5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 14:05

Et voilà enfin la première partie de mon dossier Kara no Kyoukai. Alors, petite précision, j’ai décidé de découper cela en trois morceaux selon ma logique à moi, histoire de ne pas pondre un trop gros pavé, et surtout de commenter ça dans l’ordre chronologique.

 

Kara no Kyoukai est donc une série de sept films (chacun ayant un réalisateur différent) sortis par ufotable entre 2007 et 2009 issus de lights novels du même nom, et qui a l’étrange particularité de nous être contée dans le désordre. Pourquoi ? En fait c’est assez simple. Chaque film est une sorte de séquence de la vie des personnages principaux, on pourrait presque les sous-titrer « Film 3 : lorsque Shiki perdit son bras en carton pâte » ou « Film 6 : lorsque Shiki partit à la pêche aux fées ». Mais du coup, il y a des blancs entre chaque film, des zones d’ombre. Et si l’on regarde tout ça dans le bon ordre dès le départ, eh bien les blancs nous sautent dessus, alors que cela passe beaucoup mieux dans le désordre (effet « puzzle » plus intriguant).

 

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Parenthèse : En fait c’est un peu comme avec Haruhi. J’avais regardé les épisodes dans le bon ordre et une fois l’arc « La mélancolie de Haruhi » passé, et bien il ne restait plus que des fillers, des fillers de bonne qualité certes, mais des fillers quand même, ce qui laissait un peu le spectateur sur sa faim. D’où l’intérêt de regarder dans le désordre pour prolonger le suspens et l’intérêt. Donc n’essayez pas de m’imiter ici, ça gâcherait tout !

 

Avant de commencer, un petit avis général sur tous les films : ils sont tous incroyablement beaux. Des jeux de lumière aux scènes d’action rocambolesques en passant par des passages plus symboliques, chaque scène est toujours aussi belle que soigneusement réalisée. De plus la musique, composée par Yuki Kajiura, s’accorde toujours très bien avec l’ambiance et selon la situation, se montre parfois discrète, et explose parfois tel un feu d’artifice. Sans compter que les seiyuus sont des valeurs sûres qui font un très bon travail : Maaya Sakamoto pour Shiki et Suzumura Kenichi pour Mikiya, pour ne nommer qu’eux. Maintenant que c’est dit, cela m’ôte le poids de devoir le répéter à chaque fois =D.

 

 

L’ordre des films selon leur parution (et la traduction anglaise des titres) :

  • Kara no Kyoukai ~Fukan Fuukei~

Overlooking View  (1 décembre 2007)

 

  • Kara no Kyoukai ~Satsujin Kousatsu~ (Partie 1)

Murder Speculation (Part 1)  (29 décembre 2007)


  • Kara no Kyoukai ~Tsuukaku Zanryuu~

Remaining Sense of Pain (9 février 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Garan no Dou~

The Hollow Shrine (24 mai 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Mujun Rasen~

Spiral Paradox  (16 août 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Boukyaku Rokuon~

Oblivion Recorder  (20 décembre 2008)

 

  • Kara no Kyoukai ~Satsujin Kousatsu~ (Partie 2)

Murder Speculation (Part 2)   (8 août 2009)

 

 


 

~Satsujin Kousatsu~ (Partie 1)

De 1995 à 1996

 


 
 

Kokuto Mikiya est un jeune home tout ce qu’il y a de plus ordinaire lorsqu’il gravit une pente enneigée, son parapluie à la main. Ce qu’il ignore c’est que tout au bout il va rencontrer une fille pas comme les autres répondant au doux nom de Ryougi Shiki. Découvrant le jour de sa rentrée au lycée qu’ils sont tous les deux dans la même classe, il va sympathiser avec Shiki, qui le fascine pour des raisons qu’il ne s’explique pas. Or un meurtrier ne tarde pas à sévir en ville…

 

Satsujin Kousatsu est probablement le film qui met le plus en avant la psyché de notre héroïne, Shiki, mais aussi le seul à se passer avant l’accident qui la laissera entre la vie et la mort. On y voit plusieurs enjeux :

 

Je t’aime, moi non plus

La relation entre Shiki, cette grande solitaire taciturne, et Mikiya, un garçon banal, est beaucoup mise en avant. Tout part de rien, une jeune fille en kimono aperçue subrepticement un jour où il neigeait, deux ou trois mots échangés, et bizarrement des liens se créent.

 

Shiki01.jpg

 

Shiki rejette tout le monde, elle se définit elle-même comme misanthrope, se fuit, fuit la foule, et se referme au plus profond d’elle-même pour se protéger. Elle ne connaît rien d’autre, elle a toujours vécu ainsi. Et pourtant ce drôle d’hurluberlu tombé du ciel l’approche, lui parle sans préjugés, sans aucune peur alors que tout le monde craint l’allure austère de la jeune fille. Pour elle, c’est incompréhensible : Comment un être humain ordinaire pourrait s’intéresser à quelqu’un d’aussi insignifiant et surnaturel qu’elle ? Au début, elle semble apprécier cette compagnie imprévue, et certains moments que Shiki et Mikiya passent ensemble laissent à penser qu’ils ne sont peut être pas indifférents l’un envers l’autre. Mais si c’était aussi simple, Shiki ne serait pas Shiki. Comme effrayée –Par elle-même ? Par la possibilité d’être heureuse ?- elle finit par fuir Mikiya aussi, petit à petit, quand elle se rend compte qu’elle est peut être trop attachée à lui et à sa gentillesse naturelle. Quelque chose semble la ronger de l’intérieur, quelque chose qu’elle ne peut pas dire. Alors elle traîne tard la nuit, comme un fantôme, elle se demande comment il réagirait s’il savait qui elle était vraiment, elle le met en garde. Mais rien à faire, Kokuto et sa bonne humeur continuent de la suivrent, de la soutenir. Et plus elle essaye de mettre de la distance entre eux, plus il revient à la charge, toujours plus inquiet pour elle. Tant et si bien qu’elle sent qu’elle doit faire quelque chose…

 

Et de son côté Mikiya a réalisé depuis longtemps qu’il avait un grave problème. On a beau lui dire que Shiki est dangereuse, elle-même a beau le rejeter de toutes ses forces, de plus en plus faiblement, il n’arrive pas à la laisser tomber. On a beau lui demander pourquoi il trouve tant d’intérêt à sa compagnie, lui-même l’ignore, il se sent juste bien avec elle. On a beau lui montrer qu’elle est peut être liée aux meurtres qui ont lieu en ville, il continue de vouloir croire en elle, de vouloir la protéger coûte que coûte, contre elle-même s’il le faut. Mikiya a un grave problème : il est fou (d'elle ?), il le sait, et il ne peut pas s’en empêcher.

 

Satsujin01.jpg


Le yin et le yang

Satsujin Kousatsu est aussi l’unique occasion de découvrir Shiki lorsqu’elle avait encore deux personnalités : sa personnalité masculine, SHIKI (織), et sa personnalité féminine, Shiki (). Même si, en fait c’est bien plus compliqué que cela.

 

La famille Ryougi a toujours élevé ses descendants avec deux personnalités, probablement pour que ce soit les meilleurs et qu’ils connaissent les deux côtés de la vie (mais ce n’est jamais précisé). En tant que fille de la famille Ryougi, Shiki n’échappe donc pas à la règle. Mais ses deux « moi » semblent avoir cohabités de manière paisible jusque là, chacun ayant son rôle, sa place, et SHIKI n’ayant jamais essayé de prendre possession de son corps pour lui tout seul (alors qu’il aurait pu le faire). Le souci c’est que depuis sa rencontre avec Mikiya, ça ne va plus trop entre les deux personnalités. Celle qui avait pour rôle d’accepter, s’est mise à renier son autre. Comme l’explique SHIKI, un enfant ne fait que reproduire le premier sentiment qu’on lui communique : s’il a l’impression d’être aimé, il va aimer à son tour. Shiki, elle, n’ayant jamais rien fait d’autre que de tuer sa seconde personnalité à l’intérieur d’elle-même, de se tuer, encore et encore, ne connaît que le meurtre. Elle est donc attirée de manière presque magnétique vers cette envie de tuer, transmettant toutes ses impulsions refoulées à son autre.

 

Mais comme c’est expliqué dans le premier film, cette drôle de situation ne se poursuivra pas d‘avantage puisque après l’accident Shiki se retrouvera seule, elle qui avait toujours été deux.

 

Satsujin02.jpg

 

Rouge à lèvres sanglant

Une série de meurtres particulièrement sanglant se produit quelques mois après la rentrée scolaire. Toutes les victimes se retrouvent découpées de manière peu artistique (bras et jambes arrachés ou coupées en deux) et sauvage. Et comme par hasard à chaque fois on voit Shiki traînant tard le soir dans les ruelles de la ville, arborant son kimono et sa veste en cuir nouvellement achetée. Elle va même jusqu’à prétendre se balader sur la scène du crime devant Mikiya pour lui filer la frousse. Evidemment il la soupçonne d’être l’auteur de ces assassinats violents qui ne semblent pas avoir de raison, mais le flou est longtemps laissé et lui-même refuse d’y croire.

La vérité sur ces meurtres ne sera abordée qu’au septième film et prend en fait une part beaucoup plus importante dans l’histoire que les autres films ne le laissent suggérer…

 

Shiki02.jpg

 

Satsujin Kousatsu est donc beaucoup plus orienté sur la psychologie des personnages qu’aucun autre sans être exempté de quelques scènes plus musclés (la poursuite dans la forêt de bambous est sublime) et d’autres plus calmes (la discussion dans la salle de classe vide sur fond de coucher de soleil), et se finit sur une sorte d’énorme cliffhanger puisqu’on ne saura la vérité derrière l’accident de Shiki qu’à la fin mais le film a le mérite de bien nous appâter à ce niveau là.

 

L’ending de cet opus est Kimi ga Hikari ni Kaete Yuku, une chanson à la fois douce et messagère d’émotions qui traduit à merveille la relation entre Shiki et Mikiya. A noter que la bande-son est plus discrète dans ce film là…

 

 

 


 

 


 

~Garan no Dou~

Juin 1998

 

 

 

Depuis l’accident de 1996, Shiki est à l’hôpital, plongée dans le coma, coincée entre la vie et la mort. Mais le monde ne s’arrête pas pour autant de tourner. De son côté Mikiya termine ses études et est engagé par une certaine Aozaki Touko, qu’il rencontre lors d’une exposition. Ce qui ne l’empêche pas de rendre visite à Shiki régulièrement en espérant qu’elle se réveille un jour. Mais quand celle-ci émerge, le monde qu’elle trouve n’est plus celui qu’elle avait connu…

 

A l’instar de Satsujin Kousatsu, Garan no Dou est aussi un film centré sur la psychologie de Shiki. Cette fois-ci, il n’y a plus vraiment d’enjeu mais juste un long et pénible réveil pour une nouvelle née qui doit apprendre à reconstruire sa vie alors que tout lui parait mort. Malgré ça, on peut quand même dégager quelques thèmes :

 

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Un temple vide

Le coma de Shiki est l’occasion de voir quelques scènes empreintes de mysticisme où celle-ci flotte dans le néant, où semblent se trouver d’autres corps, avant de plonger encore plus profondément dans les ténèbres. Mais le moment le plus beau reste à mon sens lorsque les deux Shiki sont face à face, l’une les yeux ouverts, l’autre déjà ailleurs, l’un de couleur froide, l’autre de couleur chaude, un peu comme dans le film de Ghost in the shell lorsque Motoko fait de la plongée. Or là, quand Shiki, sentant son double s’éloigner, essaye de l’étreindre, de le garder près d’elle, il s’échappe et se laisse engloutir tandis que la jeune fille remonte, impuissante, et disparaît dans l’eau noire qui forme la limite entre la vie et la mort. Elle se réveille donc à ce moment, avec cet affreux sentiment que de se sentir seule au monde, vide, affreusement vide, en deuil d’elle-même, un gouffre béant dans la poitrine. Shiki ne se sent plus vivre, elle ne sent même plus rien du tout, sa mémoire est floue, tous ceux qui l’entourent lui paraissent des étrangers et pour couronner le tout elle voit le monde s’effriter en lambeaux dès qu’elle ouvre les yeux. Confuse, effrayée par ces visions, honteuse peut être de vivre alors que SHIKI a disparu sans lui dire adieu, elle reste prostrée et refuse de dire un seul mot. Garan no Dou se présente comme le moment où Shiki doit choisir : elle ne veut plus vivre mais ne veut pas mourir non plus, mais elle ne peut rester indéfiniment entre les deux, dans cet état incertain. Pour combler cet immense vide en elle, elle a besoin de chaleur humaine, elle qui l’a toujours rejeté, et de se souvenir d’une personne très importante dont elle a oubliée le nom et qui pourtant, sans oser l’affronter, se fait du souci pour elle…

 

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La sorcière et les yeux bleus

Garan no dou nous présente aussi le personnage de Touko qui, bien qu’on la voie depuis le 1e film, est encore auréolé de mystère. Même si très peu d’éléments nous sont dévoilés sur elle, on sait au moins qu’elle manie la magie et que, ayant perdu son familier depuis peu, elle est très intéressée par le cas de Shiki qui pourrait lui fournir une aide précieuse dans son travail (Lequel ? Je ne suis pas sûre de l’avoir jamais compris…). Car depuis qu’elle a frôlé la mort, Shiki peut en effet voir « la mort des choses », c'est-à-dire des lignes, des points vitaux, qui lui permettent de tuer n’importe qui, même les morts. S’introduisant à l’hôpital en se faisant passer pour un médecin (une sorte d’orthophoniste), elle n’a aucun mal à rencontrer la jeune fille et, celle-ci n’ayant que peu de compagnie, à recueillir ses confidences, ce qui accroît son intérêt. Hautement imprévisible, Touko a tendance à changer de personnalités au gré de ses envies et des situations qui lui sont présentées, et elle n’hésite pas à secouer la miraculée pour que cette dernière sorte de sa léthargie. Touko est le futur qui attend Shiki, le seul futur qui soit compatible avec ses aspirations, et dans ce film en particulier, le lien qui l’unit à Mikiya, même à distance.

 

(Malheureusement, on ne saura jamais vraiment qui elle est vraiment, même à la fin…)

 

Garan02

 

Garan no Dou possède, tout comme Satsujin Kusatsu, un rythme un peu plus lent (ce qui n’empêche pas une scène d’action finale de toute beauté), une bande-son plus discrète et apporte plus de renseignements sur les personnages. Shiki, a enfin pris le deuil de son autre personnalité et renaît sous une troisième identité, sa nouvelle vie peut commencer.

 

L’ending de cet opus est Aria.

 

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commentaires

batiski 27/07/2010 17:21


J'ai acheté le premier film juste en craquant sur le visuel, et j'ai pris une belle claque, c'est excellent!!C'est beau, la musique tue tout ( en plus dans l'édition Kazé il y a le CD de l'OST, un
vrai délice^^!!)!! Si la suite est aussi bonne ( et d'après ton article c'est le cas ;), je sens que je vais devenir accro vite fait!


Helia 13/04/2010 18:14


Mm, je pensais pourtant ne pas trop spoiler. Du coup il ne devait plus rester grand chose à lire X).

J’aime bien Kimi Ga Hikari Ni Kaete Yuku mais ce sont quand même Oblivious et Sprinter mes préférés


Kaïl 11/04/2010 19:02


J'ai délibérement interrompu ma lecture une fois l'énumération des films parcourue, je ne voudrai pas gâcher un éventuel visionnage en prenant connaissance de révélations dont la divulgation est
nécessaire à la conduite de ce dossier.
L'idée de confier l'adaptation du light novel en sept films à autant de réalisateurs m'interpelle. La mayonnaise a l'air d'avoir pris mais c'était un gros pari. Je me doute que la production
voulait tendre vers une hétérogénéité de traitement sinon de mise de mise en scène et qu'elle avait disposé des gardes-fous mais en procédant de la sorte, elle a clairement joué avec le feu.
C'était quitte ou double, heureusement que la fortune sourit aux audacieux.
Les bandes-annonces sont littéralement somptueuses et le bref aperçu des compositions de Yuki KAJIURA pour ses longs-métrages sonne juste à mes oreilles. Le volet technique met en appétit et le
fond semble consistant grâce à sa structure en puzzle.
Kimi Ga Hikari Ni Kaete Yuku va tourner dans les prochains jours. Les chansons qui commencent calmement et dont l'interprétation est davantage appuyée au bout d'une minute, c'est extra !


Helia 07/04/2010 19:33


X4713R = Le travail de Touko n’est jamais véritablement précisé dans aucun des films. On sait qu’elle fait de la MAGIE, qu’elle a été à Poudlard (ou à quelque chose dans ce goût là), qu’elle fait
partie d’une organisation MYSTERIEUSE (enfin je crois), mais pour le reste c’est « Démerdez-vous les enfants » =(. J’imagine qu’il y a plus d’informations dans les livres.

En fait je comptais préciser que Mikiya la rencontre dans une exposition de poupées (et que donc il s’agit de sa spécialité), mais ma phrase, tournée dans tous les sens, me paraissait vraiment
bizarre, je ne sais pas pourquoi. Et la poupée-Shiki en kimono dans son atelier dans le 4e film, avec ses yeux rouges, m’angoisse toujours autant X).

Kiddy = La suite promet de l’action et du Shiki en mode awesome, si ça t'intéresse toujours =D.

Kara no Kyoukai a beau être dans le désordre, je ne pense pas que tu puisses y retrouver une véritable sensation de puzzle, c’est toujours assez confus XD.


Kiddy 06/04/2010 16:28


J'attend la suite ! o/
Mais j'adore toute les série en forme de puzzle !


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