alentours, tout est presque trop facile au début, trop proche d’une virée camping. C’est particulièrement frappant si on compare Grisaia à Limit de Keiko Suenobu, qui est un manga aux prémisses similaires mais où les premiers instants des survivants paraissent bien plus périlleux, aussi bien physiquement que mentalement. La mort brutale d’une partie des personnes transportées par le bus fait bien plus de sens parce qu’on voit à quoi ressemblait l’amie de l’héroïne et en quoi son décès est un choc. Avec Angelic Howl il y a finalement trop de survivants dès le départ et ils restent trop calmes trop longtemps. Certes, le scénariste instille des pastilles de doute ça et là mais elles n’aboutissent pas réellement à instaurer la tension : on nous dit que des objets ont été volés mais il n’y aura aucun focus sur la culpabilité du coupable (dont on ignore l’identité) ni sur ce que ça entraîne chez les autres, c’est trop vite mis de côté. De même, il y a un personnage dont on ignore la position idéologique au moment où Kazuki sépare le groupe en deux camps (les « humains » et les « monstres »), et on n’aura jamais l’occasion de vivre les derniers moments de ceux ayant péché. Leur agonie, leurs remords, s’ils se sont entretués, déchirés, tout ceci reste dans l’ombre, alors même que c’est le thème clé d’Angelic Howl, créant du même coup une grosse frustration.

\!/Fin spoilers \!/

 

Clairement, j’attendais beaucoup de ce qui m’avait été vendu comme la meilleure partie du jeu et j’ai été légèrement déçue. Fort heureusement, les fins d’Amane sont toutes les deux très intéressantes, ce qui permet de finir sa route en beauté. La bonne fin est douce-amère, avec le plus gros bond temporel de toutes les branches, et la mauvaise apporte des informations sur le sort de Kazuki qui mènent directement à spéculer sur l’opus suivant.

 

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La fille qui ne savait pas dire non… (Sachi)

A peu près aussi longue que la route d’Amane (une douzaine d’heures), celle de Sachi prend cette fois un tour plus classique mais ô combien efficace : le drame personnel. Le scénariste en charge possède un style assez proche de celui de Fujisaki avec une bonne mesure de scènes comiques, ce qui tranche moins que les deux autres dont je parlerai ensuite. Il s’est également évertué à garder autant que possible les interactions avec les autres héroïnes, ce qui est très agréable dans le sens où ça donne à Mihama Gakuen l’atmosphère d’une grande famille un peu déjantée mais pleine de bonnes intentions et ce jusqu’au bout. En outre, il joue plutôt bien avec le mystère du comportement de Sachi et sait admirablement bien trancher dans le vif de l’émotionnel avec son écriture.

 

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Sachi dans toute sa gloire =')

 

Néanmoins la route de Sachi s’éternise beaucoup, justement à cause de cette sale manie propre aux charage de décrire par le menu les journées typiques des personnages heure par heure, seconde par seconde, en n’omettant rien des repas qu’ils prennent ou des courses qu’ils vont faire (ce qui est assez irritant). Le scénariste ne s’en sort pas trop mal en arrivant à rendre des évènements insignifiants utiles à l’intrigue mais la lassitude pointe tout de même régulièrement son nez. D’ailleurs, la route de Sachi est à cet égard la plus proche de ce que l’on pourrait attendre dans un charage…avec les inconvénients que cela présente. Ainsi Yuuji et Sachi sont liés par la puissance du deus ex machina, via le trope de l’amie d’enfance, et nos deux tourtereaux font la sourde oreille à leurs sentiments, tout en se tournant autour, avant de finalement se jurer un amour éternel. Rien de bien original mais l’exécution étant très bonne, on ne parvient même pas à se plaindre. Et l’amour des requins de notre maido nationale est juste trognon, c’est difficile de ne pas craquer pour son innocence...

 

Les fins sont satisfaisantes avec un côté un poil paresseux mais cohérent pour la mauvaise.

 

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La fille qui en faisait trop… (Michiru)

Toujours dans la veine du charage, la route de Michiru se montre tout aussi centrée vers le drame personnel de l’héroïne, en écartant cette fois davantage les tiers (sous des prétextes parfois frivoles ; Yumiko, je pense à toi). Le gros talent du scénariste en charge a été ici de livrer une branche extrêmement bien équilibrée et bien dosée : l’usage des ellipses (enfin !) permet un rythme beaucoup plus fluide, donc beaucoup plus agréable. Les farces de Michiru sont toujours aussi amusantes et on apprend peu à peu à soulever le voile pour comprendre sa souffrance, ce qui a été fait avec brio. Je ne m’attendais pas à ressentir grand-chose pour un personnage aussi ridicule et pourtant, Michiru a réussi à m’émouvoir et à me prouver qu’elle avait plus d’une facette.

 

Là où ça se corse c’est que la route de Michiru possède une romance absolument désastreuse. Yuuji semble ne rien en avoir à foutre d’elle, l’humilie et la moque en permanence, et d’un coup, sans aucune transition, il déclare être super amoureux, ce qui n’est pas crédible une seule seconde. On ne sent aucune alchimie entre eux, ce qui est d’autant plus dommage qu’il y avait du potentiel.

 

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Certains ont critiqué l’évolution un peu fantastique de la route de Michiru mais ça ne m’a pas dérangé plus que cela, je trouve que ça s’intègre encore à l’univers sans le remettre en question. Là où j’ai été dubitative c’est devant l’épilogue de la bonne fin, qui jusque là était assez bonne : le happy end se transforme subitement en comédie romantique à base de plan à trois, ce qui est très mal placé. Le personnage concerné par ce triangle amoureux soudain est dans une situation difficile qui pose beaucoup de questions éthiques, jusque là évoquées de manière sérieuse, aussi j’ai été déçue de voir un tel revirement de situation se pointer au moment même où l’intrigue était clôturée de manière satisfaisante.

 

La mauvaise fin est traumatisante. Colocataire en fait encore des cauchemars. Paix à son âme.

 

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L’oiseau bleu (Yumiko)

Yumiko est sans nul doute l’héroïne la moins aimé de tout Grisaia, ce qui explique en partie le peu d’enthousiasme des critiques pour sa route. Malheureusement pour moi qui préfère Yumiko (cooldere FTW), le scénariste qui s’occupait d’elle n’est juste pas très bon. La branche reste courte (une dizaine d’heures) grâce à l’utilisation d’ellipses et il y a plusieurs bonnes idées, seulement elles ne sont pas exploitées de manière satisfaisante.

 

Rien que le point scénaristique censé faire se mouvoir l’intrigue dégouline d’inconsistances et la routine qui s’en suit (Yuuji accompagne Yumiko près de la rivière, un méchant apparait, il lui pète la gueule) est affreusement inintéressante. La description du passé de la jeune fille aurait dû être un moment émotionnel fort et malgré ma grande sympathie pour l’héroïne, je n’ai pas réussi à pleurer, ce qui est mauvais signe. L’intérêt du lecteur ne se réveille réellement que lorsque le statu quo est brisé et que l’on bascule vers la seconde partie. A alors lieu le deus ex machina le plus ridicule du monde comprenant une sombre histoire de poulet rôti (j’aurais voulu blaguer…). Difficile de prendre au sérieux l’intrigue dans un moment pareil. Le scénariste a alors la bonté de nous couper les scènes qui auraient pu être pertinentes (genre la construction de la relation entre les deux héros) pour les remplacer par des scènes de sexe. Joie, félicité, bonheur…

 

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Yuuji est trop awesome pour la perspective X).


L’intérêt finit bien par revenir, heureusement, mais là encore je me suis retrouvée face à des passages émotionnels forts sans réussir à verser la moindre larme malgré toute ma volonté, ce qui me donne vraiment l’impression d’un petit gâchis. Quant à la conclusion, elle est au fond beaucoup plus satisfaisante dans la mauvaise fin qui reste sobre, réaliste et non-manichéenne, là où la bonne fin nous balance à nouveau un deus ex machina pourri (du genre « J’avais tout prévu depuis le début, mouhahahah ») dont on se serait bien passé. En soi je n’ai pas détesté la réconciliation familiale de la bonne fin mais, étant bien placée pour dire qu’on ne résout pas certains problèmes familiaux si facilement, j’aurais préféré qu’on ne claque pas des doigts. Et bizarrement, j’ai largement préféré voir le père de Yumiko en antagoniste que la mère de Makina dans la route de cette dernière, justement parce qu’il avait une histoire à raconter et qu’on avait le droit à son point de vue.

 


 

Et la punition dura pour toujours…

Maintenant que le rapide tour des différentes routes a été fait, j’aimerais évoquer plus en détails ce qui fait que j’ai été déçue par Grisaia no Kajitsu, car l’ensemble du visual novel possède un problème supplémentaire. Yuuji a été crée pour être un héros badass en opposition aux gentils protagonistes de harem sans saveur, afin que le lecteur le trouve cool, on a donc décidé de faire de lui une sorte de gentleman cynique : il ne respecte,  ni les ordres de JB, sa supérieure hiérarchique, ni ceux de Chizuru, la principale de l’école ; il ne s’abaisse pas à la galanterie ou à baver devant une fille ; il agit de manière extrême et brutale (old school) parce que c’est ce qu’il préfère. La conséquence à ce comportement au dessus de tout c’est que Yuuji insulte les femmes autour de lui en permanence. En permanence. La seule fois où on le voit interagir avec un homme, c’est le père de Yumiko et il reste courtois. Le reste du temps, il insulte.

 

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Chizuru reçoit régulièrement des piques plus que douteuses, notamment sur sa vie sexuelle.

 

Ainsi une bonne partie des « blagues » du jeu consiste en Yuuji se comportant comme un connard. Pour répéter à Amane pour la cinquantième fois que c’est une salope parce qu’elle aurait des envies. Pour se moquer des femmes plus âgées (JB et Chizuru) qui commettent le vice de rester coquettes malgré leur âge. Pour humilier Michiru parce qu’elle est conne. Pour se foutre de la gueule de Yumiko qui fait sa fière mais qu’on sait qu’elle a des faiblesses parce qu’elle est humaine. Et quand ce n’est pas Yuuji, c’est Sachi ou Makina qui s’y mettent à sa place, reproduisant le même schéma. Personnellement, je déteste ce genre d’humour offensif, aussi la répétition pendant 80 longues heures de ces « blagounettes » m’a rendu particulièrement blasée. J’avais juste envie qu’on arrête de me balancer qu’Amane est une salope et qu’on foute la paix à sa sexualité (réelle, comme présumée). Mais ça n’en finissait jamais. Ou alors c’était une énième blague sur le viol qui venait remplacer la diatribe habituelle. Si certaines étaient passables, d’autant m’ont rendus mal à l’aise.

 

Shut up, bitch !

Plus généralement, les héroïnes sont présentées comme des personnes faibles qu’il faut aider contre elles-mêmes et seul Yuuji a assez de bon sens et de rationalité pour contrer leur émotivité débordante. Quitte à se comporter comme le pire des connards. Je pense à la route de Michiru où il se montre particulièrement peu compréhensif à son égard et lui offre des cailloux lors de leur premier rendez-vous (une attitude d’autant plus lamentable que l’on apprend que Michiru les a gardés précieusement). Je pense à la résolution du conflit de la route de Sachi où il a le culot de lui dire « Regarde, tu viens de détruire tout ce que tu aimais en quelques secondes » après l’avoir poussé à appuyer sur la détente. Je pense aux scènes de sexe de Yumiko où l’humilier l’amusait beaucoup. Et il y a bien d’autres exemples.

 

grisaia-14.jpgYuuji est trop awesome pour t'écouter, femme !

 

Evidemment, Grisaia n’est pas un cas isolé en la matière, je pense notamment à Gleam Garden no Shoujo qui possède une thématique extrêmement similaire et dans lequel le héros se retrouve, tout comme Yuuji à devoir protéger les héroïnes contre elles-mêmes : c’est ainsi qu’il envoie un coup de taser à la première pour l’empêcher de  devenir berseck, puis la plaque contre le sol pour la maîtriser, et qu’il culpabilise la deuxième en cassant un à un ses doigts devant elle pour l’obliger à changer d’avis. Elles tomberont follement amoureuses de ce comportement si peu effrayant grâce à la logique du joyeux monde des eroges, ne vous inquiétez pas. Cependant tous ces moments, dans Gleam Garden no Shoujo comme dans Grisaia, ne contribuent pas à créer une relation heureuse avec l’héroïne sélectionnée et en gâchent la portée émotionnelle.

 

D’ailleurs les problèmes psychologiques des demoiselles sont extrêmement confortables : Sachi comme Amane sont réduites à des sortes d’esclaves volontaires, tellement dévorées par la culpabilité que seul le fait de servir un homme peut les soulager et Yuuji en profite pleinement. Dans la route de Sachi, notre cher protagoniste désire la délivrer pour qu’elle redevienne elle-même et arrête de se comporter comme un robot parfait, mais pensez-vous, toute la maisonnée est quand-même drôlement contente que Sachi soit suffisamment remise pour passer le balai dans le dortoir, parce que c’est tellement mieux lorsque le ménage est fait avec amour (véridique). Au secours, quoi… Pareil avec Amane, qui a besoin d’exaucer les moindres souhaits de Yuuji (faire la cuisine, le linge, le sexe) pour se sentir bien, on pourrait croire que le concerné voudrait remédier aux effets de son traumatisme plutôt que de profiter des services gratuits qu’elle propose, mais bon.

 

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Heureusement que Sachi-femme-de-ménage est là pour passer le balai, quelle parfaite waifu !

 

Makina comme Yumiko sont des victimes innocentes d’une lourde histoire familiale avec un méchant bien déterminé. Mais, fort heureusement, dans ses deux fins, Yumiko arrive à devenir une ménagère parfaite (alors qu’elle avait du mal à cuisiner auparavant) et dans la bonne, le couple peut même vivre dans un manoir, si c’est pas la vie rêvée, ça… Reste Michiru qui possède un problème bien plus insoluble mais grâce aux retournements scénaristiques, ça finit en plan à trois, que demande de plus le peuple ?

 

Et si je commence, je vais vite devenir intarissable sur les scènes de sexe et expliquer de A à Z pourquoi c’est mauvais. Fujisaki doit avoir un fétiche de la golden shower parce qu’il y en a constamment dans les routes de Makina et d’Amane. Il se rattrape en proposant une façon très intéressante de présenter le H dans la seconde mais gâche vite le potentiel avec des lignes de dialogues ridicules. Entre le « baby time » de Makina et le « il me fesse, ça me rappelle quand j’étais petite et que mon père me… » d’Amane, il y a de quoi facepalmer. Mais même sans ça, les scènes sont bourrées de mythes et d’approximations. Je pense que je devrais en faire un article consacré tellement il y a matière à évoquer…

 

 

La folie des gadgets !

Un point positif propre à Grisaia et qu’on ne retrouve pas forcément dans n’importe quel jeu c’est le fourmillement d’options disponibles dans les menus. L’interface, très classe, très sobre, est vraiment parfaite, avec la possibilité de régler quelle héroïne va vous demander si vous voulez sauvegarder ou quitter le jeu (et on peut débloquer le chat en finissant la route de Michiru !). Quant aux bonus, on retrouve les classiques, type galerie d’images, un replay des différentes scènes du jeu, un replay des scènes de sexe (entre 2 et 5 par héroïne, vous aurez de quoi vous occuper) et un jukebox très complet, mais il y a également quelques nouveautés bien sympas. Je pense à la possibilité de revoir les vidéos (avec les trailers promotionnels débloquables) mais aussi des tas d’artworks exclusifs et des icônes, trouvables une fois la route d’une héroïne terminée.

 

grisaia-bonus.jpgNon, je ne montrerai pas les wallpapers "perte de virginité"...

 

Le prix du bon goût reste à décerner aux wallpapers « perte de virginité » qui vous permettront de visualiser le sprite nu d’une fille par-dessus la CG de la scène de sexe où elle perd sa virginité, le tout avec une moue embarrassée. Qui ne rêvait pas d’afficher une image pareille sur son écran, merci Frontwing !

 

Fruit délirant

Le jeu ayant une renommée certaine, je m’attendais à une œuvre poignante et épique. Le souci c’est que, comme je l’ai mentionné, le visual novel essaye de mélanger des choses très différentes tout en étant terriblement, terriblement long, ce qui est une vraie plaie. En tant qu’œuvre poignante et épique, Grisaia no Kajitsu ne peut pas être satisfaisant puisqu’il y a encore deux visual novel après et qu’il est impossible d’avoir un aperçu global de la trilogie pour l’instant. Là où Ever17 m’a donné l’impression d’avoir obtenu quelque chose en échange de mes 50h de jeu, Grisaia m’a laissé sur ma faim, frustrée. Je pense que rajouter un épilogue qui fasse le pont entre Kajitsu et Meikyuu aurait été primordial pour éviter ce type de sensation.

 

Grisaia.jpg

 

Que retenir de cette longue critique ? Que Grisaia no Kajitsu n’est pas un mauvais visual novel, loin de là, mais qu’il s’agit davantage un chara-ge que d’autre chose. Et comme tout chara-ge, son intérêt pour le lecteur dépend uniquement de l’attachement aux héroïnes, il n’y a pas d’intrigue véritable une grande partie du temps, seulement du tranche de vie marrant avec quelques passages un poil plus sombres/tristes. En somme, rebroussez chemin si vous vous attendre à de la grosse substance scénaristique (moi qui adore la caractérisation psychologique, je n’ai pas grand-chose à me mettre sous la dent) mais si vous voulez un chara-ge plus sérieux et moins superficiel que d’habitude, Grisaia est un très bon choix.

 

Reste à savoir ce que donne le reste de la trilogie. Kajitsu était-il nécessaire sous cette forme à la bonne marche de la saga ? La suite sera-t-elle épique ? Seul l’avenir nous le dira.

 

Edit : un début de réponse avec mon article sur Grisaia no Meikyuu.

 


 

Ordre de lecture conseillé : Vu qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution, ça va surtout dépendre de vos habitudes personnelles. Ceux qui veulent garder le meilleur pour la fin peuvent achever leur lecture par Amane. Ceux qui veulent se débarrasser des pavés de texte peuvent commencer directement par Makina. Ceux qui veulent que la qualité augmente progressivement peuvent débuter avec Yumiko. Ceux qui hésitent à poursuivre peuvent commencer par une héroïne qu’ils aiment bien avant d’attaquer une route scénarisée.

 

Pour ma part je me suis mise d’accord avec colocataire pour faire Sachi > Yumiko > Michiru > Makina >Amane , et ça m’a paru pas trop mal, même si intervertir Yumiko et Sachi aurait été un poil plus pertinent. En un mot comme en cent : faites comme vous le sentez 

 

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commentaires

Bourgit 24/09/2016 02:12

Bon ma voilà comme annoncé sur ton article sur grisaia no meikyuu je l'ai enfin fini, et moi qui pensait que ça allait vite être fini (il me restait plus que le flashback d'Amane) et bah dis donc qu'est ce que j'étais loin du compte! Le flashback en lui même est pas trop mauvais mais beaucoup trop long je trouve, et le fait que les sprites des persos ne changent pas m'a beaucoup fait sortir de l'histoire, je trouvais qu'on ne pouvait pas vraiment rentrer dedans vu qu'on te décrit qu'elles souffrent atrocement de famine mais qu'à côté de ça on les voit complètement normales (une des faiblesses du VN je trouve, sur ce point là autant lire un livre normal tout ce flashback aurait eu beaucoup plus d'impact je trouve). Sinon bah comme pour Michiru, j'étais complètement à la ramasse sur le choix good end/bad end, c'est simple, ce jeu j'avais l'impression de piffer tous mes choix sans savoir où ça allait me mener, autant dans l'autre VN que j'ai fait (Saya no Uta) les choix étaient assez distincts et du coup je savais où j'allais mais alors là... je choisis : se séparer, Yuuji dit qu'il s'en sortira mieux comme ça, je lui fais confiance vu comment on nous le vend comme un demi Dieu, et bah il se fait torcher, bon bah je me dis je vais la jouer héro de Shonen, on reste ensemble et avec le pouvoir de l'amitié ça va le faire, et là ça marche alors qu'on te dit quand même qu'ils se sont séparés.... J'aurai préféré que le choix soit d'épargner ou de tuer le père et ainsi d'avoir la réaction d'Amane dessus. En tout cas plus jamais un Vn aussi long ^^ je sais pas si c'est parce qu'après deux routes plus rien ne m'intéressait mais j'ai mis super longtemps à le finir, et je voulais pas passer à un autre avant de finir celui-là. Du coup maintenant je me cantonnerais à des Vn de moins de 10h, je préfère ^^ surtout que là ils auraient pu trancher dans le lard et enlever pas mal d'heures inutiles de détails et de blabla chiants.

Helia 24/09/2016 16:54

Ah mince, Angelic Howl constitue en fait la plus grosse part de la route d’Amane donc tu étais encore loin, en effet =’). Le problème avec cette partie c’est qu’il s’agit d’un événement scénaristique important mais qui bénéficie d’un budget ridicule en comparaison du reste de Grisaia : tu as certes des sprites pour toutes les filles, mais à peine 3-4 décors et quasiment pas de CG. Du coup la présentation ne soutient pas du tout les moments importants et ça n’aide pas à se plonger dans une narration déjà mal rythmée.

Les choix dans les VNs peuvent être très obscurs. Et encore tu n’as pas vu Kara no Shoujo où tu dois deviner à quel endroit apparaît tel personnage à tel moment pour pouvoir s’engager dans sa route =’). L’avantage avec Grisaia c’est qu’il est assez direct : pas de système super complexe, juste un choix pour savoir avec quelle héroïne tu sors et un choix pour déterminer laquelle des deux fins tu obtiens.

Après, je ne peux qu’être d’accord : Grisaia no Kajitsu est interminable. Notamment la common route où on ne fait que tourner en rond pendant des heures sans que rien jamais ne se passe. Les passages comiques deviennent tellement répétitifs que c’est dur de se motiver pour les routes des personnages (et celles de Makina et d’Amane ne sont vraiment pas clémentes niveau rythme). Mais je ne suis pas sûre que tous les VNs de 50h soient à mettre dans le même panier : comme je le disais dans mon article, Ever17 est un petit peu plus court que Grisaia et ça passe bien plus facilement parce qu’il y a des enjeux, une récompense à la clef. Et je suis sûre que certains VNs de 10h peuvent paraître une éternité aussi…c’est le cas de celui que je lis en ce moment en tout cas X)

Bourgit 19/10/2014 23:27

Bon je repost après de longs mois ^^ J'ai finalement entamé ce VN n'étant plus en prépa (merci à la carotte sur la fin de la route de Michiru : oui je suis facilement manipulable ^^) et après de
longues et laborieuses heures de tronc commun (sérieux c'est marrant deux minutes mais moi j'avais surtout envie de connaître l'histoire de mes héroïnes préférées) j'ai décidé de faire les routes
dans cet ordre (Yumiko, Michiru, Sachi, Makina, Amane). En fait cet ordre c'est Chizuru qui le donne quand elle demande ce que pense Yuuji de ses camarades (je me suis dit : ça peut pas être une
coïncidence! xD). En plus Yumiko m'intéressais beaucoup, comme toi j'aime bien ce genre de perso mais j'avoue que la redondance des péripéties de sa route m'a bien soulé (par contre j'ai bien
rigolé sur le poulet ^^). Ensuite j'ai enchaîné sur Michiru et j'avoue que j'ai adoré cette route, et détesté Yuuji pour son comportement abominable. Puis arrive la fin et là je me dis, bah c'est
pas si horrible que ça, et puis je me suis surpris à y repenser très très souvent, et à chaque fois je le trouvais plus triste. Surtout que le choix finale est vraiment très bizarre (soit je suis
pourri en psychologie, soit ils sont vraiment adeptes de l'effet papillon mais je vois pas pourquoi la finalité de ce choix entraîne des différences si drastiques). Et puis vient Sachi, le
personnage que j'ai trouvé le plus inutile pendant le tronc commun, finalement son passé se révèle plutôt intéressant (surtout parce qu'on en apprend plus sur Yuuji contrairement aux deux premières
que j'ai faites) mais là je fais face à un blocage de taille, j'arrive plus à avancer, ça me fane, j'en suis à la première scène H et j'avoue que ça commence à me gaver les scènes H, surtout que je
peux pas m'empêcher de tout lire même si c'est complètement inutile en soi! Pourtant j'aimerai bien faire l'histoire d'Amane (pas celle de Makina je la trouve insupportable). Voilà petit pavé,
globalement je suis d'accord avec toi sur les points généraux et sur ceux des routes que j'ai faites.
Je voulais aussi t'apporter mon soutien suite à ton dernier post (où on ne peut pas laisser de commentaire nan mais allo!). En espérant qu'à défaut d'y poster tu viens quand même checker les
derniers commentaires sur ce blog.

Helia 11/11/2014 20:02



Tu as le droit de zapper les scènes de sexe, tu sais =’). Ne te force pas si ça t’ennuie. Je sais qu’au début, j’essayais de me les farcir en entier mais que j’ai fini par les lire en diagonale
(colocataire s’emmerdait trop devant). Surtout qu’avec Amane, tu vas y avoir le droit...


Sinon, bien sûr que je viens lire les derniers commentaires de temps en temps ;)



Sirius 16/04/2014 16:48

Tiens, tu lis encore des VN?
En fait, j'ai pété un câble après avoir passé en accéléré toute la route commune de Grisaia.
Les chara-ge ne me réussissent pas. Déjà que je n'ai pas supporté la route commune de Rewrite...

Helia 18/04/2014 11:29



Je pourrais te retourner la question, je croyais que les VNs t’avaient dégoûté à vie XD. En fait, je n’ai jamais arrêté d’en lire,
je me suis simplement concentrée sur les œuvres anglophones (bien plus diversifiées que les chara-ge, heureusement pour moi) pendant un moment ^^.


Je comprends totalement. La route commune est juste interminable. Et encore tu n’as pas testé celle de Makina, c’est tout pareil.
Résolument, les chara-ge ne sont pas pour moi non plus, ça m’ennuie royalement, ce qui ne me laisse pas des masses de choix en termes de visual novel japonais…



Malorie 26/02/2014 13:12

Merci pour cette review! Tes articles sont toujours aussi intéressants. C'est tellement intéressant que ça donne envie de tester le jeu, juste pour se faire sa propre idée sur les qualités/défauts
que tu cites. Mais bon, pas le temps, malheureusement. Mais merci!

Helia 05/03/2014 23:04



Ahah, aurais-je un
pouvoir magique XD ? Si c’est le cas, il faudrait que je ne critique que des œuvres affreusement longues pour détruire le monde par la procrastination ! Quel plan maléfique,
mouhahahah !



Bourgit 23/02/2014 08:58

Ce qui me fait peur c'est d'être happé par le scenario dès le prologue et de finalement les faire les 80h de jeu alors que j'ai plein de taff xD

Helia 05/03/2014 23:02



Ah, c’est vrai que
c’est le risque quand on débute une œuvre : on ne peut pas prévoir quand la magie s’enclenchera et nous aspirera. Dans le cas de Grisaia, je dirais que ça dépend de ton allergie ou non au
genre du charage ^^’.



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