Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 16:45

Aujourd’hui, quelque chose de totalement différent. Laissons le Japon, terre du WTF, pour aller rendre une visite à leurs « voisins » continentaux, les indiens. Oui, oui, je parle bien de Bollywood.

 

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Y a un truc que les réalisateurs occidentaux ont bien capté c’est que la musique avait un pouvoir non négligeable sur les esprits. La musique rend tout 200% plus cool. Alors forcément on a toujours des bandes d’annonce qui se ressemblent avec les mêmes codes musicaux (film d’action ? vite, sortons les cors de chasse et bourrinons la batterie, pour le reste un peu de violon ou de piano, ça passe très bien aussi). Mais les gens de chez Hollywood sont encore très loin de la ruse et de la fourberie de nos amis indiens. Eux ont tout compris. La musique, c’est cool, la musique catchy qui te reste 3h dans le crâne avec chorégraphie alléchante, c’est mieux ! Et c’est comme ça que chaque production se retrouve avec ses séquences musicales de folie. Point bonus, les dites séquences peuvent suffire à résumer le déroulement du film et servir de fenêtre publicitaire sur Youtube. Le seul truc étrange c’est que parfois ces séquences peuvent être déconnectées du reste de l’intrigue : mon ancien prof d’analyse filmique nous racontait une fois qu’en pleine scène de cambriolage, les voleurs et les victimes s’étaient mis à danser tout ensemble avant de reprendre leur place comme si rien ne s’était jamais passé ; il avait trouvé ça spécial. Je veux bien le croire. C’est le double effet kiss-cool : l’occasion de griller tout son budget avec un esthétisme léché et classieux mais aussi de faire un gros Big Lipped Alligator Moment pour réveiller les spectateurs qui sommeilleraient dans le fond.

 

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Aujourd’hui on va parler de Dhoom. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est une sorte de Fast and Furious à l’indienne : y a un gang de méchants à moto qui font des casses, tout ça, et un gentil flic un peu grognon qui essaye de les arrêter avec l’aide d’un side kick relou qui est un super pilote de moto. Rien à dire de particulier sur l’intrigue sinon que c’est un divertissement honorable avec des tas de trous scénaristiques mais que le côté over the top rend le tout attachant. Pour ceux qui aiment se vider la tête, quoi. Mais s’il y a bien UN domaine sur lequel Dhoom est roi, c’est bien la bande-son. Toutes les séquences musicales ont des chorégraphies impressionnantes et surtout, surtout, des pistes entraînantes au point que tu te demandes quel savant fou a sorti ça de son laboratoire et s’il compte conquérir le monde avec des inventions aussi diaboliques.

 


 

Shikdum est la première chanson du film et l’une des premières choses qu’on voit à l’écran. On est censé y découvrir notre héros dans sa vie conjugale, intime, en toute simplicité...et là, hilarity ensues.

 

 

Premier plan, le héros se réveille, rasé juste comme il faut (on dirait qu’il sort tout droit d’une pub pour hommes), le corps huilé, et enfile une chemise grande ouverte qui laisse voir ses biceps de manière pas du tout préméditée pendant qu’il se désaltère d’une posture virile. Je ne sais pas quel est son secret pour être aussi propre sur lui dès le matin mais ça m’a l’air super efficace, je serais vous, messieurs, je l’appellerai direct pour qu’il crache son secret !

A noter que le héros dormait quand-même en jean. Ce détail me laisse perplexe...

 

Soudain, son regard se tourne vers une créature de rêve postée dans son salon. Mini-short affriolant, décolleté profond qui laisse voir ses nichons, elle est plongée dans un dur labeur qui consiste à faire semblant de peindre le plafond de la pièce. Ben, voyons. Tout le monde sait qu’en cas de travaux, c’est LA tenue la plus confortable. D’où l’invention de la blouse totalement sexy que portent les ouvriers du bâtiment. Le petit détail qui tue c’est surtout les pots de peinture. A 0:25 on voit nettement qu’elle utilise du jaune et du rouge pour faire une sorte d’orange clair ou de beige. Et à 0:31, MAGIE, elle utilise du vert et du bleu aussi. Y a même une demi-dizaine de pots de peinture grands ouverts. On sent que la madame est déjà une as du bricolage, elle sait tout à fait comment ne pas gaspiller et connaît sur le bout des doigts son schéma chromatique... Le plus rigolo quand on sait comment ça marche un minimum c’est que la peinture du plafond est généralement une des premières étapes dans la rénovation d’une pièce et que là, la dite pièce est déjà totalement habitable, on sent pas du tout que c’est une mise en scène.

 

Mais trêves de balivernes. Le caméraman est un bon, il nous fait saliver avec des plans suggestifs de la demoiselle toujours sans nous la dévoiler (enfin, le visage, le cul et les seins on a déjà tout vu). A 0:35 léger passage fétichiste où monsieur tout propre fait un bisou sur le pied de sa promise. Elle se retourne et là...AAAAAAAH. La madame a confondu sa trousse cosmétique avec les pots de peinture, elle a trois couches de rose sur chaque paupière et cinq couches de gloss sur les lèvres, c’est vraiment, vraiment trop. Le pire c’est que quelques séquences plus tard, pour la grande danse au casino, par exemple, elle sera totalement normale. L’actrice au naturel est jolie aussi. Mais là c’est SA scène, donc sortez l’artillerie lourde (elle me rappelle Crystale Montgomery, paye ta référence). C’est une constante que j’ai remarqué dans les clips indiens, les femmes ont tendance à être tellement maquillées qu’on a l’impression que ce sont des poupées gonflables, c’est effrayant. Personnellement, je serais un mec, ça me ferait débander sec mais après tout, pourquoi pas, chacun ses fétiches.

 

Toujours est-il qu’on ressent le côté totalement naturel de leur vie de couple, la preuve, on est en intérieur et EFFET DE VENT DANS LES CHEVEUX. J’adorerai me réveiller le matin dans l’état d’une actrice bollywoodienne, c’est quand-même la maxi classe. Pour ceux qui ne comprendraient pas les paroles, le monsieur demande à sa femme de coucher parce qu’il en a très envie. Et celle-ci de refuser avec un sourire énigmatique et crispé qui signifie « Je fais ma difficile parce que j’ai ma fierté mais dans 5 minutes, je serais à poil à tes pieds ». Quand la musique commence vraiment au bout d’une minute, elle commence déjà plus ou moins à l’allumer en tortillant du cul, on sent vraiment sa détermination à résister, c’est fou...

 

Pour se donner une contenance, Sweetie (c’est son délicieux prénom), va porter un carton en faisant style elle travaille. Sauf qu’à 1:23, surprise, le mec envoie le carton balader. J’entends mentalement le bruit de la vaisselle en porcelaine qui se brise. Ou alors c’était un carton vide depuis le début mais chuuuuuut, faut pas dire. Autre passage lol du grand emménagement des tourtereaux, à 1:48 Sweetie range des magazines dans une étagère. Parce que c’est le truc prioritaire quand on déballe les cartons, évidemment. Elle les dépose complètement à l’arrache, limite je suis sûre qu’ils sont à l’envers, mais tant pis. Et là mini-passage digne d’un cartoon avec le mec qui fout les livres en plan pendant que Sweetie se retourne façon « Oh, ça alors, je m’y attendais pas du tout, que tu es un vil coquinou, mon doudou ». On se croirait dans un Bugs Bunny. Dans la vie réelle, si la meuf se casse le cul à arranger la nouvelle maison et que le mec fait son troll, je suis pas certaine qu’elle soit super contente à l’idée de voir son travail mis par terre, mais là elle fait semblant de bosser donc ça va.

 

A  2 minutes, passage féérique du rideau. Le mec tire le tissu et hop, les amoureux se retrouvent enlacés dans une intensité de blanc pendant 15 bonnes secondes. Je sais pas quelle taille fait leur rideau pour qu’ils puissent jouer comme ça mais je veux le même. Sinon y a du vent sous le tissu aussi. C’est vraiment une maison magique. J’adore le fait qu’à la fin le rideau se retrouve par terre (donc vraisemblablement arraché) et que la nana se trémousse dessus sans broncher. Soit ils ont 5 rouleaux en réserve, soit elle encourage son mec à faire le troll et dans ce cas, elle va pas faire semblant de résister bien longtemps. A propos de rideaux, ça vire à l’obsession vu qu’il y a presque rebelote à 2:30 quand le monsieur jette les rideaux (rouges cette fois, symbole du désir, et plus blanc figurant leur mariage, OHOHOH, symboliiiisme) en l’air avec un geste grandiloquent. Quand je vous disais que la musique rend tout 200% plus cool. S’il n’y avait pas Shikdum en fond, il aurait quand-même bien l’air d’un guignol. Pareil pour la scène suivante où ils dansent de façon bizarre collés à la fenêtre. Tant de naturel m’éblouit. Bon après ils sortent dehors donc on va dire que l’effet de vent est à peu près justifié.

 

A partir de 3:09 c’est gros naouak, par contre. Je dirais rien sur le jardin de plastique et sur le fait que gaspiller l’arrosage ça tue la planète, et tout, et tout, mais bon sang, Barbie grosse menteuse. Vu la couche de maquillage que Sweetie a sur chaque centimètre carré de visage et le temps que ça a dû lui prendre, c’est juste pas possible qu’elle se laisse mouiller sans foutre un coup de boule à son cher et tendre. Ou alors elle a des cosmétiques super waterproof qui résistent au Kärcher et je veux bien sa recette. Elle essaye même pas de riposter face à son copain, non, elle se trémousse avec le regard dit de l’actrice porno, le regard « Oh oui, asperge-moi de ton liquide, grand fou, j’avais justement une envie de bukake ». On sent qu’elle était vraiment concentrée sur sa peinture...

 

Et du coup Sweetie refait son allumeuse en claquant au nez la porte à son amoureux pour mieux revenir en serviette rose flashy Mickey Mouse (Y aurait-il encore du symbolisme là-dessous ? OHOHOH). S’en suit un gros mystère de l’existence. Parce qu’à partir de 3:47, elle se déhanche avec juste une serviette attachée autour du buste (qui couvre juste assez pour qu’on n’aperçoive pas ses poils pubiens, touchante attention Bollywood). Comment est-ce possible ? J’ai jamais réussi à faire tenir une serviette autour de moi plus de 5 secondes alors comment elle peut danser la rumba sans qu’elle se détache ? C’est pas un couple ordinaire, c’est moi qui vous le dit.

 

Gros moment allumeuse à 4:09 où tu sens que Sweetie en peut plus dans sa culotte et qu’elle tease son compagnon jusqu’au bout...avant de revenir en moins de 10 secondes en nuisette sexy. J’ai jamais vu quelqu’un se changer aussi vite, ma parole. Elle devait avoir tout préparé derrière la porte, je vois pas d’autres explications. Admirez le geste qu’elle a pour virer ses escarpins en fourrure, on sent que c’était tellement nécessaire de faire attendre son copain pour mettre une tenue qu’il va dégrafer sur le champ alors qu’ils auraient pu s’accoupler bestialement sur la table de la salle à manger. Mais ce sont des gens mariés et donc il FAUT copuler dans le lit sinon c’est sale, pensez-vous. Et surtout ça permet de les cacher sous les draps pour faire style « Ils font des trucs mais on vous montrera paaaaaaas ». Au final on verra rien et Sweete aura pas sa séance montagnes russes parce que le téléphone sonne et que le héros doit aller défendre la veuve et l’orphelin. Les réalisateurs, ces gros trolls...

 

La morale de Shikdum ? Soit les gens qui ont planifié la scène n’ont visiblement pas pensé à tous les détails à la con qui allaient avec et ça sonne diablement creux, soit la meuf représentée est une salope dans l’âme et elle fait tout pour passer à la casserole en faisant style elle veut pas. C’est ça la magie du cinéma ~

 



Les autres séances ? Oh, y a beaucoup moins de trucs drôles à raconter (mais c'est toujours aussi catchy). Y a quand-même Dilbara qui vaut son pesant de cacahouètes. Ali, le side kick, rencontre une belle demoiselle en panne sur le périphérique (ou dans la rue, c’est pareil, on sent que c’est tourné en studio de toute façon) et décide de l’aider parce qu’elle a de drôlement jolis boobs et un minois pas désagréable. Les paroles sont simples, il veut se marier avec elle et fonder une famille. Je sais, ils viennent de se rencontrer, cherchez pas à comprendre. Outre le côté film porno du scénario (Salut, je suis le plombier, montrez-moi ces canalisations défaillantes que j’arrange ça avec mon gros outil), le moment magique c’est tout de même quand Sheena sort de sa voiture de course pour danser sous la flotte avec lui en micro-jupe, bande de tissus autour des seins (c’est même plus un tee-shirt là) et talons aiguille. Qui a dit qu’on avait besoin d’une douche pour voir des filles dénudées à la peau humide ? On y découvre juste que le beau brun mystérieux à lunettes était complètement out of character dans le premier clip musical vu qu’il est censé incarner un mec sérieux et cynique. A part ça, rien à signaler, les autres clips (Dhoom Machale et Salaame) sont limite trop normaux, c’plus drôle.

 


 

Mais vous savez quoi ? Il y a eu une suite à Dhoom qui a rapporté beaucoup d’argent. Je ne l’ai pas regardée, faut pas déconner non plus, mais jetons ensemble un coup d’œil à la séquence d’introduction pour se faire une idée de la chose.

 



Musique encore plus catchy qui fait monter la sauce, décor deux fois plus classe, chorégraphies encore plus dingues avec des sauts de jambes de malade, bellâtre deux fois plus sexy qui arbore des biscotos à faire mouiller les dames rien qu’en posant le regard dessus, toujours plus de meufs habillées comme des putes en chaleur, toujours plus de vent dans les cheveux, poses ridiculement over-the-top, actrice encore plus maquillée et barbiesque, deux fois plus d’occasions de voir des mecs torse poil...LES FOUS.

 

Quand je partirai à la conquête de l’univers avec mon armée de vaches mutantes, je recruterai le staff de Dhoom, obligé, ces gens sont machiavéliques !

 


 

Sinon, juste pour dire, mais aucun des acteurs ne chante lors de ces merveilleuses phases musicales, c’est du play-back, les vrais chanteurs on sait jamais à quoi ils ressemblent. Les acteurs dansent et ils sont beaux, c’est le plus important, il parait. A part ça,  j'aime bien cette langue, elle a une jolie sonorité.

Par Helia - Publié dans : Culture
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