21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 22:10

Vie du blog2

 

Avec une bonne grosse semaine de retard, voici enfin l’article dédié à l’anniversaire du blog, ma petite tradition à moi. Vu le nombre de billets que je commence à laisser dans mon sillage, il serait peut-être bon de constituer un vrai bilan digne de ce nom, et pas de botter en touche comme je le fais à chaque fois. Petit rappel des épisodes précédents après le jingle pub !

 

Et parce que je suis dans un jour de bonté, cet article sera entièrement illustré par des croquis d'Hitode, notre étoile de mer nationale, qui remplace Plumy au poste de graphiste sur le VN Milk.

 

2009-2010

Ma première année de blogging a surtout été l’occasion de pas mal d’expérimentations, d’essais. Je testais un peu le média, ses possibilités, ses limites, et le peu de temps que m’accordait la prépa m’a un peu poussé à compenser en écrivant des tas de petits billets inutiles ou superficiels. Il n’empêche que j’ai commencé à apprendre à rédiger des analyses de plus en plus fournies et que c’est devenu finalement très enrichissant, me conduisant à privilégier les gros articles aux impressions sur des épisodes isolés.

 

Mes premiers posts auront été dédiés à Avenger (l’anime le plus soporifique qui soit), la saga Mai Otome sous toutes ses formes (manga, anime, OAV) et aux deux Come See Me Tonight, des eroges pas bien captivants avant d’embarquer en mars sur un yaoi, Haru wo Daiteita (je voulais tester, j’ai été servie) et un autre eroge encore plus dépourvu de scénario, Gibo : Stepother Sin. En avril, je commençais à développer un peu plus ma réflexion sur Romeo X Juliet, la très surprenante adaptation de Shakespeare, El Cazador de la Bruja (le raté de la trilogie Bee Train) et le merveilleux Haibane Renmei et sa cité des anges. Je testais aussi Moonshine, un petit visual novel un peu bizarre, puis le fameux Narcissu et la démo de Katawa Shoujo en mai. C’est aussi à cette date que remonte ma découverte du groupe Sound Horizon dont j’ai parlé récemment. Ayant évoqué Haibane Renmei, c’est tout naturellement que je me suis penchée sur Serial Experiments Lain en juin, un anime culte, ainsi que sur le début d’un petit manga mettant en scène une héroïne perverse, Bousou Shoujou. En juillet ce fut le tour du très controversé Earth Girl Arjuna qui dispose d’une bande-son absolument sublime, de l’onirique Tenshi no Tamago (un film quasiment muet),  du jeu Myst IV et du célèbre eroge Saya no Uta, qui me sert toujours de bannière. Un dernier article que j’ai remanié depuis peu en faisant un parallèle avec la Reine des Neiges. En août, je découvrais Perfect Blue, le chef d’œuvre angoissant  de Satoshi Kon et en septembre, je grognais contre Doubt de Yoshiki Tonogai. C’est vers novembre que j’ai arrêté mes impressions éparses pour m’éprouver sur les premiers OAVs de Kiss X Sis. Dès décembre je déménageais sur Overblog, n’étant plus trop à l’aise sur Gamekult. J’évoquais alors un manga un peu chiant, 100% Doubt !!, le livre de Werber, Les Thanatonautes, qui m’a traumatisé à vie, et l’incroyable Ever17, un visual novel très long mais captivant et complexe. En janvier, je découvrais les OAVs dynamiques de Read or Die avec son héroïne atypique et attachante, et en février, le très beau Yume Miru Kusuri, un eroge pour lequel j’éprouve toujours un certain attachement.

 

Si on se concentre sur les articles les plus importants, on peut constater que je parle majoritairement d’animes mais que les VN/eroge ne sont pas loin derrière.

 

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Quelques essais d'expressions pour Miruku

 

 

2010-2011

La seconde année de blogging, j’étais entre la prépa et la fac, je suis donc passé d’un emploi du temps extrêmement chargé à une plus large liberté qui m’a permis d’écrire plus régulièrement qu’auparavant. Entre temps, je pense avoir fait un certain nombre de progrès au niveau du style et de la présentation des articles. Ils deviennent aussi de plus en plus épais au fil du temps...

 

Fin février, je testais les étranges OAVs Iria : Zeiram the Animation et toujours dans la thématique des extraterrestres, j’évoquais Alien 9 début mars, un gros concentré de mindfuck derrière les graphismes enfantins. Je parlais aussi du joli album Square Enix Music Presents Music for Art avant de flooder comme un porc en présentant tous les jours pendant une semaine des passages du livre 26, 5 auteurs qui n'existent pas mais qu'il faut absolument avoir lus. En avril je découvrais le film adapté de Clannad par la Toei Animation et le trouvais bien plus intéressant que la série du même nom avant de braver Colorful, un concentré de culottes et de naouak qui ne fait franchement pas sens. Avril-mai aura aussi été l’occasion de débuter un tryptique toujours incomplet sur les films Kara no Kyoukai. Je me demande si j’arriverai à le finir un jour... En mai j’ai aussi fini Narcissu 2, la préquelle à Narcissu, Planetarian, un petit kinetic du studio Key, le mystérieux manga God Save the Queen / Le Labyrinthe de Morphée et présenté une compositrice intéressante en la personne de Missa Johnouchi. Bon, et j’ai surtout pourri les yeux des lecteurs de Néant Vert en ressortant cette immondice d’Eiken du placard. L’été a été plus calme. En juin je faisais des comparaisons entre Final Fantasy X et Final Fantasy XII tout en étalant ma déception envers Paprika, un autre film de Satoshi Kon, et puis je me décidais à présenter de juillet à août toutes sortes de petits courts-métrages. Là aussi, il manque un épisode à l’appel... Juillet a également été l’occasion de découvrir l’enchanteur Petshop of Horrors tandis qu’en août j’ai réalisé un blindtest et péché en analysant une autre immondice, Boku no Pico. En septembre, mois chamboulé, j’aurais surtout montré les différents visual novel du studio indie Sakevisual. En octobre je parlais de Yurumates, cette ode à la procrastination, de Majokko Tsukune-chan, un petit anime parodique hilarant, et de Princess Arete, un merveilleux conte de fée très différent de ce que l’on peut voir habituellement. En novembre, je formulais une théorie sur Denpateki na Kanojo et je listais des tas d’eroges bizarres pour m’amuser. Dans la même veine, j’ai commencé décembre en établissant un top remis au goût du jour des openings d’eroges possédant la plus belle musique. J’ai des goûts bizarres, je sais. Et puis, après, je me suis surtout moqué du mièvre Candy Boy et du ubuesque Abunai Sisters. 2min à pleurer de rire. Janvier a été plutôt le mois du jeu vidéo puisque j’ai partagé quelques impressions sur plusieurs jeux et entamé un diptyque sur Yume Nikki, une expérience étrange qui en traumatisera plus d’un. Bon, et j’ai aussi évoqué la version soft d’un film porno qui était très marrant sans les scènes de sexe, si, si, je vous jure. Début février je découvrais l’onirique Please Save My Earth qui aurait été parfait si la dernière partie du manga avait été adapté aussi et je rédigeais un second article musical sur des OSTs m’ayant marquée.

 

Cette année-là, j’ai bien plus parlé d’animes que de VNs (largement K.O) suite à des difficultés techniques de ma part. Le nombre de posts divers n’a pas diminué pour autant mais ils sont désormais plus centrés sur des trucs ecchi que sur ma vie en prépa.

 

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2011-2012

L’année qui vient de passer a cette fois été partagée entre la fac et mon nouveau cursus en administration publique, moins sévère que la prépa mais qui ne me laisse pas non plus autant de temps qu’en lettres modernes pour écrire, d’où une baisse progressive du nombre d’articles et l’impossibilité pour ma part de regarder des animes, ce qui conduit à un épuisement progressif du nombre de sujets disponibles.  On remarque par ailleurs que les billets sont toujours de plus en plus longs et que certains atteignent désormais très facilement les 8 pages Word.

 

Une année que j’ai attaqué en livrant une quasi lettre d’amour à Noir, mon anime chouchou que je suis limite la seule à aimer, puis à Madlax, sa suite spirituelle. Et puis j’ai vu que Judge, le nouveau manga de Yoshiki Tonogai allait sortit, alors j’ai déchanté...En avril j’ai testé Interstella 5555, le film d’animation issu de l’album Discovery des Daft Punk, qui s’est révélé une très bonne surprise. En mai, j’ai été plutôt productive en livrant quelques impressions sur les visual novel de Christine Love, une autre indie, le très bizarre Alexander Senki, ses strings et ses serpents, et puis surtout le complexe Boogiepop Phantom, sorte de Serial Experiments Lain sans Lain, et l’angoissant Portrait de Petit Cosette qui faisait écho à la sortie récente de Puella Magi Madoka Magika. Et j'ai aussi pondu un billet sur une série québécoise sur le blog du Concombre. En juin, je faisais la promotion d’American McGee Alice, un très vieux jeu sorti en 2001, dont la suite débarquait (occasion rêvée pour se le procurer donc) et théorisait la romance dans les visual novel. Le nouveau Sakevisual sortant en juillet, j’y dédiais un petit post au milieu d’un été plus que chaud vu que je le dédicaçais à des critiques de hentai. Cette interruption des programmes se solda par le visionnage de l’OAV raté Shamshir Dance qui m’a conduit à parler de Masinowa, le nouvel album de Zektbach. Et enfin, je testais Red Shift, un petit VN amateur traduit en français, pas bien folichon, avant d’entamer la rentrée. Septembre fut alors l’occasion d’analyser les samples de chœurs grégoriens qu’on trouve dans les bandes-sons d’animes et de jeux-vidéo et d’en comprendre le fonctionnement et de rebondir sur l’OST de Drakengard, qui est à son image : violente et pleine de surprises. En octobre j’eus la nostalgie de Yume Nikki et m’essayais à un jeu qui en était inspiré, .flow, très différent, mais à l’ambiance très similaire. Je testais aussi X-Note, un VN sous flash du studio indie Zeiva Inc qui s’est révélé extrêmement frustrant. Et puis j’ai aussi parlé de Kite, une série de 2 OAVs érotiques mais possédant un scénario noir et intriguant. Novembre fut plutôt dédié aux VNs avec ma liste des jeux à venir pour 2012 qu’il faudrait surveiller de près et l’analyse de Tokyo Alice, une autre œuvre amateure inspiré d’Alice au Pays des Merveilles et très bien réalisée. Et puis en décembre, c’était le tour de cette grosse farce qu’est Hatoful Boyfriend, un VN où on sort avec des pigeons. Et puis, en janvier ce fut la farandole des pavés les plus costauds avec, coup sur coup, un approfondissement de ce qui se passait avec le projet Milk, une critique plutôt acerbe de Katawa Shoujo (j’entends comme un murmure d’indignement dans la foule tout à coup) et une éloge de l’album Märchen de Sound Horizon, qui surpasse beaucoup de limites musicales. Et pour ne pas briser le combo, en février, paf, j’ai ressorti le dossier contes de fées qui traînait sur mon PC depuis près d’un an et qui faisait bien le lien avec Märchen.

 

L’année qui vient de passer a donc vu le sujet des VNs prendre peu à peu le pas sur les animes, que je ne regarde plus (c’était donc inévitable), mais aussi la disparition des articles divers. J’ai été très sage en n’évoquant quasiment pas de trucs « cochons » en dehors de mon été du hentai. Moins de billets mais des billets de plus en plus démesurés, j’ai peur pour l’année qui va suivre (si ça continue).

 

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Différents essais de colorisation, toujours pour Miruku

 

Ce constat n’est pas innocent puisqu’il me permet de faire la transition : 3 ans, c’est une durée de vie honnête pour un blog, je ne suis même pas sûre que l’aventure dure encore longtemps vu que je commence à ne plus trop savoir quoi dire, ne plus trop commenter les blogs des copains (que je lis de moins en moins, j’espère qu’ils me pardonneront). Si je n’ai plus l’occasion de regarder des animes, je n’ai fatalement plus énormément de matière à disposition, donc moins envie d’écrire. En revanche, il y a énormément de visual novel que j’ai envie de tester, cela n’étonnera donc personne si je me laisse tenter par une reconversion. Mais, plus profondément, c’est surtout qu’il y a quelque chose qui m’occupe désormais davantage l’esprit, et vous savez quoi. Cela fait à peine plus d’un mois mais il ne me semble pas si idiot de donner quand-même des nouvelles du projet Milk, même si lancer un blog de développement va vraiment commencer à devenir une urgence.

 

 

C’est un peu ça, la vie d’aventurier, et on y va, y a des squelettes à poutrer !

Actuellement, nous sommes entrés dans la phase de production, c’est-à-dire de création de ressources. La base (listings, organisation, scénario) est déjà là et on commence à avoir des morceaux de musique. Sans surprise, les graphismes sont à la traîne, il faut dire que je n’ai trouvé d’aimables volontaires que depuis peu et que les débuts sont toujours très flottants parce qu’il faut apprendre « le métier », en quelques sortes. Du coup, ça prend un peu plus de temps, mais je pense qu’on est en bonne voie et on ne devrait pas tarder à avoir notre premier set de sprite. Je suis donc davantage cantonnée à un rôle de soutien, et c’est dur XD. En bonne grosse bourrin que je suis, j’ai tendance à me lancer corps et âme dans une tâche pour la finir le plus vite possible et empiler les trucs à faire comme des cannettes de bière vides. Sauf que maintenant ça ne sert plus à rien de foncer dans le tas, il faut coordonner les uns et les autres, vérifier que tout va bien, et établir des dealines (ma Némésis, je ne sais pas encore comment fixer des délais qui soient raisonnables et justes, ça me rend dingue). Je suis d’autant plus perdue que je ne sais jamais trop sur quel pied danser : dois-je leur laisser de l’espace, les secouer plus souvent, me montrer compréhensive ou plus stricte ? Je pars un peu du principe que j’ai tout à prouver, donc je me défonce pour essayer de mériter leur confiance et de me montrer digne de l’ampleur de la tâche. Pour l’instant, je suis assez surprise de voir qu’ils ont tous l’air de supporter assez bien leur « chef », je crois que c’est justement à cause de ce type de comportement. Moralité : faire de votre mieux encourage vos partenaires à vous imiter.

 

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Croquis de Mika, Mizuho (que tout le monde prend pour une psychopathe ;__;) et Kurumi

 

A l’inverse, la procrastination est aussi terriblement contagieuse, il suffit que quelques uns se relâchent pour que soudain tout le groupe soit touché. Cela m’est arrivé une fois de me dire en consultant le carnet de bord (on a une nouvelle méthode de partage de fichiers plutôt efficace qui fait que quand quelqu’un ajoute une musique, une image ou un document à la boîte commune, tout le monde le reçoit immédiatement, ce qui est plutôt pratique pour savoir où les autres en sont et comment ça avance) : « Il n’y a que moi qui ait mis à jour ces derniers temps, à quoi bon me presser pour finir cette tâche aujourd’hui, je peux la reporter à la semaine prochaine, ça revient au même ». Et c’était pas bien, je me suis auto-flagellé depuis, je vous rassure 8). J’estime que ce serait pire sur un chan IRC parce qu’on finirait par se connecter pour s’amuser entre nous et qu’on avancerait moins vite tout en ayant l’impression de travailler. Ce que je veux dire, c’est qu’une ou deux personnes très motivées, qui participent beaucoup, peuvent encourager les autres à tenir la cadence, et qu’en tant que chef de projet, il serait de bon augure que j’en fasse partie pour ne pas plomber la motivation générale...alors même que je suis cantonnée à un rôle de conseil et de coordination. Rôle de conseil pas toujours facile non plus, soit dit en passant, parce qu’on ne sait pas forcément quel commentaire fournir à celui qui vous présente son travail. Quelques fois il manque des petits trucs, des détails, est-ce que tu demandes à ton coéquipier de tout refaire de A jusqu’à Z ou est-ce que tu laisses couler ? En sachant que si tu lui fais cette requête trop souvent, il va peut-être finir par en avoir marre. D’autres fois, je suis tout simplement incompétente dans le domaine concerné. En un sens, je dois apprendre chaque matière avec eux pour pouvoir les aiguiller, être polyvalente, disponible, humble, impartiale.

 

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Croquis de Miruku

 

Invisible Invaders

Pour compenser mes lacunes, j’ai tendance à lurker vers la communauté Lemmasoft de création de VNs amateurs, sur les sites spécialisés en critiques d’eroges japonais ou sur VNDB. Et le plus souvent, ça me fait douter plutôt qu’autre chose. Je me demande si je ne devrais pas avoir un projet plus stéréotypé, plus en accord avec les normes du genre. Je veux dire, ça enlèverait un grand nombre de difficultés techniques et « marketing ».

 

Pour économiser le nombre de backgrounds, il serait plus simple de miser sur un cadre répétitif, au hasard, une ville moderne avec 1) la maison du héros, 2) l’école et 3) quelques points stratégiques pour des rendez-vous galants. Et pour économiser aussi les sprites, un uniforme quelconque (seifuku ou tenue de serveuse, par exemple). Je comprends soudain beaucoup mieux pourquoi tant de jeux se déroulent dans ce genre d’environnement, il n’y a pas des masses de cadres répétitifs à disposition qui soient suffisamment glamour, je suppose, d’où l’afflux d’eroges en milieu scolaire ou se déroulant dans un café/restaurant. C’est là que je réalise qu’Ever17 a admirablement su contourner le problème en enfermant ses personnages dans un parc d’attraction sous-marin : ils n’ont pas l’occasion de voyager ou de changer de vêtements. Le visual novel est un média intéressant mais quand on débute, on ne peut pas vraiment en exploiter les possibilités immédiatement. Certains genres, comme les road movies, sont plus difficiles à représenter et ça se comprend.

 

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Croquis de Kurumi

 

Pour attirer de potentiels lecteurs, il semblerait même qu’il existe des règles tacites. Par exemple le fait d’écrire au présent et à la première personne du singulier est un point rarement remis en question. Sauf que, personnellement, ça ne me plaît pas du tout. Je préfère alterner la 3e personne du singulier avec point de vue omniscient et focalisation interne et la 1e personne du singulier avec différents personnages. Rester trop longtemps en mode « je » m’est difficile. De même, je n’aime pas écrire au présent quand je raconte une histoire. La plupart du temps je garde le présent pour les phases de dialogue (élémentaire, mon cher Watson) et j’écris au passé : majoritairement l’imparfait, le passé simple pour des phases d’action et le plus que parfait pour un temps encore antérieur. Je trouve que cela me permet une plus large marge de manœuvre que n’autorise que peu le présent, qui est un temps de l’immédiat.

 

Même du point de vue du contenu, je me demande si ça va coller. Je me suis rendue compte, avec l’exemple flagrant de Katawa Shoujo mais aussi des moe-ge en général, qu’au fond, les joueurs plaçaient souvent les personnages devant l’intrigue. Si un personnage leur plaît, peu importe qu’il y ait un scénario (du tranche de vie suffit en général), ils seront contents. Je ne fonctionne pas du tout ainsi parce que, pour moi, les personnages font partie du scénario (d’ailleurs j’ai la bizarre manie de monter mes histoires à partir de la création de personnages et de la combinaison de leurs histoires respectives de manière à ce que cela s’accorde) donc je privilégie toujours la cohérence globale du puzzle et non le polissage des pièces à part. Je ne comprends même pas le but de n’achever qu’une seule route d’un visual novel parce que ça serait comme s’arrêter au tiers d’un livre, je me sens obligée d’aller jusqu’au bout pour ne rien manquer et souvent, je ne suis pas contre l’inclusion d’une true end qui fasse le lien entre les différents fragments. De tels joueurs y trouveront-ils leur compte ou seront-ils déçus de ne pas retrouver leur archétype préféré ?

 

Et puis, j’ai aussi remarqué, toujours avec Katawa Shoujo, que les gens tenaient finalement beaucoup aux choix « factices », c’est-à-dire qu’ils appréciaient qu’on leur demande énormément leur avis parce qu’ils avaient l’impression de peser sur le déroulement de l’histoire. Or, si on regarde bien les mécanismes cachés derrière les choix, on se rend compte que les combinaisons sont souvent limitées et que les choix n’apportent pas forcément grand-chose à l’intrigue, c’est presque de la poudre aux yeux. De mon côté j’avais bien apprécié la route de Shizune parce qu’en un seul choix, elle arrivait à introduire un sérieux dilemme dans l’esprit du lecteur (même si celui-ci est malheureusement sous-exploité) mais je sais qu’elle en a frustré plus d’un. En somme, les choix servent de sucrerie qu’on tend au joueur pour le faire avancer le long de l’histoire, ce que je trouve fondamentalement dommage. L’autre problème qui se pose simultanément est que l’interactivité bouscule le scénario : il est nettement plus difficile de monter un ensemble cohérent lorsqu’il y a énormément de choix parce qu’un scénario n’est pas élastique à l’infini. Alors, est-ce qu’un lecteur pourra supporter un nombre relativement réduit de choix si l’histoire est longue ?

 

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Croquis de Makuro

 

Limit Break

Ces questionnements me taraudent parfois, mais comme dit le proverbe : « Qui ne tente rien n’a rien » ! Ce projet me tient énormément à cœur et je ferai de mon mieux pour arriver jusqu’au bout malgré l’adversité (et Dieu sait que c’est dur !). Même si ça ne plaît pas à tout le monde (ce qui ne manquera pas d’arriver avec mes partis-pris particuliers :p), le plus important pour moi sera de le mener à bien, de lui donner vie. Je suis déjà satisfaite d’avoir pu aborder dans le scénario un certain nombre de thèmes qui me sont chers, parfois de manière approfondie, parfois simplement effleurés, comme le mariage arrangé, la dépression, la recherche du danger, le viol, le suicide, le bizutage, la délinquance, les problèmes de personnalité, la guerre, l’héritage d’une civilisation perdue, la difficulté d’exprimer ses sentiments ou le destin. Je me suis aussi inspirée en partie de la mythologie celte, de la légende de Mélusine, d’un conte d’Andersen et de beaucoup d’autres choses diverses et variées... Le thème général pourrait être résumé à une recherche d’identité, la recherche de soi, même si ça ne se limite pas qu’à ça et qu’il y a aussi beaucoup de passages « light » à vocation comique qui soutiennent l’ambiance parce que j’ai besoin des deux aspects pour établir un contraste, de moments chaleureux et de moments plus froids. Ne reste plus qu’à mixer tout cela et servir frais, ou du moins partager avec ceux qui veulent.

 

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Un dessin de Miruku spécial Saint Valentin

 

De toute façon il y a encore beaucoup d’autres thèmes que je voudrais aborder à l’avenir, dans d’éventuelles suites (j’ai toujours envie d’écrire) comme la famille, l’inceste, l’héroïsme, le déclin d’une civilisation, l’altération de la mémoire, le sacrifice, la drogue, les organisations inter-dimensionnelles, la recherche de l’identité sexuelle ou la légende de Médusa. J’aimerai aussi beaucoup jouer sur la chronologie et varier les décors : comme retourner dans le passé proche à une époque où la technologie était moins avancée ou le passé lointain, dans une tribu primitive, dans des contrées équatoriales ou en classe préparatoire (quoi, c’est exotique aussi d’une certain manière et je vois peu d’œuvres qui parlent de ce bout de Mordor français =D). Mon inspiration étant vivace, autant en profiter !

 

Donc voilà, je sais que je m’avance un peu, voire beaucoup, vu que tout cela n’apparaîtra pas avant un long moment, mais c’était important pour moi. Il me semble qu’on m’a déjà demandé de discuter de mes motivations et c’est ce qui s’en rapproche le plus. Je n’ai pas de raison particulière de me lancer dans cette aventure, j’aime juste écrire, j’ai une histoire qui me démange le crâne et la sensation que je ne reposerai pas en paix avant de l’avoir couché sur papier virtuel. Je dois, c’est CHAMBALALAMALAMALALA, le dieu des chamallows, qui m’a demandé ! Et quand le dieu des chamallows te touche de son doigt boudiné sacré, tu ne refuses pas la mission qu’il t’offre, non mais ho !

 

Quittons-nous en musique avec cette fabuleuse piste d'un fan de Persona très doué

Cette dernière partie était une spéciale dédicace aux membres de l’équipe, je sais qu’ils me lisent, les adorables filous, et qu’ils comprendront la private joke :p. Et puisqu’ils me surveillent d’un œil inquisiteur, je m’empresse de rajouter que ce sont les meilleurs coéquipiers du monde !

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commentaires

Bacrima 12/03/2012 18:30

Que puis-je dire ?
Sinon que je me suis pris de passion pour la lecture de vos articles et que j'attends impatiemment la sortie de votre VN.
Helia-sama, je vous prie d'accepter mes modestes encouragements.
Bonne chance.

Helia 16/03/2012 19:50



Eh ben, ça fait beaucoup d’honorifiques d’un coup, je ne pense pas disposer d’un statut supérieur pourtant =). Merci beaucoup, M’sieur Bacrima !


 


P.S : Que CHAMBALALAMALAMALALA soit avec vous, mon frère :p



Me Myself and I 04/03/2012 22:31

Déja 3 ans... et ca ne fait que 2 ans que je lis régulièrement!
Longue vie à la mélancolie d'une otaku!
J'aime beaucoup les dessins de tes héroïnes, elles sont mignonnes!

Helia 09/03/2012 21:16



2 ans ? Hum, ça commence à faire un bon bout de temps ça.


 


Il faut remercier Hitode pour les dessins, c’est lui qui s’en occupe. Mais je suis du même avis, elles sont mignonnes comme ça ^^.



X4713R 27/02/2012 21:19

Aer > "Ok, peut être bien que les deux personnages vont se tenir par la main et s'embrasser. Hell, c'est ce que font les couples en général. "
'spèce de /d/éviant.

Helia 27/02/2012 23:42



« Non pas d'idées particulières, je me disais juste que ce serait cool si il y avait des mangasses et des jeux cochons en plus de ta sélection d'anime » = Le truc c’est que je lis
quasiment pas de mangas, hentai ou non, donc ça m’offre aucune possibilité. Quant aux jeux, généralement ça me prend tellement de temps que je préfère y dédier un article complet (c’est mon
dédommagement perso). C’est pour cela que j’en restais aux animes.


 


« Fais juste une sélec' de trucs érotiques japonais (en général) qui t’ont fais marrer ou sur lesquelles tu a des choses à dire » = Ben, c’est ce que j’ai fait, du coup maintenant
je vois plus quoi dire de « lol ». Par contre je pourrais faire une analyse approfondie des sous-entendus homosexuels dans Kansen 2 ou du stéréotype de la sexualité féminine véhiculé
(notamment par Fault, tiens, par exemple) avec les angoisses sous-jacentes de la société japonaise. Mais là ça serait de la pure masturbation intellectuelle de ma part, aucun intérêt 8).



X4713R 27/02/2012 21:15

Non pas d'idées particulières, je me disais juste que ce serait cool si il y avait des mangasses et des jeux cochons en plus de ta sélection d'anime.
Fais juste une sélec' de trucs érotiques japonais (en général) qui t’ont fais marrer ou sur lesquelles tu a des choses à dire.

Aer 26/02/2012 17:30

Ce que moi j'essaye de t'expliquer c'est que je n'y trouve pas beaucoup d'intérêt non plus, mais qu'avec ce que je sais, toutes les personnes qui trouvent un intérêt la dedans le trouveront dans
ton VN. Et surement plus, j'espère. C'est le but après tout :).

Après, la psychologie dans les histoires, ça remonte a euh....bref, tu vois ce que je veux dire, madame je fais des articles sur des contes de fée :p. Pas pour ça que c'est inintéressant, tout
comme les histoires d'amour. Faut voir ce que l'auteur y rajoutes après.

Helia 27/02/2012 23:42



Oh, alors on s’était mal compris. Je crois que tu es bien plus optimiste que moi, par contre (perso, je suis persuadée que les romantiques vont me haïr pour mes lubies, parce que je suis du
genre à foutre en l'air une scène sentimentale en foutant un gros meme internet dedans) XD. De l’autre côté je préfère partir de l’idée que je vais devoir ramper dans les tranchées pleines de
boue sous une pluie d’obus, le couteau entre les dents, quitte à être agréablement surprise, plutôt que d’être super confiante en mes capacités et me manger un parpaing sans l’avoir vu venir 8).
Et puis, je suis stressée pour un rien. Je trouve le début de l’histoire trop stéréotypée et la fin pas assez : au final, je suis jamais contente de moi !


 


Quant à l’argument que tu développes, je dirais que l’amour physique est un seul sentiment alors que la psychologie est une myriade de sentiments et d’émotions interconnectées. Du coup,
l’amour a forcément un potentiel plus restreint (mais, pour une raison qui m’échappe, c’est un thème tellement universel qu’on en use et en abuse jusqu’à la saturation et on parle tout de même un
chouilla moins d’autres formes d’amour tout aussi fascinantes).


D’ailleurs j’aimerai bien aborder des histoires s’éloignant de plus en plus de ce concept à l’avenir, mais pour l’instant ça reste un élément présent (même si pas toujours premier, je me
concentre davantage sur l’affection, je crois).



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